Le sommet du G20 en Arabie Saoudite...un levier pour l’économie du royaume

Pour la première fois, l'Arabie saoudite a pris les rênes de la présidence tournante du G20. Le royaume saoudien, qui succède au Japon, est le seul pays arabe membre de cette organisation, qui regroupe les principales puissances économiques mondiales.

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Le royaume cherche à de redorer son blason sur la scène internationale et se positionner avec une nouvelle diplomatie fondée sur l’arme économique. «C'est une occasion unique de forger un consensus mondial sur les questions internationales», a déclaré le prince héritier Mohammed ben Salmane, cité par l’Agence Saoudienne de Presse (SPA).

Le sommet du G20 vient dans une conjoncture compliquée et marquée par les effets du coronavirus sur l’économe mondiale, pour cela l’objectif du G20 cette année est de consolider les efforts internationaux de plus 21 milliards de dollars, injecter plus de 11 billions de dollars pour protéger l’économe mondiale et fournir plus de 14 milliards de dollars pour alléger le fardeau des pays en voie de développement en relançant la croissance.

Dans ce contexte, Riyad compte sur sa diplomatie économique et sa capacité d’organiser des évènements afin de fortifier son leadership régional et son rayonnement économique. Le pays a organisé les dernières le « Future Initiative Investment », un forum économique appelé le Davos du désert qui accueille des dirigeants politiques, hommes d’affaires et acteurs économiques pour échanger à propos de l’économie internationale et des opportunités d’investissement.

L’Arabie saoudite est la vingtième puissance économique au Monde a mis en place une feuille de route économique afin de renouer avec la croissance. La compagnie pétrolière saoudienne Aramco a enregistrée la plus grosse introduction en bourse de l’histoire devant celle du géant chinois Alibaba, à New York, en 2014 (25 milliards de dollars). Elle a levé 25,6 milliards de dollars avec une valorisation qui avoisine 1800 milliards. Aramco va exploiter le plus grand gisement du Gaz « Jafoura », selon Yasir al-Rumayyan le président du conseil d’administration de l’entreprise, l’exploitation de ce gisement situé dans l’est du royaume permettrait à la compagnie saoudienne de devenir le leader mondial dans ce domaine d’hydrocarbures. L’Arabie Saoudite détient la 6ème richesse mondiale du Gaz et commence à lancer des partenariats avec la Russie comme le projet de gaz naturel liquéfié (GNL) Arctic LNG 2 en Sibérie piloté par le groupe russe Novatek.        

A ce point, l’objectif de la vision 2030 lancée par le prince héritier Mohammed ben Salmane est de diversifier l’économie saoudienne. C’est une nécessité inéluctable pour l’Arabie saoudite, dont les hydrocarbures représentent encore près de 42% du PIB, 70% des revenus et 90% des exportations selon la Banque Mondiale.

Dans ce sens, Le royaume a entériné la création d’un fonds souverain d’investissement de 2000 milliards, « le Public Investment Fund (PIF) » entend devenir « le premier fonds d'investissement de la planète, représentant 10% des actifs mondiaux et un montant qui dépasse le PIB annuel d’une économie européenne comme l’Italie ».  Les investissements étrangers sont en effet un pilier stratégique pour l’Arabie saoudite. Ces investissements devraient créer 1,6 million d'emplois, stimuler les exportations non pétrolières de 267 milliards de dollars par an et ajouter jusqu'à 320 milliards de dollars de produit intérieur brut, soit près de 40 % du PIB.

Pendant cette période du Covid-19, le PIF a réussi à avoir des participations à Starbucks, Marriott, Disney, Boeing, Citigroup, IBM et Facebook. Il ouvre également des bureaux à l’étranger à Londres et New York pour gérer ses investissements à l’international. L’ambition de Riyad est de bâtir des champions nationaux, de grandes entreprises de référence, à côté d’Aramco, premier exportateur mondial d’or noir. La vision 2030 est renforcé par "National Industrial Development and Logistics Program" (NIDLP), qui représente un plan d’émergence industriel pour la promotion de plusieurs secteurs, notamment : le transport, les mines, les énergies renouvelables, le numérique et l’automobile. De plus, l’infrastructure du royaume sera développée par l’inauguration de cinq aéroports et la modernisation des ports maritimes. Cette politique industrielle saoudienne contribue au rayonnement de l’entrepreneuriat pour atteindre l’objectif d’augmenter la participation du secteur privé au PIB de 30 % à 60 % en 2030.

Actuellement, le grand projet en attente c’est NEOM, cité du futur à la pointe des technologies et de la performance environnementale, évaluée à 500 milliards de dollars et présentée comme l'équivalent régional de la Silicon Valley. NEOM vise à faire de l'Arabie saoudite un hub commercial et économique mondial, en misant sur le développement de différents secteurs : l'énergie, l'eau, l’agroalimentaire mais aussi le digital, la culture et le divertissement. Le financement de ce genre de projet est impacté par les effets du Covid-19 surtout avec la baisse des prix de pétrole remarquable.

Finalement, le royaume aspire surmonter les crises des dernières années comme la guerre au Yémen, l’affaire du journaliste Jamal Khashoggi, et les effets du Coronavirus par une nouvelle stratégie qui capitalise les anciens intérêts avec les Etats-Unis et s’ouvre à d’autres perspectives d’avenir à travers la diversification des partenaires économiques en Asie et en Europe.

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