Dim.
23
Nov

MEDIAPART

Connexion utilisateur

La liquidation annoncée de la médiathèque de la Cité des sciences et de l'industrie

Lorsqu'on parle de diminution de crédits et de moyens pour les bibliothèques, voire comme franchement ici de liquidation annoncée, cela reste hélas ! souvent comme un problème mineur au regard des grandes questions économiques du moment, presque une petite chose interne à une profession qui comprend tellement peu de personnes (de moins en moins d'ailleurs, c'est vrai et pour cause...).

                Pourtant, quand il s'agit de Médiathèques publiques, et particulièrement de celle dont on va parler, c'est bien chaque citoyen qui est concerné dans sa possibilité d'avoir accès aux connaissances, à la littérature et à l'art - et ceci, dans la grande majorité des bibliothèques, gratuitement, comme un droit citoyen - défendu depuis des décennies contre vents et marées par la petite minorité de professionnels en question.

                Qu'est-ce que la Médiathèque de la Cité des sciences, pour celles et ceux qui ne la connaîtraient pas encore ?

Elle a été créée en même temps que la CSI, en 1986, dont elle est (encore) le secteur gratuit- bien que le prêt soit entre temps devenu payant. Car c'est une grande médiathèque de prêt, comprenant livres, revues, CD, films - une des premières à avoir eu en son sein une didacthèque - comprenant un fonds extrêmement choisi de films scientifiques ; elle possède, en plus de la partie destinée à tous les publics (de 2 à 102 ans) un fonds d'histoire des sciences et d'épistémologie unique en France dans la partie dite MHS (médiathèque d'histoire des sciences) ouverte aux chercheurs en Histoire des sciences et aux scientifiques.

On peut la caractériser par deux aspects fondamentaux : elle est, pour les visiteurs de la Cité des sciences, le complément indispensable aux expositions que tout musée scientifique -ou non- possède "pour aller plus loin" , "pour approfondir... Mais surtout c'est une de nos premières grandes médiathèques publiques, qui s'est créée à l'époque où la nouvelle BnF n'existait pas, de plus spécialisée en vulgarisation scientifique, ce qui est unique en France à cette échelle : elle a été un grand centre de formation pour toutes les bibliothèques qui à l'époque où elle a débuté avait des fonds scientifiques extrêment pauvres - et elle a mené une réflexion également unique sur ses missions (la Cité des sciences, qui l'oublie beaucoup maintenant, ayant été créée volontairement à la limite de la banlieue pour "ouvrir" la science à un maximum de citoyens) ; la médiathèque est donc une bibliothèque nationale (elle recevait des classes de la France entière), mais également une médiathèque de proximité pour les enfants de Pantin, St Ouen etc...

Alors quoi ? On est à une autre époque et tout cela est devenu de la foutaise ? Toute cette intelligence collective des professionnels, ces fonds qui ont été acquis et choisis, ce public qui vient, démodés ? On est à l'heure de la rentabilité et du bling -bling, on le disait du précédent gouvernement, mais hélas, pas de rupture avec le nouveau, on continue : pas de moyens pour ce qui ne  "rapporte" pas - et l'éducation des petits, l'information citoyenne au moment où les questions scientifiques sont au coeur de notre société, tout cela est devenu sans intérêt...Au sens propre.

Il s'agit bien d'une casse systématique des services publics - en particulier culturels dont la Médiathèque de la CSI n'est pas le seul exemple -la Médiathèque en question avait vu arriver la catastrophe, sans pouvoir réagir : elle dispose depuis plusieurs années de crédits de plus en plus "indigents" de l'avis même de l'Inspection générale, elle a vu ses systèmes remis en cause etc.. Le diable, qui est dans les détails comme chacun sait ne peut pas être décrit ici, car ces histoires là restent toujours internes...

Une pétition circule depuis dix jours http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2013N37101, mais cela n'est pas suffisant. Il faut le faire savoir au maximum, il faut le prendre comme ce que c'est : un scandale contre la diffusion de la connaissance : et le "numérique" qui est mis en avant est bien entendu l'arbre (qui fait chic) qui cache la forêt (le désir de liquider, un peu moche) ; comme il a été dit au début de ce billet, les bibliothèques ont toujours su intégrer l'évolution des media depuis 30 ans - et en faire quelque chose qui a du sens, elles ne demandent que ça.

