1 000 et une façon d'être transphobe sans le savoir

Et la seule façon de ne pas l'être.

Il y a plusieurs mois, à partir d'un billet de Blog "Pour un féminisme inclusif envers les femmes transgenres" , je découvrais un conflit au sein du mouvement dont je ne soupçonnais pas la violence. Pire, au fil de mes lectures, j'ai fini par comprendre que le mot transphobe couvre un champs beaucoup plus large que les simples meurtres, agressions, insultes ou discriminations que subissent les personnes transgenres au quotidien. En voici une liste non exhaustive avec une solution à la fin et des petits bouts d'ironie dedans.

 

Si j'ai bien compris, parce que je ne suis pas une spécialiste de la culture transidentitaire, être un homme ou une femme, ça n'a rien à voir avec son sexe, son corps ou même son apparence, ça a uniquement à voir avec les sentiments et le ressenti.

On pourrait donc se demander comment définir le mot femme dans ce cas (surtout quand on est confronté aux questions des enfants). Et bien voilà, vous venez de commettre votre premier acte transphobe :

 

 1. Demander à définir le mot femme (ou homme), c’est transphobe.

Tout ce que vous avez besoin de savoir, c'est que le corps ne compte pas pour définir votre genre et que le sexe est un élément abstrait de votre corps. Si, si, abstrait.

Le vagin n'a rien d'intrinsèquement féminin, le pénis n'est pas un organe masculin parce que ce n'est que quand la personne a fait le point sur son ressenti que son sexe devient un organe masculin ou féminin.

Comment, dites vous?

Pourquoi, dans ce cas, un certain nombre de personnes transgenres modifient leur corps avec l’aide de médicaments ou de la chirurgie pour qu’il ressemble au corps qui corresponde à leur genre ressenti, c’est-à-dire la conception traditionnelle que l’on a d’un corps de femmes ou d’un corps d’homme ?

Hé !

Contentez-vous de réciter : « le sexe biologique n’existe pas et le corps ne compte pas pour définir le genre, seul le ressenti compte ». Ad libitum.

Parce qu'à poser trop de questions, ça devient transphobe.

 

2. Lire le dictionnaire, c'est transphobe.

Dictionnaire… Késako ? Un bloc de papier qui donne des définitions ? Un machin poussiéreux, sûrement. Parce que ce qu'on y trouve est plutôt limite.

Exemple, dans le Larousse, femme se définit par : « être humain adulte de sexe féminin ».

Mais pourquoi un tel besoin obsolète et anachronique de se référer au sexe pour définir une femme ? Franchement !

Quand on pense que des femmes OSENT utiliser ce genre de référence dans leur conversation ou sur les réseaux sociaux, c'est inacceptable ! Et c'est bien fait pour cette Maya Forstater, que JK Rowling (la garce ! Terf ! celle qui va être responsable de plein de suicide !) a eu tord de soutenir, qu'elle a été virée. Quelle idée de publier cette définition « femme= femelle de l'être humain », issue du dictionnaire Oxford sur son compte Twitter. C’est comme si on ne châtiait pas un théoricien de la Terre plate.  Parce que cette définition est FAUSSE !

Comment, dites- vous ?

C’est quoi la vraie, alors ?

Ne recommencez pas. On vous a déjà dit que poser trop de question c’est transphobe.

 

3. Croire en Dieu et pratiquer une religion, c'est transphobe.

Oui ! Il y a pire que de lire le dictionnaire, il y a la Bible, le Coran, la Torah, etc. En gros, tous ces vieux livres remplis de vieilles histoires qui ont en commun de raconter qu’à l'origine de l'humanité il y avait un homme et une femme… Et elles sont où les autres nuances de genre ? Ben voilà, ils n'en parlent pas. Alors que la transidentié existe depuis, depuis… Ben renseignez- vous ! Et ça a du être particulièrement difficile de ne pas pouvoir bénéficier d’une opération de réaffectation génitale il y a 2 000 ans.  

Quoiqu’il en soit, aujourd’hui, ces références sont obsolètes et ça ne serait pas si mal de trouver comment faire pour s'en débarrasser.

Et c'est une très bonne chose d'avoir utilisé ces références à la religion contre Maya Forstater (lien) lors de son procès. Bon, elle a dit être athée et n'avoir aucune éducation religieuse particulière mais il est aussi possible qu’elle mente. Franchement, comme si il suffisait que quelqu’un fasse une déclaration sur ses convictions pour que ce soit vrai.

