A gauche, le virus catastrophique de la désunion

La désunion de la gauche, si elle persiste, est catastrophique. Alors que la situation sociale va de mal en pis, suscitant des réactions populaires impressionnantes, elle risque de laisser au pouvoir celui qui en est le responsable, Macron avec sa politique libérale, voire d'alimenter le risque de la victoire de Le Pen. D'où l'urgence de son union, sur une base anti-capitaliste.

                                       A gauche, le virus catastrophique de la désunion

 

Il faut avoir le courage de le dire dans tous ses détails, quitte à déplaire à certains : un virus catastrophique pèse sur la gauche aujourd’hui, celui de la division. Mais il faut faire un retour en arrière pour comprendre ce qu’il se passe, avec les conséquences déplorables qui menacent le peuple français à terme, si rien ne change.

Retour en arrière, donc : le renoncement idéologique de la gauche socialiste après la chute du mur de Berlin et l’évidence écrasante de l’échec de l’expérience soviétique. Sur la base d’un contresens majeur sur le rapport de cette expérience, issue d’Octobre 1917, avec la pensée de Marx à laquelle on l’a à tort identifiée (y compris chez les communistes)[1], une vague,  théorique et pratique, libérale, voire néo-libérale, a emporté la conscience politique des dits socialistes (qui avait déjà commencé à s’effriter), au point de les convaincre que l’idéal socialiste était définitivement mort : ce n’était, selon eux, et selon nombre d’analystes de la politique hors d’eux, qu’une utopie à la fois irréaliste et meurtrière, et il n’était donc pas question de relancer un pareil projet. C’est sur une pareille base idéologique et du fait des méfaits, tout aussi évidents, du libéralisme économique qui se sont accumulés un peu partout dans la dernière période, que la gauche est revenue au pouvoir, en deux temps. Le deuxième, le plus spectaculaire après l’intermède Jospin, aura été l’expérience présidée par Hollande, avec le PS en position dominante, sinon exclusive. Cela n’a pas été le « mal absolu », mais vu la disparition des convictions socialistes, voire même social-démocrates, une ligne économique libérale s’est amorcée sous l’influence de… Macron lui-même, partie prenante du gouvernement et qui a déçu. D’où la défaite du candidat socialiste, Hamon, qui a suivi et l’élection par défaut de Macron : essentiellement pour éviter la victoire de Marine Le Pen, mais aussi en raison du double langage, assumé, de celui-ci, qui prétendait être à la fois de gauche et de droite. Or il faut lucidement et courageusement l’avouer : celui-ci, soutenu scandaleusement par nombre d’anciens socialistes avides de pouvoir et ne respectant pas le vote de leur parti, s’est engagé dans une politique résolument et de plus en plus à droite, nourrie de convictions libérales que son livre-programme, Révolution, avait énoncées et qu’on n’avait pas assez remarquées. Sa jambe gauche s’en est allée et notre président est devenu un unijambiste,  ne marchant qu’avec sa jambe droite. Il s’en est suivi la situation désastreuse que nous connaissons aujourd’hui, désastreuse pour notre président mais surtout pour le peuple et ses catégories sociales les plus démunies, auxquelles s’ajoutent les classes moyennes dont une grande partie de ses membres travaillent dans des services publics, dévastés par la politique budgétaire du gouvernement et les soi-disant contraintes de Bruxelles. Le mouvement des « gilets jaunes » mais, encore plus, l’immense opposition de la population à son projet sur les retraites (et qui n’est qu’un symptôme d’un malaise social plus large) en est la preuve : l’action politique de Macron est désapprouvée par une très large majorité de français (comme rarement un président l’a été) et il s’agit donc, pour le futur, d’envisager une alternative non seulement à sa personne (dont on rappellera l’arrogance insupportable) mais, surtout, à sa politique. Oui, mais comment et avec qui ?

