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Pour Aimé Césaire

Quand il croisait Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire le taquinait : «Toi, tu es né vers 1906 ! » Jeu de mot sur la condition de poète du Sénégalais et l'état civil aléatoire, au début du XXe siècle, en cette colonie française. Le Martiniquais Césaire, lui, est né, c'est sûr, en 1913. Le 26 juin devrait marquer ses 95 ans. Mais des informations « préoccupantes » filtrent du CHU de Fort-de-France, aujourd'hui.

 

Avant la deuxième guerre mondiale, Césaire avait sympathisé, à Paris, avec un Croate étonnant, Petar Guberina (1913-2005), linguiste acccompli, qui présidera longtemps l'Alliance Française de Zagreb tout en dirigeant le département d'études romanes de la faculté de cette ville. Guberina devait surtout devenir le promoteur d'une méthode dite verbo-tonale, qui vise à faire entendre au sourds la langue grâce à des ultra sons au lieu de leur apprendre le langage des signes, qui entérine leur handicap. Or le futur inventeur de cette méthode fondée sur le volontarisme et l'espoir, fut pour Césaire une sorte d'ange du métissage : il l'invita sur la côte dalmate, dans sa ville natale de Sibenik.

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C'était l'été 1935, l'étudiant martiniquais venait de réussir le concours d'entrée à l'École normale supérieure. L'Adriatique et ses îles eurent un tel effet sur Aimé Césaire, qu'il entama sur cette côte son Cahier d'un retour au pays natal, publié confidentiellement en 1939, avant l'édition de 1956, chez Présence Africaine, préfacée par... Petar Guberina.

 

 

Ce furent de magnifiques destins qui se croisèrent au Quartier Latin, quand la culture était « hors commerce », quand les librairies de la rue Gay-Lussac existaient encore toutes bel et bien (il n'y a plus aujourd'hui, au n° 30, que celle du Québec pour sauver l'honneur), quand le café où se retrouvaient ces amis des quatre coins du monde, Le Cluny (avec son étage tranquille), n'avait pas été transformé en croissanterie.

 

 

À l'heure ou Césaire semble prêt à lever l'ancre, offrons-lui le début de cette Lettre à un poète que lui a dédicacée Senghor, dans le bien nommé, hélas !, Chant d'ombre :

Au Frère aimé et à l'ami, mon salut abrupt et fraternel !

Les goélands noirs, les piroguiers au long cours m'ont fait goûter de tes nouvelles

Mêlées aux épices, aux bruits odorants des Rivières du Sud et des Îles.

Ils m'ont dit ton crédit, l'éminence de ton front et la fleur de tes lèvres subtiles

Qu'ils te font, tes disciples, ruche de silence, une roue de paon

Que jusqu'au lever de la lune, tu tiens leur zèle altéré et haletant.

Est-ce ton parfum de fruits fabuleux ou ton sillage de lumière en plein midi ?

Que de femmes à peau de sapotille dans le harem de ton esprit !

 

 

À ce premier recueil de Senghor pourrait répondre l'ultime de Césaire, Moi Laminaire, où celui qui va mourir se définit :

J'habite une blessure sacrée
j'habite des ancêtres imaginaires
j'habite un vouloir obscur
j'habite un long silence
j'habite une soif irrémédiable...

 

Louis_Cesaire.jpg

 

Partir.
Comme il y a des hommes-hyènes et des hommes-
panthères, je serais un homme-juif
un homme-cafre
un homme-hindou-de-Calcutta
un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas

l'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture
on pouvait à n'importe quel moment le saisir le rouer
de coups, le tuer - parfaitement le tuer - sans avoir
de compte à rendre à personne sans avoir d'excuses à présenter à personne
un homme-juif
un homme-pogrom
un chiot
un mendigot

mais est-ce qu'on tue le Remords, beau comme la
face de stupeur d'une dame anglaise qui trouverait
dans sa soupière un crâne de Hottentot?

