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Caisses d’épargne : pourquoi je fais appel

Le 10 octobre 2008, les indices boursiers mondiaux terminaient par un nouveau plongeon l’une des semaines les plus noires de l'histoire. Surtout, la volatilité des indices, mesurant leur variation quotidienne et donc la nervosité des opérateurs, atteignait des sommets historiques. Ces mouvements provoquèrent des pertes considérables sur le portefeuille dont j'avais la responsabilité au compte propre de la CNCE (aujourd'hui BPCE).Le 17 octobre j'étais mis à pied... et après que les dirigeants de la banque aient été « démissionnés » le dimanche 19, les nouveaux dirigeants portaient plainte contre X sous la pression politique de l'époque. Le 24 octobre, après une nuit en garde à vue j'étais mis en examen. C'était il y a plus de 4 ans.

Depuis, je me suis comporté convenablement à l’égard de la Justice comme à l’égard de mon ancien employeur le groupe BPCE. En particulier, j'ai réservé mes premières paroles à la première, et suis resté discret et toujours respectueux envers la seconde.

Cela n’a jamais été une stratégie de ma part. Cela correspond à mon caractère d’abord, mais également au fait que je suis humble devant ce qu’il s’est passé, et responsable devant les conséquences humaines des événements. Je pense notamment aux collaborateurs dans les agences, en prise directe avec le public, et à qui j’ai toujours beaucoup pensé, qu’ils le sachent aujourd’hui.

Par respect donc, la discrétion me semblait de mise. Malheureusement, cet égard n’a pas été réciproque. Dès le départ la banque a parlé « d’éléments troublants », « suspects », d’enquête… Bref, elle a essayé de me faire passer pour ce qu’on appel désormais un « rogue trader » (trader délinquant).

Loin d'être avérées, ces allégations ont été démenties par l’instruction. Le procès verbal de la Brigade Financière du 3 février 2011 qui fait suite à 27 mois d’enquête et d’investigations ne révèle « aucun élément frauduleux » et souligne « qu’il n’y a pas eu la moindre manoeuvre malveillante de la part de Boris Picano-Nacci ». Au cours du procès, la banque, comme son avocat, comme la présidente du tribunal, comme le procureur, ont admis et déclaré que je suis honnête et qu’il n’y a jamais eu de dissimulation de ma part.

L’affaire, mon affaire, n’a donc rien à voir avec une autre, plus importante, présente dans l’esprit de tous… 

Et pourtant, j’ai été moi aussi condamné avec sévérité. Sur le plan pénal : à une lourde peine de prison avec sursis, et sur le plan civil : à l’asphyxie financière à vie.

La banque, qui m’avait déjà sanctionné par une mise à pied et un licenciement pour faute lourde, a tout fait pour que je comparaisse  devant la justice. J’aurai l’occasion d’expliquer qu’elle avait tout intérêt à le faire, que ce soit pour d’évidentes raisons d’image, ou pour des motifs fiscaux.

A ce sujet, la question du montant du préjudice est tout à fait significative.

Dans sa plainte, puis tout au long de l’instruction, la banque s’est dite victime d’agissements délictueux lui ayant causé un préjudice de 751 millions d’euros. Puis, une semaine avant l’audience, elle a fait savoir en catimini que seuls 315 millions d’euros étaient imputable à mon prétendu abus de confiance. La différence est de taille ! Mais qu’importe, auprès de ses clients et de l’opinion publique, le message était passé depuis longtemps: c’est uniquement parce qu’elle a subi une fraude d’un rogue trader que la caisse d’épargne a perdu de l’argent.

Devant le tribunal, j’ai tenté de m’expliquer sur les faits avec le plus d’humilité, de clarté, et d’honnêteté possible. En outre, mon avocat a fait valoir des arguments juridiques sérieux sur l’absence de tout abus de confiance. Nous avions décidé de réserver au tribunal, et à lui seul, la primeur de nos arguments. Il m’a condamné sans même prendre la peine d’y répondre.

J’ai donc décidé de faire appel. Et de m’exprimer pour expliquer les raisons de ce recours.

Après tout, la banque a toujours fait en sorte que ses accusations contre moi soient connues du plus grand nombre. Aussi, il ne me paraît ni superflu ni choquant de faire connaître à mon tour mon point de vue, pour rétablir quelques vérités. Je le ferai avec mesure.

* Je suis condamné pour abus de confiance alors que de l’aveu de tout le monde je n’ai dissimulé aucune opération et ai toujours été honnête.

* Je suis condamné pour avoir agi au mépris des « instructions reçues ». Mais de quelles instructions parle-t-on ? Cette question du mandat est centrale. La commission bancaire a sèchement sanctionné la Caisse d’Epargne pour n’avoir mis en place, au moment de l’arrêt de l’activité du compte propre, aucune directive ni aucune limite. Le patron de l’Inspection générale a écrit dans son rapport puis admis à la barre lors du procès qu’il n’y avait pas eu de directives après l'annonce de l'arrêt de mon activité. Mon supérieur hiérarchique a même été licencié pour n’avoir pas mis en place de telles directives (c’est écrit noir sur blanc dans sa lettre de licenciement) ! Et moi, j’aurais violé les directives reçues, celles-là mêmes qui faisaient défaut ? Cette contradiction manifeste n’est même pas évoquée dans le jugement.

