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MEDIAPART

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AVIS DE DÉPART: ADIOS MEDIAPART

 

J'étais déjà partie de Mediapart une première fois, m'étant promis de ne plus revenir.

Je suis revenue, j'ai vu, j'ai compris. Je pars cette fois pour ne plus jamais revenir.

 

Je livre ici, pour les personnes qui m'estiment et que j'estime, l'analyse que j'avais faite après mon premier départ. Les choses se sont aggravées, mais bien des éléments demeurent.

Je suis joignable par MP jusqu'au 5 novembre.

Mon histoire avec Médiapart

Art Monica

Mars 2011

 

Avant même sa création, j'avais adhéré au projet du journal participatif Médiapart, où les journalistes et les abonnés se côtoieraient, les premiers dans la partie "Journal", les seconds dans la partie "Club" - les uns et les autres pouvant commenter leurs articles respectifs.

 

Avant cette adhésion, j'avais posté quelques commentaires sur différents journaux gratuits du Net, et j'avais remarqué quelques castagnes entre abonnés: des procès d'intention, des attaques, des effets de groupe. En outre, durant la campagne présidentielle, j'avais été dégoûtée par la teneur ordurière de certains commentaires, apparemment peu ou pas modérés par les responsables des sites, qui laissaient se déverser ainsi des flots d'immondices. Je cessai donc de lire ces commentaires et, peu à peu, ces journaux.

 

J'espérais que ce nouveau grand média participatif payant, dirigé par un ancien directeur du Monde, échapperait à ces travers.

 

N'ayant au départ aucune connaissance du fonctionnement du Journal - son ergonomie était opaque -, je me contentai de poster des commentaires en réaction aux articles des journalistes, et je fus surprise d'être très rapidement épinglée par certains abonnés. Je reçus d'étranges messages personnels, où l'on me disait "Je sais que vous dites ceci parce que vous êtes cela". Il était perceptible qu'il existait des effets de groupe, de clan, et que les gens échangeaient, par messagerie privée, différents jugements sur les uns et les autres (une redoutable caisse de résonance).

 

Un jour, lasse de ces attaques émanant de gens qui ne me connaissaient pas et que je ne connaissais pas, je commençais à m'éloigner en effaçant mes commentaires. Un de mes «contacts», percevant mon malaise, me conseilla d'ignorer ce qu'il appela fort à propos des "effets de coterie".

 

Nous assistions à des querelles violentes et récurrentes entre des abonnés. Volaient des attaques personnelles. Tout cela se produisait dans un respect apparent de la Charte de bonne conduite, et sans que les responsables de la rédaction n'interviennent. C'était au Club de se modérer. Nous fûmes quelques-uns à tenter d'apaiser les tensions dans un Fil ou l'autre. Sans grand succès.

 

Un journaliste de la rédaction me demanda de participer à une Édition sur le P.S. (nous étions à l'approche du Congrès de Reims). J'acceptai, et fis un travail de synthèse dans le cadre d'une Édition (c’est le seul Billet qui subsiste de moi à Médiapart). Je créai une Édition sur les Réformes en cours dans l'Université et la Recherche, et commençai à alimenter mon Blog en y publiant des Billets.

 

Le premier, "Bris de mots", très ludique, ne posa pas de problèmes. Un autre "Ellulie, par delà la différence" non plus.

 

Je me mis ensuite à aborder des sujets plus chauds: le Royal Bashing, et les disputes stupides (jeux de mots en forme d'anagramme) que les combats politiques entre les partisans des motions, leaders, partis, ne cessaient d'envenimer.

 

Comme j'avais analysé le Royal Bashing, il sembla évident à certains que j'étais socialiste et ségoléniste. Or, j’aurais fait la même analyse s'agissant de n'importe quelle personne subissant un Bashing (je l'ai fait dans mon Blog pour... Rachida Dati). Je me fis à cette occasion quelques ennemis (surtout des femmes, dont les remarques acides ne cessèrent plus dès lors).

 

Des violences sévissaient dans le Club. Je tentai avec d'autres d'en modérer les effets et commis quelques maladresses. Un abonné s'étant brusquement désabonné après avoir été maltraité, je lançai un Billet intitulé "Y a t il des salauds sur Médiapart?" pour prendre sa défense et soulever la question des violences entre abonnés. Cela se retourna contre moi. Un abonné se crut personnellement mis en cause (tout à fait à tort), d'autres trouvèrent que je me mêlais de ce qui ne me regardait pas. Je remarquai, avec stupéfaction, que certaines personnes, au lieu d’apaiser l’abonné qui s’était fourvoyé, jetèrent de l’huile sur le feu. J’eus l’impression qu’on faisait haro sur Art Monica. Pointvirgule a récemment dit que je ne me trompais pas, ce dont je lui suis très reconnaissante.

 

Je tentais également de poser le problème de la façon dont nous pouvions rééditer nos commentaires et nos billets - ce que, au nom d'une prétendue "Netiquette", certains jugeaient inconvenant. Selon eux, les écrits sont gravés dans le marbre à jamais. Selon moi, dès lors que personne n'avait répondu à l’un de mes commentaires, je pouvais rééditer mon discours si ma pensée avait évolué en contexte. Comme je rééditais quelques commentaires (assez peu, statistiquement, en regard du nombre total de mes interventions) je fus accusée de "réécrire l'histoire". Pas moins.

 

Dans les billets que je lançais, je souhaitais dialoguer avec les personnes. Cela me fut reproché également. Comme je répondais à chaque personne, cela faisait monter mes Billets dans le tracker ! Soit je "voulais toujours avoir raison", soit j'étais trop pointilleuse avec les mots... Bref, j'avais toujours tout faux, aux yeux de certains, qui me le dirent sans aucune aménité.

Je commençai une petite descente aux enfers de ce média participatif, avec une réputation de mensonge, de forfaiture, de pathologie mentale que certains continuent semble-t-il à colporter. Notons que ces mêmes abonnés acharnés dans leur haro sur Art Monica sont allés à un moment jusqu’à imaginer que Néfertari et Brocéliande étaient mes avatars et à les harceler!...

 

Dès lors, à chaque fois que je lançai un Billet, portant notamment sur la psychologie, le mal, ou le statut des femmes, mes fils étaient immanquablement parasités par des attaques, des mises en cause d'une parfaite mauvaise foi.

 

Un premier pic fut atteint lorsqu'un abonné me demanda de cesser de me disputer avec l’abonné qui avait cru être traité de «salaud» et ... qui ne cessait de me harceler sur tous mes fils, collant après chacun de mes commentaires des vidéos moqueuses de "La Maman des poissons". D'après l'abonné "médiateur" qui me contacta par MP, je nuisais à la vie du Club. En somme, j'étais devenue un agent pathogène. Je compris qu'était à l'œuvre une censure /modération implicite, exercée par un groupe. Je décidai de m'en aller, l'annonçai, et reçus deux courriers du directeur du Journal me demandant de ne rien en faire. Je restai, et me réabonnai.

 

L'acmé fut atteinte lorsque, à la faveur de mon dernier Billet concernant des questions d'hommes sur les femmes («Que veulent les femmes ?»), je fus attaquée par cinq femmes et deux hommes qui, pour certains sans avoir lu le Billet et le fil, et le revendiquant, décrétèrent que j'avais posé de mauvaises questions éculées, juste pour susciter des commentaires. L’abonné se croyant traité de salaud qualifia ce fil de "plus con de l'année", faisant beaucoup rire les malveillants. Or, ce billet avait suscité des échanges fort intéressants avant que ne déboule le petit groupe.

 

Il ne me serait pas venu à l'esprit d'aller sur le fil d'une personne pour lui dire qu'elle avait posé une mauvaise question juste pour avoir beaucoup de commentaires. Des abonnés se permirent de me le dire, en petit groupe. Disais-je que ces façons de faire étaient déplaisantes, on me rétorquait que je ne supportais pas les critiques sur le fond des problèmes que j'avais mal posés... Ah bon, rétorquai-je, il y aurait donc une bonne façon et de mauvaises façons de poser les problèmes ? J’en restai saisie.

 

Le summum fut atteint lorsque, dans un fil ouvert par une abonnée à la suite du mien, j'eus un échange tout simplement humain avec une abonnée sur sa vie. Je fus accusée, dessins à l’appui, de faire de «la consultation psychiatrique en ligne à deux balles», et fus attaquée dans mes compétences professionnelles. J'avais commis un véritable délit ! J'en restai ébahie...

J'en appelai à la rédaction.

En vain.

Je décidai de me retirer du club, et le dis.

Ce fut un déchaînement d'attaques, auxquelles je ne répondis que par des images.

 

Un ami se dévoua avec une solidarité sans faille pour me défendre, avec des braiments et des ruades vigoureux, se faisant traiter de «baudet de madame». Tout cela acheva de me décourager et je décidai de partir.

 

Je quittai le Club, détruisis mon Blog, cessai de commenter, et exigeai d’être grisée avant le terme de mon abonnement. Je revins un jour, avec l’aide d’un ami, intervenir dans le Club sur une question brûlante mais je compris, aux réactions des malveillants de la clique, qu’ils ne me lâcheraient pas.

 

Il y a dans ce microcosme - comme dans tous les groupes humains - des gens mal intentionnés, des pervers, des salauds, des mal dans leur tête, qui projettent leurs angoisses et leurs colères sur des imagos. Ils font cela sans gêne ni inhibition puisqu'ils s'adressent à leur écran, les doigts sur leur clavier, gratuitement, en toute impunité.

 

Sur ces lieux "virtuels", l'imaginaire peut se déployer sans aucune retenue. Aucun point de butée symbolique n'en garantit la limite.

 

Ce Media participatif a eu un beau projet, mais l'équipe n'a manifestement pas réfléchi aux dysfonctionnements psychologiques et sociaux qui allaient immanquablement se produire. Elle ne les a pas anticipés, et lorsqu'ils se sont produits, elle a "laissé faire" pour, aujourd’hui, pratiquer de façon opaque des censures et des exclusions. À mes yeux, elle porte une très lourde responsabilité.

 

La fréquentation active des agoras du Net est une expérience nouvelle, dont nous avons beaucoup à apprendre. Je n’en aborderai ici que quelques effets négatifs, puisque ce sont eux qui suscitent le plus de questions. Le niveau de déplaisir est souvent proportionnel à la façon dont on s’y est investi.

