Témoignages de soignants - Mesures répressives et jusqueboutisme indécents

Témoignage d’une soignante – 18 septembre 2021

« L'injonction de vaccination dans un délai contraint a été mal vécue par les soignants. D'une grande violence par sa rapidité de mise en œuvre et par sa fermeté d'application. 

Ceux qui ne comptent pas leurs heures, leurs changements de service, de planning, depuis la pandémie. Ceux qui ont travaillé avec tant d'ordres et de contre ordres. Avec peu de matériel de protection.

Avec cette solitude douloureuse d'accompagner souvent des malades  sans possibilité aux familles de venir les visiter.

Et cette peur de ramener le virus à la maison.

Oui, aujourd'hui la vaccination est la seule solution pour espérer vaincre la pression hospitalière par manque de lits et de personnels qualifiés. Manque de lits et de moyens qu'ils ont dénoncés depuis tant d’années.

Même les derniers vaccinés se sentent salis.  Diminués.  Presque niés. 

Contraints et  volontaires doivent travailler ensemble  avec un fort goût amer.

Comme quelque chose de cassé, d'irréparable. L'hôpital n'avait pas besoin de ça. Quel gâchis ! »

 

Témoignage d’un soignant – 19 septembre 2021,

Voilà, vacciné pour survivre financièrement face au chantage légalisé… Reste que rien n’est réglé si je vais pouvoir, grâce à mon passe sanitaire, être vecteur positif impunément… En tous cas, je n’oublie pas que lors de la première vague, réquisitionné en service COVID, je n’étais pas un criminel non solidaire, quand il a fallu affronter l’inconnu du COVID, habillé dans une combinaison en plastique des abattoirs ; où il a fallu accompagner les personnes qui mouraient seules, sans leurs proches ; et nous déguisés en cosmonautes, devant enchainer les soins en respectant les gestes barrières et essayer d’être les plus humains possible…

Voilà, où étaient nos sauveurs bureaucratiques ? Les donneurs de leçon qui n’étaient pas capables d’anticiper une crise…Où étiez-vous tous ceux qui se permettent de dire que nous les soignants, nous avons déjà des vaccins obligatoires… Allez vous faire voir avec vos casseroles…Bien à vous !

 

Point de vue collectif issu de la réunion de Ballon Rouge du 18 septembre :

 

Il y a quelques mois, les soignants, « nos héros », dans la guerre proclamée par Macron, étaient encouragés à aller travailler, même atteints du virus.

Aujourd’hui, celles et ceux qui ne sont pas vaccinés sont suspendus, malgré un manque reconnu de personnel dans les hôpitaux.Pourquoi un tel « jusqueboutisme » de Macron ?

Il impose une mesure sans précédent, contre des fonctionnaires et des salariés, non coupables de faute grave, car en toile de fond, la question centrale n’est quesa réélection en 2022.

La population traumatisée par la crise sanitaire, ne comprend pas les oppositions à la vaccination. Macron y cherche un soutien dont il espère tirer profit dans les sondages électoraux.

Comment expliquer qu’une obligation aussi évidente que la vaccination rencontre l’opposition déterminée de milliers de travailleurs dans toutes les branches, au risque de perdre leur emploi ?

Les doutes sur l’efficacité du vaccin résultent de la perte de confiance dans le pouvoir politique et les autorités sanitaires qui lui sont soumises. De mensonges en manipulations, relayés par la propagande médiatique dominante, une grande confusion s’est diffusée, pour en arriver à une impasse néfaste.

C’est au gouvernement de convaincre les résistances, non pas à coups de bâton, mais dans le dialogue du débat scientifique.

  • Il faut donner du temps et ne pas imposer de telles mesures répressives.
  • Faire intervenir la médecine du travail.
  • Sortir de l’attitude punitive et rechercher dans un accompagnement individualisé, des solutions alternatives (reliquat de congés, formation, détachement…)
  • L’adversaire n’est pas le collègue de travail non vacciné mais le pouvoir politique qui a créé cette situation chaotique.

Plusieurs milliers de licenciements seraient un échec pour la démocratie.

Comment accepter de telles sanctions contre les travailleurs de première ligne, quand Macron félicite ses amis du CAC40 d’avoir profité de la pandémie pour réaliser des profits colossaux sans contrepartie sociale et fiscale ?

 

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