* Je suis condamné pour avoir pris des positions à l’insu de la banque, alors que figure au dossier un compte rendu de comité des risques daté du 2 octobre 2008, soit une semaine avant l’ « incident de marché », prouvant que le top Management de la banque était au courant « que de nouvelles positions » engendraient un risque de perte de « 180 millions d’euros » en cas de krach boursier.  Cet avertissement de la Direction des risques n’a alarmé personne, et les positions ont été conservées jusqu’au krach du 9-10 octobre, avec les conséquences que l’on sait. J’ai été laissé seul à la barre, en pleine tempête, sans que personne ne me reproche quoi que ce soit, et surtout sans que personne ne m’aide. Le jugement ne tient pas compte de ces éléments.

* A la barre, l’Inspecteur général de la banque a admis que son rapport contenait « des erreurs » et que la Direction des risques était au courant que mon portefeuille contenait des « bombes à retardement ». Cet aveu n’est pas mentionné dans le jugement.

* Je suis condamné suite à une plainte, qui se fonde sur une pièce mensongère : la fiche de poste remise par la banque au soutien de sa plainte mentionne une activité que je n’occupais plus à l’époque des faits, mais surtout correspond à un poste que techniquement je n’ai jamais occupé. Ceci afin de dissimuler le caractère intrinsèquement risqué de mon activité. Ceci n'est pas mentionné dans le jugement.

* Je suis condamné pour ne pas avoir respecté une soi-disant consigne de « gestion extinctive ». Or selon les documents officiels de la banque (rapports annuels 2008, 2009, 2010) que chacun peu consulter sur internet, la "gestion extinctive" a débuté à partir du mois d’octobre 2008 (soit à partir de l’incident de marché et non avant). D’ailleurs, cette expression martelée par la banque et le tribunal n’apparaît dans aucun document de l’époque dont j’ai eu connaissance, alors que c’est la clef de voûte de la plainte de la banque… Rien dans mes directives de l’époque n’interdisait les opérations que j’ai effectuées, sauf à s’en tenir à des interprétations faites a posteriori d’un mandat que j’avais pourtant rédigé moi-même – mais qu’étrangement je serais le seul à ne pas avoir compris.

* Je suis condamné pour avoir pris des risques quelques jours avant la faillite de Lehman Brothers. La banque explique aujourd'hui que ce qui allait se passer était n’était pas si surprenant, qu’elle avait prévu que la quatrième banque américaine, pourtant too big to fail, ferait faillite, et qu’un krach boursier se profilait. Ceci soulève deux questions.

(i) Pourquoi dans ces conditions avoir décidé, en juin 2008, d’arrêter l’activité du compte propre au 31 décembre 2008 et non immédiatement, avant la tempête annoncée ? Si le risque de marché était à ce point évident, pourquoi avoir choisi d’y faire face plutôt que de quitter la partie avant la tempête ?

(ii) Comment expliquer alors que la banque et sa filiale Natixis aient perdu des milliards d'euros sur les subprimes, que mes collègues du crédit aient perdu autant d'argent que moi, que la banque ait vendu en 2006 une action Natixis à ses clients à 19€, laquelle action vaut aujourd’hui moins de 3€…? Puisqu’elle savait… La banque compte-t-elle dédommager les particuliers comme elle me demande de la dédommager ?

* J’ai bien compris, même si en droit pénal cela n’est pas un raisonnement viable, que c’est le montant exceptionnel des pertes de mon portefeuille qui m’a valu cette condamnation. Je n’ai jamais cherché à fuir mes responsabilités, et n’ai jamais nié que c’est ma stratégie de trading qui avait, certes au milieu de l’une des plus graves crises financières de l’histoire, causé ces pertes. Mais je me demande pourquoi les pertes du même ordre de grandeur, occasionnées à la même époque par l’autre desk du compte propre, celui des activités de crédit, n’ont, quant à elles, jamais été évoquées. Est-ce parce qu’elles auront été habilement réparties dans les comptes des 17 caisses d’épargne régionales ?

* Je fais appel car j’admets avoir commis depuis mon poste de trading d’indéniables erreurs, mais ne reconnais en aucun cas avoir commis une faute pénale.

* Je fais appel car j’ai reçu devant l’injustice et la démesure de ma condamnation un grand nombre de soutiens. Et notamment de personnes qui travaillaient avec moi, dont des employés de la banque, qui je l’espère pourront venir témoigner lors de mon procès en appel.

* Surtout, je fais appel car, comme les gens qui me connaissent le savent très bien, je suis un homme intègre et honnête, et non un délinquant. Je n’ai rien caché, rien manipulé, rien manigancé. J’ai simplement essayé, seul et avec mes modestes moyens, de résister du mieux possible au séisme financier, avec pour unique objectif celui de bien faire mon travail (c’est à dire de faire gagner de l’argent à la banque).

Je ressens comme une profonde injustice cette condamnation. Si en 2008 la banque m’avait notifié une interdiction de traiter, ou de prendre des risques, j’aurais respecté ces instructions. Si j’ai traité et pris des risques, et si l’ensemble des acteurs de la chaîne de contrôle de la banque (back office, middle office, Direction des risques) ont validé mes opérations, ce n’est pas en raison d’une soudaine cécité de toutes ces personnes comme essaie de le faire croire la banque aujourd’hui.

C'est tout simplement parce que ces opérations n’étaient pas interdites.

Je l’ai dit, mais le message n’est pas passé. Je le répète aujourd’hui, et le prouverai à nouveau en appel.

Tous les commentaires

14/02/2013, 09:29 | Par JDC CONSEIL

N'avez-vous pas été victime d'un jeu de pouvoir ?

