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Ce soir, un cul-de-jatte passera la nuit dehors
Hanz, c'est ainsi qu'il dit s'appeler, comme il dit être mercenaire et avoir 76 ans. Hanz est amputé de ses deux jambes et, ça, on ne peut pas lui enlever. C'est d'ailleurs parce qu'il avait fait tomber sa couverture de son fauteuil roulant que je me suis approchée de lui. "Vous pouvez m'emmener de l'autre côté" m'a-t-il ensuite demandé, sa bouteille de rouge à la main.
Après avoir déposé mon vélo, j'ai débloqué les freins de son fauteuil pour l'installer devant la porte d'un magasin de pain d'épices alsaciens. Sous cette belle devanture rouge, Hanz se dit qu'il est à l'abri. S'en suit un jeu de devinettes avec des questions comme " Est-ce que vous connaissez, mademoiselle, la différence entre un légionnaire et un mercenaire ?" ou "Vous savez pourquoi je suis toujours en vie ?". Ce sans-abri est loin d'être insensé, malgré tout l'alcool qu'il paraît avoir absorbé aujourd'hui. Son discours, même confus, est intelligent.
Plus de place d'hébergement disponible
Il tire sa couverture pour ce protéger du froid. Il fait aux alentours de 7-8 degrés, pas encore la douceur d'une nuit d'été. Hanz me donne son accord pour appeler le 115, en me prévenant qu'ils ne feront rien pour lui. La personne de l'autre côté du fil lui donne raison " il n'y a plus de place d'hébergement disponible à cette heure-ci. Il faut nous téléphoner plus tôt." Il est 1 heure du matin.
Hanz me conseille de joindre les urgences. "J'ai mal aux moignons" me suggère-t-il. Une dizaine de minutes plus tard, trois pompiers débarquent. Pour eux, Hanz est Antoine. "On le connaît bien" dit l'un d'entre eux. "Avec la fin de l'hiver, il n'y a plus d'hébergement d'urgence. On commence à en revoir de plus en plus à la rue la nuit". Les trois hommes le savent - moi, je le découvre - personne ne peut rien faire pour lui. Hanz devra se contenter de sa couverture et de sa devanture pour cette nuit et les suivantes aussi.
L'hiver est fini, les SDF peuvent commencer à mourir dans les rues.


Tous les commentaires
L'hiver est fini, les SDF peuvent commencer à mourir dans les rues.
Tiens donc ! et où sont passées les promesses de l'autre rigolo à la tête de l'état ??
Monde de m...
Et, pendant ce temps, TAPIE, l'affairiste-truqueur de match de foot, "planque" les 220 MILLIONS D'EUROS - indûment donnés par SARKOZY -, en Suisse et à Monaco, via la Société Générale (cf. l'hebdomadaire CHARLIE HEBDO).
Partage total ...
Oui mais, Hantz Antoine, c'est quoi sa religion, hein ?... Parce que ça !!! ca intéresse nos politicards ! "ça", évite de parler des vrais problèmes !
Politicards (de tous bords, car aucun ne parle de la misère ! ils ne la voient pas !) de m... !!!
en lisant l'article d'Alison Tassin je me dis qu'aprés etre resté pres du sdf et d'avoir essayer de trouver une solution qui s'est revélée sterile peut etre Alison aurait pu l'heberger pour une nuit
est ce si difficile?
tout les gens en difficulté ne s'incrustent pas forcement. Certains apprecient l'ephemere soutien que l'on peut leur apporter autre que cet appel au 115 qui dedouanent beaucoup d'entre nous
Habitant à 10 minutes de là où j'ai trouvé cet homme et qui plus est au 2 ème étage, je ne vois pas comment j'aurais pu le faire monter chez moi dans son fauteuil roulant....
C'est facile à dire à faire c'est plus long mais il faut télécharger le formulaire DALO et ensuite remplir la partie DAHO s'il na pas de réponse alors il faut attaquer le prefet.
