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Pina bellissima

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Toujours dans la discrétion et la délicatesse, Pina Bausch, la danseuse allemande, chorégraphe et metteur en scène la plus célèbre, nous aura surpris jusqu'au bout. Son départ précipité en ce mardi 30 juin 2009 nous laisse très sombres et abattus.

 

« Pina danse et je filme »

Vidéo : Extrait de Danzon (1995) filmé par Arnold Pasquier

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Comme dans un ballet de Pina Bausch

Texte Jean Guidoni - Musique Nicolas Deutsch

 

Dans le flot des voitures elle marche à contre sens
Sous la soie imprimée elle roule ses hanches
Elle s'arrête et se penche
Balance sa robe Garance
Je lui donne le premier rôle
Elle frôle mon épaule
Et glisse sous la pluie

Elle repart je reviens
Lentement elle avance
Tango Argentin retournement Cubain
Je repars elle revient
Lentement j'avance
Rumba désenchantée Cha cha Parisien

Sous le ciel de Paris nos pas sont incertains
Sa main touche mon front ma main touche ses reins
Qui des deux mène la danse ?
Froissé mon costume gris
Je n'ai pas trouvé mon rôle
Je frôle son épaule
Je plonge sous la pluie

Elle repart je reviens
Lentement elle avance
Tango Argentin retournement Cubain
Je repars elle revient
Lentement j'avance

Rumba désenchantée Cha cha Parisien

Elle tourne devant moi elle décroise ses bras
Paume contre paume sa joue contre ma joue

Puis soudain sans raison
Nos mains s'effacent pour ne pas
Surtout pas laisser de traces
Pas de deux qui s'ébauche
Comme dans un ballet de Pina Bausch

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Pina Bausch des images me reviennent, de robes longues fluides, satinées robes de bal, robes célestes et somptueuses, féminité,les cheveux qui ondulent, comme des algues, qui balancent au gré des mouvements de la tête doucement, lentement et soudain violemment, les corps qui se déhanchent sous les étoffes, les jambes que l'on devine et surtout chez Pina, ses bras, ces longs bras qui s‘élèvent comme des branches souples et graciles, qui tourbillonnent, la danse qui part de là , ce sont les bras qui entraînent le corps. qui étreignent, qui empoignent qui rejettent, lors de ces étreintes des rapports féminin masculin, violents tourmentés, les courses effrénées, jusqu'à l'hystérie, virtuosité , jeu de séduction, parfois, les cris les râles , le chant, les fou rire, les effondrements soudains et le silence fait place à l'intériorité. C'est cette théâtralité que j'aime chez Pina, ces contrastes.

 

Inspirée par ces souvenirs d'enfance où dans l'hôtel tenu par ses parents, Pina restait sous une table du bistrot à observer les personnes adultes, elle créa ce Café Muller crée en 1978.

 

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Plus tard au seuil des années 90, au cours de ses tournées internationales, Pina va chercher l'inspiration dans ces villes où elle reste en résidence. Rome, Budapest , Istanbul, Tokyo. Ces immersions stimulent sa créativité, l'ambiance s'éclaircie et ces pièces se font alors cabaret contemporain, il s'y déroulent en alternance, avec ivresse, des scénettes théâtrales et de sublimes solos dansés. Les artistes provocants, et séducteurs, proches du public le prennent à parti. Il se dégage tant de fougue et de vie que l'on aimerait s'y précipiter.

 

