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Combattre Marine Le Pen sur les retraites...un défi à Mélenchon !
Sujet sensible s'il en est les retraites ont été et restent l'enjeu d'un bras de fer crucial avec les représentants du capital qui veulent la peau du système par répartition. C'est à une attaque en règle que nous assistons depuis la réforme Balladur de 1993 jusqu'aux attaques contre les retraites des fonctionnaires ou les régimes spéciaux, contre l'âge légal à 60 ans ou encore contre la durée de cotisation fixée à 37,5 années. Rien n'y a fait ni le mouvement social de 2003, ni celui des cheminots de 2007 ni celui de 2010; nous ne reviendrons pas sur tout ce qui, y compris et même essentiellement, du côté syndical, a réussi à mettre des bâtons dans les roues d' une mobilisation puissante mais dépourvue d'autonomie pour chercher le meilleur moyen de lever les obstacles, se développer et se porter candidate à infliger une raclée aux terroristes antisociaux de la droite.
Qu'on le veuille ou non, qu'on le regrette (j'en suis) ou pas, c'est sur le terrain électoral que, momentanément et sans exclure une relance des luttes, se trouve déportée ce qu'il faut bien appeler, à défaut d'offensive, la résistance aux démantèlements des droits sociaux dont celui à une retraite décente. Et sur ce terrain-là, comme un fruit mûr tombé des désillusions engendrées par l'échec du mouvement social mais aussi, plus profondément, plus structurellement, serait-on tenté de dire, par le rejet d'un jeu politicien qui voit depuis 1983 la droite et la gauche converger, en alternance, dans le matraquage libéral du monde du travail, eh bien, comme résultante de ces désastreux effets politiques et sociaux cumulés, nous voyons s'affirmer une prétention de l'extrême droite à incarner...la résistance ouvrière et populaire. Rien que ça !
Le sondage grandeur nature de l'élection présidentielle nous donnera une idée de l'ampleur de ce qui, de toute façon, est une menace majeure pour les travailleurs. Tout doit être fait pour "casser" dès maintenant la logique usurpatrice de la colère et de la défiance ouvrières mise en mouvement par Marine Le Pen et son Front National. Pour construire ce positionnement "populaire", celle-ci n'a pas hésité a faire subir une mue profonde au socle de références traditionnel de ce parti : il n'y a désormais, par exemple, pas plus laïque ni plus féministe (avec un gros bémol sur l'avortement) que Marine Le Pen avec, bien sûr, un ciblage des musulmanes voilées et plus généralement le développement d'une islamophobie qui déborde largement les frontières de l'extrême droite (1).
Il en va de même des retraites : la récente entrevue accordée par Jean-Marie Le Pen à France 3 (2) permet de bien mesurer le changement radical opéré. Le père avoue ne pas comprendre que sa Marine ait laissé tomber son positionnement en faveur de la retraite à 65 ans pour celui d'une retraite à 60 ans...avec ...40 ans de cotisation. Et là on se prend à penser : le FN double donc le PS sur sa...gauche (pas difficile au fond) puisque Hollande est partant pour une retraite à 60 ans avec les 41,5 annuités imposées par la droite, décotes comprises. Mais il y a mieux encore : il se place sur le même terrain que le ... Front de Gauche dont nous avons montré (3) que, favorable à un retour aux 60 ans, il accepte cependant (sans le déclarer à tue-tête !) un alignement bien réel sur les 40 ans de cotisation. 40 ans de cotisation qui, nous le savons bien, font des 60 ans une pure fiction car, à cet âge-là, la majorité des salariés n'auraient pas leur 40 annuités et se verraient donc dans l'obligation, sous peine d'avoir une retraite incomplète, de travailler plus longtemps. Comme la droite et le PS le veulent !
Alors les choses sont simples : nous sommes nombreux, très nombreux à la gauche du PS, à vouloir porter le fer politique contre le FN. Mais il faut pour cela partir de l'idée que ce danger est né, comme on l'a dit plus haut, pour une part essentielle, de la compromission de la gauche dans les attaques contre les salariés et les couches paupérisées. Et que donc il y a rien moins qu'une reconquête par la gauche du monde du travail à entreprendre qui passe par la défense intransigeante des droits sociaux. En matière de retraite cette défense ne peut aucunement entériner l'allongement de la durée de cotisation imposée par Balladur et Fillon qui participe d'un appauvrissement généralisé du salaire "continué" (les retraites telles que les appelle Bernard Friot) du peuple travailleur. Contrer efficacement et la droite, et l'extrême droite...et le social-libéralisme, cela passe certes nécessairement par un retour aux 60 ans mais, pour que ce retour soit bien le signe de ce qu'il y a peu on appelait une mesure de classe, il doit s'accompagner d'un retour aux 37,5 années de cotisation (avec probable abaissement à 35 années comme le propose Gérard Filoche [4]) qui prévalaient avant l'agression balladurienne puis fillonesque.
Il faut donc le dire clairement : Jean-Luc Mélenchon et les dirigeants du Front de Gauche, qui se disent déterminés à être les meilleurs opposants à l'extrême droite, ne peuvent plus se retrouver sur, de fait, les mêmes positions 60 ans/40 annuités que le Front National, qui plus est, en jouant d'un inadmissible faux-fuyant sur ces 40 annuités qui ne figurent dans aucun de leurs documents programmatiques. (5) Il n'est pas possible de faire ce cadeau confusionniste à souhait à cet ennemi des travailleurs : il y a incontestablement de la radicalité (et de la clarté) à mettre en oeuvre pour éviter de jouer "collé de près" avec les socialistes, un "joué collé" (40/41,5) qui est le meilleur aliment pour la montée d'un FHaine en passe de réussir le tour de force de faire oublier cette haine foncière qu'il a pour le travail et de commencer à instiller impunément de la haine dans le peuple contre les immigrés, spécialement arabes et musulmans !
Alors chiche, camarades du Front de Gauche, si on jouait vraiment à gauche sur 37,5 (35) annuités/60 ans/75 % du meilleur salaire, avec la garantie que le FN ne pourra pas suivre et avec l'immense avantage de vous mettre à distance de Hollande parce qu'il le faut bien pour être à gauche toute et ne pas relancer la machine à perdre le peuple au profit de l'extrême droite ? Avec la gratifiante cerise sur le gâteau que cela vous rapprocherait d'une unité avec le NPA qui, lui, est toujours clairement sur 37,5/60/75 ! Vous imaginez, avec dans la foulée quelques autres réajustements, la révolution que cela serait de brandir avec le NPA le drapeau d'une défense intransigeante des retraites ouvrières, de l'interdiction des licenciements comme cela avait été possible en Languedoc-Roussillon aux régionales de 2010, etc. (6)? Il faudrait revoir les candidatures de Mélenchon et de Poutou ? Ce ne devrait pas être le plus difficile même à 3 mois de l'élection ! A vérifier quand même ! Mais on n'a rien sans rien...
