Discours sur la place du Travail et du Salaire dans l'enjeu actuel des retraites

Cette publication a pour objectif de me permettre de en avant des idées dont je ne suis pas "l'Auteur", mais qui m'inspirent et que j'aurais souhaité pouvoir exprimer dans le cadre d'une des manifestations ayant eu lieu ces dernières semaines.

Bonjour/bonsoir à toutes/tous.

 

Merci à Médiapart de permettre à des citoyens de pouvoir s'exprimer publiquement via un média.

 

Je suis soignant dans la fonction publique hospitalière depuis 7 ans, titulaire de mon grade, je m'exprime en mon nom propre, je n'ai d'engagement ni dans un parti politique, ni dans un syndicat.

Le texte qui va suivre a été pensé pour être exprimé à l'oral lors d'une manifestation contre la réforme des retraites.

Je ne suis pas "l'Auteur" des idées que j'ai mis en forme dans ce texte, je m'inspire des travaux de l'association d'éducation populaire "Réseau Salariat" et de l'économiste et sociologue Bernard Friot.

Je publie ce texte sur internet car pour des raisons logistiques et organisationnelles il ne m'a pas été possible de m'exprimer publiquement lors des manifestations.

Sentez vous libre de critiquer, contester mes partis-pris, je ne suis qu'un simple militant passionné, pas un chercheur. Merci d'avance

 

"Aujourd'hui face à un pouvoir capitaliste - dont notre Exécutif - est le bouclier et l'épée - qui ne considère comme producteur de valeur économique que ce qui le met en valeur (et qui relègue donc au statut d’Êtres de besoins "ceux qui ne sont rien" et à qui on donnerait "un pognon de dingue", à savoir : les chômeurs, les retraités, les étudiants, les parents), il me semble urgent de proposer une alternative.

Face au Capitalisme qui exploite les Êtres vivants, face au Marché du travail qui fait pression sur les travailleurs et laisse dans la précarité les sans-emploi, face à la Propriété lucrative qui s'accapare la valeur économique issue de l'exploitation des travailleurs, il faut reprendre et étendre les conquêtes révolutionnaires de la classe ouvrière entamées en 1946 sur la base de la cotisation interprofessionnelle à taux unique et du Salaire à vie.

Ces deux institutions révolutionnaires ont en effet permis de reconnaître comme travailleur des citoyens qui ne mettent pas en valeur un employeur, un actionnaire, un banquier prêteur. En effet, la cotisation finance encore aujourd'hui des pensions, des soins, des allocations libérés de la Propriété lucrative et elle montre par la subvention qu'il n'y a pas besoin d'investissement privé pour investir. Le Salaire à la qualification montre quant à lui, via le grade dans la fonction publique ou les pensions des retraités, que l'ont travaille mieux et pour faire des choses plus utiles quand on est libéré du Marché du travail.

En s'appuyant sur ce "déjà-là" révolutionnaire (cotisation et salaire à la qualification), que l'on devrait étendre selon moi, il faut reconnaître comme travailleurs et producteur de valeurs économiques des citoyens qui produisent en dehors du système capitaliste : les étudiants (qui ose dire que les étudiants ne produisent rien quand il sont en stage, en révision, en formation?), les parents (qui ose dire qu'on ne produit rien quand on met au monde un enfant et qu'on en prend soin?), les chômeurs et les retraités (qui ose dire qu'on ne produit rien dans le travail domestique ou dans un rôle associatif?).

Tous ces travailleurs hors du système capitaliste devrait être reconnu comme tels par un salaire à la qualification personnelle financé par la cotisation pour produire des richesses en étant libérés du Marché du travail et de la Propriété lucrative.

Face à la bourgeoisie organisée comme classe, consciente de ses intérêts et menant depuis 1947 une contre-révolution face au modèle porté par la CGT et le Parti Communiste, il est temps pour les étudiants, les fonctionnaires, les parents, les chômeurs, les retraités, héritiers de la Classe ouvrière de se reconnaître comme ayant des intérêt communs, de s'élever fièrement comme Classe révolutionnaire et au-delà du combat contre cette réforme des retraites, de reprendre son mouvement révolutionnaire sur les bases des conquêtes de la Classe ouvrière de 1946."

 

Je tiens à remercier le vidéaste Usul qui m'a fait découvrir Bernard Friot via son travail sur Youtube, je remercie également Bernard Friot et Réseau Salariat pour avoir produit du travail qui m'inspiré et offert une nourriture intellectuelle inestimable.

Cordialement

Yohann Routurier

Twitter : @RouturierYohann

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.