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Duvert est mort. Vive Duvert.

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Tony Duvert a eu, ou aurait eu, cette année soixante-cinq ans. Les articles de presse qui ont diffusé la nouvelle de sa mort, apprise dans des conditions plus qu’étranges – une boîte à lettres débordante de courrier ayant fini par inquiéter ses voisins –, donnant comme unique précision que l’écrivain était mort depuis au moins un mois quand son corps fut découvert. Tony Duvert était né un 2 juillet 1945, date symbolique comme il se plaisait à le rappeler : « Étrange prédestination, signe du ciel ? L’alinéa de l’article 331 qui assimile à un crime l’amour des moins de quinze ans est du 2 juillet 1945. C’est ma date de naissance. Nul n'aurait pu venir au monde pédophile sous de meilleurs auspices. Cela vaut toute l’astrologie. » (L’Enfant au masculin, Minuit, 1980). Rappelant par une boutade ce legs durable de la législation vichyste dans la législation républicaine, la réintroduction du délit d’homosexualité en 1942, validé en 1945, et abrogé seulement en 1982 (merci Jack Lang), Duvert assumait sans complexe ce qui aujourd’hui apparaît comme la pire marque d’infamie : la pédophilie.

 

Tony Duvert a peut-être été pédophile – on est sur ce point obligé de le croire. Ce qui est certain est que Tony Duvert est le seul écrivain de langue française qui, bien davantage que Gide, avec son Et nunc manet in te post-Nobel qui rendait fou Mauriac, ou le lolatilisable Matzneff, ait osé faire de la pédophilie le sujet d’une œuvre littéraire. En des temps moins obsédés par la recherche du « misérable petits tas de secrets », c’est la trace littéraire, non la biographie de l’auteur, qui devrait retenir et attirer l’attention sur une œuvre qui est une radicale entreprise de subversion morale certes, mais avant tout politique.


« Avez-vous été scout, Pierre ? Alors, en tout cas vous avez sûrement lu les romans de la collection “Signes de piste” […]. Cela fait quarante ans que garçons et filles au bord de la puberté rêvent de ces ancêtres du “Club des cinq“ que sont le Bracelet de vermeil et Prince Éric. Rêve innocent ? Cela est moins sûr. Il y a quelques années, la revue [Recherches] a démontré très finement que les amitiés transies du bel Éric n’étaient qu’un tissu et une mine de fantasmes homosexuels […]. Moi qui ai un peu connu ces gens […] je peux vous dire qu’en effet, le scoutisme mielleux dont sont sorties ces images étaient à l’homosexualité ce que furent à Vichy ses écoles de cadres… Si on en doutait, un auteur de cette tendance mais affiché, lui, le prouve avec fracas depuis quelques livres. Il s’agit de Tony Duvert aux Éditions de Minuit. Profondément, Duvert est un pur produit de “Signes de piste“. Il en a l’innocence perverse, mais non l’hypocrisie. Cela donne la littérature la plus sauvagement érotique qu’on puisse lire depuis longtemps. »

 

Lors du Magazine de Pierre Bouteiller, sur France-Inter, le 6 avril 1978, Bertrand Poirot-Delpech offrait la plus fine analyse des racines littéraires de l’œuvre de Duvert : ni Genet, dont Duvert confiait n’aimer pas le style fleuri, ni même Sade, dont il devait pasticher Les Cent Vingt Journées dans Paysage de fantaisie (Minuit, 1973), mais la littérature populaire pour adolescents de Serge Dalens, magistrat de son état, et de l’illustrateur, Pierre Joubert. Antonio Gramsci, dans ses Notes de prison, écrit quelque part que le mythe du surhomme doit probablement plus au Comte de Monte-Cristo qu’à Nietzsche. Et si le premier attentat de Duvert était un attentat à la bienséance littéraire, à cette règle non dite qui consiste à n’avoir d’inspirateurs que parmi ses pairs, et non dans une littérature moyenne, middlebrow ? « Né en 1945, j’ai cultivé l’étrange conviction d’appartenir à la première génération d’hommes civilisés qu’il y aurait sur la terre : finies la guerre, la religion, les censures, la violence, les tyrannies, l’injustice, le racisme, la misère et la faim. Je cherche où, par qui, cette atroce illusion m’a été inculquée. Je ne trouve sérieusement que… Le Journal de Mickey. » (Abécédaire malveillant, Minuit, 1989). La plus belle préface aux œuvres complètes de Duvert serait ainsi l’étude intitulée « Pines de Sylphe », magnifiquement illustrée, parue dans le célèbre numéro spécial de la revue Recherches, Cent Mille Milliards de Pervers (1973)…