                            Catherine Petit

              Ancienne conservatrice de la Médiathèque de la Cité des sciences, auteure du livre "Itinéraire d'une bibliothécaire"/ Martine      Bosshardt, Catherine Petit, aux éditions l'Harmattan

 

 

 

 

Tous les commentaires

17/03/2013, 16:07 | Par Danyves

Comme en Angleterre, décidé par David Cameron, pour les bibliothèques ou médiathèques municipales. The Guardian à plusieurs reprise s'en est fait l'écho.

18/03/2013, 13:24 | Par GILLES WALUSINSKI

Lu, approuvé, recommandé et signé!

18/03/2013, 15:18 | Par la petite sirène en réponse au commentaire de GILLES WALUSINSKI le 18/03/2013 à 13:24

De même ...

18/03/2013, 17:42 | Par tdvill

Il est vrai qu'en France (en Europe), la culture  scientifique est encore beaucoup trop élevée! (ça va changer avec l'arrivée des nouveaux bacheliers l'année prochaine :-( )

Les étudiants issus de filières scientifiques ne connaissant plus en physique et mathématiques à leur arrivée dans le supérieur qu'un  minable chaos, pourquoi faudrait-il encore que les autres apprennent des Sciences? Lire? vous rêvez!

Diminution des horaires dévolus à l'enseignement des Sciences, destructuration de cet enseignement, liquidation des bibliothèques: tout est cohérent; le citoyen ne doit plus connaître.

On fera (on fait) des cours sur le développement durable à des jeunes qui ne sauront pas ce qu'est l'énergie, une force, etc. Pas grave, on a l'euro et les banques.

 

 

18/03/2013, 17:51 | Par zane

Comme Gilles et la Petite Sirène.

Je ne pense pas que la casse du service public soit une question de priorité financière seulement. Je crois que cette casse fait partie d'un objectif de réduire de plus en plus les possibilités pour chacun de s'instruire, de s'informer, de se soigner aussi.

Quand on trouve des milliards pour les banques, il n'y a aucune raison de ne pas trouver quelques sous pour faire vivre la vie culturelle.

"Citoyens, ne pensez plus, ne cherchez plus, vous risqueriez d'avoir des idées et de vous rebeller"

Il y a une super médiathèque chez moi dont j'abuse allègrement. Un jour, j'ai souhaité donner des livres ou autres documents, on m'a répondu qu'ils n'en n'avaient pas le droit...

C'est idiot, non ? tout est légiféré, il y a si peu de place pour des arrangements, de ceux qui satisferaient tout le monde.

18/03/2013, 20:04 | Par LEBON JP

Pour m'y être rendu à plusieurs reprises, j'ai été surpris de constater que très peu de monde fréquentait cette immense bibliothèque. Alors peut-être que ses gestionnaires passés et actuels pourraient remettre en cause leurs actions sinon leur inaction, leur incapacité à rendre populaire cet extraordinaire outil de savoir, autrement qu'en faisant du chiffre en organisant des visites pour les écoliers...

Sans doute aurait-il fallu d'autres hommes, femmes, plus dynamiques, plus modernes et créatifs, à la tête de cette médiathèque.

Soyez assurés que si très nombreux étaient ses habitués, cette question ne se serait jamais posée.

 

19/03/2013, 08:29 | Par WataYaga en réponse au commentaire de LEBON JP le 18/03/2013 à 20:04

Je suis d'accord avec vous, surtout après avoir observé le fait suivant à plusieurs reprises : un groupe de jeunes s'installent à une table pour travailler ensemble. Ils/elles sont studieux mais parfois parlent un peu fort ou un éclat de rire fuse. Ils sont seuls dans la salle, à part moi qui attend quelqu'un et ils ne me gênent absolument pas, bien au contraire. Cependant, une bibliothécaire vient les voir pour leur dire de se taire ou de sortir : ils/elles rassemblent leurs affaires et s'en vont...

Quand on accueille aussi bien son public, il ne faut pas s'étonner qu'il ne se presse pas au portillon !

Les bibliothèques sont en danger et, à l'intérieur des bibliothèques les livres le sont encore plus (ce n'est pas pour rien que l'on dénomme celles qui s'ouvre des "médiathèques").  Il y a les livres à défendre, je parle des livres de qualité qui n'ont pas un bon turn over protecteur, les autres, pour l'instant, n'ont pas encore trop de soucis à se faire mais c'est le concept même quasi religieux de la bibliothèque lieu de silence qui est aussi à revoir. Il me semble que des livres de qualité dans un contexte convivial (avec des zones réservées au calme, s'il y a de la place) fait venir un public nombreux car en fait la demande est forte.

