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Roms: incendie, cocktail Molotov, mais pas le même écho

Lundi 24 octobre 2011 dans la soirée, un hangar au 163 de la rue des Pyrénées, à Paris, a flambé. Des Roms vivaient depuis plusieurs mois dans cet ex-squat d'artistes, désigné comme la Maison des Roms ou la Baraka, une ancienne cartonnerie. Un homme de 55 ans, Ion Salagean, rémouleur, a perdu la vie dans le sinistre. Son corps a été retrouvé calciné le lendemain dans les décombres.

Les familles, une centaine de personnes, se sont retrouvées à la rue, leurs affaires réduites en cendre. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris. Plusieurs témoins ayant fait état de jets de cocktails Molotov, l'incendie pourrait être d'origine criminelle. Ces dernières semaines, les relations avec le voisinage s'étaient tendues: une pétition circulait et un rassemblement avait été organisé quelques jours auparavant pour exiger leur expulsion.

Les rescapés ont «bénéficié» de trois nuits d'hôtel puis, selon les associations qui les soutenaient, elles ont été dispersées par la mairie. Le retentissement de ce drame est resté faible. Quelques communiqués, quelques articles (ici et ). Les rares réactions sont pour la plupart rassemblées dans le site du collectif Contre la xénophobie.

Dans la nuit de mardi 1er à mercredi 2 novembre, l'incendie qui a ravagé les locaux de Charlie Hebdo, au moment où le journal satirique publie un numéro spécial Mahomet, suscite un émoi considérable. Selon la police, il a été provoqué par une projection de «cocktail Molotov» et n'a fait aucun blessé. Mais le matériel est détruit.

Responsables politiques de droite comme de gauche, associations et médias se relayent pour défendre la liberté d'expression contre le fondamentalisme religieux. Les uns condamnent tous les intégrismes, d'autres ne visent que l'islam. Le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, s'est rendu sur place pour dénoncer «ce qu'il faut bien appeler un attentat». Dans le désordre François Fillon, Frédéric Mitterrand, Xavier Bertrand, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Copé, François Hollande, Martine Aubry, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont fait entendre leur voix, de même que Mohammed Moussaoui ou Bernard-Henri Lévy.

Le Monde, L'Humanité et le Forum des société de journalistes ont apporté leur soutien à l'équipe de Charlie Hebdo, tandis que Libération et Le Nouvel Observateur lui ont offert l'asile. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, «révolté», a même proposé d'aider l'hebdomadaire «à retrouver des locaux». «Solidarité» est le terme qui est revenu le plus souvent dans les expressions des uns et des autres.

Les Roms de la rue des Pyrénées n'ont pas eu droit à ces égards. La liberté d'expression n'était peut-être pas en jeu, mais le droit à un logement digne et la lutte contre la xénophobie.

1 commentaire sélectionné par Mediapart

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Merci pour ce billet.

Mal venu l'amalgame. Ce n'est pas parce que l'abject frappe partout des minorités qu' il faudrait rester muet devant cette honte qui est de toucher à notre presse "encore indépendante des pouvoirs politique et économiques"

S'en prendre aux "Roms" est presque naturel vu les propos de nos ministres  envers ce peuple' mais encore une fois il faut se méfier de ces défenseurs du pauvre qui s'étonnent que l' on s'indigne d'une attaque contre notre fondement républicain basé sur la liberté d'opinion et d'information. Ce voiler la face devant le danger islamiste est tellement facile... et  tant pis si Marine en profite pour ètre présente au second tour..On mérite bien d'ètre gouvernés par la bande de médiocres actuelle...

@ Kalest

Vous êtes plus fort que le cardinal de guéant.

Vous avez déja trouvé le coupable... il ne vous manque que plus que de mettre un nom sur le visage fantasmatique que vous nous décrivez !

Vous êtes fort, très fort !

Et bravo pour la mise entreguillemets des Roms. Sur de vous et plein de classe et de rafinement.

@ Kalest et les intégristes chrétiens qui sévissent en ce moment; c'est aussi contre notre "fondement" ?

Un journal, ce sont des humains qui écrivent. Charlie : pas de blessé, pas de bobo physique. Dans deux jours les membres de l'équipe du journal peuvent reprendre leur travail, dans des condition moins confortables je l'accorde.

Les Rroms, ce sont des humains aussi : qu'il y ait un mort, des blessés, et tous les autres sans toit ni plus rien de leurs pauvres effets n'interpellerait pas ? Sans compter que certains peuvent avoir l'idée de les expulser, une fois de plus oserai-je dire.

