Claude Lanzmann, "Le Dernier des injustes" et la charge contre Hannah Arendt

Claude Lanzmann a sorti en 2013 "Le Dernier des injustes" sur l'ancien doyen juif du camp de Theresienstadt. Cette séquence de trois heures, trop longue, n'avait pu être intégrée dans "Shoah". Le doyen, collaborateur des Nazis, se permet de mettre en cause Hannah Arendt sur Eichmann et la banalité du mal, Lanzmann confortant, dans les médias, cette critique erronée lors de la promotion du film.

Je reproduis ici un article que j'ai publié sur ce blog Social en question en 2013 lors de la sortie du film. Il ne s'agit pas ici de commenter Shoah, monument du documentaire sur l'extermination des Juifs (9 heures) que j'ai vu deux fois (à sa sortie en salle en 1985 puis sur TF1). Mais de décrire ce que dit cet "injuste" à Lanzmann, qui exprime des réserves mais est relativement conciliant avec lui. Le réalisateur de Shoah, qui s'en était pris violemment et injustement à Yannick Haennel, l'auteur d'un  roman passionnant sur Jan Karski (Gallimard, 2009), laissait le doyen Benjamin Murmelstein mettre en cause gravement Hannah Arendt sur la "banalité du mal", ne comprenant pas manifestement ce qu'elle avait voulu dire. Et Lanzmann rajoutait sa touche lors des interviews dans les médias accusant la thèse d'Arendt d'être "stupide", n'hésitant pas à prétendre que "c'est la banalité de ses conclusions à elle". J'avais titré cet article : Le Dernier des injustes : Claude Lanzmann veut aujourd'hui en faire un Juste. Contre Hannah Arendt. Mon texte était illustré de photos que j'ai prises au camp de Theresienstadt (ou Terezin), en République tchèque, en 2009.

. Jan Karski est ce Polonais qui révéla aux autorités anglaises et américaines (Roosevelt) la réalité du ghetto de Varsovie et celle du génocide en cours. Elles n’en tinrent pas compte et c’est ce que dénonce le livre de Haennel. Lanzmann, ayant filmé Karski dans Shoah (scène particulièrement émouvante), ne supportait pas l’interprétation qu’en a fait le romancier.

. Shoah sera diffusé samedi 7 juillet sur Arte (en deux épisodes de 4 heures chacun).

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Le réalisateur de Shoah a tourné l’interview de Benjamin Murmelstein, ancien doyen juif du camp tchèque de Theresienstadt,  en 1975 à Rome. Il s’est expliqué sur le fait de n’avoir pas introduit cette séquence (trop longue) dans son film monument, mais à la vue du film aujourd’hui, on s’interroge. Ce gardien de camp, très controversé après la guerre, ne semble pas avoir convaincu Lanzmann lors du tournage, même s’il éprouvait manifestement pour lui de la sympathie. Il exploite en 2013 ce témoignage, mais à la différence de ce que l’on ressentait en visionnant Shoah, on est amené tout au long du Dernier des injustes, non seulement à mesurer la cruauté nazie, mais aussi à se poser des questions sur le témoin, sur cet « injuste ».

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Ce camp de Terezin (Theresienstadt en allemand), à 60 kms de Prague, était une caserne pour 7000 soldats, qui enfermera 50 000 Juifs (sur un total qui y a transité de 140 000) de novembre 1941 au printemps 1945. Ce camp est célèbre car un film nazi y fut tourné pour faire croire au monde entier (et rassurer les Juifs eux-mêmes) que la destination de la déportation vers l’est était presque un eldorado. Dans ce tissu de propagande, intitulé Le Führer fait cadeau d’un village aux Juifs, on voit une communauté juive qui rit, chante, travaille (ateliers bois, cordonnerie), cultive un jardin potager, se divertit : théâtre, cinéma, jeux (on peut voir aujourd’hui, au musée de Terezin, des journaux écrits par ces détenus, des textes de pièces de théâtre, des textes de conférences dispensées par des intellectuels). Des femmes, portant lunettes, lisent dehors, au soleil printanier. Les enfants dégustent leurs tartines de confiture, croquent à pleines dents des fruits frais. Tous arborent l’étoile jaune. Ce camp « idyllique » sera visité en juin 44 par un envoyé du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui n’y verra que du feu (Claude Lanzmann, dans Un vivant qui passe,1997, a d’ailleurs interrogé ce délégué du CICR mettant en évidence son  absence totale de perspicacité). La plupart de ces déportés, lorsqu’ils ne sont pas morts à Theresienstadt, ont été exterminés à Auschwitz ou autres camps.