Comment, dites- vous ?

Et la liberté de croyance au sein d'une démocratie ?

Mais on n'a plus le droit de croire à tout ça... C’est transphobe !

 

4. Ne pas maîtriser les 50 nuances de genre et leur pronom, c'est transphobe.

Qui a dit que le genre se limitait à deux possibilités ?

Les gens qui pensent que les êtres humains, en tant qu’êtres vivants disposant d’une reproduction sexuée se répartissent en deux et seulement deux genres basées sur leur capacité à fournir un gamète particulier ? Comme quasiment, toutes les espèces animales et végétales avec une reproduction sexuée de la planète Terre?

Mais quel bandes d'arriérés ces gens !

Chez les humains, ça n'a rien à voir des histoires de gamète ou de partie génitale soit disant visible. Chez les humains, de même que chez nos très proches cousins les poissons clowns, le sexe n’est pas binaire mais c’est un large spectre qui ne concerne QUE le ressenti d’une personne. Et comme les sentiments peuvent connaître des degrés d’intensité différents, il existe donc autant de nuances dans la dénomination du genre que de ressentis nuancés de genre.

La ville de New York en reconnaît 31 et Facebook a déjà atteint les 50. Pour l'instant... Et gare à vous si vous vous trompez dans le pronom à utiliser. Vous pourriez être poursuivi pour agression sexuelle. Oui. Dire il à la place de elle ou elle à la place de eux (quand on est non binaire) c'est aussi grave que de fourrer sa langue de force dans la gorge de quelqu'un. Pareil.

Il faut aussi veiller à vous assurer qu'entre le moment où vous avez rencontré quelqu’un et le jour où vous le ou la ou les revoyez cette personne n'a pas changé de genre. Ben, oui ! Étant donné que le ressenti peut évoluer, s’affirmer ou se distancier d'une nuance de genre dominant, il est possible que vous commettiez une grave erreur en conservant le pronom utilisé lors de la première rencontre.

Comment dites- vous ?

Je ne vois pas comment faire pour ne pas me tromper ?

Et bien vous n'avez qu’à prendre vos précautions ! Parce que se tromper de pronom ça peut provoquer des suicides. Alors révisez vos genres, apprenez vos pronoms, tenez vous au courant et ne vous fiez surtout pas à l'apparence physique d'une personne pour déterminer son genre. Ce  pas du tout parce qu'une personne a des seins, des chaussures à talons et une jupe qu'il faut l'appeler elle. Demandez d'abord.

Sinon vous risquez de commettre un acte transphobe.

 

5. Lever le sourcil, c'est transphobe.

L'incrédulité tue.

Tout ce qui de près ou de loin peut refléter votre non adhésion à l'identité de genre exprimée par une personne peut être préjudiciable.

Alors si quelqu’un se présente à vous en tant qu’homme femme et qu’en raison de votre vision limitée de ce que peut être un homme ou une femme, sa carrure, sa voix ou son visage vous font tiquer, veillez à garder vos sourcils à un niveau neutre. Ni levés, ni froncés.

Parce que ce serait la preuve que vous n'y croyez pas. Ce genre de comportement, ou d'autres apparentés, relève du mégenrage. Ou pire, puisque aucun mot inapproprié n'a été prononcé, du soupçon d'allusion au mégenrage. Et au Canada, par exemple, le soupçon d’allusion au mégenrage est un délit sévèrement puni par la loi C-16.

Comment dites vous ?

On peut tout de même avoir le droit de douter de la sincérité d'une personne surtout quand on a des doutes, aussi, sur les avantages qu'elle peut en tirer ?

N'importe quoi ! Qui oserait mentir sur son identité de genre ? Un sportif ? Un prisonnier ?

Ça n'a aucun sens. Quand on parle de ses sentiments on dit toujours la vérité. Et penser le contraire, c'est transphobe.

 vidéo: loi sur les pronoms et liberté d'expression

 

6. Interdire l'accès aux toilettes pour femme à Roger, femme transgenre non binaire et lesbienne, c’est transphobe.

Vous ne savez pas ce qu'est une personne transgenre non binaire ? Mouais. On voit le peu d'étendue de votre culture.

Alors, pour info, c'est quelqu’un qui ne sent ni femme ni homme ou à la fois homme et femme. Son  apparence peut refléter sa neutralité comme son appartenance aux deux genres. Ou pas.

