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Nov

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Pourquoi la conversation l'emportera

Comme la radio est devenue, pour des raisons pratiques, le média privilégié de la circulation automobile, les journaux papier sont de plus en plus des objets de consommation ponctuelle, dans des situations de déconnexion, particulièrement les transports en commun. Alors que les kiosques à journaux périclitent, les gares ou les aéroports comptent parmi les derniers endroits où le commerce de l'information reste vivace.

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Pourtant, l'autre jour, en rentrant de voyage, je suis ressorti les mains vides de la librairie, malgré la perspective d'un long trajet en RER. Ce n'est pas la première fois que la ribambelle des Unes échoue à éveiller mon désir. Si cette offre ne me tente pas, c'est parce que mes propres outils de sélection des sources m'éloignent des récits médiatiques les plus courants, qui perdent de leur pertinence à mes yeux.

J'ai donc passé mon trajet à lire et à commenter mes flux Facebook et Twitter. Une activité moins confortable que la lecture d'un magazine, compte tenu de l'étroitesse de l'écran de mon smartphone et d'une connexion 3G parfois fluctuante, mais néanmoins plus satisfaisante que la consommation d'un support d'information non interactif.

La raison de cette désaffection n'est pas évidente pour tout le monde. Selon Bernard Guetta, prix Albert-Londres et éditorialiste vedette à France-Inter, «la crise de la presse occidentale est avant tout celle des grands courants de pensée européens et américains (…), la conséquence de la panne d’idées occidentale».

Si l'expert en géopolitique lisait un peu moins ses organes favoris, et un peu plus internet, il serait étonné de la diversité et de la richesse de pensée qui s'y exprime, très loin de la "panne d'idées". On pourrait plus opportunément pointer la frilosité et le conformisme du filtre médiatique, que ses contraintes économiques poussent vers un lectorat de plus en plus âgé et nanti.

Construits par le jeu des affinités et par tests d'essai/erreur, les bouquets informationnels des réseaux sociaux proposent par définition un ciblage plus fin et plus adapté que n'importe quel média de masse. Mais ce n'est pas la seule raison qui les impose comme l'alternative définitive à la consommation de la presse.

Le spectacle de l'actualité ne nous est pas offert pour notre seul divertissement. Ce qui fonde la légitimité de la presse est de porter à notre connaissance des informations qui nous sont utiles pour diriger notre vie. A la différence d'un loisir que l'on peut consommer passivement, elles sollicitent donc notre jugement et sont supposées faire l'objet d'une appropriation voire d'une réutilisation.

Au temps du petit noir sur le zinc, on se saisissait des infos pour les disséquer entre amis. La conversation est un espace de formation du jugement par la confrontation des avis. Nous y recourons pour tester et améliorer nos évaluations, pour apprendre ou pour faire étalage de notre savoir, pour négocier notre place dans le groupe.

Dans la descendance du web interactif, les réseaux sociaux, et tout particulièrement Facebook, se sont construits non seulement comme des espaces propices à la discussion, mais comme des machines à entretenir et à récompenser la conversation. En favorisant l'une des compétences les plus fondamentales de la vie en société, ils sont devenus des outils irremplaçables de la médiasphère.

Dès lors qu'elle s'applique à l'actualité, la possibilité de discuter une information est évidemment préférable à sa seule consultation. Information + conversation forment l'équation magique des réseaux sociaux, qu'aucun média papier ne peut concurrencer.

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Suffit-il d'ouvrir un article aux commentaires pour bénéficier de cette puissance? Il faut entrer plus avant dans la dynamique conversationnelle pour comprendre que l'interaction n'est pas qu'un problème de dispositif technique, mais un changement d'énonciation.

A la différence d'un article clos sur lui-même, la dynamique conversationnelle suppose de faire une place à l'autre. Si les commentaires sur les sites de presse sont si souvent vindicatifs, c'est parce que la technologie interactive est appliquée de force à des énoncés qui n'ont pas intégré les paramètres de cette nouvelle logique – celle de l'échange entre pairs ou du choix d'un objet partageable (exemple typique d'objet non partageable: le privilège critique qui permet de parler d'un film avant sa sortie).

Pourquoi préfère-t-on discuter d'un sujet d'actualité sur son réseau social plutôt que sur un site de presse? Si la possibilité de la conversation est toujours préférable à son absence, l'énonciation s'adapte aux conditions du dialogue. L'entre-soi et la maîtrise des conditions de l'échange favorisent la formation du jugement. Un nombre excessif de participants contrarie la confrontation des avis et encourage une énonciation purement déclarative. De nombreux scandales médiatiques déclenchés par un tweet ou un commentaire intempestif proviennent de l'inadaptation d'énoncés localisés soumis à une exposition imprévue.

En réponse à un billet consacré à la pratique du blogging dans un contexte académique, un collègue me répond en critiquant le principe de la publication prématurée de résultats non soumis au processus classique de validation scientifique.