Malgré votre soi-disante humilité vous deviez faire ombrage au sein de votre service.

Vous avez tout à fait raison de faire état de la bérézina du titre NATEXIS vendu à 19 € à des clients qui ne connaissaient strictement rien à la Bourse et qu'aujourd'hui ils n'ont que les yeux pour pleurer.

 

14/02/2013, 09:29 | Par JDC CONSEIL

N'avez-vous pas été victime d'un jeu de pouvoir ?

Malgré votre soi-disante humilité vous deviez faire ombrage au sein de votre service.

Vous avez tout à fait raison de faire état de la bérézina du titre NATEXIS vendu à 19 € à des clients qui ne connaissaient strictement rien à la Bourse et qu'aujourd'hui ils n'ont que les yeux pour pleurer.

 

14/02/2013, 10:09 | Par am31

cher ami,

si vous aviez gagné 751 millions ou même 315 on aurait pu passer, mais là!

Il faut bien qu'un bouc émisssaire paie l'ardoise.

Merci de rappeler à vos patrons le hold-up Natixis.

14/02/2013, 10:19 | Par Nikos en réponse au commentaire de am31 le 14/02/2013 à 10:09

Et il serait fort dommageable que l'on commence à condamner une banque plutôt que ses traders.

Imaginez le précédent jurisprudentiel ?  Inacceptable ! Surtout concernant des pratiques qui se sont faites, se font et se feront. On serait obligé de rembourser les clients lésés...

14/02/2013, 20:59 | Par ptetmai en réponse au commentaire de Nikos le 14/02/2013 à 10:19

La Bourse est une activité aussi insensée qu'amorale

Je ne plaindrais qu'un peu qui en a beaucoup profité avant sa chute comme on plaint le sodat mort ou bléssé d'une guerre injuste  pour autant qu'il  y en est  de vraiment justes.

Ce monsieur veut-il bien nous aligner ses salaires  et lzur usage pour qu'on le plaigne ?

Comme certains patrosn on le paye "bien" pour qu'il n'aille pas ailleur; mais quel est son mérite ?

En quoi son activité touchant un "argent"  très virtuel ne correspondant à aucune  richesse palpable sert peu ou prou les plus pauvres ?

 

15/02/2013, 10:25 | Par Nikos en réponse au commentaire de ptetmai le 14/02/2013 à 20:59

L'enjeu est : Vous êtes client d'une banque. Un trader engrange des pertes colossales.

Qui paie pour ces pertes : vous

Qui est responsable?

Le trader: les sommes ne seront jamais recouvrées, il est insolvable.

La banque: elle peut assumer elle en a les moyens, doit elle répercuter ces pertes sur ses clients (vous)  ? Non.

Aujourd'hui, le fait de déclarer le trader coupable exonère la banque de toute responsabilité financière à l'egard de ses clients. C'est ça qui
est sans morale.
Pourquoi peut-on engager la responsabilité de l'Etat lorsqu'un fonctionnaire commet une faute personnelle dans le cadre du service et pas la responsabilité d'une banque dans le cas de la faute personnelle d'un trader?

15/02/2013, 11:13 | Par am31 en réponse au commentaire de ptetmai le 14/02/2013 à 20:59

le salaire des traders comme celui des footbaleurs peut être très élevé parce qu'ils rapportent encore plus à leurs employeurs

14/02/2013, 10:17 | Par GMM

Qui sont ces juges ..... on pourrait penser que les grands inquisiteurs de l'église catholique aient fait des petits, l'activité financière est une religion bien plus puissante que toutes les autres.

14/02/2013, 10:29 | Par Josiane BLANC

 

Il est certain que bien des "groupes" fonctionnent de manière opaque et cherchent à obtenir de gros avantages tout en ne voulant pas assumer les prises de risques que cela induit. Il y a bien des manières d'investir son argent. Par exemple Esalia de la Société Générale propose pour l'épargne salariale ce découpage : prudence, tempéré, harmonie, équilibre, dynamique, audace, actions France, actions Euro, actions éthique et solidaire. J'imagine que les choix "dynamique" ou "audace" comportent plus de possibilités d'obtenir de gros gains mais aussi plus de risques de pertes que les choix "prudence" ou "tempéré".

Dans les cas que vous citez les choix ont peut-être été plus audacieux encore sans l'avoir dit. J'ai découvert assez récemment une proposition de formation qui permet de révéler les non-dits et l'implicite d'une organisation. J'imagine que pour ce qui est de la finance qui cherche à gagner de l'argent hors du circuit du travail réel mais uniquement en faisant "prospérer" l'argent, les implicites sont très nombreux.

 Je vous donne l'info, vous verrez si elle peut vous être utile.

http://igipartners.com/  propose des formations à l'Holacracy. Demandez la BD dans la fenêtre en haut à droite, le chapitre 1 est très explicite et l'on comprend mieux ce qui se joue dans ces interactions.

 

14/02/2013, 16:46 | Par eltrigo en réponse au commentaire de Philippe Riès le 14/02/2013 à 10:44

SI vous aviez du courage, vous oseriez penser autre chose ! Mais le carcan intellectuel qui vous étreint ne vous le permet pas !

