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Affaire Boulin : Des bouches s'ouvrent (2)
L'hebdomadaire Paris-Match de ce jeudi 20 janvier publie un document de 4 pages intitulé l'Affaire Boulin, un crime d'état .
Il s'agit de 4 interviews, qui, chacune, éclaire une facette de ce scandale majeur de la Véme République.
Fabienne Boulin-Burgeat, la fille du ministre, vient de terminer son livre, Le dormeur du val (éditions Don Quichotte) . Elle décrit sa quête de vérité, détaille avec pugnacité l'exceptionnel acharnement mis en oeuvre pour lui barrer la route. Ni les menaces, ni les calomnies les plus basses ne lui ont été épargnées. La police judiciaire, la justice, la classe politique et, pendant longtemps, la quasi-totalité de la presse se sont liguées pour lui interdire de connaitre les circonstances de l'assassinat de son père, obstinément présenté comme un suicide.
Malgré ces efforts constants, la vérité interdite, comme la définit Fabienne, se fait jour. A tel point que les tenants du suicide, les protecteurs de la raison d'état à la française, qui consiste essentiellement à jeter un voile pudique sur les turpitudes et les crimes de certains dirigeants, en sont réduits à de piètres manoeuvres, qui ne trompent plus que ceux qui refusent d'affronter la réalité d'un pays gangréné par la recherche effrénée du profit et l'impunité des puissants.
L'outrecuidance de MAM
Me Olivier Morice, le conseil de Fabienne, ne se prive pas de dénoncer l'invraisemblable comportement de MAM. Il ne faut pas oublier que Michéle Alliot-Marie, avant de s'illustrer par sa grotesque offre d'assistance policière à l'ami dictateur Ben Ali, était Garde des sceaux ministre de la Justice.
A cette haute fonction, elle n'a pas hésité à descendre dans l'arène (cf http://www.mediapart.frhttp://blogs.mediapart.fr/blog/casanier/050111/affaire-boulin-des-bouches-souvrent-1 ) pour verrouiller toute velléité d'indépendance du procureur général de Paris Faletti, censé se prononcer 8 jours plus tard en toute indépendance sur la demande de réouverture de l'instruction sur l'homicide de Robert Boulin. MAM eut l'outrecuidance d'aller à Libourne, ville dont Boulin fut le premier magistrat pendant 20 ans, pour annoncer urbi et orbi qu'il n'était pas question de toucher au dogme du suicide, et que toute réouverture d'une information était exclue.
Penaud, le 8 juin 2010, M. Faletti a dû, de surcroît, faire état devant Fabienne et ses conseils de la mystérieuse disparition du coffre-fort du parquet général, d'une partie du dossier et des scellés sur lesquels étaient justement demandés des recherches d'ADN. Dans un communiqué vengeur MAM réclama l'ouverture immédiate d'une enquête administrative, qui, Ô miracle, aboutit 6 semaines plus tard, sans que l'on sache à ce jour ce qui avait été retrouvé et en quel état.
Les liens manifestement étroits* qu'entretient MAM avec le MIL (Mouvement Initiative et Liberté) , une association regroupant d'anciens leaders du syndicat étudiant de la droite dure UNI et des adhérents de l'ex SAC (le fameux service d'ordre du parti gaulliste, où s'illustra jadis Charles Pasqua) ne sont sans doute pas étrangers à son zèle maladroit pour contrer toute tentative d'avancée judiciaire dans l'affaire Boulin. Ils expliquent peut-être aussi la mansuétude dont elle bénéficie auprés de Sarkozy... En année préélectorale, ce n'est pas le moment de se priver de certains réseaux.
à suivre
* En février 2009, MAM, à l'époque ministre de l'intérieur, fut l'oratrice la plus appalaudie lors de la XIX ème convention nationale du MIL, où elle appelait les militants à la vigilance contre une résurgence de ce que le regretté Raymond Marcellin (ministre de l'intérieur particulièrement sécuritaire aprés 1968) appelait l'ennemi intérieur ...


Tous les commentaires
C'est une affaire passionante .Je mets le lien d'unémission fort intéressante à ce sujet
http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2466
Merci Elise de signaler cette émission d'arrêt sur images.
Elle n'a pas donné tout son potentiel du fait que le représentant du Canard, Georges Marion, comme il l'a lui-même reconnu, n' a pas travaillé sur cette ténébreuse affaire, et n'était pas en mesure de tenir une discussion factuelle.
Il parait que des journalistes du Canard ayant signé des papiers sur Boulin soutenant bec et ongles le suicide, en particulier Louis-Marie Horeau, avait été invité, mais n'a pas pu se libérer...
Dans cette émission que je conseille Nicolas Beau ex du Canard explique pourquoi il croit au suicide contrairement àux autres sur le plateau.Si on ne peut pas la voir sur le site on peut la retrouver sur Daylimotion.
Il ne s'agit pas de Nicolas Beau, mais de Georges Marion.