Kalest, je vis mal votre intervention.

Merci aussi, je me suis indigné, comme vous, dans le même ordre d'idée, aussi pour ça (encore des incendiaires et pas plus d'écho que pour les roms)

http://blogs.mediapart.fr/blog/koszayr/311011/nous-refusons-de-mourir-en-silence

+1

merci pour ta solidarité Annie

Les Roms de la rue des Pyrénées n'ont pas eu droit à ces égards. La liberté d'expression n'était peut-être pas en jeu, mais le droit à un logement digne et la lutte contre la xénophobie.

Merci pour cette information, je suis également indignée !


       Ouf ! il était temps ...    injuste souvent , le traitement de l'information .    merci .             

Trop facile, ces affaires ne peuvent pas être mis en paraléle et je suis très étonné que l'on puisse le faire et approuver cette vision. Encore plus surpris par les commentaires ou la conclusion en ce qui concerne Charlie Hebdo est, ils l'ont bien cherché !!! Il y a du retour en arriére dans l'air.

Charlie Hebdo est-il aussi prompt à dénoncer la catholicocratie ? Ou même d'autres formes de mainmise "spirituelle" (sic) de l'homme sur l'humain ?

Oui Mille fois Oui. Il suffit de lire ....

Les premières caricatures provenaient d'un journal d'extrême droite qui ne se contentait pas que de Mohamet à stigmatiser !

Merci pour cet article, et tout à fait d'accord avec Sokolo. J'étais stupéfaite de voir en avant première le journal télévisé de la veille annoncer la sortie risquée de ce numéro. Ils parlaient déjà de défendre la liberté d'expression pour une opération qui ressemble plutôt à la revendication d'un droit à la promotion médiatique, pour tous ! De plus, on aimerait que la liberté d'expression s'affronte à des défis plus glorieux que cette façon de prendre une position condescendante sur les situations brûlantes de l'histoire en marche en Tunisie et en Lybie.

Entre les marchands et les peuples vous avez choisi de plaider pour les peuples.

merci pour cet article. Je me suis fait la même saine réflexion. Il est très facile de taper toujours sur le même bouc émissaire.

Sauf que Charlie Hebdo ne tape pas sur un bouc émissaire. Chrétien, juif, musulman, etc ..... ils sont tous logés à la même enseigne que l'on aime ou pas et cela depuis le début, c'est un fait et l'auteur de l'article ne peut pas ne pas le savoir.

D'ici à ce qu'on nous explique que ce sont les roms qui se sont vengés ... Ce pays n'est plus le pays des droits de l'homme, les valeurs républicaines et les principes moraux ont mystérieusement disparus depuis 2007 et des dégats matériels sont plus importants que des dégats humains ... Il faudrait songer sérieusement à changer la devise "Liberté, Egalité, Fraternité" qui n'a plus raison d'être. Heureusement quelques journalistes, intellectuels, magistrats et citoyens ne sont pas indifférents, cela suffira-t-il à faire bouger les choses dans le bon sens ?

Chapeau bas ! C'est court mais çelà reflète ce que je pense ainsi que mon émotion.

La même idée m'est venue aujourd'hui en lisant les journaux. C'était vraiment triste de voir tous ces gens (les Roms) à la rue, hagards le lendemain matin de l'incendie. Il y a eu quelques encarts dans les journaux, notamment le Monde mais a-t-on vraiment intérêt à éclaircir cette affaire?

Et oui la presse vomissante de la bulle n'en pas parlé et GOUVERNEMENT A FAIT PSITT;;;

Merci pour cet article

Merci, ce billet est un bon rappel des deux poids deux mesures et de la hierarchisation des informations.

Vous redonnez un peu de d'honneur et d'importance à Ion. Drôle de pays en effet, où la mort d'un homme intéresse moins que l'incendie d'un immeuble. Merci de faire votre travail ainsi et de nous rappeler quelles sont les valeurs fondamentales. 

le canard enchaîné de ce mercredi faisait le même constat .Merci à vous !

 

 Comme qui dirait, incendie tragique à Paris, 1 mort et 100 personnes à la rue...

 Les temps changent...

Ce qu'il faudrait, à partir de ces mêmes faits, c'est un mort, un million de militants dans la rue.

