COVID-19 : qui est le margoulin qui a vendu un pangolin ?

Le pangolin responsable de la pandémie est la thèse officielle, ou une fable. La vérité scientifique, ou un mensonge. Des chercheurs affirment que le pangolin est le maillon entre la chauve-souris et l'homme. Les médias répètent qu'un vilain braconnier a vendu le gentil animal à écailles sur le marché de gros de fruits de mer de Wuhan. Cette histoire mérite d'être décortiquée !

Avertissement : toute reproduction, copie, transmission ou traduction, partielle ou totale, de cette publication est interdite. © 2020 Yves Stébé

La pandémie est aujourd'hui un fléau planétaire, avec 1,3 million de morts et une tendance haussière.

Les 8 milliards d'habitants sont touchés, sur le plan psychique ou financier, quand ce n'est pas sur le plan médical.

C'est aussi une affaire pénale puisque des collectifs de soignants ont poursuivi des ministres français. Me Fabrice di Vizio en a fait son fonds de commerce. Les domiciles d'Edouard Philippe, Agnès Buzin et Olivier Véran ont été perquisitionnés le 15 octobre 2020.

On s'attendait tous à une épidémie de faible ampleur : le SARS-CoV-1 a induit 774 morts et le MERS-CoV a tué 858 fois, selon les dernières estimations. Le coronavirus n'est-il pas aussi l'un des virus qui causent le banal rhume ?

Le banal rhume n'est pas si banal que cela car il est provoqué par une série de virus. Il y a notamment les coronavirus qui proviennent de la chauve-souris, directement (cas des alpha-coronavirus HCoV-229E et HCoV-NL63) ou indirectement (cas des béta-coronavirus HCoV-OC43 et HCoV-HKU1). L'hôte intermédiaire était un bovin pour le HCoV-OC43 et la souris pour le HCoV-HKU1, découvert à Hong Kong en 2005.

L'étude scientifique qui a été publiée le 12 septembre 2016 mérite une attention particulière. Elle explique comment le HCoV-OC43 attaque le système nerveux central et perturbe l'odorat, un symptôme récurrent dans la COVID-19. La conclusion est prémonitoire : "On peut donc penser que la diminution de la virulence à court terme de la souche HCoV-OC43 en particulier, et des coronavirus humains en général, en cours d’évolution, pourrait survenir au prix de l’augmentation collatérale de son potentiel neurodégénératif sur une longue période".

"Allô Tonton, pourquoi tu tousses ?", aurait dit Fernand Raynaud !

Pas de chance pour les trois ministres français : 2020 est le mauvais cru ! C'est difficile de diriger les français qui se font entendre bruyamment dans la rue, c'est impossible de diriger les coronavirus qui avancent silencieusement. Ceux-ci prennent plaisir à être faibles quand le stock stratégique de masques est haut et à être forts quand le stock est au plus bas. C'est le principe de la tartine, qui tombe toujours du côté de la confiture ! C'est à vous dégoûter de la politique ! Les hôpitaux se sont retrouvés en pleine déconfiture car les patients atteints par une pneumonie sévère ont engorgé les salles de réanimation, qui sont habituellement réservées aux cas exceptionnels. Les personnes qui respirent mal sont soudainement devenues des urgences absolues, comme les grands accidentés de la route mais en bien plus grand nombre !

Engorgement, confinement, désengorgement, déconfinement, ré-engorgement, re-confinement : les courbes montrent très bien le phénomène de yoyo qu'induisent les mesures du type "tout ou rien", qui sont inévitables tant que la santé et l'économie sont des paramètres que l'on n'arrive pas à conjuguer. 

La survenue d'une pandémie était certaine tout comme la survenue d'un tremblement de terre l'est. Ce n'est pas pour autant qu'il faut surdimensionner les salles de réanimation pour pouvoir y accueillir tous les jours un surplus hypothétique de malades. La gestion des crises est un savoir-faire que maîtrisent traditionnellement les militaires mais en France on a créé une usine à gaz : le 5 mais 2007, la loi a donné naissance à l'EPRUS (Etablissement de Préparation et de Réponse aux Urgences Sanitaires) qui dépend du ministère de la Santé, mais le stockage des masques a été confié à l'ERSA (Etablissement de Ravitaillement Sanitaire des Armées) qui dépend du ministère de la Défense. On peut être bons ministres et mauvais gestionnaires. Toujours est-il que les blouses blanches et les treillis kakis n'ont pas eu le comportement du bon père de famille, qui aurait commencé par lire le mode d'emploi des masques. Si cela avait été fait, ils auraient compris que les masques antibactériens (dits "chirurgicaux") pourrissent et que les masques antiviraux (dits "FFP2") perdent leur efficacité au bout de deux ans. Il faut donc faire tourner le stock au lieu de le bunkeriser à Marolles dans la Marne.