 

Sur Médiapart, j’ai eu le sentiment d’avoir été prise pour ce que (et qui) je ne suis pas, et d’avoir servi de lieu de projections imaginaires (de pushing ball) à des gens totalement inconnus de moi. Ces personnes, organisées à certains moments en une sorte de meute, m’ont utilisée pour régler des comptes avec des imagos, ou tout simplement pour exprimer leur besoin de pouvoir ou leur mal de vivre. Elles ont donné à entendre leur jalousie, leur rivalité, leurs angoisses, leurs peurs, leurs envies, leur besoin d’affirmation de soi, leur revendication de pouvoir, leurs désirs, leur haine, leur rancune, d’une manière insidieuse ou brutale, en m’invalidant, en me prêtant des intentions qui n’ont jamais été les miennes. Elles m’ont épinglée, figée et même acculée dans un rôle.

 

Je suis partie parce que je ne me reconnaissais pas dans les échos que me renvoyaient ces personnes, dont l’insidieuse violence (et la détresse qui s’ensuivait chez moi, que je ne pouvais dissimuler hélas) obligeaient mes amis à me défendre. J’ai fui parce que, loin de trouver un quelconque enrichissement dans ces «échanges», j’en tirais de la pure blessure.

 

Voici ce qui me semble le plus grave dans ces expériences de l’agora que certains vivent avec déplaisir, voire avec désespoir: le jeu figé de rôles. Les gens qui fréquentent de façon régulière et active une agora deviennent de fait membres d’un groupe où ils sont identifiés par les autres. Or le danger de ce groupe est que, sans contours réels (tout est virtuel), ni règles de fonctionnement, il est boueux, vaseux, indéterminé, chaotique.

 

Lorsque nous nous exprimons très (trop) souvent sur l’agora, nous y trouvons, que nous le voulions ou non, une place et un rôle qui sont très vite attachés, et irrémédiablement collés, par les autres, à notre «personne» – représentée par notre nom réel ou notre pseudonyme.

 

Nous n’existons plus en nous-mêmes, comme dans la vie réelle, avec nos spécificités, notre richesse, nos hésitations, nos retours en arrière, nos doutes, nos émotions, nos points faibles et forts, mais comme celle ou celui qui est "ceci" ou "comme cela". Nous devenons une pure image.

 

Comme dans tout groupe social, se créent dans l’agora des amitiés et des inimitiés, des alliances et contre alliances. Sur un média participatif, le risque de débordement est potentialisé par plusieurs éléments.

 

1) Le Net est un lieu d’écritures, de mots, d’images et non de paroles, d’échanges verbaux, d’expressions corporelles. Or dans la vie réelle, lorsque nous parlons avec les autres, nous suivons (théoriquement) des règles d’échange (la pragmatique du langage), nous extrayons des indices de la prosodie de la voix, des mimiques de l’autre, de son regard qui s’éclaire ou s’assombrit, pour ajuster nos propos.

 

2) La communication sur le Net n’est jamais, comme dans la vie réelle, online. L’échange entre le locuteur scripteur et le lecteur est différé, voire décalé.

 

3) Lorsque nous écrivons un billet, nous le lançons «à la cantonade», sans nous adresser à une personne ou à des personnes en particulier. Les gens inconnus de nous qui vont lire nos propos ont leur propre univers de croyances au travers duquel ils vont appréhender nos mots et les interpréter.

 

4) À Médiapart, le Club n’a aucune règle de fonctionnement démocratique explicite, hormis une nébuleuse «Charte de bonne conduite» que chacun est bien en peine d’appliquer ou de faire respecter. Or, il est bien connu depuis des lustres que, en l’absence de règles démocratiques explicites, le fonctionnement d’un groupe relève du laisser-faire et aboutit à des conflits incessants pour le leadership et la domination. Tous les coups y sont possibles, chacun attribuant à l’autre, par une constante projection, ce qu’il est lui-même en train de faire, notamment en matière de prise de pouvoir et d’affirmation de soi.

 

5) À Médiapart, les abonnés ont la possibilité d’utiliser une messagerie interne, qui leur permet d’échanger des messages plaisants, amicaux, constructifs, mais aussi injurieux, et d’exprimer leurs opinions sur untel et unetelle, afin d’organiser des «montées» ou des «descentes» sur tel ou tel billet, contre telle ou telle personne. La messagerie privée est une terrible caisse de résonance de tous les dysfonctionnements du groupe.

 

6) Certains thèmes sont, plus que d’autres, générateurs de conflits et de bagarres.

 

- Les billets portant sur l’art, la littérature, la poésie ou l’expérience quotidienne sont «consensuels» et «policés». Ces billets sont le plus souvent sans risque et ils suscitent peu de commentaires autres que laudatifs, des salamalecs, des associations libres, des jeux de mots, et des citations d’auteur. Chacun y montre avec un infini plaisir sa grande culture et donne l’impression d’appartenir au club des privilégiés «qui savent», se tutoient, échangent des clins d’œil complices, et font des allusions à leurs échanges et à leur vie hors média (qu’ils devraient sans doute réserver à leur messagerie privée).

- En revanche, les questions explicitement politiques ou sociales, qui relèvent de l’opinion, de la croyance et de l’idéologie, suscitent souvent des différends et des conflits, qui peuvent, mêlés aux effets de groupe, prendre des allures de règlements de compte. Comme j’ai publié, dans le Blog de Médiapart, des billets portant sur des questions «chaudes» de politique, de psychologie, de morale, de sexisme… j’ai été prise dans des polémiques stériles et extrêmement déplaisantes, dont le noyau était des attaques contre ma (supposée, imaginaire) personne. Les fils de mes billets étaient littéralement "pollués", et comme Médiapart ne nous donnait aucun moyen de modérer les commentaires, je voyais partir en panade et en attaques ad hominem plus ou moins masquées une discussion qui avait bien commencé.

 

7) Les abonnés qui s’expriment le plus sur Médiapart (ou sur d’autres) sont parfois (souvent?) des personnes qui y consacrent quasiment leurs journées, parce qu’elles sont retraitées, au chômage, en congé de maladie, solitaires…. La participation à l’agora devient l’essentiel de leur vie sociale. On a le sentiment que certaines personnes «habitent» dans l’agora, et qu’elles y mettent en scène des problèmes qu’elles devraient poser, et régler ailleurs. Elles développent une véritable addiction au média, auquel elles se connectent sans cesse.

 

8) Certains abonnés de Médiapart sont des proches de l’équipe de rédaction et ont, de ce fait, des privilèges implicites. Ils constituent une sorte de groupe de pression, dont la première fonction, manifeste, est de réglementer sans le dire le fonctionnement du Club. Il est frappant de constater que ces personnes, qui ont saccagé certains de mes fils de discussion, sont les plus opposées à la modération des commentaires. On comprend pourquoi : elles exercent la censure sur le mode implicite, soit en écrivant dans des "Éditions" protégées où elles peuvent modérer les commentaires, soit en s’arrangeant pour pousser dehors les abonnés qui ne sont pas de leur clan, qui les dérangent, qui ne pensent pas comme elles, ou qui ont trop de «succès» (mesuré au nombre de commentaires).

 

Le mélange de ces éléments aboutit, dans le Club, à la constitution d’un monde clos, d’un «entre soi» où les identités se distordent et se figent. La réflexion piétine. Se met en place une redoutable «bienpensance», somme toute très normative.

 

À mes yeux, l’agora est un lieu où l’on ne doit surtout pas s’installer. Elle doit rester un espace de passage, au niveau du temps que l’on y consacre, des mots que l’on y écrit, et de ce que l’on y investit psychologiquement. À cette condition, la participation, affranchie des dysfonctionnements du «groupe» virtuel, peut y être vivable, constructive et remplir sa fonction, éminemment collective.

 

Je voudrais terminer sur un point positif: j’ai rencontré sur ce média participatif des personnes hautement estimables. Je ne regrette pas mon expérience, qui m'a beaucoup appris sur les autres et moi...

 

L'auteur de ce billet a décidé d'en fermer les commentaires

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13/10/2012, 05:53 | Par Art Monica

Je colle ici le Billet de départ de Netmamou, dont l'analyse correspond tout à fait à la mienne.

______________

Après trois ans de présence, je quitte le Club.avec un sentiment d'écoeurement. Comme tout départ réfléchi, il est le résultat de plusieurs évènements qui tous, m'ont poussée vers la sortie...

 

 

 La «  goutte d'eau »  

Je la dois à Géraldine Delacroix  qui malgré mon commentaire arrivé en tête de gondole avec 34  recommander n'a pas jugé bon de me répondre.. Ah , les « recommander » institués par la «  modération » de Médiapart. On pouvait espérer que sur un fil ouvert par la modératrice - au moins là- ce commentaire obtiendrait une réponse ! 

J'ai d'abord pensé à un oubli, j'ai donc insisté, mais le temps passant, j'ai dû mettre un autre mot sur la chose : le mépris . Oui, c'est bien de mépris que GD a fait preuve à mon égard.

Cochon de payant , va !

J'ai beau le savoir, je ne peux pas l'accepter .. .

 

Je gratte un peu...

 

Depuis quelques mois, des blogs d'abonnés communautaristesse sont épanouis dans le Club . Là, j'ai commencé à me poser de vraies questions.. De discussion ouverte, point. En revanche, les insultes et la vulgarité s'y donnent libre cours. Un cours jamais sanctionné par la «  modération ». Curieux, non ? Une précision : je ne suis pas bégueule pour deux sous, et j'apprécie la langue verte et les échanges rugueux, quand ils sont assortis d'arguments qui tiennent la route.

Mais il y des limites aux insultes, et ce respect tant demandé - à juste titre - dans les banlieues, pourquoi ne serait-il pas le minimum exigible sur des billets de blogueurs ? 

Or, que vois-je? Ce sont deux féministes laïques qui sont sanctionnées par les ciseaux « modérateurs ».

 

Quelques mots aux auteurs de ces billets comunautaristes.

 

Je les ai lus, vos billets. Le ton et les contenus ne m'ont pas donné envie de discuter:

Je n'ai pas été accro au Club pour me faire insulter ! Mais j'ai des choses à vous dire avant de partir..

 

Vous vous dites de gauche ?

 

Ne voyez-vous pas que vous faites le jeu des ultra-libéraux et des capitalistes purs et durs ?

Ils ne rêvent que de cela; s'adresser à des « communautés d'intérêt » , acheter des voix via les lobbies de tout poil .

On donne un os à ronger à une communauté, un os plus petit à une autre, et voilà les gens qui pourtant souffrent des mêmes misères sociales, prêts à s'étriper pour un dieu qui ne leur viendra pas en aide . Sinon, ça se saurait depuis le temps !

 

On a eu droit, chez les cathos à la «  nécessaire souffrance sur terre, pour gagner son paradis ». On aurait droit, avec l'Islam à la «  femme est le complément de l'homme » ?.

 

Cela s'appelle tout bonnement diviser pour mieux régner ! C'est un principe appliqué depuis la nuit des temps. Et ça marche ! Stratégie de la diversion ; pendant ce temps, les « élites » nous font gober collectivement leur politique de casse sociale qui elle, nous concerne tous

 

C'est cela que vous voulez?