 DSCN5318.JPG Camp de Theresienstadt [Photo YF]

Trois rabbins, doyens des Juifs, nommés par les Nazis, se sont succédé à la tête de cette communauté. Ils étaient chargés, au sein du Conseil juif (Judenrat), d’organiser autant que possible ce camp. Le dernier fut Benjamin Murmelstein, le plus intelligent des trois, nous dit le réalisateur, sans que l’on sache pourquoi. Peut-être parce qu’il était universitaire (spécialiste de la mythologie), mais surtout parce qu’il a su, lui, composer avec les autorités allemandes. Après la guerre, accusé par des survivants d’avoir carrément collaboré, d’avoir trié ceux qui devaient partir dans d’autres camps, il dut passer plus d’un an en prison, avant d’être innocenté. Cependant, il ne fut jamais autorisé à se rendre en Israël, et quand ce fut possible, pour le procès Eichmann, il refusa car il craignait pour sa vie. Le grand historien et philosophe Gershom Scholem avait appelé à ce qu’il soit pendu.

 DSCN5352.JPGCamp de Theresienstadt : des jardins potagers étaient cultivés dans ces douves [Photo YF]

DSCN5323.JPGTheresienstadt : le corbillard ne sert pas qu’à transporter les morts, mais aussi le pain, le charbon, le linge sale, les vieux pour l’épouillage. « Construit pour les morts, on s’en sert pour les vivants. Sommes-nous encore vivants » [Photo YF]

Raconter le conte de Theresienstadt

L’implication dans la collaboration de ce doyen qui n’hésite pas à mettre en cause ses prédécesseurs (tous tués d’une balle dans la tête) est un fil conducteur de son interview de 1975. Il ne cesse d’essayer de se justifier. Il nous rappelle qu’on lui a demandé comment il avait pu survivre. Il nous affirme qu’il avait plusieurs moyens pour s’enfuir (le CICR lui avait fourni un passeport) mais qu’il n’a pas fait ce choix, car il avait une mission. Il voulait, comme dans les Mille et une nuits, raconter un jour le conte de Theresienstadt. Il ne cache pas avoir travaillé avec Eichmann, de l’avoir rencontré à Berlin avant même d’être envoyé à Therensienstadt. Il fait preuve d’une certaine fierté d’avoir pu approcher cet homme, qui est un des organisateurs de la Solution finale et avec lequel il a été en relation pendant sept ans. Il raconte avec amusement cette anecdote selon laquelle Eichmann ordonne à un chef de camp de lui donner une chaise pour qu’il puisse s’asseoir auprès de lui. Autorisé à partir à Londres (en 1938, après l’Anschluss), il revient (seul) sur Vienne, et refuse une invitation pour Berlin : qu’à cela ne tienne, Eichmann le verra à Vienne. Il participe à la construction du tout premier camp (oublié aujourd’hui) à Nisko. Eichmann l’a fait venir et lui a dit de se débrouiller : « vous n’avez qu’à botter le cul des paysans polonais ». Les déportés juifs viennois, pour gagner ce camp, doivent marcher dans la forêt : les vieillards sont épuisés, certains meurent et il commente : « on n’a pas le droit de déporter des vieux ». Puis il revient à Vienne, ce qui indique assez clairement qu’il bénéficie d'un statut spécial.