 

De la collection “Signes de piste”, Patrick Buisson écrit dans 1940-1945 Années érotiques. Vichy ou les infortunes de la vertu (Albin Michel) qu’elle offrit non seulement l’esthétique, mais l’éthique de toute une génération embrigadée dans un scoutisme maréchaliste. En la culbutant sur l’autel de la littérature, Duvert dévoile non seulement sa charge érotique, mais théorise, à partir de ce renversement, tout ce contre quoi s’inscrit sa littérature, et qu’il qualifie d’hétérocratie, à savoir non pas seulement le droit pour les seuls hétérosexuels « d’assouvir [leurs] désirs personnels » mais « le besoin que la société entière n’enseigne et n’autorise que ceux-là », d’où un ordre public « qui ajoute à la persécution des homosexuels un ordre amoureux nuisible aux hétéros eux-mêmes » (L’Enfant au masculin). Cet ordre public, pensé et mis en œuvre sous Vichy, est fondé sur des principes racistes et sexués : l’attribution aux hommes et aux femmes d’une identité sexuelle différenciée fut le moteur de la Révolution nationale. Ces conclusions sont celles auxquelles parviennent aujourd’hui les historiens de la période qui ont accordé à l’étude du genre la place qu’une historiographie nationale lui a longtemps dénié.

 

La littérature de Duvert ne dit fondamentalement rien d’autre, sauf qu’elle ne circonscrit pas sa dénonciation de l’hétérocratie aux années noires, mais considère que la répression sexuelle inaugurée sous Vichy fut perpétuée par la République qui, au nom des droits de l’Homme, dénie ceux de l’Enfant. Nul besoin de suivre, ni d’adhérer aux conclusions de Duvert, d’aboutir à une résolution définitive des problèmes que pose sa littérature dirait Pierre Macherey, pour reconnaître à sa littérature le droit de penser. « Une philosophie ne serait honnête que contradictoire, incohérente, indéfendable » (Abécédaire malveillant) : n’est-ce pas là la définition même de la « philosophie littéraire » ?


Pédophile, pédéraste, pédé ? Tony Duvert est d’abord un écrivain : « J’ai vu combien en composant des dialogues imaginaires entre gosses, il était difficile, avec pour seul moyen de création la langue écrite, d’infuser aux plus simples phrases, de suggérer par elles, ces tours, des mimiques, ces gestes sans lesquelles elles ne sont rien ; c’est un travail cauchemardesque sur chaque lettre choisie et les sollicitations physiques qu’elles feront, ensemble, à la lecture […]. L’alphabet doit devenir ici à la fois système scriptutaire et notations musicale, sensuelle et gestuelle. Travail décevant : […]. Travail inutile ? Je me demande ce qui, en littérature, ne l’est pas » (L’Enfant au masculin).


Jean Paulhan apprit la mort encore aujourd’hui inexpliquée d’Armand Robin, poète d’origine bretonne qui parlait plus de quarante langues, par un numéro de La NRF retourné chez l’éditeur avec la mention : « N’habite plus à l’adresse indiquée ». La littérature française a beaucoup de chance : la France est un pays où il existe encore des facteurs.

