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Un plébiscite pour un examen d'entrée en sixième?
Selon un sondage CSA commandité par le journal La Croix et l'APEL, près des trois quarts des Français interrogés (et près des deux tiers des parents d'élèves) se déclarent d'accord avec la proposition: «instaurer un examen d'entrée au collège afin de s'assurer que les élèves qui y entrent ont bien acquis les fondamentaux: lire, écrire, compter».
C'est Jean-François Copé qui va être content ! Dans le journal « Le Parisien » du 24 octobre dernier, il avait en effet annoncé qu'il voulait « défendre une idée forte : l'entrée au collège ne doit se faire que pour l'enfant qui maîtrise les savoirs fondamentaux ; mon idée est de créer un examen de fin de CM2, d'évaluation des enfants. Ce serait un examen de passage en sixième ».
Dans le sondage CSA effectué à partir d'un « échantillon national représentatif de 1004 personnes âgées de 18 ans et plus », 46% des Français interrogés se déclarent « tout à fait d'accord » avec la proposition d'instaurer un examen d'entrée au collège, 27% « plutôt d'accord », 11% « plutôt pas d'accord » et 15% « pas d'accord du tout ».
Il est non moins remarquable que « la proximité politique » déclarée des sondés ne semble jouer qu'un rôle très faible dans leurs réponses ( à l'exception, toute relative néanmoins, des « Verts/ Europe Ecologie », qui se divisent ‘'presque'' moitié -moitié sur cette question : 55% « d'accord » et « 45% « pas d'accord » ) : les sondés ‘'PS'' sont très majoritairement « d'accord » à 71%, ainsi que les ‘'UMP'' à 72% ; et les sondés dits ‘'Extrême gauche'' apparaissent très massivement « d'accord » ( 83% ) ainsi que ceux dits ‘'Front national'' ( 87% « d'accord » ).
Mais une autre opinion est encore plus massivement partagée parmi les différentes ‘'sensibilités politiques'' déclarées , à savoir la proposition : « Un collégien devrait pouvoir suivre un cours de troisième en maths et un cours de cinquième en français si cela reflète vraiment son niveau dans chacune des matières ».
Toutes catégories confondues, 68% des Français se disent « d'accord » avec cette proposition, contre 29% qui se déclarent « pas d'accord » ( 32% « tout à fait d'accord », 36% « plutôt d'accord », 15% « plutôt pas d'accord », et 14% « pas d'accord du tout » ).
Pour cette proposition, l'ampleur des écarts des différentes ‘'sensibilités politiques'' entre elles ne dépassent pas quelques points de pourcentage, sans plus. Et, là, les « Verts/Europe Ecologie » ne se distinguent pas particulièrement des autres ( 63% « d'accord » et 32% « pas d'accord » ).
A ce sujet, on se souvient peut-être que, sous le premier septennat de François Mitterrand, Louis Legrand ( qui avait été le maître d'œuvre de la recherche menée durant les années soixante-dix dans les ‘'collèges expérimentaux'' ), avait préconisé une autre organisation du collège dans son rapport «Pour un collège démocratique » ( remis en décembre 1982 au ministre Alain Savary ). L'organisation en classes devait céder le pas à une organisation en « ensembles » de 104 élèves maximum, comportant des « divisions de base » de 26 élèves chacune. Les professeurs affectés à un ensemble devaient former une équipe pédagogique et décider, après un temps d'observation, « la constitution de divisions homogènes par matière ». Ce devaient être des « groupes de niveau » en français, mathématiques, langues vivantes. Cette recommandation avait alors été jugée potentiellement explosive, et rien de décisif n'avait finalement été décidé en la matière. Mais cela peut venir désormais à l'ordre du jour, sous une forme ou une autre.
D'autant que la fixation sur la fin de l'élémentaire et le blocage éventuel en classe de CM2 si l'on décidait la mise en place effective d'un examen de passage en sixième ( que ferait-t-on en effet de ceux qui ne passent pas ? changeraient-ils tous ‘'miraculeusement'' en redoublant d'un an, et justement à ce moment là ? ) invite en réalité à la créativité et à la nouveauté en aval, mais aussi et surtout en amont.
Ces derniers temps, on a enfin pris conscience qu'il était pour le moins étrange que le coût, en France, de l'élève de l'école élémentaire, soit inférieur de 15% à celui de la moyenne des pays de l'OCDE ; tandis que celui des lycées est, lui, supérieur de plus de 15% à cette même moyenne. Certes, les choix budgétaires ne sont pas tout. Mais ils sont significatifs de toute une orientation qui n'a pas jusqu'ici porté en premier lieu son attention sur l'enseignement primaire, loin s'en faut...