Dans le cas de Roger femme transgenre non binaire et lesbienne,  qu'il.elle/ eux peut avoir l'air de votre collègue comptable, avoir une tenue totalement masculine et pourtant, au fond de Roger il y a aussi une femme. Comme les autres. Et par conséquent, surtout dans les pays où les lois leurs sont favorables, Roger a le droit d'aller dans les toilettes qu'il.elle/ eux veut, dans les vestiaires collectifs qu'il.elle/ eux veut et, le cas échéant, aller dans la prison qu'il.elle/ eux veut.

Comment, dites- vous ?

Comment fait- on la différence entre une femme transgenre non binaire et lesbienne et un homme qui porte une robe pour s’amuser ?

Je ne répondrais pas à votre question. Parce que…

 

7. Envisager l'éventualité qu'il existe des menteurs et des opportunistes qui s'identifie comme femmes ou trans, c'est transphobe.

Le mensonge c’est pour les gens malhonnêtes. S’affirmer en tant qu’homme ou femme alors qu’un certain nombre de personnes ne vous soutiennent pas dans votre projet de vie à cause de leurs connaissances limitées sur le genre, c’est un pur acte de courage. Rien à voir avec l’opportunisme.

Des femmes transgenre  qui battent des records dans les épreuves féminines internationales ? Rien à voir avec la triche ou l’envie, à l’approche de la quarantaine, d’avoir une deuxième carrière sportive avec plus de succès. Non. C’est uniquement le résultat du travail et du courage de s’affirmer telle que l’on est. Et si vous trouvez ça injuste que quelqu’un comme, par exemple, imaginons, Teddy Rinner, ose enfin affirmer la femme qui est en lui et écrase toutes les concurrentes pendant les épreuves féminines de judo, c’est que vous n’avez pas compris que le sport est injuste et qu’il faut accepter que des femmes transgenres puissent profiter de leur avantages physiques.

L’augmentation de demande de transfert des prisons pour homme vers les prisons pour femme en Angleterre ? C’est difficile de s’affirmer en tant que femme dans des sociétés aussi conservatrices. Donc, si quelqu’un déclare, des années après avoir été emprisonné, qu’en fait il est une femme et que pour des raisons de sécurité (les hommes étant tous des violeurs) il veut être transféré dans une prison pour femme, pourquoi aller s’imaginer que c’est par pur opportunisme ? Parce qu’il y a eu quelques incidents, Des viols commis  sur des détenues et des gardiennes ? Ben ce sont des criminelles en même temps, elles ne sont pas là pour rien. Faut faire avec.

Comment, vous dites ?

Ce serait quand même bien qu’il y a ait des garde- fous en ce qui concerne l’auto identification de genre étant donné que, dans certains pays, on peut être reconnu comme femme sans conditions (ni opération, ni traitement par hormone, ni même démarche auprès de l’Etat civil), que la seule déclaration verbale suffit ?

Mais pour quoi faire ? Qui oserait mentir sur ce genre de chose ? Arrêtez avec vos doutes et vos questions sur les intentions des gens.

Ça devient transphobe.

 

8. Parler des crimes commis par des femmes transgenres sur des femmes c’est transphobe.

Voilà. Voilà ! On vous dit qu’il y des meurtres et des agressions commises tous les jours sur des personnes transgenres et vous, vous parlez des agressions, des délits et des crimes commis par les personnes transgenres… sur des femmes ! Comme par hasard ! Comme si c’était une priorité en plus !

Laissez- moi deviner. 

Vous avez envie de me parler de Karen White ? La prisonnière fraîchement transférée d’une prison pour homme, qui a violé deux détenues ? 

De Yessica Yanniv ? Cette militante transidentitaire canadienne qui a voulu obtenir justice à cause du refus d’esthéticiennes de lui faire une épilation du maillot à la brésilienne (épilation différente de l’épilation intégrale où on laisse de la pilosité sur la vulve et au niveau du pubis) sur ses testicules ! Oui, cette personne les a choisi en majorité non anglophone, non blanche et pratiquant une religion, oui, la présence de ses parties génitales de naissance était une surprise à chaque fois, mais elle n’a rien fait de mail et elles auraient pu faire un effort quand même !

Ou alors de Kim Marei (né Kristoffer) Johansson? Ce Norvégien qui a violé, tué et démembré sa petite amie en 2013, qui a été condamné à 14 ans de prison, puis 10 et qui a découvert, que c'est touchant, qu'en fait il a toujours été une femme depuis l'âge de 5 ans? Bon. Il lui aura fallu 7 ans de prison pour s'en rendre compte mais ça va maintenant et grâce à ses 1 an de prise d'hormone, elle a enfin le droit d'être transféré dans une prison pour femme où elle sera enfin en sécurité! 

