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"L'Europe on la change ou on la quitte ?"

"L'Europe on la change ou on la quitte ?"

Christian CAUSSE et Christian DELARUE

Plus que jamais la question se pose car une nouvelle attaque par les capitalistes, organisés au sein de l'Union Européenne, contre les peuples-classe est annoncée. On en finit pas.

Ce n'est pas que l'on refuse l'Europe, c'est son contenu qui fait de plus en plus problème. L'Europe, l'Europe, l'Europe a définitivement fait son temps. On peut même dire que ce slogan d'une vacuité sidérante cachant des politiques cyniques et réactionnaires n'est pas pour rien avec la montée de l'extrême-droite en France ou ailleurs.

Pendant des années, la droite et la gauche modérée (PS) au sein de l'Union européenne ne trouvent rien moins que se mettre "en acte" du côté des actionnaires et des riches contre les couches populaires. Cela se poursuit avec le second cycle de la Stratégie de Lisbonne (1) et son axe annoncé récemment : la « modération salariale » (c'est à dire la baisse des salaires) tant dans le privé que dans le public. Cela concerne aussi les retraités. C'est insupportable ! Totalement insupportable !

Que disent les socialistes sur ces questions ? Rien. A l'exception d'un courant très minoritaire . Au niveau médiatique, celui vu par des millions de personnes, ils continuent la guerre interne pour savoir qui des chefs de courants (M Aubry, DSK, S Royal) va l'emporter pour la représentation du PS en 2012. Marianne (n°725) le déplore et sonne le tocsin en faveur d'un front républicain derrière un socialiste. En fait sous couvert de "séisme Marine Le Pen" Marianne propose d'accepter l'Europe de l'austérité et une politique de "chèque en blanc" au PS. Un encat complète le tout avec "Daniel Cohn-Bendit dsant "Je militerais pour qu'il n'y ait pas de candidat écologiste". Jean-Luc Mélenchon est cité pour son mépris des sondages. Or Marianne prend ce sondage au sérieux . La menace d'extrême-droite est là il est vrai. Les chiffres c'est autre chose. Bref, de l'artillerie lourde. Mais la réponse n'est pas un front républicain vide d'une République sociale. Car on peine à lire, c'est peu de le dire, la République sociale derrière le DSK-FMI . Un appel en remake de 2002 a fort peu de chance de fonctionner à plein. Un PS comme un Chirac de 2002, cela ne marchera pas. On a donné et on a vu. La casse sociale s'est poursuivie et la déliquescence démocratique aussi. Et l'écologie a été soumise aux diktats de la finance.

Christian Piquet dans une chronique récente (2) abonde en ce sens : "Tout cela se prolongerait de la dépossession des Parlements nationaux, lesquels ne pourraient se prononcer sur les budgets qu’une fois la Commission européenne saisie et en ayant validé les lignes directrices. Pour parler clair, la dislocation orchestrée des systèmes sociaux en vigueur dans les différentes nations se conjugueraient avec une entreprise vidant de toute réalité la souveraineté dont les peuples disposent théoriquement grâce à leurs suffrages." Plus loin il ajoute : "Comment, lorsque l’on est de gauche, laisser passer régression d’une semblable ampleur ? À moins, bien sûr, de se résigner demain à voir s’enchaîner les poussées d’ultradroites xénophobes et fascisantes sur l’ensemble du continent…"

Nous sommes d'accord sur ce point : Il faut changer le contenu des politiques européennes pour la santé des peuples-classe et pour repousser le FN. La question qui suit est : qui se propose de le faire ? Le PS ? Je n'ai rien lu de tel . Le Front de gauche ? Sans doute. Le NPA ? Aussi. Cela ne parait pas suffire car il ne s'agit pas d'un changement au plan national mais au niveau continental. A ce niveau, les forces sociales du changement sont faibles tant syndicalement, que socialement (altermondialisme) et politiquement. Il faudrait sinon 27 Etats du moins une convergence "menaçante" de trois ou quatre Etats pour y parvenir . Mais les Etats les plus soumis par les diktats de la finance prèfèrent s'en prendre à leur peuple.Et çà, les électeurs le savent.

La question de la deconnexion au moins sectorielle mérite d'être évoquée dans une perspective internationaliste c'est à dire d'une part en maintenant une perspective d'une autre europe sociale, écologique, démocratique (en interne) et d'autre part en engageant d'autres relations avec le Sud notamment avec les pays ACP. Par ailleurs, des nationalisations de certaines banques s'imposent, en lien avec la création d'un pôle public bancaire autour de la CDC, afin d'être en capacité de réorienter les flux monétaires vers la production plutôt que vers la finance et la spéculation.

Christian CAUSSE et Christian DELARUE

1) 2010 : Sortir de la stratégie de Lisbonne et refuser "Europe 2020"
http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1343

2) La nouvelle bataille pour l'Europe
http://blog.christian-picquet.fr/post/2011/03/12/La-nouvelle-bataille-pour-l-Europe2

Tous les commentaires

Sans hésitation : on la quitte !

Voir les édifiantes conférences de François Asselineau !

Réponse: ON SE TAILLE! On a fait la révolution en 1789, et il est nécessaire de s'y remettre l'année prochaine. D'autres pays suivront, et les nations euro-libérées ne subiront plus le joug de l'euro-pourriture et des internationalistes néo-capitalo et ultra-lib. Bref; des NEO CONS.

Alors, soyons patients: A partir de 1789, il a fallu attendre 1870 pour avoir une république stable (la 3ème) et entre deux on s'est enfilé le consulat, l'empire et la restauration.

Avant de songer à la révolution, il vaudrait mieux s'employer à construire un système politique alternatif capable de consolider une autre société pour remplacer celle qu'on aura mis en l'air... sinon, comme en Tunisie, on sera navré de s'apercevoir que les militaires ou les barbus, mieux organisés, occupent déja la place. Mais je suis d'accord, au boulot, pas pour rèver de révolution, mais pour la préparer en réhabilitant la démocratie et l'esprit citoyen .

 

 

Une petit supplément prouvant que les eurokraturistes UMPSEV nous ont délibérément trahis, et continuent de le faire:

au sommet européen du 11 pars, Olli REHN, salopard de commissaire politique aux affaires éco, a déclaré: " Si nous décevons les marchés financiers, cela nous coûtera cher."

Donc, on peut sans aucun problème décevoir les populations, mais surtout pas les fricnanciers.

Merci aux pourris de l'UMPSEV.

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