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Nicolas Hulot est-il décroissant?

Ayant un fort long voyage en train à effectuer cette semaine, je choisîs pour m'accompagner dans ce voyage la lecture de l'excellent livre de Serge Latouche "Le Pari de la Décroissance", dont je recommande la lecture au passage à celles et ceux qui s'intéressent à une nécessaire transition écologique de nos sociétés.

 

Je fus frappé au cours de cette lecture par le nombre de fois (au moins quelques dizaines) où des textes de Jean-Paul Besset, démontrant la nécessité de sortir du mythe de la croissance, étaient cités.

 

Il s'avère que Jean-Paul Besset est un des principals inspirateurs de Nicolas Hulot ainsi que son bras droit. La concomitance de cette lecture et de l'annonce de la candidature de Nicolas Hulot m'a amené à relire cette déclaration de candidature au travers du prisme de la décroissance.

 

On retrouve ainsi dans sa déclaration de candidature un certain nombre d'éléments issus de la réflexion des décroissants, à commencer par le titre "Changeons de cap". D'autres parties de son discours viennent renforcer ce titre:

  • "La marche triomphante du progrès prend les allures d'un immense malentendu"
  • "L'urgence et le devoir nous obligent à changer de cap. Un autre monde est non seulement possible, il est nécessaire." ;
  • "Changer de cap, c'est d'abord s'appuyer sur le meilleur de l'humanité : la solidarité, le partage, la justice, la démocratie, la tolérance, la modération, la sobriété, la diversité, le juste échange."
  • "Changer de cap, c'est libérer la société et les esprits des diktats d'un mode production et de consommation contaminé par l'illusion de la croissance quantitative, s'émanciper d'un monde happé par la frénésie du toujours plus et par la compétition agressive, s'affranchir du profit et du marché sans limite, réhabiliter l'esprit public."

 

A l'opposé, on trouve également des éléments de langage incompatible avec la décroissance:

  • "Les solutions existent pour améliorer l'emploi, mieux redistribuer les richesses, installer une croissance qualitative et sélective"
  • "La France et l'Europe peuvent devenir le centre d'émergence d'un nouveau modèle de développement"
  • "c'est proposer un modèle de développement qui bâtisse l'avenir"

Par ailleurs, on ne peut pas oublier le fait que ce que l'on connait du mode de vie et des activités de Nicolas Hulot ne sont pas des modèles éclatants de la simplicité volontaire.

 

Alors, Nicolas Hulot, chantre de la croissance verte ou décroissant?

Tous les commentaires

17/04/2011, 10:49 | Par JoëlMartin

"Alors, Nicolas Hulot, chantre de la croissance verte ou décroissant?"

Réponse par l'intéressé lui-même, au vu de l'évolution à venir de son propore bilan carbone.

Utilisera-t-il désormais :

a) autant

b) plus

c) moins

les aéronefs à ailes ou à pales ?

17/04/2011, 11:20 | Par Folium

Bonjour,

je ne crois pas que le bilan carbone personnel de Hulot soit le bon indicateur. Un responsable politique n'a pas à être un "modèle de vie" ni un gourou. On a reproché à Jaurès de mettre ses enfants à l'école privée, ça ne l'a pas empêché de défendre la loi de 1905. Pour saisir la dimension planétaire de la crise écologique, il est normal de voyager. Quand Hulot est allé rencontré Raoni en Amazonie, il n'y a pas été en pirogue. Et quand Raoni vient en Europe, c'est pareil.

JP Besset n'est pas le seul conseiller de N Hulot, même si il est le plus visible aujourd'hui. Entre ses conseillers décroissants et croissants, je ne crois pas qu'il ait choisit clairement sa voie. Il serait temps maintenant…

 

17/04/2011, 12:10 | Par Alain Godefroy en réponse au commentaire de Folium le 17/04/2011 à 11:20

Comme vous dites, il serait temps...

17/04/2011, 15:32 | Par Ivan Villa en réponse au commentaire de Alain Godefroy le 17/04/2011 à 12:10

 

Rire

 

 

 

 

 

 

 

 

26/04/2011, 11:56 | Par JoëlMartin en réponse au commentaire de Folium le 17/04/2011 à 11:20

"Un responsable politique n'a pas à être un "modèle de vie" ni un gourou."

