En quatorze haines n°1 : le Chien

Zantrop en quatorze haines : la nouvelle est tombée hier. Une liste sans ordre ni classement, car quand on hait on ne compte pas. Le n-ième rang sera toujours le rang haine. On commence en douceur avec le meilleur ami de l'Homme.

Un chien © Image par Gorkhs de Pixabay Un chien © Image par Gorkhs de Pixabay

J’ai toujours adoré les chiens. Je les aime tellement, la preuve, j’ai toujours sur moi en prévision un carré de chocolat à leur donner.

En dehors de cette friandise bien méritée, le chien possède une alimentation très variée : quand il ne mange pas ses propres excréments, il est capable de se régaler d’un bon steak aux clous rouillés, de faire bombance d’un kébab sauce arsenic, ou même de dévorer le visage d’un bébé.

Attention : Le chien n’est jamais malveillant. La plupart du temps, il veut juste jouer. Dans 99 % des cas, « t’inquiète pas il est pas méchant » est la dernière phrase qu’entendra un enfant juste avant de se faire arracher la gorge.

Pourtant, il y a quelques 2000 ans déjà, les Pompéiens nous avaient prévenus qu’il fallait se méfier avec leur fameux « Cave Canem » (Attention au chien). Il faut dire que c’était une civilisation visionnaire - jusqu’à un certain point.

Premier animal domestiqué par l’homme, le chien est issu d’une longue lignée de croisements de différentes races d’une bêtise crasse avec des descendants de bâtards dégénérés qui ont copulé entre eux. C’est bien simple, avec un tel pedigree, mettez-lui une couronne sur la tête et un sceptre dans la main, et il pourra prétendre au trône de France au même titre que Jean-Eudes d’Orléans ou Paul-Henri de Bourbon.

Du chihuahua au loulou de Poméranie, du basset au dogue français, en passant par le fox à poils durs, le berger australien ou le bichon frisé, on croise quand même une sacrée brochette d’aberrations et d’erreurs de la nature qui n’auraient jamais dû voir le jour. De deux choses l’une : ou Darwin s’est planté dans sa théorie de l’évolution, ou Dieu était encore bourré le jour de la création du chien (imaginons par exemple qu’il avait une sacrée gueule de bois ; il y a fort à parier qu’il devait être malade comme un chien).

Pour les tenants du darwinisme (il y en a), l’ancêtre du chien serait le loup (canis lupus). Observant sa descendance du haut de sa prestance noble et sauvage, le loup doit certainement se demander comment il a pu commettre une telle abomination. Juste avant de détourner la tête avec honte et de reprendre la pose pour ce fameux dessin qui finira sur le t-shirt d’un énième fan décérébré et bedonnant de Johnny. 

On mesure là toute la différence de degré de conscience qui existe entre une chenille et un loup : La chenille ne sait pas qu’elle se métamorphosera en un magnifique papillon ; le loup sait qu’il s’est merda-morphosé en chien. On dit qu’il y a eu un loupé dans l’évolution.

En société, le chien s’octroie des libertés aux dépens du bien commun en privatisant à son seul avantage les espaces publics : il souille les continuités piétonnes, dégrade le mobilier urbain et développe un niveau sonore très au-delà du raisonnable (façon polie de dire qu’il chie sur les trottoirs, pisse sur les réverbères, et gueule comme un putois sur le premier quidam venu) et cela sans aucune revendication contestataire précise. Un vrai punk, en vérité. D’ailleurs, du chien-punk au punk-à-chien, il n’y aurait qu’un pas à faire pour établir un lien logique (à condition de bien regarder où vous mettez les pieds).

Dans la vie, conséquence de leur instinct de tueur né, les chiens embrassent naturellement des carrières de meurtriers assermentés telles que : auxiliaires de police, assistants de militaires, ou compagnons d’accidents de chasse. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que l’une des pièces indispensables au fonctionnement d’une arme à feu s’appelle le chien.

En privé, la relation qui s’établit entre un chien et son maître ou sa maîtresse est toujours de l’ordre de la soumission. Elle passe par l’usage d’accessoires SM (Collier à clous, laisse, harnais, muselière, fouet, cages de fer…), par un dressage adéquat avec punitions ou récompenses à la clé, et par quelques caresses bien placées. Attention : la pratique d’actes sexuels sans l’obtention d’un consentement éclairé de l’animal est aujourd’hui de plus en plus délicate (#MeToutou).

Étrangement, le chien est régulièrement retrouvé mort dans sa cage, fermée de l’intérieur. C’est pourtant un fait bien connu des zoophiles : quand il est dedans, le chien verrouille.

 C'est sûr, jamais un truc aussi bête ne pourrait arriver à L’Homme.

 

À la proche haine.

 

Zantrop

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