 

http://www.dailymotion.com/video/x3x0l4_parole-dun-homme-libre-aime-cesaire_politics

http://www.dailymotion.com/video/x3x134_cest-quoi-le-progres_politics

 

 

Tous les commentaires

12/04/2008, 09:54 | Par Nicole Lapierre

Merci. C'est bien de trouver ce matin ce salut à la belle figure et à la haute langue du poète.

12/04/2008, 12:24 | Par Patrice Louis

La dernière fois que j'ai discuté avec Aimé Césaire remonte au 3 mars. Conscient du privilège qui est le mien de pouvoir venir frapper à sa porte régulièrement, j'étais venu ce jour-là pour connaître son opinion sur Barak Obama. Malgré l'épuisement de son corps et les moments de faiblesse de son esprit o combien légitimes à 94 ans, il m'avait une fois de plus séduit en ne tombant pas dans le panneau de la couleur de la peau : "Je ne connais pas assez son programme, m'avait-il confié. Et ce n'est pas parce qu'il est noir que je vais soutenir a priori sa candidature." Une fois encore, le chantre de la négritude - concept qu'il avait fondé dans les années 1930 à Paris avec le Sénégalais Senghor et le Guyanais Damas - montrait que son regard visait à l'universel, hors tout communautarisme. Quelques instants plus tard, sa secrétaire me laissait seul avec lui et m'incombait la tâche de lui lire la presse. Depuis qu'il est à la retraite, "maire honoraire de Fort-de-France", Aimé Césaire a un programme régulier : Chaque matin, un chauffeur passe le prendre et, vers 9 h 30, sa voiture entre dans la cour de l’ancien hôtel de ville qui abrite le théâtre municipal, où le grand homme modeste a conservé un bureau. Un discret coup de klaxon prévient Joëlle, la collaboratrice qui veille sur lui bien au-delà de sa fonction de secrétaire, descend du premier étage où il est attendu. Elle l’aide à sortir de l’auto et, bras dessus-bras dessous, tous deux montent l’escalier à pas comptés. Déjà un ou des visiteurs - ce ne sont plus des solliciteurs, mais le plus souvent des admirateurs - sont là, patients. Lui pénètre dans son bureau. A gauche, une petite bibliothèque, un fauteuil de cuir et sa table de travail, à droite, un coin salon où il a le choix entre une méridienne et des fauteuils de style traditionnel local. Sur les murs, par terre ou sur une table basse, des souvenirs et cadeaux, d’Afrique particulièrement Son premier réflexe est pour les quotidiens qu’il a lui-même apportés : France-Antilles, Le Monde et Le Figaro. Il les parcourt rapidement, insensible à l’entour qui l’attend. Un mot aimable pour l’un, une attention pour l’autre, Aimé Césaire reçoit alors. L’audience commence et le public, restreint, écoute le “Maître”, pour reprendre l’expression chère au président de la République quand il rencontre l’homme à la double occupation, intellectuelle et active, poétique et politique. Malgré l’âge, en dépit d’une vue et d’une ouïe qui déclinent (sortant son appareil de sa veste, il lance, malicieux : “j’ai mes oreilles dans ma poche”), Aimé Césaire ne se fait pas prier. Chacun veut entendre de sa bouche des épisodes qui relèvent à présent de l’Histoire. L’esprit vif, la mémoire alerte et le verbe choisi opèrent magistralement. Césaire parle, on l’écoute. Ce matin là, j'avais la mission de lui lire, fort au plus près de son oreille, les quotidiens. Je lui racontais donc les titres du journal local, du Monde et, cette fois, de Libération. Quelques minutes plus tard, nous étions rejoints par trois lycéennes martiniquaises venues le consulter sur Fort-de-France pour un travail scolaire. Ce fut mes derniers échanges avec Aimé Césaire qui avait la bonté d'avoir considéré, à propos du dictionnaire que je lui avais consacré ("ABC...ésaire") que je l'avais "lu intelligemment". Je garderais naturellement le souvenir du jour où il m'avait dit "Je vous adopte" et de l'autre où il m'avait traité de "vieux complice"... J'ai vu Aimé Césaire ce jeudi. J'étais au CHU de Fort-de-France en fin de matinée en fin de matinée pour prendre de ses nouvelles. Aux urgences, j'ai bien compris que l'ambiance était plutôt au pessimisme. Quelques instants plus tard, il était transféré dans le service de gériatrie au 5e étage. Et comme l'heure des visites commençait, j'ai pu passer de longues minutes à ses côtés, seul avec lui endormi dans la chambre 535 ouverte sur la nature martiniquaise qu'il aimait tant, lui qui, l'après-midi se faisait conduire dans la Martinique profonde, souvent sur les flancs de la montagne Pelée où il parlait aux arbres... Nous l'avons tant Aimé, Césaire...