Ce qu'il faudrait aussi, d'une façon imagée, c'est cent banquiers dont la tête se balance au bout d'une pique. Le PROFIT mis à l'index. La spéculation montrée du doigt au point de faire "péter les plombs"  à ceux qui la pratiquent. La propriété abusive châtiée. La pauvreté pourchassée afin qu'il n'y ait plus de pauvres, et qu'ils reviennent de plein droit dans la communauté fraternelle des humains.

 

TU T'ES VU, QUAND T'ABUSES ?

les Roms ont de tous temps été rejetés,maltraités et pire encore;ils ont payé un lourd tribut dans les camps eux aussi mais rien à faire,ils sont toujours malvenus partout où ils passent.pourquoi?sans doute parce qu'ils refusent de renoncer à leur liberté,qu'ils ne veulent pas devenir des esclaves modernes comme nous,que même dans le plus grand dénuement,la plus extrême pauvreté,ils gardent leur capacité à rire et à chanter,leur fierté intacte.leurs vies n'ont pas beaucoup de valeur pour nombre de gens,mais moi je préfère des voleurs de poules aux grands truands mafieux qui nous gouvernent.et si plus de gens leur tendaient la main,leur adressaient un sourire et cessaient de les fustiger,leur laissaient juste une petite place pour se poser un moment avant de repartir sur les chemins,peut-être pourrions-nous cohabiter harmonieusement.il ne faudrait pas grand chose pour que la Terre ressemble à un paradis,juste un peu d'humanité. ce ne sont pas les Roms qui posent problème,mais tous les théoriciens du racisme et de l'intolérance associés à tous les escrocs de la finance .

 

 C'est toute la société dans son ensemble telle qu'elle s'est organisée qui pose problème.

Le sort inhumain réservé aux Roms (et aux poplulations en difficulté en général) est hélas devenu "banal"...Malgré le travail de terrain d'associations, de partis politiques et de "simples" citoyens, l'entreprise de stigmatisation bat son plein dans l'indifférence médiatique...

 

Un monde dominé par "les puissants"est en route, cherche à s'imposer par la force (les armes, la propagande culturelle et médiatique, le chantage et la corruption)...Dans cette "guerre"qui s'en prend aux peuples, il convient de rester unis car c'est la paradoxalement la force du nombre que les peuples n'arrivent pas à "mettre en place"...Diviser pour mieux régner est aussi l'arme des "puissants"...

 

Dans ce contexte, le traitement réservé aux Roms, l'attentat contre Charlie Hebdo (que l'on apprécie le journal ou pas), le sort réservé aux salariés, syndicalistes en lutte, les diverses discriminations et atteintes aux droits de l'homme, sont à mettre sur le même plan...

 

Soyons unis, ne commençons pas à jouer le jeu de "l'ennemi" qui consiste à nous faire prendre parti en ayant des indignations "sélectives" et hiérarchisées"...

 

En ce sens, cet article pallie au système médiatique fabricant d'indignation sélectives et fugitives (trop "d'info" tue "l'info") et permet de rappeler à tous, que la lutte est sur tous les fronts...

 

Place à l'humain, place au(x) peuple(s) ! 

Au carrefour de la rue des Pyrénées et de Bagnolet, très proche du 163 rue des Pyrénées une agence "cogedim" promet de construire des immeubles neufs, "esprit vingtième", par un grand panneau publicitaire qui peint ce carrefour gentrifié à venir.

Comment ne pas faire le lien entre l'envie de récupérer des terrains constructibles et d'embourgeoiser cette partie du XXème arrdt de Paris, et puis, la trêve hivernale n'était qu'à quelques jours du 24 octobre 2011, jour de l'incendie criminel.

Voir à ce sujet le blog des Lutheuses de rrue :

 http://prisesdepensee.over-blog.com/

Pour info, et puisque j'ai omis de le signaler dans mon billet de blog: un rassemblement en hommage à Ion Salagean, mort dans l'incendie, est prévu ce jeudi à partir de 15 heures devant les portes de la Baraka, 163 rue des Pyrénées à Paris.

Bonjour Carine.

J'habite le 20ème, je suis de gauche et la condition des mal-logés est intolérable. Autant vous dire qu'habitant dans le 20ème, cette situation, je la connais. Personnellement, j'ai 3 squats dans un périmètre de quelques rues.

