Non au prosélytisme religieux dans les activités périscolaires

La question religieuse posée par l'islam refait brutalement surface dans l'actualité: doit-on accepter, c'est-à-dire tolérer, que des musulmanes voilées accompagnent leurs enfants dans des activité "périscolaires", avec le risque évident de prosélytisme que cela comporte? D'autant que le voile est un signe d'aliénation critiqué par nombre femmes dans les pays musulmans. Cet article dit: non!

                                   Non au prosélytisme religieux  dans les activités périscolaires 

La question du port du voile par des femmes musulmanes dans les activités périscolaires revient brutalement dans l’actualité, accompagnée d’une large part de mauvaise foi ou d’hypocrisie de la part de ceux qui le défendent. Défaut qui affecte malheureusement l’immense majorité de la gauche, pour une basse raison d’électoralisme dans les cités populaires où il s’agit de flatter l’électorat musulman en renonçant à ses principes laïques,  qui font pourtant l’honneur de notre République et qui sont émancipateurs. Deux points sont à éclaircir.

D’une part, la signification du voile lui-même. Il faut une bonne dose d’inconscience ou de complaisance pour ignorer qu’il traduit le statut inégalitaire de la femme dans la religion musulmane, quelles que soient les circonstances concrètes qui en ont décidé autrefois. Sa présence dans l’espace public en général exprime bien une forme de prosélytisme de la part d’émigrés qui ne veulent pas s’intégrer à la culture laïque et républicaine de leur pays d’accueil, la France, contrairement aux migrants d’autrefois qui, en s’intégrant et en étant intégrés socialement, faisaient leur cette culture. C’est le contraire qui se passe désormais, alors que dans leurs pays d’origine la domination de la religion musulmane, dans ce qu’elle a de totalitaire, est combattue par les femmes elles-mêmes qui en sont les victimes ! Curieux, non ? Quant à soutenir que les musulmanes ont fait le choix de l’être et de l’être ainsi, d’une façon ostentatoire, c’est n’avoir rien compris au concept philosophique d’aliénation : celle-ci – qui consiste à être autre, c’est-à-dire moindre que ce que ce que l’on pourrait être dans d’autres conditions sociales – est subie, elle est la conséquence d’un conditionnement précoce et, tout autant elle s’ignore elle-même comme telle La présence du voile en général dans l’espace public peut donc, sinon doit, être tolérée, c’est-à-dire acceptée de fait, même si on la désapprouve en droit – ce qui est la définition de la tolérance, qui n’implique pas approbation, contrairement au respect ; mais cette tolérance réserve totalement le droit de critiquer les religions (distinguées de la foi subjective), dans la belle tradition du rationalisme français issu des Lumières que nombre de courants politiques de gauche ont étrangement oublié, même quand ils se réclament de Marx qui en a pourtant modernisé et actualisé, remarquablement et courageusement, l’approche critique.

D’autre part, au-delà du seul espace public en général (la rue par exemple), il y a  le problème de la présence de signes religieux fortement visibles dans l’espace scolaire. Il faut savoir qu’il est interdit, que l’exigence de neutralité et de respect des consciences s’y impose sans problème, ce qui n’exclut pas du tout l’exigence d’éduquer les esprits aux valeurs universelles de la morale et de la politique[1]. Faut-il en prolonger l’interdit dans le temps des activités périscolaires, hors de l’espace  de l’école ? Selon la loi, telle qu’on peut la consulter dans les textes officiels, il semble que la réponse a été oui un temps, en 2012 (Circulaire Chatel, confirmée en 2013 par Vincent  Peillon, ministre estimable de l’Education nationale en 2013), puis annulée par le Conseil d’Etat, dont il faut savoir qu’il subit l’influence du gouvernement en place et peut changer d’avis quand celui-ci change ! Mais surtout, sur le fond, cette interdiction est parfaitement logique et normale. Logique car contrairement à ce qui se dit d’une manière partiale, ces activités prolongent le travail d’enseignement et en font donc partie : ce ne sont pas des activités distractives mais des activités originales d’apprentissage, très stimulantes pour les élèves : visite d’un musée, spectacle théâtral, etc. Et normale car ceux qui y participent sont bien des membres actifs du processus scolaire d’éducation, même provisoirement, et ce processus peut impliquer des personnes  diverses, bénévoles (ou pas), comme les parents, bien entendu. Dès lors, l’interdiction du prosélytisme religieux à travers des signes d’appartenance s’y applique très normalement, quels qu’ils soient : croix du Christ, kippa, voile, incroyance militante comme « Je suis athée ». Et elle a un bénéfice heureux : elle évite le fractionnement du public scolaire en groupes différents idéologiquement et rivaux éventuellement, avec les risques d’hostilité réciproque que cela comporte. L’accès à la culture doit rester paisible, respectueux des options spirituelles de chacun, d’autant plus que la culture elle-même est un facteur de paix par l’ouverture sur les autres qu’elle produit, qui aide à les comprendre.

C’est pourquoi la femme musulmane doit enlever son voile le temps de cette activité. Son accès ne lui est pas du tout empêché comme elle le prétend ou comme on le prétend à sa place dans les milieux islamo-gauchistes, en pleine régression idéologique : il lui suffit de l’enlever pour en être, et elle pourra retrouver son voile ensuite, en toute liberté !

                 Yvon Quiniou, philosophe, auteur de Pour une approche critique de l’islam (H§O).

 

[1] La notion de neutralité est souvent manipulée dans un sens anti-éducatif.

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