En Angleterre, les bibliothèques que j'ai vues étaient petites et chaleureuses. Mais je n'en ai pas fréquenté assez pour savoir si c'était une généralité...

Malgré les réserves que je viens d'apporter, je vais signer la pétition car c'est un patrimoine fondamental que l'on remet en cause. Quand je pense qu'en Irak il y a des bibliothécaires qui ont risqué leur vie pour sauver les livres....

34080b.jpg

Pétition signée mais je ne reste sur mes réserves pour ce qui concerne l'accueil des jeunes...

19/03/2013, 18:36 | Par Catherine PETIT en réponse au commentaire de WataYaga le 19/03/2013 à 08:29

Vous savez qu'avec ou sans signature vous pouvez aller sur le site de la pétition et lire les commentaires : vous verrez que beaucoup de personnes lecteurs de cette médiathèque signent et commentent et que le tableau n'est, heureusement, pas si noir que vous le décrivez.

Après, comme partout, il peut y avoir de mauvaises réactions, de mauvais comportements, des erreurs de gestion : tout à fait : c'est tout cela qu'il faut absolument traiter et rectifier en interne et aussi avec le public en lui demandant son avis - y compris aussi savoir si le choix des documents est bon etc... tout à fait d'accord avec vous. C'est vraiment important qu'il y ait évaluation pour rectifier ce qui ne va pas, et pas seulement évaluation quantitative, mais aussi enquête de public pour une enquête qualitative.  Evaluer, rectifier, mais pas liquider ! On est d'accord.

Bien cordialement

 

19/03/2013, 22:17 | Par la petite sirène en réponse au commentaire de WataYaga le 19/03/2013 à 08:29

En accord total avec l'accueil réservé à nos jeunes...

18/03/2013, 22:44 | Par Crampon

La culture est fondamentalement subversive... mais ne peut être développée que si les besoins physiologiques de base sont satisfaits ! C'est pourquoi les élites qui y ont accès ne souhaitent pas plus la partager que leurs revenus !

19/03/2013, 07:44 | Par Berty42

Entreprise généralisée de démolition de la culture française... Honte à ces gens-là ! 

C'est toujours plus facile de gouverner (et surtout d'enfumer) un tas de crétins qui ne réflèchissent pas plutôt que des gens qui ne cessent de demander le pourquoi des choses et même de proposer des projets alternatifs souvent plus efficaces... Ici, c'est l'esprit des Lumières que les fascos et les gens de biens ont en horreur que l'on assassine.

En route pour la génèse enseignée en cours de science par le Tea Party...

Pétition signée et diffusée.

19/03/2013, 08:15 | Par Hamster jovial

Je ne vois pas pourquoi cet équipement, comme la bibliothèque du centre Pompidou, BPI, ne serait pas transféré à la Ville de Paris ou à la région pour régler ces problèmes. Quand la province "reçoit" un équipement comme le centre Pompidou Metz ou Le Louvre Lens, elle paie tout de A à Z. Supporte aussi ses bibliothèques municipales, ce qui fait d'ailleurs que les électeurs locaux , dans une situation comme celle là, seraient juges du service à rendre, rendu, ou pas  Mais le contribuable provincial doit payer des bibliothèques aux parisiens, moins imposé que lui, ou prochainement pour accéder aux livres du domaine public numérisées par la BNF. Cette médiathèque et la BPI n'ont rien de national. Ne signez pas, signer, c'est perpétuer ce genre d'abus!

19/03/2013, 20:50 | Par parenthèse en réponse au commentaire de Hamster jovial le 19/03/2013 à 08:15

le contribuable provincial doit payer des bibliothèques aux parisiens, moins imposé que lui

Et le prix du logement à Paris vous en faites quoi ? A un chiffre isolé on peut faire dire n'importe quoi. Que Paris soit sur-équipé vous n'avez pas tort, mais de là à conclure que ces bibliothèques devraient être financées par la ville car n'ayant rien de national    est totalement faux. Vous voudriez un bibliothèque d'histoire des sciences dans chacune des 36 000 communes de France ? Il y a des choses qui doivent être mutualisées, et le faire au niveau de la capitale, par défintion la mieux desservie en transport, est une garantie d'accès maximal pour la population. C'est aussi simple que ça.