(2) Quand Le Pen désapprouve sa fille sur la retraite à 60 ans
(3) Front de Gauche et retraites : Mélenchon est pour les 40 ans de cotisation (vidéos) et Retraites. Hollande, Mélenchon ou le syndrome de la paille et de la poutre dans l'oeil (gauche) de l'autre
(4) 21. Prétendre imposer – sur le papier – 41 ou 42 annuités, le SEUL résultat, puisque la moyenne des salariés ne peut cotiser que 36 ou 35 annuités, c’est 6 ou 7 ans de décote.
22. Comment admettre d’allonger des annuités qui ne seront jamais effectuées et donc baisser les plus petites retraites ? Reculer l’âge de départ en retraite à pour seul effet pratique de baisser le niveau des retraites réintroduisant la misère chez les vieux.
23. Il faut prendre comme référence le nombre d’années réellement cotisées dans la vie réelle et non pas l’allongement aléatoire de l’espérance de vie.
24. Par exemple, si la moyenne réelle des annuités cotisées dans la vie réelle des salariés est de 35 annuités, la référence retenue pour une retraite à taux plein doit être de 35, si elle est de 36 cela doit être 36, si elle monte à 37, cela doit être 37…
50 arguments pour le droit à la retraite à 60 ans sans décote !
(5) Aucune échappatoire n'est possible du côté d'une suppression des décotes proposée par le Front de Gauche. Cette suppression annulerait une surpénalité bien réelle imposée à ceux qui n'auraient pas leurs annuités mais elle ne supprimerait pas la pénalité d'avoir à partir à 60 ans avec une retraite incomplète ou d'avoir à travailler (3, 4 ans,...?) au-delà de 60 ans pour avoir une retraite pleine ! Un front de gauche ne peut tout de même pas viser à faire juste un peu mieux que le FN tout en laissant encore bien mal en point l'accès à la retraite !
(6) Programme, tracts et circulaire de la liste A gauche Maintenant !


Tous les commentaires
Et demain en plus rase gratis !
Bleu Marine : je m’appelle Bleu Marine
Ciel Bleu : Je m’appelle Bleu Ciel
Bleu Marine : je suis patriote. J’aime mon pays et je fais tout pour lui
Ciel Bleu : Je suis patriote; je fais tout pour qu’on aime mon pays
Bleu Marine : nous sommes envahis. Et je m’élève contre les envahisseurs
Ciel Bleu : c’est le principe du marché : la porte ouverte à toutes les fenêtres comme le dit si bien un juif marocain.
Bleu Marine : la préférence française… je ne vois rien de mieux pour gommer tous les abus, tous les excès, tous les déchets
Ciel Bleu : la référence française parce qu’il n’y a que les autres pour nous rendre fiers de nous-mêmes.
Bleu Marine : quels autres? Les agents de dissolution de notre identité française?
Ciel Bleu : Parce que la France n’est pas un pré carré mais un champ de possibilités…
Bleu Marine : un champ dévasté par les enfoirés de tous les pays… qui y trouvent matière à tisser et à ratisser.
Ciel Bleu : non, un champ magnétique qui se vend au plus offrant et s’étonne de voir proliférer les clients.
Bleu Marine : c’est un problème juridique qui réclame une volonté politique.
Ciel Bleu : non, c’est un problème économique que je peux résumer en deux mots, le capital a piégé tout le monde.
Bleu Marine : si tu veux, n’empêche qu’on a vendu la France… et moi je me propose de la racheter
Ciel Bleu : on ne peut pas racheter le passé… c’est hors de prix
Bleu Marine : on peut changer l’avenir en réhabilitant la nation française, la monnaie française, la tradition française.
Ciel Bleu : les hommes cherchent des ressources et ne sont plus tentés par un retour aux sources.
Bleu Marine : pas de ressources sans retour aux sources, c’est le b-a-ba de tout mon combat.
Ciel Bleu : avec la mondialisation ils ont plutôt retenu l’inverse: qu’on se ressource plutôt ailleurs que chez soi.
Bleu Marine : d’où la crise… des finances et de la matière grise. Cette fuite en avant est la pire des sottises
Ciel Bleu : tu n’as donc pas encore compris que le profit n’a ni race, ni couleur ni odeur… c’est un mélo tout terrain.
Bleu Marine : un profit qui ne profite qu’aux autres, j’appelle ça un désastre économique et politique.
Ciel Bleu : je le répète: les hommes n’y sont pour rien… c’est le système qui fausse la donne
Bleu Marine : non, c’est la volonté politique qui s’évertue à pourrir une situation que je cherche à assainir.
Ciel Bleu : encore un argument idéologique: une bourgeoise qui dénonce la bourgeoisie et l’embourgeoisement des esprits.
Bleu Marine : je ne suis pas une bourgeoise… mes racines sont marines.
Ciel Bleu : dans ce cas, pourquoi tu cherches à enfermer l’océan dans une bouteille ?
Bleu Marine : pour le préserver figure-toi, de toute pollution et pour que nos poissons ne finissent pas dans les filets du voisin
Ciel Bleu : le nationalisme n’est pas la solution…
Bleu Marine : tu es entrain d’insinuer que le problème c’est qu’il n’y a pas de solution?
Ciel Bleu : je suis entrain de te dire que TA SOLUTION, n’est pas la solution du problème
Bleu Marine : le problème, je n’en vois qu’un : bientôt plus de France ni de français
Ciel Bleu : ce n’est pas en chassant tous les étrangers que tu vas retrouver… ta maison, ta raison ou ta 5ème saison
Bleu Marine : m’y retrouver c’est déjà ça et après on verra
Ciel Bleu : tu as raison c’est plus facile de rejeter les pauvres algériens que les riches américains
Bleu Marine : les uns, puis les autres… mais les plus menaçants en premier
Ciel Bleu : c’est l’Islam qui te fait cet effet?
Bleu Marine : l’islamisation des esprits, oui cette culture de la soumission et de l’endoctrinement à tout bout de champ
Ciel Bleu : c’est de l’argent ni plus , ni moins. Pourquoi tu ne rejettes pas le Qatar, l’Arabie, le Koweït et tout l’or noir?
Bleu Marine : sans hésitation … mais en attendant je commence par les chasseurs de dot.
Ciel Bleu : Tu me fais de la peine parce que ton combat ne rime à rien
Bleu Marine : il n’y a en pas d’autre
Ciel Bleu : j’ai la naïveté de croire que le vrai patriotisme est inconcevable sans un brin de communisme
Bleu Marine : tu es bien naïve… en effet…ton brin de muguet à une logue histoire : le totalitarisme.
Ciel Bleu : aussi scabreuse que celle du nationalisme
Bleu Marine : on dirait que tu as signé un pacte avec le diable
Ciel Bleu : lequel? Celui qui relie l’extrême gauche à l’extrême droite ?