Franchement, IL NE FAUT PAS parler de ça ! Vous aimeriez, vous, qu’on parle de crime commis par des femmes ou des enfants ? ça pousserait les gens à croire que les femmes et les enfants sont tous perfides, dangereux et mauvais !

Comment, dites- vous ?

On doit pouvoir en parler pour faire le tri entre les gens honnête et les opportunistes en vue d’une meilleure intégration ? La simple et seule auto déclaration sans aucun garde fou laisse trop de porte ouvertes et présente trop de danger pour les femmes! 

Alors, déjà, une femme ça n'a pas de corps particulier, hein. Ensuite, les femmes transgenres souffrent beaucoup de plein de chose donc, NON!, on ne parle pas de crime commis par des femmes transgenres sur des gens que vous appelez femme parce que c'est transphobe. 

 

9. Continuer à se référer aux biologistes, aux zoologistes, aux botanistes, aux médecins légistes et aux archéologues, c’est transphobe.

Vous savez, quand l’humanité accède à un nouveau niveau de connaissance, il y a toujours des poches de résistances qui osent continuer à se présenter comme des savoirs solides et valides et qui empêche le reste de l’humanité de progresser.

Des « sciences », disent-ils. Alors qu’une fois la nouvelle connaissance arrivée, leurs pratiques sont, d’office, obsolètes !  

Regardez ce qui est arrivé à Copernic et à Gallilé. Quand ils sont venus présenter le fruit de leur recherche à l’humanité, personne n’a voulu les écouter. La Terre, une planète ronde qui tourne avec d’autres autour du soleil ? Les gens de l’époque ont pris ça pour une aberration, une hérésie et ces deux hommes ont eu bien du courage de persévérer dans des temps aussi obscurs pour une découverte scientifique si importante que l’on sait aujourd’hui incontestable !  

En ce qui concerne la nouvelle définition du genre, c’est pareil !   

Prenez la biologie, la zoologie et la botanique. Ces chercheurs et ces « savants » continue à se baser sur leurs « connaissances » pour classer les êtres humains dans la famille des mammifères et à construire le genre uniquement de façon binaire. Leur preuve ? Il n’y a que deux gamètes sexuels produits par à peu près tous les individus animaux ou végétaux de la planète, qui ont une reproduction sexuée. Tout ça en oubliant et en niant le ressenti de genre variable et nuancé, que, notamment, les personnes intersexuées expérimentent et qui rend impossible la simple binarité du sexe ! Non, le sexe n'est pas binaire! C'est de façon sûre et incontestable un large spectre de possibilité que les émotions et le ressenti des gens nous permettent de découvrir au fur et à mesure !!

Donc on ne peut pas et ces personnes ne doivent plus être catégorisées en simple homme ou femme ! Il faut élargir ces catégories simplistes et obsolètes ! Et permettre à toutes les « femmes », les cisgenres, les transgenres pré ou post opératoire, les intersexuées, les non binaires et à tout le monde d’accéder aux espaces, aux toilettes et aux vestiaires réservés aux femmes parce qu’elles sont en danger ailleurs et que ça devient de la ségrégation !

Quant à la médecine légale et à l’archéologie, il est totalement dépassé de mesurer la largeur des hanches, la taille des individus et faire des analyses ADN pour déterminer si un cadavre, plus ou moins vieux et pas trop en bon état, est bêtement une femme ou un homme ! Et le ressenti du cadavre dans tout ça ! Il est où le respect !!

Comment dites-vous ? (Un instant je dois boire un verre d’eau et reprendre mon souffle)

Gallilé et Copernic ont fait des démonstrations et apporté des preuves. Là, tout se base sur le ressenti. Les sentiments, la subjectivité. Ce qui rend ces affirmations à la fois incontestables et impossible à prouver.

Ça, c’est particulièrement transphobe de dire ça.

Quoi encore ?

Et pourtant elles ovules.