C’est ici que le problème se complique et devient dramatique. Car les diverses composantes de ce qui reste tout de même une gauche – PS, Verts, Insoumis, PCF – ne réussissent pas à s’entendre, de même que les syndicats qui sont de leur côté, dont la CFDT, FO et la CGT. J’insiste d’abord sur ce dernier point : dans les mobilisations sur les retraites, soit la CFDT était absente, soit, comme mardi dernier, faisait bande à part. A quoi s’ajoute, de sa part, une faible conscience critique sur ce que fait le gouvernement d’une manière générale et, s’agissant des retraites, ne se focalisant que sur la question de l’âge pivot. Explication : ce syndicat est un syndicat réformiste, au sens faible que j’ai indiqué dans un précédent billet, il n’entend pas contribuer à améliorer en profondeur notre société, voire, ce qui est plus grave, il est complaisant à l’égard de la politique régressive de Macron dans presque tous les domaines.

Mais ce qui plus dommageable selon moi, c’est le premier point, en l’occurrence la situation relationnelle des différentes composantes de la gauche politique, qui met en jeu leurs identités respectives. Le PS d’abord : indépendamment de son affaiblissement incontestable et de ses divisions ou éclatements (comme le départ de Hamon le montre), celui que dirige Faure revient-il ou non à une orientation clairement socialiste ou, au minimum, social-démocrate (au meilleur sens de ce terme) et anti-libérale ? J’ai du mal à comprendre sa position, surtout quand je vois les socialistes locaux jouer cette carte de la division aux prochaines élections municipales, comme dans ma ville de province, face à un maire LR et « Macron-compatible » ! Comme si l’ambition de retrouver une hégémonie disparue était le seul mobile de ses responsables… Les Verts, eux, et quelle que soit l’importance de la cause écologique qu’ils défendent et que je partage pleinement, semblent également atteints par le virus de la division et de l’autonomie, qui masque à peine, là aussi, celui de l’ambition politique hégémonique  comme celui de l’ambition personnelle tout court de leurs dirigeants. D’autant plus qu’ils ont été enivrés par leur succès (relatif tout de même) aux Européennes, oubliant que c’est un scrutin à part et qui ne se traduit pas automatiquement par le même score dans une élection à enjeu national : le passé l’a amplement démontré. Enfin, leur positionnement strictement politique vis-à-vis d’un capitalisme qui est le principal responsable du désastre écologique qui commence à nous atteindre, n’est pas clair, y compris quand il s’agit pour leur leader actuel de critiquer le gouvernement dans ce domaine. Pour résumer cette observation, ils n’ont pas compris que « Green is red », je traduis : être « vert » mène  nécessairement à être « rouge », c’est-à-dire à mettre en cause la logique productiviste du système capitaliste, ce que ceux qui se réclament du communisme ou d’un véritable socialisme, peu importe, eux ont compris.

Les Insoumis de Mélenchon constituent un cas à part et inquiétant. J’en parle d’autant plus aisément que leur démarche m’a au départ intéressé, que j’ai trouvé du talent et des convictions incontestablement progressistes chez son leader au temps du Front de gauche… et que j’ai pu présenter, à leur invitation, une conférence sur le marxisme (de Marx !) à leur université d’été de 2018, avec un succès d’audience qui m’a fait plaisir pour mes idées et ma cause. Mais voici que deux soucis se présentent, à cause de lui et dans la dernière période, pour l’avenir de la gauche, j’entends : d’une authentique gauche. Son score imposant à la présidentielle lui est monté à la tête : il l’avait déjà grosse, vu ses capacités (y compris de tribun) et la conscience qu’il en avait. Mais elle a enflé excessivement et il se veut le seul maître à bord à gauche, oubliant qu’un score électoral n’est pas définitif (voir sa régression récente) et qu’il y a d’autres partis aussi légitimes que le sien, qu’il a tendance à mépriser, se voulant trans-partis, hormis celui qu’il dirige d’une main de fer, faisant des Insoumis des soumis à sa personne  et entraînant, du coup, des désaccords internes et des départs. A quoi s’ajoute un projet politique qui a quelque peu changé et dont la nature s’apparente à une espèce de « populisme de gauche », inspiré plus ou moins des écrits de Chantal Mouffe, laquelle insiste sur le fractionnement irréductible (selon elle) des groupes sociaux et de leurs revendications, veut les réunir ou , en tout cas, les associer sur des aspirations à tonalité humanitaire et affective, et oublie les rapports de classes, avec les revendications fortes que ceux-ci  suscitent dans le monde du travail, dont son exploitation propre est l’origine. Marx, ici, est bien loin, avec ses analyses pourtant de plus en plus actuelles, j’y reviendrai !