Bleu Marine : je ne me sens concernée ni par l’une, ni par l’autre
Ciel Bleu : avec ta culture du rejet tu finiras par te rejeter toi-même
Bleu Marine : et avec ton sens du compromis tu es promise à un avenir sans avenir
Ciel Bleu : si on te donnait les moyens de faire le vide, qui mettras-tu à la porte le chasseur, le pêcheur ou le berger ?
Bleu Marine : le berger qui ne prend pas soin de ses brebis, le chasseur qui chasse en dehors de ses terres et le pêcheur qui pêche le poisson destiné à une autre population que la sienne
Ciel Bleu : bizarre tu viens de dresser en deux temps trois mouvements le portrait robot de l’occident.
http://www.lejournaldepersonne.com/2011/12/francaise-de-souche/
Votre dialogue imaginé entre un(e) patriote anticapitaliste et une patriote Marine est fait avec un talent d'écriture certain mais s'enferme dans l'illusion dangereuse que l'on peut disputer, depuis une critique de la mondialisation, l'idée de nation à l'extrême droite (ou à la droite). Derrière une volonté déclarée de progressisme, cette démarche fait céder une digue : de proche en proche elle amène à exalter la France des Lumières, la laïcité à la française et cela donne déjà l'approbation "républicaine" par le parti de Mélenchon du récent vote "de gauche" (!) du Sénat d' une loi d’extension de la neutralité aux structures privées de la petite enfance qui aurait pour effet nécessaire, si elle était ratifiée par l'Assemblée Nationale, de "rejeter les pauvres algériens [plutôt que] les riches américains" pour reprendre vos lignes. On ne joue pas impunément à concurrencer l'extrême droite avec ses dadas de la nation et à trafiquer les mots en opposant la "référence" nationale à la "préférence nationale" (qui est devenue en fait la "priorité nationale" !) lepéniste : la France universaliste de la République et de la citoyenneté a déjà donné du côté du colonialisme et donne toujours du côté de la dissolution des frontières ...de classes : il se trouve toujours des républicains de droite que l'on cherche à cajôler depuis la gauche républicaine (voyez Mélenchon et Dassault) et cela finit toujours par une alliance contre le peuple au nom de l'intérêt national, de l'industrie nationale, etc. Chevènement déjà sous un gouvernement de gauche n'a pas hésité à jouer du bâton contre les sans-papiers, une Edith Cresson premier ministre en est venue à légitimer (et de quelle façon! [1])les charters les expulsant, etc. Bref on a déjà donné et tout dialogue avec Marine Le Pen est de toute façon d'emblée une défaite de la gauche (rappelez-vous les bonnes questions qu'aurait posées le père Le Pen en contre-poids des mauvaises réponses qu'il aurait données en matière d'mimigration. C'était du Fabius premier ministre, lui, en1984 et participait de la précoce déroute politique des socialistes au pouvoir). Basta de recyclages douteux et en fait indubitablement voués à faire diversion et division sur l'essentiel : le combat anticapitaliste qui est incontournablement internationaliste et solidaire. Ni avec Dassault ni avec Bill Gates. Avec Mohamed et ses potes polonais, sénégalais, roumains, équatoriens, etc. qui subissent, plus que les autres mais sur le fond comme les autres, la loi d'airain du capital européen, national et international, solidaire, lui, du culte de la marchandise ! La seule "valeur" qui lui importe réellement !
[1] « les charters, ce sont des gens qui partent en vacances avec des prix inférieurs. Là, ce sera totalement gratuit et ce ne sera pas pour des vacances » (8 juillet 1991)
Quelques idées de lecture :
Les nouvelles dragonnades
Constitutionnaliser la loi de 1905 ( je ne suis cepndant pas Baubérot sur la constitutionalisation de la loi de 1905)
C'est qui votre ennemi ? Le FDG ou le FN ?
Pas de problématique de l'ennemi avec le FdG, simplement je suis...ennemi de ce qui rapproche, involontairement certes, le FdG et le FN sur les retraites. Le champ politique est ainsi fait que l'on ne biaise pas impunément avec les choix politiques que l'on fait (pour le coup sans le dire clairement : cf les 40 annuités pour Mélenchon) : dire qu'on est le seul adversaire de l'extrême droite doit se vérifier à tous les étages du positionnement politique que l'on adopte. Il ya un étage du Front de Gauche qui pose problème. Chercher à me stigmatiser comme confondant en inimitié FdG et FN est un vieux procédé d'amalgame alors que moi je déplore l'amalgame de fait (pas du mien) qui affaiblit la prétention antifasciste de Mélenchon.
Je vois à votre réaction que les vieux schémas/vieux démons de la gauche sont de retour du côté des défenseurs du FdG : vieille invitation à empêcher de penser ce qui dérange ! Sous Staline cela donnait de l'hitléotrotskysme et cela vous valait le peloton d'exécution ou le Goulag. Je suis soulagé de vivre au XXIe siècle même si par ailleurs il est bien môche et tend à revenir au bon vieux temps des années 20 et 30. On n'y est pas encore mais il faudrait veiller à ne pas contribuer à la régression.
Vous vous trompé , je suis lucide avec le FDG et je ne comprends toujours pas pourquoi un parti révolutionnaire se présente aux élections .
Là vous déplacez la discussion. Mais je veux bien y répondre si, par parti révolutionnaire, vous parlez du NPA : parti donnant la priorité aux luttes il intervient sur le terrain électoral pour 1/ porter ce primat de la lutte sociale, même en temps de reflux comme en ce moment et 2/ pour proposer ses propres réponses politiques. Le tout dans une démarche antiélectoraliste qui n'apparaît comme un paradoxe qu'à ceux qui simplifient le combat politique en dualités inopérantes : élections piège à cons/élections "sésame, ouvre-toi" !
Je ne comprends pas ce que vous reprochez clairement à Mélenchon pour sa position sur les retraites : dans le programme c'est écrit "Nous retablirons le droit à la retraite à 60 ans à taux plein (75% du salaire de référence) pour toutes et tous avec la prise en compte de la pénibilité de professions particulières donnant droit à des départs anticipés". Bon alors ? Je vous signale que la retraite à la carte (nombres d'annuités) et l'âge légal sont 2 façons de concevoir l'âge de départ à la retraite qui ne sont pas compatibles (on ne peut pas réclamer 40 annuités et l'âge légal de 60 ans comme l'a fait Le Pen dernièrement).
Je vous renvoie à ce que j'ai écrit précédemment et qui, contrairement à ce que vous écrivez, montre que le retour aux 60 ans et les 40 annuités sont "compatibles" en pénalisant de fait les salariés nombreux qui n'auront pas ces 40 annuités à 60 ans. 60 ans qui ainsi deviennent un leurre électoraliste peu étonnant chez Hollande (qui lui est pour les 41,5 annuités couplées au retour au 60 ans !) mais inconcevable chez Mélenchon :
Voici ce que j'ai écrit récemment :
Si, dans le cadre posé par le FDG, tu arrives à 60 ans en n’ayant que 35 annuités (cas de celui qui a commencé à travailler/cotiser à 25 ans) au lieu des 40 insidieusement exigées par ledit FdG, ta retraite à taux plein à 75 % reviendrait effectivement à :
140 trimestres (= 35 annuités) / 160 (= 40 annuités) X 75 % = 65,6 %.
