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Un objet politique à méditer à gauche : le budget du conseil régional Midi-Pyrénées

Quand le président Martin Malvy (PS) sous-traite en région les politiques libérales européenne de la droite et du PSE à Bruxelles, et nationale de Fillon et Sarkozy…

Le NPA Midi-Pyrénées constate et déplore qu’aucun des 69 élus de gauche et écologistes de l’assemblée régionale n’a répondu à son Adresse du 12 décembre dernier (1) à voter contre le budget 2012 présenté par Martin Malvy, approuvé lors de l’assemblée plénière du 22 décembre.

Ils ont ainsi approuvé les 103 millions d’euros de fonds publics d’« aides » et « subventions » aux « entreprises » qui vont financer les profits privés des actionnaires des multinationales des pôles de compétitivité de la région ; approuvé le financement, à hauteur de 100 millions d’euros d’ici 2009, du projet écologiquement désastreux et socialement injuste du tronçon Poitiers-Bordeaux de la LGV Toulouse-Paris ; approuvé l’abandon par la Région de l’objectif de gratuité des manuels scolaires dans les lycées en adoptant la mise sous condition de ressources des familles du montant des chéquiers-lecture. Une approbation sans principe de la part des quinze élus EÉLV et des sept Front de Gauche, qui s’étaient abstenus ou prononcés contre telle ou telle de ces lignes budgétaires en commission permanente et, oralement, en assemblée plénière. Constatons, pour le déplorer, l’incapacité des élus de gauche et écologistes de la Région à faire preuve d’indépendance vis-à-vis de son président, et à voter conformément aux programmes antilibéraux et/ou écologistes sur lesquels ils ont mobilisé les électeurs en 2010.

Car, plus encore aujourd’hui que le patronat et Sarkozy s’emploient à faire payer au peuple la dette des banquiers par des mesures d’austérité sans précédent depuis les années 1930, il s’agit d’être cohérent. Il ne suffit pas de nous retrouver au coude à coude dans les grèves et les mobilisations syndicales et associatives pour une répartition des richesses favorable au monde du travail, pour la gratuité de l’enseignement et pour la transition écologique. Encore faut-il porter, haut et fort, ces exigences dans les assemblées parlementaires quand on y est élu.

L’alignement sans principe des élus EÉLV et Front de Gauche sur une « majorité régionale » qui sous-traite en Midi-Pyrénées les politiques libérales et sociales-libérales européenne et nationale, est un mauvais coup porté à la majorité de la population des huit départements de Midi-Pyrénées. Il préfigure le futur alignement de leurs partis nationaux sur un « accord de mandature » que le Parti socialiste leur imposera au Parlement si François Hollande emporte l’élection présidentielle et le PS les législatives. La répétition de la désastreuse gauche plurielle de 1997-2002 qui a mené tout droit au 21 avril 2002, avec la propulsion de l’extrême droite nationaliste et xénophobe au second tour de la présidentielle ! Pas question de les accompagner dans cette impasse.

Pierre Granet, Laurent Marty
1. http://www.npa31.org/actualite-politique-locale/adresse-du-npa-midi-pyrenees-aux-elus-de-gauche-du-conseil-regional.html

Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 134 (02/02/12)

Tous les commentaires

C'est au pied du mur qu'on voit le maçon. Un discours radical, une allégeance tout aussi radicale au PS...

C'est le prix à payer pour quelques strapontins réservés par le PS à la poignée d'aparatchiks qui entourent mélenchon. Les strapontins de la trahison de classe.

Et une gueule de bois carabinée pour les militants sincères que le sénateur aura enfumés.

Mélenchon n'est pas mitterand, mais il en a appris le cynisme et l'art du double langage au service du capitalisme le plus violent...

 

Le risque de gueule de bois est en effet majeur pour ceux qui foncent tête baissée dans une démarche unitaire tronquée qui ne considère que les aspects du programme du Front de Gauche mobilisant des valeurs de service public, de contrôle de la finance, de satisfaction des besoins sociaux, etc. sans jamais considérer leur face cachée : des demi-mesures (sur les banques ou le nucléaire) ou franchement un lâchage des revendications du mouvement social (les 40 ans de cotisation retraite). Et surtout, mais cela se tient avec ce qui précède, un rapport au PS toujours problématique qu'une rhétorique forte en gueule masque : les collectivités locales (1) sont à ce titre un révélateur impitoyable de ce qui constitue le cadre de pensée des appareils regroupés dans le Front de Gauche. Comme le montre ce texte sur la Région Midi-Pyrénées, ledit cadre mental est à deux temps : critique/alignement. L'alignement sur le PS étant toujours le deuxième temps ! Croire que la présidentielle et les législatives n'ont rien à voir avec ce qui se structure depuis des années, au quotidien, dans les collectivités locales et croire que le miracle d'une transmutation du plomb régional en or national est possible sinon probable est une sortie de route politique et participe de l'acte de foi qui se paiera d'un méchant retour de bâton.

Tout ceci n'exclut pas qu'un Jean-Luc Mélenchon, et quelques autres, ne rallient pas le PS, comme sera tenté de le faire, d'une façon ou d'une autre un appareil du PCF mis sous perfusion social-libérale depuis des années : mais restera la question du "pourquoi avoir mené UNE campagne pour avoir à l'arrivée DEUX débouchés stratégiques, (a priori !) contradictoires entre eux sur ce qui est la pièce maîtresse de la rupture et de l'alternative au capitalisme : l'alliance ou la convergence avec la gauche de droite" ! Pourquoi avoir créé l'unité à la gauche du PS pour la casser au premier tournant pour que certains des unitaires de la radicalité se muent en unitaires avec le social-libéralisme ? Comme ce qui se vérifie dès maintenant dans les majorités de gestion locales... Misère de la circularité de certaines stratégies foncièrement politiciennes...

(1) mais déjà à l'Assemblée Nationale ou au Sénat est à l'oeuvre le rapprochement qui se noue localement : rappelons-nous le Parti de Gauche déplorant, aux sénatoriales, que son partenaire du Front de Gauche, le PCF, ne fasse pas suffisamment pression sur le PS pour l'intégrer, comme lui, dans les listes unitaires dirigées par celui-ci (Le Front de Gauche fait l'unité avec le PS) !

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