Feuerbach, critique de la religion, penseur de la liberté

Feuerbach est un très grand penseur de la religion, dont il explique l'origine humaine et dénonce l'aliénation à laquelle elle soumet l'homme. Par les temps qui courent où le religieux fait un retour inquiétant avec la complaisance d'intellectuels ayant perdu leur esprit critique ou des médias aveugles, sinon aveuglés, il est bon de s'y intéresser.

Yvon Quiniou, Feuerbach, critique de la religion, penseur de la liberté, chez M-editer

Je me permets d'annoncer la parution-papier d'un bref livre consacré à Feuerbach aux éditions M-editer. Cela non par vanité d'auteur, mais en raison de la religiosité ambiante qui nous fait oublier un très grand critique de la religion. Sa lecture pourrait inciter certains à le lire directement dans le texte pour nous rendre un peu plus lucides idéologiquement. Et c'est  aussi une manière de remercier l'éditeur Stéphane Vendé qui fait un travail remarquable de promotion de la philosophie à destination du grand public, sans céder sur l'exigence de profondeur et de rigueur. Je présente ici la 4ème de couverture du livre.

 

Dans ce livre clair et précis, Yvon Quiniou poursuit sa critique de la religion en approfondissant celle qu’on trouve chez Feuerbach dans L’essence du christianisme. C’est l’homme qui fait la religion, de part en part : il projette sur un Dieu imaginaire les qualités qui sont les siennes, quitte à les porter à l’infini, ou encore il exprime sur un mode illusoire ses désirs ou aspirations. La religion est donc un reflet de l’homme qui s’ignore, un « rêve éveillé » dans lequel il s’aliène puisqu’il se dépossède de sa propre essence et qu’il se détourne de la réaliser dans sa vie terrestre. A quoi s’ajoute qu’elle le mutile concrètement  par ses interdits. L’homme, selon Feuerbach, doit donc se débarrasser de Dieu, devenir à lui-même son propre Dieu et pratiquer l’amour des autres hommes. Cette magnifique leçon d’humanisme athée et critique est plus que jamais d’actualité à une époque où la religion fait un retour public extrêmement dangereux  Cependant, elle doit se prolonger en une politique qui l’accomplisse : c’est vers Marx qu’il faut alors se tourner.

 

 

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