Nicolas Beau, ex du canard, dirige, jusqu'à la fin du mois, ( cf http://www.mediapart.fr/club/blog/casanier/120111/affaire-boulin-un-site-ferme ) le site bakchich.info, qui est le media qui a le plus publié d'articles sur l'assassinat de Robert Boulin
Toutes mes excuses ,je viens de revisionner les premières images de l'émissionet il s'agit bien de G Marion.
Merci de perseverer à nous instruire de nouvelles approches de ce dossier .
Bien vu Casanier de rappeler les liens de Michelle Alliot-Marie avec cette frange de la droite la plus rance, le MIL excroissance de l'ancien SAC.
Peut-être faudrait-il que vous rappeliez les magistrats qui ont porté haut le Mil dont le denier Raoul Béteille.
Ah le gaullisme palermitain...
Pour résumer la position jusqu'ici intangible du Canard, mieux vaut lire ce qu'il (le Canard) en écrit lui-même dans un court texte de 2007:
http://leruisseau.iguane.org/spip.php?article1214
Y-a-t-il une réponse sérieuse à cet argumentaire du Canard qui me semble très convaincant?
LM Horeau serait plus convaincaint si il regardait ce qu'il démolit au lieu de démolir sans avoir écouté ou vu.
Démonstration : lorsque C+ produit le documentaire de B. Nicolas sur l'assassinat de Boulin, LM Horeau titre dans le Canard : "Nicolas, ton Boulin, ton Boulin va trop vite" et flingue le documentaire avec comme seul argument les soit-disant lettres de R. Boulin dont il est facilement démontrable qu'il s'agit d'un montage (on n'a d'ailleurs jamais retrouvé l'original).
Or, LM Horeau sera obligé de reconnaitre qu'il a flingué le documentaire dans son article... sans l'avoir vu !
Bravo : nous avons là la démonstration de l'éthique et des méthodes de certains journalistes, même quand ils appartiennent au Canard.
Le canard ne s'est pas couvert de glore ces 10 dernières années en refusant de couvrir certains faits dans certaines affaires.
Dans le cas de l'affaire Boulin depuis 1979, le Canard se fourvoye et plutêt que de reconnaitre qu'il a été instrumeentalisé et manipulé, ils s'enferment dans le déni.
C'est assez pathétique mais typique des méthodes de la presse française.
Si la thèse du Canard était juste, comment dans ce cas expliquer les réticences, voir l'entrave, de la justice à rouvrir un dossier aussi évident ?
@ jean Michel PARIS
Le papier de L-M Horeau synthétise la manière dont le Canard traite depuis 31 ans cette affaire :
"Mais Boulin a tout de même posté lui-même des lettres, avec quelques mentions manuscrites, annonçant son intention de mettre fin à ses jours"
Rien ne prouve que les lettres jetées dans la boite de la poste de Montfort- l'Amaury soient les mêmes que celles reçues par les destinataires.
En effet, lorsque le juge Corneloup a souhaité entendre le postier, la brigade criminelle lui répondit que celui-ci était introuvable.
Il a pourtant suffit aux journalistes de tapoter sur le minitel pour le retrouver et aller l'interviewer. Il se souvenait parfaitement de ces enveloppes à en tête du ministère du travail dont le poids était inégal et l'affranchissement insuffisant. Il décida néanmoins de les oblitérer. Or tous les destinataires ont reçu les mêmes 3 feuillets... d'un poids forcément identique.
Quant aux annotations manuscrites , elles se limitent à moins d'une ligne, et l'expert graphologue a expliqué à Benoit Collombat qu'il avait, sous la pression, conclu comme on le lui avait demandé, mais que les écrits soumis à son expertise n'étaient pas probants, et qu'il aurait tout aussi bien pu ne pas authentifier l'écriture de Robert Boulin.
il a quitté son ministère en lançant un étrange "Adieu mon bureau !"
Personne n'a jamais retrouvé l'huissier qui aurait entendu cet adieu
Le soir même, c’est en trouvant chez lui, dans une corbeille, un brouillon de lettre que l’on a pu rechercher et trouver le corps de Robert Boulin au lieu indiqué, près de la forêt de Rambouillet
Boulin a quitté son domicile vers 15 h 30, après avoir déposé dans son bureau les dossiers sortis du coffre de son ministère. Sa femme de ménage a vidé la corbeille à papiers aprés son départ. Les fragments retrouvés en fin de soirée dans la dite corbeille n'ont pas été déposés par lui. Ils ne sont pas un brouillon, mais un des feuillets de la même photocopie que recevront les destinataires des lettres prétendûment posthumes, dont aucun original n' a été trouvé...
Dans la voiture se retrouvait un bristol avec un mot d’adieu manuscrit pour son épouse.