Pina Bausch et sa compagnie passèrent trois semaines à Hong-Kong pour y recueillir des impressions. A Wuppertal, travaillées sur scènes, répétées, celles-ci deviendraient la pièce qui fut, en mars 1997, l'apogée du festival de Hong-Kong et qui, selon un article de journal, apprit aux habitants à regarder différemment leur ville. Après Rome, Palerme, Madrid, Vienne et Los Angeles,Le Laveur de vitres est la sixième coproduction du Tanztheater de Wuppertal. Elle a une signification particulière et pas seulement parce qu'elle implique l'opposition, la confrontation avec une culture tout à fait différente. Elle est née au moment de la cession à la Chine de la colonie anglaise, un événement qui disparut aussi vite de la conscience générale que des actualités télévisées.
Le Laveur de vitres est donc une pièce historique. Mais Pina Bausch ne fait pas pour autant référence de manière concrète aux faits politiques, à leurs répercussions possibles, à l'événement même. Le Laveur de vitres évolue dans une sphère beaucoup plus insaisissable. Dès la première image, on y reconnaît tous les clichés diffusés par les médias, le technicolor chamarré des films de série B et de publicité, le déchaînement du commerce, mais aussi la froideur apparente, la futilité des relations, une trivialité qui frappe un regard hâtif. Sous la surface glamour, le spectateur est invité à voir quelque chose de plus. (Ce qui est d'abord difficile parce que le décor époustouflant de Peter Pabst, une montagne de fleurs rouge vif, capte dans un premier temps, l'attention.) Mais, sous la couche de verre froide, on peut, comme dans toutes les pièces de Pina Bausch, découvrir ce qui rassemble les êtres humains de notre temps, ce qui les unit par delà les barrières sociales et les différences culturelles.

Eva Elisabeth Fischer, traduction Anne-Marie Bigorne (Extrait du Journal du Théâtre de la Ville)

 

Der Fensterputzer Le Laveur de vitre, fut présenté dans la cour d'honneur du Palais des Papes à Avignon

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Pina Bausch de son vrai prénom Philippina, est née à Solingen près de Wuppertal en Allemagne.

Elle commence ses études à 14 ans à la Folkwang Hochschule à Essen sous la direction de Kurt Jooss.

En 1962 elle part aux Etats-Unis avec une bourse, elle est engagée au New American Ballet et au Metropolitan Opera de New York.

elle est invitée à revenir en Allemagne pour participer au Folkwang-Balletts, que vient de fonder Kurt Jooss. E

En 1968,elle crée sa première chorégraphie Fragments sur une musique Béla Bartok pour le répertoire du Folkwang-Balletts (appelé plus tard Folkwang Tanz-studio), dont elle prend la direction artistique un an plus tard.

 

 

En 1973, elle fonde le Tanztheater Wuppertal et avec cette compagnie elle crée de nombreuses chorégraphies.

 

Nelken (1982)

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Août 2002, elle crée Néfes (souffle, respiration)trois semaines d'immersion à Istanbul, suivi du traditionnel compte rendu des danseurs sur le plateau. Souvenirs, sensations, les interprètes improvisent jusqu'à ce qu'il émmerge quelque chose d'eux même qui restera.

Musique de tous les coins du monde, décor dépouillé, au centre l'eau sort du plateau,solos multiples.

On devine dans Nefes sans pouvoir l'expliquer, une menace, une inquiétude. Est-ce la peur d'une secousse tellurique ou les échos de la guerre en Irak que la compagnie percevait là-bas, à l'été 2002? En tout cas, cette fragilité magnifie le spectacle.

 

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En 2004 Elle reçoit le Prix Nijinski.

 

 

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Pina impératrice et souveraine  

Je te prends dans mes bras

Nous ne te perdons pas tout à fait

Tu éclabousse et fait vibrer nos mémoires,

mémoires de peaux de chair de sang

on te transporte dans nos corps

 

Quand demain le chagrin sera apaisé

Il fera bon penser à toi et... danser

Pina je te prends dans mes bras

et c'est bien cela l'essentiel Pina tu ne meurs pas

tu habite nos gestes et nous parlerons ainsi toujours de toi

et avec toi.

 

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Wim Wenders préparait Pina, une fiction autour de Pina Bausch, un projet audacieux pour lequel la chorégraphe devait créer plusieurs ballets. Le principe n'étant pas de faire un film sur des numéros dansés mais de mettre en avant les nouvelles techniques de relief, Pina devant être intégralement tourné en 3D.

 

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Photo von Elena Garino

 

Pour mémoire: En juillet 1998, Libération avait réuni le compositeur français contemporain Pierre Boulez et la chorégraphe allemande Pina Bausch pour dialoguer autour de «Barbe Bleue».


Tous les commentaires

Adieu madame Bausch...