 

Le retour des communautarismes, c'est la fin de la citoyenneté et donc de l'égalité des droits et des devoirs  

 

Je vous livre ici un article de la proposition de Charte d' Europe et Laïcité

ARTICLE 7 - AFFRANCHIR LE CITOYEN DES CONTRAINTES COMMUNAUTARISTES

Dispositions

Dans les domaines définis comme étant de leur ressort, les autorités élues des institutions européennes se garderont de fonder leurs actions et leur politique sur des conceptions dont la mise en application constituerait une violation ou une limitation des valeurs constitutives de l’humanisme laïque et de ses modalités de mise en pratique.

Elles veilleront notamment à ne pas privilégier le communautarisme ethnique, confessionnel ou cultuel, source de rivalités et d’affrontements, mais à considérer partout l’homme-citoyen comme l’élément fondamental de la vie civique européenne.

Implications

Une Europe républicaine ne saurait être l’addition de communautés particulières soumises à des lois spécifiques ou bénéficiant de privilèges exceptionnels ou dérogatoires. Sur le plan du civisme, l’Union européenne ne reconnaît que des citoyens libres et égaux en droits.

Toute décision du pouvoir politique européen contraire aux principes ci-dessus exprimés, ne peut que susciter des divisions, des rivalités, des troubles et des désordres inter-ethniques ou intercommunautaires, comme il s’en produit en Irlande, dans l’ex-Yougoslavie ou dans les républiques sub-caucasiennes ou (naguère) au Liban.



 Et un article édifiant sur les tribunaux religieux en Europe 

 

Sur ce même sujet, je ne peux m'empêcher de mettre des faits en série :

Montebourg était l'invité de Mediapart le 21 septembre.

Le 24 septembre, Médiapart nous informe que le même Montebourg annonce l'investissement du Qatar dans les banlieues, ce qui nous a valu, sur médiapart... une brève

.Le Qatar, où Tariq Ramadan , qui fut jadis l'invité de Mediapart, a été invité pour travailler  l'éthique ...Le site la rue arabe titre " Tariq ramadan racheté par le Qatar "

Le secret était-il si bien gardé que nos journaliste-fins-limiers aient pu l'ignorer ? Je me pose la question … 

Vous connaissez un pays qui investit à l'étranger sans attendre un retour ? 

Alors... quel retour, dans nos banlieues ? La bonne parole de frère Tariq ? 

Sans compter que les jeunes de banlieue commencent à comprendre le rôle que l'Arabie Saoudite et le Qatar jouent au Moyen-Orient !  

Je regrette que la réflexion des journalistes de Mediapart ne les ait pas conduits à analyser ( ou si peu) les phénomènes communautaristes qui sont à l'oeuvre dans la société française et européenne, et ici-même, dans le Club.

J'en suis arrivée à penser que c'est un choix de la rédaction, choix avec lequel je suis en désaccord.  

Parce que la laïcité, c'est le socle de la République. 

 

Je gratte un peu plus

 

Le traitement de l'information, pendant la campagne de la Présidentielle a montré un parti-pris aux antipodes de ce que le soutien au manifeste des « Economistes atterrés »  laissait espérer.

De même que la journée d'études avec Attac, consacrée notamment à l'audit de la Dette.

J'en ai conclu qu'il s'agissait d'opérations marketing, et que les messages n'avaient pas été intégrés dans leurs écrits, par les journalistes. Je fais toutefois une exception pour Martine Orange...  

Le traitement de l'international n'apporte rien qu'on ne trouve ailleurs, dans la presse grand public. La Syrie, traitée sur le mode misérabiliste, sans vision géopolitique … Quant à ce qu'il se passe en Amérique du Sud, et notamment au Vénézuela, on en reste vraiment à la pensée unique . 

 

Vous me trouvez dure ? Sans doute avez-vous raison. Je reconnais bien volontiers  que ma déception est à la hauteur de l'espoir que j'avais mis dans ce média qui se disait « participatif », et qui ne l'est pas . 

Je reconnais toutefois à Mediapart le mérite d'avoir lancé l'idée, dont je pense qu'elle est une étape, une expérience ou un défrichage, qui fera des petits que j'espère plus respectueux des personnes qui s'y investissent. 

 

Je regretterai les personnes que j'ai appris à connaître (même virtuellement), Quant à ceux avec lesquels j'ai passé des moments d'amitié partagée, nous nous reverrons, c'est sûr !

J'ai apprécié leur curiosité, la qualité de nos échanges, ainsi que l'humour, la générosité et les tranches de rigolade ! 

A tous ceux-là, je dis un grand merci ! Et à bientôt … Ailleurs , peut-être

13/10/2012, 06:34 | Par Art Monica

Je colle ici un Billet de Caroline Pinet, publié le 17 Janvier 2008 sur Mediapart. Les termes du débat il y a quatre ans étaient très clairs....

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Ne touchez pas à la laïcité!

Par Caroline Pinet

Et voilà, au travers du rapport Cherrier, le retour de l’idée de faire entrer au Conseil Économique, Social et Environnemental - institution relevant de la Constitution de notre République laïque -, des personnalités en fonction de leur appartenance religieuse et (pour faire bonne mesure?) de leur appartenance à certains mouvements philosophiques. Ou encore, pour éviter un tollé, de prévoir par la Loi organique “ la possibilité pour le CESE, voire l’obligation lorsque l’objet du débat le justifie, de consulter les cultes et les mouvements philosophiques reconnus, et leur demander leurs contributions sur certains sujets, notamment d’ordre éthique.”.

Justifier ce conseil par “ Il n’est pas inutile de rappeler le rôle de certains mouvements philosophiques dans l’inspiration de dispositions législatives qui ont concerné la vie des femmes.” est a minima invraisemblable et méprisant pour ces générations de femmes qui ont dû se battre pas à pas pour que leurs vies cessent d’être un long chapelet d’indignité.

Dire aujourd’hui que l’évolution du droit des femmes relève du domaine de conceptions philosophiques particulières - auquel on pourrait donc légitimement opposer d’autres conceptions philosophiques ou cultuelles - est indigne et ouvre des portes inacceptables. C’est nier le caractère universel de cette égalité qui reste encore inachevée. C’est revenir... à la philosophie des Lumières, à la Déclaration universelle des droits de l’homme et du Citoyen initiale, qui excluaient les femmes, juste la moitié de l’humanité.

Par ailleurs, mettre en parallèle philosophie (en principe basée sur des raisonnements et leurs évolutions au fil de l’évolution de l’humanité) et religion (basée sur la foi et arrêtée aux textes anciens ou leurs diverses interprétations plus ou moins strictes) c’est mettre un pied sur la pente savonneuse des créationnistes qui réclament que leur croyance (la Genèse au pied de la lettre) soit considérée sur le même plan scientifique que la théorie de l’évolution.

On n’en est pas là, penseront certains, et la philosophie n'est pas une science. Certes, mais il a suffi de 20 ans pour que les Américains en soient là après un peu de démagogie racoleuse de Reagan, disant que finalement il préférait descendre d’Adam et Ève plutôt que d’un singe, pour rouvrir la porte des confusions et donner voix officielle aux théoriciens étriqués.

Dans sa grande “lucidité” le rédacteur du rapport poursuit en expliquant qu’ “Il serait vain de nier l’influence de mouvements religieux – dès lors qu’ils respectent les principes de la tolérance – dans l’apaisement de certaines tensions communautaires.”

Un “mouvement” religieux qui ne tolère pas que les femmes puissent avoir accès aux mêmes états que les hommes, au point de menacer d’excommunication ceux qui osent ordonner une femme, ne peut être qualifié de tolérant. Oserait-on demander “notamment sur les sujets éthiques” l’avis de groupes qui prônent l’interdiction de l’accès à certaines fonctions des personnes de couleur? Rien ne justifie que l’ostracisme envers les femmes ne soit pas condamné par la République avec autant de vigueur que l’est - heureusement- celui à l’égard de toutes autres catégories de personnes.

Arguer de la capacité des mouvements religieux d’apaiser certaines tensions communautaires pour justifier leur entrée au CESE revient à acter la pertinence de renoncer aux droits républico-régaliens pour les remettre entre les mains des diverses communautés religieuses plutôt que de chercher à résoudre les problèmes qui conduisent aux tensions... Le transfert des compétences de police à des sociétés privées que le récent Livre Blanc de Mme Alliot-Marie préconise doit-il s’étendre à terme à des “polices confessionnelles”?

Accepter l’entrée des représentants des groupes religieux au sein de nos institutions et du débat républicain, c’est accepter la prise en compte de leurs rapports à la vie, lequel est à la base du ”sort” qu’ils réservent aux femmes.

Alors même que la laïcité reste la règle, on a déjà pu voir un jugement rendu en tenant compte de l’appartenance religieuse des personnes concernées et une Ministre, oubliant l’égalité en droit des citoyens et citoyennes de ce pays, trouver cela normal. Normal d’ouvrir la porte aux procédures de répudiation.... Notre laïcité - et les réactions citoyennes - a permis de recadrer ce jugement sur le plan de l’égalité. Qu’en sera-t-il demain si nous mettons le doigt dans l’engrenage aujourd’hui?

Défendre la laïcité, ce n’est pas rentrer dans le débat par définition sans fin de l’existence ou non d’un Dieu, quel que soit le nom qui lui est donné. C’est respecter tous les croyants en continuant à maintenir les religions dans la sphère privée.

Défendre la laïcité c’est refuser d’entrer dans le jeu du rapport à la vie et des exigences des représentants de croyants, chemin dans lequel nombre de croyants ne les suivent même pas.

Ne pas défendre aujourd’hui la laïcité c’est, n’en doutons pas, mettre à mal la dignité de toutes les femmes, croyantes ou pas. C’est une raison plus que largement suffisante de refuser fermement que l’on s’attaque à elles de quelque façon que ce soit.

Nous devons être très nombreux et ô combien nombreuses à réagir très vite contre cette nouvelle attaque que nous ne pouvons considérer comme anodine car aucune brèche dans la laïcité ne le sera.

(Rapport Cherrier à télécharger à l’adresse suivante:
http://www.elysee.fr/documents/index.php?lang=fr&mode=view&cat_id=8&press_id=2228) . 


 

13/10/2012, 11:21 | Par Art Monica

L'oppression des femmes m'est insupportable sous toutes les latitudes, dans toutes les contrées, quelles que soient les religions.

Un billet d'il y a deux ans

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L'éviction prénatale des filles en Asie 

par Art Monica


Certains pays d'Asie pratiquent des "avortements sélectifs". Connue en Chine et en Inde, l’éviction prénatale des filles se développe au Vietnam, où le sexe ratio à la naissance (le nombre de garçons nés pour cent filles) est monté à 112 en 2007, sept points au-dessus du taux habituel de 105.

