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Il faut politiser l'"affaire DSK" !
Il y a plusieurs façon d'aborder l'"affaire DSK", comme la désignent avec une délectation plus ou moins assumée les médias les plus, mais aussi les moins, pipoles. Laissons de côté le point de vue moralisateur ("quelle honte de se laisser aller à ça!") et - pardon pour la redondance - le point de vue ...voyeur ("cela ne nous concerne pas mais..."). Chacune de ces visions, à sa façon, oublie ou cherche à faire oublier la question proprement politique sous-jacente à "l'affaire" et, si l'on se penche sur celle-ci, on peut éviter l'autre piège tentant, celui de l' instrumentalisation politicienne, en vérifiant, au détour d'un article du Monde mis en ligne ce jour, ce qui est mis en évidence de la chambre du Sofitel US aux tables du Fouquet's parisien et que le système de domination refoule, à l'exception de quelques articles comme celui-ci du Monde : les passerelles entre la "gauche" (je ne mettrai plus par la suite les guillemets qui disent l'inadéquation du terme pour désigner le Parti Socialiste) et la droite UMP (qui mériterait, elle, les guillemets au vu de ses complaisances envers les poubelles idéologiques du FN). Des passerelles donc qui s'apparentent à des connivences travaillant dans le souterrain des relations personnelles entre les responsables au plus haut niveau de ces deux partis mais qui ont surtout des correspondances avec ce qui se déploie à l'air libre des positionnements strictement politiques.

Que nous révèle/confirme l'article d'Ariane Chemin ? Le plus simple est de lui laisser la parole à travers les extraits suivants (on se reportera à l'ensemble de l'article via le lien mis à la fin des citations), je surligne seulement ce qui étaye mon propos :
- "C'est un déjeuner de copains, deux semaines avant le scandale du Sofitel. Bernard Squarcini, le patron du renseignement intérieur, retrouve autour d'une table Jullien Dray, le député socialiste de l'Essonne, et Max Torossian, le nouveau chef d'état-major de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI)."
- "Ce "flic de gauche" est aussi un "pote" de Julien Dray depuis que, dans les années 1980, aux Renseignements généraux de la Préfecture de police de Paris, il avait été chargé de "suivre" SOS-Racisme."
- "On ne fera pas une campagne sale. Les services vont la jouer loyale." La phrase est prononcée l'air de rien, mais résonne presque comme un pacte entre droite et gauche, une offre de paix armée, à la veille de la présidentielle, pour éviter d'ouvrir la boîte de Pandore."
- "C'est l'avantage – ou l'inconvénient – de partager ses réseaux : entre la Sarkozie et feu la Strauss-Kahnie, infos et intox circulent à vive allure. Mêmes amis, mêmes restaurants, mêmes villégiatures…"
- "En mars, Dominique Strauss-Kahn a donné rendez-vous au Pavillon de la Reine, place des Vosges à Paris, à Alain Bauer. Il est un intime de trente ans de Stéphane Fouks, le patron d'Euro RSCG [chargé de la com' de DSK]."
- "Alain Bauer est aussi devenu le "Monsieur Sécurité" très écouté du président de la République. "
- "Consultations privées, apartés, mélange des genres, en politique, les amitiés recèlent parfois des mystères."
- "Il ne faut pas se méprendre sur le coup de pouce donné par l'Elysée, à l'été 2007, à la candidature de "Dominique" à la présidence du FMI [sous entendu : le neutraliser comme potentiel candidat à la présidence de la République en l'attachant à la prestigieuse tâche de présider le FMI : "Lui [Sarlozy] préfère jouer au "meilleur DRH de la gauche" et s'offre le plaisir de le pousser à la tête du FMI."]"
- "Les deux hommes [DSK et Sarkozy] – ex-députés, avocats d'affaires, venus à la politique sans passer par l'ENA – s'apprécient. Ils se fréquentaient de temps à autre, avec leurs épouses. En 1993, au début de la cohabitation, un premier dîner a eu lieu au Fouquet's : Anne Sinclair présente le ministre du budget à son mari, qui vient de perdre les législatives. Ils se retrouvent sur l'île de la Jatte, chez Cécilia et Nicolas, ou chez le couple Strauss-Kahn-Sinclair, avenue du Général- Maunoury, dans le 16e arrondissement, ou encore chez Jacques Attali pour une pendaison de crémaillère. Entre eux, une forme d'estime et de connivence sociale."
- "Et à l'intéressé, les yeux dans les yeux, un jour que le patron du FMI a fait le voyage de Washington jusqu'à la rue du Faubourg-Saint-Honoré [Sarkozy déclare] : "Dominique, toi et moi, on ne nous aime pas, on est pareils, on est des métèques, on aime le fric et les femmes""
Tiré de Ce que Sarkozy savait de DSK (site du Monde ce 9 décembre)
On retiendra de ces citations la confirmation, mais avec quand même des données précises liées à l'"affaire", de tout ce qui rattache personnellement des membres essentiels de la direction du Parti Socialiste avec ce que la droite sarkozyenne représente de plus antipopulaire, si l'on veut bien laisser de côté le pseudopopulisme ou "populisme"-antipeuple d'une Marine le Pen. Ces liens personnels n'empêchent aucunement, on le voit bien, les mauvais coups sur fond de rivalités pour occuper le pouvoir politique avec le paradoxe d'un Sarkozy promouvant un homme de gauche (j'ai bien dit que je ne mettais plus les guillemets) à une des plus hautes instances du capitalisme mondialisé. Mais est-ce bien un paradoxe ? Et surtout il est bien clair que ces rivalités se situent dans le même camp : DSK, comme l'essentiel de la sphère dirigeante du PS, quelles que soient les velléités plus ou moins sincères de sa dérisoire gauche (sans guillemets à la réflexion) montebourgienne ou pas, joue avec la droite, dans le même espace, celui du libéralisme restructurateur des formes d'exploitation économique et de domination politique du travail au profit du capital. Dans ce jeu fermé les différences ne sont plus que des nuances : Hollande est contre l'instauration de la règle d'or de Sarkozy ...avant les élections mais il partage, comme l'ensemble de la direction de son parti, la volonté d'une rigueur budgétaire calée sur le non dépassement des 3% de déficits publics qui interdit de fait toute politique d'alternative !