Tout à fait d'accord avec annie, la misère n'intéresse pas nos politiques, ces gens là d'ailleurs ne votent pas donc.....ne leur rapportent rien. Oui il y a peut-être possibilité juridique comme le dit yves mars certains ont eu ainsi gain de cause pour obtenir une place pour un enfant handicapé, cela a d'ailleurs fait trace et mis la pression dans ce secteur là.
@elisa ...
L'autr', l'est comme les autr's, c'est un politique, et comme dit un autr' politique à son endroit, à son propos, c'est un politique qui aime plus la politique que la france, y sait çui-là de quoi il cause, un sacré politique aussi, les politiques c'est comme la purée de têtards qui avait obstrué les pompes et les circuits de refroidissement d'une centrale nucléaire en france, et que ça a failli mal tourner...on a une telle purée de têtards de politiques dans les rouages de la chose publique que la machine, ça fait un moment qu'elle est pas mal enrayée...
En attendant, et pour quel avenir, les escouades de nettoyeurs, qui se profilent à l'horizon de quelque cauchemar bien prévisible...comme, par exemple:
" l’emploi de la « bombe atomique », cette invention de la dernière heure, condamnation à mort de l’humanité, bombe que j’ai par ailleurs prévue et décrite, pages 161 et 162 de Moravagine "
écrivait ce autre grand voyageur, légionnaire, amputé de la main, écrivain et poète, et quel poète,
La main coupée de Blaise Cendrars... Extrait :
« Je m’empresse de dire que la guerre ça n’est pas beau et que, surtout ce qu’on en voit quand on y est mêlé comme exécutant, un homme perdu dans le rang, un matricule parmi des millions d’autres, est par trop bête et ne semble obéir à aucun plan d’ensemble mais au hasard. A la formule marche ou crève on peut ajouter cet autre axiome : va comme je te pousse ! Et c’est bien ça, on va, on pousse, on tombe, on crève, on se relève, on marche et on recommence."
La vie de Hanz, on va, on tombe, on marche, on recommence, la vie de combien de Hanz, de Hanzs au pluriel, combien ainsi de prénoms substantivés dans leur minéralité de malheur. A tout prénom, son substantif privilégié, Hanz, adjectivé, adjectif de la pauvreté, mais davantage que de la pauvreté, bien de l'incurie crasse de ces écuries où le palefrenier légitimé vitupère, profère, et insulte dans un désordre éclectique d' ordres et contre-ordres incessants et insensés, Hanz à cet égard est l'incurie palefrenière substantivée, adjectivée, subjectivée.
Et cette dialectique charnelle conduit très loin, dans un royaume près de la mer, dans la plus verte des vallées, sur les rives du Gange, près des eaux anonymes, avec les disparus, dans la patrie de la nuit. Ces dormeurs du val en les faubourgs de nos cités ne nous réveillent plus, ou si seulement en rêve, nous nous confondions avec eux .
le palefrenier est un monstre dans la nuit, une méduse qui rit.
Un rictus, la mort.
Ô mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l'ancre ! *
* Charles P. Baudelaire, les fleurs du Mal, La mort
Prions pour que disparaisse la "connerie"...c'est un des rares domaines (la prière) ou nos droits sont "égalitaires"....même si le résultat n'est pas là ou on le souhaiterai....Mais en matière de lutte...surtout contre la "connerie"...il faut un début.
En tout cas, ce qui est sympa, c'est d'avoir essayé, d'avoir pensé à Hans Antoine et de lui avoir dédié du temps et ces quelques mots, c'est un début génial.
Je tiens à vous informer que j'ai été contactée par l'Amicale des Anciens de la légion étrangère qui se propose d'aider Hanz. Ils pourront peut-être faire quelque chose s'il dit vrai.
bravo ,merci pour lui
Et s'il dit pas vrai, que fera l'Amicale des Anciens de la légion étrangère? Elle le refoutra dehors?
Bravo pour ce résultat, Alison.
Oui bravo Alison ! Et ne te laisse pas culpabiliser (cf Nicot), tu as fait ce qu'il fallait, Tout sauf l'indifférence !
Cordialement.