C'est ce que montre le démographe Christophe Z. Guilmoto, directeur de recherche au Centre population et développement, à Paris, dans une étude publiée par la revue scientifique en ligne Plos One.

Les seuls chiffres disponibles jusque-là au Vietnam dataient du recensement de 1999, qui ne révélait aucune anomalie. Des données plus récentes montrent, à partir de 2004, une augmentation linéaire et significative du nombre de garçons.

Comment expliquer ce changement ?

L’explication la plus facile est de dire que c’est à cause du contrôle des naissances imposé par les gouvernements chinois et vietnamiens. Depuis des années, le gouvernement vietnamien limite les naissances à deux enfants par famille. Or les garçons ont un rôle social et religieux plus important que les filles : ils représentent la lignée, le clan. Le souhait d’avoir des garçons plutôt que des filles est donc ancestral, et l’avortement est depuis longtemps une pratique courante au Vietnam.

L’éviction prénatale «contrôlée» des filles est cependantdevenue possible grâce à la technologie médicale, l’utilisation des appareils d'échographie se généralisant à partir de 2000. En Chine, où la limitation du nombre des naissances est plus sévère qu'au Vietnam, et où la pratique de l'échographie s'est développée dès 1982, le sexe ratio atteignait 120 en 2005, voire 130 dans les provinces de Jiangxi, Anhui et Shaanxi.

Mais le phénomène touche aussi l'Inde, qui ne pratique ni le contrôle ni la limitation du nombre des naissances. Le sexe ratio moyen en Inde est de 113, avec de grosses différences régionales. Dans le Punjab, le sexe ratio était de 125 en 2005, sans pression politique pour le contrôle des naissances. Même dans la capitale, Delhi, il est supérieur à 120.

On observe aussi un sexe ratio élevé, en dehors de toute politique de contrôle, à Taïwan et à Singapour, au Pakistan et au Bangladesh. Enfin, on découvre une hausse du sexe ratio dans le sud du Caucase, en Arménie, en Géorgie, en Azerbaïdjan, où il est monté jusqu'à 115 en 2000. La tendance est identique, à un niveau plus faible, en Albanie et au Monténégro.


Quelles sont les conséquences de la préférence pour les garçons ?

La conséquence en temps réel, c'est que l'ensemble de la société encourage une discrimination sexuelle originelle.Le sexisme devient une norme inscrite dans les pratiques sociales.

Vingt ou vingt-cinq ans plus tard, le manque de filles perturbe le «marché matrimonial», dans des sociétés où le mariage est incontournable. Les hommes qui ont du mal à trouver une épouse doivent aller chercher ailleurs. Les femmes sont incitées à migrer vers les villes et des zones plus privilégiées, voire des pays voisins, où le manque de femmes leur donne une chance de trouver des maris de rang social supérieur.


Quelles vont en être les conséquences ?

Selon Guilmoto, les systèmes sociaux vont s'adapter. Lenon-mariage va devoir être reconnu comme une trajectoire de vie normale, ce qui est encore très mal accepté en Asie. En Inde, notamment au Punjab, la pénurie de femmes a aussi commencé à fissurer la barrière des castes : des hommes épousent des femmes issues de castes inférieures, ce qui était totalement impensable il y a peu.


Ce phénomène est-il durable ?

Certains chercheurs, optimistes, prévoient en Chine, en Inde et dans le Caucase une baisse du sexe ratio, qui préfigurerait selon eux la fin d'un cycle. L’éviction prénatale des filles serait donc une «aberration temporaire». Ces chercheurs observent qu'en Corée du Sud, le sexe ratio a grimpé comme en Chine, avant de revenir à la normale en 2007.


Qu’est-ce qui a permis de rétablir l’équilibre en Corée du Sud ? 

- L'évolution de la société, permettant aux femmes accéder à l'éducation, au marché du travail.

- L'action du gouvernement, qui a réformé la politique de la famille et déployé un arsenal répressif contre cette sélection des naissances.

Bref, ya qu’à …

13/10/2012, 11:24 | Par Art Monica

Les femmes ne veulent pas redevenir des ombres

Mediapart, 08 janvier 2012 Par Art Monica

  

Les religions sont l'un des dispositifs les plus féroces, depuis des lustres, pour rationaliser et justifier toutes les dominations, celle des femmes en particulier.

Or on assiste aujourd'hui, dans notre monde mondialisé, à une remontée de toutes les religions, accompagnée d'une remontée de tous les archaïsmes du genre. 

 

Certains croient que nous contestons le voile islamique par racisme ou islamophobie. Au moment même où ils clament que le monde est mondialisé et doit le rester, certains nous expliquent que les femmes ici et les femmes là-bas, ce n'est pas la même chose. Qu'il y a un relativisme culturel. Que nous, les vilaines féministes occidentales, nous n'avons pas à donner de leçons

 

Le monde serait mondialisé, mais pas la cause des femmes? 

La ficelle est trop grosse. 

Une corde pour nous pendre.

 

Tournons nos yeux vers Israël.

La bataille du genre s'y durcit. Religion et sexisme, même combat. 

Ces derniers temps, plusieurs évènements graves ont eu lieu au sein de l'armée, qui reflètent une montée grandissante de la tension entre des soldats juifs pratiquants et leurs homologues femmes.La tentation de l'apartheid. 

En octobre dernier, par exemple, au cours d'une soirée de célébration de la fête religieuse de Sim'hat Torah, une centaine de soldates étaient parties furieuses: les aumôniers militaires leur avaient interdit de se mêler aux soldats. La semaine dernière, le rabbin aumônier de l'armée de l'air avait annoncé sa démission - avant de se rétracter - en signe de soutien à ces soldats qui refusent d'assister à des cérémonies au cours desquelles des femmes chantent.

L'état-major a fini par publier des ordres stricts : tous les militaires - religieux ou non - doivent assister aux cérémonies officielles. Pas question de céder à ceux qui exigent l'exclusion des femmes des unités combattantes ou des centres d'entraînement.Pourtant, certains sont prêts à refuser les ordres et à risquer la prison militaire pour ne pas entendre un chant féminin.Un tel acte de désobéissance a déjà valu l'expulsion à plusieurs cadets de l'école d'officiers. Selon les sociologues, les militaires nationalistes religieux représentaient 2,5 % des soldats en 1990. Ils étaient 31,4 % en 2007, et seraient encore plus nombreux aujourd'hui, souvent issus des colonies et des écoles talmudiques prémilitaires, où des rabbins se rapprochent de l'intégrisme ultraorthodoxe. 

La société civile n'est pas épargnée. Pour marquer les esprits, des centaines d'Israéliennes ont manifesté à plusieurs reprises à l'entrée de Jérusalem sous le slogan : "Nous n'arrêterons pas de chanter", en soutien à leurs "soeurs" soldates. Ces militantes, laïques comme religieuses, brandissaient aussi des posters de femmes pour protester contre "la disparition des visages féminins des murs de la ville sainte", bannis des panneaux d'affichage, des abribus et des autobus. Pas de femme dans les campagnes publicitaires pour le don d'organes, pour le nouveau tramway ou dans celles des cartes de crédit MasterCard. Même les autocollants distribués aux familles ultraorthodoxes pour encourager les enfants à prendre leurs médicaments ou à se laver les dents ne présentent que des petits garçons... alors que la légende clame "elle est une bonne fille" !

Et cela ne s'arrête pas là. Du mannequin vedette de la campagne de pub de la chaîne de vêtements Honigman, il ne reste qu'un bras et un morceau de buste caché sous un pull. À Tel-Aviv, sur la photo originale, le visage, la longue chevelure et le cou de la jeune femme sont visibles. L'affiche vantant la marque de vêtements Castro, qui, ailleurs dans le pays, montre une jeune femme en jean moulant et en tee-shirt, a carrément été coupée: il ne reste plus qu'un pantalon... Mis sur la sellette, les patrons de ces fleurons du prêt-à-porter israélien invoquent le principe de nécessité : "Je ne peux pas faire autrement, affirme le P-DG de Honigman. Je dépens d'une société d'affichage urbain qui m'a fait savoir qu'elle avait reçu des directives de la municipalité de Jérusalem selon lesquelles le placardage d'affiches montrant des visages de femmes était interdit dans certains quartiers, car cela pouvait porter atteinte au public religieux. Averti à la dernière minute, j'ai décidé de modifier les affiches en question. La prochaine fois, je ferai des photos spécialement destinées à ce secteur. Je montrerai le produit. Point final !" 

Mais à Jérusalem, personne ne semble vouloir assumer ces directives: la mairie dément avoir donné une quelconque consigne. La société d'affichage, quant à elle, se justifie en expliquant que cela ne concerne pas que la ville sainte, mais aussi Kiryat Malachi, Netivot, dans le sud du pays, et bien sûr Bnei Brak, banlieue ultraorthodoxe de Tel-Aviv. Et de lancer : "Vous savez, quand il n'y avait pas d'interdiction, chaque fois que je posais une affiche avec une femme, on me brûlait le panneau et l'abribus avec. Et, en passant, on vandalisait les bus porteurs de la pub sulfureuse. Des dommages énormes. Alors, aujourd'hui, on a compris. Avec consignes des mairies ou sans, on ne met plus d'images de femmes dans les endroits habités par les ultrareligieux." 

Et c'est bien cela qui inquiète Esther Shimouni. Cette féministe, qui habite Jérusalem depuis une quarantaine d'années, ne sait pas ce qui est le plus grave : "Que les images de femmes aient disparu de l'espace public hiérosolymitain ou que les publicitaires pratiquent l'autocensure pour des raisons de gros sous..." En effet, selon elle, les principaux cercles ultraorthodoxes n'auraient pas eu d'exigences particulières. "Ce qui me désole le plus, c'est le sentiment qu'à Jérusalem la collectivité a intériorisé le dictat de certains groupes ultrareligieux. (...) C'est vrai, on n'arrête pas les femmes dans la rue. Elles peuvent se promener seules, on ne les oblige pas à porter la burka et on ne les empêche pas de briguer des postes importants. Mais, d'un autre côté, nous avons le sentiment qu'on nous demande d'accepter d'apparaître de moins en moins dans la sphère publique, afin de ne pas déranger certaines personnes."