Ce qu'il me semble donc nécessaire de souligner c'est qu'à eux seuls les liens personnels que met en lumière l'"affaire" DSK ne suffisent pas à décoder politiquement celle-ci : c'est rapportées à l'histoire de la social-libéralisation du socialisme français depuis les années Mitterrand, c'est au vu des pratiques passées et présentes de ce qui constitue la galaxie européenne du socialisme dans laquelle sont inscrits les Hollande, Aubry, Royal, etc. aux côtés des sabreurs des droits sociaux que sont, dans l'actuel contexte de crise de la bourgeoisie européenne, Zapatero ou Papandréou, c'est en tenant compte du programme social-libéral du PS pour la présidentielle dont les "hollandais" n'ont de cesse pourtant de se démarquer pour le droitiser encore plus, c'est donc en croisant ces données proprement politiques que les accointances personnelles de "nos" socialistes et des sarkozyens, elles-mêmes fondées sur la lourde sociologie de ce qu'il faut bien appeler une commune appartenance de classe, s'éclairent autrement qu'anecdotiquement. Même s'il en coûte de le reconnaître, se fait jour, contre toutes les procédures d'obscurcissement à l'oeuvre, que le Parti Socialiste et la droite c'est...du pareil au même. Je sais que cela fait grincer bien des dents à gauche, surtout chez ceux qui tiennent au caractère exceptionnel, au sens bien plat qu'il serait une exception, du PS français par rapport aux socialistes espagnols, grecs auxquels on pourrait ajouter les blairistes britanniques ou les shroederiens allemands...
Et là, je reconnais que ma démonstration atteint sa limite car, prenant appui sur le présent et le passé des expériences socialistes, elle bute sur la "chance" du PS d'être dans l'opposition au moment même où ses corréligionnaires européens sont appelés à appliquer moutonnièrement l'orthodoxie capitaliste en vogue. Mais, bien entendu, cette chance n'aura qu'un temps dans l'heureuse hypothèse d'une victoire en 2012. Car cette victoire pourrait bien (on remarquera ma prudence conditionnelle) consacrer le début de la fin, telle que nous l'avons "supportée", maintes fois, sous Mitterrand et sous Jospin. A la différence près, et elle est de taille, que nous sommes aujourd'hui dans l'heure de vérité d'une offensive hyperbolique du capital qui n'autorise plus les entre-deux précédents du type "je suis socialiste mais je me dois à la rigueur austère et privatisatrice pour que les lendemains sociaux chantent" : aujourd'hui en Europe, en mars 2012 pour la France, l'alternative, au sens plein du terme, se pose(ra) en "pour ou contre le capital". Zapatero et Papandréou ont choisi le pour, ils ont eu contre eux leur peuple. Hollande, bénéficiant au départ du luxe relatif que constitue le ras le bol du sarkozysme, est déjà en train de se corseter lui-même par la nécessité, pour lui, d'obtenir le label de crédibilité de l'Union Européenne, du FMI, des agences de notation mais aussi directement du patronat européen .. sans perdre l'appui électoral nécessaire à son accession aux "affaires" comme on dit aussi pour la gestion loyale du capitalisme. Tout un jeu d'équilibriste proprement politicien.
Alors, de DSK à Hollande, la question qui doit nous intéresser à gauche, celle qui est (devrait être ?) irréductible aux guillemets, est celle-ci : comment peut-on contrecarrer les pesanteurs inscrites structurellement dans le social-libéralisme, réactualisées par les avatars éroticopolitiques strausskahniens, en promouvant, malgré des critiques virulentes au gré des ouvertures hollandaises vers Bayrou, l'idée que c'est la gauche tout entière qui pourra en finir non seulement avec l'épiphénomène sarkozyen mais avec le Léviathan capitaliste ?
La question est adressée, cela va de soi, avant tout au PCF et au PG, à tous ceux qui suivent le Front de Gauche sur la voie du "grand rassemblement (front)-populaire pour battre Sarkozy et le capitalisme" ! Car, il ne sert à rien de ruser sur ce qu'un rapport de force pourrait imposer au PS qui a, pour lui, outre ses ancrages institutionnels à tous les niveaux de l'Europe et des Régions et départements, outre l'appui du FMI, de l'OCDE et de toutes les officines mondiales du capital, ces proximités avec Sarkozy lui-même ou les Bauer, Attali, Squarcini, Fouks, Paszkowski, voire Minc, sans oublier l'ami "socialo-sarkozyen" Jouyet, l'homme clé du dispositif de Hollande, qui vont et viennent entre les commissions sarkozyennes "pour la libération de la croissance" ou pour le développement du sécuritaire. Avec à la clé des agapes à L'Aventure (!) ou au Fouquet's. "Mêmes amis, mêmes restaurants, mêmes villégiatures…".Ce qui, sans faire une politique, plombe, tout de même, celle que l'on met en oeuvre !
Dans d'autres temps, moins défavorables, le PCF s'est laissé instrumentaliser par l'idée du "grand rassemblement de la gauche" et a contribué à démobiliser les velléités de résistance en les détournant de la seule voie qui vaille même si elle est escarpée et semée d'embûches: celle de la construction d'une gauche claire sur elle, sur son objectif et surtout sur ses moyens de l' atteindre. Or c'est bien là que le bât blesse puisque, par son utopie grise de vouloir aujourd'hui redresser le cours social-libéral du PS, le Front de Gauche reproduit l'erreur dramatique du PCF des années passées et hypothèque ainsi les chances de reconstruire les liens avec le salariat agressé et les couches populaires toujours plus tout" faire pour battre la droite au second tour de la présidentielle et aux législatives, y compris en votant Hollande...avec le seul rapport de force qui vaille : celui d'une campagne des présidentielles fondée en indépendance programmatique et d'alliance totale envers ledit Hollande et son parti et sur l'affirmation que le développement des luttes est ce qui donne sens à cette logique d'alternative au capitalisme ! Gageons que le NPA et quelques autres répondraient présents pour une telle orientation ! Alors, est-il trop tard pour tirer les leçons politiques du Sofitel new-yorkais et du Carlton lillois au profit des "gens" de La Courneuve, de Grandange et des ailleurs populaires désertés par la "gauche" (retour des guillemets pour boucler le billet) ?
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Photo : dsk-dominique-strauss-kahn-fmi-economie-inflation-emploi.jpg


Les 3 commentaires les plus recommandés
Définition de "poncifs" : clichés, stéréotypes. Je crois que vous avez raison : Strauss-Kahn est un cliché, un stéréotype...Il est la caricature du socialiste libéral coupé du peuple. Il est l'emblème de ce que le capital sait construire comme homme de gauche pour créer l'alternative...capitaliste à la droite. C'est-à-dire l'alternative du même. Il est la quintessence du Parti Socialiste qui, pour pallier la défection strausskahnienne, peut faire "monter" Hollande afin de donner le change; qui fera "monter" Montebourg le jour où cela deviendra dangereux pour le système, afin que, comme dans le Guépard, " tout change pour que rien ne change"
Mes conclusions sont fausses pour autant qu'on prend pour vrai que DSK et son parti ainsi que son candidat sont socialistes ou de gauche.
Marine Le Pen tire son épingle du jeu de la désespérance qui gagne ceux qui souffrent de cette fausse alternative gauche/droite, laquelle ferme le jeu et pérennise l'idée que, gauche ou droite, c'est du pareil au même. Vérité qui se dégage de 30 ans de passage de relais de la droite et de la gauche pour toujours plus de galère.
Seuls ceux qui ne voient plus le peuple peuvent croire que c'est la critique de la gauche de droite qui fait le jeu du FN. Marine Le Pen, comme hier son père, sont des créatures nées de la consanguinité politique droite/gauche.