Pourtant, là aussi, le bénéfice de la conversation est mesurable. C'est cette contrainte qui, en modifiant les conditions mêmes de l'échange, contribue à enrichir mes approches et mes questionnements. Piocher parmi les sujets anecdotiques ou les controverses d'actualité est une manière de prendre mes distances avec mon autorité académique et de donner prise au commentaire. En toute logique, c'est en m'écartant des terrains qui me sont familiers que je suis susceptible d'apprendre des choses nouvelles. Après huit années de pratique régulière du blogging, il m'apparaît qu'aucun de ces excursus n'a été infructueux. Au contraire, ce sont ces pas de côté, ces confrontations et leur lot d'enseignements inattendus qui ont le plus apporté à ma recherche.

Je n'affirmerai pas qu'en ligne, comme dans la vie, aucune conversation n'est stérile ou vaine. Mais je suis persuadé que la contrainte conversationnelle compte, pour les chercheurs, parmi les plus puissants outils du renouvellement de l'analyse.

Elle représente dès maintenant l'une des principales attentes du public, et tout porte à croire que cette exigence continuera de progresser. Plus tôt que d'autres médias, la télévision a compris qu'elle pouvait tirer parti de la "télé sociale", autrement dit la dynamique conversationnelle qui accompagne désormais les émissions d'actualité ou de débat. Cette leçon est encore loin d'être acquise: dans le cas fameux de la page de soutien au bijoutier de Nice, on a compté les like (1,6 millions), mais pas les mentions, qui dépassaient largement ce total, pour atteindre 2,8 millions…

Que ce soit dans les sciences, les arts ou le journalisme, nous avons tout intérêt à comprendre ce que signifie cette nouvelle donne. Pour ceux qui sauront y répondre, la proximité issue de l'échange ne sera pas un facteur d'affaiblissement, mais au contraire la source d'une nouvelle crédibilité. En cette période de crise des élites, c'est une perspective qu'on ne traitera pas à la légère.

Billet initialement publié sur l'Atelier des icônes.

Tous les commentaires

26/10/2013, 13:43 | Par alabergerie

IMHO, voici le plus intelligent billet lu par ici depuis des lustres. Et nous savons tous pourtant que l'espace Mediapart ne rassemble pas tout à fait des buses. Je le fais lire et partager.

28/10/2013, 11:47 | Par Grain de Sel HV en réponse au commentaire de alabergerie le 26/10/2013 à 13:43

Idem ↑

26/10/2013, 14:30 | Par gérard jacquemin

Un bel exemple de dynamique conversationnelle: Le co-voiturage, occasion unique de converser à batons rompus pendant des centaines de kilomètres. Pour l'avoir expérimenté récemment, les covoiturés et le covoitureur ne se connaissent pas avant le voyage, des liens se tissent, la conversation file au gré des kilomètres d'autoroutes. Certains ne s'y sont pas trompés, une bourse d'échange de covoiturage sur le net s'appelle même "blabla 'car". Les jeunes d'aujourd'hui (les petites poucettes comme les appelle Michel Serres) ont très vite compris cet art de voyager pas cher (moins cher qu'un billet de train) et de faire des rencontres.

26/10/2013, 18:24 | Par André Gunthert en réponse au commentaire de Edwy Plenel le 26/10/2013 à 15:46

Merci pour cet encouragement qui est encore une illustration de mes propos! Croiser dans les commentaires du billet le directeur de cette publication et pouvoir échanger à armes – presque – égales avec lui est un privilège typique des effets de déhiérarchisation favorisés par la conversation…

26/10/2013, 18:41 | Par poppie en réponse au commentaire de André Gunthert le 26/10/2013 à 18:24

Effectivement, c'est la grande force d'un journal participatif de permettre à tous d'échanger, en s'affranchissant des formes conventionnelles.  Plus de barrières sociales à ce niveau, c'est la mise en application du principe "une idée, une voix".  Qui réserve d'ailleurs de jolies surprises, ce dont je remercie ici Médiapart.

J'estime pour ma part que cete formule est complémentaire de la lecture sur support papier.

27/10/2013, 09:40 | Par Claude Anonymous en réponse au commentaire de André Gunthert le 26/10/2013 à 18:24

Après un commentaire de Jean-Luc Mélenchon, un de Edwy Plenel. Lucky guy !

Pour faire la liaison entre les deux, je me permets de signaler l'intervention de Edwy Plenel aux Jeudis du Parti de Gauche : Révolution Numérique Révolution Démocratique

27/10/2013, 22:26 | Par Mohamed SANGARE en réponse au commentaire de André Gunthert le 26/10/2013 à 18:24

J'aime à lire les billets dans lesquels, l'auteur a un vrai désir de partage. Une envie sincère de ... converser, sans assener le lecteur de références et de formules expressément ciselées pour étaler la « confiture »...J'ai, donc aimé votre billet. Merci!