Pina Bausch... Souvenir... Ou était-ce un rêve? J'étais cet homme qui pleurait doucement, en regardant une représentation de "Café Müller", ce si beau passage de "Hable con ella"... Cette musique et cette vision m'ont poursuivies pendant longtemps, et résonnent encore... Danz... ce mot, en allemand... Pina Bausch a révélé quelque chose de l'Allemagne que l'on avait fini par oublier. Mais Pina est quelqu'un de bien plus que cela... Son image révèle quelque chose de je ne sais quoi, et de presque tout: élégance. Simple, aisé et naturel...

Très beau ce commentaire Pierre, comme une touchante "petite mémoire"

De la magnificence, merci Cendrine.

Et de la poésie.

Merci pour vos regards et écoutes conjugués, Cendrine et Stéphanie.

Merci Cendrine Cazenave, je mets votre billet dans mes favoris.

Merci Joha, c'est adorable de dire çà. C'est tellement agréable cette petite moisson des commentaires merci à vous tous pour ces petites empreintes. et à Patrice de créer le lien.

Je garde une impression très marquante du premier spectacle de Pina Bausch, auquel j'ai assisté dans les années 90 au Théâtre de la Ville : de la joie, du jeu (avec l'eau, avec le public, entre les danseurs...) et aussi une grâce et une délicatesse de la danse... C'était alors de la dans contemporaine d'un genre nouveau, pour moi. Puis j'ai vu Der Fensterputzer, Masurca Fogo, Wiesenland... Mais je n'ai que très rarement (jamais ?) lu que l'on pouvait éprouver une certaine lassitude devant toutes les créations des années 1990 et 2000 (celles qui ont été, le plus souvent, le fruit de résidences à l'étranger). Je ne mets pas en doute que l'on puisse rester éternellement sous le charme des pièces de Pina Bausch, mais il me paraît aussi assez évident que la scénographie, la structure, la musique, les numéros de cabaret, les costumes, l'incarnation de la Femme, tout cela se répétait assez largement d'une pièce à l'autre. On reprochait beaucoup à Marguerite Duras de "faire du Duras", je n'ai jamais entendu ce reproche fait à Pina bausch. Certes, il est aussi tout à fait respectable de creuser un sillon et de s'y tenir sur plusieurs années, mais en comparaison, le travail d'Anne Teresa de Keersmaeker sur la même période est incroyable d'invention, de recherche, de diversité, tout en gardant une cohérence d'ensemble (l'anniversaire de la compagnie Rosas et le medley de reprises était à ce titre édifiant). J'ai aussi eu l'occasion de voir Cafe Muller et une reprise de Bandoneon sur scène. Tout était déjà là, il me semble. Mais je connais moins la période 70-80. Il faut aussi que je trouve un moyen de voir le Sacre du printemps. Le prochain Video Danse peut-être ?

@seob6473 merci déjà pour votre long commentaire.Votre remarque est juste et l'on pourrait dire cela de la plupart des "chorégraphes visibles", prisonniers de cette visibilité , c'est déjà tellement miraculeux d'en arriver là, surtout pour les chorégraphes.. (les exceptions existent cependant) mais l'instant est particulier, c'est un hommage où l'on a envie de parler de ce qu'on aime, de ce qui vibrera toujours, justement de ce qui va rester, de quoi sera faite cette empreinte. et aussi une grâce et une délicatesse de la danse... C'était alors de la dans contemporaine d'un genre nouveau, pour moi. vous l'évoquez vous même, et même si comme vous, j'ai pu me lasser, on s'attache aussi à une personnalité, je suis "proche" du milieu de la danse et cette façon dont elle est partie nous parle d'elle aussi. Vidéo danse est un moment parfait pour voir, revoir, s'immerger dans le domaine, c'est à l'automne il me semble cette année?

oui (fin octobre à fin novembre), à Beaubourg. Et il y a aussi parfois des film de danse dans Musica, sur Arte le dimanche vers 19h. Ce dimanche, hommage à Pina Bausch. Je me souviens de sa bouleversante mise en scène chorégraphiée de l'opera "Orphée & Eurydice", de Glück, retransmise l'année dernière depuis l'Opera Garnier. L'élégance et l'émotion viscérales, l'Opera et son Ballet, en symbiose.