Le Sofitel et le Carlton sont la métaphore de ces cousinages capitalistes et DSK l'ellipse du socialisme.
Pas d'accord seleneO.
J'ai pas voté Sarko, j'engueule tous les cons et salauds qui ont voté pour ce machin et certains matins je me demande si je vais pas aller le faire taire définitivement! Suis-je responsable parce que je ne l'ai pas encore buté?
Si M Le Pen, tire son épingle du jeu c'est en raison de la lacheté, de la veulerie de la "gauche de gouvernement", du refus de rompre avec les milles liens qui la lient aux pouvoirs parralléles de l'argent et des réseaux de type mafieux.
Tous les commentaires
Je suis d'accord avec l'essentiel de ce que tu dis, mais il y a quand même un "hic" dans ton analyse : c'est que les socialistes ne se sont pas noyé dans les réseaux d'affaire, et la "gauche de gouvernement' (façon pcf et parti de gauche) ne se fait aucune illusion REELLE sur sa capacité a redresser un ps qui a beaucoup dérivé sur la voie du centre. On dirait, à te lire, qu'il s'agit d'une question de "volonté"', ou "d'illusion" Mais la gauche de gouvernement ne se fait guère d'illusion, et a encore moins de volonté de donner un réel coup de pompe dans la fourmillière....
Ce qui importe, Marc, c'est que nous soyons d'accord sur le fait que le FdG agite le chiffon...rouge du redressement du PS. Et cela en dissertant sur les scores à deux chiffres, voire la présence au second tour de JL Mélenchon, etc. Que ses dirigeants croient ou ne croient pas à ce redressement par le rapport de force reste indécidable. Le plus probable est ce que tu dis. Mais la majorité de ceux qui suivent le FdG s'illusionne, y croit dur comme fer. C'est à eux que s'adresse, dans ses limites modestes, ce billet : le strausskahnisme et ses démélés avec la justice ne doivent servir qu'à montrer la face cachée du social-libéralisme et rappeler son indisponibilité totale pour une politique de gauche.
/// Que ses dirigeants croient ou ne croient pas à ce redressement par le rapport de force reste indécidable.
Ce n'est d'ailleurs pas mon probléme. Mais le fonctionnement même de ces groupes (batis autour d'une élite de politiciens professionnels) induit ce genre d'"erreurs", de conceptions fausses, voir de trahison consciente. Ce n'était pas vraiment une "critique" de ce que tu as écris, mais un rappel des fondamentaux de l'analyse matérialiste (qui s'applique là aussi)
Bien d'accord avec toi.
Cet articlr est un ramassis de poncifs éculés, de "on dit" foireux, d'approximations erronèes, et de conclusions fausses.. Cependant, il est dévastateur: seule M Le Pen va tirer son épingle du jeu de tels raisonnements viciés dont elle pratique à merveille toutes les arcanes!
Si M Le Pen, tire son épingle du jeu c'est en raison de la lacheté, de la veulerie de la "gauche de gouvernement", du refus de rompre avec les milles liens qui la lient aux pouvoirs parralléles de l'argent et des réseaux de type mafieux.
Définition de "poncifs" : clichés, stéréotypes. Je crois que vous avez raison : Strauss-Kahn est un cliché, un stéréotype...Il est la caricature du socialiste libéral coupé du peuple. Il est l'emblème de ce que le capital sait construire comme homme de gauche pour créer l'alternative...capitaliste à la droite. C'est-à-dire l'alternative du même. Il est la quintessence du Parti Socialiste qui, pour pallier la défection strausskahnienne, peut faire "monter" Hollande afin de donner le change; qui fera "monter" Montebourg le jour où cela deviendra dangereux pour le système, afin que, comme dans le Guépard, " tout change pour que rien ne change"
Mes conclusions sont fausses pour autant qu'on prend pour vrai que DSK et son parti ainsi que son candidat sont socialistes ou de gauche.
Marine Le Pen tire son épingle du jeu de la désespérance qui gagne ceux qui souffrent de cette fausse alternative gauche/droite, laquelle ferme le jeu et pérennise l'idée que, gauche ou droite, c'est du pareil au même. Vérité qui se dégage de 30 ans de passage de relais de la droite et de la gauche pour toujours plus de galère.
Seuls ceux qui ne voient plus le peuple peuvent croire que c'est la critique de la gauche de droite qui fait le jeu du FN. Marine Le Pen, comme hier son père, sont des créatures nées de la consanguinité politique droite/gauche.
Le Sofitel et le Carlton sont la métaphore de ces cousinages capitalistes et DSK l'ellipse du socialisme.
C'est toujours "la faute des autres" si les extrêmes passent.. Mais non.. Nous sommes tous impliqués dans la victoire du nazisme, des extrêmes, des voyous de la finance, chacun à son petit niveau. Nous en sommes tous responsables.
//// Nous en sommes tous responsables.
Argument facile pour diluer la responsabilité effective de certains dans la "responsabilité collective" de tous. De plus cette "responsabilité collective" est éminement suspecte, pour ne pas dire plus... En quoi serais je responsable un tant soi peu du "nazisme", moi dont la famille en a porté douloureusement le prix ? En quoi suis je responsable du colonialisme, des appétits de pouvoir du grand patronat ? On est responable de ce qu'on fait ! Responsable, celui qui a usé de son pouvoir pour imposer Le pen à la télévision. Responsable, ceux qui l'ont rencontré plus ou moins secrétement, de Chirac à Sarkozy. Responsable ceux qui parlaient "des bruits et des odeurs", ceux qui chassaient le clandestin (et cette chasse s'est déroulée tant à gauche qu'a droite de l'échiquier poltique)
Pas d'accord seleneO.
J'ai pas voté Sarko, j'engueule tous les cons et salauds qui ont voté pour ce machin et certains matins je me demande si je vais pas aller le faire taire définitivement! Suis-je responsable parce que je ne l'ai pas encore buté?
Oh oui !
De toute façon, cette position est simple, si l'UMPS c'est la même chose, eh bien, ils sont majoritaires. Et ce billet propose donc l'alliance FDG-FN.
Sinon, on parle de littérature.
Si l'UMP et le PS sont pareils en tant qu'ils défendent l'ordre capitaliste, avec seulement des nuances (sur le droit de vote des étrangers par exemple mais, comme dans le passé, il faudra voir jusqu'où cela (ne) va (pas) !), je ne vois pas en quoi cela débouche sur votre proposition farfelue d'alliance entre le FdG et le FN qui, déjà pour commencer, n'est pas énoncée dans ce billet. Ce n'est donc que par extrapolation que vous arrivez à cette énormité. Enormité car, tant par son histoire que par ses propositions, le FdG n'a rien à voir avec le FN. C'est incroyable d'avoir à expliciter de telles choses. Alors qu'au contraire l'alignement du PS sur la logique du capital devient un alignement sur la logique économique de l'UMP : c'est le grand consensus proeuropéen qui se vérifie dans les convergences de sortie capitaliste de crise telles qu'elles se mettent en place sous nos yeux et qui fait que, de manière spécialement significative, un Zapatero est allé défendre au sommet européen son appui à la position ultralibérale de son successeur de droite, Rajoy.