N.B D'apparence "polémique" ce commentaire n'en est pas.

Lorsque vous écrivez M. Gunthert:

Croiser dans les commentaires du billet le directeur de cette publication et pouvoir échanger à armes – presque – égales avec lui est un privilège typique des effets de dé- hiérarchisation favorisés par la conversation…

C'est malheureusement ... un "accident": car si vous avez eu l'heur d'avoir éveillé l'intérêt du Directeur (pardon M.Plenel Embarrassé) pour ce billet ce n'est malheureusement pas le cas pour nombre de billets qui auraient (pu ou dû) susciter de sa part ou à défaut celle des hiérarques du site un intérêt...notamment sur des sujets concernant son propre fonctionnement...

  • Grogne au sujet du bouton "Déconseiller",
  • exclusion d'abonnés sans explication que pour non-respect de la Charte,
  • déréférencement de blogs toujours sans autre motif que le non-respect de la Charte,
  • Dé-publication de commentaires par ... la Rédaction…

"Opposer" le papier au numérique avec comme arguments principaux l'horizontalité et l'interactivité des échanges est pour l'heure ... « prématurée »

La conversation « égal à égal » est d'apparence.

Puisque nous sommes dans l'étude (scientifique)... Prenons comme sujet notre site (favori) Mediapart : 

A propos de l'horizontalité

Je constate à mon niveau, une reproduction de la verticalité dans la relation entre les administrateurs/responsables éditoriaux du site et les visiteurs/abonnés/commentateurs.

Pour preuve je vous invite à mettre face à face les deux pans du site: le journal et le club.

Les topologies des espaces d'expression (hum à force de fréquenter Médiapart je vais finir sociologue...) sont complètement dissemblables. D'un côté (le journal) vous avez un espace ouvert permettant une mise page lisible, un sommaire etc... et de l'autre vous avez le blog, page unidirectionnelle avec tous les commentaires en file indienne... cette dissymétrie conçue (pensée?) crée un déséquilibre de type acheteur/fournisseur... (Comme dans les centrales d'achats où le fournisseur est assis sur une chaise plus basse que l'acheteur afin de le maintenir dans une situation d'infériorité…). Un billet de blog aussi documenté ou travaillé qu’il soit ne peut bénéficier d’une mise en page poussée qui en permettrait une meilleure compréhension.

Mais dans l’esprit de (presque) tous c’est … « normal » après tout ce n’est qu’un billet…et  gratuit de surcroît :o)

Les critères de mise en avant des billets échappent complètement à la « communauté » des blogueurs… En dehors des critères « mécaniques » (les plus commentés, recommandés etc…) le choix de la Une est sous contrôle « hiérarchique »

L’interactivité

Dans ce domaine il est indéniable que le journal imprimé ne peut rivaliser avec le site en ligne… (Remarquez que j’évite à dessein la terminologie  de « journal en ligne » mais ce serait long trop à caser dans cette conversation…).

Mais cette « inter-activité » n’est pas aussi poussée qu’elle pourrait l’être car je constate malheureusement trop souvent l’absence de réponse à des questions (souvent) pertinentes des lecteurs de la part des professionnels ayant commis des articles. Une fois posté l’article, les murs de commentaires sont remplis (pas toujours…) par des discussions entre lecteurs…S’il y avait « inter-activité », les auteurs serviraient d’éclaireurs et … pacificateurs (le mot modération est sujet à confusion).

Les fils des conversations peuvent être altérés par l’intervention de la … Rédaction sans le consentement de l’auteur…

Conclusion

Pour finir, permettez-moi de faire mienne votre conclusion

c'est une perspective qu'on ne traitera pas à la légère....

Mais est-ce que « On » a compris?

Désolé d’avoir été si long, mais votre billet le « méritait ».

Bien à vous.

28/10/2013, 13:27 | Par Mohamed SANGARE en réponse au commentaire de Mohamed SANGARE le 27/10/2013 à 22:26

Acceptez, M.Gunthert cette petite "dérivation" du flux des conversations de votre billet, mais je souhaiterais avec votre permission, porter à la connaissance de vos interlocuteurs qu'une petite partie de cette conversation a aussi lieu ici:

Avant que la conversation ne l'emporte - réponse à M.ANDRÉ GUNTHERTPardon pour cette apparente réclame qui n'en est pas une.

Bien à vous

26/10/2013, 18:37 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Edwy Plenel le 26/10/2013 à 15:46

les limites définitives de l'objet papier pour la presse à l'heure de l'information participative: trop clos, trop fermé, trop replié sur lui-même.