Les Israéliennes sont nombreuses à se retrouver dans des rassemblements ou sur Facebook pour mener ce combat féministe et laïque. À Jérusalem, beaucoup sont des religieuses nationalistes inquiètes de la polarisation grandissante de leurs chefs autour du rigorisme vestimentaire et de la séparation entre les sexes, à la façon des ultraorthodoxes. "C'est une société, explique Esther Shimouni, qui, jusqu'à il y a quelques années, était relativement ouverte. Aujourd'hui, on est en pleine régression. Et cela touche de plein fouet les femmes, dont certaines ont décidé de se révolter !" Comme Dvora Evron, venue dire publiquement, lors d'une manifestation à Haïfa : "Le phénomène d'exclusion dont nous sommes témoins constitue une distorsion du judaïsme !" Ou comme Tanya Rosenblit, qui a refusé la ségrégation homme-femme imposée par les ultraorthodoxes dans les bus, depuis imitée par des militantes qui multiplient les actions. 

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Nous ne voulons pas devenir des ombres!

13/10/2012, 12:43 | Par Art Monica en réponse au commentaire de Art Monica le 13/10/2012 à 12:41

Le jugement rendu hier par les jurés au procès dit des « tournantes de Fontenay-sous-bois » illustre tristement la difficulté pour des femmes victimes de viol de faire entendre leur voix et reconnaitre ce qu’elles ont subi. 
Force est de constater que très souvent ces femmes doivent affronter un véritable parcours de combattantes pour porter plainte, pour faire reconnaître leur traumatisme et pour avoir le courage d’aller jusqu’au bout de leur démarche judiciaire.

L’observatoire national des violences faites aux femmes que nous portons depuis plusieurs années aux cotés des associations féministes, et qui doit être mis en place prochainement par le Ministère des Droits des femmes, constitue un outil essentiel pour mesurer cette réalité souvent sous-estimée. Il doit avoir les moyens de mener des actions de prévention et de promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes, pour en finir avec les violences, phase extrême du patriarcat.

Laurence Cohen, , Responsable nationale Droits des Femmes/Féminisme  du PCF,

13/10/2012, 12:47 | Par Art Monica

La tentation obscurantiste catholique en Pologne:

Les députés qui ont voté pour la poursuite des travaux sur le projet de loi interdisant l'IVG en cas de maladie grave ou de risque pour le fœtus ont gagné des points auprès du père Tadeusz Rydzyk, directeur de Radio Maryja [station d'extrême-droite, xénophobe et antisémite]. Ils iront se confesser dimanche la conscience tranquille.

Ils ne seront pas perturbés par la vision des enfants condamnés à mourir lors de l'accouchement, frappés d'anencéphalie [malformation du crâne] ou vivant pendant des mois dans l'attente d'une mort certaine, dans la douleur et la souffrance. Ce n'est pas leur problème. "Dieu l'a voulu ainsi."

Les députés de Pologne solidaire [parti qui a rédigé le texte, formé par des sécessionnistes de la formation de droite Droit et Justice] et tous ceux qui ont voté pour ce projet ne voient pas pourquoi l'Etat aiderait les mères de ces enfants. Ne doivent-elles pas être heureuses de recevoir une distinction de la part de Dieu, qui leur accorde ainsi une chance de salut ? Qu'elles portent leur croix.

Le but de ce projet est d'obliger la femme à accoucher et non de lui garantir des conditions de vie et de mort humaines. Les députés ne se préoccupent pas de savoir si les mères pourront faire soigner leurs enfants ou au moins les soulager de leur souffrance. Suivant leur logique, elles doivent se transformer en mendiantes parce que la sécurité sociale fait des économies.

Les députés évoquent l'enseignement de Jean-Paul II et leur foi catholique 

Pour les députés, il importe peu que l'Etat n'investisse pas dans l'accompagnement des enfants gravement malades. Les garanties pour que ces enfants puissent profiter du ramassage scolaire ou être scolarisés normalement n'existent que sur le papier. En réalité, on les pousse à suivre leur scolarité à la maison, dans l'isolement, sans leur donner une chance de profiter de la vie.

Les femmes qui décident d'avorter à cause d'une maladie du fœtus le font le plus souvent par peur d'être condamnées à la solitude, d'être rejetées et d'être incapables d'aider leur enfant. Je suis curieuse de savoir combien de députés, parmi ceux qui ont voté en faveur de ce projet, ont offert de l'argent aux ONG qui s'occupent des handicapés, des malades et de leurs familles ? Combien d'entre eux ont adopté ou parrainé un enfant ?

Ces députés évoquent l'enseignement de Jean-Paul II et leur foi catholique, qu'ils ont décidé d'imposer à tout le monde. Ils oublient la miséricorde que cette foi suppose. Ils espèrent être récompensés dans l'au-delà. Pour pas cher, sur le dos des autres.

 

13/10/2012, 15:29 | Par Art Monica

Des membres du Polit Buro s'agitent beaucoup pour démontrer que je serais une infâme raciste Cool.

Ils ont retrouvé un article que j'avais écrit en 2010 dans Agoravox, dont ils extraient des petites phrases.

Je le colle donc, en entier. Le caviardage: NIET !

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Etre français, se sentir français, vivre en France

par Monica, samedi 9 janvier 2010, Agoravox 

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/etre-francais-se-sentir-francais-67529

 

MM. Sarkozy et Besson ont lancé un « débat sur l’identité nationale ». De nombreuses personnes ont refusé ce débat, qu’elles ont jugé inutile et dangereux car il divise les Français et stigmatise les étrangers.

 

 Des propos racistes, xénophobes (mêlés heureusement à des propos humanistes soigneusement filtrés) furent publiés sur le Site Internet de M. Besson consacré à ce sujet. Plusieurs personnes témoignèrent du fait que ce débat était pipé, les modérateurs du Site rejetant les propos qui n’étaient pas dans la ligne clairement affichée par la bibliographie proposée en référence.

 

Nous avons été nombreux à refuser de participer à ce « débat » organisé par le gouvernement, vu la dénomination même du Ministère dirigé par Mr Hortefeux, et vu la politique de Sarkozy. Ce « débat » semble en effet avoir, parmi ses objectifs, celui d’exacerber les tensions entre diverses composantes de la nation et, en confrontant immigration et identité nationale, de rallier des électeurs tentés par les thèses du FN.

 

Mais nous sommes quelques-uns à avoir pensé également que certaines questions soulevées, de façon explicite et implicite, par ce prétendu « débat » devaient être posées ailleurs et dans nos termes.Car nous savons que toute question évincée ou forclose devient encore plus pernicieuse.

 

Dans tous les médias, où s’expriment des opinions diverses, notamment sur Agoravox, nous avons pu lire des arguments contradictoires concernant ce « débat sur l’identité nationale », au-delà du clivage droite/gauche. Les controverses ont été enflammées par deux événements : l’interdiction de construire de nouveaux minarets en Suisse, et la Commission sur l’interdiction du port de la burqa en France.

 

L’une des questions récurrentes que révèle à cru ce débat sur « l’identité nationale » (qui en est peut-être une expression ou une conséquence plus qu’une cause), est la suivante : pourquoi certains musulmans et l’intégrisme musulman suscitent-ils la peur ? Pour de nombreuses personnes de gauche, s’exprime dans cette peur une haine pure de l’autre, de l’étranger, que Sarkozy a réanimée sciemment.

 

Il est indéniable que Sarkozy détourne et biaise des questions, dans une stratégie qui n’est pas seulementd’enfumage, mais, plus grave, d’engluage. Sarkozy dévoie des termes, des notions, des personnes, des références, des thèmes, conduisant la gauche à s’en défier, voire à les rejeter, à les lapider. De ce fait, la gauche entre doublement dans la glue de Sarkozy, puisqu’elle ne pense plus dans ses termes à elle, mais contre ses termes à lui. Elle oublie par exemple que des questions comme « qu’est-ce que se sentir français », « comment participer pleinement à la vie citoyenne quand on est étranger »…nous nous les posions, bien avant que Sarkozy ne soit élu ou que le FN n’en fasse ses choux gras. Rejeter ces questions comme de mauvaises questions et les résumer par la seule notion de « racisme », est de fait un engluage.

 

Il y a certes une composante raciste plus ou moins xénophobe dans la peur à l’égard des musulmans. Comment la nier ! La peur des musulmans met en jeu des fantasmes qui ont un lien direct avec la colonisation. C’est le message principal de l’Appel au contre-débat lancé dernièrement, dont le but est de révéler le vrai débat sous-jacent mais caché : "le passé colonial de la France et ses héritages dans le présent (immigration, connaissance de cette histoire, guerre des mémoires, mélange des notions d’intégration et d’assimilation)". Les auteurs de l’appel proposent de recentrer le débat dans les prochains mois vers d’autres enjeux : valoriser les mémoires autour de l’esclavage parce que c’est notre patrimoine commun, lutter contre les diatribes violentes qui ne voient que "communautarisme" ou "repentance" lorsque l’on parle de la diversité des origines et des cultures, rappeler que lorsqu’une société a rendu son passé inaudible (colonisation, esclavage...) a marginalisé une partie de ses histoires (immigrations, luttes ouvrières…], elle remplace la réflexion par le fantasme [1].

 

Mais la xénophobie et l’histoire coloniale n’expliquent pas tout.

 

1) Se sentir français, vivre en France versus être français

 

Sarkozy a pipé le débat en parlant de « l’identité nationale », réifiant ainsi un illusoire et trompeur « être français », opposé au « non français ». Or nous ne sommes d’abord français que par contingence comme le dit Maurice Maschino, la francité étant une catégorie juridico-politique dont le signe de reconnaissance est avant tout la carte d’identité nationale [2].

 

Cependant, comme le rappelle Jean-Claude Barreau, la France est le résultat d’une action politique séculaire de la monarchie, puis des républiques. Elle est donc une nation avant tout « politique », alors que d’autres pays d’Europe sont davantage des pays « ethniques ». Il y a davantage de différences entre un Alsacien (ethnie germanique), un Breton (ethnie celte), un Dunkerquois (ethnie flamande) et un Marseillais (Méditerranéen métissé) qu’entre, par exemple, un Serbe et un Croate. Mais une volonté politique séculaire a tissé des liens affectifs forts. Une langue commune est parlée par tous et une mentalité commune, qui apparaît « spécifique » aux étrangers, s’est esquissée. Le peuple français a génétiquement beaucoup changé, l’immigration ayant considérablement métissé les ethnies françaises originelles. « La France, ce pays politique, est aussi un creuset puissant, un dissolvant efficace qui efface avec sa laïcité les différences trop marquées ».[3]

 

La question n’est peut-être pas tant dans «  l’être français » que dans le « se sentir français », et dans le « vivre en France », en tant que membres d’une collectivité mouvante mais tout de même existante.

 

Dernièrement, à entendre certains amis de gauche, il fallait quasiment avoir honte de se sentir français car on excluait les étrangers. On faisait violence à ceux qui ne se sentent pas français.

 

Mais pourquoi leur ferait-on violence ? Il y a probablement autant de façons de "se sentir français" qu’il existe de citoyens français. A chacun son sentir français, voilà tout.

