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Le ministre des portiques et monsieur Tibéri
C'est un ministre de l'éducation nationale dont la tâche a été de "vider", en supprimant des postes, les établissements publics d'enseignement. Pendant deux ans il a affaibli la structure d'encadrement, pédagogique et administrative sous couvert de barèmes et sous prétexte d'économies.
Fier de ce choix contribuant au démantèlement des lieux sensés instruire les enfants, le futur du pays, voilà qu'il constate que finalement il y a des violences, une idée lui vient, les portiques et les fouilles.
Comme si sa proposition ne signait pas par là l'échec d'un système qu'il a contribué à fragiliser. L'autorité à l'école devait s'exprimer par son rôle d'enseignement, d'instruction, de construction des générations futures, le plus important investissement pour l'avenir d'un peuple, la formation de sa jeunesse, au lieu de l'affirmer par un dispositif de supermarché ou d'aéroport.
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Et ce brave monsieur, battu aux élections municipales, resté à sa place par le fait du prince se rachète, une fois encore, par son zèle, lançant en forme de boutade, pour voir l'effet, ce que le Président vient de confirmer aujourd'hui: «J'entends les bonnes consciences qui crient au scandale quand le ministre de l'éducation nationale propose d'installer des portiques de sécurité à l'entrée des établissements. Bien sûr qu'il est regrettable d'en arriver là. Mais comment agir autrement dans un tel contexte. Attendre que l'irréparable se produise ?»
Nous arrivons en effet à «l'irréparable», c'est à dire à une situation de blocage : on jette les enseignants et les adultes de la communauté scolaire et on les remplace par des portiques.
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Peut-être faudrait-il des portiques pour contrôler certains édiles au moment des élections municipales? Famille et subordonnés de monsieur Tibéri viennent d'être condamnés pour «atteinte à la sincérité du vote par des manoeuvres frauduleuses». La loi lui permet de faire appel et malgré sa condamnation rien ne changera à moyen terme dans la mairie du 5ème arrondissement de Paris.
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Coreligionnaires dans la même famille politique, solidaires et bénéficiaires de la même majorité, l'un lance les portiques pour contrôler nos enfants, l'autre, impliqué «dans un système d’inscriptions frauduleuses, dont l’existence et l’ancienneté ont été avérées», se maintien aux affaires publiques pour son honneur... et grand profit!
Il y a en effet quelque chose de « pourri » dans ce système et, comme disait le philosophe, «quand le désordre devient ordre, une attitude s'impose: affrontement».

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L'association Etienne Dolet a pour vocation d'être le porte parole de cette volonté de renouveau démocratique. Aprés avoir suivi le procés et rendu fidèlement compte de la réalité du dialogue municipale a appellé à signer une pétition pour la démission de Jean Tibéri et la refonte complète des listes électorales. Etiennedolet5eme@blogspot.com
C'est sans doute un acte de salubrité publique d'inviter les habitants de votre arrondissement à exiger le respect de la démocratie. Je me permets de rappeler que, Étienne Dolet (Orléans, 3 août 1509 – Paris, 3 août 1546) était un écrivain, poète, imprimeur et humaniste.
" Quand le désordre devient ordre , une attitude s'impose ; affrontement " Merci Arthur
En matière d'éducation citoyenne, on pourrait effectivement remplacer les adultes par des portiques. Le "comment agir autrement" de Darcos c'est le pire du pire, la démission totale devant l'acte de penser. Comment agir autrement ? Il suffit de se mettre à l'écoute des expériences positives, existantes ou passées, et de réflechir à leur extension possible. Mais se mettre à l'écoute de portiques, alias la "voix de son maître", c'est tellement plus reposant intellectuellement....
... se dit le chien policier*. "une idée lui vient, les portiques et les fouilles. "( Arthur Porto) -Si Sarko m'aime, il me récompensera. Ouah ! Voilà le raisonnement intellectuel quotidien de notre ministre de ""l'éducation"" ?