Il me semble que c'est là une conclusion qui vous est propre et qui n'est pas celle d'André Guntert ! D'autant qu'on peut faire des média papiers "d'information participative" Aprés, il y a des "presses" différentes : de l'actualité, de l'analyse, du décryptage, etc. Effectivement, toutes sont percutées par l'apparition des réseaux électronique informationnels. Mais pas tous de la même façon, et il reste encore, il me semble, du champ pour une presse papier "de qualité". D'ailleurs, si il est vrai que les quotidiens sont tous a la peine, il y a un énorme foisonnement de revues papiers toutes trés intéressantes... 

Il me semble qu'il y a un défaut assez récurant dans vos prises de positions, c'est de penser que "le neuf chasse le vieux". Or ça me semble un peu plus compliqué : vrai en partie, mais obligeant également a des redéfinitions et à l'investissement de nouveaux terrains.

Si on prend par exemple la question de la presse "militante", certains ont une vision du "papier" comme irrémédiablement ringard et condamné. Mais autant je suis d'accord pour la presse (je pense par exemple que mes camarades du npa devraient abandonner totalement la presse papier pour leur hebdo et leur revue, et refonder un site bien plus participatif qu'il ne l'est), je ne suis pas du tout d'accord pour supprimer "les tracts" (qui est pour moi une modalité du travail militant). Car le but du tract est surtout d'avoir une discussion "en réel" avec un individu "présent" physiquement (ce qu'on ne peut pas avoir avec un site web, si bien fait soit il)

27/10/2013, 11:24 | Par Edwy Plenel en réponse au commentaire de Marc Tertre le 26/10/2013 à 18:37

Cher Marc Tertre, j'aurais sans doute dû préciser pour la presse quotidienne. Et préciser aussi que je ne parlais pas de toutes les presses (et notamment pas des presses militantes ou spécialisées) mais de celle qu'entend explicitement réinventer Mediapart: la presse nationale d'information politique et générale, celle qui, en France, correspond essentiellement à trois quotidiens (Le Figaro, Le Monde, Libération) et à quatre hebdomadaires (L'Express, Le Point, Le Nouvel Observateur, Marianne).

Je n'ai jamais cru que "le neuf chasse le vieux" comme vous me le prêtez: aucun média n'a tué le précédent; Mediapart peut s'imprimer comme un journal quotidien (c'est ici); nous publions des livres imprimés, notamment chez Don Quichotte (les deux derniers ici et ); et la lecture linéaire avec un début et une fin existe depuis les manuscrits sur papyrus et survivra donc à l'interactivité de la lecture numérique. Ce que Mediapart illustre et valide, à la manière des expériences d'un laboratoire de recherche, n'est donc pas l'illusion béâte des bienfaits du numérique (aucune technique n'est libératrice en soi, tout dépend des usages sociaux qui s'en emparent) mais les nouveaux horizons démocratiques d'une alliance entre le meilleur de la tradition défendu, illustré et enrichi par les potentialités de la révolution numérique. Journalistes venus de la presse imprimée, nous découvrons une pratique professionnelle plus approfondie, plus riche, mieux justifiée, mieux légitimée, plus durable, plus discutée, créant plus de confiance, plus d'écho, d'impact et d'appropriation, donc obtenant plus d'effet grâce à la fois à l'horizontalité instantanée de la diffusion numérique et à la production partagée de contenus associant professionnels et amateurs de l'information, bref obligeant les journalistes que nous sommes à descendre de l'estrade et à accepter un espace public où tout citoyen a potentiellement son mot à dire, sans privilège de naissance, de fortune, d'origine, de diplôme, etc.

Je ne l'aurais sans doute pas affirmé au début de l'aventure de Mediapart mais, aujourd'hui, l'expérience comparée de notre aventure et de la crise de la presse classique, qui va continuer à s'approfondir, m'amènent à penser que, pour la presse quotidienne imprimée (celle qui est au cœur de l'agenda démocratique, lequel se joue chaque jour et non pas par semaine, mois ou trimestre – ce qui rend d'autant plus nécessaire le pluralisme de cette presse "journalière"), l'équation va devenir insoluble. D'un point de vue aussi bien économique qu'éditorial. Sans revenir plus avant sur le premier, c'est ce dernier aspect que j'ai voulu souligner à propos, je le précise de nouveau grâce à vous, de la presse quotidienne et, sans doute aussi, hebdomadaire généraliste.

Pour prolonger, ci-dessous ma récente conférence à l'invitation du Parti de gauche sur "Révolution numérique, Révolution démocratique":

Conférence aux Jeudis du PG, le 10 octobre 2013

27/10/2013, 14:23 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Edwy Plenel le 27/10/2013 à 11:24

Sur la presse quotidienne d'information généraliste, je pense effectivement que vous avez raison : elle est, sinon condamnée, du moins appelée a une trés profonde mutation dont elle semble pour l'instant incapable, ce qui ouvre l'ére des dangers.