Merci Stephanie pour ces infos. Au passage avez vous vu Anna Teressa de Keersmaeker au Théâtre de la Ville Keeping still? j'aimerais beaucoup entendre un écho de votre part. Un petit billet? Vous auriez au moins 2 lecteurs, le commentateur avant vous semble aussi beaucoup l'apprécier ;)

Merci Cendrine pour ce bel hommage mérité à Madame Pina Bausch. Bien à vous.

Pas vu, malheureusement, pas de petit billet, sur ce spectacle en tout cas. Définitivement admiratrice de ces 2 chorégraphes dont les univers ont des points communs (le féminin, la masculin et leurs relations). Il y a quelque chose de plus cérébral chez ATDK mais aussi élégant ; "une beauté hiératique et un érotisme froid", comme avait écrit un journaliste il y a quelques années pendant le Festival de Marseille. Après il est difficile d'écrire et de nommer ce qui, dans toutes leurs créations, parle aussi directement et profondément à l'intime. En ce qui concerne le fait de "creuser un sillon", j'ai entendu exactement la même chose à propos des oeuvres de Ann-Teresa De Keersmaeker, que j'ai eu la chance de découvrir en travaillant quelques années à la Monnaie, où Rosas était en résidence. C'est l'idée du renouvellement et de l'évolution dans le sillon qui est intéressante. Bonne soirée ;-)

Bonjour Stéphanie :) quelque chose de plus cérébral je ne sais pas , quelque chose de plus distancié chez cette "...Flamande cinglante. Aux déplacements tranchants. Comme un couteau. Avec étonnement comme si elle ne savait pas ce qu'elle faisait...", tiré de ce livre indispensable Rosas que vous avez sûrement, qui dresse le portrait de 20 ans de travail de la chorégraphe et de sa Cie. Pas de billet...sur ce spectacle en tout cas. j'aimerais beaucoup lire vos mots sur ce travail en résidence. creuser un sillon il s'agit bien de çà et de sa profondeur. Pour en revenir à Pina Bausch j'ai trouvé sur un blog de Médiapart un lien vers le dossier d'un Hommage rendu à Pina B sur France Culture, avec les hommages entre autre de Sasha Waltz, intéressant cela donne un bon aperçu du travail de la Chorégraphe. avec un extrait d' "Orphée et Eurydice" ;) Comme ces blogs sont aussi des petites mémoires je le copie ici http://www.mediapart.fr/club/blog/ecopedia/050709/la-danse-la-radio-pina-bausch Et pour finir à propos de Vidéo Danse j'ai trouvé le programme de 2001 excellent! dont voici un extrait, qui renseigne sur un aspect du travail de Pina Bausch corps et politique, la danse en Allemagne "Les nouvelles conceptions de la danse et du mouvement issues des avant-gardes des années 30 sont traversées par la montée du nazisme et la Seconde Guerre mondiale. Une histoire des corps qui est marquée par une profonde rupture et qui ne reprendra véritablement son cours qu'à partir des années 70. À quels types de représentations les chorégraphes allemands héritiers de ce parcours, se sont-ils confrontés, comment l'interrogent-ils aujourd'hui ?" 14h00 La Montagne de la Vérité, 52' 14h50 Kurt Jooss, 42' 15h40 La Table verte, Kurt Jooss, 30' 16h10 Tanzerische Pantominen, Valeska Gert, 3' 16h15 Le Danseur rouge, Jean Weidt, 54' 17h10 1980, une pièce de Pina Bausch, 155' 19h45 Körper, Sasha Waltz, 61' Je mets aussi le lien car ce programme donne une bonne idée de la façon dont la danse s'inscrit dans le paysage culturel http://www.centre-pompidou.net/Pompidou/Manifs.nsf/2f6d2a49fa88f902c1256da5005ef33f/629ca727a62fbdddc12569b4003512d5!OpenDocument Bon Dimanche! ;o)

C'est l'extrait de Cerbère, le chien à trois têtes interprêté par trois danseurs. Un autre extrait, si beau : che faro senza Euridice/j'ai perdu mon Eurydice (http://www.youtube.com/watch?v=swZDD3uVQIc). Orphée et Euridice, incarnés chacun par un chanteur et un danseur, ensemble.