 

Doit-on juger la question de « se sentir français » totalement non grata parce que par exemple un théologien et chercheur en sciences religieuses dit : « Moi, je ne peux pas définir mon identité : je suis de confession musulmane, amoureux de la littérature arabe et je baigne dans une culture et une langue françaises avec tout ce qu’elles véhiculent de contrastes criants et perspectives étalées à l’infini. Ma conviction était naïvement, que ma spécificité cultuelle et culturelle soit un plus, un embellissement supplémentaire qui s’insère harmonieusement dans la Cité française. Car si je développe le sentiment d’être un corps greffé, je n’obtiendrai l’estime ni de moi-même, ni de mon environnement. »[4] ?

 

Puis-je répondre, sans être suspectée de racisme, que sa façon de définir son être d’abord en termes de confession religieuse ne correspond pas à la mienne, foncièrement laïque ? Et que nos deux façons de sentir notre appartenance et/ou notre participation à la France sont aussi respectables l’une que l’autre ?

 

La contingence de la francité ne doit pas nous empêcher de nous référer à un socle commun républicain spécifique, toujours en mouvement, modelé au cours de notre histoire, sur notre sol, inscrit dans notre Constitution, et véhiculé par notre langue, ses dialectes et ses accents pointus ou chantants, notre culture ouverte aux vents de monde entier.

 

Ce socle est le respect des principes fondamentaux (que d’autres pays partagent) : la Liberté, l’Égalité de TOUS les êtres humains, la Fraternité (ou la Solidarité), la Laïcité, avec les spécificités et couleurs de notre histoire, de notre géographie, et de nos macarons [5].

 

Vivre en France, que l’on « se sente » ou non français, implique une participation à la vie républicaine, dans le respect de ces principes fondamentaux. L’intégration n’est ni une inclusion (« l’identité comme chez soi ») ni une assimilation (« l’identité comme chez toi »), mais un processus d’ajustement réciproque, où les droits et les devoirs doivent être pris en compte simultanément. La liberté individuelle doit se confronter, pour chaque citoyen, aux valeurs collectives de base de chaque pays dans lequel il vit - que nous appelons joliment les valeurs des Lumières.

 

Or certains citoyens musulmans entrent parfois en contradiction avec l’un ou l’autre de ces principes : celui de la laïcité, et celui de l’égalité des hommes et des femmes. Ils apparaissent de ce fait comme « refusant de s’intégrer » pendant qu’eux-mêmes se sentent « obligés de s’assimiler ». Comme le dit Malika Sorel, « lorsque l’on émigre dans un pays de culture très différente, on rencontre inéluctablement des difficultés d’adaptation. Ces difficultés sont d’autant plus conséquentes que ces migrants arrivent dans une société dont le référentiel culturel est profondément différent du leur. Si de plus, la société d’accueil ne leur précise ni les codes, ni les règles qui la régissent, ni les lignes blanches à ne pas franchir (socle de valeurs fondamentales), alors inévitablement leur insertion dans cette société deviendra conflictuelle, voire impossible » |6].

 

2) L’égalité des hommes et des femmes

 

Nous sommes nombreux à être choqués par la burqa, la restriction des enseignements dispensés aux filles, les mariages forcés, l’interdiction pour les femmes de consulter un homme médecin - pratiques qu’apportent certains défenseurs d’un Islam intégriste, d’obédience salafiste, dont nous redoutons le prosélytisme.

 

On nous dit que nous devons respecter la liberté des gens de s’habiller comme ils le veulent. Avec une burqa si les femmes le souhaitent. La burqa serait-elle un habit comme un autre ? Nous sommes nombreux à ne pas en croire un mot.

 

Les femmes doivent déjà faire contre mauvaise fortune bon cœur quand elles vont dans certains pays arabes, afin de respecter leurs coutumes. Nous voyons avec le cœur serrée les journalistes étrangères masquer leurs cheveux « impurs » pour rencontrer des leaders politiques.

 

On nous dit que ces pays ne sont pas de vraies démocraties. Et alors ? Nous devrions donc, au nom de notre démocratie, accepter que des femmes se baladent en France dans des prisons ambulantes, et en même temps respecter les coutumes des pays non démocratiques, qui nous dénient notre statut d’êtres humains libres, alors que nos cheveux n’appartiennent qu’à nous et n’ont rien d’impur ? Nous devrions, pour « respecter certains immigrés », écorner nos valeurs si chèrement conquises et accepter des coutumes indignes pour les femmes, alors même que nombre de personnes de pays musulmans les combattent ?

 

On nous dit que ces femmes déguisées en prisons ambulantes en France sont libres. Elles ont choisi de se voiler, elles le disent, le clament, le revendiquent même contre la volonté de leur père ou mari.

 

Mais nous connaissons bien la force de l’oppression, qui fait collaborer les opprimés à un système leur assignant une place et une identité rigides. Oh, nous ne sommes pas naïfs : les femmes en France et partout sont formatées pour être objets du désir des hommes. Mais il y a des graduations dans le formatage. Porter des talons aiguilles qui entraînent des lombalgies est une chose, mais avoir les pieds bandés jusqu’à en devenir handicapée, ou être enfermée dans une prison de tissu en est une autre. Oui, sans conteste, la burqa est une objectivation beaucoup plus grave.

 

Les « Français de souche », comme le disent les arboriculteurs de la nationalité, ne sont pas les seuls à le penser. Des femmes et des hommes musulmans le pensent aussi, et luttent partout pour que cessent ces coutumes violentes.

 

Tahar Ben Jelloun décrit : « Une femme enveloppée entièrement d’un voile noir, mains gantées de noir, et sur la fente, pour qu’elle puisse voir, elle a posé des lunettes noires. Un fantôme, une chose qui bouge à peine, mais ne parle pas. Une chose noire qui se meut à peine, mais dont on ne voit ni le corps ni aucun membre. Peut-être quelqu’un d’humain est là » ? [6]

 

Abdelwahab Meddeb énonce fermement : "Le visage couvert est retiré de la circulation urbaine comme de la relation intersubjective ou mystique. Aboli le visage qui est, encore selon Levinas, "le lieu d’une ouverture infinie de l’éthique ». Le niqab ou la burqa, extension du hidjab, est un crime qui tue la face, barrant l’accès perpétuel à l’autre. C’est un tissu qui transforme les femmes en prison ou en cercueil mobile, exhibant au cœur de nos cités des fantômes obstruant l’entrée aux vérités invisibles du visible." Et il ajoute : "Le niqab vient d’être interdit dans les espaces scolaires et universitaires d’Al-Azhar au Caire, la plus haute institution sunnite. Son patron, M. Tantawi, a rappelé que le niqab n’est pas une obligation divine, une farîd’a, ni une disposition cultuelle, une ibâda, mais une âda, une coutume. Et le mufti d’Egypte, Ali Juma, confirme cette assertion : il s’agit d’une coutume arabique antéislamique que l’islam est en mesure de dissoudre  » [8]

Et le collectif laïc de sensibilité musulmane, Mosaïc, lance un appel, rejetant toute forme d’appropriation de l’Islam qui se ferait au service d’éléments sectaires, et précisant qu’aucune religion ne peut justifier l’asservissement de l’être humain, notamment des femmes. [9]

 

Voilà toutes les questions fondamentales que nous devrions poser, dans nos termes, en intégrant dans les « histoires » de nos peuples, non seulement le colonialisme et l’esclavage, mais également la lente conquête heurtée des droits des femmes, et les oppositions entre laïcité et religions.

 

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[1]http://tempsreel.nouvelobs.com/spec...

[2]http://www.lemonde.fr/opinions/arti...

[3]Jean-Claude Barreau , Toute la géographie du monde, éd. Fayard, 2007, p. 123-124

[4]http://tempsreel.nouvelobs.com/actu...

[5]http://melgrilab.blog.lemonde.fr/20...

[6]tttp ://communautarisme.net/Entretien-avec-Malika-Sorel-Avoir6occulte6aux-migra,ts-et-a-leurs-descendants-la-realité-du-contrat-social-et-moral-de_a951.html

[7]http://www.lemonde.fr/opinions/arti...

[8] http://www.lemonde.fr/opinions/arti...

[9]http://www.marianne2.fr/L-islam-mod.. 

 

13/10/2012, 18:00 | Par Art Monica

Vues de très haut, les agitations du club sont très curieuses à observer, et très tristes aussi.

 

Chacun, dans les deux camps qui se sont créés, croit être la victime des vilains autres. 

 

Ceux qui proposent des solutions pour rendre les fils de blogs plus fluides sont accusés de vouloir censurer.

 

Quelle hypocrisie! Comme si la censure n'était pas aujourd'hui faite de la pire manière, par le harcèlement et les insultes dites politiques, bien sûr.

 

Cependant, certains partent et d'autres restent. 

Cela prouve que certains se sentent très mal, alors que d'autres se sentent très bien. 

Bien sûr: c'est leur loi qu'ils imposent, l'air de rien...

13/10/2012, 19:25 | Par Art Monica

Aujourd'hui, les Espagnols et les Portugais sont dans la rue pour protester contre l'austérité.

En Egypte, les démocrates laïcs et les frères musulmans  manifestent, il y a plus de 100 morts.

Au Pakistan, la petite Malala est entre la vie et la mort, soutenue par un grand nombre de Pakistanais horrifiés par la violence des Talibans.

...

Et pendant ce temps là, dans un petit club gaulois, les abonnés s'écharpent. Certains quittent le navire, écoeurés. D'autres qui vont rester se plaignent des autres...

 

Tout cela est le symptôme d'un monde qui part à la dérive.

 

Ce qui est très clair, c'est que ce n'est pas sur Mediapart qu'on pourra analyser ce qui se passe ...

14/10/2012, 12:34 | Par Art Monica

Les délices de la censure à propos d'un homme obligé de se cacher car victime d'une fatwa. N'en parlons surtout pas, ce serait islamophobe…

 ______

 Le plasticien Mounir Fatmi a réalisé une vidéo de six heures, directement inspirée du «Sleep» d’Andy Warhol, dans laquelle on voit Salman Rushdie dormir. Il a expliqué ainsi sa démarche:

Compte tenu des menaces qui pèsent sur sa vie depuis tant d'années, plonger dans le sommeil reste une manière pour lui de se mettre en état de vulnérabilité.»

La vidéo était au programme du festival «Vingt-cinq ans de créativité arabe», à L'Institut de Monde Arabe. Quelques jours avant l’ouverture de l’exposition, qui débutera mardi prochain, le vidéaste a appris que l’Institut refusait que l’œuvre soit projetée. Motif: elle est «trop sensible» vis-à-vis du monde musulman. La fatwa est dure, mais c'est la fatwa.