Ce qui manque, c'est une comparaison internationale (les crises de la presse en france ont des cotés spécifiques et des cotés systémiques) : que se passe t il au japon, aux usa, en allemagne, en GB, etc.  ?

Sinon, je vous remercie de vos précisions, qui illustent ce qui est au coeur me semble t il du projet de médiapart, la contribution située d' " un espace public où tout citoyen a potentiellement son mot à dire, sans privilège de naissance, de fortune, d'origine, de diplôme, etc.". Mais l'autre aspect qui me semble potentielemement intéressant c'est l'aspect "laboratoire de recherche" du projet. Avec une nuance qui me semble assez peu présente dans la gestion quotidienne de médiapart, c'est qu'un "laboratoire de recherche" est forcément confronté aux accidents et aux incidents, aux erreurs et aux fausses pistes (sinon, ce n'est pas "de la recherche" que l'on fait) En particulier sur la question de "la technique", décisive pour un projet comme celui de ce journal. Il est vrai que c'est difficile en fonction du "climat tendu" envers  le journal, avec noms d'oiseaux venu de la gauche ou de la droite, mais il y aurait intéret il me semble a accorder plus d'importance à un secteur décisif (mais malheureusement sous estimé par beaucoup de ceux (et celles) qui n'ont pas "la fibre technique")  

27/10/2013, 21:29 | Par Bichette en réponse au commentaire de Edwy Plenel le 27/10/2013 à 11:24

Votre exposé est inaudible.

C'est sans doute à cause de cette révolution Sourire...

28/10/2013, 09:31 | Par Edwy Plenel en réponse au commentaire de Bichette le 27/10/2013 à 21:29

Curieux, je viens de vérifier, sous plusieurs configurations, et ça marche, son compris.

28/10/2013, 21:56 | Par Bichette en réponse au commentaire de Edwy Plenel le 28/10/2013 à 09:31

Merci, c'est gentil de l'avoir fait...

Le problème doit être ailleurs alors car il ne vient pas de chez moi (j'ai vérifié).

28/10/2013, 12:36 | Par Guy Belloy en réponse au commentaire de Edwy Plenel le 26/10/2013 à 15:46

"à l'heure de l'information participative: trop clos, trop fermé, trop replié sur lui-même"  Merci Edwy Plenel. Mais cette information participative doit être encouragée, les auteurs de billets devant connaître leur audience. 

http://blogs.mediapart.fr/blog/guy-belloy/251013/suite-l-etonnement-de-certains-bloggeurs-sur-la-disparition-de-leurs-recommandes-facebook-mediapart

 

 

26/10/2013, 16:26 | Par lucas bruxo

"... où le commerce de l'information reste vivace."

D'accord pour le commerce, pour ce qui est de l'information, vous êtes un grand optimiste !

26/10/2013, 16:59 | Par NathaliRe

Bonjour, il y a un joli clin d'oeil à la jeunesse dans votre billet et dans ces commentaires.

"A la différence d'un article clos sur lui-même, la dynamique suppose de faire une place à l'autre" Merci de rappeler cette règle élémentaire et j'ajoute "on n'est pas obligé de tous s'aimer mais on se doit de tous se respecter". et puisque la place est paisible, Monsieur Prévert se pose.

CONVERSATION

Le porte-monnaie:

   Je suis d'une incontestable utilité c'est un fait

Le porte-parapluie:

   D'accord mais tout de même il faut bien reconnaître

   Que si je n'existais pas il faudrait m'inventer

Le porte-drapeau:

   Moi je me passe de commentaires

   Je suis modeste et je me tais

   D'ailleurs je n'ai pas le droit de parler

Le porte-bonheur:

   Moi je porte bonheur parce que c'est mon métier

Les trois autres (hochant la tête):

   Jolie mentalité!

"En toute logique, c'est en m'écartant des terrains qui me sont familiers que je suis suceptible d'apprendre des choses nouvelles". oui oui bien sûr, là où est la volonté est le chemin....

26/10/2013, 19:41 | Par André Gunthert en réponse au commentaire de NathaliRe le 26/10/2013 à 16:59

Pas de vraie conversation sans son mauvais coucheur! Merci d'apporter une touche d'équilibre à ces commentaires… ;)

J'aimerais être aussi libre qu'un poète… Malheureusement, mon contexte est différent. S'écarter des chemins familiers n'est pas exactement une démarche recommandée dans l'univers académique, où l'on préfère de beaucoup la sécurité qu'apporte la spécialisation.

26/10/2013, 22:27 | Par NathaliRe en réponse au commentaire de André Gunthert le 26/10/2013 à 19:41

Bonsoir, des personnes très bien citent de grands poètes sans pour autant se perdre dans l'univers académiqueClin d'œil savez vous? Hubert Reeves en est coutumier: Le titre de son dernier ouvrage est d'ailleurs un vers du poète allemand Friedrich Hôlderlin. "Là où croit le péril...croit aussi ce qui sauve".