 Mais il veut montrer qu’il a tout fait, à Vienne, pour favoriser l’émigration des Juifs (vers la France, l’Espagne, le Portugal), puis, à l’intérieur du « camp modèle », pour améliorer les conditions de vie. C’est pourquoi, il s’est mobilisé pour l’« embellissement » de la ville, ce qui lui sera reproché puisqu’il contribuait ainsi à alimenter la propagande nazie. Lui voulait créer une section pour les personnes atteintes du typhus, il voulait que la communauté soit mieux organisée, qu’elle évite de prendre des risques provoquant la colère des Nazis, qu’elle se protège mieux des maladies, qu’elle traite les déchets. Pour faire accepter les vaccins contre le typhus, il faisait un chantage sur l’alimentation. Il faisait travailler hommes et femmes pendant 70 heures par semaine. C’est la raison pour laquelle, selon lui, il a eu des ennemis après guerre. Pourtant, il ne cache pas que dès son arrivée au camp, il a été rejeté pour ses activités à Vienne : on se méfie de lui. « On pestait contre moi », avoue-t-il. Ils avaient peur qu’il s’entende avec Eichmann, qu’il les dénigre auprès de lui, compte tenu de ses « vieilles relations ». Il confie qu'il avait la réputation d’être un « méchant », un « gueulard ». Mais il fallait sauver l’image de ce camp, seule condition pour qu’il ne soit pas détruit : « il fallait se prostituer » pour y parvenir. Lui était réaliste : son côté « Sancho Pança, pendant que les autres étaient donquichotesques ».

 Claude Lanzmann, en 1975, semble abattu. Il reproche à Murmelstein de ne pas ressentir que ce camp est un lieu de souffrance : « vous êtes focalisé sur l’organisation ». Tout ce qui a été fait pour « embellir » cette ville, toute cette mise en scène nazie à laquelle il participe n’est que « poudre aux yeux ». Mais Murmelstein, très prolixe, est lancé : non seulement il se décrit comme « le chirurgien [qui] pendant l’opération ne pleure pas sur son patient » mais encore il reconnaît qu’il a demandé aux autorités allemandes que des phtisiques, des tuberculeux et des handicapés soient déportés (on imagine quelle était leur destination) : « car cela faisait tache dans le paysage ». Mais, comme pour montrer sa générosité, il révèle qu’il a « autorisé les naissances », ayant compris que le chef du camp ne s’y opposerait pas. Ainsi, 13 enfants naquirent à partir d’octobre 1944 (alors qu’auparavant, les SS avaient ordonné la « disparition » des nouveaux-nés).

 Ces réponse ne satisfont pas Lanzmann qui le presse de questions : « agissiez-vous pour sauver le ghetto, ou pour vous sauver vous ? ». Et Murmelstein ne craint pas de rétorquer qu’il avait un « désir d’aventures », et qu’il n’était « pas prêt à s’offrir en sacrifice ». Il est vexé que l’ Encyclopaedia judaïca ait pu le suspecter d’avoir abusé de son pouvoir. Simplement, il visait une satisfaction personnelle s’il réussissait dans sa mission.

 « Des martyrs mais pas des saints »

Aujourd’hui, l’auteur de Shoah, lorsqu’il apparaît dans le film, vieilli, avec sa tignasse blanche et son pas lourd, lit de longs textes, décrit une réalité que les images tournées sur les lieux du martyre ne nous permettraient pas de comprendre sans son commentaire. Sa voix forte, essoufflée, confère à ces séquences un caractère tragique, en lien avec les récits terribles qu’il rapporte. Il s’appuie sur un mur, il montre les lieux d’un drame, et on partage son accablement : comment tant de souffrances ont été possibles, pourquoi une telle cruauté a pu trouver droit de cité dans la communauté humaine ? Montrant le lieu où des hommes ont été pendus (pour avoir tenté de faire sortir du courrier), Claude Lanzmann lâche cette plainte : « lieu sinistre d’une inoubliable beauté ».

 La question que l’on se pose, et d’ailleurs que Lanzmann finit par poser : que savait-il de la destination des convois ? Murmelstein est évasif. Des enfants venus de Bialystok en 1943, d’autres, déportés du Danemark, redoutaient les douches en répétant « Gaz, gaz ». Eux devaient savoir quelque chose. Pourtant quand il affirme qu’il refusait de désigner ceux qui devaient être déportés, quand il montre combien chacun faisait tout pour ne pas être inscrit dans les convois, il laisse bien entendre que la déportation au « camp familial » de Birkenau c’était la mort. Il reconnaît : « on avait des doutes », mais il n’aurait su la vérité qu’en 1945.