Vous savez quoi, vous ne devriez pas prendre ce genre d’information avec autant de circonspection. Je vais finir par croire que vous mettez la vérité que je daigne vous apporter à votre petit esprit étriqué en doute. Et, autres chose, arrêtez de dire « elle » quand vous parlez d’ovulation parce que…

 

10. Utiliser le mot femme pour parler de règles, clitoris, grossesse, ivg.. ;etc. C’est transphobe.

Qu’est-ce qu’elles sont chiantes ces bonnes femmes cisgenre à parler de leur corps tout le temps ! Elles n’ont rien d’autre à faire que d’essayer de comprendre le fonctionnement de leur vagin, clito, utérus et j’en passe ! Comme si on n’en parlait assez, déjà. Mais le plus choquant, c’est qu’elles utilisent le mot « femme » pour en parler !

Quand est-ce que ces gens vont comprendre qu’une femme ça n'a pas de corps!  

Pas un corps précis en tout cas.

C’est donc particulièrement blessant toutes ces réunions, ces émissions, ces articles, ces magazines, ces reportage, ces interviews, ces manifestations qui abordent tous ces sujets en s’arrogeant le droit de parler d’utiliser le mot femme !

C’est donc une très bonne chose qu’une manifestation sur le droit à l'IVG au Canada a été annulée à cause des protestations de militants transidentitaires ou que des militants transidentitaires français aient exigé des excuses à des féministes qui ont osé essayer d’organiser des rencontres et des débats autour du clitoris. Parce ce que ce n’est pas inclusif.

Prenez exemple sur le Canada. En voilà un pays en avance sur son temps par rapport à cette question fondamentale.

Là- bas, on n’utilise plus le mot femme pour parler des règles, du col de l’utérus, de la grossesse ou de l’allaitement. Non, non, non.

On dit menstruateur, personne à col, personne à vulve, personne à clitoris, personne à utérus, personne enceinte ou nourrir son bébé avec un buste allaitant.

Ça c’est bien ! ça c’est inclusif ! Ça c’est respectueux ! C’est vers ça qu’il faut aller !

Comment, dites- vous ?

Pourquoi est-il si important de supprimer le mot femme du vocabulaire lié à son corps ? Pourquoi les femmes n’auraient-elles pas le droit d’utiliser ce mot pour parler comme elles en ont envie de leur propre corps ? En quoi ça empêche les femmes transgenres d’être des femmes, elles aussi ?

Mais parce que c’est transphobe !

D’ailleurs, vous n’arrêtez pas de vous désigner en tant que femme. Mais ce n’est pas du tout ce que vous êtes. Vous êtes une cisgenre et, attention à vous, parce que…

 

11. Refuser de s’appeler cisgenre, c’est transphobe.

Mais pourquoi les gens sont-ils si butés ? On vous apporte la connaissance, la seule, LA VRAIE, sur ce qu’est le genre et ils refusent de respecter le nom qui leur est assigné.  

Pourtant, une personne cisgenre ça n’a rien de compliqué. Ça a même tout plein de privilèges !

On est cisgenre parce que ses parents, arriérés et les médecins, ignorants, nous ont imposé un sexe en se basant sur une vague observation de ce qu’on peut, parfois, trouver entre ses jambes. Et qu’on s’en contente assez benoîtement, d’ailleurs. Alors qu’on n’est pas encore en capacité, à la naissance, d’exprimer et de déterminer son propre ressenti de genre.

Pourtant, tel le poisson clown, qui est non binaire  puisqu’il peut changer de sexe au cours de sa vie, ainsi que l’ont prouvé les recherches d'Alice Roberts, publiés sur Twitter,  la non- binarité est aussi incontestable chez le poisson clown que chez l’être humain !

Ce qui fait que, quand une personne se sent de genre fluide, quand elle se sent femme, son organe devient féminin et que quand cette même personne se sent homme, elle a de nouveau un pénis ! Or, dire qu’à la naissance, on a une fille ou un garçon, imposer de façon arbitraire un sexe aux enfants qui viennent de naître, non seulement ça devrait être interdit mais ça prive les enfants de leur liberté de choisir et de dire qui ils sont !  

Quand ils auront acquis la parole et la capacité de verbaliser leurs émotions, évidemment ! 

Il faut prendre conscience qu’à l’avenir, il sera souhaitable d’interdire l’assignation de genre, à la naissance, par les parents et ces abrutis de médecins, tant que l’enfant ne sera pas en capacité de le faire lui-même. Un moratoire sur les prénoms serait d’ailleurs un bon début pour éviter que les enfants ne soient trop influencés par le prénom qu’on leur aura imposé. Il faudrait mettre en avant les prénoms plus inclusifs et non binaires. Au cas où. Et oublier cette idée bizarre d’utiliser ses enfants pour rendre hommage à un papy, une mamie ou une personne qui aura compté pour les parents.