* (je demande pardon à la race canine).
Merci, très bien dit. L'absurbe de la situation transparaît vraiment. Et que cela devienne leur pierre d'achoppement.
Merci pour votre remarque. Nous traversons une période où ceux qui nous gouvernent, sous-couvert de réformes et de rupture avec les politiques intérieures se lancent dans des mesures qui visent en fait à démanteler la structure du service public en favorisant toute initiative privée en impriment un style concurrentiel permanent. Récemment, le jeudi 28, rapporté par Le Monde sur internet, un député de la majorité actuel, monsieur Benoist Apparu rapporteur à l'Assemblée nationale sur le lycée, à propos de la suppression des postes à l'éducation nationale se disait "convaincu [que cela] obligera l'institution à s'interroger sur elle-même et à se reformer". C'est par la réflexion, le débat, la pensée qu'on peut élaborer, transformer, et améliorer un dispositif et pas par son asphyxie ou des attaques incessantes qui le mettent plutôt en situation de survie que d'innovation.
Monsieur Porto, Pour les gouvernants actuels, un seul mot d'ordre : détruire. Logique de fuite en avant. Car, par définition, ce qui a été détruit n'existe plus. Pourquoi y revenir ? Pour les victimes de la destruction actuelle, une consolation : la mémoire. Logique du passé. Y revenir. Pleurer. Déplorer. Vociférer. Des blogs, des billets, des commentaires. "Te souviens-tu du bon temps ?" Mais à quoi bon ? Alors, que faire ? Lutter. Combattre. Mener campagne. S'organiser. Exister vraiment.
Vous avez raison, face à la politique actuelle, l'engagement dans la cité devient à nouveau urgent. Même si on assiste à un reflux de la vie militante. Reste ensuite le champ d'intervention de chacun et là où on peut se sentir, en liberté, le plus en harmonie avec soi-même. C'est en tout cas comme cela que j'apprécie et je m'inscris dans le projet de Mediapart à la fois en y contribuant par des billets et des commentaires et en même temps en le diffusant auprès des futurs abonnés. Je pense que toutes les façons de s'engager sont légitimes et qu'il n'y a pas d'exclusive.
Monsieur Porto, Oui, si chacun faisait ce qu'il peut, là où il est, la face du monde en serait changée.
Sarkozy est bien le pompier pyromane. Toute sa démarche consiste à faire table rase du passé de l'État providence né du compromis social-démocrate après l'effondrement du nazisme. Sur l'anti-sarkozisme, il faut distinguer la forme et le fonds. Sur la forme, Sans complexe, le soir de son élection il s'est affiché avec ses amis le Gang du Fouquet's- les Bling-blings, la nouvelle oligarchie au profit de qui il gouverne la France, et l'hyper Président s'est approprié tous les pouvoirs, un gouvernement, un parlement, une police, une justice aux ordres. Sur le fonds, c'est la politique ultra-libérale de Chirac, Balladur, Raffarin, De Villepin qu'il poursuit. Le véritable anti-Sarkozisme, c'est le rejet de la forme et du Fonds et donc du clivage gauche-droite. Peut-être que les magistrats commencent cette semaine à se rebeller: contre l'état d'insalubrité et conditions de détention des détenus avant les audiences de comparutions immédiates, c'est aussi les sans abris du DAL qui ne plus considéré comme des objets encombrant la voie publique, c'est aussi la fin de la détention de Coupat, le prétendu saboteur des caténaires du TGV, mais avec des conditions de contrôle judiciaire scandaleuses: caution exorbitante, impossibilité de retrouver sa compagne, de reprendre son activité professionnelle en Corrèze... alors que dans le même temps Arnaud Lagardère, en sa qualité de PDG de sa holding, bénéficie de la qualité de témoins assisté, pas de garde à vue, ni détention , ni contrôle judiciaire dans une procédure de délit d'initié, avant de bénéficier d'un non-lieu.