 Cette histoire, ce film donc, conduit le spectateur à se poser la grande question : fallait-il pour la bonne cause se compromettre, dans l’espoir d’adoucir quelque peu les conditions de vie de ces malheureux ? Fallait-il même se salir les mains ? Qui sont les héros ? Sont-ils forcément toujours sans tache ? D’ailleurs, Murmelstein nous dit bien que ces hommes et ces femmes, eux-mêmes,  étaient « des martyrs mais pas des saints ».  

 Il avait dit à Claude Lanzmann pendant le tournage : « vous êtes le dernier danger qui s’est présenté à moi », et aussi « cette conversation sera l’épilogue de mon activité passée ». Il espérait bien que ses déclarations le réhabiliteraient. Finalement, il est mort en 1989, à Rome, sans que le réalisateur de Shoah lui ait donné la parole. La séquence n’a pas été diffusée. Pire (ce que le film ne dit pas) : le Grand Rabbin de la Ville éternelle a refusé qu’il soit enterré auprès de sa femme.

 DSCN5338.JPGProximité du camp : four crématoire [Photo YF]

DSCN5341.JPGProximité du camp : cimetière [Photo YF]

La banalité du mal

On a dit que le Dernier des injustes montrait bien le bourreau sanguinaire qu’était Eichmann, et Claude Lanzmann en a profité, dans les média, pour redire sa haine recuite à l’encontre d’Hannah Arendt, coupable d’avoir évoqué à propos du grand criminel nazi la question de la «banalité du mal ». « Le concept d’Hannah Arendt est d’une grande faiblesse. Eichmann ne recule devant aucune inhumanité pourvu qu’il y trouve son compte », déclare-t-il à Libération (18-19 mai 2013). Dans Sud-ouest magazine du 12 octobre : « Eichmann est un démon. Un démon ! Quoi qu’en ait dit Hannah Arendt (…) Toute son idée sur la banalité du mal est stupide. C’est la banalité de ses propres conclusions à elle. » Termes identiques dans le Point du 7 novembre. Au Monde le 13 novembre, il déclare qu’il tient « les propos de Mme Arendt pour une honte absolue », en ce qui concerne sa mise en cause des conseils juifs et aussi son concept de la banalité du mal, battu en brèche, selon lui, par Murmelstein. Ce dernier avait effectivement dit lui-même dans le film qu’Eichmann est un « démon », un menteur qui prétendait avoir protégé les Juifs lors de la Nuit de Cristal à Vienne (10 novembre 1938) alors qu’il dit avoir vu Eichmann, en personne, diriger les opérations menées contre les Juifs et leurs biens.

 En réalité, lors des interviews de Benjamin Murmelstein, Claude Lanzmann ne le reprend pas lorsqu’il met en cause Hannah Arendt. L’ancien doyen accuse cette dernière d’avoir dit qu’Eichmann était « banal », or il était corrompu (car intéressé financièrement dans les opérations de sauvetage). Plus loin, il débute une phrase sur Mme Arendt, sans aller plus loin. Il évoque ensuite un échange de lettres avec elle, sans en révéler la teneur. Il ne semble pas qu’à l’époque, Lanzmann accorde grande importance à cette mise en accusation, qui rejoint, il faut bien le dire, un procès terrible qui a été fait à la philosophe qui avait couvert une partie du procès de Jérusalem et avait publié son grand ouvrage Eichmann à Jérusalem, rapport sur la banalité du mal. La plupart des intellectuels juifs ne pardonnaient pas à Hannah Arendt d’avoir accusé les conseils juifs d’avoir facilité l’action des Nazis en collaborant, et aussi d’avoir considéré, en n’observant qu’une partie du procès, qu’Eichmann n’était pas un monstre, pas un démon, mais un homme ordinaire, pas violemment antisémite, mais obéissant aveuglément à son maître, Hitler.