12/04/2008, 16:51 | Par dominique gautier en réponse au commentaire de Patrice Louis le 12/04/2008 à 12:24

merci

18/04/2008, 02:10 | Par harry jancovici en réponse au commentaire de Patrice Louis le 12/04/2008 à 12:24

pour ce soir je retiens du poete qu'il ne gardait pas les oreilles dans sa poche Merci,bonsoir

12/04/2008, 20:01 | Par Anne Guérin-Castell

Merci pour votre beau texte, pour ce choix de poèmes de Césaire et Senghor, ainsi qu'à Patrice Louis pour son récit qui nous permet, à nous aussi, de passer, silencieux, quelques instants auprès de l'homme endormi dans la chambre 535.

12/04/2008, 22:16 | Par Patrice Louis

Cher Antoine, Vous avez raison d'attirer l'attention sur la rencontre avec Petar Guberina (Césaire l'appelait "Pierrot"). Voici comment le Martiniquais me l'a raconté lors d'un entretien télé devenu un livre ("Conversation avec aimé Césaire, Arléa). l'histoire est proprement inouie : "Il y avait un monde noir en train de mijoter et qui certainement était dans une sorte d’état d’ébullition, de semi-ébullition, à cause de la guerre. La présence des Nègres dans le monde qui a été révélée, le nombre de morts qu’on avait eus, les Nègres américains - Countee Cullen, Langstone Hughes -, c’est à ce moment-là que nous découvrons la littérature nègre américaine. Eh bien, tout ça, nous étions jeunes, à Paris, au Quartier latin, et croyez-moi, ça nous travaillait drôlement. C’est très, très, très important. Et alors, bon, on a beaucoup discuté, mais la vie passait, et un jour où... - c’est pas tellement drôle la vie d’un étudiant noir ; je suis au lycée, ça va bien ; les grandes vacances arrivent, je commence à m’emmerder dans ce Paris ; je n’ai pas beaucoup d’argent, le peu d’argent que j’avais, j’allais au Quartier latin, je sortais de la Cité universitaire, je passais chez Gibert, je passais chez Payot, la grande librairie boulevard Saint-Michel ; tiens, tel bouquin, ça m’intéressait, mais quand j’avais acheté un bouquin ou deux, je n’avais plus d’argent ; je rentrais souvent... - je me rappelle avoir été au Quartier latin et puis ensuite, tiens, je vais à la Comédie française. Pourquoi ? Parce qu’on jouait une pièce de Giraudoux, et c’est la dernière fois qu’on la jouait. Quand je suis retourné, je n’avais plus d’argent pour rentrer chez moi. Pour rentrer chez moi, je vais jusqu’à la porte d’Orléans. Et là, je rencontre des amis, des copains. Il y avait des vacances. Parmi les copains, je vois un type noir, il ressemble si on veut à un homme de couleur, les cheveux extrêmement noirs, le teint brun, un beau garçon d’ailleurs. C’est un Yougoslave ! C’est Petar Guberina. Il me regarde. Bon, tout de suite on est copains... PL - Ce Yougoslave va vous emmenez en vacances chez lui. AC - Mais oui, tout simplement. Guberina, on est devenus copains. Il m’apprend l’invraisemblable histoire de la Yougoslavie ; c’est fantastique ; moi, je lui apprend des choses de l’histoire des Antilles ; on est très copains ; il connaît le latin, nous échangeons des réflexions ; les vacances arrivent : “Tu retournes ?”