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LE GRAND DOSSIER DE L'ULTRALIBERALISME, II, Les changes flottants


Le grand tournant néolibéral  ou néocapitaliste : Les changes flottants.

 


Nous avons évoqué, dans le chapitre d'introduction de la dette, les premiers jalons de la transformation radicale du capitalisme au début des années 70. Nous allons continuer de montrer de quelle manière nos gouvernements ont progressivement et sciemment permis aux "banksters" d'amputer l'Etat, donc la société civile toute entière, de ses moyens d'agir sur l'économie. Le 19 mars 1973, le « Groupe des Dix », les dix pays les plus industrialisés de la planète changent de SMI (Système Monétaire International). Ils abandonnent les taux de change fixes de leurs monnaies par rapport au dollar pour des changes flottants, décision entérinée par les accords de la Jamaïque le 8 janvier 1976. Cette idée n'était pas neuve. C'est Jacques de la Rosière lui-même qui le rappelle : "Il faut souligner ici que c'est Claude Pierre-Brossolette qui avait, dans une note du Trésor, dès 1967, prévu et conceptualisé la problématique des taux de change flottants".(Intervention de M. Jacques de Larosière au colloque consacré à la politique internationale du Président Giscard d’Estaing le lundi 26 janvier 2004 au Sénat). Faut-il rappeler que C.P Brossolette deviendra président du Crédit lyonnais de 1976 à 1982 et présida la Banque Stern plusieurs années durant ? Encore une fois ce sont des banquiers en puissance ou confirmés qui peaufinent les outils économiques des Etats, des outils bien utiles à la classe possédante mais qui s'avèreront de plus en plus dangereux pour la grande majorité des citoyens.

En effet, puisqu'il n'y a plus de contrepartie métallique à l'émission de la monnaie, les spéculateurs de tout poil peuvent commencer à inventer toutes sortes de jeux rémunérateurs autour des taux de change des monnaies, ce sont les fameux produits financiers dérivés, dont les dégâts sont aujourd'hui bien connus et n'ont pas fini de nous empoisonner, nous le verrons. "L’ennui des changes flottants, c’est qu’ils flottent. Ils ne sont pas équilibrants mais déséquilibrants, un peu comme une passerelle en caoutchouc. Les amplitudes sont très fortes. L’avantage pour les Etats-Unis est qu’ils commercent dans leur propre monnaie. L’instabilité des changes ne les touchent pas en apparence directement : un dollar est toujours un dollar. Ils laissent donc filer tous les déficits sans trop se préoccuper du reste du monde. On appellera cette politique : le Benign neglect.


Les inondations monétaires entrainent les inondations de crédits et des décalages de plus en plus forts entre les mouvements financiers et l’économie réelle avec de brusques retours à la réalité. La crise de 1974 est très dure ; la plus dure depuis la guerre. Le dollar ne vaut plus que 3.75 F au lieu des 5-6 habituels. Les pétroliers voient leurs recettes chuter. Ils réagissent violemment. Ce sera la hausse massive des prix du pétrole avec ses conséquences.


Pour sortir de la crise de 74 les gouvernements ouvrent partout les vannes du crédit et inondent un peu plus la planète. Ce sera la « stagflation » ! Jusqu’à ce que les gouvernements autres que les Etats-Unis s’aperçoivent qu’en changes flottants les relances keynésiennes ne marchent pas. Elles provoquent aussitôt le désordre sur le marché des changes et l’attaque des monnaies « faibles ». Toutes les tentatives de stabilisation des monnaies échouent. On se rappelle des difficultés de M. Giscard d’Estaing avec son « serpent monétaire ». Les gouvernements ont perdu la main sur leur conjoncture.


Les changes flottants vont provoquer une série continue de crises monétaires : crises des crédits aux pays d’Afrique dans les années 70 ; pendant les années 80 : crise des junks bonds ; crises monétaires au Mexique et dans divers autres pays émergents ; crise des programmes informatiques boursiers de 87 et 89 ; Puis : crise générale de 91-93 ; crise dite des pays émergents en 98 avec les faillites de Baring et plus tard Enron ; crise des NTIC au début des années 2000 et crise actuelle des subprimes.