Tous les commentaires

Merci de votre passionnant article qui me fait découvrir cet écrivain. Par association d'idées, je pense peut-être à tort, aux lettres entre H.Melville et N.Hawthorne ?

bonjour à vous ! ________________ Dommage pour la mise en page. Votre texte est illisible. Pas de ponctuation, pas de paragraphes... Aucun souci du lecteur ! Moi, je veux bien vous lire, tous, mais faut faire un effort... parce que dans le cas contraire... _____________________________ Sinon... Il est écrit : "Rappelant par une boutade ce legs durable de la législation vichyste dans la législation républicaine, la réintroduction du délit d’homosexualité en 1942, validé en 1945, et abrogé seulement en 1982 (merci Jack Lang), Duvert assumait sans complexe ce qui aujourd’hui apparaît comme la pire marque d’infamie : la pédophilie. " et aussi... "Il y a quelques années, la revue [Recherches] a démontré très finement que les amitiés transies du bel Éric n’étaient qu’un tissu et une mine de fantasmes homosexuels […]. Moi qui ai un peu connu ces gens […] je peux vous dire qu’en effet, le scoutisme mielleux dont sont sorties ces images étaient à l’homosexualité " ______________Rapprochement dangereux et malheureux - promiscuité des termes "homosexualité" et "pédophilie" : ce dont les homos n'ont vraiment pas besoin aujourd'hui (adoption, mariage en vue). Et puis... En ce qui concerne votre auteur, de quoi est-il question : d'homosexualité ou de pédophilie ? Et votre écrivain, il était homosexuel ou pédophile ??? Et le sujet de son oeuvre, c'était la pédophilie ou l'homosexualité ? Parce que... en vous lisant, on ne sait plus là ; la pédophilie ayant pas grand'chose à voir avec l'homosexualité... et vice versa... _____________________ Cordialement Serge ULESKI : Littérature et peinture à l'adresse suivante : http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com

Pour ce que je comprends, le sujet de son œuvre était la pédophilie et la pédérastie assimilées: la législation de Vichy (6 août 1942) crée une distinction: les hétérosexuels peuvent faire l'amour à partir de 15 ans, les homosexuels à partir de 21, ce qui fait la différence entre l'adolescent et l'adulte.
Cette loi sera confirmée sous de Gaulle – contrairement à bon nombre de textes adoptés par le régime de Vichy –, une ordonnance du 8 février 1945 précisant que sera puni « d'un emprisonnement de six mois à trois ans et d'une amende de 60 francs à 15 000 francs quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe mineur de vingt et un ans. »
Tony Duvert, à ce que je lis, défendait surtout «le droit des enfants à disposer de leur corps» – et tout spécialement celui des jeunes garçons. Vu d'ici le point de vue du vieil homme indigne paraît largement incompréhensible.
Il faut se replacer aussi dans le contexte de l'époque qui sacralisait beaucoup moins l'enfant que la notre et ne faisait pas de la pédophilie le plus atroce des crimes. Le parricide, par exemple, était perçu comme bien plus abominable alors qu'il n'est plus aujourd'hui une incrimination pénale spécifique (on parle désormais de meurtre sur ascendant).

Scout, j'ai lu, en son temps, ces merveilleux livres des "Aventures du prince Eric" de Serge Dalens, si bien illustrés par Pierre Joubert. On ne peut, à mon avis de pédiatre, qualifier cette littérature d'homosexuelle dans la mesure où ils s'agissaient de mineurs. On sait que beaucoup d'adolescents font des expériences entre adolescents de même sexe sans que l'on puisse parler ni d'homosexualité, ni de pédophilie. La pédophilie n'a rien à voir avec l'homosexualité: le pédophile est un adulte ayant des relations sexuelles avec des mineurs (c'est un délit, ce peut être un crime); l'homosexuel est un adulte attiré par d'autres adultes du même sexe (une simple variance sexuelle). Si l'homosexuel a des relations sexuelles avec des mineurs, il devient un pédophile, point-barre. Les "touristes sexuels" sont, si leurs "proies" sont des mineurs, des pédophiles. Point-barre. Ceci n'a rien à voir avec la littérature...sauf si l'auteur fait l'apologie de la pédophilie, un délit que la loi poursuit, ou devrait poursuivre.