Si jamais un président de la République doit appuyer sur le bouton rouge, mieux vaut vérifier dès maintenant que la rampe de lancement des sous-marins nucléaires est correctement huilée.

On a déjà oublié que les bonnes décisions du gouvernement chinois, contre le SARS-CoV-1 et contre le SARS-CoV-2, furent, non pas de stocker les masques, mais de les fabriquer, et de monter des hôpitaux spécialisés en quelques jours, ce qui prouve l'intérêt de l'indépendance industrielle et de la force de frappe de l'Etat quand les choses vont mal, deux principes bien connus du Général de Gaulle.

Sur ce, les ministres de 2020 restent des victimes collatérales : nous avons assisté à un long glissement qui a abouti à la perte de tout contrôle, libéralisme oblige, ce qui veut dire qu'il est difficile de demander à l'Etat d'être présent les années paires et de disparaître les années impaires.

Qui plus est, en matière sanitaire, la communauté scientifique et médicale a son mot à dire. C'est d'ailleurs elle qui parle aux décideurs politiques et aux médias. Qu'a-t-elle fait avant la pandémie ? Quels sont ses travaux ? Quels sont ses résultats ? Qui la dirige ?

Selon la thèse du pangolin responsable de la pandémie, leur thèse, la thèse officielle, le coupable est le vilain braconnier, venu de la province du Yunnan, qui a vendu le gentil animal à écailles sur le marché de gros de fruits de mer de Wuhan.

Il y a forcément de nombreuses caméras de télésurveillance dans la capitale de la province du Hubei : pourquoi n'a-t-on pas arrêté le responsable de la pandémie ? Pourquoi la France n'a-t-elle pas lancé un mandat d'arrêt international contre lui ? S'est-il réfugié au Liban en même temps que Carlos Ghosn ? Ont-ils voyagé dans la même malle ? Est-ce que la communauté scientifique et médicale dit la vérité ? Qui doit agir ? Qui est autorisé à agir ? Que dit la loi française ?

Les articles 434-1, 434-4 et 434-5 du Code pénal punissent l'abstention de dénonciation des crimes qui se prolongent ou se répètent, l'obstruction à la manifestation de la vérité et tout acte d'intimidation pour dissuader la victime d'un crime ou d'un délit à porter plainte.

Autrement dit, la vérité ne doit pas être cachée ou altérée, toute personne qui connaît un crime a l'obligation de porter plainte, les pressions pour faire taire les victimes ne sont pas tolérées.

Première conclusion : dans la perspective de la juridisation du débat, nous devons tous préparer un dossier contre le criminel à l'origine de la pandémie, c'est-à-dire contre le chasseur de pangolins selon la thèse officielle.

Qui plus est, en matière sanitaire, la vérité est cruciale car elle permet de comprendre le fléau et donc de le combattre, que ce soit une bactérie ou un virus. La communauté scientifique et médicale fait traditionnellement la différence entre, d'un côté, les zoonoses, qui passent de l'animal à l'homme (grippe aviaire, par exemple), et, de l'autre, les infections qui se répandent dans la population humaine (grippe espagnole, par exemple). On distingue aussi les virus en fonction de leurs modes de contamination (sang ou air, par exemple) et des symptômes (diarrhée ou pneumonie, par exemple). Côté vocabulaire, on fait la différence entre le virus et la maladie : le VIH provoque le SIDA, le SARS-CoV-2 provoque la COVID-19.

On ne le dit pas mais les scientifiques le savent : la chauve-souris, qui est un mammifère comme l'homme et non un oiseau, est le plus grand producteur de virus au monde. Le phénomène est tellement marqué que l'on part à la chasse aux chauve-souris dès qu'on découvre un nouveau virus chez l'homme.

Selon une étude brésilienne, plus de 200 virus humains ont été induits par une chauve-souris : hépatite B, hépatite C, grippe H17N10, rage, chikungunya, Ebola, SARS-CoV-1, MERS-CoV, ...