Cette unité de la matrice économique des solutions à la crise de la droite et à la gauche, doublée/renforcée par l'intégration sociologique des personnels politiques de ces deux blocs, sont des aspects que l'on ne retrouve pas, bien évidemment, dans le rapport FdG-FN que vous posez.
Ce qui explique que je vois souhaitable et possible, bien que difficilement, mais pour des raisons politiques internes à ce qui peut encore être désigné par la gauche, une alliance d'alternative à la droite, au PS et au FN. En somme au capitalisme puisque le FN, malgré tous ses jeux de masques, est partie prenante de ce système de domination.
En conséquence de quoi, il serait bon que vous revoyiez votre conception de la littérature et, incidemment, de la politique ! Ou que vous développiez les remarques sommaires/lapidaires que vous faites ici...
Ce qui est sommaire, c'est de reprendre depuis plus de 100 ans l'antienne sur les social-traitres.
Le lien entre le FN et le Front de gauche ("qui porte bien son nom", comme je dis sur mon blog) est qu'il y en a marre de l'idéologie anti-bobo, anti-socialdémocrate, qui tient lieu d'identité à la gauche de la gauche de la gauche (reprenant le discours de Marchais, de Thorèz...). D'où mon texte sur "Désespérance sociale... mon cul", qui traite bien de la convergence populiste qui règne en ce moment et dont je propose ce moi-ci un nouveau développement:
"Les analystes ont-ils déjà envisagé que l'épisode de Vitry et la campagne du PC, « Achetez français ! », pouvaient expliquer la victoire électorale de 1981 ? C'est une hypothèse qui semble être confirmée par les faits et par la répétition actuelle."
Le pb politique est simple. Soit la gauche est unie, soit elle perdra. Jospin l'a pris de haut sur ses alliés en 2002, il a été éliminé. Aujourd'hui, c'est Mélenchon qui fait le coup. Et je ne parle pas d'alliance électorale, mais d'analyse convergente (sachant que si le lien est le populisme, la gauche mérite de perdre). Sinon, ce n'est même pas la peine d'y aller, sauf pour marquer son territoire pour les législatives qui suivent et pour des postes (et s'allier avec n'importe qui pour virer Sarko). C'est de ça que je parle, parce que c'est tout simplement ça qui existe. Mais vous pouvez toujours faire de la littérature.
Social-traîtres, c'est vous qui usez du terme qui vaut caricature. Car si je raisonnais en ces termes de social-traîtres, hérités, faut-il le rappeler d'un stalinisme que je récuse, je n'envisagerais pas de voter PS au second tour de la présidentielle. Le PS n'est pas social-traître, il est capitaliste et c'est déjà bien suffisant pour rejeter toute idée d'alliance avec lui.
La question de l'unité de la gauche, que vous abordez de manière moins sommaire dans la seconde partie de votre réponse, est, elle, une question très importante : j'y réponds justement en distinguant un "vote pour Hollande" d'un "vote pour son programme" : je crois compatible et sutout totalement lisible et recevable par les exclus du capitalisme que l'on combine une rugueuse campagne d'alternative avec une consigne purement instrumentale de vote, une sorte de vote contre, contre Sarkozy qui n'est pas encore, bien sûr, un vote anticapitaliste. Sans la première la seconde devient un alignement politique avec ce que l'on combat. L'élection législative et surtout la volonté de relancer les luttes devant boucler la démarche d'indépendance envers le PS. La "littérature" c'est de prôner, à défaut d'une alliance, une "analyse convergente" de la gauche, analyse convergente bien éthérée, électoralement parlant, et participant de la bouillie consensuelle (on est contre le capitalisme mais ça peut le faire avec le PS...qui pourtant est pour le capitalisme) qui est une des clés de perpétuation du système qu'on combat.
L'exemple de Vitry que vous citez démontre seulement que le PCF n'avait plus de repères révolutionnaires ou seulement anticapitalistes. Passer de Vitry à Mitterrand dessine une trajectoire de renoncement à ce qui fondait, en mots plus qu'en faits, le projet de rupture de ce parti. Rien à voir avec une proximité avec le fascisme pas plus qu'il n'y a aucun rapprochement à faire entre PCF, FdG et le FN même pour tancer la gauche de la gauche au nom de sa supposée proximité avec un Marchais ou un Thorez qui, chacun à sa façon, vous semblez l'oublier, ont contribué largement à sauver la mise du capitalisme. Vous vous souvenez de la célèbre phrase "il faut savoir terminer une grève" ? Ce n'est ni Poutou, ni Besancenot ni Krivine qui l'ont prononcée...
En fait, ce que vous dites est simplement le dogme gauchiste classique qui se limite à de la surenchère, toujours déçue par la réalité. Il suffit d'ailleurs de voir les commentaires qui font chorus ("fait social d'obsrvation"). Ce que j'appelle de la littérature.
Moi, je parle de la réalité du FDG et des gauchistes, de la réalité du PC, de la réalité du PS, de la réalité de la droite, et de la réalité des prolos.
Votre position est de l'autoproclamation personnelle et votre coup du "dogme gauchiste" s'apparente à l'adage de la poutre et de la paille dans l'oeil. Vous voyez ma paille, essayez de voir votre poutre ! A part cela, relisez-moi, je ne suis pas dans la surenchère, qui est toujours dépendante de ce sur quoi elle surenchérit, puisque je n'attends rien du PS ni d'ailleurs de ce que le FdG prétend faire avec lui. En revanche vous me semblez, mais j'avoue ne pas avoir tout compris de ce que vous écrivez, être dans une surenchère biaisée et quelque peu honteuse sur ces "convergences d'analyse" qu'il faudrait susciter sur on ne sait trop quoi : la nationalisation des banques ? L'échelle mobile des salaires ? L'annulation de la contre-réforme des retraites ? Il ne tient qu'à vous d'être précis. A moins que tout cela ne soit que détestable dogme gauchiste surenchérissant !
La réalité est inévitablement décevante pour ma prédisposition à la surenchère, dites-vous. Serait-ce qu'elle satisfait vos options ? Je crois que vous avez une grande capacité à déplacer les enjeux et donc il faut que je vous redonne ma position : l'option d'alternative que je défends prend appui sur l' autre de la réalité. Elémentaire mon cher Bolo ! Sinon, dites-moi, comment elle pourrait participer structurellement de l'existant sans se renier. C'est quasiment une question de philosophie (politique) ! Une fois ce fondement "alter" posé, il reste à prendre de la réalité ce qui peut la subvertir, ce qui pour moi, passe par la prise en compte d'un ensemble de mesures sur les salaires, l'emploi, etc. qui est au plus près de ces gens dont vous vous dites a priori si proche sans avoir encore énoncé le minimum d'indices de proximité (si je suis en surenchère, vous péchez, vous, par minimalisme politique).Voilà pour l'intra après l'alter. Il reste à traduire ceci en démarche politique. Pas le plus facile, je vous le concède.