Question : vous qui vous idignez des conditions d'hébergement des Roms et du peu de soutien qui leur est apporté, vous êtes-vous posé la question de savoir comment ils vivent au quotidien leur squat ? A votre avis pourquoi le voisinnage proche des squats se mobilise-t-il ? Si vous n'avez pas de réponse, mon appartement est grand ouvert pour un apéro tout en musique, alcool, cris... mais en provenance direct du squat. Et si vous partez un peu tardivement, vous devrirez avoir droit à quelques bousculades. Attention également, il n'est pas exclu que sur le pas de ma porte vous traversiez un peu de vomis. A mon réveil, je ne manquerai pas de le nettoyer... personnellement en emmenant mes enfants à l'école.

 Racisme ? Pas du tout ! La situation est la même quand il s'agit d'un squat d'artistes. Et aux mêmes constatations, je pose les mêmes questions. Pourquoi devrais-je subir ? Qu'est-ce que j'ai fait ? Mes enfants doivent-ils avoir peur en partant et rentrant chez eux... Parce que les cris, en plein milieu de la nuit, qu'ils proviennent d'un squat de roms ou d'un squats d'artistes ennivrés, ça fait peur à un enfant; quand bien même leur père tente de les rassurer. 

 Carine, quand vous rentrerez chez vous ce soir et que vous éteindrez la lumière pour vous blottir dans les bras de morphée, dites-vous que, comme moi, certains habitants du 20ème, sont réveillées par ces cris, la musique et des bouteilles balancées contre nos murs, que jusqu'à 2h00 du matin certains voisins de squat vont avoir droit au boom-boom de ces artistes qui réclament un peu d'espace pour créer et exposer.

Au principe de quoi devrions-nous être victimes ? Le droit à l'asile ? La liberté ? Et moi ? Qui m'ouvre son logis, m'accueille en pleine nuit pour qu'enfin je dorme tranquillement... pour ne pas dire paisiblement ?

Vous excuserez mes maladresses. J'ai très peu dormi. Hier soir c'était vernisssage à côté de chez moi. J'ai dû fermer l'oeil vers 4h00 du matin, assomés par les cachets de Xanax que nous avons dû ingurgiter. 

Je suis triste pour Ion Salagean. J'espère que les lecteurs de mon message le seront un peu pour moi et pour nous, ma famille, et autres voisins de squats. Nous sommes en vie, certes. Nous avons un toit bien à nous. Certes. Mais nous ne fermons plus l'oeil. Calme et sérénité sont des mots que nous ne connaissons plus.

Bonne manifestation, Carine. Bonne manifestation à tous. Et ce soir, quand vous rentrez chez vous, ayez une petite pensée pour nous. On se sentira moins seuls. Parce que je vous jure, au milieu de la nuit, quand vous êtes envahis entre la musique et les cris, c'est bizarrement un sentiment de solitude qui vous innonde. Vous vous retournez vers votre moitié en pensant aux enfants. Et vous pleurez. Vous espérez.Vous espérez un peu de respect.

Enfin, Carine, je vous rejoins sur la comparaison de ces deux incendies. Pour la rue des Pyérénées comme pour Charlie Hebdo, s'il y avait eu un eu plus de respect des deux côtés, rien n'aurait brûlé. 

Merci. Bonne manifestation. Et n'ubliez pas : les drois de l'homme, ce sont les droits de tous les hommes. 

Un parisien du 20ème

Au parisien du 20°

Tandis que la seule place possible à cette heure serait dans la rue, parmi les familles et amis de cet Ion Salagean, ne pouvant me déplacer je me charge de répondre à votre commentaire.

Au début j'avais un peu d'empathie pour votre situation tout en trouvant d'emblée déplacées vos questions de voisinage dans un article relatif à deux crimes, dont un meurtre. Puis vous en avez rajouté dans la victimisation de votre cas, culpabilisant en même temps tout défenseur des sans-logis dont vous vous réclamez pourtant.

Je passe les détails, qui tous établissent des correspondances entre d'une part les victimes de nuisances de voisinage, parmi lesquels votre cas décidément trop larmoyant pour être crédible, et d'autre part la seule victime, morte brûlée vive.

Arrive enfin ce propos : 'Pour la rue des Pyérénées comme pour Charlie Hebdo, s'il y avait eu un eu plus de respect des deux côtés, rien n'aurait brûlé. ' Je trouve ça extrêmement ambigu. Vous rendez-vous compte que cela sonne comme une justification ? Pouvez-vous vous expliquer ?

A l'auteure : Avant d'accepter l'invitation de ce monsieur, qui n'a semble-t-il de gauche que sa moitié endormie, prenez garde que l'apéro ne se révèle en fait géant, au vin rouge et au saucisson …

 

PS : au moment de cliquer sur "répondre", j'ai cliqué sur "recomander" ! Mamma mia, quel maladroit.