C’est malsain.

Bref ! pour en revenir au terme Cisgenre, et le préciser, c’est aussi un terme qui désigne une personne qui vit en parfaite harmonie avec son corps d’homme ou de de femme et qui a le ressenti de genre qui correspond ! D’où le privilège de ne pas avoir à effectuer toutes ces modifications pour obtenir le corps qui correspond à son ressenti.

Simple, non ?

Comment, dites- vous ?

Je trouve les deux définitions contradictoires et je ne ressens pas ce qu’on vous dit que vous êtes censé ressentir ?

Et vous ressentez quoi, alors pour être autant en paix avec vous-même ? Le besoin de conformisme ? Lol ! 

J'ai appris à dialoguer avec mon corps, ce n’est pas toujours facile, parfois, c'est carrément difficile. Toout ce que je fais c’est de faire avec, au mieux…

Pff ! N’importe quoi !  

Le dialogue avec son corps ! Et pourquoi pas avec son sexe tant qu’on y est ! C’est peut-être lui qui vous indique avec qui coucher finalement. Décidément vous n’avez toujours pas compris que le sexe biologique n’existe pas. Ah là, là. Les Cis et leur culture hétéro-cis- normée ! Il serait vraiment temps, pourtant, que vous vous fassiez à l’idée que ce que vous pensez de vous-même est peut-être erroné. En tout cas, ne repousser pas bêtement le mot cisgenre. Parce que ça voudrait dire que vous repousser la culture transidentitaire et ça, c’est transphobe. 

 

12. Tout rassemblement de femmes avec des femmes, non inclusif, c’est transphobe

Le féminisme doit être inclusif ou alors, il n’a pas le droit d’exister.

Au Canada, dans la ville de Vancouvert, grâce à l’action de courageux activistes trans, un centre d’accueil pour femmes victimes de viol, the Vancouvert rape relieaf, vieux de 50 ans, géré uniquement par des femmes,  et reconnu pour l’efficacité de son action, a enfin reçu le sort qu’il méritait : il a perdu la subvention de la ville.  

Oui, il y a plusieurs autres centres d’aide pour victimes de viol qui accueillent tout le monde ; oui, c’est le dernier centre de ce type dans la ville ; oui, ils accueillent aussi des FtM, des femmes qui transitent vers le genre homme.

Cela dit, il n’y a aucune raison que ce genre de centre, qui valide l’idée arriérée que les femmes ont une réalité biologique particulière, continue à exister. Dire qu’ils ont osé repousser l’aide proposée par une généreuse transgenre pour encadrer les groupe de parole des femmes victimes de viol sous prétexte qu’elles pourraient avoir du mal à se sentir en confiance ! Mais ces femmes n’ont qu’à évoluer dans leur conception de ce qu’est une femme au lieu de jouer les victimes effarouchées !

Il était donc juste que cette généreuse personne obtienne un dédommagement en raison du préjudice, subit. Et si ce centre se fait régulièrement vandalisé ce n’est que parce qu’il a refusé de céder aux injonctions de la ville : soit accueillir toutes les femmes, même les non- binaires soit supprimer le mot femme de leur devanture. Elles sont mal placées pour se plaindre, là !  

En France, ces dernières années, plusieurs associations de lesbiennes ont eu des problèmes de fonctionnement quand elles n’ont pas tout simplement implosées. Pourquoi ? Et bien parce que ces égoïstes de cis ont du mal à intégrer le fait qu’être lesbienne ça ne concerne pas seulement les femmes qui sont nées avec un vagin !

Il est temps que les femmes et les féministes comprennent que le mot femme a évolué et qu’elles n’ont plus le droit de continuer à utiliser les croyances erronées et les fausses valeurs des féministes de la première et de la deuxièmes vague : une vison binaire du sexe ; une séparation beaucoup trop stricte entre les genre et des demandes uniquement centrées sur des problèmes de femmes qui pensent être nées avec un vagin, un utérus et autres chimères.

Il est temps que la ségrégation cesse afin que toutes, ensembles, nous nous serrions les coudes pour lutter pour nos droits égaux ! Et les femmes qui osent continuer à organiser des réunions, des associations ou des centres d’aide où les femmes, enfin, je veux dire les Cis, restent entre elles et uniquement entre elles ça équivaut à un acte égoïste, raciste et inacceptable !

Comment, dites- vous ?