Mais si c'est la facilité que l'on cherche, on n'a qu'à disserter à l'infini sur vos "convergences d'analyses" qui, déjà dans leur formulation, ne font pas "près du peuple".
Si vous pensez que je me crois proche des gens, vous vous gourez complètement. Je dis simplement que vous ne décrivez pas la réalité, et que vous répétez un dogme (uniquement en cela qu'il ne correspond pas à la réalité).
Par ex. la question de l'élection si vous voulez faire une majorité qui ne soit pas que politique, il faut bien se mettre réellement d'accord, et avoir une analyse commune. Si vous vous démarquez de tout le monde (ce que j'appelle surenchère, et d'un type particulier, gauchiste, dans votre cas), vous ne pouvez pas exiger d'eux qu'ils aient les mêmes analyses que vous.
Et ce que je dis, ces derniers temps (voir mon site Exergue), est que le populisme (anti-bobo) est commun à l'extrême droite et à l'extrême gauche (comme au bon vieux temps de l'article de Marchais contre Cohn-Bendit en 1968). Et je fonde cette analyse sur ce que je lis dans les commentaires de Médiapart, qui me fournit gentiment un important corpus sur ce thème (principe de réalité).
Inversement, ma position est de prétendre faire une analyse correcte, en me foutant qu'on soit d'accord ou non avec moi. Mon but est de décrire la réalité. Alors que la politique consiste à jouer au plus fin et sur tous les tableaux (pour ne pas dire à tous les râteliers).
"vous ne décrivez pas la réalité" me dites-vous. Pourtant je reprends, car comme tout le monde, vous le premier, je n'ai pas un accès direct à toute la réalité, ceci par exemple du Monde : "Les deux hommes [DSK et Sarkozy] – ex-députés, avocats d'affaires, venus à la politique sans passer par l'ENA – s'apprécient. Ils se fréquentaient de temps à autre, avec leurs épouses. En 1993, au début de la cohabitation, un premier dîner a eu lieu au Fouquet's : Anne Sinclair présente le ministre du budget à son mari, qui vient de perdre les législatives. Ils se retrouvent sur l'île de la Jatte, chez Cécilia et Nicolas, ou chez le couple Strauss-Kahn-Sinclair, avenue du Général- Maunoury, dans le 16e arrondissement, ou encore chez Jacques Attali pour une pendaison de crémaillère. Entre eux, une forme d'estime et de connivence sociale.""
Je me contente ici d'une probabilité que cela soit vrai que je croise avec d'autres données empiriques, elle-mêmes croisées avec mes éléments d'analyse. Tout cela ne donne pas LA vérité, seulement de quoi faire réfléchir sur la possibilité que cela soit vrai. Pas terriblement folichon, je reconnais...
Vous, en revanche, vous vous donnez la prérogative de me dénier LA vérité sans vous donner la peine d'étayer ce déni. Il faut croire qu'il vous suffit de penser que ledit déni suffit à conforter votre idée que vous êtes, vous, dans le vrai et dans le réel ! Mais tout cela est bien creux et tourne en rond. Et vous ne sortez pas de l'autopromotion gratuite !
Votre raisonnement sur "faire une majorité" implique la "nécessité d'accord" et une "analyse commune" fait l'impasse sur le moyen qui permettrait de mettre d'accord ceux qui, comme moi, pensent, par exemple, qu'il faut rompre politiquement avec le PS ou ceux qui, comme JL Mélenchon, laissent ouverte la possibilité de gouverner avec lui. Si vous voulez bien sortir de l'incantation, quelle est la solution pour dépasser ce désaccord ? Je m'aligne sur le FdG ou l'inverse ? Au nom de quoi ? Avec quelles conséquences (comme dans les années 80 ?). Pas facile, non, de délaisser les voeux pieux ?
Se démarquer de tout le monde ce n'est pas bien, me dites-vous ? Sur quoi faut-il alors se démarquer ? Sur quoi ne le faut-il pas ? J'ai beau vous relire, vous restez dans le confort des généralités. Pourquoi ne pas passer à l'épreuve du feu des propositions concrètes qui nous permettraient de savoir enfin ce que vous défendez politiquement, à part des "il ne faut pas", "ce n'est pas bien"?
"vous ne pouvez pas exiger d'eux qu'ils aient les mêmes analyses que vous." me dites-vous. Allons bon. Et eux, ils peuvent exiger de moi que j'aie les mêmes analyses qu'eux" ? C'est d'ailleurs ce qu'a fait le FdG quand il a exigé du NPA, pour pouvoir faire un accord avec lui, qu'il plie sur la question du PS ! C'était bien de procéder ainsi ? Vous allez en fait droit dans le mur à tourner en boucle ce genre de phrases qui ne permettent de mettre aucune hiérarchie politique entre les positions des uns et des autres. Quoique, à vous lire, c'est bien ma position que vous dévaluez, sans plus argumenter sur le fond, et c'est la position du FdG que vous valorisez. Mais sans plus d'arguments.
Sur le populisme vous assenez des vérités (tiens, tiens) avec l'autoaffirmation que le principe de réalité travaille pour vous et donc pas pour certains autres. Décidément les choses sont simples avec vous : sans aucune modestie vous revendiquez "une analyse correcte" qui reste pourtant bien introuvable dans ce que vous écrivez car vous ne fonctionnez qu'aux pétitions de principes bien loin de cette obsessionnelle description de la réalité qui serait votre but.
Je crois qu'il vous faudrait passer aux travaux pratiques de la politique. Je sais, c'est compliqué, mais quand même pas tant que cela. Essayez, vous verrez...
Bavardages et tentatives rhétoriques d'intimidations (classiques à l'extrême gauche).
Ce que je dis est que le PS est social démocrate. Si vous êtes contre, c'est simple (en effet), vous reproduisez l'opposition entre socialdémocratie et communisme qui a empoisonné le XXe siècle. Je dis qu'il va falloir vous mettre d'accord entre vous pour faire (politique) quelque chose. Ce n'est pas moi qu'il faut convaincre de votre radicalité qui ne signifie rien d'autre que cette opposition qui ne me concerne pas (concrètement, ce genre d'interaction définit la hiérarchie dans un groupuscule).
Sur le populisme, je viens d'émettre une hypothèse sur le bulldozer de Vitry et "Achetez français" des années 1980 pour expliquer le succès de la gauche en 1981. Ca me paraît intéressant dans la mesure où c'est en train de revenir.
NB. Je viens de voir Zemmour et Dommenach réunis sur ce point - c'est d'ailleurs intéressant à regarder (http://www.itele.fr/emissions/magazine/ca-se-dispute/video/), car ils ne savaient pas quoi penser eux mêmes de la démondialisation qu'ils proposent. L'analyse que je produis est capable de répondre à ça.
PS. la rhétorique dénigrante gauchiste me laisse froid - m'accuser de "pétition de principe" est une connerie lamentable qui me fout les boules - vous confondez pétition de principe et affirmation sans ronds de jambe et sans précaution oratoires (qui sont obligatoires quand on fonctionne dans un collectif, ce qui n'est pas mon cas).