,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,@tinus  Même si ce que vous dites est vrai, c'est beaucoup plus simple, je l'accorde au parisien du 20è, d'être scandalisé par les squatts lorsque on ne les a pas à côté de chez soi . Et on voit bien , en laissant pourrir la situation, les dangers qui nous guettent . C'est un exemple concret de la manière qu'une crise économique peut conduire à la guerre ...Il faut savoir rester maitre de ses nerfs  Je ne pense pas, en relisant ce que"Paris_20" écrit, qu'il soit prêt à faire l'apero dont vous parlez . Le racisme nous traverse tous, et c'est bien là le problème . Quelquefois je suis effrayée de constater ce qui se passe de manière insidieuse (incendie du squatt par exemple) et que peu de gens réagissent . On comprend pourquoi rien ne s'est passé en 1939, 40 etc avec les camps . L'histoire peut se reproduire, comme l'histoire de la grenouille qu'on chauffe tout doucement dans la casserole d'eau et qui ne bougera pas avant d'être cuite ...

Je ne connaissais pas cette horrible histoire de grenouille.

Vous avez mieux lu Paris_20 que moi !

Je poursuis dans le nouveau fil tendu par lui plus bas.

@tinus  je n'ai donné que la moitié de l'histoire de la grenouille. Car si vous jetez une grenouille dans l'eau bouillante elle saute et ne reste pas !si vous la mettez dans l'eau froide et vous chauffez doucement elle ne bouge pas . Je ne sais pas si cette histoire est vrai mais je trouve qu'elle illustre souvent bien ce qui se passe dans notre société .

Tiens, c'est un truc de ce bon docteur Laborit ? J'ai bien envie d'essayer.

Je vous tiendrai au courant des résultats.

"Avant de faire une pétition, les voisins sont-ils simplement allés voir ces familles qui s'étaient installées il y a déjà un an ? et avant de les juger, ont-ils voulu les connaître, pour les accueillir dans le quartier, comme l'enseignent (et il y a le choix !) la solidarité"

Bien sûr, c'est ce que nous sommes un grand nombre à penser. Nous l'avons fait - en banlieue pour un camp de roms enseveli sous les détritus de tous genres car aucune benne à ordure n'était passée depuis des mois...enfants jouant parmi les rats crevés...ou en cours...pas d'eau dans ce camp, pas de latrines, pas de benne à ordures. Dans ce camp, le jour de l'Essonne propre, à l'initiative d'une association venant en aide à ces populations pourchassées, nous sommes venus en nombre patauger et extraire ces détritus que nous avons, tous ensemble, placés dans des sacs poubelle que nous avons entassés au bord de la chaussée. La photo que j'ai prise montre que ces sacs étaient bien "au bord" de la chaussée, sur 1.50 mètres de large et environ 30 mètres de long, sur 1 mètre 50 de hauteur.

Quelques jours plutard  le président de l'association a été assigné en justice pour "occupation illégale de la chaussée"...obligé de comparaître. Bien sûr il ne s'agit en réalité que d'une intimidation puisqu'aucune charge n'a été retenue contre lui. Une intimidation pour cette fameuse "solidarité" dont vous parlez.

Ce geste de solidarité en refus d'une pétition, nos dirigeants actuels le refusent, le combattent.

Les blessures qui sont faites à notre humanité sont incommensurables

Un jour peut-être quelqu'un osera les tradure en justice.

Que les individus ne fassent rien (ou peu) face à ce qui leur fait mal, ce qui leur fait peur, ce qui les dégoûte, ce qui les dépasse, c'est humain, et même, d'un certain côté, plutôt sain, et pour son propre équilibre personnel, et pour éviter les risques d'incompréhensions mutuelles qui peuvent résulter de rencontres mal entendues (il en existe tant et tant !...).

C'est le rôle des instances politiques de proposer et de trouver des solutions pour l'hébergement et les questions sanitaires et d'alimentation, de dignité de tous les individus. En cela, personne n'a accompli son travail. Tous sont venus parader devant les medias, complaisants, pour se poser en partisan du droit d'expression (droit contre l'islam particulièrement visé).