14/02/2013, 18:39 | Par Philippe Riès en réponse au commentaire de eltrigo le 14/02/2013 à 16:46

C'est très facile d'être courageux à l'abris d'un commode anonymat. Vous savez fort bien que dans l'Etat de non-droit qu'est la République Française, la Justice est juge et partie et se place de facto au dessus de la loi commune. N'importe quel citoyen avisé en tient compte. Par ailleurs, que le système lui-même soit corrompu, ne signifie pas que tous les magistrats le sont individuellement. Rien à voir avec le "carcan intellectuel" que vous invoquez toujours par reflexe pavlovien.

14/02/2013, 16:53 | Par eltrigo en réponse au commentaire de Philippe Riès le 14/02/2013 à 10:44

Comme j'ose penser autre chose, je conseille à notre gentil trader, un bon vieux principe bien connu dans les républiques bananières où je vis depuis longtemps, et qui n'ont plus rien à envier à la France, qu'il vaut bien mieux payer un juge qu'un bon avocat... La BPCE a les moyens de faire les deux, vous non. Faites le bon choix !

14/02/2013, 10:45 | Par ichimusai

Votre métier n'a rien de reluisant à mes yeux, mais c'est toute la société qui non seulement le légitime mais en redemande. Il serait bien de se regarder en face, tous autant que nous sommes.(quand des clients qui n'y connaissent rien à la bourse mais demandent des rendements de ouf, de l'argent facile quoi, ils ne se demandent pas comment c'est possible et de quel travail provient cet argent. Car non, l'argent ne travaille pas tout seul, il faut des gens exploités au bout de la chaine) Et reclamer l'interdiction de spéculer.( voir CES BANQUES FRANÇAISES QUI SPÉCULENT SUR LA FAIM)

En attendant, vous trinquez pour les autres. 

14/02/2013, 10:51 | Par POTICHE

Résistez mais prenez garde à vous, le système est en place pour vous faire porter le chapeau. Votre Directeur des risques comme le président étaient conscients du problême dès les premiers jours. Ils ne seront pas inquiétés et toucheront une belle retraite pour vous avoir refilé la patate chaude. Les Magistrats en appel n'hésiteront pas à vous sanctionner pour valider le système Français.

14/02/2013, 10:54 | Par Josiane BLANC

Hier soir dans l'émission d'Arte "28 minutes" nous avons eu droit à un petit retour sur la loi en cours d'examen à l'Assemblée sur les banques. Le moment le plus intéressant a été lorsque le journaliste Juan Gomez a parlé des banques islamiques. No problem pour elles, elles ne connaissent pas la crise car leurs principes sont terriblement accusateurs pour les nôtres.

Voir ici http://www.universalis.fr/encyclopedie/banques-islamiques/ - un extrait et des meilleurs :

Si les banques n'ont pas le droit de percevoir des intérêts, elles fonctionnent sur le principe d'un système associatif : elles participent avec leurs déposants dans des projets et s'engagent à partager avec eux les risques de financement. En vertu des principes de l'islam, la rémunération des prêts d'argent n'est autorisée que sur les bénéfices que le prêt génère et dans une proportion équitable entre l'apporteur de capitaux et l'apporteur de travail...

cela fait rêver. Les leçons à apprendre ne sont pas toujours du côté que l'on croit !

Etre trader s'apprend, il y a très certainement une autre formation à proposer à ces derniers.

 

14/02/2013, 12:00 | Par Nikos en réponse au commentaire de Josiane BLANC le 14/02/2013 à 10:54

Vous vous méprenez à mon humble avis. Dans le principe la finance islamique est vertueuse et respectable, dans son application elle ne vaut pas mieux
que la notre. En témoignent nos banques qui se sont mises à faire des produits financiers "Halal". L'interdiction de l'interet "Riba" est détournée de telle manière par les banques qu'elle en perd son essence.

Pour vous en convaincre vous pourrez toujours trouver sur la toile par exemple les interventions de tel ou tel Cheikh expliquant que oui, les "Crédit Default Swaps" sont bien conformes aux préceptes du  Coran...

 

14/02/2013, 12:30 | Par Josiane BLANC en réponse au commentaire de Nikos le 14/02/2013 à 12:00

Je suis peut être naïve ! mais si ce sont "nos" banques qui proposent des produits financiers "Halal", je doute qu'elles soient réellement aptes à le faire tant les deux conceptions de la banque sont éloignés.

Je serai toutefois attentive à ce que vous me proposez et je vais faire quelques explorations.

01/03/2013, 13:01 | Par Yanick Toutain en réponse au commentaire de Josiane BLANC le 14/02/2013 à 10:54

Le fait de contourner la Riba une des sept abominations par ruse est encore pire !! Mais ces bigots qui financent les coupeurs de mains, le PSG et les quartiers pauvres.... pour fabriquer des footballeurs et des coupeurs de mains... ils peuvent AUSSI payer des "sages" pour avoir les interprétations de leurs convenances :!!!!

14/02/2013, 11:02 | Par POTICHE

Les gouvernements ont renfloués les banques qui ont perdu des sommes astronomiques, mais les banques sont aussi des commerçants, s'ils font des mauvaises affaires, si ils ne savent pas gérer leurs risques ils doivent déposer leur bilan et ne pas piocher dans la poche des contribuables Européens ou Américains. La finance surtout les CE ou le CA n'ont pas à s'amuser sur des marchés qui ne sont pas pour eux. Le directeur ou PDG devraient être solidaire et être au banc des accusés en premier chef.

14/02/2013, 11:51 | Par JDC CONSEIL

MILHAUD responsable mais pas coupable.