/// Ce que je dis est que le PS est social démocrate
C'est une hypothése ! Donc voyons si elle se vérifie (ou pas) Quels éléments permettent de qualifier le ps de "social démocrate" ?
Déja pour être "social démocrate", il faut être "du mouvement ouvrier", c'est a dire chercher a "organiser la classe" Le SPD allemand de ce point de vue là, le parti travailliste anglais un peu moins sont viscéralement "sociaux démocrates" Pas le ps.Le ps depuis sa création par Mitterand est un parti bourgeois jusqu'a l'os. Il a bouffé les quelques restes de la sfio, mais sa vérité, c'est d'être de centre gauche. Un peu moins démocrate chrétien que Bayrou (et encore, ça dépend) mais plus proche d'eux que du pcf (qui lui a des coté franchement "socio démocrates" de par son hustoire et sa pratique politique)
D'autre part un parti social démocrate doit avoir un programme "réformiste", c'est a dire capable d'apporter une certaine "socialisation" dans un cadre capitaliste, avec des réformes. De ce point de vue là non plus, le ps n'est pas social démocrate !
Justement. Le PS est social démocrate dans un contexte d'opposition avec la tendance anti-socialdemocrate. C'est l'expérience française depuis un siècle. Et une sorte de cercle vicieux ritualisé (on est dans du Palo-Alto - tant pis pour les freudiens).
Non. Le pcf est social démocrate, a la rigueur (mais ses jours sont comptés) Le ps est grosso modo ce qu'est le parti Démocrate aux états unis.
On peut être d'accord sur le PC.
Je le disais récemment à deux types, sans doute du PC (cause proximité de Colonel Fabien). Mais il faut bien reconnaître qu'ils ne veulent pas l'admettre. Ce qui confirme mon analyse sur l'opposition centenaire dont je leur parlais (jaurès/Guesde, Blum/Thorez, Mollet/ Rochet, Mitterrand/Marchais). Les gauchistes représentant le purisme intellectuel (je parle du mouvement social réel).
Mais après, on entre dans les détails. Les sociaux démocrates sont renvoyés au PS après être exclus du PC (anti-staliniens). Le fond du PS étant chrétien de gauche, d'où une autre contradiction interne, les athées fanatiques restant au PC ou allant chez les gauchistes. Le tout dépendant du cadre institutionnel ou des péripéties historique locales.
Bref, la sociadémocratie réelle a échoué du fait de cette division et sans doute à cause du role central de la France en Europe : 2 guerres mondiales (rôle du populisme nationaliste) et le stalinisme/maoïsme comme conséquences quand même!!!!
On peut s'inquiéter que ça continue.
/// Bref, la sociadémocratie réelle a échoué du fait de cette division
Non la social démocratie est condamnée parce que "il n'y a plus de "grain a moudre" La crise du capitalisme la touche elle en premier !
Ca, c'est ce que disent ceux qui font une mauvaise analyse, "en terme de politique", comme on dit "en terme exclusivement financiers".
Je fais une analyse en terme de réalité (sociologique et économique). C'est ce que signifiait la socialdémocratie. Et c'est ce que les intellectuels abstraits n'ont pas compris. D'où leur responsabilité.
La social démocratie (ou la version vulgaire de la politique "réformiste") ne résiste pas a une crise "structurelle" du capitalisme. Dans la mesure où "il n'y a plus de grain a moudre".... Personnelement, je n'ai rien d'un "intelectuel abstrait" mais comme le disait l'un d'eux "la preuve du pudding, c'est qu'on le mange"....
Réciter le catéchisme n'est pas une analyse.
Le "grain à moudre" n'est pas de la socialdémocratie, c'est la situation française qui comprend la réalité de déni de la socialdémocratie. C'est cette situation qui biaise les analyses. Comme je le disais, on est dans une situation décrite par Palo-Alto (ou de "Mensonge déconcertant"). Tout le discours français est biaisé par cette confusion politique. C'est ce que j'appelle "intellectuel abstrait", pas par anti-intellectualisme, mais parce que non fondé sur des observations et soumis au contraire à ce cadre faussé dogmatique.
J'ai noté dans l'autre fil que vous constestiez que les ouvriers qui votent Le Pen le font par anti-immigration. J'ai eu l'occasion de dire que si ce n'était pas le cas, ils voteraient LO-FDG-NPA-PC. Cela me parait un argument suffisant. Mais comme vous avez contesté la justesse de l'observation, je ne vois pas d'autre solution que de faire le travail d'enquête vous même, si vous ne faites pas confiance aux travailleurs sociologues bobos de Terranova, par exemple.
NB. Moi, je ne suis pas ouvriériste, je suis analyste (indépendant). Et je n'accepte pas de modifier mes analyses pour cadrer avec la ligne ouvriériste du parti (Médiapartien).
NB2. Comme je l'ai dit à une autre occasion, quand on discute, on est un intellectuel et un analyste. On confronte des idées et des analyses, pas des pédigrées qui confèreraient une légitimité. Ceux que certains ne comprennent pas et considère que j'assène des vérités (sans doute parce qu'il ne sont pas habitués à en entendre - petite pique stylistique personnelle que vous me passerez, ou non, mais je m'en fous. Chacun son style).
//// J'ai noté dans l'autre fil que vous constestiez que les ouvriers qui votent Le Pen le font par anti-immigration.
J'ai surtout contesté que "les" ouvriers "votent" le pen... Ou plus précisément j'ai demandé quels étaient les arguments vérifiables a l'appuis d'une telle thése.
Sinon, je pense effectivement qu'une partie de ces ouvriers qui font part deleur soutient aux théses Fhaine ne le font pas par "antiimmigrationiste" primaire, a commencer par les "filles et fils d'immigrés" particulièrement nombreux !
Sinon, je ne comprend rien du tout a ce que vous dites sur la "social démocratie" Traditionnelement "la social démocratie" est la voie "réformiste" du mouvement ouvrier (opposée à la voie révolutionnaire incarnée par le pcf) Or pour que le réformisme marche, il faut avoir la possibilité d'avoir des réformes envisageables et positives. C'était Bergeron, l'ancien dirigeant de Fo défendeur infatigable du "réformisme" qui parlait de "grain à moudre"
Enfin, en tant que (ancien) chercheur en SIC je connais particulièrement bien palo alto, et je pense que vous l'utilisez totalement a contre sens... Mais peut être pouvez vous m'en dire plus...
Je connais Bergeron. Et je dis que sa conception n'est pas la bonne et ne peut pas caractérise la socialdémocratie à l'allemande. Je répète simplement que le PC est socialdémocrate mais ne veut pas l'admettre, d'où un double langage qui met ceux qui le tiennent dans une position de type Palo Alto, et toute la conception politique française avec.