Enfin, il y a le Parti communiste (je laisse de côté des groupuscules comme le NPA et sa démagogie islamophile). Je vais être inévitablement partisan, car je le soutiens fortement et j’assume pleinement cette position, non seulement en toute conscience mais je dirai : en raison, même si je trouve qu’il devrait approfondir sa réflexion, voire la corriger dans certains domaines comme celui des religions et celui, corrélatif, de la laïcité, ou encore sur son passé pro-soviétique et l’idéologie qui fut la sienne à ce niveau. Mais ce que j’en retiens est clair : il a un héritage théorique venu de Marx (qu’il devrait davantage mettre en avant) et qui nous éclaire, sans contestation possible, sur la division de la société en classes antagonistes, sur l’exploitation du travail liée à la propriété privée de l’économie, sur l’aliénation aussi des individus que différents penseurs, s’inspirant du même Marx (surtout le jeune), ont mise en avant et dont ils ont enrichi la compréhension quant à ses effets anthropologiques terriblement nocifs[2]. Il y a là un apport inestimable, qui alimente un formidable projet d’émancipation humaine – sous entendu : d’émancipation de tous les hommes, de développement aussi complet que possible de leur personnalité, à condition qu’on s’en prenne aux causes économiques et culturelles de l’aliénation, inhérentes au capitalisme. Or les autres composantes de la gauche ne veulent pas prendre  cette analyse de fond  en compte, alors que tout cela, qu’il s’agisse de théorie ou de pratique, reste vrai, pertinent ou juste, comme on voudra : je n’en vois pas la trace dans les projets des autres partis que j’ai évoqués. Et j’ajoute : quels qu’aient été ses carences à l’époque du « marxisme-léninisme » et de son organisation interne autoritaire (j’en ai subi les effets en tant que mitant autrefois), le PC a rompu avec ce passé dans son aspect négatif, sans renoncer à son ambition de révolutionner une société qui augmente le malheur de la majorité de ses membres et non seulement celui des plus démunis. Je dis bien : dans son aspect négatif, car le PC a aussi un passé positif qui plaide en sa faveur : sa contribution au Front populaire, son combat dans la résistance au nazisme, le modèle social du CNR à la sortie de la guerre, que la droite, avec le CNPF, ne cesse de vouloir briser, son combat contre la guerre d’Algérie (l’ancienne SFIO ne peut s’en réclamer pareillement), son rôle dans l’Union de la gauche avec Mitterrand, même si celui-ci l’a fait capoter en 1983, au nom de l’Europe, etc. On voit donc qu’on ne saurait se passer du PC, sauf à retomber dans les ornières du pan-capitalisme, à laisser Macron gouverner ou, pire, préparer le terrain pour l’accès au pouvoir de l’extrême-droite, ce qui n’est pas du tout à exclure si on laisse la finance dominer la politique : voir ce qu’il se passe dans des pays comme la Hongrie, la Pologne et même la Grèce où l’interdiction des néo-nazis dans la vie publique vient d’être levée !