Ce Monsieur, Président du Directoire du CENCEP ( ex-organisme de la Caisse d'Epargne ) couvert tant par le gouvernement de gauche, comme de droite, avait comme avait habitude de ne pas répondre aux courriers adressés par les salariés ( j'en ai la preuve formelle ayant été dans ce cas ).

Si ce Monsieur a été mis en demeure de démission  "un certain dimanche " c'est sous la pression de Mr SARKOSY qui voulait placer à la tête de la BPCE  son ami François PEROL.

Donc vous avez fait les frais de l'absence de contrôle de la Haute Direction.

 

14/02/2013, 11:52 | Par BH

bonjour,

Qui est à la tête de l'établissement et qui gagne des sommes astronomiques et qui aura une retraite chapeau que certains estiment pouvoir être classifiée comme abus toléré de biens sociaux ? Je suis toujours atterré par le fait que cela soit l'opérateur qui paie la casse et jamais les dirigeants qui poussent à faire " de la performance ".

Il en est ainsi de la privatisation des bénéfices et collectivisation des pertes

14/02/2013, 12:09 | Par xav17

Pas beaucoup de sympathie pour votre métier de spéculateur, mais il pour le moins scandaleux que les dirigeants Milhaud, Mérindol soit lavés de toutes responsabilités. C'est bien ses "énormes " responsabilités qui justifiaient leurs salaires pourtant ?

14/02/2013, 12:41 | Par laszlo

aucune sympathie pour les traders-mercenaires qui subissent les méfaits d'un systéme qui les engraissent ...encore moins de sympathie pour leurs dirigeants

14/02/2013, 13:02 | Par GMM en réponse au commentaire de laszlo le 14/02/2013 à 12:41

je ne dirais pas aucune sympathie, mais le métier de trader est un métier a risques et ce qui arrive était prévisible. Les vrais responsables se débrouillent toujours pour faire porter le chapeau a celui qui ne peut se défendre. 

14/02/2013, 12:47 | Par Sycophante

Bonjour,

Je pense que votre billet est fort instructif et particulièrement convaincant. Je constate d'ailleurs que MM. Riès et Mauduit qui connaissent l'affaire, si l'on peut dire, sont convaincus de votre innocence. J'espère donc que vous aurez gain de cause en appel. Il est très important que vous ayez de bons conseils ce qui implique probablement que vous ne conserviez pas celui qui vous a défendu en première instance, ou que du moins un ou plusieurs autres participent également à votre défense. Sans doute avez vous déjà étudié la question ?

A propos de M. Milhaud, mentionné dans le commentaire de M. Riès, il est bon d'ajouter que ce dernier a cru bon choisir et employer comme conseiller un certain Thierry Gaubert dont vous avez sans doute entendu parler (à défaut, taper sur google). Ceci éclaire le propos de M. Riès sur l'identité des personnes qui devraient utilement avoir à répondre de leurs actes devant la justice.

Très cordialement,

Sycophante.     

14/02/2013, 12:57 | Par jtombeur

D'abord un compte-rendu éclairant de l'audience de première instance par l'Agence Bretagne Presse. On comprend que ce soit surtout la dépêche AFP qui fut reprise, elle a été rédigée par l'épouse du ministre Michel Sapin.

http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=28870&title=Le%20proc%C3%A8s%20convenu%20de%20l%27ex-trader%20de%20la%20Caisse%20d%27%C3%A9pargne%20:%20Boris%20Picano-Nacci

Si le lien ne fonctionnait pas, cherchez « le procès convenu de l'ex-trader de la Caisse d'épargne ».

Ensuite, mais c'est dispensable, sur Come4News, le point de vue d'un actionnaire de Natixis :

« Finance : collusion entre justice et banques ? »

Faire tourner ce qui semble le plus adapté à la compréhension du lecteur lambda.

14/02/2013, 14:49 | Par messager2b

Je partage assez les sentiment de Laurent mauduit concernant votre bataille où le champ de bataille s'est déplacé me semble t'il. Cela ressemble de plus en plus à un règlement de compte entre des personnes d'accord sur une stratégie mai, un peu comme dans les films américains d'espionnage, celui qui prend les risque n'est pas couvert.

Je ne peux que désapprouver la position de la banque mais n'a t'elle pas utilisé une stratégie vouée obligatoirement à gagner sur tous les tableaux. Tous les risques sont pour celui qui s'engage. Cette technique n'est pas très sportive ni fair play mais n'est elle pas celle utilisée et mise en avant dans tout ce qu'on peut lire ou voir dans les médias, une prise de risque sans filets ?.

Je vous souhaite de tout coeur de gagner votre appel car je suis absolument contre cette forme de contrat qui malheureusement devrait être interdit dans notre droit mais qui présente un avantage assez faramineux quand la mayonnaise est montée.

bon courage   

14/02/2013, 16:53 | Par Serge Ponton

Interessante lecture que votre billet, force est de constater que seules les banques sont "irresponsables" et utilisent la politique du lampiste, avec la complicité du pouvoir, voire des Tribunaux. Personne ne s'émeut des agissements des banques avec leur clientèle la plus pauvre, il suffit de constater le montant des frais de découverts, d'impayés, au point que même le gouvernement tente de légiférer, sans trop heurter ces gentils financiers... Je souhaite vous faire part de ma compassion et suis renforcé dans ma honte du système financier et politique de notre pays, toutes obédiences confondues... Finalement, même sous nos cieux, l'oligarchie est une réalité.