Outre le fait que j'avais dit ailleurs que ce n'était pas les ouvriers/classes popu qui votaient LePen, car on excluait les immigrés qui sont les véritables classes popu. Je pense en effet que l'anti-immigration (+anti-islam) est la véritable cause du vote FN (sinon, encore une fois, y a vraiment d'autres choix). Il y a effectivement des immigrés qui votent LePen. Mais, dans les enquêtes de type sociologique, on ne raisonne pas en terme "logique" (immigrés votentLePen donc pas la cause) mais en termes statistiques (il y a toujours des communistes ou extrême gauche qui votent à droite dans les enquêtes).
NB. Je ne défends évidemment pas les immigrés, ou les classes popu, que je considère, par définition, comme sensibles à un discours de type populiste, style FN (ou extrême gauche hormis leurs pinaillages dogmatiques et leurs références). En clair, quand ils ont le droit de vote, ils peuvent effectivement voter FN. C'est leur droit. Mais ils ont tort pour les même raisons que les autres. Mais pour le moment, je considère que le FN est essentiellement anti-immigration (d'où l'adoption par la droite - et souvent la gauche - de son discours).
J'ai voté une fois PS , je le regrette tous les jours .
Je vous comprends. Mais il est possible de voter pour...pour voter contre à condition que ce contre reste lisible dans la campagne qu'on mène et les alliances que l'on propose !
Pour le moment , je ne vois aucune lisibilité . Les Socialistes pour moi, ce sont des collaborateurs du libéralisme et je ne voterai pas pour eux quelque soit le chantage du deuxième tour .
Vous mettez le doigt là où en effet cela fait mal et qui est l'objet de ma dernière partie : sans campagne large pour l'anticapitalisme et/ou un antilibéralisme radical, on laisse un boulevard à la gauche de droite. Ni Poutou, ni Arthaud, ni même Mélenchon ne peuvent espérer seuls créer le rapport de force permettant de neutraliser les avantages institutionnels (et sociologiques) de celle-ci qui, comble de perversité, alimentent l'abstention. Placer un coin entre ces deux facteurs d'affaiblissement de la gauche radicale est incontournable pour éviter que, malgré son discrédit, le système s'autoreproduise au rythme aberrant d'un droite-gauche, droite-gauche...
A moins de se révolter , je ne vois pas ce qu'on peut faire et encore ça serait récupéré .
See révolter, pas de problème. Je signe ! Mais comment obtenir une révolte collective : les Indignés ont beaucoup de mérite à essayer de lancer, à partir de leur petit noyau, la grande révolte. Je suis sceptique sur leurs chances d'y arriver mais je les respecte. Je trouve seulement qu'ils ne peuvent pas effacer d'un trait d'indignation morale les freins politiques mais aussi sociaux à ladite révolte. Leurs déclarations d'apolitisme radical me semble les handicaper fortement.
Je suis d'accord sur cette analyse .
ET bien tu ne fait rien !!!tu émigres dans d'autres beaux pays démocratiques et comme cela ,pas de récupération!!!!OU bien tu fait l'autruche tu met ta tête dans le sable et tu attends que ça passe!!! Autre solution tu votes FN ,,ils arrivent au pouvoir un mois après c'est la révolution!!on efface tout et on recommence!!! autre hypothése à ta disposition ,tu votes UMP,sarko,tout ce machin,un mois aprés la FRANCE est à feu et à sang,on se fait annexer par l'ALLEMAGNE,et NEUILLY est érigée en principauté et devient paradis fiscal!!! tu vois on peut s"amuser ,hein, en jouant au con!!!!
A qui s'adresse cette prospective de politique fiction dejantée ?
Félicitation pour cet article lucide et plein de logique politique. Je vous en remercie.
En effet , il est inadmissible qu'un tenant de l'économie capitaliste DSK, puisse pratiquer une idéologie socialiste.
On en a eu la preuve irréfragable lors du référendum de 2005 où le PS et l'UMP ont mélangé leurs voix. Pire encore lorsqu'au traité de Lisbonne, Hollande et Sarkozy se sont alliés pour finalement déboucher sur cette crise actuelle.
Je conclue en demandant : " Peut-on se proclamer socialiste, de Gauche et en même temps être un suppôt du capitalisme ? "
Encore une fois : merci pour cet article, il en faudrait plus dans la presse......
Nous sommes bien d'accord en effet et je vous remercie de mettre dans la balance ce qui s'est joué en 2005 et après autour du traité européen. L'UE aura été le vecteur le plus puissant de l'intégration du PS dans la logique du capitalisme : au nom de la construction capitaliste de l'Europe, les socialistes ont jeté aux orties les résidus du réformisme anticapitaliste, certes essentiellement rhétorique, qui s'était affirmé dans l'histoire. C'est pourquoi il faudrait cesser de les qualifier de sociaux-démocrates. Ils sont sociaux-libéraux, autant dire sociaux-capitalistes avec quand même l'interrogatiion, à l'heure de l'austérité grecque ou espagnole, sur ce qui justifie encore le premier segment de la désignation.
Merci à vous de m'avoir aidé à avancer dans ma démonstration.
les socialistes ont jeté aux orties les résidus du réformisme anticapitaliste,(...). C'est pourquoi il faudrait cesser de les qualifier de sociaux-démocrates. Ils sont sociaux-libéraux, (...)
Entièrementd'accord. Les socialistes ne sont en rien des traitres car ils ne promettent rien et ni la jeunesse ni les travailleurs n'attendent d'eux un changement de société.
Dans la période qui s'annonce, la gauche de gauche a pour tâche de rappeler la politique antisociale, pro-capitaliste et xénophobe de Sarkozy. Sarkozy est décidé à ne pas parler de son bilan ou à mentir grossièrement; les amis de Hollande partageant bien des analyses des corrompus qui nous gouvernent sont peu combattifs face à cette attaque sarkozienne.
Comme en 1981, c'est la gauche de gauche qui croit à la défaite possible de la droite et en détient certaines clés. Nous méprisons les élites en place, ce qui donne plus de punch à notre critique qu'à celle venant des sociaux-libéraux qui partagent amitiés et connivences avec les fondés de pouvoir actuels du Capital.
Et il importe de battre le régime de M. Sarkozy.
Je suis d'accord avec ce que vous dites mais je crois qu'il faut être lucide sur le fait que la division actuelle de la gauche de gauche, provoquée par la décision du FdG de "coller"... en vitupérant, mais en collant quand même, au PS, est un handicap très fort pour faire jouer à cette gauche un rôle fort. C'est pourquoi il faut amener les gens du FdG à cesser de croire aux contes de fées sur le rôle de diviseur du NPA, son sectarisme, etc. et à voir la construction bancale de ce qu'ils soutiennent. Construction bancale qui fait déjouer toute critique cohérente du social-libéralisme et du sarkocapitalisme.
//// les gens du FdG
Les gens du FDG ne se font pas tant d'illusion, à mon humble avis et tu accordes trop d'importance (toujours selon moi, qui peut me tromper) aux "opînions". Mais le manque de lisibilité de la lecture de la stratégie du npa (parce oui, il y a une stratégie !) n'est pas dut qu'aux lunettes déformantes des "gens du FDG" mais surtout a des incohérences internes qu'il faut corriger avant que d'en appeler à Optic 2000
Oui ce diagnostic peut être encore plus précis lorsque l'on constate la période 1997/2002 et que les même réseaux alors Jospino-jospinien se sont retrouvés chez Sarkozy sans difficultés et que la tactique politique de Jospin et quasiment la même que celle de Hollande...