. Il était de Zagreb, de Dalmatie, et moi j’étais des Antilles ; il m’écrit une semaine après : “Aimé, tu t’emmerdes maintenant à Paris, il n’y a personne, je t’attends à Zagreb, tel jour”. Il me donne presque le numéro du train. Je me dis : “Il est cinglé. Je connais à peine la France et j’irais en Yougoslavie ?” Il m’écrit de nouveau et me voilà arrivé en Yougoslavie. Je suis ébloui, car c’est un pays extraordinaire, je vois la côte dalmate, ça me rappelle un peu les falaises du Carbet, une lumière fantastique ; alors voilà, toute la famille m’attend sur le quai ; on me donne une chambre à l’étage, j’ouvre la fenêtre, ah ! Je dis : “Quel paysage ; mais c’est fantastique ! Pierrot, comment appelles-tu cette île qui est là ?” Il me dit : “Martiniska.” - “Martiniska ! mais traduit en français, c’est l’île de Saint-Martin, donc c’est la Martinique.” Je pars pour aller en Yougoslavie. Qu’est-ce que je découvre ? La Martinique où je n’avais pas mis les pieds depuis cinq ans. Je n’avais pas d’argent pour retourner en Martinique mais j’avais eu un peu d’argent pour arriver à Martiniska en Yougoslavie ! Et le soir même, je me mets à une table devant la fenêtre et je mets : “Cahier d’un retour au pays natal”. Autrement dit - c’est presque une fiction -, arrivant en Yougoslavie, je m’imagine que j’arrive à la Martinique... Et c’est ainsi que j’ai commencé à écrire "Cahier d’un retour au pays natal"."

13/04/2008, 01:03 | Par Antoine Perraud en réponse au commentaire de Patrice Louis le 12/04/2008 à 22:16

Merci, cher Patrice Louis, je suis d'autant plus touché que j'ai recueilli, au début des années 1990, pour l'émission «Mémoire du siècle» de France Culture, la version de Petar Guberina, qui coïncide très exactement avec ce récit-là. Par ailleurs, dans votre commentaire précédent, à propos du rituel de l'arrivée de Césaire en sa mairie, il y avait, m'a-t-on raconté, le passage très émouvant du vieux poète devant la demeure de sa fille clouée par la maladie : elle ne peut pas descendre, il ne peut pas monter et se contente donc d'une halte et d'un salut depuis la fenêtre de sa voiture. Le cœur y est entre deux vies qui ne tiennent plus qu'à un fil... Enfin, pourrions-nous préciser, l'amitié entre Senghor et Césaire fit que le fils de ce dernier, Jacques — qui devait terminer sa carrière à RFO —, a contribué à la création de la télévision sénégalaise. Il y eut alors, comme lorsque commence toute nouvelle aventure, un vent de liberté, d'audace et d'imagination. Jacques Césaire osait des plans-séquences interminables sur des griots tenant les téléspectateurs en haleine. Ce fut un ricochet cathodique de la négritude, qui mériterait un examen attentif... Amitié, AP

12/04/2008, 23:03 | Par TEXIER katherine

merci pour ce beau moment d'émotion.