Entre ce point de départ, la chauve-souris, et le point d'arrivée, le patient "zéro", on évoque parfois un hôte intermédiaire, c'est-à-dire un animal en contact avec l'homme. C'est la civette masquée pour le SARS-CoV-1, le dromadaire pour le MERS-CoV et le pangolin pour le SARS-CoV-2. Le raisonnement est simple : l'homme est contaminé parce qu'il caresse ou mange sa civette masquée, son dromadaire ou son pangolin.

La question de l'hôte intermédiaire est scientifique mais aussi politique, ce qui explique le flou et les confusions.

Les études mentionnent des animaux testés positifs mais, après coup, on s'aperçoit que le coronavirus de l'hôte intermédiaire est loin d'être identique à celui de l'homme et même que celui de la chauve-souris est plus proche. On s'aperçoit également que toutes les combinaisons sont possibles. On parle en effet pour le SARS-CoV-2 de contaminations "homme - animal" : on a incriminé le furet et le chat dès le 4 avril 2020 en Chine, le vison d'élevage dès le 26 avril 2020 aux Pays-Bas. Ces zoonoses inversées ont eu des conséquences insoupçonnées : la contamination a atteint le Danemark et le coronavirus a rejailli sur l'homme sous une nouvelle forme.

On peut conclure que le cas du vison d'élevage est un parfait exemple du manque de vision de l'homme !

La communauté scientifique et médicale n'imagine pas une seconde qu'en 2020 on puisse caresser ou manger une chauve-souris. Ou même l'approcher pour faire des prélèvements car, dans ce cas, le coupable n'est pas le chasseur mais un membre de la communauté ! Les chercheurs sont habillés comme des cosmonautes quand ils manipulent les agents pathogènes mais qui se soucie des chauves-souris de laboratoire, qui doivent obligatoirement exister, vivantes ou congelées ?

Le 11 mai 2015, Manuel Vals et Yves Lévy ont inauguré l'extension du laboratoire P4 de Lyon, qui est justement une animalerie. Yves Lévy était le président de l'INSERM et il est aussi le mari d'Agnès Buzyn, qui ne peut donc pas ignorer la question du stockage des réservoirs de virus. D'autres laboratoires P4, bien plus vastes, sont pourvus d'une étable : on les trouve sur une île en Allemagne, au Canada et en Australie.

L'Université d'Agriculture de Chine du Sud, installée à Guangzhou dans la province du Guangdong et présidée par Liu Yahong, et l'Institut de Virologie de Wuhan, sont très actifs en matière de recherche sur les coronavirus. La France a aidé la Chine à ériger un laboratoire P4, à Wuhan, qui a été rendu célèbre par Shi Zhengli, baptisée "bat woman". The Washington Post a révélé un câble diplomatique, qui remonte au 19 janvier 2018 et qui prouve que les Etats-Unis voulait apporter une aide supplémentaire par le biais du Galveston National Laboratory : les autorités américaines ont pointé du doigt un manque de techniciens et d'enquêteurs préjudiciable à la sécurité alors que le laboratoire P4 étudie la virulence des coronavirus. Le câble parle d'un mécanisme hautement pathogène : celui qui fait intervenir le récepteur ACE2, un enzyme à la surface des cellules humaines qui sert de porte d'entrée à l'infection.

Le SARS-CoV-2 a justement une particularité : sa capacité à s'accrocher aux récepteurs ACE2 est dix à vingt fois supérieure à celle du SARS-CoV-1. Ses pointes sont des protéines qui adhèrent parfaitement aux récepteurs ACE2, qui sont nombreux dans les poumons et dans les vaisseaux, pour fluidifier le sang. Forcément, la destruction de ces récepteurs entraîne suffocation et coagulation, ce qui explique les très graves complications pulmonaires et cardiaques. A cela s'ajoute une réaction inflammatoire, qui est souvent fatale chez les personnes qui ont les vaisseaux fragilisés par le diabète ou une maladie cardiovasculaire.

Pendant que la France était inconsolable sur le sort du pangolin et débattait sans fin sur l'utilité de l'hydroxy-chloroquine, la science progressait à pas de géants là où on ne l'attendait pas : une alternative au vaccin ! Le professeur Josef Penninger a fondé en Autriche la société Apeiron Biologics pour produire l'APN01. C'est un substitut de l'enzyme, qui sert de leurre aux coronavirus et qui répare les tissus endommagés. La pâte à tout faire, en un mot.