On peut alors revenir au virus de la division à gauche, notre sujet principal. Il semble bien, au vu de ce qui précède, que nous soyons en présence d’une véritable aporie pratique, d’une difficulté concrète insurmontable. Comment faire se concilier ou réconcilier des orientations partisanes largement dissemblables sur le fond, même si le concept de « gauche », entendu d’une manière élastique, semble les unir ? Or cette conciliation est bien indispensable et impérative, non seulement en termes d’intérêts de parti – car un parti ne peut être élu tout seul, au niveau local comme au niveau national, des alliances et des compromis sont inévitables, à condition que chacun fasse état de ses vraies positions –, mais parce que sans elle nous risquons soit de maintenir la REM au pouvoir, par défaut à nouveau, et ce d’autant plus que Macron va aller chercher à droite les voix qui commencent à lui faire défection à gauche ; soit de voir le pire arriver comme je l’ai déjà suggéré : l’arrivée au pouvoir de l’extrême-droite qui, il faut le reconnaître, sait parler au peuple et tenir compte de lui, fût-ce démagogiquement étant donné son soutien au capitalisme. S’est-on rendu compte que, d’après des sondages fiables, 50/100 des « gilets jaunes » ont voté… Le Pen  aux Européennes ? Cela paraît invraisemblable mais est vrai et peut s’expliquer aussi par l’absence de culture politique véritable chez eux, ce qui les a amenés à s’en prendre au gouvernement mais non au système capitaliste dont il sert les intérêts. C’est donc pour éviter ce double danger qu’il faut, de toute façon, une nouvelle Union de la gauche, en entendant par « nouvelle » non simplement une Union à nouveau, mais une Union renouvelée au vu de ce qu'il se passe avec le libéralisme actuel. Car il y a une prise de conscience fondamentale et, en un sens inédite, à opérer dans la lignée même de Marx qui aura eu simplement le tort d’avoir raison trop tôt : nous devons nous débarrasser du capitalisme désormais car il mène l’humanité à la catastrophe, comme nous en avertit Lucien Sève dans son livre (écrit avec son fils Jean), Capitalexit ou catastrophe.[3] Et je préciserai, en allant au-delà de son diagnostic, qu’il nous mène à une quadruple catastrophe : économique et donc sociale – tous les spécialistes nous prédisent une crise à venir comparable à celle de 2008, sinon pire ; anthropologique avec une atteinte au développement personnel des êtres humains dans toute une série de domaines et leur soumission à des besoins mercantiles ; écologique, bien sûr, avec une menace qui pèse sur l’existence même de l’espèce humaine : je n’exagère pas et je n’insiste pas ; citoyenne enfin, avec une mondialisation financière qui altère profondément la souveraineté politique des nations, donc des peuples.

J’ai parlé de culture politique et de son absence relative chez les « gilets jaunes ». C’est pour moi le grand problème en général à résoudre, au-delà de ce cas particulier, car elle fait défaut aussi, comme l’a remarqué récemment la  directrice de l’hebdomadaire Marianne, Natacha Polony, à nos dites élites politiques sorties de l’ENA avec un bagage intellectuel strictement technique ou technocratique, au service de la gestion et de l’univers de la finance, sans la moindre hauteur de vues. Macron est de ce genre[4], au-delà des apparences qu’il se donne, mais c’est aussi le lot, malheureusement, des hommes politiques actuels en général, y compris à gauche, et c’est ce qui explique la crise en son sein. Car c’est d’une révolution culturelle ou idéologique (comme on voudra) dont les partis qui se veulent de gauche, en dehors du PC, ont instamment besoin : il leur faut avoir une vision de l’homme et de la société généreuse ou humaniste, opposée à celle qui commande implicitement l’ordre inhumain du capitalisme, qui ne s’intéresse qu’aux intérêts d’une minorité immensément privilégiée et dont les privilèges reposent sur l’exploitation du travail de la grande majorité des hommes. C’est sur la base d’une pareille révolution culturelle, dont la philosophie doit être partie prenante et qui peut se faire à des degrés différents dans un premier temps, que les partis de gauche peuvent s’entendre, en dehors des seuls calculs d’intérêts individuel ou politiciens, les deux se recoupant dans la classe politique dominante que la gauche ne doit surtout pas copier dans ses valeurs et ses motivations. Sans compter qu’elle doit exclure l’obsession aveugle de la croissance, alors que c’est de décroissance dans certains domaines ou, si l’on préfère, d’une croissance sélective  que nous avons besoin. Cette prise de conscience globale  peut se faire et doit absolument se faire !

