UNE FOIS DE PLUS!

Voilà qu'une fois de plus, et toujours à la même période rampante, j’ai du essuyer les esclandres de certaines de mes connaissances: on me reproche mon peu d’enthousiasme à Être Musulman car je ne me plie pas aux rites et rituels ambiants.


Pourtant, autant que je m'en souvienne, je ne sais pas être entre autres choses, que musulman.


Mes aïeux, ceux auxquels ma généalogie connue me renvoie... mes aïeux sont tous musulmans et, pratiquants à l'avancement de leur carrière de vie. Leur sang coule dans mes veines .
Si j’étais une statue de pierre ou de bronze, ou un quelconque patrimoine, vous pourriez me déboulonner. Ou Tiens! un programme de disque dur, vous seriez en capacité de m'effacer!


Mais mes amis, je suis un être humain, une âme, une mémoire ! J’ai des parents, une famille, des amis…j’aime l'odeur de la terre aux premières pluies, les couleurs des fleurs aux premiers jours du printemps, les caresses du soleil aux primes rayons...


J’aime m'y retrancher pour transcender les hommes!
On me rétorqua froidement :
- Walou, rien ! Tu te prends pour le prophète ou quoi, toi ?


On m’apprend que même à minima, je ne saurais me prétendre musulman. Je ne pratique pas, je ne mange pas hallal, j'adore la vigne quand elle fermente et vire au rouge et de surcroît, je ne sais pas faire la différence entre les bêtes.
- Alors, je fais quoi moi?
- Au mieux, on te réinitialise car tu es virusé et c’est pas bon ! A défaut, on te vire du logiciel. Tu peux en infecter d’autres...
- Mais que Diantre ! Je vais aller où et devenir quoi, moi ? Je n'ai tout simplement nul besoin de tous ces rites pour être ce que l’on m'a donné et permis d’être: vivre heureux et en paix avec les autres.
Vous savez quoi? Quand j'ai un besoin de confier ma tête au ciel, je lève seulement les yeux et parfois pas, puis je discute avec Lui. Je sais qu’il n’est pas loin, où le trouver et je n’ai nul besoin des hommes pour ce faire...et parfois quand je ne suis pas d'accord avec lui, je le lui fais savoir. Et ça marche plutôt bien entre nous. Mais voilà que...


On me répond horrifié :
- Tu n'as pas à dialoguer avec Lui, ce n'est pas dans tes compétences. Toi, tu dois tout simplement obéissance aux textes qu’on t’a transmis. C'est ainsi, c’est écrit !
- Mais, qui a écrit quoi, quand et comment...? Et puis, un écrit, c’est des mots, des sujets, des verbes conjugués au passé, à l'imparfait, au présent et futur. Les mots sont faits pour valser, les sujets meurent!


Et dans ces cycles, on peut raturer, effacer, arranger, réécrire…se projeter en arrière, en avant. Un écrit rencontre des hommes, rarement des femmes sur son chemin, avec leurs histoires, leurs désirs, leurs ambitions et blessures…
Tandis que le ciel lui, il est vaste, éternel, hors de portée. Il coiffe la tête de tout un chacun, il suffit de lever les yeux, en retenant la cheichia d’une main pour qu’elle ne tombe pas et savoir regarder pour percer ses mystères!


Et pis, je vais voir où moi? Et pis, je me sens bien là où je suis, comme je suis. Et pis, et pis …. Si on est dans un tribunal, si vous êtes les juges et moi le prévenu... elle est où, la victime?


Et pis, laissez-moi passer mon chemin et pis...c'est tout!

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.