Vous parlez de la sécurité qu"apporte la spécialisation. N'avez vous pas besoin de sources d'inspiration multiples et audacieuses pour vos recherches? Vos conversations sont elles toujours tournées vers les interlocuteurs idoines? C'est une voie je la comprends. Bien à vous.

27/10/2013, 00:02 | Par André Gunthert en réponse au commentaire de NathaliRe le 26/10/2013 à 22:27

Une remarque tout de même: pour commenter, c'est souvent mieux de lire le billet… Clin d'œil

27/10/2013, 06:36 | Par NathaliRe en réponse au commentaire de André Gunthert le 27/10/2013 à 00:02

Bonjour, Une remarque à votre remarque: Il me semble que vous pensez que je n'ai pas lu votre billet. Je me permets donc de vous renvoyer à mon premier commentaire ainsi qu'à la réponse que vous apportez. Aussi, grâce à cet espace ouvert à la conversation écrite, j'ajoute que j'ai également lu et approuvé le commentaire de M.Tertre ainsi que votre réponse (je pense qu'il s'agit de P. Schaffer). Merci pour le thème de votre billet. Cordialement.

26/10/2013, 21:35 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de André Gunthert le 26/10/2013 à 19:41

S'écarter des chemins familiers n'est pas exactement une démarche recommandée dans l'univers académique, où l'on préfère de beaucoup la sécurité qu'apporte la spécialisation.

Il me semble que les deux catégories que vous mettez en opposition ne le sont pas autant que ça : la "spécialisation" est une nécessité dans votre domaine de recherche si on ne veut pas en rester aux généralité creuses... Aprés, reste aussi a avoir une approche dynamique qui permette de faire la synthése... Mais quand aux danger de "s'écarter des chemins familiers", c'est tout a fait exact et assez généralisable en dehors de l'univers académique...  (sans parler de "spécialisation") J'ai personnellement la plus grande admiration pour Pierre Schlaffer, esprit libre et perçant. Mais son oeuvre m'aurait été totalement ignorée si je n'avais pas eu la chance d'étre l'éléve de Jacques Perriault qui le tenait en grande estime et me l'a fait connaitre.

27/10/2013, 00:01 | Par André Gunthert en réponse au commentaire de Marc Tertre le 26/10/2013 à 21:35

Les sciences modernes sont tout simplement beaucoup trop complexes pour être abordées en dehors d'une spécialisation, qui n'est pas une mauvaise chose en soi, mais une bonne protection contre les risques d'erreur. Les chercheurs sont entraînés à être ultra-compétents dans un domaine, c'est par exemple le principe qui gouverne la thèse de doctorat. Il n'est pas toujours facile de revenir ensuite à une appréhension plus générale, cela demande beaucoup d'efforts. La science est aussi une activité sociale où l'on dépend beaucoup des autres membres de sa communauté, et où la vulgarisation ou les écarts par rapport au domaine de spécialité sont rarement bien vus – on perd généralement en légitimité ce qu'on gagne en liberté.

27/10/2013, 08:03 | Par Pourlavenir en réponse au commentaire de André Gunthert le 27/10/2013 à 00:01

Le devoir de vulgarisation d'un scientifique est tout aussi important que ces qualités scientifiques. Elle permet l'appropriation des progrès scientifiques et la possibilités de les contrôler par l'ensemblée de la société. Pour éviter que "science sans conscience n'est que ruine de l'àme".

27/10/2013, 09:46 | Par André Gunthert en réponse au commentaire de Pourlavenir le 27/10/2013 à 08:03

Sans conteste, sur le principe. Mais on peut observer que la vulgarisation est un facteur qui n'est pas pris en compte dans l'évolution des carrières, essentiellement appuyée sur les publications validées par les pairs. Dans la réalité sociale de la pratique scientifique, un chercheur un peu trop prompt à intervenir dans la presse ou sur un plateau de télévision subit un discrédit rituel. Quant au blogging, il garantit un mépris appuyé des mandarins. En l'état actuel des choses, il faut une certaine indépendance d'esprit - ou un domaine particulièrement exotique - pour s'aventurer sur les voies de la publication électronique…

27/10/2013, 09:56 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de André Gunthert le 27/10/2013 à 00:01

La spécialisation est effectivement une nécessité. Si je prend la question "d'ordre général" "Comment les sciences communiquent elles" dans le cadre des sciences de l'information et de la communication, je me trouve face à une montagne. Il est évident que pour traiter la question de façon intéressante, et faire avancer la connaissance du sujet, il faut que je précise mon objet, et trouve un contenu à analyser. Dans les diverses façons qu'a la science de communiquer (souvent, on ne prend que la "vulgarisation" comme moyen légitime) supposons que j'interroge les fictions qui prennent en compte la science (et pas la science fiction) Ca réduit le territoire à investiguer... Et la dedans les séries ou la science intervient (par exemple, je pourrait avoir l'idée d'analyser la façon dont les séries parlent des sciences via CSI -"les experts") Mais "les experts" ont un contenu énorme (il y a plusieurs centaines d'heures à analyser, c'est énorme comme boulot) dont il faut trouver un point bien particulier a analyser (par exemple comment la série "d'origine" (CSI Vegas) présente une "ethique de la science" dans la premiére saison qui refléte les débats sociétaux sur la science)

