Quand nous chanterons le temps de Jospin
À quelques jours du raout estival annuel de La Rochelle, le PS peine à sélectionner un(e) champion(ne). Ça ne se trouve pas sous le sabot d'un cheval, mais peut-être de l'autre côté d'un pont:
En 2007, Ségolène Royal incarnait la protection après le sentiment d'abandon du 21 avril 2002:
Le besoin de pouponnage politique n'a qu'un temps. La donne sera différente en 2012. Le PS se réveillera peut-être en criant d'une seule voix: «Mais le vieillard est grand» (Victor Hugo). En attendant, on se croirait plutôt dans l'un des premiers poèmes de Totor, Idylle:
LE VIEILLARD.
Ô mon fils, où cours-tu ?
LE JEUNE HOMME.
Vers les bosquets de Gnide
J’ose en secret suivre les pas
D’une vierge aimable et timide :
Par pitié, ne me retiens pas.
LE VIEILLARD.
Jeune Homme, crains Vénus : son sourire est perfide,
Minerve par ma voix t’offre ici son égide
Contre ses dangereux appas[...]
Le vieillard n'a que 72 ans. Juste avant que l'oiseau de Minerve ne prenne son envol, il tape quelques balles puissantes et précises au tennis club d'Ars-en-Ré:
Et lorsqu'il abandonne les courts de son partenaire Pascal Mussau, ancien entraîneur de l'équipe de coupe Davis du Sénégal, Lionel Jospin donne parfois une leçons aux jeunes politicien(ne)s inaudibles du PS. Par exemple, à propos de la diligente capitulation sarkozyenne face à l'Otan:
Ou bien au sujet de l'instrumentalisation sarkozyenne du thème de l'immigration:
Ou encore sur les gesticulations sarkozyennes, se parant des vertus de la «relance», face à la crise financière:
Lionel Jospin frôlera les 75 ans lors de la présidentielle du printemps 2012. C'était l'âge qu'avait Charles de Gaulle lorsqu'il se présenta aux élections de 1965:
Admettons que ce ne soit pas l'exemple le mieux choisi. Tournons-nous davantage vers la gauche et revenons à Léon Blum. En 1946-1947, dix ans après avoir dû abandonner le pouvoir, victime des ratés du Front populaire, Léon Blum, qui allait avoir... 75 ans, reprenait du service comme dernier président du gouvernement provisoire.
Lionel Jospin, dans sa présentation des discours historiques du leader socialiste (Frémeaux/Ina), célèbre «le souvenir d’un homme qui, sa vie durant, consacra la finesse de son intelligence, la ténacité de son caractère et la générosité de son cœur à un projet inachevé par nature mais dépassant tous ceux qui le servent».
Qui pourrait longtemps résister à un tel parallèle entre deux hommes et deux destins, quelles que soient les réactualisations qui s'imposent ?...
À La Rochelle la semaine prochaine, le PS ne devra pas se contenter de rageusement ratiociner sur l'impasse de Lionel Jospin (celle qu'il aurait fabriquée de toutes pièces, ou celle dont il serait le seul à pouvoir extraire la malheureuse formation de gauche).
À La Rochelle, les socialistes n'auront peut-être guère d'autre choix que de se demander s'il ne leur reste pas trois minuscules années pour découvrir le charme austère d'une alternance qui leur passa sous le nez en 2002. Ils pourront, en guise d'huile de ricin politique, s'abreuver d'une citation de Léon Blum: «J'ai souvent pensé que la moralité consiste essentiellement en le courage de faire un choix.»
Et aux poulains piaffants qui pointeraient sa patine, Lionel Jospin pourrait répondre qu'après un quinquennat unique, il abandonnerait définitivement le pouvoir à un âge (pas tout à fait 80 ans) qu'avait largement dépassé Philippe Pétain (84 ans révolus), lorsqu'il confisqua ledit pouvoir en 1940...


Tous les commentaires
Merci à Jospin d'avoir co-signé tous les traités européens dont ceux d'Amsterdam (contre sa promesse lors de sa campagne de 1997), de Barcelone et "la stratégie de Lisbonne" en2000.
Toutes les dérégulations, dérèglementations, soumissions à la finance sont contenues dans ces "traités"...
Un merci spécial pour avoir d'avantage privatisé que Balladur et Juppé réunis et d'avoir lancé la chasse aux chômeurs (dès décembre 1997) et aux sans-papiers.