@ M Philips Je soutiens sas retenue votre point de vue.

Bonjour, Moi de même, votre mise au point est on ne peut plus claire. Belle journée. Michel Zim

Excusez moi d'être si petit et si mesquin dans mes remarques très terre à terre, mais il est né, vous l'écrivez, en juillet 1945. Nous sommes fin aout 2008. Donc il aurait eu cette année 63 ans et non 65 ans comme vous l'affirmer en tête de votre article. Pour le reste, excusez aussi, mais mon inculture proverbiale et mondialement connue m'empêche de rentrer dans vos débats !!

Pour être complet, rappelons que la pédérastie fait référence à des relations sexuelles d'un adulte avec un "adolescent". En France, l'âge de la "majorité sexuelle" a été fixée à 15 ans. On pourrait donc dire que la pédophilie "commencerait" avec des relations avec des enfants de plus de 15 ans...Mais la loi fait aussi référence au "consentement", à "l'autorité de l'ascendant" : pas simple, tout ça.

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"aux hommes et aux femmes d’une identité sexuelle différenciée fut le moteur de la Révolution nationale" est une perle ! que vient faire cette ineptie poour justifier la pédophilie comme programme idéologique ? cet article est digne de Peyrefitte ou autres ...il est surprenant de remarquer qu'il ne manque plus qu'une référence à Beauvoir pour justifier la pédophilie comme acte pédagoqique ! Triste billet d'une femme qui sans doute n'a pas eu d'enfants ou n'a pas été une enfant ? Comment peut-on justifier par la littérature ce qui est une perversion à la différence de l'homosexualité . l'apologie de la pédophilie est d'ailleurs passible de la loi ; et laissez Sade en dehors de tout celà , lui c'est de la littérature.

Nul doute ! On peut faire de la bonne, de la très bonne littérature même sur des sujets tels que la pédophilie ; cet auteur l'a semble-t-il prouvé. Quant à Sade, lorsqu'il est en forme, son écriture est une des meilleures, dans le cas contraire... (triste, le marquis Sad). _________________ Mais la question n'est pas là. Pour ma part, je ne comprenais pas le lien qui semblait être systématiquement fait dans ce billet, entre pédophilie et homosexualité. Je souhaitais éclaircir un point : est-ce que cet amalgame venait de la rédactrice du billet, de l'auteur ou de la société des années 70 et 80 (période de publication de l'auteur) ou de Dieu sait qui d'autres... parce que, franchement, c'était pas clair du tout. D'où mon intervention. ____________ Le roman de Thomas Mann n'a rien à voir avec la pédophilie ; et je ne suis pas sûr qu'il ait quoi que ce soit à voir avec l'homosexualité non plus Quant à Gide, on sait qu'il allait régulièrement en Algérie "se servir" sur la bête autochtone en homme de gauche et de progrès - bête autochtone très jeune, et du même sexe -, mais je ne sais pas s'il s'agissait d'enfants ou d'ados. ___________ Un dernier mot : la pédophilie concerne les enfants : les pré-pubères ; la pédophilie ne concerne pas les mineurs dans leur ensemble. Le "détournement de mineur" n'a pas grand'chose à voir avec la pédophilie quand ce mineur n'est pas un enfant. _____________________ Serge ULESKI : Littérature et peinture à l'adresse suivante : http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com