Tu perdrais un peu moins de 10 points sur ce que tu aurais gagné si tu avais pu arriver à 60 ans avec les 40 annuités exigées. Il ne te resterait plus qu’à prolonger ton activité pour arriver au taux plein, ce qui relativise la croyance que 60 ans "serait" l’âge effectif de départ à la retraite ! Avec le FdG pour avoir ta retraite pleine, au vu de la réalité des durées de cotisation actuelles, tu es obligé d’aller largement au-delà de la barre des 60 ans. Beaucoup de "croyants" du FdG risqueraient d’être déçus quand ils constateraient que 60 ans cela signifierait une pension bien en dessous des 75 % qu’ on leur fait miroiter !
Si on rétablit les 37,5 annuités et si tu n’avais que 35 annuités à 60 ans, tu aurais :
140 trimestres (= 35 annuités) / 150 trimestres (= 37,5 annuités) X 75 % = quasiment 70 % soit - 5 points. Ce qui n’est pas satisfaisant !
Si, en revanche, on retient la proposition de Filoche, on a : 140 trimestres (= 35 annuités) = 75 %. Tu pourrais partir, pour de vrai, à 60 ans, en n’ayant cotisé "que" 35 ans, à, pour de vrai, taux plein ! Voilà ce que porte le triptyque 35/60/75 au lieu du (40)/60/75 du FdG. Les parenthèses étant là pour dire la clandestinité des 40 annuités "frontdegauchères" !
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Quand on se prétend radical, révolutionnaire, intransigeant avec la finance, etc. c’est jouer petit bras que de se contenter de pénaliser un tout petit peu moins que la droite sur les retraites. Car, en faisant l’impasse sur les annuités, sur un retour aux 37,5, cap sur les 35, le FdG entérine la régression globale des retraites opérées par la droite. Même si les plus petites retraites seraient revalorisées par le filet du Smic, les retraites qui sont au-dessus de cette barre seraient bel et bien pénalisées par le maintien de la réforme fillonesque des annuités ! L’attaque sur la masse des retraites resterait bien en place avec les propositions petitement réformistes du FdG puisque l’on estime que les retraites en dessous du Smic concernent actuellement 1,5 millions de personnes sur un total de 15 millions de retraités. 13,5 millions de retraités laissés sur le carreau, cela donne la mesure de la radicalité du FdG !
Donc si la smicarisation des retraites est le programme du FdG, il faudrait là aussi qu’il le dise clairement !
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Pour compléter : à toutes fins utiles il faudrait intégrer au calcul du montant de la retraite le maintien ou pas des décotes actuelles qui ajoutent de la pénalité à la pénalité pour ceux qui ne sont pas dans les clous des exigences légales pour l’obtention d’une retraite pleine. Il y a aussi la question de savoir comment est calculé le SAM (le salaire annuel moyen) qui sert de base aux 75 % : le FdG prévoit-il un SAM calé sur les 10 meilleures années ? Je n’ai rien lu sur ces points dans ses documents. Merci d’apporter, le cas échéant, les précisions qui m’auraient échappé.
Toutes ces données techniques sont essentielles, même si, en dernière instance c’est bien le politique qui est déterminant : le choix caché du FdG de jeter aux orties les 37,5 annuités est avant tout un choix politique de rupture avec la volonté de construire une offensive en faveur d’une substantielle avancée sur le salaire continué que sont les retraites ! C’est cette démission qui, sur ce point comme sur d’autres, établit les bases d’une convergence du FdG (ou d’une de ses parties) avec le PS, convergence qui n’est certes pas acquise. Mais déjà travailler à laisser la possibilité qu’elle ait lieu explique le sens profond du refus du FdG de faire l’unité avec le NPA dont la première exigence était justement que soit actée l’impossibilité de converger avec un parti "de gauche" qui fait désormais partie de l’ordre capitaliste.
Tout ceci est bien révélateur de ce qui est à l’oeuvre dans la stratégie de la mélenchonienne "révolution par les urnes" : 1/ une récupération rhétorique de la radicalité sociale que l’on accompagne, quand elle occupe les rues, en docilité totale avec des directions syndicales qui n’ont qu’un objectif, le blocage d’une "révolution par les rues" ; 2/ l’intégration institutionnelle de la radicalité sociale par la délégation de pouvoir à des élus de gauche dont la "radicalité" est bornée par les (im)possibilités même des jeux d’alliances de "la" gauche ! L’idée que, d’une manière ou d’une autre, le mouvement social soit/doive être le coeur de l’alternative au capitalisme est étrangère au FdG : en ce sens il est l’héritier le plus à gauche de ce qui reste le réformisme socialiste. Le mitterrandisme revendiqué de Mélenchon n’est pas une anecdote : il est un identificateur clé de sa stratégie et de celle du FdG, quelles que soient les nuances existant entre les partis qui le composent et qui empêcheront peut-être certains d’aller à la soupe socialiste.
Voilà en résumé ce qui se trame derrière la technicité de la question des retraites. Les 40 ans ont à voir avec d’autres années, les années Mitterrand même s’il faut toujours rester attentif aux innovations qui recouvrent l’identique.
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Aujourd’hui [les reniements à gauche] concernent Hollande mais aussi, annoncé par ces "petits" détails sur la retraite, sur l’idée d’un programme partagé de toute la gauche, donc PS compris, cela concerne un Front de Gauche qui a refusé l’unité proposée par le NPA avec comme premier critère de base l’indépendance vis-à-vis du PS. Oui, c’est le FdG qui a refusé une unité d’indépendance avec le NPA pour garder la porte ouverte sur une unité de dépendance envers le PS.
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Ce qui est en jeu ici : 40 annuités, oui/non, pourquoi le Front de Gauche joue-t-il à cache-cache sur ce sujet, etc. Ce n’est pas de la grande théorie politique, c’est, excusez du peu, du "salaire continué" (la retraite) qui renvoie à de la captation de plus-value, au taux d’exploitation. Bref à la lutte des classes. Et, par-delà les éclats de voix radicaux de son candidat, la question qui est posée est bien celle du rapport "réel" du Front de Gauche à la lutte des classes et au rapport de force favorable au capital qu’ont donné les années de gauche unie (mitterrandiennes ou néomitterrandiennes) au gouvernement (avec l’appui/participation du PCF et de Mélenchon !).