Même remarque du graphologue
Et le corps était bourré de Valium, alors que ce médicament avait précisément disparu de sa propre armoire à pharmacie
Le valium avait bien disparu de l'armoire à pharmacie, car un commissaire de police l'en a retiré sous les yeux ébahis de Colette Boulin. Quant à la manière dont Boulin l'aurait absorbé, aucune analyse du contenu de l'estomac n' a été faite, et les prélèvements ont été volés. D'autre part aucun examen d'une éventuelle injection de produits sur le corps de Boulin n' été effectuée...
Casanier
je n'ai aucun a priori, je cherche seulement à comprendre, notamment pourquoi un journaliste du Canard donne une version aussi différente de la vôtre. Attendons donc la sortie du témoignage de la fille Boulin.
La réponse est déjà donnée...les journalistes du canard sont certainement dépendants d'un certain nombre de sources...ils ont été orientés (dans le sens qui plait à certains) et ces sources ont été indentifiées...et citées...Est ce si difficile de comprendre? Il n'y a pas beaucoup à chercher...Rien à attendre, de nouveau, de la part de la fille du ministre...les noms des commanditaires, présumées, sont destinés à être entendu en priorité par un juge d'instruction..encore la, rien de nouveau.
Ce qui est établi, c'est que les instances gouvernantes ne veulent pas faire entendre ces noms par un juge d'instruction.
Quelle alternative se posera à Fabienne BOULIN s'il ne sera pas possible de saisir un juge d'instruction, comme le préconise et le rappelle encore le 5 janvier 2011, Yves CORNELOUP, conseiller à la cour de cassation, section criminelle, et avant dernier juge d'instruction de l'affaire BOULIN?
Le temps passe, les choses évoluent, et hier Rachida Dati, ancienne garde des sceaux qui avait pour mission de supprimer le juge d'instruction (dernier rempart de la justice, indépendant du pouvoir) s'exprimait sur le plateau du Grand Journal de CANAL+ et affirmait, avec un grand sourire, que le journal "le monde" devait déposer plainte avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d'instruction, suite au refus du procureur de la république de poursuivre la police, DCRI dans la violation des droits relatifs aux sources des journalistes (affaire des fadettes et du conseiller de MAM au ministère de la justice, conseiller muté en Guyanne...il ne devait pas y avoir de place à St Pierre et Miquelon?!?). Rachida Dati ne semble plus rouler pour le pouvoir, et dit maintenant le contraire de ce qu'elle a été supposée faire...Supprimer le juge d'instruction.
Les temps changent, des bouches s'ouvrent.
Faire le canard dans l'étang n'a pas été un fait remarquable de journalisme dans cette affaire.
Tous ceux qui affirmaient la thèse du suicide de Robert Boulin (contre toute évidence et pour des raisons qui les concernent avant tout) se sont faits durant trois décennies les complices du maquillage d'un crime. Est-il besoin aujourd'hui de braquer un tel spot sur eux et de les clouer au pilori alors qu'ils s'y retrouveront de fait, grâce au livre passionnant de Fabienne Boulin, courageuse combattante pour la vérité, Le dormeur du Val. A lire de toute urgence, dès sa sortie le 27 janvier, cette démonstration implacable confirme hélas la collusion, dans notre démocratie moribonde, entre les pouvoirs policier et judiciaire et le pouvoir exécutif.
Nous venons d'apprendre que MAM, grande sportive, avait tenté d'apprendre à nager à Robert Boulin. Pas facile de nager dans 50 cm d'eau avec un SAC attaché au corps...
+ 1000
Des bouches s'ouvrent. Attention MAM peur leur faire boire la tasse !
A l'époque, toutes les affaires sorties par Le Canard (diamants, etc.), étaient du matériau fourni par les chiraquiens contre Giscard dans la perspective des présidentielles de 81 : consciemment ou inconsciemment, ce journal, ou certains de ses journalistes, ont été instrumentalisés par la chiraquie --pas étonnant dès lors que sur l'affaire Boulin ils aient défendu contre toute vraisemblance la thèse du suicide et n'aient jamais creusé les failles du dossier. C'est une des limites du Canard, qu'on présente trop souvent comme un journal "indépendant". Ce qui est vrai, mais dans ce type de journalisme on est quand même dépendant de ses sources....
Merci pour votre article. Depuis qu'on "balade" la France avec ces silences de cour.... La vérité vaincra. Nous l'attendons.
Bel article qui montre, s'il en était besoin, que la justice est totalement dépendante de l'exécutif. Quant à la presse aux ordres qui a relayé, pendant des années, le message selon lequel Robert Boulin s'était suicidé dans trente centimètres d'eau...
Peut-être rien à voir, et pourtant... j'y ai songé.
Les deux hommes ayant des dossiers l'un sur l'autre...et un calendrier judiciaire à gérer. "Je me rappelle de l'affaire Robert Boulin..." avait notamment évoqué Sarkozy en 2007 pendant sa campagne : http://www.lefigaro.fr/politique/2011/01/21/01002-20110121DIMWWW00504-chirac-et-sarkozy-dejeunent-en-tete-a-tete.php