Pendant trente ans le Dollar fait le yoyo avec des variations du simple au double de sa valeur contre les principales monnaies et perd 97% de sa valeur en or !
Inutile de chercher ailleurs la source de l’instabilité financière générale qui a pesé sur la croissance des trente dernières années.
"

Didier Dufau pour le Cercle des économistes e-toile.

extrait de : http://cee.e-toile.fr/index.cfm/2008/10/4/Les-changes-flottants-et-la-crise-mondiale-actuelle-- une-question-fondamentale-
Le prix Nobel d'Economie Robert Mundell (1999), d'obédience keynésienne, a écrit un article en 2005 pour fustiger les changes flottants : « Il y démontre : - Qu'il n'y a jamais eu de stabilité des changes au contraire une dramatique volatilité.
- Qu'il n'y a pas eu non plus de convergence des taux d'intérêt.
- Que les réserves ont fortement augmenté. Voir la confirmation par Maurice Obstfeld (http://emlab.berkeley.edu/~obstfeld/OSTreserves.pdf) : "depuis la fin de l'ère Bretton Woods, le niveau des réserves globales est passé de 2% du PIB global à 6% en 1999". Ce taux a encore augmenté avec l'accroissement massif des réserves chinoise entre 1999 et 2008.
- Que c'est la spéculation qui s'est installée avec de nombreuses attaques erratiques contre les monnaies.
- Que les chocs n'ont pas été atténués mais aggravés par les changes flottants
- Que les changes flottants provoquaient une instabilité financière endogène
- Que l'indépendance des politiques monétaires n'était utile que si le monde était dans le désordre mais que cela n'était pas un objectif en soi, au contraire.
Il observe les très nombreuses crises monétaires et financières qui se sont succédé depuis 1971 et craint des épisodes encore plus graves; La contestation de Maurice Allais est plus radicale encore. Dans un livre majeur, La Crise mondiale aujourd'hui (Clément Juglar, 1999), il observe que les changes flottants créent les conditions d'un désordre généralisé, qu'ils accroissent les risques sur chaque opération commerciale ou financière internationale, et qu'ils ne peuvent déboucher que sur une crise mondiale de type 1929. "Ce qui doit arriver arrive !", annonce-t-il

extraits de : http://encyclo.voila.fr/wiki/Changes_flottants


Rappelons que Maurice Allais, prix Nobel d'Economie en 1988, est loin d'être un gauchiste. Il participa à la création de la Société du Mont Pèlerin le 10 juin 1947, en Suisse, dans le canton de Vaud, et dont on peut s'accorder à dire qu'elle voit la naissance du néo-libéralisme, issu de la pensée des papes du libéralisme de l'époque, présents à cette réunion : Friedrich Hayek, Ludwig von Mises, Karl Popper, et surtout, Milton Friedman*. Son but ? Réduire les prérogatives de l'Etat et restaurer la liberté des échanges d'avant 1914.

*  auxquels il faut ajouter Walter Lippman, Salvador de Madariaga, Michael Polanyi, William E. Rappard, Wilhelm Röpke et Lionel Robbins.

Sources :

- http://www.asmp.fr/fiches_academiciens/textacad/larosiere/giscardpolmonetaire.pdf - http://cee.e-toile.fr/index.cfm/2010/4/25/Le-tabou-des-changes-flottants - http://www.monde-diplomatique.fr/1994/07/WARDE/573 - http://cee.e-toile.fr/index.cfm/2010/4/25/Le-tabou-des-changes-flottants - http://interdits.net/interdits/index.php?Itemid=65&id=44&option=com_content&task=view

 

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Tous les commentaires

 

 

Cette façon de voir qui consiste à mettre la situation actuelle sur le dos de mauvaises décisions qui auraient toutes été prises sans que leurs auteurs ne nourrissent aucune intention malveillante à l'égard des populations est fausse, et dilatoire. Je vous apporte un lien qui montre que la situation actuelle découle d'un projet parfaitement planifié et maîtrisé de bout en bout.

http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-moxhon/030212/la-dette-les-fous-ont-pris-le-controle-de-lasile#comment-1622636

Je peux me tromper vous concernant, mais je considère de l'ordre de l'enfumage toutes les pseudo explications qui tendent à défausser de leurs responsabilités les politiques conservatrices et réactionnaires qui ont été menées depuis plus de trente ans.