On peut sans doute lire comme un signe annonciateur de temps nouveaux, la partie du projet de programme actuel du PS qui déclare que « l'école primaire est nettement sous-dotée. C'est pourtant là qu'il faut intervenir pour combattre l'échec scolaire, là que les inégalités se créent et peuvent être résorbées. C'est donc là qu'il faut concentrer les moyens, en particulier sur le premier cycle des apprentissages [ ...]. Cela nécessite un engagement particulier : refonte des programmes et de leurs évaluations, classes à effectifs restreints là où cela sera nécessaire, renfort éventuel d'un deuxième professeur dans certaines classes pour personnaliser l'enseignement ».
In fine, dans la situation que nous connaissons ( plus que mouvante, à bien des égards...) pourquoi ne pas reprendre un slogan bien connu : « ce n'est qu'un début, continuons le combat !».


Tous les commentaires
Je ne vois pas bien l'intérêt d'un test de fin de primaire. Les enfants sont testés tous les ans dès leur première année de maternelle. Attendre qu'ils soient en dernière année pour les recaler est donc stupide. Si l'on veut établir ce genre de choses, autant rétablir intégralement le redoublement; ça fera davantage de sens.
En tous cas, avec ce genre d'examens, on n'a pas fini de voir chez nos petits la boule au ventre le matin pour aller à l'école... pression pression...
Merci pour cet article. Sonder la population sur tout et n'importe quoi devient ridicule. Est-ce qu'on demande l'avis de la population sur l'opportunité d'amputer ou non un patient diabétique? Je caricature bien sûr ... mais quel sens cela a -t-il d'interroger des gens qui ne connaissent rien à la pédagogie? Un examen, quelle absurdité ! Que fait-on du "rebut"??? On ferait mieux de rétablir une véritable formation pour les maîtres et de donner de vrais moyens de remédiation etc....
Ras le bol de ces sondages où on demande n'importe quoi à n'importe qui, mais surtout pas aux gens qualifiés pour en parler, à savoir les enseignants pour commencer!Et quelle mesure populiste et idiote cet examen ! C'est sur, ça coûte pas un rond, la seule question c'est de savoir ce qu'on fait des reclés! Détail? Et on pense sûrement que la peur de l'examen va "réveiller" les "mauvais" élèves! C'est vraiment ne rien comprendre à l'échec scolaire. Moi qui ai enseigné une douzaine d'années en CM2, je peux vous dire que la difficulté scolaire est autrement plus complexe que ça! Mais M.Sarkozy et sa clique ne supportent pas la complexité de la nature humaine, que ce soit à l'école ou à la justice. Evaluation, sanction, résultats chiffrés c'est tout ce qu'ils connaissent! Je n'attends rien de ces gens là; ils sont entrain de détruire l'Ecole publique et ils amusent la galerie avec ce genre de propositon!
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Comment ne pas fabriquer de l'échec et des mises en échec dès les premiers âges de la scolarité ? Voilà une question qu'il serait intéressant de poser aux Français en leur laissant tout le temps qu'il faut pour élaborer leur réponse.
Je vais sans doute à nouveau heurter les anti américanistes primaires mais la recherche pédagogique me semble plus foisonnante et ouverte outre atlantique qu'n France. Ainsi, s'y teste depuis quelque temps, une approche totalement nouvelle de l'enseignement : l'enfant (je dis l'enfant et non l'élève car on a souvent tendance à oublier en France que derrière l'élève il y a un enfant.... si si !!) s'imprègne du nouveau cours via un enseignant virtuel, sur ordinateur. Il a ainsi la possibilité d'arrêter le cours à tout moment et de revenir en arrière le cas échéant.
Le lendemain, les "devoirs" sont par contre encadrés par l'enseignant physique, en classe, qui, à cette occasion, à toute latitude pour vérifier les acquis et se consacrer essentiellement à ceux qui en ont le plus besoin.
Evidemment, on bannit controles et notes, qui comme le démontre assez bien l'observation de nombre de pays, notamment anglos saxons et nordiques, sont contre productifs si ce n'est à rassurer ou angoisser parents et enfants.
Désolée, j'ai été cet été chez des cousins habitant New York. Ce que vivaient leurs enfants est très différent. Par ailleurs, je regarde régulièrement les séries américaines et je suis très attentive aux passages dans une salle de cours : rien à voir avec ce que vous racontez. Je suis absolu convaincu, que ce que vous racontez est réellement testé. Cependant savez-vous, qu'en pédagogie, toutes les expériences, même les plus saugrenues, fonctionnent ? Elles sont réalisées avec des enfants flattés d'avoir été choisis, des parents acceptant de collaborer et des profs volontaires et donc ayant généralement une capacité d'empathie très supérieure à la moyenne. Conclusion : Effet Hawthorne + sélection des participants.
"Cependant savez-vous, qu'en pédagogie, toutes les expériences, même les plus saugrenues, fonctionnent ? Elles sont réalisées avec des enfants flattés d'avoir été choisis, des parents acceptant de collaborer et des profs volontaires et donc ayant généralement une capacité d'empathie très supérieure à la moyenne".
C'est bien pour çà que le système scolaire est catastrophique en France, les enfants ne sont jamais "flattés" (quand comprendra ton que l'estime de soi d'un enfant est le meilleur moteur d'un élève ?) les parents pas consultés et les profs a priori contre. Et surtout,aucune collaboration entre les 3.