On le sait aujourd'hui, 18 novembre 2020 : on doit affronter un virus multi-invasif qui fait voler en éclat le principe des barrières entre espèces et qui sera un challenge pour l'industrie pharmaceutique, qui ne se limite pas aux fabricants de vaccins.

Deuxième conclusion : les premières pierres de l'édifice de la compréhension sont le décryptage du génome du coronavirus, l'étude de la chaîne de contamination et la recherche du patient "zéro" mais avec le SARS-CoV-2 de vieilles certitudes tombent et de nouvelles voies thérapeutiques naissent, qui peuvent être une chance pour combattre d'autres maladies.

La thèse officielle est aussi une nouveauté car, si on peut comprendre la proximité entre le dromadaire et l'homme en Arabie Saoudite dans le cas du MERS-CoV, la proximité entre le pangolin et l'homme en Chine dans le cas du SARS-CoV-2 mérite des explications.

Qui chassait le pangolin ? Qui a parlé du pangolin ? Qui avait intérêt à parler du pangolin ?

A l'époque du premier confinement, lors d'un mémorable zapping télévisuel, je suis tombé sur un reportage qui explique l'origine de la pandémie. "Stop, je regarde !" ... On voyait un pangolin qui a eu la mauvaise idée de manger une fourmi dans une grotte où vivaient des chauve-souris. Une chauve-souris, apparemment déjà atteinte par la COVID-19, aurait projeté ses excréments par la simple loi de la pesanteur sur une fourmi de passage. La fourmi, ainsi contaminée, n'a vraiment pas de chance car elle ne savait pas qu'elle était suivie par un pangolin, qui l'a avalée dès qu'elle est sortie de la grotte. Le pangolin était aussi de passage : il venait d'un autre pays, la Malaisie. Il était aussi suivi, par un chasseur, qui l'a capturé juste après son maigre déjeuner. On sait peu de choses sur le chasseur, sauf qu'il n'est pas le patient "zéro" et qu'il chassait dans la province du Yunnan, au sud-ouest de la Chine, car c'est dans cette région que se trouve la grotte, et la crotte !

La capitale, Kunming, se trouve à 1.559 km de Wuhan, la capitale de la province du Hubei. Le chasseur savait qu'il pouvait vendre cher le pangolin à Wuhan, non pas au marché des pangolins mais au marché de gros de fruits de mer, ce qui prouve que c'est un professionnel averti. Selon Le Monde, le pangolin se vend 1.000 dollars par kilo au Gabon ...

Le chasseur est arrivé à sa destination finale au bout de dix-huit heures de route. Toujours selon la thèse officielle, il a vendu le pangolin contaminé à un grossiste spécialisé dans les animaux à écailles. Celui-ci n'a pas fait pas la différence entre la crevette, un crustacé, et le pangolin, un mammifère ! La bévue l'a rendu célèbre puisque c'est officiellement le patient "zéro". Une écaille lui aurait tranché le doigt, ce qui prouve que le SARS-CoV-2 se transmet aussi par le sang.

Troisième conclusion : la thèse officielle est plausible mais hautement improbable car elle repose sur la chaîne de contamination suivante : chauve-souris (Yunnan), excréments, fourmi (Yunnan), tube digestif, pangolin (Malaisie), sang, homme (Wuhan).

CNEWS a annoncé fièrement le 30 mars 2020 que le patient "zéro" est une femmeWei Guixian, une vendeuse de crevettes de 57 ans, s'est plainte des symptômes de la COVID-19 le 10 décembre 2019. Elle ne fut guérie qu'un mois plus tard. Selon elle, plusieurs autres grossistes ont été contaminés, non pas par les écailles du pangolin, mais par l'une des toilettes du marché, qu'elle partageait avec d'autres marchands.

Diable, le nouveau coronavirus entre par une plaie et ressort par le côlon ... Mais alors, ce ne sont pas les mains qu'il faut désinfecter mais les cuvettes de WC ! Ce ne sont pas les masques chirurgicaux et le gel hydroalcoolique qu'il fallait stocker mais le papier hygiénique et l'eau de javel ! On pouvait même faire une pierre deux coups car le papier hygiénique avec des élastiques pouvait remplacer les masques et l'eau de javel une fois diluée permettait de se laver les mains ! Voici un traitement préventif et universel suggéré par le patient "zéro" mais personne ne l'a adopté ! Il faut dire qu'il est encore moins cher que l'hydroxy-chloroquine et à la portée de tous ...

