Brexit: Oui, le problème c'est aussi et surtout l'Europe!

Je trouve extrêmement dérangeante et glauque cette campagne que mènent certains beaux esprits de Mediapart pour essayer de convaincre les lecteurs que le problème viendrait des gouvernements nationaux et pas des institutions européennes.

La vérité c'est qu'il y a un problème d'ultra-libéralisation politico-économique mené à partir de Bruxelles, relayé par la classe politique nationale. Et ce, au niveau continental.

Le soucis c'est que les élites européennes appelées à exercer des responsabilités dans les parlements, les entreprises, les établissements financiers, les admninistrations, ET les médias sont formées dans les mêmes écoles avec le même encadrement, donc la même idéologie.

Le drame c'est que le fossé culturel et social qui sépare les peuples de ces élites est un abîme infranchissable. Dans un sens comme dans l'autre.

Les banques imposent le tempo économique, avec une logique financière liée à l'actionnariat, donc en faveur d'une minorité de possédants.

Donc, quand des articles d'opinion, car il ne s'agit plus d'information, affirment que les peuples ont tort de désigner l'Europe comme un "bouc émissaire" (je l'ai lu), nous sommes dans le registre de la propagande. Pas de l'information.

Oui, les peuples se sont rendus compte que les traités européens leur pourrissent quotidiennement l'existence. Oui les peuples ont compris que l'Euro était un piège qui les a appauvrit au profit de la spéculation. Oui les peuples ont saisi que la libéralisation du travail à l'échelle continentale organise l'exploitation et la concurrence des uns par les autres. Oui les peuples se sont tout à fait rendus compte que le système bancaire a été sauvé de ses propres turpitudes par de l'argent public, leur argent, entraînant par la suite des réformes criminelles qui tuent les services publics et les protections sociales.

Arrêtez, messieurs, de nous prendre pour des enfants. Nous ne sommes pas des enfants.

Nous n'avons pas votre culture, votre expertise. Mais nous connaissons notre vie, nous en faisons quotidiennement la douloureuse expérience depuis plus de 40 ans de politiques ultra-libérales pilotées par un régiment de technocrates bruxellois.

Le problème au niveau national, ce n'est pas les politiques déçidées par les insignifiants que l'on a le malheur d'élire. Le problème, c'est qu'il n'y en a pas un d'entre eux pour s'opposer frontalement à ce qui se déçide à Davos et à Bruxelles.

Alors, informez nous. Faites votre métier de journalistes, mais n'insultez plus notre intelligence avec ce discours larmoyant sur notre prétendu "anti-européisme" ou "europhobie". Ces mots n'ont aucun sens.

Merci d'avance.

 

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