Nos institutions sont responsables de ces haines flottantes, à peine dites, avançant masquées en totemisant, en fétichisant des principes et des valeurs incontestables, certes, mais qui ne sont aucunement menacées en réalité. Même si elles peuvent être contestées çà et là par quelques extrémistes qui font le jeu de la radicalisation de l'opinion, ces valeurs-là ne méritent pas qu'on laisse mourir des gens et abandonner les semblables à la rue. Un mépris non dit s'exprime là, une haine sourde, un lent et irrrésistible appel à laisser mourir une catégorie de population... 

Un peu plus haut, un commentateur de ce billet remarque qu'on ne s'y prend pas autrement quand se préparent les guerres. 

Jean-Jacques M’µ 

message à ceux qui se plaignent du trop de bruit de la ville et de ses habitants : bientôt vous allez souhaiter un couvre-feu....... 

 

Bonsoir à tous.

Parmi vous, soyez francs, combien avait connaissance de ce squat avant qu'il ne brûle ? Combien connaissait cet Ion Salageon ? Personnellement, je l'ai peut-être croisé. Je n'en sais rien... Et vous Michelle ? Vous en connaissiez quelques unes de ces familles, de ces gosses ce soir sans toit ?

Combien d'entre vous s'étaient déplacés pour apporter de quoi se nourrir ou se vêtir à ces familles ? Qui d'entre-vous, qui jugez mes propos aujourd'hui, ont acheté un peu de pâte ou de conserves qu'ils ont donné avec le sourire à ces gamins dans la rue ? A chaque fois, tous, vous dîtes que vous aviez autre chose à faire. Cela fait 1 an que ces familles étaient installées rue des Pyrénées. 1 an que vous aviez autre chose à faire ? Et c'est moi l'égoïste "à la gauche endormie" ? 

Je vous pose également cette question aussi simpliste que de m'accuser de racisme (he ben !?!) : vous avez sûrement un canapé qui pourrait accueillir une ou deux personnes, un enfant, même pour un soir ? Moi ces familles je les ai vues errer dans les rues du 20ème après l'incendie à la recherche d'un autre squat ? Je les ai vues marcher à 2 heures du matin, les gamins sur les épaules, faisant du porte-à-porte, refusant d'aller à la Mairie de peur de se faire renvoyer. Et vous Michelle, vous étiez où ? Vous tous, vous êtes-vous fait connaître des associations de soutien pour proposer, peut-être pour quelques instants, un toit décent ? Ha bah oui, vous n'habitiez pas Paris ou trop loin... Mais je vous confirme que vous avez le droit de vous offusquer. En revanche, de nous qualifier de "gauche endormie" tendance fasciste pro-couvre-feu, c'est aller vite en conclusion.

Est-ce que vous avez vu cette Baraka flamber ? Vous êtes-vous dit en pleine nuit que vous étiez purement et simplement en train d'assister à un carnage; et qu'à vos pieds des familles entières brûlaient ? Est-ce que vous êtes rentrés chez vous, vos enfant dans les bras, attendant les premiers points d'infos ? Et quand on apprend la mort de Ion Salageon on se dit qu'une seule des 150 personnes est décédée. Une seule. C'aurait pû être un carnage. Et des images qui nous traversent la tête. Parce que nous nous avons vu les flammes, senti la fumée, entendu les cris...

Aujourd'hui, à Paris, il a plu sur les cendres d'un homme. 

@ Tinus : le Charlie Hebdo je l'ai lu et je trouve qu'il n'était pas forcément utile d'aller aussi loin dans la provocation. Je me mets à la place de musulmans pratiquans et je me dis que certains ont pu être choqués par ce qu'ils ont lu. Ca ne justifie absolument pas qu'on mette le feu à Charlie Hebdo. Aucunement. Mais la question que je me pose est la suivante : ce Charlie Hebdo a-t-il servi une cause ? Je me dis que ce numéro indéniablement spécial et les conséquences de sa parution ne servent absolument pas la tolérance et la liberté d'expression. J'ai le profond sentiment que ce qui s'est passé cette semaine joue finalement le jeu de l'actuel gouvernement qui doit bien se frotter les mains à quelques mois d'une prochaine élection. Je ne suis pas sûr que ce soit en présentant Mahomet en SM godeur/foueutteur que l'on fasse reculer l'extremisme musulman. Pas sûr...

@Paris_20 Si on commence à ne pas vouloir choquer les musulmans pratiquants , les catholiques intégristes , les protestants libéraux, les juifs orthodoxes, " les laïques" d'extrême-droite, etc etc je ne pourrai plus m'exprimer . Charlie Hebdo a le droit d'écrire comme il l'entend.  J'achète ou non le journal, c'est tout .Vous avez raison , nous avons tous nos petites , ou grandes lâchetés au quotidien . Mais cela n'empêche pas qu'on n'ait pas le droit de les justifier .