Le scoop a pour origine un journal chinois : The Paper ! L'information du "Papier", journalistique et hygiénique donc, a été reprise par le Wall Street Journal le 6 mars 2020, puis par le New York Post le 27 mars 2020, puis par CNEWS le 30 mars 2020, ceci par un phénomène de copié-collé qui en dit long sur le travail d'enquête des journalistes.

Quatrième conclusion : curieusement, du 6 au 30 mars 2020, les médias parlaient de crevettes et de toilettes, pas d'un pangolin et d'un margoulin.

On s'en lave les mains, certains diront. Pas moi. Cherchons un peu plus ...

Le Parisien a mentionné le 18 mars 2020 une contamination plus ancienne, qui remonte au 17 novembre 2019, toujours à Wuhan ! On ne parle plus du marché mais des Jeux mondiaux militaires d'été, qui se sont déroulés du 18 au 27 octobre 2019. Le pangolin et les crevettes ont disparu ! Le quotidien français site sa source : le South China Morning Post, qui est basé à Hong Kong.

Le Parisien persiste et signe : il a annoncé le 5 mai 2020 qu'Elodie Clouvel et des militaires d'autres pays (Suède, Luxembourg, ...) ont été contaminés à Wuhan à la fin du mois d'octobre 2019.

Le 6 mai 2020, les autorités militaires françaises, au lieu de demander des tests antigéniques aux membres de la délégation, ont laconiquement déclaré : "Pour l'armée, pas de cas de COVID-19 en octobre aux Jeux Mondiaux de Wuhana" ...

Le 12 mai 2020, les autorités médicales chinoises ont reconnu qu'il y a eu cinq hospitalisations, mais c'était des crise de paludisme selon elles.

Cinquième conclusion : la bonne réponse pour la manifestation de la vérité n'était pas "non, on sait" mais "peut-être, on enquête", ce qui prouve que les autorités, qu'elles soient militaires ou médicales, françaises ou chinoises, refusent le doute, qui est un signe de faiblesse pour elles.

Vous conviendrez que la recherche du chasseur de pangolins est un travail fastidieux ... Je persévère !

Le magazine Science a trouvé un animal sauvage le 12 janvier 2020, mais ce n'est pas un pangolin : "Le nouveau coronavirus ressemblait aux virus de chauve-souris connus, mais pas aux coronavirus qui causent le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) et le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS)".

Le Daily Mail a pris le relais le 23 janvier 2020, diffusant la vidéo d'une jeune femme asiatique en train de manger une chauve-souris.

Le Times of India s'est insurgé le 6 février 2020, faisant un lien entre la sauvagerie alimentaire des chinois et le nouveau coronavirus, qui avait tué 26 personnes selon le journal indien.

Ensuite, le 7 février 2020, on a assisté à un incroyable coup de théâtre, avec l'entrée en scène du pangolin, tenu par la main par l'agence Chine Nouvelle et l'Agence France Presse.

Paris Match, par la Rédaction avec l'AFP, le 7 février 2020 à 11h18 : "Or, après avoir testé plus de 1.000 échantillons provenant d'animaux sauvages, les savants ont déterminé que les génomes de séquences de virus prélevés sur les pangolins étaient à 99 % identiques à ceux trouvés sur des patients atteints du nouveau coronavirus, selon l'agence étatique Chine nouvelle." 

Le Parisien, par C.M. avec l'AFP, le février 2020 à 12h47 : "Or, après avoir testé plus de 1.000 échantillons provenant d'animaux sauvages, les savants ont déterminé que les génomes de séquences de virus prélevés sur les pangolins étaient à 99 % identiques à ceux trouvés sur des patients atteints du nouveau coronavirus, selon l'agence Chine nouvelle."

HuffPost, par l'AFP, le 7 février 2020 à 12h48 : "Or, après avoir testé plus de 1.000 échantillons provenant d’animaux sauvages, les savants ont déterminé que les génomes de séquences de virus prélevés sur les pangolins étaient à 99 % identiques à ceux trouvés sur des patients atteints du nouveau coronavirus, selon l’agence étatique Chine nouvelle."

