Allaitement : la désinformation de masse des industriels

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les groupes industriels agroalimentaires pratiqueraient de la désinformation vis à vis de l’allaitement. L’organisation internationale dénonce notamment des campagnes de communication destinées à rendre méfiante les mères qui choisiraient la méthode naturelle pour nourrir leurs enfants.

Oui, nourrir son enfant au sein présente de nombreux avantages. Cette affirmation, promut notamment par l’OMS et l’UNICEF, le Fonds des Nations-Unies pour l’enfance, est pourtant violemment contestée dans de nombreuses actions de communication émanant d’industriels agroalimentaires. Au point de menacer cette méthode naturelle en raison des inquiétudes des mères.

Un rapport pour dénoncer les pratiques des industriels

Au début du mois de mai, l’OMS, l’UNICEF et le réseau international d’action sur l’alimentation infantile (IBFAN) ont publié un rapport alarmant sur le sujet. Les groupes industriels spécialisés dans la fabrication de lait de substitution consacreraient des sommes colossales en communication et publicité pour dénigrer la pratique même de l’allaitement.

L’objectif est clair : Faire douter les mères sur cette pratique naturelle et les orienter clairement vers les laits de substitution. Si l’utilisation de ces derniers n’est pas à remettre en cause, c’est bien la méthode pour y parvenir qui est détestable. Car pour arriver à leurs fins, les groupes industriels ne s’embarrassent pas de considérations scientifiques pour accabler la pratique et empêcher les mères de prendre une décision objective pour l’alimentation de leurs nourrissons.

Pourtant la pratique de l’allaitement est clairement positive, à la fois pour la mère et l’enfant. C’est notamment une pratique qui permet de réduire le risque du cancer du sein. Cela a d’ailleurs été, une nouvelle fois, confirmée au début de l’année dans une revue scientifique britannique qui a expliqué que plus de 20 000 cancers du sein pourraient être évités chaque année si la pratique de l’allaitement était plus important.

Parce que justement, cette pratique stagne depuis une vingtaine d’années. En effet, le rapport des organisations internationales annoncent que la proportion de nourrissons allaités par leur mère n’évolue plus, pour s’établir à environ un sur trois dans le monde. La pression des industriels agroalimentaires n’est d’ailleurs pas étrangère à cette situation.

Des recommandations peu suivies

Derrière ces pratiques des industriels, les enjeux financiers sont importants. Le marché mondial des laits maternisés représente 45 milliards de dollars et progresse chaque année. Ainsi en 2019, il devrait atteindre 70 milliards de dollars. Il est donc évident que leur intérêt consiste à attirer un maximum de clientes en dénigrant leur adversaire numéro un : le lait maternel.

Enfin, si des mesures ont été prises, suivant des recommandations de l’OMS au début des années 1980, dans de nombreux pays pour favoriser et protéger l’allaitement, celles-ci ne sont que peu respectées. Sur 135 pays ayant adoptés les recommandations, seuls 39 d’entre eux les appliqueraient dans leur intégralité. Parmi ces recommandations, plusieurs portent sur la communication des laits maternisés…

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