 Un dérapage sémantique lui a fait dire que c’était un homme « banal » (comme Murmelstein le dit d’ailleurs dans le film). Comme si la critique d’Hannah Arendt atténuait la culpabilité d’Eichmann. Or il n’en est rien. Pour elle, Eichmann est un criminel de la pire espèce. Et elle approuve la sentence de Jérusalem (la mort). L’essentiel de son étude porte d’ailleurs sur les actes d’accusation et sur le procès, et non sur une réflexion philosophique sur le mal. Mais elle se saisit du fait que le dignitaire nazi prétend appliquer l’« impératif catégorique » de Kant, interprété à sa manière : agis pour que tes actes soient conformes aux lois de ton pays. Et ne te poses pas de questions. C’est un homme ordinaire, un bon fils, un bon époux, un bon père. S’il n’est pas très intelligent, il n’est pas malade mental. Il est, dit Arendt, d’une « bêtise révoltante », c’est ce que signifie pour elle le mot « banalité ». Il n’a aucune profondeur : il est là en surface, avec ce « refus de se représenter ce qu’il en est véritablement de l’autre ». Par ailleurs, elle note une « idéalisation pour ainsi dire folle de l’obéissance ». C’est un bureaucrate : il n’a tué personne de ses mains, il n’a pas fait directement couler le sang, mais puisqu’il en a reçu l’ordre, il fait son « devoir » : il organise la mort de milliers de gens, de millions de personnes, hommes, femmes, enfants, vieillards. « Je dirais que cette façon de tuer, à partir de sa table de travail ou en masse…, c’est bien sûr un type d’homme incomparablement plus affreux que n’importe quel meurtrier, du fait qu’il n’a plus aucun lien avec sa victime. En fait, il tue comme s’il s’agissait de mouches ». Quand elle dit qu’il n’est pas un « meurtrier typique », elle précise : « je ne veux pas dire par là qu’il était meilleur, mais ce que je veux dire, c’est qu’il est infiniment pire bien qu’il [n’ait] pas – ce que nous appelons – des « instincts meurtriers » » (1).

 Considérer que décrire ainsi un tel homme c’est l’excuser, c’est ne rien comprendre à ce que veut dire Hannah Arendt. La culpabilité de cet homme est pire que celle d’un monstre : car accuser un criminel d’être un monstre, un démon, c’est le sortir de la catégorie des êtres humains. C’est rassurant pour l’espèce humaine, mais c’est l’excuser d’une certaine manière. Ce qui est terrible c’est que ces génocidaires faisaient partie de la famille humaine. C’est le problème d’Auschwitz : des hommes ont décidé d’exterminer d’autres hommes, leurs frères. Délibérément, méthodiquement, systématiquement. Et ces assassins (de bureau ou de terrain) appartenaient à une grande civilisation. Impossible pour l’humanité de se remettre d’une telle catastrophe.

 DSCN5129.JPGSynagogue Pinkas à Prague :

80 000 noms de victimes juives de Bohême et de Moravie inscrites sur les murs [Photo YF]

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(1) entretien radiodiffusé sur la SWR le 9 novembre 1964. Cité dans « Eichmann était d’une bêtise révoltante », Hannah Arendt et Joachim Fest, Fayard, 2013.

Photos à Theresienstadt et à Prague : Yves Faucoup, 2009.

 Eichmann à Jérusalem existe en livre de poche (Folio-Histoire).

Philosophie magazine de mai 2013 a consacré un dossier passionnant à la controverse sur la thèse de Hannah Arendt.

Dans Eichmann, l'interrogatoire, paru chez Belfond en 1984, Jochen von Lang a décrit Eichmann comme "le grand commis zélé, le bureaucrate efficace et insensible que toute sa vie de petit-bourgeois raté et étriqué avait préparé à ce qui fut la règle de son existence : obéir à ses supérieurs".

Hannah_Arendt_film.jpgVoir le beau film de Margarethe von Trotta, Hannah Arendt, sorti cette année [2013] avec l'interprétation magistrale de Barbara Sukova dans le rôle de celle qui conceptualisa Les Origines du totalitarisme. Le film n'aborde pas la vie et l’œuvre de Hannah Arendt mais justement toute la période du procès de Jérusalem et de l'écriture de son livre sur Eichmann.

Michel Rotfus, dans un texte en mai dernier [2013] sur son blog de Mediapart a commenté précisément ce film, et évoqué les calomnies que dut subir à l'époque Hannah Arendt, qui se poursuivent aujourd'hui avec les propos que Claude Lanzmann tient à son encontre :

http://blogs.mediapart.fr/blog/michelrotfus/180513/hannah-arendtmargarethe-von-trotta-et-claude-lanzmann

 

Billet n° 407

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