J'ai beaucoup fréquenté cette médiathèque à une certaine époque, et elle m'a fait découvrir beaucoup de choses. Je suis consterné par l'annonce de sa fermeture, car c'était la seule chose qui me faisait venir à la cité des sciences, dont l'ouverture  (mise à part cette médiathèque) ne s'imposait pas étant donnée la proximité du Palais de la Découverte qui fait la même chose, et souvent en mieux. Pour revenir à la question des régions, je vous propose plutôt de demander le transfert de la cité des sciences en région, voilà la bonne réponse au déséqulibre Paris/Province.

19/03/2013, 09:30 | Par Lefrançois

Je me suis demandé ce qu'on nomme en France les Learning center, apparemment une bibliothèque universitaire qui fonctionne bien.

http://bsa.biblio.univ-lille3.fr/blog/2011/08/problematiques-learning-centers/

autre source:

http://www.actualitice.fr/le-learning-center-doit-il-remplacer-le-centre-de-documentation-et-d-information

"Il s’agit de faciliter l’apprentissage en autonomie de l’étudiant en mettant à sa disposition des collections cohérentes de ressources pouvant satisfaire ses besoins ; ces ressources sont pour la plupart dématérialisées et de ce fait ubiquitaires ; l’étudiant dispose d’un self-service documentaire auquel il peut accéder dans un espace dédié au sein d’un établissement d’enseignement mais également à son domicile. (cf learning center pour éléèves)

Les économies d’échelle sont importantes pour une université. Que ce soit en termes d’acquisition et de remplacement des collections de documents, de stockage ou de personnels, la dématérialisation en partie induite par les « learning centers » a permis de réduire considérablement un bon nombre de lignes budgétaires attachées aux bibliothèques universitaires. Lorsque les moyens sont redéployés, ce sont les étudiants qui en bénéficient car ils disposent de personnels plus nombreux pour les assister dans leurs recherches ou bien de collections plus riches. Certains personnels, soulagés des tâches liées à la manipulation des ouvrages papier, peuvent se consacrer à des travaux de veille et de curation en délivrant les informations les plus utiles aux étudiants qui en ont besoin."

Au fond il s'agit de déplacer l'information du support papier au support numérique, le personnel étant là pour interagir avec le public, quelqu'il soit, pour conseiller les recherches.

Si je me faisais l'avocat du diable je dirai qu'au vu de ces sources la transformation est au centre de l'évolution et que parler de liquidation est une vision faussée et passéiste adressée au public, genre arrêtons la casse du service public, cachant mal le fait au nom de la défense d'une corporation attachée à ses habitudes, ses inventaires, son entretien, son petit travail tranquille le plus souvent isolé dans son coin et peu disponible à l'utilisateur, en dehors du repérage de référencement, alors qu'il s'agit d'améliorer la gestion de nos impôts en gagnant en efficacité.

Si je dis tout ça c'est parce que il me semble important de percevoir l'autre face des points de vue, au milieu il y a la confiance plus que limitée que l'on peut octroyer à des gens qui visent plus la gestion comptable que l'efficacité au service de l'usager et qui n'ont jamais su jusqu'à présent lier les deux.

C'est dommage, sinon on pourrait sans cette défiance tirée de maintes expériences malheureuses dire chiche sans réserves et applaudir des deux mains comme dans n'importe quel pays cherchant à se moderniser.

Comme quoi même après consultation trapide (néologisme inventée par moi pour cause de glissement clavier signifiant très rapide) des données internet sur ce genre de questions l'on peut ne pas avoir d'avis tranché sur cette question...et je ne crois pas qu'un livre papier ferait bouger d'un iota cette problématique. Quant aux scientifiques, inventeurs d'internet, ça fait bien longtemps qu'ils consultent les bases de données de leurs spécialités et publient souvent d'abord sur la toile, même si c'est c'est en accès payant.

Pour en finir les jeunes dès lors qu'on les cadre (informativement et techniquement), je parle d'expérience en tant qu'informaticien dans l'éducation avec un CDi qui lui aussi suit cette évolution, assimilent très vite.