Merci pour ce billet intéressant ( et courageux) Tony Duvert s'était retiré dans un petit village du Cher depuis des années, où il vivait seul et quasi reclus. Peut-être écrivait-il, mais il ne publiait plus. Il estimait être devenu "inaudible" dans la France d'aujourd'hui. Ce qui pose non pas le problème d'une pratique pédophilique éventuelle dont je ne sais rien, mais celui d'une expression empêchée. Tony Duvert, il faut le rappeler, était aussi un sacré provocateur ( "enlevons les enfants à leurs mères"). Pour ceux qui s'étonnent de voir Serge Dalens , Pierre Joubert et leurs scouts aux muscles lisses se retrouver dans l'histoire, je crois me souvenir que le numéro de Recherches était largement illustré avec des dessins du signe de piste, certes un peu détournés de leur contexte initial. La revue, organisée par thèmes et textes, juxtaposait en effet pédophile et homosexualité. Il s'agissait alors d'affirmation des désirs, mais surtout interrogation des désirs: celui de l'adulte pour l'enfant, celui de l'enfant. L'énoncé à lui seul fait scandale aujourd'hui. Ceci dit, Recherches avait fait scandale, je crois ( l'ayant lu plus tard, pas sure) qu'il avait été saisi. Il semble y avoir confusion entre prise de parole ( ou d'écriture) et passage à l'acte. Mais lorsqu'il y a silence total, pour cause d'opprobre sans interrogation - n'y a-t'il pas davantage de passages à l'acte ?

Il faut rappeler à nos indignés que la gauche non-communiste ne s'est désolidarisée des pédophiles qu'en 1982 (affaire du CORAL). Jusqu'à cette affaire, dans laquelle un informateur mythomane avait "balancé" Matzneff, Sherer et Lang (sa seule erreur, on ne touchait pas à un ministre à l'époque), elle considérait que ne pas défendre les pédophiles équivalait à ne pas défendre les homosexuels. La gauche communiste, attachée à la reproduction du prolétariat, ne tolérait aucune "déviance" (et dans les pays du bloc soviétique il fallait se marier pour obtenir un appartement). C'est dans ces conditions que Tony Duvert a pu obtenir le prix Medicis au début des années 70, et que "Libération" publiait régulièrement des articles ou témoignages de lecteurs faisant l'apologie de la pédophilie, racontant comme c'est agréable de faire l'amour avec un garçon de 12 ans (en général en étant très explicite sur l'acte physique lui-même), etc. Pas plus que le reste de la gauche, "Libération" ne s'est jamais expliqué sur son ralliement au nouvel ordre moral né en France de la suppression des discriminations contre les homosexuels dans la loi (en 1981 ou 82), et plus tard de l'épidémie de sida (les pères de familles voyageant en Thaïlande ne se tapaient pas que des majeurs). C'est pourquoi j'ai scruté avec curiosité (sur le site internet, par principe je ne donne pas un centime à ce torchon) comment le décès de Tony Duvert serait couvert. J'ai vu un entrefilet promettant la publication d'un article ultérieur, mais je n'ai pas vu ledit article. Cela dit le débat sur la "pédophilie" (dans lequel avoir des relations sexuelles avec une fille de 16 ans est équivalent à violer un nourrisson, miracle de la loi oblige) aurait dû avoir lieu lors du revirement de 1982, maintenant c'est trop tard, entre deux films pornos le père de famille, qui peut par ailleurs fièrement arborer son homosexualité, condamne absolument tous ces actes ignobles, et tout débat est impossible, la partie contradictrice ayant censément sa place en prison.