Mais est ce pour autant que j'ai un savoir qui concerne uniquement les séries télévisées parlant de science au début du XXI° siécle ? Je ne pense pas (ne serait ce que parce que pour etre compétent sur le sujet, il faut savoir "élever le regard", et cela me semble vrai quelque soit la discipline scientifique)

La situation me semble d'ailleurs trés différente dans les sciences "dures", plus particuliérement celles qui relévent de la "hard science" : l'ultra spécialisation me semble être largement plus présente pour ceux qui oeuvrent sur des projets nécessitant une infrastructure gigantesque. Voir les chercheurs qui ont mis en évidence des preuves d'existence du boson de Higgs, et qui ont signé le "papier" de la recherche à plusieurs centaines...

Un peu comme les jeux vidéos (contrairement au roman, qui peut être écrit par un seul auteur, les jeux vidéos nécessitent des dizaines voir des centaines d'intervenants)

Mais même si l'objet est de plus en plus "précis", il n'en reste pas moins que la hauteur de vue dont je parlais précédement est toujours aussi indispensable

26/10/2013, 16:50 | Par THIERRY de PONTCHARRA

La conversation comme l'enfer de la discussion finiront par trouver les voies d'un authentique dialogue...je peux en m´attachant a votre commentaire en percevoir quelques indices parfois proches mais encore lointains..

26/10/2013, 17:42 | Par Jean Bachèlerie

Magnifique analyse, la vie l'emportera toujours, quoi de plus vivant qu'une conversation!

26/10/2013, 21:01 | Par Quoique

On peut atteindre le zéro absolu (-273,15°) de la conversation sur internet en allant lire les commentaires ici :

http://larepubliquedeslivres.com/rhabillez-vous-cassandres/

Gens qui changent de pseudo plus souvent que de slip, gens qui parlent tous seuls, gens qui parlent patagon, gens qui parlent de tout sauf du sujet. Etc.

Si vous y allez, ne restez pas à portée d'une corde : vous pourriez vous pendre.

 

27/10/2013, 00:05 | Par André Gunthert en réponse au commentaire de Quoique le 26/10/2013 à 21:01

A 848 commentaires, on est en effet assez typiquement  dans ce que je décris comme "un nombre excessif de participants", qui "contrarie la confrontation des avis et encourage une énonciation purement déclarative." Il y a heureusement des formes moins cacophoniques de conversation: celles qu'on peut mener au sein de son cercle d'amis sur Facebook sont généralement plus brèves et plus conclusives…

27/10/2013, 03:09 | Par Quoique en réponse au commentaire de André Gunthert le 27/10/2013 à 00:05

Oh, ça peut partir en sucette dès le début...

27/10/2013, 10:13 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Quoique le 27/10/2013 à 03:09

Peut être parce que sur internet il y a la "discussion entre pairs" - typiquement, la discussion qu'on peut avoir avec ses contacts sur les réseaux sociaux, et quelque chose qui s'apparentrait plus à l'assemblée générale gauchiste de ma jeunesse - typiquement le forum a vocation politique. L'ethique de la discussion qui se fait jour dans les deux situations n'a pas grand chose à voir.

Cela dit, la discussion elle même a ses limites. Deleuze l'expliquait (dans "qu'est ce que c'est que la philosophie")

…Le philosophe a fort peu le goût de discuter. Tout philosophe s'enfuit quand il entend la phrase : on va discuter un peu. Les discussions sont bonnes pour les tables rondes - et j'ajoute donc aussi pour les cafés-philo - mais c'est sur une autre table que la philosophie jette ses dés chiffrés (…). La philosophie a horreur des discussions. Elle a toujours autre chose à faire. Le débat lui est insupportable, non parce qu'elle est trop sûre d'elle : au contraire, ce sont ses incertitudes qui l'entraînent dans d'autres voies plus solitaires

27/10/2013, 12:42 | Par André Gunthert en réponse au commentaire de Quoique le 27/10/2013 à 03:09

27/10/2013, 00:16 | Par jean-auguste

Cette conversation est un pur bonheur. Merci, je fais suivre!

27/10/2013, 08:15 | Par Pourlavenir

La pratique du blogging donne surtout aux anonymes, aux sans voix institutionnelle la possibilité de converser d'égal à égal avec d'autres anonymes comme avec des "paroles" autorisées parce que (re)connues.