 

L'important, quand on traite un sujet, Adrien, et d'être le plus rigoureux possible quant aux informations exposées. J'ai moi-même laissé un message pour commenter le texte de Jean Moxhon que vous mettez en lien. Il rejoint le mien sur plusieurs points et informe de certains jalons, de décisions clefs qui ont permis au système ultralibéral de dominer l'économie du monde. A partir de là, on peut raisonnablement penser que les puissances économiques et politiques ont cherché à appliquer et développer ce modèle, mais pas qu'elles ont "planifié et maîtrisé un projet de bout en bout", comme vous dites, ce qui s'apparente à une thèse de complot et n'est pas soutenable historiquement.

Ce qui n'absout en rien tous les hommes, chacun dans leur coin, qui participe activement à déshumaniser ce monde et à saccager des existences, que ce soit le spéculateur sur le riz, qui devrait être condamné pour crime contre l'humanité, a proclamé Ziegler il y a peu, ou encore une direction de société qui sécrète un contrôle liberticide et inhumain de ses employés. Je vous rappelle en passant que le simple fait de rapprocher le système ultralibéral d'une hydre monstrueuse est vigoureusement combattu par les sympathisants du système capitaliste, alors de grâce, ne rajoutez pas à la difficulté de la combattre : c'est un ennemi déjà bien redoutable !

Je terminerai par un exemple, que j'analyserai plus tard dans mon dossier : Miterrand est parvenu au pouvoir avec un certain nombre d'idées de gauche. Au fur et à mesure, il a gommé de son discours et des ses actes la notion de lutte de classes et il est celui qui a commencé l'aventure désastreuse du néolibéralisme en France. On peut parfaitement imaginer qu'il pût évoluer autrement et devenir, a contrario, un véritable politicien éclairé : tout ceci n'était pas gravé dans le marbre, Adrien.

 

 

Camille Lefèvre,

Je vous prie de bien vouloir m'excuser mais je persiste dans mon idée que nous ne pouvons pas être d'accord et que vous suivez une ligne qui est non seulement contraire à la réalité mais aussi extrêmement nuisible à la résolution d'un problème économique et social qui dure déjà depuis trente ans et que certains cherchent à faire durer éternellement. Vu les profits qu'ils en retirent, on peut les comprendre étant donné la boulimie de puissance et d'argent qui les caractérise. Mais ces gens-là sont de vrais malades, des sociopathes avérés dont on peut retrouver des millions de copies conformes à travers tous les âges de l'humanité. Maintenant que vous vouliez passer 1, 2 ou 10, voire même mille heures à nous expliquer le fonctionnement d'une machine qui marche bien - comme un ordinateur par exemple -, là je vous dis "d'accord et merci". Par contre, qu'on veuille nous expliquer le fonctionnement d'une véritable usine à gaz - comme l'économie libérale par exemple - qui foire complètement, je trouve cela parfaitement idiot. Sauf si cette soi-disant volonté de nous instruire ne cache pas les mauvaises intentions des enfumeurs qui composent la majorité des soi-disant experts en économie de droite. Et dans ce dernier cas, je trouve cela particulièrement grave et vous me trouverez ici sur Médiapart comme l'un de vos plus indéfectibles contradicteurs. Je constate par ailleurs que vous vous apprêtez à débiner une nouvelle fois ce pauvre F. Mitterrand et à le rendre responsable de tout ce qui nous arrive aujourd'hui. En vous gardant bien, j'imagine, de préciser le rôle majeur que les EU et leurs principaux alliés européens n'ont cessé de jouer tout au long de cette descente dans le gouffre néolibéral... Voyez-vous Camille Lefève, nous sommes probablement arrivés à l'étape la plus critique du processus que pour ma part je n'hésite pas une seconde à appeler "complot". Celle où nous allons définitivement basculer dans un monde atroce dont nous n'avons eu, jusqu'ici, qu'un petit avant-goût. Et pour nous faire basculer définitivement dans ce nouveau monde sans que nous fassions trop d'histoires, il vous faut, à vous et à vos amis en faveur desquels vous travaillez à nous enfumer, continuer à jouer finement comme vous l'avez si bien fait depuis plus de trente ans. Le principe de votre méthode est donc toujours le même : tout mettre sur le dos de la gauche et faire passer votre parti de criminels pour les sauveurs d'une humanité que vous ne faites qu'exploiter à outrance depuis la nuit des temps.

