passent sur Caracas
l'esprit de Camara
et puis les saintes salves
de Camilo Torres


là-bas
au Venezuela
Ciel se dit terre
comme si de rien n'était


et être pauvre
n'est plus une infamie
au désespoir
du FMI


en haillons écarlates

dignes

leurs mains comme pensée

 
aujourd'hui


les humbles
redevenus
puissances de la terre



la terre
à ceux qui la travaillent

aux paysans fourbus



le travail ouvrier
considéré
et honoré



c'est tout cela
qu'ici
nos factotums pourris
de l'oligarchie
et du capital
appellent

carnaval



salut de Hugo

bien sûr

à Chávez qu'on enterre
mais qui reste plus vif
qu'un bipède sans plumes
zombifié par l'argent



dans ta cohorte

Chávez

mânes aux noms tus
depuis tant de temps
de retour

éclatants



masses du Venezuela
en deuil
comme jadis
celles de la Russie
et de la banlieue

rouges



avec toi       Chávez
Lénine
l'oncle Hô
et Mao
congédient le ciel


vide


l'attente du messie



ici   Pasolini   sourit
lui aussi
devant

recueilli

le peuple de ses films



et dans le souffle des visages
du socialisme revenu


s'élève

d'Amérique

la clameur des opprimés

des frères
fiers




- prolétaires


Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.