Pinso : je suis entièrement d'accord avec vous mais je crois que Charlie, sur ce coup là, a été au delà de choquer. Ils étaient dans la provocation, parfois gratuite. Je pense sincèrement que tout cela sert les extrêmes. N'aurait-il pas été + pertinent de démonter la politique du parti Ennahda que diffuser cette représentation satirique de Mahomet ?

Et pardon mais je ne comprends pas votre dernière phrase : "Vous avez raison , nous avons tous nos petites , ou grandes lâchetés au quotidien . Mais cela n'empêche pas qu'on n'ait pas le droit de les justifier ."

@paris_20  Je voulais simplement dire que  tous, à un moment  , nous n'avons (moi aussi !)  pas forcément été très bon sur un évènement , dans nos propos où nos actes . L'important c'est de se dire qu'on aurait pu mieux agir ! mais quelquefois il faut un peu de recul, et ne pas être trop dans l'affect pour s'en rendre compte . Et puis c'est facile de s'adresser à quelqu'un derrière son clavier . Ce serait diffèrent en face à face, on nuancerait plus que dans ce petit rectangle "commentaire"

Oui, je sais bien. Je salue ta sagesse et te souhaite une bonne nuit !

@Paris_20 : Je vois que l'évocation du saucisson vous a choqué, comme vos propos m'avaient vraiment interloqué. Dans votre réponse vous livrez un peu mieux votre émotion qui, du coup, dissipe tout soupçon. Je  les retire donc et vous demande de m'en excuser.

 

Pinso6091 avait déjà plaidé en votre faveur. Avec elle, je me doutais aussi que les pouvoirs publics, laissant pourrir, sèment en fait la zizanie. Mafch témoigne encore dans ce sens avec ces histoires de déchets non ramassés. Cahin caha, le débat avance.

 

Est-ce que Michelle connaît vraiment les familles expulsées ?  Si cela vous importe vraiment, il y a une allusion discrète dans son commentaire. Mais je crois que ce n'est pas la question. Nous sommes ici dans un débat d'idées, qui n'a que faire de procès d'intention. Ce qui m'importe dans le commentaire de Michelle, c'est ce qu'elle ressent.

 

Je n'ai évidemment pas  plus à me justifier de ne pas être passé cet après-midi, ou de ne pas connaître la vie du quartier. Mais bon, si vous voulez le savoir, je vis à 500 km de Paris.

 

Je vous suis par contre à 100% si la question que vous posez est, au final, celle de l'action. Que faire, comment. Car ce sera de plus en plus important, j'en ai peur. Il m'arrive ponctuellement d'envoyer des choses, un peu d'argent en Haïti,  une tente pour le tremblement de terre turc. Plus systématiquement depuis quelques temps quelques pièces déposées dans la main. Mais héberger quelqu'un qui en a vraiment besoin, non. J'y ai souvent pensé. Je crois que je vais le faire, me mettre en rapport avec une association. Il faut nous organiser.

 

Pour ce qui concerne Charlie Hebdo, je suis en tous points la position de Pinso6091 : la défense stricte de la liberté d'expression. Je lis à l'instant vos derniers échanges à ce sujet, voilà en quoi c'est à mon avis fondamental : La caricature, en dessin ou parlée, la littérature, ou le théâtre, partagent cette différence fondamentale qu'ils ne sont pas l'espace public. Une figure m'avait frappé, Henri Bauchau évoquant la naissance du théâtre. De mémoire, il parle de ce lieu créé à part de tout pour accueillir la parole nécessaire, urgente, impérieuse, et qu'on ne pourrait pas dire dans les lieux de la vraie vie.

Donner une pièce, un vêtement ....oui mais la charité chrétienne ne remplacera jamais la justice sociale . Attention ! dans la bible il est dit qu'il y a deux groupes ; les riches et les pauvres et qu'il faut aider les pauvres ! Les églises, ou plutôt les sectes (c'est pareil) vivent sur cette culpabilité . La pauvreté leur permet de faire des bonnes actions et anesthésie la lutte pour la justice .J'ai lu , je ne sais plus où, qu'à un moment ils voulaient supprimer en Egypte l'immense tas d'ordures où vivent des centaines de gens . La question qu'ils se posaient ;mais ce tas d'ordures est utile pour les gens ! Eh oui soeur machin en a fait son "terreau" .....