Je conclus en parant à une objection que l’on pourrait faire à une pareille vision en la déclarant  dogmatique,  obsolète ou messianique,  et qui reprend une antienne qui n’a pas de sens : comment, vous voulez que la gauche devienne révolutionnaire comme celle de Marx en son temps ? C’est faire peur aux masses que de se positionner ainsi et dans ces termes ! Cette objection repose sur une idée fausse de la révolution, fausse si l’on a compris ce que le grand Jaurès a pu en dire dans les années 1900. La révolution, ce n’est pas une rupture violente et radicale avec l’ordre existant comme certaines formules du Manifeste communiste, mal entendues, pourraient le laisser penser et comme le modèle bolchevique semblerait l’avoir illustrée[5]. En réalité, et selon Marx lui-même dont Jaurès était devenu très proche, se réclamant du socialisme ou du communisme[6] : la révolution, si elle veut réussir et rester démocratique de part en part, ne peut se baser que sur l’idée d’« évolution révolutionnaire » : celle-ci suppose des conditions objectives fournies par le capitalisme développé (nous y sommes) et, tout autant, de procéder par des réformes successives visant à dépasser le capitalisme et à l’abolir ultimement en s’additionnant, ce que ce même Jaurès appelait un « réformisme révolutionnaire », qui tient compte du réel mais pour « aller à l’idéal »[7]. C’est ce que l’on a pu connaître avec le meilleur de la social-démocratie au 20ème siècle. Mais ce projet s’est arrêté en chemin[8] et ses acquis sont en plein recul de nos jours. Comprise ainsi, une transformation progressive mais en profondeur de notre société, fondée sur une pareille culture théorique et pratique de l’émancipation, est seulement ce qui peut redonner de la jeunesse ou de la vitalité à une gauche enfin (ré)unie ![9]

                                                                    Yvon Quiniou.

 

[1] Voir, en particulier, mon livre Retour à Marx et les analyses récentes de Lucien Sève.

[2] Voir, si je peux me le permettre et pour mieux convaincre le lecteur, tout simplement, mon livre Les chemins difficiles de l’émancipation (Kimé). L’aliénation, ici, est cette situation qui fait qu’un homme ne peut réaliser toutes ses potentialités de vie en raison de sa situation sociale d’opprimé : il est moins que ce qu’il pourrait être dans d’autres conditions meilleures !

[3] Je signale que cet ouvrage n’a fait l’objet d’aucune recension dans les médias dominants. Seule L’Humanité en a parlé, ainsi que moi-même sur ce site.

[4] Malgré ce qu’on croit savoir de lui et qu’il nous fait croire. C’est ainsi que s’il se réfère à Ricœur dont il fut l’assistant, il n’a rien retenu de lui sur le plan moral et politique. Je le dis avec assurance car j’ai lu ce philosophe (dont ses deux tomes sur Le juste, entre autres), dont Macron n’a que faire dans sa vision de la politique, qui est à l’opposé de celle de ce penseur chrétien qui fut aussi  socialiste.

[5] Voire son texte Question de méthode, de 1901, qui est une réfutation par avance de la révolution initiée par Lénine.

[6] Pour ceux qui l’ignoreraient, Jaurès, qu’on a cru pouvoir  opposer à Marx, a assimilé totalement le contenu de son message politique, faisant de la question de la propriété des moyens de production une question-clef et optant résolument pour une propriété collective ou, comme il dit nationale. Je ne comprends pas que l’on trouve cette option utopique : les nationalisations n’ont-elles pas bien marché économiquement en France et n’ont-elles pas constitué un grand progrès social, spécialement en termes de justice sociale et de démocratie ? N’oublions pas que l’utopie, dans l’histoire, n’aura souvent été que le réalisme de l’avenir !

[7] Voir mon billet précédent sur le réformisme.

[8] Sait-on que Olof Palme, dirigeant social-démocrate de la Suède, avait, en 1981, félicité Mitterrand de s’être engagé dans une voie de rupture avec la capitalisme, se reprochant de s’être, lui et son parti, arrêtés en chemin ?

[9] Je signale que le PC a organisé récemment, avec succès, une rencontre unitaire des différentes composantes de la gauche. Un signe d’espoir ?

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