Alors les fachos, on se la pète ?

Ça monte, ça monte… Nous y voilà presque, enfin, vous vous y voyez déjà ! Depuis le temps que les autorités poursuivent leur plan en vous laissant tuer des mômes, défoncer des bistrots, faire vos descentes dans les manifs ou dans les quartiers où vous pouvez cogner à votre aise, vous ne vous sentez plus. Nous non plus.

Ça fait vingt ans que ça dure (beaucoup plus en réalité, mais vous n’étiez pas nés, moi non plus), depuis ce fameux 21 avril 2002. Vingt ans que vous vous croyez les rois de la jungle. Dans les rues, à la télévision, sur vos sites Internet ou dans vos torchons imprimés, vous êtes revenus au-devant de la scène et vous croyez dur comme fer que les généraux sont prêts. Nous aussi sommes prêts.

Jamais, vous entendez ?, jamais on ne vous laissera tranquilles, la guerre, c’est nous qui allons vous la faire ! Vous êtes infiltrés partout, mais surtout, vous êtes manipulés, aveuglés que vous êtes par les largesses de nos dirigeants. Ils vous laissent tout faire, casser de l’arabe, du juif, de l’homo, du gaucho et des vitrines quand il leur plaît, et répandre vos paroles nauséabondes. Mieux, ils les reprennent à leur compte, et vous jouissez de les voir ainsi vous lécher les bottes. Mais c’est vous qui les servez avec vos complots de pacotille, vous n’êtes que des camelots de l’Histoire, de vulgaires faire-valoir.

Vos complices se réjouissent de la guerre des tranchées en oubliant que nous nous battons sur tous les fronts. Nos armes sont vos exactions couvertes par l’impunité que vous accordent la presse, les gouvernements et les Assemblées, en en redemandant pour les uns, en légiférant en faveur de votre paroisse pour les autres. Nous ne sommes pas dupes et continuerons les batailles tant qu’il le faudra. Nos armes s’aiguisent au fur et à mesure des complaisances, des restrictions, des surveillances et de leurs inscriptions dans nos Codes. Vous servez la soupe !

Nous ne mangeons pas de ce pain-là, nous on bouffe du facho et à toutes les sauces. Dans la rue, les commissariats, à la Tribune, on vous emmerde et vous n’aurez pas ce pouvoir depuis si longtemps espéré. Car ce pouvoir que vous souhaitez tant, ils en ont fait le leur, un pouvoir extrême. Tout se mélange. Vous n’avez plus d’existence propre, la manipulation s’est retournée contre vous.

Et nous, on repart au front, nous battre contre les réformes des lois sur le chômage qui va considérablement réduire les droits, sur les retraites qui nous fera travailler toujours plus, et sur la surveillance sous couvert de sécurité. On se démènera aussi pour des services publics de proximité avec des agents payés convenablement, pour un revenu minimum garanti avec ou sans emploi, pour une augmentation générale des salaires, pour un accès au logement pour tous avec des loyers abordables, pour l’accueil et l’intégration des réfugiés dans des conditions dignes, pour l’amélioration de l’environnement et non pas sa sauvegarde dans l’état actuel, et surtout, on mettra tous nos efforts pour que meure cette Ve République maudite.

Continuez à jouer avec vos grands-pères dans la cour de l’école militaire, nous on prend la rue !

Février 1934, manifestation contre l'extrême droite Février 1934, manifestation contre l'extrême droite

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