Je répète ce que je disais plus haut : l'action individuelle est louable, certes, pour qui veut passer le point de rencontre et de compréhension, mais en aucun cas on ne peut dénoncer un individu qui ne fait rien, ici ou ailleurs..

Ceux qui sont à blâmer ce sont nos institutions, incapables de prendre la responsabilité d'une solution digne pour ces populations : les médias doivent informer (ce que vient de faire l'auteur de ce billet, et qui est tout à son honneur, car il est bon de ne pas faire parti, en ces temps, de ceux qui se placent "du bon côté du manche"), mais les pouvoirs publics, eux, ont des moyens qu'aucun individu n'a : non seulement des lieux, mais des fonds, des resssources, des personnels de soin et d'assistance. Seulement, voilà, les priorités ne sont pas celles-là. Et la stigmatisation continue... Elle profitera à la haine, à n'en pas douter quand on se rend compte que nous sommes une poignée à réagir... et à culpabiliser.

Jean-Jacques M’µ 

.

 Je sais bien que c'est mal d'être coupable … pourquoi me dites-vous ça, ne trouvez-vous pas que je souffre déjà assez ? En 2000 ans de conditionnement judéo-chrétien il a bien dû se former un gêne de la culpabilité. Et pour s'en débarasser, de celui-là … Je ne sais pas comment vous faites. Si vous avez une recette, un médicament …  Mais reprenons l'angle éthicopolitique, j'en profiterai pour me résumer.

La justice sociale. Que faire à l'échelle de l'individu ?

Mon action citoyenne est insuffisante. Je ne peut rien faire pour que s'applique cette justice à part la respecter, et si peu pour la faire évoluer. La société s'en éloigne de plus en plus si on parle d'un revenu universel et de travail pour tous, ou si on se remémore les trois mots peut-être toujours écrits sous République, au fronton des mairies, je vérifierai.

 Devant les manquements de la société il me reste l'alternative de l'action individuelle. Je pense avoir quand même réussi, victoire de l'acquis sur l'inné, à remplacer la charité par une solidarité redistributive. Avec l'effet bénéfique de circuits économiques plus directs et d'une plus grande indépendance à la morale.

Dans mon livre à moi, comme disent les Québecois, l'action individuelle a cet autre effet positif que les individus conservent leur empathie et ne se perdent pas de vue. Et bien entendu l'effet pervers que la collectivité en profite pour se dédouaner de sa mission, mais est-ce là un argument suffisant pour rejeter cette alternative ? La solidarité participative ne serait-elle pas tout simplement l'application locale et complémentaire d'une pensée globale, la justice sociale ?

 

 

 

 

 

Sur le fond vous avez raison de dénoncer la disproportion de traitement entre les deux évenements d'autant que dans le cas de la baraka, il y a eu mort d'homme.

Mais vous entretenez une confusion  à la "plantu" dans votre liste de journaux et personnalités. Si vous faites une recherche rapide vous trouverez parmi les noms que vous citez sur votre blog, des réactions suite l'incendie  de la rue des Pyrénées qui avaient fermement exposées leur indignation.

Que cela n'ait pas eu plus d'écho, c'est bien cela qui pose question !

Juste une piste parmi d'autres:

http://www.humanite.fr/fil-rouge/incendie-a-la-maison-des-roms-du-20eme-un-mort-parti-de-gauche.

 

Bonjour.

@Tinus : aucun souci. Merci.

Excellent billet, et commentaire très éclairant sur le deux poids deux mesures de l'éventail entier de notre appareil à fabriquer l'opinion.

Jean-Jacques M’µ 

Autres oubliés : les Sahraouis...

Autre façon d'agir, pour ne pas devenir fou : dire ce qu'on sait sur ce qui se pratique autour de nous, et là-bas aussi, bien entendu. 

 LE PROBLÈME, témoignage du peuple sahraoui : la version française est approximative, mais elle donne une idée du terrible couvercle de silence qui étouffe une population entière sans que les opinions publiques en soient jamais informées.

Le grand courage des cinéastes, ici, leurs épreuves et les constants dangers qu'il leur aura fallu dépasser sont ignorés du plus grand nombre, de la presse et de nos décideurs, y compris nos organisations de gôche.  

Passage au cinéma La Clé à Paris, demain soir mercredi 9 novembre 2011 à 20h.

Jean-Jacques M’µ 

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