Merci Stéphanie pour ce lien ...douceur de l'après midi, découvrir ces commentaires et ces liens. J'ai lu que le soir du 30 mai dernier lors de sa représentation au Théâtre de la Ville, Anna Thérèsa dK, s'est adressée à l'âme de Pina Bausch et a dansé pour elle un bouleversant solo.

ARTE, le dimanche 5 juillet nous a offert la redifusion de l'Orphée et Eurydice de Gluck, dans la mise en scène de Pina, enregistré en février 2008 au palais Garnier: un très grand moment de bonheur, dans une harmonie parfaite de la musique, des voix et des corps. Inoubliable! Une fois de plus, merci ARTE! http://www.arte.tv/fr/2734822.html

Merci et heureuse surprise de votre visite, sur ce fil M Philips, j'ignorais que vous appréciez Pina Bausch. :) Pour vous ce lien d'un extrait du "sacre du Printemps" une vision violente et rude de la chorégraphe des rapports masculin féminin, à regarder depuis le calme de vos Cévennes. ;) http://www.youtube.com/watch?v=KXVuVQuMvgA Je profite, toujours en hommage à Pina, pour reproduire un article tiré du Nouvel Obs. Au Festival d’Avignon, le 7 juillet à 22h, l’ouverture du Festival d’Avignon se fera à la carrière de Boulbon avec la création du spectacle du cinéaste Amos Gitaï, « La Guerre des fils de lumière contre les fils des ténèbres », adaptation théâtrale du texte de l’historien antique Flavius Josèphe, « la Guerre des Juifs ». A cette occasion, Amos Gitaï, qui fut un ami cher à Pina Bausch, fera à son tour observer une minute de silence à sa mémoire. « Pina Bausch, comme Fassbinder, confie Amos Gitaï, sont pour moi les deux grandes figures de la culture allemande qui ont su créer une continuité entre la grande époque artistique de la République de Weimar et le temps présent, qui ont permis à l’Allemagne de renouer avec son grand passé culturel anéanti par la barbarie nazie ». Cet hommage d’Amos Gitaï et du Festival d’Avignon remettra en mémoire à beaucoup l’une des grandes époques du Festival, cette année 1981 où les spectateurs médusés et bouleversés découvraient « Kontakthof » et « 1980 » dans l’écrasante chaleur du théâtre municipal. C’est avec ces représentations qui stupéfièrent un public lettré et cultivé, un public de théâtre, et qui eurent bien plus d’impact que les premiers spectacles au Théâtre de la Ville en 1979 (avec ces chefs d’œuvre que sont « Barbe Bleue » et « Les Sept Péchés capitaux ») ou lors du Festival de Nancy en 1980, avec « Café Müller », que les Français comprirent que l’on découvrait une artiste de génie. " Un extrait de "Barbe Bleu" http://www.youtube.com/watch?v=am04SPgbHB4&feature=related

Cendrine, Je ne connaissais Pina que de nom, l'ai vraiment découverte en regardant ARTE, ai vraiment beaucoup aimé! Mais j'aime la danse, ai été plusieurs fois au festival de Montpellier! Bien sûr, mon grand repère, c'est Béjart dont j'ai vu quasi tous les ballets à Bruxelles, quand il y était (ça ne nous rajeunit pas!)! J'ai vu, dans ce cadre, bien sûr, sa fabuleuse chorégraphie du Sacre du printemps: un moment qu'on oublie pas! Pina, Maurice, deux chorégraphies différentes, mais un même amour de la danse!Quels merveilleux donneurs de bonheur! http://www.youtube.com/watch?v=UZL4PsV0eh0

M Philips bonjour :) Le sacre du printemps, un mot me vient, puissance! et cette musique de Stravinsky, comme le battement d'un cœur, oui Béjart, "l'oiseau de feu", "le boléro" un révolutionnaire à son époque ,dans la filiation du néoclassique... de Diaghilev et de Balanchine, conception de la danse, qui brise les lignes dans tous les sens du termes, justement... On dit qu'Angelin Preljocaj, chorégraphe contemporain, se rapproche de ce style, je pense que cela vous plairait, il a fait son "sacre du printemps" au début de ce siècle...Il présentait un solo cette année au festival de Montpellier, (que vous évoquiez ) Pour en revenir à Béjart, sa première chorégraphie , je crois, il n'a pas 30 ans "le marteau sans maitre", inspiré de textes de René Char, musique de Pierre Boulez. une œuvre abstraite fondée sur les rapports entre la partition musicale et le mouvement. Je joins pour vous, deux liens le premier où l' on voit Béjart en répétition d'un duo avec son lumineux danseur Jorge Donn, et la gracile et émouvante Rita Poelvoorde, le deuxième étant le duo dansé. Magnifiques documents. http://www.youtube.com/watch?v=FWT8l7b3rv8 http://www.youtube.com/watch?v=r7Vc_mo_dqE&NR=1 Bien à vous.