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Votre façon de renvoyer [la question des annuités] à un débat qui reste ouvert sur le programme du FdG est tout à fait distrayante, au sens qu’elle distrait de ce qui devrait rester clair : un débat dont n’est précisée aucune procédure de mise en place, de réception des propositions et de formulation de nouvelles propositions sous contrôle d’instances représentatives des gens consultés, un tel débat est exactement un non-débat. Seulement un moulinet rhétorique pour faire croire à une prise réelle des débatteurs sur le processus et le point d’arrivée du débat. C’est un truc vieux comme la gauche ! Je vois que vous y croyez. Ce n’est pas une réponse à la question que je pose et que je vais poser autrement : pourquoi faut-il que, sur une question aussi essentielle que le "salaire continué", le FdG se pose la question d’un débat qu’il n’envisage nullement par exemple sur le Smic ? Qu’on consulte à la rigueur sur la possibilité de passer à 35 annuités, pourquoi pas ? Mais là où rouge citron fait vraiment une impasse c’est sur le fait que Mélenchon et Laurent disent qu’ils sont pour les 40 annuités et que ce positionnement soit absent de toute discussion. A suivre la naïve position de rouge citron on oublie que l’idée qu’on puisse débattre des annuités n’est nullement portée par les dirigeants qui eux ont déjà choisi. rouge citron va-t-il nous faire croire que cette idée n’a pas effleuré l’esprit d’un seul dirigeant du FdG ? Il aura donc fallu que cela émerge de la base ? Il y aurait donc un hyperbolique hiatus entre la base et le sommet du FdG ?
Le Front de Gauche et les retraites : Mélenchon est pour les 40 ans de cotisation !
Pour les retraites, vous avez raison , il faudrait moins d'annuités sans mettre une butée d'âge sinon c'est de l'hypocrisie , un mensonge .
Pour ne répondre qu'au sujet des retraites (et non à votre accusation de rapprochement avec le PS qui est une grosse blague), voici un extrait du blog de Mélenchon :
"Car la « retraite à la carte » et « l’âge légal » sont incompatibles. Ne vous embrouillez pas. Je fais un petit paragraphe d’explications.
Il existe deux âges légaux pour la retraite en France aujourd’hui. Le premier c’est l’âge légal de départ. Il était à 60 ans et il est progressivement relevé à 62 ans d’ici à 2017. Sauf régime spécial, il est impossible de partir à la retraite avant cet âge, même si un salarié a le nombre d’années de cotisations requises. Le second, c’est l’âge légal pour avoir une retraite à taux plein, même sans le nombre d’années de cotisations obligatoires. Il était à 65 ans. Il passera progressivement à 67 ans d’ici à 2017. A partir de cet âge, un salarié qui n’a pas toutes ses années de cotisations ne subira pas de décote. Faisons le point. L’âge légal de départ est une protection collective. Il ouvre le droit au départ en retraite indépendamment de la durée de cotisation. Un salarié fatigué qui n’a pas cotisé 41,5 années peut choisir de partir à la retraite même s’il n’a pas le nombre d’années de cotisations requises. Actuellement sa retraite sera minorée par la décote, mais il n’est pas obligé de continuer à travailler. En 2010, plus de 8% des salariés partis à la retraite l’ont fait sans avoir cotisé la durée requise. Ils ont préféré partir à la retraite, malgré la décote, car ils étaient épuisés ou parce qu’ils considéraient que le montant de leur retraite serait suffisante pour vivre. C’est donc une liberté. Personne n’est obligé de partir à 60 ans (repoussé à 62). A l’inverse, dans le cadre d’une retraite « à la carte », un salarié qui n’a pas atteint la durée de cotisation requise est obligé de continuer à travailler. Il ne peut pas décider de partir à la retraite, même avec une retraite plus faible. Qui propose la « retraite à la carte » ? L’Institut Montaigne, le MEDEF, François Bayrou. Au total, la proposition de Le Pen est moins favorable aux salariés qui ont 40 années de cotisation après 60 ans. Imaginons un salarié qui a 62 ans n’a pu valider que 35 années de cotisation. Avec Fillon il peut partir avec une décote. Avec le Front de Gauche, il peut partir sans décote. Avec Le Pen, il ne peut pas partir. Avis aux benêts qui la croient : Le Pen c’est pire qu’avec Fillon."
La phrase que j'ai mise en gras montre que pour Mélenchon, c'est retraite à 60 ans pour tous, quel que soit le nombre d'années cotisées.
Vous devriez, pour commencer, être plus prudente que... Jean-Luc Mélenchon lui-même quand vous rejetez d'un grossier revers de main ma supposée (je n'accuse pas) "accusation de rapprochement avec le PS qui est une grosse blague". En effet il est arrivé au candidat du Front de Gauche de se laisser aller à dire des choses qu'il ne redit plus ensuite, comme pour les 40 annuités (ce "dire pour ne plus le redire" pose en soi un problème d'éthique politique qui visiblement ne vous indispose pas). Ainsi dans un tchat dans Le Monde du 5 octobre dernier on lit ceci :
"Damien : Pouvez-vous affirmer une bonne fois pour toutes, que les différentes composantes du Front de Gauche ne participeront pas à un gouvernement PS ?
Jean-Luc Mélenchon : Allez le leur demander. Le Front de gauche ne dissout pas les partis qui le composent. Chacun d'entre eux reste souverain. Je peux répéter ce que j'ai déjà dit. Mon travail est de rendre possible le rassemblement de tout l'arc des forces et des cultures qui se reconnaissent dans le Front de gauche. Je sais donc très bien que certains pensent qu'il faut participer à une coalition gouvernementale, même si elle est sous direction socialiste et d'autres pensent que cela est totalement exclu. [c'est moi qui souligne]
Ma place à moi est dans l'élection présidentielle. Cela veut donc dire que pour pouvoir rassembler tout le monde, il faut que chacun soit personnellement libre de sa propre décision et que chacun puisse se retrouver dans mon propre comportement. Je ne siégerai donc dans aucun autre gouvernement que celui que je dirigerai."
Tiré de Mélenchon : "Je ne siégerai dans aucun autre gouvernement que le mien""
A lire dans mon billet : Jean-Luc Mélenchon dit non à Bayrou pour dire oui au PS !
Vous voyez que c'est plus compliqué que vous ne le dites car si Mélenchon asssure qu'il n'ira pas personellement au gouvernement avec les socialistes, il est parfaitement conscient que la principale composante du Front de Gauche, le Parti Communiste, a une furieuse envie d'y aller en conformité d'ailleurs avec son "programme partagé" de toute la gauche (essentiellement le PS). Comme pour les 40 annuités, cela est dit une fois et puis on n'en parle plus. On n'en fait pas étalage au-devant des militants et des électeurs et on évite ainsi qu'ils sachent ce qu'il en retourne d'une clandestine stratégie à double détente du Front de Gauche. Tout le monde croit, en votant pour le FdG, voter pour une ligne d'indépendance de toutes les composantes envers le PS mais cela ne correspond pas à ce qui a été déclaré un certain 5 octobre de l'an passé !