Faire des choses et parler personnes, femmes,  qui ont des points communs, des expériences communes et qui ont envie de les partager sans gêne ou sans avoir à prendre des pincettes pour ménager la susceptibilité de ceux qui pourraient, de fait, ne pas se sentir concerner, c’est un besoin. Pas un acte de haine. Sinon, même les réunions entre femme aux cheveux crépus devaient être considérées comme raciste vu que personne ne va parler de comment coiffer les cheveux raides.

Mais c’est justement ça le problème ! Croire que nos corps sont différents qu’on a le droit de faire référence au sexe pour distinguer les femmes entre elles !

C’est ça qui est transphobe !

Tient, ça me fait penser, concernant nos amies lesbiennes…

 

13. Etre lesbienne et refuser un pénis, c’est transphobe.

Alors comme ça, quelqu’un qui a un pénis n’est pas une femme comme les autres ? Manquerait plus qu’on leur dise que ce sont des hommes !  

Mais il faudra bien qu’elles comprennent un jour ! Un pénis n’est pas un organe masculin quand il fait partie du corps d’une personne qui s’auto identifie comme femme!  Même quand cette personne est non binaire et qu’elle ne s’identifie comme femme que quelques jours dans la semaine ! 

Etre lesbienne, une femme qui aime les femmes et oser dire non à un rapport sexuel à cause de ça ! Mais c’est révoltant ! Inacceptable ! C’est du racisme ! C’est injuste ! C’est un crime haineux ! Est-ce que vous saviez qu’un pénis ce n’est qu’un clitoris légèrement plus grand ? C’est quasiment pareil qu’un vagin ! Comme le dit Allison Moon dans son ouvrage, Girl sex 101: pénis et vagin sont des sexes analogues! Il faut juste apprendre à rester ouvert.e! 

 

Comment, dites- vous ?

Le consentement mutuel c’est pouvoir dire non à qui on veut, pour n’importe quelle raison et à n’importe quel moment quand il s’agit de sexe ?

Et le délit de discrimination basé sur l’identité de genre d’une personne, c’est quoi ? Une blague de cul, peut-être ?

Quoi encore ?

On ne peut pas forcer quelqu’un à aimer ce qu’elle n’aime pas.

Mais si ! Il faut qu’elle se force !

Exactement comme ce que disent ces militantes, transgenres, femmes et pétri d’un féminisme moderne et plus juste !

Comme Agressivelytrans dans Charlie Hebdo ou Morgan Oger au Canada. Il faut dépasser son dégoût et grandir dans sa tête par rapport à ce sujet! 

Vous voyez, ça n’a rien à voir avec votre histoire de consentement. c'est uniquement une affaire d'éducation et de délit transphobe.   

 

14. Aborder la question des détransitionneurs, c’est transphobe.

Qu’est-ce que c’est que ça un « détransitionneur » ?

Une nouvelle invention des cathos intégristes paranoïaques et homophobes ?

Ça ne leur a pas suffit d’aller inventer une théorie qui dit que le genre n’a plus rien à voir avec le corps mais uniquement avec ce qu’on ressent ?

Oui, bon, ça, c’était vrai. Mais c’est à cause du terme choisi. « Théorie du genre » c’était débile. Ce n’est pas comme ça que ça s’appelle. Ils auraient pu faire attention.

Donc, ils nous ont pondu quoi les cathos cette fois ?

Des gens qui arrêtent d’être des trans ? Des gens qui sortent de centre de détransition et qui font de la transphobie intégrée, en fait ?

Et vous pouvez me dire combien il y en a des gens comme ça? Non, hein.

Ben voilà. C’est anecdotique et je ne vois pas l’intérêt d’en parler. C’est juste un truc pour manipuler les gens et pour leur faire croire qu’avoir une dysphorie de genre, surtout quand on est ado ou enfant, ça ne veut pas forcément dire qu’on est trans. Alors que c’est inné et définitif.

Comment, dites-vous ?

Y’a pas grand monde pour les écouter et on interdit à des professionnels de les étudier ou de publier leur études (Radio canada. Je pensais que j'étais transgenre). Qu’il n’y a pas grand monde pour les écouter ?

Keira Bell, une jeune femme de 23 ans qui a détransitionné vient d’entamer une procédure contre la clinique d’enfant trans où elle a été suivi. Elle les accuse d’avoir posé un diagnostique de dysphorie de genre trop rapide (3 séances seulement) et de lui avoir fait suivre un traitement lourd de conséquence qu’elle n’était pas en âge, à 16 ans et mal dans sa peau, de choisir de façon éclairée.