Mais il doit quand même un tant soit peu donner l'exemple, sinon, c'est "Faites c'que j'dis, faites pas c'que j'fais! ", et mettre un minimum en application ce qu'il prêche, sinon il est flou et peu crédible.

C'est le cas de Hulot qui reste évasif sur trop de points essentiels.

Cet animateur télé ne me dit vraiment rien qui vaille.

 

17/04/2011, 15:44 | Par âge du faire

J'ai bien ri!

Super!

pas de télé du tout, c'est mieux, car ainsi, on peut réfléchir sur les commentaires! Et c'est NOUVEAU!

17/04/2011, 20:29 | Par Alain Godefroy

La télé de demain, où les invités seraient obligés de fournir l'énergie nécessaire à la diffusion de leur émission, par exemple en pédalant pour alimenter une dynamo.

Voilà qui permettrait de rajeunir la classe politique.

26/04/2011, 12:00 | Par JoëlMartin en réponse au commentaire de Alain Godefroy le 17/04/2011 à 20:29

On peut aussi ne pas avoir la télévision.

Outre l'économie d'énergie, cela éviterait l'émergence de talents factices qui surfent sur leur popularité télévisuelle sans avoir aucune compétence en politique.

26/04/2011, 10:46 | Par kakadoundiaye

Bonjour,

je ne vois pas en quoi "le nouveau modèle de développement " s 'oppose, dans votre texte, à la décroissance?

Beaucoup aimé aussi " un autre monde n'est pas souhaitable il est necessaire" C'était le titre d'une conférence que j'ai donnée au Mexique en 2005.

Actuellement je milite au sein de l'ASAS pour un nouveau "modèle de développement" au Sénégal...et je suis ardemment pour la croissance des Biens Communs tout en étant un décroissant depuis quasi dix ans...

26/04/2011, 14:26 | Par Alain Godefroy en réponse au commentaire de kakadoundiaye le 26/04/2011 à 10:46

Bonjour,

Je me réfère à certains écrits, dont le Pari de la Décroissance, de Serge Latouche, déjà mentionné dans le billet, où le concept même de développement est remis en cause. Je précise néanmoins que je ne partage pas forcément cette remise en cause.

Il conviendrait néanmoins, de se poser la question, quand on utilise ce mot de développement, de s'interroger sur le développement de quoi.

Amicalement

26/04/2011, 14:41 | Par Velveth

Je ne dirai rien sur la sincérité de Hulot - Bouygues - EDF - Gel douche et ses soudaines conversion à la décroissance ou (pouffons !) à l'antinucléaire...

JP Besset, ex de la LCR, est effectivement pour beaucoup dans le cheminement du télécolo vers un antilibéralisme "bon teint" qui s'est ponctué de longs entretiens avec Olivier Besancenot, par exemple..

Pour celles ceux s'intéressant à "la décroissance", une petite vidéo de Serge Latouche remet bien des choses à leur place:

http://blogs.mediapart.fr/blog/velveth/120510/la-decroissance-kesaco

27/04/2011, 11:34 | Par kakadoundiaye

@Alain

effectivement il y a maintenant 20 ans que j'interroge le concept de développement après en avoir été l'un de ses promoteurs.

Et il est clair aujourd'hui qu'il y a des modèles de développement à tel point que le mot de développement n'est pour ainsi dire plus employé tel quel sans adjectif destiné à le positionner.
Je suis quant à l'Afrique par exemple pour un développement autocentré - terme que j'emprunte à Samir Amin -années 75-mais il s'agit bien de développement - et non de croissance.

En fait la discussion et l'éclaircissement viendraient en différenciant clairement développement et croissance.

En essayant de promouvoir une agriculture n'utilisant que les produits et intrants locaux ( engrais insecticides, semences etc..) pour le marché local je fais du développement alors que mon voisin qui utilise des engrais et des semences et des modes de travail venus d 'Europe pour produire des melons a destination de l'Europe fait de la croissance.

J'ai commis sur mon blog il ya quasi un an deux billets pour une approche de la décroissance.

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