Challenges, par l'AFP, le 7 février 2020 à 14h21 : "Or, après avoir testé un millier d'échantillons provenant d'animaux sauvages, les savants ont déterminé que les génomes de séquences de virus prélevés sur les pangolins étaient à 99% identiques à ceux trouvés sur des patients atteints du nouveau coronavirus, selon l'agence de presse Chine nouvelle."

RTL, par Maeliss Innocenti et l'AFP, le 7 février 2020 à 16h01 : "On sait seulement que les analyses génétiques de virus prélevé sur les pangolins et les hommes étaient à 99 % identiques, selon l'agence étatique Chine nouvelle."

L'Obs avec l'AFP, le 7 février 2020 à 17h07 : "Après avoir testé un millier d’échantillons provenant d’animaux sauvages, les savants ont déterminé que les génomes de séquences de virus prélevés sur les pangolins étaient à 99 % identiques à ceux trouvés sur des patients atteints du nouveau coronavirus, selon l’agence de presse officielle Xinhua."

Les Echos, le 7 février 2020 à 17h13 : "Or, après avoir testé un millier d'échantillons provenant d'animaux sauvages, les savants ont déterminé que les génomes de séquences de virus prélevés sur les pangolins étaient à 99 % identiques à ceux trouvés sur des patients atteints du nouveau coronavirus, selon l'agence de presse étatique Chine nouvelle."

Sixième conclusion : l'AFP (Agence France Presse) a relayé le 6 février 2020 une information qui contredit tout ce qui avait été dit, information qui a ensuite été diffusée "à l'identique" par tous les médias français en quelques heures.

Septième conclusion : les grands noms de la presse se plaignent que les lecteurs les boudent mais on y trouve la même information non vérifiée, certes plus rapidement chez Lagardère (Paris Match) que chez LVMH (Les Echos).

Le phénomène "boule de neige" a parfaitement fonctionné mais des doutes ont émergés petit à petit : la guerre des chiffres a alors été déclenchée !

La revue Nature a publié le 26 mars 2020 une étude chinoise sur des pangolins malais : les génomes des coronavirus de pangolins sont compatibles avec ceux du SRAS-CoV-2, non pas à 99 %, mais entre 85,5 % et 92,4 % !

L'article scientifique a été repris par le magazine National Geographic le 27 mars 2020 : "De nouvelles recherches révèlent qu'une petite proportion de pangolins sont porteurs de coronavirus liés à la souche responsable de la pandémie de COVID-19, selon un article publié le 26 mars dans la revue Nature".

Le journaliste du magazine National Geographic parle d'une similitude de "88,5 % - 92,4 %" et non de "85,5 % - 92,4 %" : la thèse officielle du pangolin a perdu quatorze points le 26 mars 2020 mais elle en a regagné trois en vingt-quatre heures à cause d'une erreur de frappe !

Le journaliste a osé écrire ce que les scientifiques chinois n'osaient pas dire : 

Des scientifiques chinois ont donc comparé le coronavirus de l'animal et celui de l'homme et on déduit de leur étude une différence de plus de 7,4 %.

Avec une telle différence, on ne peut pas parler de virus identiques. Personnellement, j'aurais déduit qu'il s'agit de deux virus de la même famille, la famille des coronavirus. Point.

 

Les articles ci-dessous montrent que le 7 février 2020 la thèse du pangolin a gagné miraculeusement dix points : ce n'est plus une similitude de "88,5 % - 92,4 %" mais un virus identique à 99 %. Je m'étonne que la barre des 100 % n'ait pas été dépassée !

Résumons : nous avons deux pistes qui nous mènent à Wuhan. Celle du pangolin, qui se termine dans les toilettes du marché. Celle des militaires, qui se termine par le Secret Défense. Je ne parlerai pas aujourd'hui du laboratoire P4 de Wuhan, qui est une technologie duale française, civile et militaire ... Il est "mimi", le pangolin !

Dans tous les cas, on comprend que les autorités médicales chinoises et les autorités militaires françaises ont une thèse différente mais que la zoonose hivernale arrange tout le monde. Le problème est qu'une zoonose était crédible en mai 2020 mais elle ne l'est plus six mois plus tard : un virus passe difficilement de l'animal à l'homme et la contamination interhumaine ne se prolonge pas dans ce cas. Crotte !