Concernant la position "pas claire" du Front de Gauche sur les retraites, vos raisonnements n'y font rien : le Front de Gauche en posant qu'il faut 40 annuités pour avoir droit à une retraite pleine (75%) se refuse à revenir à ce qui prévalait avant les réformes de la droite et qui était ce qu'il y avait de plus favorable aux salariés. Il ne sert à rien d'invoquer Jaurès et toute la tradition ouvrière si on accepte ce que, de cette tradition issue du rapport de force favorable à la Libération, la droite en a fait : la détruire. Accepter comme normal, ce que vous faites, l'alternative bien peu progressiste entre l'obligation imposée par la droite de travailler plus pour avoir une retraite pleine ou se retrouver à 60 ans avec une retraite incomplète, c'est ne plus être en conformité avec la radicalité revendiquée par le Front de Gauche : c'est déjà mettre le doigt dans les renoncements à une radicalité populaire, lesquels renoncements autorisent, comme par hasard, de se rapprocher d'un PS scotché lui-même au fond des réformes de la droite pour les retraites. Et je vous rappelle que Gérard Filoche propose, lui, tout socialiste qu'il est, la seule position qui vaille quand on se réclame des salariés: on aligne les annuités exigées pour une retraite pleine au temps effectivement cotisé qui actuellement est de 35-36 ans en moyenne !! ! Voir lien dans un commentaire plus haut...Jean-Luc Mélenchon est loin du compte ! Très loin du compte !
Au demeurant ce qui me gêne le plus c'est que ces choix bassement réformistes soient occultés et exclus du débat général et qu'ils dérivent d'une marche en crabe peu glorieuse qui dément la supposée course de félin carnassier, tout droit ves la proie, de Mélenchon ! Quant au rapprochement de position du FdG sur les retraites avec l'extrême droite, il n'est certes pas complet (encore heureux) mais le tortillement biaiseur du FdG sur les 40 annuités participe d'un enfumage politicien qui est le terreau sur lequel sait faire le FN : tous pourris, y compris Mélenchon, qui ne dit pas ce qu'il pense, voilà le cadeau que le FdG, s'il ne change pas sa position sur les retraites, fait à ceux qu'il prétend combattre.
Je crois que vous m'avez mal comprise : je sais très bien que le PCF aimerait bien diriger avec le PS, c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles je suis au Parti de Gauche. D'ailleurs, cette tendance du PCF à vouloir gouverner avec le PS est connue de tous les militants du PG et du PCF, donc ce n'est pas un secret contrairement à ce que vous prétendez...La seule chose qui compte pour moi est que Mélenchon n'y aille pas. Après je me fiche de savoir ce que les autres composantes du Front feront car le Front de gauche n'est pas un parti et préserve la souveraineté de ses composantes (même si je trouve regrettable d'aller diriger avec le PS..).
Pour les retraites, vous restez figé sur une déclaration que Mélenchon a faite avant la sortie du programme "l'humain d'abord". Depuis, je ne l'entends jamais parler d'annuités mais d'âge légal (60 ans pour tous). La citation extraite de son blog qui montre qu'on pourrait partir sans décote même sans les 40 annuités corrobore ma version plutôt que la votre.
C'est vous qui ne me comprenez pas : j'attire en vain votre attention sur la malhonnêteté qu'il y a, et assez ingénument vous l'approuvez, à ne pas mentioner dans le programme du Front de Gauche, cette acceptation des 40 annuités : qu'est-ce donc qu'un programme qui ne dit pas tout alors qu'on se déclare pour une nouvelle citoyenneté? Et par ailleurs vous ne répondez pas sur la contradiction que je pointe de s'affirmer radical et d'accepter ce que la droite a posé du côté des annuités. C'est une bien curieuse radicalité que celle qui intègre du Fillon-Sarko pur jus ! Du côté de Hollande il n'y a pas à en être surpris mais du côté de Mélenchon ...!
Le problème est bien donc que, comme vous le dites vous-même, mais sans en comprendre l'indécence, vous n'entendiez jamais Mélenchon parler d'annuités mais d'âge légal (60 ans pour tous) : la politique serait donc devenue, dans le cadre de la révolution par les urnes promue par le PG, l'art de ne pas trop en dire ? La question des annuités est incontournable, je n'ose imaginer que vous ne le sachiez pas, pour un calcul des pensions, alors la moindre des choses c'est de dire, pas de taire ce qu'on en pense. Mais je reconnais que cela va être duraille d'avoir à expliquer ce que vous, vous avez l'air d'assumer très bien : à 60 ans, tu as, coco, tes 40 annuités ou tu bosses jusqu'à les avoir si tu veux toucher une retraite complète ! Vous imaginez Mélenchon clamer cela à tous les vents ? En un mot comme en deux, il y a de l'électoralisme dans ce positionnement prétendument républicain et social ! Et ce n'est pas une qualité, Hollande est imbattable sur ce terrain !
Et nous arrivons là à l'autre point de notre discussion : ces concessions électoralistes sont en prise directe avec le projet, là ausi, biaisé, du Front de Gauche de laisser ses composantes aller ou pas avec le PS au gouvernement. Et une nouvelle fois vous loupez l'essentiel : le rapport aux gens, pas votre rapport à votre parti. Vous arrive-t-il de vous interroger que l'essentiel reste ce que les gens arrivent à savoir de ce que les partis proposent ? Qu'est-ce donc que cette politique à usage militant qui vous permet de dire, moi, je sais que le PCF veut aller gouverner avec les socialistes, mais, moi, ce qui m'importe c'est que cela ne concerne pas Mélenchon ni le PG. Et que faites-vous du bon peuple qui n'a pas la chance d'être dans le secret des dieux militants et qui ne sait pas toutes ces subtilités à étages du FdG ? Il n'est bon qu'à voter sans trop se poser des questions ? On ne peut donc pas lui expliquer, et pas seulement aux lecteurs d'un tchat du Monde, que, oui, le Front de Gauche n'a pas une ligne stratégique mais deux ? Il n'est donc pas bon que les électeurs sachent cela avant de voter ? En bref, je crois que tout cela en dit long sur une "révolution citoyenne" qui a besoin essentiellement d'électeurs qui délèguent du pouvoir à ceux qui savent. Toute la différence est là avec un parti comme le NPA, mais il n'est pas le seul, qui, sans négliger la démocratie représentative et les possibilités d'action qu'elle recèle pour une vraie radicalité anticapitaliste, fait le pari de la démocratie directe. Ce n'est pas toujours payant immédiatement et le NPA paye précisément le prix de l'isolement que cela implique en ces temps de pause du mouvement social, mais on ne sait que trop que les raccourcis électoralistes mènent à des impasses dramatiques.