Merci pour cette leçon d'histoire

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Le problème avec les pédophiles, c'est qu'ils pensent qu'ils sont les seuls à reconnaitre des "désirs sexuels" aux enfants (quel que soit l'âge). Pour eux, tout se passe comme si la société pensait et prétendait que les enfants ne sont pas sexués, pas porteurs de désirs, pas porteurs de pulsions. LA REALITE est que ces désirs, ces pulsions sont une réalité infantile MAIS une réalité qui n'est pas du même ordre que chez les adultes!!! Un Gabriel Matzneff nous explique sa "gentillesse, sa douceur" avec les enfants pour justifier son comportement. Malheureusement pour lui, gentillesse et douceur n'ont rien d'incompatible avec manipulation et perversion! Même si un enfant ressent "un certain plaisir" avec un pédophile, cette relation n'en est pas moins gravement perturbante, exactement comme dans l'inceste où la violence n'est pas non plus toujours présente.. Et cette histoire "du droit pour les adolescents à disposer de leur corps" est tout bonnement consternante.Tout le monde sait que l'adolescent, par définition, est en recherche, en demande, en confusion, en risque, en fragilité. Par exemple, les tentatives de suicide ou prises de risques(conduite de voiture, alcool, produits) sont plus fréquentes chez les adolescents. Cet argument n'est rien d'autre qu'une honteuse et perverse justification à un comportement pathologique. Rien de peut justifier "l'utilisation" d'une personne en "situation de fragilité" (enfant, malade mental, handicapé, personne âgée, femme enceinte, etc). La confusion, toujours la confusion.

Plus que dans le cas d’Armand Robin, dont la mort, inexpliquée en effet, peut malgré tout être dite "violente" (après trois jours d'errance dans Paris), les circonstances de celle de Tony Duvert, avec l’abandon qui l’entoure, me rappellent tristement la découverte de la disparition de Pierre Siniac en mars 2002 (sensationnel et assez notoire auteur de polars, "Femmes blafardes", "L’Unijambiste de la côte 284", et de l’aventureux "Sous l’aile noire des rapaces", entre autres titres). Et à votre éloge ironique particulièrement bienvenu de la littérature française aux facteurs, comme témoins de certains "abandons", il faudrait ajouter les voisins selon l’endroit où l’on vit. Dans le cas de Siniac dans un appartement d’une HLM d’Aubergenville, où son corps fut découvert, odeur oblige, près d’un mois également après sa mort… Enfin, de Tony Duvert, je signale que Minuit a récemment réédité en poche "L'Ile atlantique", "roman d'aventures cauchemardesques".

Bonjour, Merci de l'information. Dommage simplement de ne pas citer ce chef-d'oeuvre du roman français qu'est "L'Île atlantique" qui, un jour, sera considéré et lu comme un "classique". Cordialement, Elisabeth brunet

Adolescent, au petit séminaire, j'ai lu les livres de la collection "Signes de pistes" et j'ai sans doute aimé le Prince Eric... comme l'un ou l'autre camarade de classe. Je ne suis pourtant pas devenu homosexuel ni pédophile. Et je ne peux imaginer que cette littérature ait été écrite dans ce but là.

Peut-être pour information, concernant Tony Duvert, formidable écrivain, plein d’humour, de révolte anti bourgeoise et familiale : j’ai pu apprendre l’hiver dernier que toutes les bibliothèques de l’Alliance française dans le monde ont reçu une note relative à des ouvrages qu’il s’agissait de retirer des rayonnages. C’est ainsi que tous les livres de Tony Duvert sont interdits de lectures dans les bibliothèques chargées de diffuser la littérature française à l’étranger. J’ignore si d’autres organismes ont reçu une note équivalente. L’ordre moral prôné par des détraqués est triomphant : la « mort absente » de Tony Duvert, auteur de "Récidive", "Journal d’un innocent", deux grands textes parmi d’autres, prédit qu’il n’a sûrement pas fini de se repaître.

Merci de la précision,on ne prend jamais assez de précautions contre la littérature. La mort d'absente devint présente.

Bravo pour votre billet, Anne Simonin et comme Dominique Conil je vous trouve bien courageuse car à lire la tonalité de beaucoup de commentaires je comprends que T. Duvert ait jugé qu'il était désormais inaudible.

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