Il n'était pas en fonction pour voter les pleins pouvoirs à Pétain comme l'a fait la majorité des députés SFIO - PS de l'époque !
Et oui, quel triste sire malgré son intelligence et sa pédagogie.
Antoine Perraud aime bien les inaudibles. Après Benoit XVI il nous propose Jospin. Comme le fait remarquer Velveth, être inaudible n'empêche pas d'être nuisible. Que Jospin soit nuisible à la gauche et Benoit XVI au message évangélique n'est pas à démontrer; ils s'en sont chargés, eux mêmes .La chronique d'Antoine Perraud me fait cependant frémir. Et si, Rocard, la lisant, se disait : Bon Dieu, pourquoi pas moi !
Petit ajout sans lien avec le sujet. Je vois, au dessus de la plage des commentaires un nouveau bandeau plein de sigles, destinés, j'imagine, à améliorer la forme éditoriale. Médiapart nous a-t-il proposé un mode d'emploi (pour béotien) ?
Seul Jospin détient le mode d'emploi !
Jospin a appelé Allègre au ministère de l'éducation nationale; l'attitude et la gestion de ce personnage ont détourné un grand nombre de professeurs de voter pour Jospin aux présidentielles. Ce qui s'en est suivi en découle directement. Sans Allègre, Jospin était élu, et tout aurait été différent.
Jospin est surtout responsable d'une 'ABSENCE DE CAMPAGNE" qui a probablement été cause de la 2ème place du Front National ........ les hommes POLITIQUES du P.S. étant pratiquement tous convaincus de leur réussite. Après avoir annoncé et clamé son retrait il devrait tenir parole.
Delors qui a refusé de se présenter s'est conduit en sage, sachant qu'il n'aurait surtout pas la possibilité de nommer des responsables dignes de ce nom pour mener une politique saine qui redresserait sainement le pays.
Jusque là les anciens dirigeants socialistes n'avaient fait qu'emboiter le pas de leur prédécésseurs de droite en reprenant les mêmes recettes.
Qu'il est dur d'être de gauche, mais nul n'est obligé de voter pour des candidats socialistes.C'est ce qui s'est passé depuis et qui risque malheureusement de se passer encore à l'avenir.
Les jeunes loups P.S. ne valent pas mieux que les Eléphants qui les ont précédés.
Tout n'est qu'une question de vocabulaire, des mots tombés en désuétude devraient être réhabilités, tels : moralité, honnêteté, dévouement et droiture...entre autres.
On peut espérer, il faut espérer.
Jospin a quitté la vie politique, un certain soir de 2002.
S'il fallait se dédire, c'est bien avant 2007.
Et l'on ne parle pas de 2012.
Quant à ses qualités d'homme d'Etat, personnellement, je n'en doute pas. ni en celle de Michel Rocard.
C'est bien là le problème.
Comment, avec de telles qualités, fait-on de telles erreurs?
Et j'ajouterais, de telles erreurs qui ont livré la France à la finance et préparé le terrain pour le père Ubu ou son fils.
La prochaine fois, il ne vous restera plus qu'à faire reluire DSK et jack.. Jospin aura eu, le mérite de ne pas se rallier aux sarkosystes et de montrer un peu plus de hauteur que Kouchner ou Besson..
De hauteur.....
Très bon basketteur aussi le Lionel Jospin, a eu de sacrés belles périodes de paniers à trois points + un autographe personnalisé de Tony Parker soi-même (et ça c'est mon rêve).
Bon autrement, je retiens quand même son refus de signer l'AGCS en 2001 et ça c'était plutôt bien.
@ +O-NE
Les qualités d'homme d'Etat, je pense qu'à peu près tout le monde est d'accord.
Les erreurs politiques, et notamment la complaisance excessive avec le libéralisme ambiant, aussi.
Reste un point essentiel: en abandonnant Matignon après son échec à la présidentielle, il a laissé un gouvernement de droite préparer les législatives, avec le déferlement de propagande dont on se souvient sur la sécurité, sur le nouveau gouvernement qui avait repris les affaires en main après l'incurie de la gauche, et les gagner...
Rien ne l'y obligeait, son gouvernement était responsable devant un Parlement qui avait encore quelques semaines avant la fin de la législature.
Que se serait-il passé si les législatives avaient eu lieu avec Jospin à Matignon, "expédiant les affaires courantes", ce qui aurait été constitutionnellement tout à fait possible et démocratiquement tout à fait normal, puisque l'élection présidentielle n'a pas (encore ?) pour objet de désigner le premier ministre, qui dépend de la majorité issue des législatives et légitime jusqu'au dernier jour de son mandat ?