27/10/2013, 11:46 | Par Bichette

Monsieur Gunthert, pourquoi ne pensez-vous pas à emporter un ou deux livres dans votre sac quand vous savez que vous avez un long trajet à faire en RER ? Il en sort de super intéressants en rapport avec l'actualité depuis un ou deux ans. Vous voulez que je vous propose une petite liste ? Converser avec son voisin ou sa voisine peut être aussi intéressant, rigolo ou surprenant... Enfin, personnellement, je préfère largement ça à Face de bouc.

Vous parlez aussi au passé des "conversations" près d'un petit noir. Bizarre... Par chez moi, en tout cas, elles n'ont pas disparu.

Vous mettez en valeur les bienfaits de la conversation sur les listes de commentaires/discussions suite à un article, comme ici, et sur les réseaux sociaux. Vous avez raison mais en partie seulement car rien ne remplacera jamais la conversation vivante entre personnes dans un espace-temps précis. Elle seule permet la prise en compte de toutes les fonctions du langage et l'adaptation en continu des interlocuteurs. Cela évite les énormes gourdes parfois d'incompréhension aux conséquences souvent nuisibles, voire catastrophiques qui sont faites sur ces fils ou sur ces réseaux sociaux (je pense, par exemple, à ce dauphin qui est mort à cause de petits imbéciles qui s'étaient amusés à faire des photos avec lui, sur une plage chinoise, puis à envoyer des messages avec leur portable; cf. l'article du journal "le nouvel Indigné" n°2, intitulé "Des carrières brisées, la nature abîmée - on dit merci Facebook").

 

 

27/10/2013, 11:48 | Par revelard

Très heureux d'un article de fond sur notre condition d'informé, ou d'ininformé, et par quel média.

L'évolution de la pagination des média presse et internet a suivi l'approche "télévisuelle" des magasines tv après la privatisation des canaux, ce qui nous fait penser que la forme a pris réllement le pas sur le contenu, pris comme prétexte, et j'aime votre gentillesse, pas comme légitimité.

Le plus important, à mes yeux, est que pour pouvoir converser, débattre, il faut avoir quelques "biscuits". Là, il est sûr qu'avec un peu de temps de recherche on trouve sur le net pléthore d'infos, mais, pour citer le Monde Diplo, il reste, même si on ne partage pas tous les points de vue qui s'y développent, un véritable outil d'info, un peu plus conséquent que les quotidiens, la publication Manière de Voir va avec.

Si pour moi, la notion d'objectivité est un leure, et la caution scientifique idem,  les rubriques point de vue des médias, sont toujours sources d'infos et apportent ces "biscuits", à partager avec toute rencontre.

27/10/2013, 15:43 | Par Domeniki

J'étais de votre avis, je ne le suis plus.

Les "conversations" ont beau être d'un bon niveau sur Mediapart (mais pas que), une grande lassitude s'installe à la longue, et au final, c'est avec bonheur que je replonge dans mes magazines (papier!) préférés ! En plus on en trouve de nouveaux et d'excellents !

Question d'approfondissement, articles longs et bien charpentés... art, histoire, sciences, littérature, philosophie... et cela sans "dénonciations continuelles", un vrai bain de fraîcheur !

28/10/2013, 11:48 | Par Mithra-Nomadeblues_ en réponse au commentaire de Domeniki le 27/10/2013 à 15:43

"sans "dénonciations continuelles", un vrai bain de fraîcheur !"

Chère Domeniki, j'aurai passé cinq années à dénoncer Mediapart dénonciateur...

Quant au dialogue, quand Mediapart le refuse avec ceux qui voudraient proposer autre chose, qu'en penser ?

Sourire

 

27/10/2013, 18:08 | Par Gilbert Pouillart

La conversation a souvent l'avantage d'être coupée de tout enjeu d'intérêt immédiat, et des organisations formelles. Elle est, souvent, plus riche qu'on ne le croit. Là-dessus, d'accord. Elle ne peut, bien sûr, remplacer le débat organisé, ni la lecture sérieuse mais elle peut y ajouter, ou y renvoyer.

28/10/2013, 22:06 | Par jamesinparis

Ce qui manque à Mediapart peut-être, c'est une Machine à Café virtuelle, un rubrique où le sujet, c'est justment les commentaires qu'on y met. Un zinc collaboratif... où on y met son tweet, limité en taille comme est un tweet... et où on a le droit de payer un café aux non-abonnés... Embarrassé Un fil qui s'efface au fur et à mesure qu'il avance, et où on ne garde que le meilleur pour son Best of de la semaine...

C'est juste une idée.

Un billet beau, juste, nécessaire...

 

28/10/2013, 20:34 | Par leo de lune

"
faire un pas de côté
une place à l'autre
horizontalité ---> universalité
"

Hé !   Et le plaisir ?

             de la conversation
             de la bienveillance
             du désir sans l'objet


Merci

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