Oui, et ? Elle n’est pas contente et alors ?

Un tiers de l’équipe médicale a démissionné et certains ont reconnu, pour elle comme pour d’autres, qu’il y avait effectivement eu des diagnostiques et des traitements trop rapides. 

Venez m’en reparler quand ce sera sérieux. Une personne qu’on a manipulé et des médecins qui ont la chocotte ça ne suffit pas.

A ce stade c’est juste transphobe.

 

 15. Considérer que les terf et les swerfs ont le droit de s’exprimer ou de vivre, c’est transphobe

TERF, SWERF, à vous souhait, à vos amours… Vous ne savez pas ce que c’est ? Ce n’est pas bien compliqué.

Les TERF (trans exclusionnary feminist), sont des femmes, non, des cisgenres, qui osent dire que les femmes transgenres ne sont pas des femmes et refusent de les inclure dans leur mouvement.

Les SWERF (sex worker exclusionnary radical feminist), sont aussi des cis qui refusent d’accepter que la prostitution est un métier comme un autre et qui refusent d’inclure les travailleurs ou travailleuses du sexe dans leur mouvement.

Des sales pétasses pleines de haines qui ne méritent ni de s’exprimer ni même de vivre. Voilà  ce qu’elles sont.  

Vous vous rendez compte qu’elles refusent d’admettre le fait incontestable que le sexe biologique n’existe pas, qu’une femme, ça n’a pas de corps particulier et que le féminisme doit prendre la défense de tout le monde ?  

Vous vous rendez-compte que ces nuisibles osent continuer à utiliser le mot femme pour parler de leur corps ?! Comme si ce mot leur était réservé !

Vous vous rendez-compte que ces sorcières malfaisantes osent mettre en avant les combats soit -disant « féministes » de la première et de la deuxième vague pour parler de leurs « luttes » et de leurs « droits » alors que ces mouvements, dépassés avaient une vision obsolète et erronée de ce que c’est être une femme !

Et qu’elles osent utiliser ces droits, pour nous reprocher à nous, les « vrai.e.s » féministes de se battre pour supprimer les toilettes, les vestiaires et les épreuves sportives non mixtes ? Qu’elles utilisent cette version arriérée du féminisme pour continuer à se mettre en avant lors de jour (dont le nom et la raison d’être devrait vraiment être revus) pour parler de problèmes qui les concerneraient soit -disant exclusivement ? Comme par exemple : l’ablation du clitoris chez les filles (filles, ah bon ?!), les mariages forcées des adolescentes (ça a quelque chose à voir avec le fait d’être une fille, ça ?), les inégalités salariales hommes-femmes (et les 32 autres genres, ils sont où ? Parce que si on inclut tout le monde je suis sûre qu’elles auraient moins de raison de se plaindre) ou encore le fait que des personnalités féminines historiques sont sous représentées dans les livres d’Histoire (c’est peut-être aussi parce que les auteurs de ces livres ont, eux, compris qu’une femme ça n’a pas forcément une vulve !).  

Comment, dites- vous ?

Pourquoi est-ce qu’il ne devrait exister qu’une seule forme de féminisme ?

En quoi est-ce féministe d’interdire aux femmes le droit de s’exprimer librement sur les problèmes qui les concernent ?

En quoi est-ce progressiste d’interdire aux femmes d’utiliser le mot qu’elles veulent pour parler d’elles librement ?

Et, surtout, en quoi est-ce féministe de menacer de mort une femme juste parce qu’elle ne partage pas votre vision du monde ?

 

MAIS PARCE QUE C'EST TRANSPHOBE !!!

 

Allez! J’ai perdu assez de temps avec vous comme ça !

Si vous ne voulez pas que je vous raye définitivement de la classe des êtres humains respectables et ayant encore le droit de respirer, il va falloir que vous vous mettiez ça dans la tête :

Pour ne pas être transphobe, il faut croire, penser et dire exactement ce qu’on vous demande de dire, croire et penser. Avec, en plus, si vous êtes une cis, l’obligation de pourchasser ceux et surtout celles qui, de près ou de loin laisseraient supposer qu’il ne croient, ni pensent ni disent ce qu’il faut.

Sinon, c’est transphobe.

 

Comment dites- vous ?

Extrémisme idéologique, rigidité intellectuelle et délit de blasphème ?

N’importe quoi. Les gens qui adhèrent à la culture transidentitaires sont beaucoup trop supérieur intellectuellement aux autres pour s’abaisser à ça. 

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