C'est assez merveilleux de pouvoir ainsi, si facilement, avoir accès à l'intimité des répétitions: une chose inimaginable pour moi, il y a encore quelques années! Vive le Net! Sait-on quels étaient les liens qui existaient entre Béjart de Bausch? Se rencontraient-ils parfois? Quelle formidable documentaire cela aurait été, Maurice et Pina autour d'une tasse de café, à dialoguer (un peu comme la rencontre Brel, Ferré et Brassens!)! La danse, comme la peinture ou la musique nous touche directement au plus profond de nous-même, sans passer par ces neurones de la raison: vive l'Art!

Je reviens sur ce fil à l'occasion de la sortie du dernier numéro des Inrocks (page 68 du numéro avec Jacques Audiard en couv), qui sort avec retard une critique de la dernière création de Anne Teresa de Keersmaeker "The song", donnée au Théâtre de la Ville en juin 2009.

J'ai assisté à cette représentatione et, sans éxagérer, mon impression a été d'assister à un moment historique de la danse contemporaine.

Comme d'habitude, ATdK suit son chemin, cherche, trouve, se renouvelle ou pas... Mais là, c'est bien plus.

Elle nous présente une sorte d'essence de danse contemporaine : le mouvement, l'occupation de l'espace, la présence des danseurs et "musiciens" (en l'occurence, une bruiteuse extraordinaire qui bruite la danse, en mangeant des yeux les interprètes), la communication entre tous.

Il faut aussi noter la rusticité du décor et de la lumière, qui sont d'une efficacité redoutable (et même aveuglante, vers la fin...) : un gros projecteur en avant scène qui éclaire crument les danseurs et une immense feuille métalisée produisant une irisation de la lumière.

Les prochaines représentations sont à Berlin, Bruxelles ou Mulhouse. Ce ne sera pas forcément facile, mais si vous en avez l'occasion,...

Et puis aussi, 2 reprises au Théâtre de la Ville en octobre : Zeitung (2008, musique Bach et Webern), Rosas danst Rosas (1983, musique Thierry de Mey).

Et aussi merci pour ce blog, fruit d'une passion...

Merci vraiment pour ces retours!

@pmabeche n'hésitez pas à être prolixe.. comme vous savez l'être! ;)

@seob6473 vous parlez de passion ...mais vous m^me pour cette chorégraphe et son travail ...et j'apprécie énormément que vous me fassiez ainsi participer à cet enthousiasme, avec vos propres mots.

Ces blogs sont (devraient être) là pour çà!

Espaces d'échanges et de partages de confrontation, dans le "bon sens" du terme :)

J'ai vu effectivement cette programation...j'irai sans doute, je n'ai pas vu Zeitung.

Une nouvelle occasion,donc, pour échanger..

 

Non, je n'y connais rien, la lèvre inférieure m'en tombe c'est tout, et à mon âge ...

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Vraiment MERCI! matou40

...

Il faudrait le placer juste sous le texte

 

 

Merci @Bernard Colin pour votre passage et ce commentaire.

Je me souviens quand j'ai appris au téléphone la disparition de Pina B, j'étais derrière l'Opéra de Paris...j'étais assommée. Dans le métro j'ai commencé à écrire et je me faisais "un devoir" d'écrire le jour même un hommage sur ce blog, comme une mémoire et du coup cette écriture fut comme un "travail de deuil"

et cela ne m'a amené que de bonnes choses.

alors votre commentaire me touche particulièrement.

Pina Baush est éternelle.

Matou40 si vous m'entendez pouvez redescendre votre joli lien? :)

Merci.

Merci Matou 40 :)

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