13/04/2008, 01:58 | Par AZEM

Merci pour ces beaux témoignages, légers et intenses à la fois...un très grand écrivain qui a redonné honneur et fierté à tous les Antillais,et au delà , à tous les "Blacks" , qui a osé assumer sa "négritude" à une époque où ce n'était pas (du tout )à la mode et qui en a fait un étendard...et un homme aussi, avec ses faiblesses et ses rites quotidiens...si proche de nous, " La vie ,quelle histoire, c'est pas très marrant: qu'on l'écrive blanc sur noir ou bien noir sur blanc"(Nougaro)

13/04/2008, 15:12 | Par RENEE BORDES

Merci à Antoine Perraud d'avoir initié ces moments d'émotion qui vous font venir la larme à l'oeil et le sourire aux lèvres car l'au revoir à notre "père fondateur de conscience de nous même" est difficile, douloureux et cependant inéluctable! Parler de lui et entendre parler de lui permet alors d'accompagner ce moment sensible de la séparation. Merci à toi aimé Aimé (nul n'a jamais aussi bien porté son nom) pour tout et pour tous. Et même pour ceux qui ne le savent pas...

13/04/2008, 20:45 | Par Jacques Laffitte

Merci MM. Perraud et Louis, pour cette émotion partagée et pour ce bel échange de vers entre les poètes .... Notre pensée va à la chambre 535 à la fenêtre ouverte.

15/04/2008, 09:44 | Par lamij

ce billet sur Aimé Césaire m'a fait penser à la Martinique A quand un article Médiapart sur ce département d'outre-mer, cher à beaucoup de métropolitains. Les premières récoltes de bananes après l'ouragan sont arrivées à Dunkerque. Les bananes de là bas, c'est un peu de soleil qui nous arrive d'une région française éloignée mais proche dans nos coeurs.

16/04/2008, 10:55 | Par felix d.

1972 : Premier festival culturel de Fort de France . Yvan Labejov monte " Une Tempête" d'Aimé Césaire . Evénement considérable dans la Martinique de l'époque . "Journaliste" à l'Ortf , je m'approche d'Aimé Césaire venu assister à une répétition et lui demande un "interview". De sa voix douce et ferme il me dit que l'homme politique , député-maire de Fort de France étant toujours interdit à la télévision locale , le poète ne pouvait pas décemment s'y montrer ... Césaire censuré , encore , en 1972 , dans son propre pays , par la télé néo-coloniale de l'époque ! C'est comme s'il m'avait jeté " va-t-en , je déteste les larbins de l'ordre"... Je n'ai jamais oublié la leçon .

16/04/2008, 12:20 | Par Antoine Perraud en réponse au commentaire de felix d. le 16/04/2008 à 10:55

Merci pour ce témoignage. 1972, c'était précisément l'année d'une conférence de presse du Président Georges Pompidou, féru de poésie et auteur d'une anthologie en la matière, durant laquelle il parle de « la voix de la France » à propos de l'information sur les ondes nationales : http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=CAF94060403 Votre commentaire sonne comme un avertissement, avant que la télévision ne dégouline d'hommages amnésiques après que le poète aura disparu. Oui, vous avez mille fois raison de citer le début de Cahier d'un retour au pays natal : « Au bout du petit matin... Va-t'en, lui disais-je, gueule de flic, gueule de vache, va-t'en je déteste les larbins de l'ordre et les hannetons de l'espérance. Va-t'en mauvais gris-gris, punaise de moinillon. » Ce n'était pas, bien sûr, Félix, qui devait se sentir visé, mais le porteur de micro de l'Ortf, dans ce que cet office avait alors de plus navrant. Cordialement

16/04/2008, 19:32 | Par felix d.

Les hommages amnésiques commencent : "chat" en ce moment sur FO !!! France Ô . Les pleureuses sont en avance . Pas à l'heure antillaise . Un "chat" à propos de Césaire !!! Bon . La Martinique : un petit canton de l'Univers . Quel (tout) monde ! Comme dirait l'autre . Glissant .

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