Après tous les efforts déployés à la fois par mon billet et mes deux messages, je suis choqué, Adrien, et même peiné, que vous persistiez à me classer parmi les menteurs et pire, les criminels. Je vous prie de ne plus perturber ce fil par vos propos haineux et injustes. Vous rendez vous compte qu'ils sont adressés à quelqu'un qui est consterné et indigné comme vous par les injustices ? Vous rendez-vous compte qu'au lieu de vous dresser contre un ennemi, vous faites la guerre à un ami ? Au lieu de vociférer, essayez de raisonner. Un seul exemple : Vous dites : "Je constate par ailleurs que vous vous apprêtez à débiner (?) une nouvelle fois ce pauvre F. Mitterrand et à le rendre responsable de tout ce qui nous arrive aujourd'hui." Vous vous trompez lourdement. J'essaie seulement d'ouvrir les yeux et d'analyser les faits sans oeillère. Et ce que je constate, au  travers de l'action de Miterrand et de ses héritiers, c'est  que le socialisme a abandonné ses idéaux de justice et d'équité et a adhéré au néo-capitalisme avec la même ferveur que ses adversaires. J'étais jeune quand j'ai voté avec joie en 1981. Je me rappelle l'espoir. Le profond désir d'une nouvelle société. Vous croyez que ça m'amuse de voir la réalité en face ? Alors ne caricaturez pas mes propos, Miterrand n'est pas responsable de tout, personne ne l'est. J'essaie seulement d'apporter un ensemble de faits et d'idées qui puissent aider (moi en premier) à comprendre le drame mondial dans lequel nous sommes plongés. Alors de grâce, aidez-moi à apporter les pierres à cet ouvrage au lieu de me les lancer à la figure !

 

 

 

 

 

Camille Lefèvre,

Que vous soyez peiné et choqué par mes propos, voilà qui est d'une extrême gravité à côté des ravages que produit le néolibéralisme !! Par contre, je ne vous autorise pas à qualifier mes propos de haineux quand je ne fais que dénoncer les manoeuvres de la droite consistant à chercher des boucs émissaires partout où cela l'arrange le mieux, dans le seul but de pouvoir mener son projet jusqu'à son terme. Car il s'agit bien d'un projet, planifié, programmé et parfaitement maîtrisé comme je vous l'ai déjà dit. Je vous ai laissé un lien qui en retrace exactement tout le déroulement et vos soi-disant explications ne sont rien d'autre que des diversions destinées à brouiller la suite des évènements qui s'enchaînent parfaitement depuis trente ans pour aboutir à la situation actuelle. Et ce à seule fin de nous empêcher de voir le projet, le fameux complot, justement, qui se cache derrière. Concernant vos leçons d'économie, je vous ai simplement dit ce qu'il y a lieu d'en penser, à savoir qu'il est parfaitement idiot de vouloir expliquer un système aussi complexe donnant de si lamentables résultats (excepté pour ceux qui sont les seuls à en posséder le mode d'emploi et qui l'utilisent pour mener à bien leur projet). D'autant plus qu'il ne manque pas de spécialistes de cette discipline ici même sur Médiapart. Concernant vos leçons d'histoire politique, prenez-vous en plutôt aux Reagan, Thatcher et autres Schröder pour nous aider, si vous y tenez vraiment, à comprendre comment tout ce foutoir actuel aurait bien pu se produire sans la volonté d'une bande de sociopathes élevés aux plus hautes fonctions par la voix des populations qui les ont élus.

PS : A propos, les changes flottants ... Mais oui bien sûr !! Comment se fait-il que personne n'y avait pensé avant vous ? Ah ben nous voilà bien rassurés maintenant !! Y'a qu'à supprimer les changes flottants, grossière erreur commise par V. G. d'Estaing (polytechnicien tout de même), et tout rentrera dans l'ordre. Non ? Ah bon ??!

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