Et le mouvement d'humeur (compréhensible) de Jospin au soir du premier tour, cette "réaction de dignité " (dont on peut discuter pour savoir si elle était bien ou mal placée, mais ce n'est pas la question) a eu les conséquences que l'on sait : un homme d'Etat doit-il placer sa conception de l'amour propre, voire de l'honneur personnel, au-dessus d'une analyse réfléchie de l'avenir du pays ?
Quand Jospin parle on l'écoute, les mots sont justes. N'oublions pas non plus que sans une communication défavorable de la presse en 2002, aujourd'hui il serait encore Président. Toute la presse (90%) est à droite encore plus aujourd'hui qu'hier. On ne demande qu'une chose une presse équitable.
Vous n'y êtes pas, charles 66700,
Rappelez vous 2002, les délocalisations à tout va, l'absence de réaction socialiste, "L'Etat ne peut pas tout" a dit Jospin.
Les ouvrières du nord, à la porte, les premières lettres qui proposaient les reclassements en pologne.
L'esprit montait de la directive Bolkestein, qui viendra juste avant le TCE.
Ce TCE dont absolument personne n'a voulu tenir compte, même ceux qui ont prôné le non, au PS.
Alors, à quoi cela servait-il de prendre un socialiste comme président?
Il fallait à l'électeur prévenir, avertir.
Souvenez vous alors, de l'émiettement de la gauche, de la défection de Chevènement, et de toutes les maladresses de la campagne.
Mon projet n'est pas socialiste, disait Jospin.
Personne n'a vraiment cru en Le Pen au deuxième tour.
Mais Pasqua, à l'époque n'a pas procédé à sa candidature annoncée, soi-disant pour un défaut de signatures.
Comme si Pasqua, ancien baron du RPR, deux ou trois fois ministre de l'intérieur, pouvait manquer de signatures dans les communes de France...
Ses voix ont été à Le Pen, en bloc.
La gauche elle, s'est dispersée et abstenue.
Et Jospin, et la gauche, se sont laissés avoir.
Non content de se planter, la morgue, le mépris, encore, on enfonce le clou, et l'on s'enfonce.
On jette le combat, et le peuple de gauche à la poubelle, le soir du premier tour. Je men souviens si bien, j'étais fou, de colère, de tristesse.
Nous restions seuls, avec les crocodiles.
Pour les même raisons très exactement que celles qu'on voit aujourd'hui, et qu'on a vu en 2007.
La morgue, le mépris, la sûreté de sa force, l'oubli du droit.
C'est cela le Ps de 2007, les éléphants confus, et en colère, la direction bousculée, et jetée à bas, puis plus tard, la comédie, et les travers des alliances sans foi, oui, le Ps pour en arriver là, a tout subi, tout vu, tout eu.
Les contradictions impossibles, Aubry qui passe avec le soutien du Modem. La réalité qui dépasse alors la fiction, l'exclusion de la moitié du parti...
Et maintenant une université de la Rochelle obligée de se jouer en deux temps, avec l'initiative de Peillon. On continue.
C'est qu'aux universités, les têtes du parti ne discutent pas de ce qu'elles pensent nécessaire. Non, il y a un sommaire, obligé, pndu par qui, et pour quoi?
L'objectif, ce n'est pas de gagner les élections? De promouvoir et d'installer les idées de gauche dans la vie sociale et publique?
De combattre pied à pied Sarkozy et l'UMP totalement hégémoniques?
Mais qu'est-ce qui leur arrive, aux socialistes?
Et pas un drôle pour venir porter un message à Socialisme entre le murs, de ceux qui sont en haut?
Edwy sen va flirter avec les Verts, 16000 adhérents à MDP, cela ne compte pas?
Ils ne méritent pas une poignée de main? Ah, mais c'est que c'est idiot de faire campagne, de toutes façons ces gens voteront pour nous.
Au Ps, on fait comme Sarko, de la politique entre soi, sans le peuple. Sauf qu'on n'est pas au pouvoir...
Les socialistes sont fous.
Ou idiots.
En politique, on ne fait pas de vieux os dans cet état d'esprit.
Objectivement, il faut un grand balai et foutre dehors tous ces imbéciles, qui sont soutenus par d'autres, encore plus bêtes, qui les portent, et qui ne savent qu'insulter, et proposer la baston, à ceux qui sont des rénovateurs.