Cette nouvelle intervient quelques jours après qu’une installation «blasphématoire» du même Mounir Fatmi sur le Coran a été déprogrammée du Printemps de Septembre à Toulouse. Quelques semaines après que la prime pour l’assassinat de Rushdie a été portée à trois missions de dollars  par les mêmes Iraniens qui n'avaient pas supporté la parution des «Versets sataniques». Quelques semaines aussi après qu’un morceau de nanar tourné par un dingue a été utilisé pour plonger le monde musulman dans l’insurrection. Quelques mois enfin après l'annulation du Prix du roman arabe 2012. qui devait être remis en juin dernier à Boualem Sansal dans le même Institut du monde arabe. 

La nouvelle est tellement scandaleuse qu’on espère qu’il s’agit d’un malentendu. Que la direction de l’Institut du monde arabe courbe l’échine devant cette fatwa inepte, ça en dit long sur la lâcheté du monde culturel face à la susceptibilité démente d’une bande de mabouls.

 

 C’était d’ailleurs tout le propos de Mounir Fatmi: «J'ai été scandalisé par le silence des intellectuels arabes sur le sort de Rushdie et son combat pour la liberté de créer. Alors j'ai imaginé ce film comme un hommage.» Il poursuit: «Ce qui me gêne énormément, c'est que cela se passe en France, et non au Maghreb ou en Arabie Saoudite.»

Comble de l’absurde, la vidéo sera remplacée par l’installation toulousaine interdite. On rappelle que, début octobre, des versets du Coran ont été projetés par erreur sur le sol du Pont-Neuf. Une femme avait marché sur un morceau de trottoir orné d’une sourate ectoplasmique. «On ne marche pas sur le Coran», avaient alors protesté quelques fanatiques, poussant la mairie à faire demi-tour.

Pour ne pas trop déprimer, on préférera passer notre journée de mardi à lire «Joseph Anton», les mémoires romancées de Rushdie, dans lesquelles il raconte en détail les journées qui ont suivi sa condamnation à mort. Ou à dormir.

David Caviglioli (Le Nouvel Ob)

 

14/10/2012, 13:38 | Par Art Monica

Un article intéressant dans Press Europ

 http://www.presseurop.eu/fr/content/article/2857631-europeens-vous-spolie

 

La crise ? Quelle crise ? Cafés, terrasses et bistrots ne désemplissent pas, les vacanciers se bousculent dans les aéroports allemands, on nous parle de records à l’exportation, de recul du chômage. Les gens suivent en bâillant les "sommets" politiques hebdomadaires et les passes d’armes brumeuses des experts. Tout cela paraît se dérouler dans un no man’s land rhétorique rempli de discours officiels inintelligibles qui n’ont rien à voir avec ce que l’on appelle la vie réelle.

Manifestement, personne ou presque ne remarque que les pays européens ne sont plus régis depuis un certain temps par des institutions jouissant d’une légitimité démocratique, mais par une ribambelle de sigles qui les ont supplantées. Ce sont le FESF, le MES, la BCE, l’ABE et le FMI qui ont pris les commandes. Il faut être un expert pour développer ces acronymes.

En outre, seuls les initiés arrivent à comprendre qui fait quoi et comment au sein de la Commission européenne et de l’Eurogroupe. Tous ces organismes ont en commun de ne figurer dans aucune constitution du monde et de ne pas associer les électeurs à leurs prises de décision.

Spoliation politique 

Le détachement avec lequel les habitants de notre petit continent acceptent d’être dépossédés de leur pouvoir politique fait froid dans le dos. Peut-être est-ce dû au fait qu’il s’agit d’une nouveauté historique. Contrairement aux révolutions, aux coups d’Etat et aux putschs militaires dont l’histoire européenne ne manque pas, cette dépossession se passe sans perte ni fracas. Tout se déroule pacifiquement derrière des portes calfeutrées.

Que les traités ne soient pas respectés n’étonne plus personne. Les règles existantes, comme le principe de subsidiarité fixé par le traité de Rome ou la clause de non-renflouement du traité de Maastricht, passent à la trappe si besoin est. Le principe pacta sunt servanda [les pactes doivent être respectés] fait l’effet d’un slogan vide de sens forgé par quelque juriste pointilleux sous l’Antiquité.

L’abolition de l’Etat de droit apparaît noir sur blanc dans le traité établissant le MES (Mécanisme européen de stabilité). Les décisions des poids-lourds de cette "société de sauvetage" prennent immédiatement effet dans le droit international et ne sont pas soumises à l’assentiment des Parlements. Ils se nomment "gouverneurs", comme c’était souvent le cas sous les anciens régimes coloniaux, et, comme ces derniers, n’ont aucun compte à rendre à l’opinion. En revanche, ils sont expressément tenus au secret. Cela fait songer à l’omerta, qui figure dans le code d’honneur de la mafia. Nos "parrains" sont dispensés de tout contrôle judiciaire ou légal. Et jouissent d’un privilège que ne possède même pas un chef de la Camorra [la mafia napolitiaine] : l’immunité pénale absolue (conformément aux articles 32 à 35 du traité établissant le MES).

La spoliation politique du citoyen trouvait ainsi un point d’orgue provisoire. Elle avait débuté bien avant, lors de l’introduction de l’euro, voire plus tôt. Cette monnaie est le fruit de maquignonnages politiques qui n’ont tenu aucun compte des conditions économiques nécessaires à la mise en œuvre d’un tel projet.

Entreprise hasardeuse 

Bien loin de reconnaître et de corriger les malformations congénitales de leur création, le "régime des sauveurs" insiste sur la nécessité de suivre à tout prix la feuille de route fixée. Proclamer sans arrêt que nous n’aurions "pas d’autre choix" revient à nier le risque d’explosion induit par le creusement des disparités entre les Etats membres. Depuis déjà des années, les conséquences se profilent à l’horizon : la division au lieu de l’intégration, le ressentiment, l’animosité et les reproches mutuels au lieu de la concertation. "Si l’euro coule, l’Europe coule". Ce slogan inepte est censé rallier un continent d’un demi-milliard d’individus à l’entreprise hasardeuse d’une classe politique isolée, comme si 2 000 ans n’étaient qu’une paille comparés à un papier-monnaie inventé de fraîche date.

La "crise de l’euro" prouve que cela ne s’arrêtera pas à la spoliation politique des citoyens. Sa logique veut qu’elle conduise à son pendant, qui est la spoliation économique. Il faut être là où les coûts économiques surgissent au jour pour comprendre ce que cela signifie. Les habitants de Madrid ou Athènes ne descendent dans la rue que lorsqu’ils n’ont littéralement plus d’autre choix. Ce qui ne manquera pas de se reproduire dans d’autres régions.

Peu importe de quelles métaphores la classe politique se farde, qu’elle baptise sa nouvelle créature MES, bazooka, Grosse Bertha, eurobond, union budgétaire, union bancaire, mutualisation de la dette – les peuples sortiront de leur léthargie politique au plus tard lorsqu’il leur faudra mettre la main à la poche. Ils pressentent que, tôt ou tard, ils devront payer pour les dégâts causés par les sauveurs de l’euro.

Période faste pour les Cassandre 

Aucune solution simple ne se profile à l’horizon pour sortir de l’ornière. Toutes les options prudemment évoquées ont jusqu’à présent été retoquées avec succès. L’idée d’une Europe à plusieurs vitesses s’est perdue dans le lointain. Des clauses de sortie suggérées du bout des lèvres n’ont jamais trouvé leur place dans les traités. La politique européenne aura surtout bafoué le principe de subsidiarité, une idée bien trop convaincante pour être prise au sérieux.

Ce terme barbare signifie ni plus ni moins que, de l’échelon communal à l’échelon régional, de l’Etat-nation aux institutions européennes, ce doit toujours être l’instance la plus proche des citoyens qui régit ce qui entre dans son cadre de compétences, et que les échelons supérieurs ne doivent hériter que des compétences réglementaires qui ne peuvent être assurées ailleurs. Cela n’a jamais été qu’un vœu pieux – l’histoire de l’Europe en est la preuve.

L’horizon serait donc bouché. Période faste pour les Cassandre, qui ne prophétisent pas seulement l’effondrement du système bancaire et la banqueroute des Etats criblés de dettes, mais aussi dans le même temps, si possible, la fin du monde ! Mais, comme la plupart des prophètes de malheur, ces devins se frottent les mains sans doute un peu vite. Car les 500 millions d’Européens ne capituleront pas sans avoir opposé de résistance.

Ce continent a déjà fomenté, traversé et surmonté des conflits très différents et autrement plus sanglants que la crise actuelle. Sortir de l’impasse dans laquelle les apôtres de la mise sous tutelle nous ont rencognés aura un coût et ne se fera pas sans litiges et sans coups de rabot douloureux. La panique est dans cette situation la plus mauvaise des conseillères, et ceux qui prédisent à l’Europe un chant du cygne méconnaissent ses forces. Antonio Gramsci nous a laissé cette maxime : "Il faut allier au pessimisme de l’intelligence l’optimisme de la volonté".

14/10/2012, 15:22 | Par Art Monica

Dans le dernier commentaire de son billet de départ, qu'il avait ouvert aux commentaires, avant de le fermer, Thierry Ternisien écrit ceci:

 

L'absence de régulation n'est pas le pari sur l'intelligence mais l'oubli de la bêtise.

 

J'ajouterais: et pas seulement de la bêtise,  mais aussi de la méchanceté, de l'hypocrisie, de la mauvaise foi, de la jalousie, du ressentiment, de la perversité, de la haine … bref, de tous les mauvais sentiments qui traversent (quand ils n'envahissent pas) l'âme humaine.

 

Ne pas autoriser de garde-fous et de garde-méchants, dans ce monde de brutes qui tombe de plus en plus dans la bestialité, c'est permettre le pire

 

14/10/2012, 15:56 | Par Art Monica

Quelques réflexions à propos du Mal

 

Dans toute manifestation psychique de souffrance, on recherche le mal: traumatismes du corps, blessures de l'esprit, déchirures existentielles. Ainsi, la souffrance psychique s'enracinerait-elle dans le mal que la vie, les autres, auraient fait au sujet, entraînant déséquilibre, douleur et souffrance.

 

 

Mais, on cherche aussi la souffrance derrière le mal. Confrontée à des expressions de violence et d'agressivité, nous cherchons l'impensable et inexprimable douleur qui aurait conduit le sujet à "se défendre" en "attaquant". Les actes destructeurs sont ainsi reliés à un pathos: l'acte destructeur du sujet serait dans le pur continuum de sa souffrance, il serait pure souffrance. La souffrance et le mal seraient quasiment des synonymes. Le sujet ne pourrait être coupable, mais il serait victime: de l'Autre (père, mère, femme, mari, société) qui l'a blessé.