Une zoonose n'induit pas une pandémie mondiale dont les morts dépassent le million. Le SRAS (SARS-CoV-1), attribué à un type de civette vendu sur les marchés chinois, n'est pas allé plus loin que Hong Kong et a induit moins de 1.000 morts. Le mode principal de contamination est l'air, ce qui rend incontournable le masque anti-virus. Le MERS, un autre coronavirus, attribué au dromadaire cette fois, est resté centré sur l'Arabie Saoudite et a induit moins de 500 morts. Dans les deux cas, il n'y a jamais eu de pandémie mondiale, ni de deuxième vague. Le SRAS et le MERS donnent donc raison au professeur Didier Raoult ! Et à Marisol Touraine : on ne stocke pas un milliard de masques chirurgicaux en prévention de coronavirus qui tuent moins que la grippe saisonnière. Ou alors on les utilise pour prévenir de la grippe saisonnière.

Sauf que le SARS-CoV-2 se comporte comme la grippe saisonnière, qui n'est pas une zoonose, et non comme le SARS-CoV-1, qui en est une ! Une grippe saisonnière qui a des effets nouveaux, au niveau du goût et de l'odorat, et accentués, au niveau des poumons, comme si c'était un mélange de plusieurs virus.

Tous les espoirs sont permis car depuis longtemps on sait faire des vaccins contre la grippe et, heureusement ou malheureusement, plus le marché est vaste, plus les industriels savent faire des efforts, ce qui n'était pas possible avec le SRAS et le MERS, deux marchés de niche sans potentiel commercial !

D'où vient alors la rumeur persistante du pangolin et de la zoonose ?

 

Les chinois n'ont aucune responsabilité, c'est la responsabilité du journaliste ! Super ...

 

L'information était-elle juste ? Pouvait-on faire une vérification, simplement, en quelques clicks ?

Oui : j'ai fait cette vérification et en quelques clicks j'ai trouvé une information scientifique qui prouve exactement le contraire !

Le pangolin pour le SARS-CoV-2 est une thèse aussi erronée que celle de la civette masquée pour le SARS-CoV-1. Les chercheurs de l’Institut de virologie de Wuhan ont compris qu'il n'y a pas d'animal intermédiaire entre la chauve-souris et l'homme. Ils le savent. Nous aussi, depuis le 15 décembre 2017 : il suffit de lire l'excellent article en français de Hugo Jalinière dans Sciences et Avenir.

Voici ce que dit l'article :

"L'alerte mondiale déclenchée par l’Organisation mondiale de la santé le 12 mars 2003 avait permis d’endiguer rapidement l’épidémie. Les recherches sur l’origine du virus s’étaient rapidement tournées vers la civette masquée, petit mammifère carnivore proche de la genette, vendu sur les marchés aux animaux de la province du Guangdong, où l'épidémie à commencé chez l’homme. Plus tard, c’est chez les chauves-souris que des indices du virus avaient été retrouvés, suggérant que le SRAS tirait ses origines de ces chiroptères et était passé chez l’homme par l’intermédiaire de la civette. Mais quelques pièces manquaient au puzzle … Les gènes produisant une protéine essentielle au virus pour s’attacher aux cellules respiratoires et les infecter étaient différents chez l’homme et chez les chiroptères étudiés, laissant place au doute. Mais cette fois, les chercheurs ont mis la main sur l’ensemble des éléments génétiques nécessaires grâce au séquençage du génome de 15 souches virales prélevées. Aucune des chauves-souris ne présentait la réplique exacte du virus humain. Mais prises ensemble, les différentes souches en possédaient tous les ingrédients. “La souche humaine aurait ainsi émergé à partir des mélanges fréquents entre ces différents virus”, explique Kwok-Yung Yuen, virologue à l’université de Hong-Kong et codécouvreur du SRAS."

Autrement dit, le coronavirus humain est un mélange de plusieurs virus de chauve-souris.

Et qui étudie les virus de chauve-souris ? L'article le révèle aussi : l’Institut de Virologie de Wuhan ! Juge et partie ...

Cinquième conclusion : le SARS-CoV-2 est un coronavirus 100 % "chauve-souris" et 100 % "Wuhan".

Bien évidemment, ce ne sont pas les autorités chinoises qui vont le crier haut et fort. Il faut dire l'inverse, trouver un coupable qui ne peut pas se défendre : le pangolin !

Bravo l'AFP. Bravo les médias français. Ensemble, ils constituent un puissant diffuseur de fake news et un puissant lobby pro chinois !