Par contre où l'analyse me semble courte ce sont les perspectives du FDG dont " l' utopie grise serait de vouloir aujourd'hui redresser le cours social-libéral du PS"
C'est un peu court...Quant à conclure que le NPA ou ce qu'il en reste va nous sauver de ce marasme réel... J'avoue que la dernière année s'avère un peu triste..
Gilles Sainati (Montpellier)
/// ce sont les perspectives du FDG dont " l' utopie grise serait de vouloir aujourd'hui redresser le cours social-libéral du PS"
C'est surtout l'utopie de la "révolution par les urnes" qui me semble a la fois faux et dangereux ! Mais évidemment, on peut mettre sous le boisseau toutes les contradictions et les non dits de cette stratégie (et c'est ce que fait d'ailleurs le fdg) sans ouvrir un nouveau sujet...
D'accord avec toi Marc mais on peut considérer que l'idée du redressement illusoire du PS participe de l'autre illusion, la révolution par les urnes.
Cela dit, je n'exclus pas qu'une révolution puisse commencer par une victoire électorale ni même qu'elle puisse se combiner pendant un certain temps avec un gouvernement de gauche (sans guillemets) cherchant ouvertement à radicaliser le mouvement social (ce que le PCF et le FdG dans son ensemble se sont bien gardés de faire pendant le mouvement des retraites en collant à la stratégie démobilisatrice des directions syndicales). Ce que je conteste dans la formule lapidaire et proprement électoraliste de la "révolution par les urnes" c'est qu'elle tende à exclure la révolution sociale et ferme toute possibilité que des formes inédites d'organisation de la société remplacent la représentation parlementaire. La révolution prônée par JL Mélenchon et son parti est, telle qu'elle apparaît dans leurs textes, exclusivement parlementariste. En dernier ressort, même si un mouvement social fort émerge, il n'est envisagé par le PG que la délégation du pouvoir aux parlementaires élus. Au mieux ce mouvement social ne peut que favoriser la tenue de nouvelles élections permettant d'envoyer des élus "rouges" gérer la nouvelle situation, lesquels élus pourraient bien entendu voter des modifications constitutionnelles induisant un accroissement de la démocratie. Mais celles-ci excluent a priori toute sortie du modèle parlementaire, actant par là, au nom de l'échec, bien réel, du modèle des conseils ouvriers à la russe, l'impossibilité totale et a priori d'une autoorganisation institutionnalisée proprement sociale. Dans des textes d'Antoine Artous ou de Daniel Bensaïd, on trouve l'idée qu'à côté d'un modèle parlementaire classique quoique renouvelé et plus démocratique, se mette en place un "parlement" de délégués de comités de mobilisation sociale représentatifs ayant un droit de veto sur les décisions "sociales" de l'autre parlement. Cela reste embryonnaire et ne fait pas dans le clé en main mais n'empêche pas de travailler à le concrétiser. Avec évidemment l'avantage que prennent sur cette élboration pour l'instant assez théorique, ceux qui se calent sur l'existant et ne se proposent "que" de le modifer !
Bonsoir Gilles,
Mon analyse du FdG est probablement courte déjà à cause des contraintes qu'impose la forme billet. L'important est d'amorcer la réflexion quitte à préciser les choses dans les commentaires ou dans un prochain billet. Il n'en reste pas moins que mon idée (que j'espère partagée par d'autres) est bien que le FdG a fait un choix politique lourd et désastreusement court-termiste en posant, dans les discussions avec le NPA, comme incontournable de ne pas se positionner clairement sur le rapport au PS. Ce que je dis dans mon billet en m'appuyant sur l'article du Monde est que l'on ne gagne rien sur le fond à faire dans le plus petit dénominateur stratégique pour maintenir ouvertes les options les plus contradictoires dans le FdG sur la question du PS : gagner les abstentionnistes et les déçus de la gauche qui se tournent vers le FN, car, pour moi, sans négliger le reste, c'est cela l'essentiel, ne peut se faire en cédant à la "combine" politicienne, voire électoraliste. Aberration dans laquelle tombe le FdG en laissant le PCF préparer son éventuel ralliement au PS (qu'il pratique, faut-il le rappeler, déjà assez bovinement en mairies, conseils généraux et régions) dans l'instant même où JL Mélenchon lève la voix pour énoncer une radicalité antiBayrou par ailleurs elle-même compatible avec une union des gauches, PS compris. Ces démarches en crabe peuvent payer électoralement (mais, si tu veux bien, on en reparlera), elles sont cependant perdantes sur la construction de perspectives de rupture qu'elles retardent, voire rendent des plus difficiles.
Travailler à une unité avec le NPA sur l'articulation d'une déclaration d'indépendance claire vis-à-vis du PS et un appel purement instrumental (c'est-à-dire ne reniant pas cette indépendance) à battre Sarkozy ou tout autre candidat de la droite, aurait une tout autre force d'entraînement que les calamiteuses approches sur le mode "je t'aime, moi non plus" que pratique à l'envi le FdG envers le PS.
Sur le NPA lui-même, tu ferais bien de relire de près mon billet pour constater que je n'en fais pas le "sauveur suprême" contrairement à ce que tu écris. Ce parti est indéniablement en difficulté parce qu'il voit son espace politique se réduire par l'effet combiné des défaites sociales (mouvement des retraites) et de ces remises en selle d'opérations politiciennes à gauche où malheureusement le FdG joue une partition certes quelque peu alambiquée. Mais je reste persuadé que ce que je dis de l'écume médiatique obscurcissant les enjeux politiques de l'"affaire" DSK vaut largement pour les pronostics concernant la mort du NPA, comme d'ailleurs, tu pourrais t'y préparer, pour la supposée dynamique irréversiblement ascendante de la candidature de JL Mélenchon. Un Chevènement, par exemple, est l'illutration des rapides dégonflements de baudruches politico-médiatiques.
Je te lis assez pour savoir que tu ne te laisses pas "embarquer" dans des analyses impressionnistes et hâtives. Epargnons-nous donc les piques polémiques qui ne font rien avancer de décisif sur ce qui nous importe : le mouvement social, citoyen, etc., qui, tu seras d'accord là-dessus, permettra de vérifier si le NPA ou le PG ou même le FdG, s'il résiste à une implosion en mars 2012, sont/seront dans le coup...
Par ailleurs, rien à redire sur ce que tu dis du jospinisme. Accord total de ma part mais pourquoi ces lignes exigeantes envers le PS font-elles hiatus avec ce que le FdG développe comme relations avec celui-ci (cf par exemple les pressions angoissées du PG pour être sur des listes sénatoriales du PS auxquelles était déjà subordonné le PC) et que tu ne sembles pas désapprouver ?