19/03/2013, 18:26 | Par Catherine PETIT en réponse au commentaire de Lefrançois le 19/03/2013 à 09:30

Je voulais vous répondre juste sur deux points, brièvement :

          - vous avez tout à fait raison de vous poser la question des "learning centers" comme vous le faites, en milieu étudiant : c'est effectivement partout dans les universités que le problème se pose :  parce que c'est le public concerné, parce qu'il est censé être encadré, parce aussi il est censé savoir s'en servir (ce qui n'est malheureusement pas le cas, jusqu'en Master, je peux vous l'affirmer, ayant aussi travaillé en Bibliothèque universitaire, il y a du travail de formation à faire !)

           Ici il s'agit d'un public divers, dont certains au mot de learning center, totalement incompréhensible s'enfuieront en courant ; de plus il n'y a pour le moment aucune réflexion par rapport au lieu, et ce matin encore un des membres de l'encadrement affirmait "autoformation cela veut dire formation tout seul, il n'y aura pas besoin de personnel..." Or notre métier a toujours été un métier de médiation et de formation, et je peux vous assurer que le bilan des bibliothèques depuis 30 ans est très positif à ce sujet - pour ceux qui les fréquentent, ceux "qui ont tout ce qu'il faut à la maison" s'en sortiront toujours, alors pourquoi même un "learning center ?"

          - la deuxième remarque est sous forme de plaisanterie : vous défendez la modernité et vous avez bien raison. Mais vous avez une conception des bibliothécaires qui remonte au 19e siècle ! (leur petites habitudes, leur entretien, le petit travail tranquille isolé !!) 38 ans de pratique, je n'ai jamais eu une journée "tranquille".!!.. et pour ce qui est de la médiathèque en question, j'ai le souvenir de dimanches où nous étions debout en service public, 7 heures de rang, jamais assises. Mais peut-être ne connaissez vous qu'un certain type de bibliothèques ; allez dans votre bibliothèque de quartier -surtout si vous êtes en banlieue ou en province et vous verrez des bibliothécaires "disponibles à l'utilisateur" et qui proposent des films, des disques, des bases de données, un catalogue en ligne... depuis un certain temps déjà. Arrêtons les clichés stigmatisant des métiers, d'accord ? La pensée complexe c'est mieux.

Tout à fait d'accord pour les jeunes qui assimilent - c'est l'objectif de travailler pour eux.

Cordialement

 

 

 

20/03/2013, 08:38 | Par WataYaga en réponse au commentaire de Catherine PETIT le 19/03/2013 à 18:26

Il y a quelque chose qui me gène dans le terme de "learning center" : n'aurait-il pas un équivalent en français ? Quelque chose de plus attractif et explicite ? Sinon, effectivement, on voit tout de suite à qui cela s"adresse !

Par ailleurs, on parle souvent de l'informatisation des services comme d'un plus au niveau de l'accueil des publics : le personnel débarrassé de tâches matérielles chronophages deviendrait d'un coup de baguette magique disponible au public alors qu'il est évident dans bien des bibliothèques qu'il n'a ni formation ni compétence pour cela, en particulier en ce qui concerne les publics prétendus difficiles parce qu'ils ne se plient pas aux règles obsolètes de silence quasi religieux de ces temples du savoir. Mais, en dehors même de cela ce que l'on observe, c'est que l'informatisation en réalité sert de cache sexe à deux réalité beaucoup moins séduisantes bien qu'elles soient "modernes" : d'une part une volonté de faire disparaitre cet objet incontrôlable qu'est le livre papier (Internet ne restera pas "libre" bien longtemps, on sent déjà les prémices d'une reprise en main du style main de fer dans gant de velours) et d'autre part de faire des économies sur le personnel qui, finalement pourrait se cantonner au rôle de surveillant, ne contrôlant que le respect des règles d'utilisations des machines, surtout si des utilisateurs non conformes aux bonnes pratiques instituées viennent mettre leur grain de sable...

On a prétendu que les bibliothèques étaient faites pour les publics qui n'avaient pas accès au livre alors que l'on a institué des règles qui les excluaient de fait en raison de leur comportement inadapté (et ainsi on les a encore plus disqualifié et ce dès le plus jeune âge) et maintenant ces "learning center" ne m'inspirent pas plus de confiance...

Par ailleurs, je constate, à travers ce que vous écrivez, que les dispositifs sont mis en place d'en haut sans aucune concertation réelle avec les professionnel/les de terrain. Cela aussi est significatif du mode de fonctionnement "démocratique" de notre société : la démocratie étant l'apanage exclusif des "hautes sphères" les exécutants n'étant pas habilités à penser....

Newsletter