 

Si cet entrelacement de la souffrance et du mal est nécessaire au dispositif psychothérapeutique, il ne peut être étendu sans risques à toutes les réflexions sur les humains. Le mal est certes sur le plan sémantique synonyme de douleur et de peine, mais il est également ce qui est contraire à la morale, à la vertu, au bien. Or le Bien, la vertu, ne sont pas des concepts psychologiques. Deux thématiques sont révélatrices de cette hésitation de la psychologie: la perversion et la criminalité.

 

Le débat sur la perversion, que Robert Stoller a sorti d'une certaine ornière, permet de différencier pratiques minoritaires (notamment sexuelles) et anormalité. En effet, derrière des pratiques que la société considère comme "normales", peut s'exprimer "le désir de faire mal", qui est selon Stoller l'expression même de la perversion. A l'inverse, des conduites jugées "perverses" peuvent être totalement dénuées de tout désir de faire mal.

 

Ainsi, le mal se définit comme l'expression d'un mouvement de destruction dont l'Autre, les autres, sont l'objet.

 

La perversion en tant que Mal se lit comme une intentionnalité destructrice, une objectivation des autres, qui peut prendre la figure larvée de l'envie, de la jalousie, du racisme, de la misogynie, de l'instrumentalisation fantasmatique de l'autre... ou bien exploser dans le viol, le meurtre.

 

Devant ces actes, nous ne devons pas nous dessaisir de la question éthique en l'abandonnant aux philosophes, sociologues, moralistes, théologiens. Nous risquerions alors d'appliquer à notre insu une morale "spontanée" pernicieuse car implicite. Nous devrions garder à l'horizon la Loi et l'Altérité. Et c'est en nous approchant au plus près de l'agir destructeur - et non de la simple intentionnalité destructrice, dont les effets sont apparemment arachnéens - que nous pouvons, sans complaisance, aiguiser notre réflexion.

 

Le mal est alors défini comme l'atteinte à l'autre. L'homicide est possible parce que le sujet est entré dans un processus de réduction et d'objectivation de l'autre. Ce processus peut être pathologique (s'opérer à l'insu du sujet) , mais il peut également être choisi, calculé, imaginé, par le sujet. Et, pour faire retrouver au meurtrier le chemin de l'autre, Surveiller et punir - comme titrait le cher Foucault - ne suffisent assurément pas.

 

Erich Fromm tenta de conceptualiser cette question en opposant conduite constructive (création) et conduite destructrice (crime). Dans les conduites destructrices, Fromm distingua sadisme (physique et mental) et nécrophilie (amour de la mort, opposé à l'amour de la vie ou biophilie), deux composantes qu'Hitler développa de façon exponentielle.

 

Cette opposition est intéressante, mais on pourrait reprocher à Fromm d'avoir traité à la légère ce qu'il nomma l'"agressivité bénigne", comme les agressions "ludiques" à usage fantasmatique, ou l'"affirmation virile" des hommes envers les femmes ou "féminines" des femmes envers les hommes... qui sont loin d'être aussi bénignes dans leurs effets sur les êtres.

 

Le danger pour la réflexion sur la question du Mal est le relativisme. Un père violerait sa fille du fait des relations complexes existant entre eux, en quelque sorte à part égale.La victime apparente d'un système familial oppressif en serait partie prenante. Somme toute, il n'y aurait pas de relations de pouvoir, mais des interactions fondées sur des pôles complémentaires. La dialectique hégélienne du Maître et de l'Esclave se perpétuerait ainsi dans la réflexion, l'empêchant de définir et de conceptualiser le mal. Une telle approche circulaire mettrait sur le même plan victime et bourreau, dominant et dominé et serait extrêmement réductrice.

 

Quel chemin nous reste-t-il ? Probablement celui de l'"humanisme bien tempéré" (Todorov).

 

Comme le dit Claude Lanzmann à propos de la Shoah, "Ne pas comprendre fut ma loi d'airain pendant toutes les années d'élaboration et de réalisation de la Shoah".

 

On opposera cette position à celle d'Alice Miller, qui écrivit: "Sur le fond de la répression accumulée du caractère infantile dans notre éducation, on comprend assez facilement, ou presque, que des hommes et des femmes aient pu sans problèmes apparents conduire à la chambre à gaz un million d'enfants porteurs de ces parts de leur propre psychisme qu'ils redoutaient tant".

 

Expliquer le mal: oui, mais le comprendre: non.

 

_________________________

 

Références

 

- Fromm, E. La passion de détruire. Anatomie de la destructivité humaine. Paris, Laffont, 1975

 

- Lanzmann, C. Hier ist kein Warum. Nouvelle Revue de Psychanalyse, 1988, n° 38, p. 263

 

- Miller, A. C'est pour ton bien. Racines de la violence dans l'éducation de l'enfant. Paris, Aubier, 1984

 

- Stoller, R. La perversion et le désir de faire mal. Nouvelle Revue de Psychanalyse, 1984, n° 29, pp. 147-172

 

- Todorov, T. Nous et les autres. La réflexion française sur la diversité humaine. Paris, Seuil, 1989


14/10/2012, 19:19 | Par Art Monica

Un petit point en cette fin d 'après-midi du dimanche.

Le fond de l'air est frais Innocent

 

Le club des "Anciens" proches de la rédaction s'est appuyé sur quelques délateurs internes (les braves soldats dits du K-bis) et a tiré parti de ce que l'on appellera pour la commodité les "islamogauchistes" (volontiers insultants, toujours en position de juges et d'inquisiteurs)  du site pour pousser vers le départ un grand nombre d'abonnés excédés par ces empêchements de pensée et d'expression.

 

Les abonnés non membres du clan ont tenté vainement d'analyser les dysfonctionnements du site,  proposant des possibilités pour chaque blogueur (par ailleurs client) d'avoir s'il le souhaitait un contrôle minimal de ses fils de discussion.

 

Le clan s'est bien entendu opposé à toutes ces solutions. 

 

Maintenant que la place est propre, le club des bons, qui est opposé à l'entresoi (ô quel horreur, mais vous n'y pensez pas Cool) va pouvoir reprendre les choses en main…

 

Ainsi que l'écrit un abonné de ce club, "Je me contenterai de répondre pour l'instant que le club a réussi à perdurer ainsi depuis bientôt cinq ans et qu'il est fort à parier que cela va continuer ainsi pendant encore quelque temps.

On peut tout à fait réfléchir à la création d'organes d'autogestion, mais cela ne saurait être en donnant des droits individuels de gestion".

Hum Rigolant

15/10/2012, 10:40 | Par profil_inactif_28112

Encore un départ aujourd'hui ?!

15/10/2012, 12:23 | Par Art Monica en réponse au commentaire de profil_inactif_28112 le 15/10/2012 à 10:40

Pardon de vous avoir oublié, Boddisatva Cool

Vous partez donc vraiment, comme tous les autres? Nous voici donc 14.

18/10/2012, 21:34 | Par Art Monica en réponse au commentaire de Art Monica le 15/10/2012 à 12:23

Nous voici 15 avec Brocéliande.

18/10/2012, 22:42 | Par Art Monica en réponse au commentaire de Art Monica le 15/10/2012 à 16:58

Rigolant

15/10/2012, 17:42 | Par Art Monica

15/10/2012, 17:43 | Par Art Monica en réponse au commentaire de Art Monica le 15/10/2012 à 17:42

Jour de justice

Virgil Brill

15/10/2012, 17:43 | Par Art Monica

15/10/2012, 17:44 | Par Art Monica en réponse au commentaire de Art Monica le 15/10/2012 à 17:43

L'Attente des Gardiens

Virgil Brill

 

30/10/2012, 15:02 | Par Art Monica

La Story Telling du Club en cette fin d'automne est donc quasiment achevée, les bons et les méchants identifiés.

Les méchants sont essentiellement les partants, très nombreux à ce jour.

Les partants, qui n'ont pas tous les mêmes motivations, partagent  celle de ne plus supporter les dysfonctionnements du club, amplifiés par la manière totalement erratique dont la rédaction procède.  

Après avoir imposé un système de Recommandés vraiment délétère qui amplifie les conflits et les effets de clan, la rédaction a supprimé hier la fonction Activity qui permettait à chaque abonné d'avoir une idée des publications, remaniements et suppressions. La rédaction se garde ainsi la traçabilité des mouvements des abonnés et de ses propres interventions.

Les traces s'effacent, permettant une réécriture plus fluide de l'histoire... et des histoires.

Quant à la prétendue "non modération préalable" qui caractériserait ce média, elle est trompeuse puisque, sous le couvert du respect de la Charte, la rédaction autorise ou supprime à son gré certaines expressions (commentaires et billets), usant  de ciseaux à géométrie et ouverture variables.

Il reste à analyser ce qui rassemble politiquement un grand nombre de partants. Leur point commun est d'être plutôt critiques à l'égard de la droite et du PS,  de mettre en cause l'organisation actuelle de l'UE et  la mondialisation sous le pouvoir sans limites du capitalisme financier, et de défendre une vision radicalement laïque et féministe du monde...

04/11/2012, 13:47 | Par Art Monica

Dernier commentaire avant mon passage en gris demain.

Le Club de Mediapart part à la dérive. Il est soumis à la Loi de la jungle, puisque la rédaction ne permet pas aux blogueurs de mener librement, comme ils le souhaitent, leurs Fils de discussion, sans subir des détournements insidieux, des interpellations insultantes ou des trollages ouverts, sous le merveilleux prétexte de la liberté d'expression, de la non censure, et de la nécessaire contradiction politique.

Trois exemples de la véritable censure de la pensée qui s'exerce sous couvert de la non censure.


1) Dans un fil, je subis les attaques d'un abonné bien sous tous rapports, dont les billets sont souvent mis en Une, et qui s'arroge le droit de me traiter entre autres de raciste, convaincu qu'il lui faut exercer la police politique et me mettre le nez dans mes prétendues contradictions:

http://blogs.mediapart.fr/blog/sourisgrise/061012/jen-ai-ma-claque


2) Autre version, le trollage minable systématique, type chiures de mouches,  visant à pourrir le Fil de discussion de Marie-Caroline Porteu:

http://blogs.mediapart.fr/blog/marie-caroline-porteu/201012/question-quelle-union-bancaire-europeene-et-qui-supervise

3) Autre version, les insultes d'une abonnée très prolixe, visant ni plus ni moins qu'à interdire aux non arabes et non musulmans de parler des pays arabes ou de la religion musulmane:

http://blogs.mediapart.fr/blog/virgil-brill/311012/petite-typologie-islamique-discutable-et-provisoire

Le souhait de l'équipe de direction serait-il que le Club s'auto-détruise, afin que n'y restent que quelques articles politiques d'abonnés privilégiés, et des Billets culturels?

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