Je vous invite donc à être prudente sur la facilité avec laquelle vous vous rassurez à bon compte sur ce qui vérifie vos versions plutôt que les miennes : il n'y a de vérité que dans la confrontation des points de vue et donc je ne prétends détenir aucune vérité. J'expose mon point de vue à la réflexion de ceux qui voudront s'y pencher un instant. La discussion que j'ai avec vous est, en ce sens, très utile. Je vous remercie de vous y prêter.
Quand je dis que tous les militants savent que le PCF veut gouverner avec le PS, c'est parce que, en tant que militants, nous avons (plus facilement que ceux qui s'intéressent de loin à la politique) regardé presque toutes les vidéos de Mélenchon et que justement, lors d'une interview (dont je ne retrouve plus le lien), il a dit clairement que les communistes avaient une culture de parti qui les feraient plus facilement accepter de gouverner avec le PS. Ce n'est donc, encore une fois, pas un secret. Sa réponse la plus fréquente ("moi, Mélenchon, je ne participerais à aucun autre gouvernement que celui que je dirigerai, après les composantes du Front de Gauche feront ce qu'elles voudront") est tout à fait adaptée puisque les journalistes lui posent toujours la même question : irez-vous (vous = Mélenchon) gouverner avec le PS ? Je n'ai jamais entendu un journaliste lui demander : les composantes du Front de Gauche iront-elles gouverner avec le PS ?
Tout est dans la nuance, Mélenchon ne cache rien mais ne fait que répondre aux questions des journalistes (et ce n'est pas de sa faute s'ils ne font pas leur boulot correctement...). C'est la même chose pour les retraites : le jour où un journaliste demandera à Mélenchon des précisions sur les retraites, il y répondra sans problème ! Quant aux 40 annuités, si c'était vraiment ce que prône le Front de Gauche, pourquoi Mélenchon écrit-il que ce sera possible de partir à la retraite à taux plein même si on n'a cotisé que 35 ans ?
Enfin, votre accusation portée sur la "révolution citoyenne" montre que vous n'en n'avez pas cerné les principes. Notre but est que chaque citoyen s'empare des enjeux contemporains pour les comprendre et y trouver des réponses. Nous voulons que tous soient en mesure de "savoir" comme vous dites donc nous ne prônons pas la délégation...
Vous dites : "Quant aux 40 annuités, si c'était vraiment ce que prône le Front de Gauche, pourquoi Mélenchon écrit-il que ce sera possible de partir à la retraite à taux plein même si on n'a cotisé que 35 ans ?" En croyant résoudre le problème, vous l'amplifiez : si Mélenchon dit maintenant qu'à 35 annuités on aura une cotisation pleine (merci de me donner la référence de la déclaration) alors qu'il a pu dire que c'étaient 40 annuités qu'il fallait, pourquoi ne pas trancher et faire jouer à un programme électoral ce pour quoi il devrait être fait : énoncer sans fard ce qu'on veut ? Vous n'arrivez pas à vous dépétrer de l'absence de clarté du programme du FdG sur cette question ! Absence de clarté qui invalide ce que vous postulez comme étant à la base de la "révolution citoyenne" du PG : la possibilité pour tous de tout savoir sur ce qui le concerne et concerne la société promise au changement mélenchonien. Dans l'instant, vous-même n'arrivez pas à trancher sur 40 ou 35 ! Alors qu'il est pourtant dit que le processus de construction du Front de Gauche est en lui-même une préfiguration de l'implication de tous dans les débats et les décisions à venir. Nous sommes vraiment loin du compte...
Ce que vous dites des carences des journalistes à aller poser les bonnes questions à Mélenchon est grandement cocasse : voilà donc notre croqueur de journalistes devenu docile comme un agneau et soumis aux aléas des journaleux ? Finie la verve à vous secouer le plus retors des faiseurs d'opinions ? Ce n'est pas sérieux : un politique qui se réclame de l'alternative et de la radicalité va au-devant des gens et des choses. Il ne se cache pas derière le stylo des scribouillards. Là, j'avoue, vous me décevez...Il me semble que le PG mérite une meilleure défense...
Quand je disais 35 ans, c'était un exemple. Je ne faisais que reprendre le passage du blog de Mélenchon que j'ai cité au-dessus (avez-vous pris la peine de lire ce passage entièrement ?) : " Qui propose la « retraite à la carte » ? L’Institut Montaigne, le MEDEF, François Bayrou. Au total, la proposition de Le Pen est moins favorable aux salariés qui ont 40 années de cotisation après 60 ans. Imaginons un salarié qui a 62 ans n’a pu valider que 35 années de cotisation. Avec Fillon il peut partir avec une décote. Avec le Front de Gauche, il peut partir sans décote. Avec Le Pen, il ne peut pas partir. Avis aux benêts qui la croient : Le Pen c’est pire qu’avec Fillon."
Je ne me cache pas derrière l'incompétence des journalistes, vous sur-interprétez les choses. Je dis simplement que la réponse de Mélenchon à cette question précise (irez-vous dans un gouvernement PS ?) est adaptée puisqu'il dit qu'il n'y participera pas tout en ne disant pas qu'aucun parti du Front de gauche y participera (puisqu'il ajoute bien souvent : "les autres feront ce qu'ils voudront"). Où est l'omission pernicieuse ? Que voulez-vous qu'il dise ?
Nous n'avançons pas sur la retraite : 40 ans, certes sans décote, cela reste toujours l'obligation de travailler plus (alors que les jeunes chôment) pour avoir pleine pension. C'est une réforme de droite ! Mélenchon l'assume (ou pas ? Si c'est non, qu'il le dise !). Qu'est-ce que c'est ce pas de deux sur les 40 ans ? On est loin du "moi, je dis ce que je fais et je fais ce que je dis" ! Tout le reste n'est qu'échappatoire ! "Avec le Front de Gauche, il peut partir sans décote" dites-vous et j'ajoute : avec une retraite amputée si à 60 ans il n'ya pas les 40 ! Il faut le dire et l'assumer sur les estrades et sur les plateaux télévisés. Sinon, c'et se payer la tête du bon peuple ! Et ça n'est pas très gauche antilibérale, encore moins anticapitaliste, mais là on est déjà au courant !
Sur la participation au gouvernement, Mélenchon dit qu'il n'ira pas mais, d'après vous, il dirait publiquement ""les autres feront ce qu'ils voudront". Ah, bon? Où et quand dit-il cela, à part ce tchat du Monde que j'évoque ? Merci de me donner quelques exemples où l'on vérifie bien que Mélenchon expose au su de tous que le FdG se divisera entre les partisans de gouverner avec un PS qu'on vilipende comme guidé par un capitaine de pédalo et ceux qui joueront les flibustiers antilibéraux conséquents à l'extérieur de ce gouvernement ? Où est-il déclaré qu'une implosion du FdG devrait se produire sur la question du gouvernement ?
Vous n'avez pas répondu à ma question : si le FG était pour les 40 annuités, pourquoi Mélenchon écrirait-il que ce sera possible de partir sans décote même avec 35 annuités validées ???
