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Billet de blog 11 déc. 2020

Les étudiant.e.s de France en 2020.

Confinement, déconfinement, couvre feu, attestations et enfin Covid 19. Voilà à quelle sauce ont été manger les étudiants français en 2020. Une sauce à base d'interdictions, de réprimandes, de leçons de morales parfois et surtout d'imprécisions et d'ignorance.

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Le 10 décembre 2020, le Premier Ministre Jean Castex annonce les nouvelles mesures à suivre pour les citoyens français en annonçant entre autre la non réouverture des salles de cinéma, des lieux culturels qui aurait du avoir lieu ce lundi 15 décembre, mais également le couvre feu restreignant dès 20h et ce dès ce même lundi.

Encore une fois, la priorité gouvernementale est rapidement perçue comme une priorité archaïque et profondément ancrée dans une tradition française catholique.  L'esprit de Noel devant primer, accompagné de tout l'imaginaire construit et mis en valeur par la société capitaliste mondiale, il serait insoutenable de laisser une pandémie mondiale le saborder. 

Noel constitue donc un risque assumé pris par le gouvernement, qui se montre ensuite particulièrement virulent contre les traditionnelles célébrations du 31 décembre marquant le passage tant attendu à la nouvelle année.  

Nous venons de vivre ce qui restera dans les annales comme l'une des pires années à tous les points de vue,  qui a entraîné une précarité massive, une crise économique et sociale, et une divergence toujours plus profonde entre gouvernants et gouvernés, mais nous ne pouvons pas nous rassembler tout simplement pour espérer collectivement.

Au delà même du non sens des décisions gouvernementales prônant la lutte efficace et acharnée contre cette pandémie, c'est la non considération voire le mépris affiché par le gouvernement entier via le figure de son Premier Ministre qui est ici profondément révoltante.

En effet, comment ne pas voir et comprendre que le sort des étudiants français est complètement laissé à l'abandon par le pouvoir politique en place, qui se contente de ne jouer que sur des effets d'annonce notamment via l'entretien exclusif du Président de la République sur Brut, via la mise en place d'une plateforme "Unjeuneunesolution" pour montrer son intérêt à la question. 

Non, les étudiants en France ne peuvent et ne veulent pas se satisfaire d'annonces vides de sens et d'application, qui ne permettent ni un accompagnement adéquat ni même un soutien plus que nécessaire à un moment où l'incertitude est de rigueur.  Ne pas traiter le problème étudiant dans sa globalité et ne pas essayer de s'attaquer aux racines mêmes de chaque problème est une faute, voire une grave erreur, politique et humaine.

Le monde étudiant est en effet touché sur tous les plans par la pandémie : il n'y a en effet plus de possibilités de revenus grâce aux emplois parfois précaires accompagnant leurs études, le suivi et l'apprentissage des cours régulièrement via l'apprentissage en présentiel et les échanges avec les professeurs, et enfin le temps consacré à la sociabilité via les soirées, les événements étudiants organisés et les simples regroupements entre amis. Le Covid 19 a donc sérieusement endommagé le quotidien étudiant, rendant de fait dépassés et non essentiels chaque rite de passage et chaque tradition estudiantine. 

En parallèle de ce mépris et de cette inaction gouvernementale, la société civile s'organise et tente de mettre en avant les problèmes étudiants, leur mal être, pour souligner à quel point l'écosystème dans lequel ils gravitent ne peut pas être laisser inerte par le plan de relance économique et ses acteurs.  Il est urgent en effet de partir de la question économique dans lequel asphyxient tant d'étudiants et étudiantes, pour finalement analyser les autres dysfonctionnements et injustes auxquels ils sont soumis en cette période incertaine et angoissante.

C'est ainsi par ce prisme économique, que les rencontres du Cercle des Economistes du 10 décembre ont choisi comme thème "Comment éviter une génération sacrifiée ?" et ayant eu lieu en continu entre 9h30 et 18h30 sur Internet.  Cette édition forcément bousculée par l'épidémie, a donc pu donner la parole à un ensemble d'acteurs différents des acteurs politiques, pour mieux comprendre et décrire comment l'écosystème des jeunes étudiants est bouleversé par cette crise économique, sociale, sanitaire et politique.

La crise touchant ce milieu étudiant est alors pluridimensionnelle et doit être appréhendée de cette façon.

Les constats et prises de paroles sont ainsi unanimes notamment à propos de la détresse psychologique accrue par cette crise pour les étudiants, malgré le soutien familial qui peut apparaître néfaste également. Il  faut ainsi rappeler que le suicide demeure la deuxième cause de mortalité parmi cette population et qu'il serait grand temps de la part de nos dirigeants d'un véritable courage humain et politique pour s'attaquer réellement à ce fléau. 

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