Vous avez raison de souligner la façon dont le pouvoir s'exerce et de rappeler ces quelques points de la forme qui éclairent, en quelque sorte le fond. Je pense qu'on peut dire qu'il y a une méthode d'exercice du pouvoir qui passe par la tension permanente, y compris dans son propre camp. L'objectif me semblant être celui de la recherche de l'épreuve de force, de l'affrontement qui s'adresse directement à la majorité qui le soutient et qui attend surtout l'affichage de l'intention, le résultat se faisant souvent attendre. Il est tout de même significatif que l'actuel Président, ayant été ministre de l'intérieur pendant des années avant d'être élu, et que "la sécurité reste toujours aussi préoccupante" alors que c'était sa priorité. Dans d'autres circonstances ont pourrait dire que les derniers gouvernements de messieurs Rafarin, Villepin et Fillon, n'ont pas réussi -ou ont échoué- dans ce secteur malgré leur discours sécuritaire... On comprend ainsi que quelques "provocateurs", dont c'est la mission, s'aventurent sur des propositions qui, après les remous de la société civile et du monde politique finiront par s'imposer, selon la volonté du chef (l'exemple des portiques et plus récent le "télé-travail", pendant le congé maternité ou les arrêts maladie).
Le discours officiel a trouvé une nouvelle application pour le week-end de la Pentecôte. * Samedi dernier, à la gendarmerie de Courdimanche (Val-d'Oise) un enfant de 8 ans a été auditionné, avec son père. La mère d'un de ses camarades avec qui il s'était bagarré dans l'école a porté plainte. Les gendarmes l'ont donc auditionné le 30 mai pendant vingt minutes. L'écolier a reconnu s'être battu avec son camarade de classe car, ce dernier "cherchait à (le) manipuler", selon une dépêche d'agence citée par LCI.fr du 31 mai. C'est bien entendu une histoire fréquente dans les cours de recréation que deux enfants de huit ans se disputent. Dans des conditions normales les adultes de l'établissement scolaire avaient à prendre en charge cette affaire auprès des enfants et des parents. Mais nous sommes à l'heure des «portiques et des fouilles» prônés par le ministre en service commandé du Président. Et il faut bien justifier que la délinquance est de plus en plus fréquente et commence de plus en plus tôt.
Et quid de la mère qui porte plainte ? C'est quoi une cervelle ?
On peut en effet, et vous avez raison de questionner l'attitude de la mère de l'enfant-victime. D'après le Parisien la mère aurait «essayé d’aller voir les parents, l’institutrice et le directeur de l’école, mais personne ne voulait m’écouter (...) J’ai essayé d’autres solutions avant d’aller voir les gendarmes, je n’ai pas commencé par déposer plainte!» C'est bien là, à mon avis, que la question est grave car cela semble démontrer que le tissu social est «déchiré ou en tout cas en train de se rompre». Que dans le cadre scolaire il n'y ait pas d'interlocuteur, que le père de l'enfant-agresser n'ait pas pu entendre ce qu'on lui disait, vient bouleverser nos modes de vivre ensemble. . Et quand un ministre propose des « portiques » pour garantir le respect de l'autorité de l'école que devait être «naturellement» assumée par le corps enseignement c'est, me semble-t-il, une façon de dire que c'est à l'extérieur (ici la gendarmerie) qu'il faut aller chercher les «régulateurs» pour que les enfants ne se bagarrent plus dans la cour de récréation. Il «autorise» ainsi ce genre d'initiative et les fonctionnaires de la force publique se sentent investis de l'air du temps-sécuritaire. Pour le moment il me paraît que le gouvernement a réussi, en soulevant et en imposant la question de la sécurité dans le milieu scolaire et des moyens les plus répressifs pour y répondre, à minimiser ou à différer le débat sur le devenir de l'Europe à travers l'élection du 7 juin. On comprend que les préoccupations des citoyens soient autres.