Savez-vous faire la différence entre le vrai et le faux ? Entre la vérité et le mensonge ? Qui dit la vérité, qui ment ? Qui a intérêt à mentir ? Qui diffuse le mensonge ?

Le mensonge se fabrique, il n'est jamais naturel. Et avant d'être fabriqué, il est pensé. Après, il est relayé.

On peut donc parler de la chaîne du mensonge, qui lie le commanditaire, l'auteur et le diffuseur. Si on veut la vérité, il faut traquer les conflits d'intérêt et les usurpateurs, qui font croire qu'ils savent ou, pire, cautionnent, alors qu'ils sont totalement incompétents pour la question posée.

Le journaliste est-il compétent ? De moins en moins, sauf en matière de ... journalisme, qui n'est pas une science !

La médecine et le monde du vivant sont tellement complexes que même les grands experts s'y perdent. Encore faut-il qu'ils l'avouent !

Le grand expert a-t-il toujours raison et le petit peuple a-t-il toujours tort ? Par définition, la vérité est factuelle, souvent complexe et donc difficilement explicable, mais unique. C'est ce qui fait sa force. Au contraire, le mensonge est fabriqué, toujours simpliste pour être adopté par le plus grand nombre, et multiforme. C'est ce qui le trahit.

Le grand expert est par définition pointu et enfermé dans sa science, donc le spectre de ses connaissances est limité et il lui manque souvent la connaissance du terrain et le bon sens, qui sont la source de l'intuition. Un savant qui n'observe pas et qui n'a pas d'intuition, c'est comme un ordinateur que l'on vient d'acheter : il manque les données et les logiciels applicatifs. Tout le monde le sait : le vieil ordinateur n'a pas le microprocesseur le plus rapide mais il est plein de données et de logiciels applicatifs. Il est fiable et disponible, deux qualités essentielles quand il s'agit de traiter une crise.

A votre avis, quel est l'âge moyen des journalistes ? Et des analystes financiers qui font un travail comparable ? Je peux vous le dire pour les analystes financiers. J'ai rejoint la salle de marché de la BNP quand j'avais 38 ans, un diplôme d'ingénieur et un diplôme de grande école de commerce en poche. Mes collègues sortaient d'une école de commerce de catégorie B ou C, ils avaient quinze ans de moins que moi. J'ai réussi une introduction en bourse qui était jugée impossible, celle de SOITEC dans le secteur de la microélectronique. La compétence est clé : elle s'acquiert bien plus avec le travail et la passion pour une discipline qu'avec les diplômes et la passion pour l'argent. A l'âge de dix ans, je voulais déjà être ingénieur en électronique ...

J'ai rencontré beaucoup de scientifiques dans ma vie professionnelle. Ce sont des gens passionnants et passionnés. Ce ne sont pas vraiment des experts, encore moins des consultants. Il faut leur demander ce qu'ils peuvent donner, rien de plus, et, si on pose une question complexe, il faut privilégier les profils aux expertises multiples, y compris industrielles, car l'industrie est aussi une source de savoirs. Justement, un tel profil s'appelle un consultant. Un vrai. Comment le reconnait-on ? Il produit des analyses, comme celle d'aujourd'hui. Il ne se contente jamais d'un discours oral sans recherche préalable : c'est cela qui fait la différence entre un vrai consultant et un consultant d'une chaîne d'information continue.

Je fus stupéfait de voir que des journalistes posaient des questions sur l'origine du SARS-CoV-2 ou sur sa propagation à des médecins anesthésistes-réanimateurs qui, quelques mois tôt, ne voyaient que de grands accidentés de la route et des arrêts cardiaques.

Pire, au niveau politique, on parle d'un virus dont le problème est la complication pulmonaire chez des personnes en mauvaise santé mais on écarte les pneumologues et les médecins généralistes qui sont, par définition, multi-compétents, surtout au sujet des comorbidités !

Nous vivons dans un monde de plus en plus virtuel et fragmenté : il nous faut gagner en profondeur et en cohérence. Que ceux qui comprennent parlent, que ceux qui ne comprennent pas se taisent. Quand le bruit de fond est plus puissant que la mélodie, on finit par couper le son et on s'endort. Je souhaite que mes enfants et tous les enfants du monde se réveillent et entendent la mélodie de la vérité. Et du bon sens. C'est la raison pour laquelle j'ai décidé de prendre la plume aujourd'hui.

 

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