 

14/02/2013, 16:57 | Par eltrigo

Vous auriez du développer la motivation fiscale qu'a votre ex-employeur à vous poursuivre, et surtout à gagner, pour faire reconnaitre les "pertes Kolossales" qu'ils pourront ensuite tranquillement déduire de leurs impots... Un gain considérable pour elle, qui lui permet d'arroser où et comme il faut le terreau qui verra le bon jugement pousser sereinement !

14/02/2013, 17:06 | Par lutin2

avoir pour métier une activité qui passe son temps et son énergie à piller le monde ne me semble pas respectable, quoi que vous ayez pu faire.

optimiser le peu de fric (que j'ai pu avoir en un temps) par des placements en bourse ou sur des "territoires" de spéculation m'a toujours paru une activité de gangsters qui s'enrichissent sur le dos de leurs clients et surtout sur le dos de toute la société et spécialement sur ceux qui bossent comme des bêtes à la chaine ou autres.

en effet, un temps aux rénes d'une petite sarl, pour en avoir discuté en long, en large et en travers avec des gens compétents (style cabinets de comptabilité, financiers, etc) pas un n'a contredit le fait qu'une petite boite puisse si elle est bien menée faire dans les 3 à 4% de net en fin d'année. Au final, en partant de rien, vous pouvez, tout en faisant un boulot qui vous passionne, espérer 40 à 50% de valeurs sur la sueur de votre front après 10 ans de taf, le tout en ayant vécu sans vraiment vous priver. Pas vraiment de quoi se plaindre et surtout sans avoir besoin d'écraser la tête du pauvre type qui va à son usine en 3 x 8.

les gens comme vous, le trader qui n'hésitait pas à affamer le monde en jouant sur la nourriture, ne pensent qu'au fric à tout prix et par n'importe quels moyens. La bourse et la cohorte de misère qu'elle provoque par l'appétit toujours plus vorace des actionnaires qui veulent du 10, du 15%  voire plus par exercice, la bourse a donc des répercussions sur la vie des simples gens. Mais ça vous n'y pensez jamais, non ce qui vous fait "bander", c'est la commission que vous allez pouvoir prendre!  C'est, comme pour vos patrons la cupidité, le fric pour le fric qui vous pourrit la cervelle jusqu'au trognon.

Je ne vous plaindrai jamais. Quand on accepte le fric, il faut en accepter le retour. Vous, pas de bol, vous en prenez plein la tronche. Tant pis, fallait pas jouer!

  

 

14/02/2013, 19:10 | Par gronoursfurax en réponse au commentaire de lutin2 le 14/02/2013 à 17:06

j ai un peu le meme profil que vous (sarl etc) et je partage votre point de vue a cent pour cent ! ce capitalisme de m... qui fait crever les gens me fait gerber et les traders cupides qui font un mea culpa style bisounours -c est pas moi , c est ma hierarchie etc - n auront pas mon absolution ! maintenant on peut tout de meme regreter que sa  hierarchie se sorte indemne de cette affaire alors que les responsabilites sont les memes sinon plus .

14/02/2013, 20:54 | Par ichimusai en réponse au commentaire de lutin2 le 14/02/2013 à 17:06

A ceci pres qu'il ne faut pas forcement etre des gros mechants actionnaires pour beneficier de rendements. Il me semble que l'assurance vie en France se porte plutot pas mal, non? Un excellent film  La vie sans principe, Johnnie To en parle, version asiatique. On a defiscalisé l'épargne depuis des années. Par contre, les salaires, eux, sont à nouveau taxés pour financer les banques. C'est beau.

15/02/2013, 09:08 | Par zorbeck en réponse au commentaire de lutin2 le 14/02/2013 à 17:06

Vous mélangez un peu tout. D'abord, des petites boites qui marchent bien avec un rendement honorable n'oeuvrent pas nécessairement pour le bonheur de tous, je songe ici à l'exemple rencontré d'une boite spécialisée dans l'exportation de mines anti-personnel qui a poussé la qualité en fabriquant des fragmentations indétectables à la radio (plastic durci), histoire de prolonger le plaisir. Ce n'est pas du trading, c'est rentable et c'est parfaitement immoral.

Ensuite ce n'est pas en vendant ou achetant des actions - ou des obligations - qu' un trader puisse mettre une banque par terre. Une action ou une obligation représente un investissement dans une entreprise et je ne vois pas ou serait le probleme.

Par contre, et sans connaitre le dossier, il est à peu pret certain ici que la hierarchie du trader a poussé ce dernier vers les produits dérivés parce que les gains générés par la spéculation qui en découle peuvent etre extremement importants (effet de levier). Contraitrement aux actions ou obligations, une produit dérivé n'est pas un investissement, mais au mieux une couverture et le plus souvent une spéculation pure liée à un événement futur. Alors tant que le marché est à la hausse et le futur radieux tout le monde est content, la hierarchie bancaire peut se permettre des bonus mirobolants et tout le monde ferme les yeux sur les risques pris, à commencer par la hierarchie. Et puis l'abandon de la règle "mark-to-market" décidée par Bush et Sarko a permis à tout ce beau monde de falsifier les comptes et prolonger le jeu un peu plus longtemps...

Une fois que le marché se retourne et que les risques pris s'étalent au grand jour, il suffit de faire porter toute la responsabilité sur le trader et uniquement lui, et laisser dans l'ombre l'absence totale de controles, absence qui est pourtant la cause première de la prise de risque. Le scandale, c'est que les juges se contentent du "je ne savais pas" de la hierarchie comme si les cadres dirigeant une banque n'engageaient pas leur responsabilité à la diriger. Il faut dire que nous sommes en France et les dirigeants ont une excuse toute faite: ce n'est pas de ma faute, c'est à cause du retournement du marché, du libéralisme, de l'Europe,  de la mondialisation etc (la panoplie est large), bref c'est la faute à la modernité mais moi  je n'y suis pour rien je n'étais pas au courant ...et bien entendu le contribuable n'a qu'à financer le tout en fermant sa gueule.