Pour le lien que vous réclamez, je ne l'ai pas en réserve mais je vais le chercher (sachez que beaucoup de médiacrates lui ont posé la question..) et je viendrai vous le remettre. Après, il faut sortir de la logique de parti et bien concevoir que le FG est un regroupement de partis qui restent souverains, je le répète. Si le PCF va diriger avec le PS malgré la campagne de Mélenchon, je suis d'accord avec vous pour dire que c'est très contradictoire. Mais avant de condamner le PCF, il faut tout de même dire que tout cela reste très hypothétique et que les militants du NPA font un raccourcis très malhonnête quand ils disent que Mélenchon ira avec le PS.
Pour éviter ces raccourcis de militants du NPA, il serait tellement plus simple d'assumer publiquement cette double stratégie du FdG : jusqu'à preuve du contraire, je ne vois pas trace que celui-ci fasse vertu que le PCF envisage d'aller gouverner avec un PS dont on signale qu'il ne fait même pas dans l'antilibéralisme le plus minimal ! Vous reconnaissez d'ailleurs que cette perspective de collaboration du PC avec le PS (qui a déjà fait ses catastrophiques preuves) est contradictoire avec la campagne de Mélenchon. La question est donc : comment mener une campagne avec cette contradiction, comment se dire radical quand une des composantes de votre front est conciliatrice ? Pour moi cela s'apparente à la quadrature du cercle politique ! Et de fait c'est impossible à assumer devant le peuple ! Du coup on évite d'en parler au dit peuple, à la rigueur cela se fait avec des journalistes mais je demande à voir.
Sur les retraites, vous êtes incroyable : vous me demandez d'expliquer le pourquoi du comment de la position intenable de Mélenchon ! Mais c'est à lui ou à vous de me l'expliquer, de nous l'expliquer ! Moi, je ne peux dire que : c'est inconciliable avec une volonté de révolution même "seulement" citoyenne et par les urnes. Partir sans décote avec 35 annuités validées alors que c'est 40 qui est retenu par Mélenchon cela veut dire, pour moi, être obligé par Mélenchon de subir une perte de valeur de sa pension ou de prolonger au-delà des 60 ans jusqu'à atteindre les 40 annuités et donc une pension complète. Je ne sors pas de là, c'est à vous de m'expliquer comment on échappe à l'un ou l'autre écueil mélenchonesque : une baisse de pension ou un rallongement du temps de travail avant retraite !
Mais cela veut justement dire qu'il ne prône pas les 40 annuités mais un âge légal de 60 ans pour tous sans décote. Il ne raisonne tout simplement pas en annuités.
Quant à son explication sur les participations des composantes du FG à un gouvernement PS, ce n'est pas le lien auquel je pensais mais celui-là est encore mieux que prévu (la réponse est détaillée) : http://www.dailymotion.com/video/xo5dbj_j-l-melenchon-forum-libe-de-grenoble_news à partir de 27 minutes (environ). Et ce n'est pas la première fois qu'il s'explique à ce sujet alors bon...
Ce n'est pas possible de raisonner sans annuités ! Sauf à dire qu'à 60 ans on a, quel que soit le temps de cotisation, 75 % du meilleur salaire. Un point c'est tout ! Assurez-vous qu'il s'agit bien de cela et surtout, surtout, faites-le ajouter dans le programme sinon c'est du vent !
J'ai relu votre message et vous me donnez bien l'indice pour arriver à ce qui nous intéresse dans cette vidéo : eh bien, je n'y trouve rien de nouveau par rapport à ce qui était dit dans le tchat dont j'ai parlé. Je vous donne acte qu'il le répète ici dans ce débat. Mais de quelle façon : en escamotant qu'il y a deux lignes stratégiques dans le FdG et que cette dualité est contradictoire avec la radicalité revendiquée d'une révolution par les urnes. Laisser entendre que le PCF consultera ses adhérents pour savoir s'il s'allie ou pas au gouvernement avec le PS, revient à nier ce qui est posé comme la volonté de rompre avec ce que précisément le PS incarne, à savoir une adaptation au capitalisme. Il est quand même inconcevable d'être aussi éclectique en politique quand on se réclame de l'intransigeance antisystème. En fait Mélenchon reproduit un classique de la gauche de toujours : laisser croire que le programme dit le tout et même le vrai d'un parti ! Même si lui, Mélenchon, ne va pas au gouvernement (est-on si sûr que le PG en tant que parti n'en sera pas ?), le PCF, lui, a (presque) toujours su reléguer son programme aux oubliettes pour participer à un gouvernement adapté au système. Avec l'argument que puisque les électeurs n'avaient pas validé son propre programme mais celui du PS, lui, passait à valider de fait le programme dudit PS. Enveloppé, plié, voilà le PC au gouvernement dont il a fini par sortir sous Mitterrand mais dans lequel il a fini par rester sous Jospin car il était nneutralisé comme parti autonome. Et voilà que Mélenchon offre à ce parti satellisé par le PS (dans les municipalités, les régions) l'occasion de se refaire une virginité radicale pour aller ensuite "partager" le programme du PS ! Tout cela est de l'électoralisme, de la captation de radicalité pour la faire siphonner par le PS via le PC. Mélenchon, le socialiste revendiqué, le marxiste assumé (mais bien longtemps on a été marxiste au PS en gérant le capitalisme !) joue le rôle de Monsieur Loyal de cette opération et qu'il reste ensuite sur son Aventin, loin de la participation gouvernementale de ses alliés avec le PS, ne change rien au fait qu'il aura travaillé pour faire récupérer les voix, des voix du FdG par le PS. C'est du mitterrandisme tout florentin : c'est logique avec la déclaration de fidélité de Mélenchon envers ce maître bourgeois ès recyclage de radicalités au bénéfice du capitalisme. Seuls des naïfs peuvent penser qu'il suffit de se dire radical pour l'être. Mitterrand l'a dit, il ne l'a jamais été ! Mais il a fait se fourvoyer des milliers de radicaux, tiens, à commencer par le militant de l'OCI, Jean-Luc Mélenchon. Et il suffirait que celui-ci décrète que tout cela c'est du passé ? Alors que le PC envisage, lui, très sérieusement, il le montre déjà dans les collectivités locales, contrairement à ce que feint d'ignorer Mélenchon, de reconduire ce passé catastrophique de gouvernement avec le PS ? Il y a entourloupe, une entourloupe que la rhétorique peut cacher mais que la vérité des alliances fera éclater au grand jour. On en reparlera donc! Il faut laisser du temps au temps : même si le présent est euphorique, les lendemains déchantent vite, on l'a vu dès 1983, on l'a vu avec le maître en privatisations que fut Jospin ! A l'inverse des présents difficiles sont souvent la chance que cela reparte. Même si, dans un cas comme dans l'autre, rien n'est joué d'avance. Tout cela vaut, pour des raisons diamétralement opposées, pour le FdG comme pour le NPA...