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si la séparation des activités de dépot de celles de trading, pourtant promise par Hollande, ne se fera pas en France. On a annoncé avec fracas des mesures qui se révèlent insignifiantes, et c'est quand meme un comble que ce soit au doux pays de l'antilibéralisme que l'Etat se montre le plus frileux à controler ses banques: aussi bien les US (Dodd Frank) que les Grand Bretons (Vickers) ou les Allemands mettent en place des législations bien plus contraignantes que la France. Faut avouer que nos champions ne manquent pas de culot : quand vous entendez "cela fragiliserait les banques françaises" comprenez "cela risque de diminuer mon bonus"

Car chez nous, il semblerait que le fromage soit bien trop appétissant pour que les énarques s'en privent...

15/02/2013, 14:21 | Par Clenor en réponse au commentaire de zorbeck le 15/02/2013 à 09:08

Bien d'accord ! sur tous les points, inclus le 1er (l'éthique de l'objet de l'entreprise n'a rien à voir avec sa taille), mais aussi et surtout sur le dernier : redoutable pouvoir que celui des lobbies sur nos élus et nos gouvernants, dont le chantage n'est pas le moindre des leviers, et en partie d'ailleurs parce que les "décisionnaires" se sentent incompétents, souvent à justre titre, donc plus facilement influençables. 

L'excellente soirée sur Arte il y a 2 jours, sur le thème du lobbying tant à Bruxelles que chez nous, en était la malheureuse parfaite illustration.

A dire vrai, le lobbying ne me parait pas en soi répréhensible (les ONG les plus honorables ne s'en privent pas, pour tenter de  peser s/les décisions à Bruxelles, et elles ont bien raison), à condition de s'interdire d'acheter des complaisances. Corruption au 1er chef, mais aussi, pression moins obscène : séjours sous les cocotiers, dîners chez des chefs couronnés. Le "border line", ténu, est vite franchi...

C'est ce que laissait entendre excellement dans le docu d'Arte la députée Catherine Lemorton lorsqu'elle disait peu ou prou que les réunions de travail sont plus efficaces dans des salles de réunion , que sous les cocotiers ou autour d'une table gastronomique

Et  même si c'est comme pour les trains (on ne parle pas plus des trains à l'heure qu'on ne cite les personnalités incorruptibles), il flotte néanmoins quelques odeurs nauséabondes dans les allées du pouvoir, dans cette république qu'on nous avait promise irréprochable. On peut du moins encore espérer que ce sera "moins pire" que les autres...

 

14/02/2013, 17:48 | Par Geronimo Ramos

Loin, trés loin du monde des banques mais,impuissant et objet de leurs abus, je suis convaincu que en tout état de cause vous êtes innocent de cela dont vous accable et condamne.Dans une entreprise comme la banque, personne ne peut croire que vous n'êtes pas surveillé et controlé de la manière la plus dure. Je voudrais vous exprimer ma modeste solidarité

14/02/2013, 20:58 | Par zorbeck

C'est vraiment une parodie de justice, une véritable honte qui fait peur par son degré de lâcheté...

Condamner un lampiste, c'est tout ce que la justice a trouvé à faire alors que ceux qui ont mis en place le tout, ou ont tout simplement regardé ailleurs parce que c'était leur intérêt, pantouflent tranquillement dans le voisinage. C'est totalement inadmissible et indigne d'un état de droit.

Il est techniquement impossible qu'un homme isolé soit le responsable unique de l'évaporation de centaines de millions d'euros qui ne lui appartiennent pas et c'est pourtant ce que la justice vient d'affirmer. Ça permet surtout de ne pas adresser le problème de fond, à savoir l'absence totale de contrôles efficaces par ceux qui en sont responsables, ce qui est somme toute le moyen le plus simple de ne pas le résoudre.

14/02/2013, 21:37 | Par Abur

Merci pour ce temoignage et bon courage pour votre appel !

J'avais deja compris qu'en France, l'Etat de droit est plus un droit de l'Etat de defendre ses petits secrets en toute impunite.

Il parait evident que beaucoup devrait se trouver a votre place devant les juges.

Peut-etre faudrait il une defense plus aggressive ? Et aussi la mise en accusation d'autres devant le juge. La meilleur defense c'est l'attaque souvent, surtout quand c'est le "systeme" en face.

Encore une fois, bon courage.

15/02/2013, 08:36 | Par kotatuero

Je suis indigné par la mauvaise foi de votre ancien employeur. Je compatis à votre sort. J'encourage votre combat.

Cependant, une remarque. A la lecture de votre billet, il est évident que vous êtes brillant. Vous vous décrivez comme intègre et humble. Soit.

Mais qu'alliez-vous faire dans cette galère ? Pourquoi donc ne pas avoir mis vos capacités intellectuelles et autres qualités intrinsèques à la disposition de notre civilisation, à son épanouissement, par quelque voie que ce soit. Pourquoi avoir servi le loup de la finance, jamais assouvi, néfaste pour l'immense majorité d'entre nous. Erreur de jeunesse ? Manque de lucidité ? Attirance pour l'argent?

Mais une vie doit pouvoir en contenir plusieurs, vivement la renaissance.  

15/02/2013, 08:57 | Par zeta

Pour qu'on en finisse une fois pour toute, je propose qu'on confie la gestion de nos centrales nucléaires à nos banquiers. Et il n'y aura même plus de juges après pour expliquer que le technicien de la salle de contrôle a pas bien lu les instructions.

Une bien belle excursion.

18/02/2013, 20:10 | Par STEEVE BACCARARD

Cette condamnation a t'elle permis d'exercer un recul critique sur la course effrénée du capital financier dans sa folie meutrière ; j'ai été attentif à la pensée pour le personnel qui trime pour créer de la valeur pour l'actionnaire avec toutes les conséquences dans la vie des gens ; avez-vous tiré les enseignements sur ce sytème démentiel ? Allez  vous mettre votre inelligence du côté de ceux qui résistent et combattent ce système dont la banque est la clef de voute ; orienter la richesse produite par des millions de travailleurs dans le circuit qui concentre la richesse dans les mains des classes possédantes avec distribution de miettes parfois confortables pour les lampistes ; cet épisode vous a t'il rendu conscient ? Avez-vous envie de combattre et de dénoncer ce système ?

 

18/02/2013, 20:45 | Par zorbeck en réponse au commentaire de STEEVE BACCARARD le 18/02/2013 à 20:10

Oui, mais de quel système démentiel parlons-nous ? Vous n'avez pas l'air de comprendre que le problème est fondamentalement un problème de contrôle, ou de manque de volonté de contrôle. Je trouve ahurissant que des faits tels que décrits ici n'attirent d'autre sanction que celle du trader et occultent totalement la responsabilité de la hiérarchie bancaire qui ne se serait rendu compte de rien. Ce qui est démentiel est qu'une décision de justice rende responsable et condamne un individu isolé qui aurait fait évaporer plusieurs centaines de millions d'euros à lui tout seul sans qu'il ne doive rendre de comptes à personne...à croire qu'il n'avait pas d'employeur. Si l'employeur n'a pas la capacité de contrôle, pourquoi ne lui retire-t-on pas sa licence bancaire ? Parce que le contribuable qui a renfloué le tout ne comprend pas à quel point il en est la victime et que cette affaire là plus que toute autre désigne la faillite grave de l'Etat français à être un Etat de Droit ?

14/03/2013, 08:27 | Par STEEVE BACCARARD en réponse au commentaire de zorbeck le 18/02/2013 à 20:45

Je reviens quelque peu sur votre réponse que j'approuve ; j'attendais de l'ex-trader une réponse de son positionnement actuel car nous devons nous rendre compte que la justice condamne peu les dérives d'un système bancaire parce que le mode de fonctionnement est sa loi de son organisation générale ; la loi ne s'élève que rarement au-deà du système économique qui préside aux prédations économiques ; je voulais savoir les conclusions qu'en tire ce monsieur sur son engagement personnel dans la lutte et la dénonciation de ce systéme ; pas d'illusion à se faire sur la justice eu égard à votre remarque sous forme de question.

14/03/2013, 11:46 | Par zorbeck en réponse au commentaire de STEEVE BACCARARD le 14/03/2013 à 08:27

Je suis d'accord mais l'opinion personnelle du trader n'a pas beaucoup d'importance. Ce qui est important ici ce sont les responsables de la banque qui ont, à un moment ou un autre, pris la décision de miser massivement sur des produits dérivés dans tel ou tel marché. Le trader n'est que la main, pas la tete pensante. Dans aucune banque, un trader ne peut décider à lui tout seul d'investir sur un marché particulier. Toute banque est supposée controler les mouvements de compte et les activités de ses employés, y compris les traders. Des départements entiers (le "back-office") sont là pour analyser les risques, controler les lignes de crédit, éplucher ce que les salles de marché (les traders) misent et échangent. Il faut aussi se rendre compte que la prédation économique dont vous parlez n'est dans ce cas ci que de la prédation sur le contribuable. Les produits dérivés sont en effet de purs paris sur événements futurs et hors bilan, en français courant cela s'appelle du casino occulte: si le pari est le bon la hierarchie bancaire encaisse des gains énormes. Si le pari est mauvais, c'est le contribuable qui passe à la caisse. Ceci c'est le principe général. La particularité française tient en ceci que, pour ne pas diminuer le cours de l'action de la banque, la justice vient au secours des actionnaires en mettant toute la responsabilité sur le trader. Cela permet d'innocenter ceux qui ont fait les mauvais choix, leur assurer la pérénnité de leur bonus et éviter des sanctions éventuelles qui plomberaient l'action.

Pour moi le capitalisme financier à la française est le pire de tous car l'impunité des énarques bancaires est totalement assurée par les énarques du gouvernement, ce qui n'est pas le cas aux US ni dans une certaine mesure en UK puisque là-bas des tetes tombent, mais jamais ici (je veux dire en dehors des boucs emissaires), l'excuse toute trouvée est que c'est la faute au libéralisme, au marché, aux banques US etc, bref c'est la faute à tout le monde sauf les dirigeants des banques, ce qui permet de détourner le regard de ceux qui ont vraiment pris les décisions foireuses...

En fait quand on parle de libéralisme à propos des abus bancaires on fait un contresens car dans un régime vraiment libéral les banques auraient fait faillite. Il serait plus approprié de parler de capitalisme d'Etat, idée que la taille des bilans ne fait que confirmer.

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