Tout à fait d'accord avec votre analyse insconsciente du système français !
J'ai été plus de 10 ans active dans une fédération de Parents d'élèves (conseils de classe, commissions d'appel, commissions de discipline) et mère de 2 enfants dont l'un pas du tout "scolaire" et je n'ai vu l'attitude que vous attribuer à tous les profs que sur moins de 5% d'entre eux.
Le simple fait qu'il puisse exister des commissions d'appel et des commissions de discipline montre assez bien l'ampleur du désastre. Quant aux profs TALENTUEUX (car au lieu de compétence on ferait mieux de parler de talent) je n'en ai personnellement, durant ma longue carrière d'élève en France, connus que 3. Quant à mes enfants, qui ont eu la chance de pouvoir choisir leur système scolaire après en avoir testé d'autres que le système français , ils n'ont pas hésité longtemps... comme la majorité des enfants dans leur cas.Il est grand temps de regarder ce qui se fait ailleurs. Et de rendre leur motivation aux enseignants. Et, on le dira jamais assez, de relire Paul Valéry sur le sujet...
A Serge D'accord !
La vraie question est : "comment garantir que tout élève entrant au collège a les connaissances requises?"
A défaut de pouvoir y répondre concrètement et efficacement, on va continuer à faire des collèges des machines dispendieuses et inefficaces qui se transforment de plus en plus en un enfer pour certains élèves et pour les professeurs.
Ces résultats sont édifiants quand à la connaissance que ce font les gens des solutions à apporter. Mais bien sur, faisons redoubler inutilement en CM2, et ne cherchons surtout pas à s'occuper de ceux en difficultés pour éviter cet expédient. Édifiant.
Je conseille vivement la lecture hautement enrichissante d'un petit fascicule qui vient de sortir sous le titre LE BILAN DE L'INTELLIGENCE et qui reprend le texte d'une conférence de Paul Valéry dans les années 30 où il dit notamment:
"Le diplôme est le pire ennemi de la culture." ou encore
"Le contrôle, dans toute matière, aboutit à vicier l'action, à la pervertir" .
A méditer....
Monsieur Lelièvre,
Avez-vous plus d'information concernant les travaux de Mr Legrand ? Avez-vous publié un billet à ce sujet ?
Merci.
Non, je n'ai pas publié de billet à ce sujet. Dans les années 1980 le sociologue Gabirel Langouët a publié un ouvrage sur ces collèges expérimentaux intitulé"Suffit-il d'innover?"
Sur ce sondage, je serais curieux de savoir si ces données ont été croisées avec la réussite scolaire des enfants des sondés.
Je ne serais pas étonné que ceux qui ont répondu oui à l'examen aient des enfants qui auraient passé l'examen sans problème. C'est une constante chez les parents de considérer que les élèves "moins bons" retardent le développement de leurs propres enfants.
Pour l'anecdote, mon fils est en troisième, il a 17 de moyenne en math, sans effort. Il ne connaît pas ses tables de multiplication. Si on lui faisait passer l'examen d'entrer en 6 ° (table de multiplication, faire une multiplication simple...), il ne passerait sans doute pas.
Je fais beaucoup plus confiance a priori à un collège d'enseignants capables d'évaluer la capacité d'un enfant à suivre un enseignement, qu'à celle d'un examen.
@ Filoup
"Pour l'anecdote, mon fils est en troisième, il a 17 de moyenne en math, sans effort. Il ne connaît pas ses tables de multiplication. Si on lui faisait passer l'examen d'entrer en 6 ° (table de multiplication, faire une multiplication simple...), il ne passerait sans doute pas."
Votre fils a oublié, ce qui n'est pas surprenant à partir du moment où il n'a plus l'opportunité de faire des multiplications. Faites faire le test de la division aux adultes et vous serez surpris. La mémoire, c'est une histoire de gestes mentaux qui s'entretiennent. La preuve, pourquoi doit-on réapprendre aux grands blessés à marcher lorsqu'ils ont été arrêtés très longtemps?
Je suis instit: je fais le pari que votre fils qui est brillant, en 2 cours d'1 heure comblerait cette "lacune". Si un jour il a besoin de maîtriser cette compétence pour réussir, il ne faut pas se faire de soucis pour lui!
Votre fils a oublié, ce qui n'est pas surprenant à partir du moment où il n'a plus l'opportunité de faire des multiplications.
Euh, désolé, mais mon fils n'a en aucun cas "oublié" ! Je peux vous certifier qu'il n'a jamais su ! J'ai suivi très en détail tout son travail scolaire depuis l'origine et je vous assure qu'il n'a jamais retenu, je me souviens des heures passées à lui faire anônner en vain... Ça restait imprimé dans sa mémoire deux heures au plus.
Je ne suis spécialiste ni de la pédagogie, ni de l'enfance, mais j'ai l'impression que les processus d'acquisition ne sont pas linéaires du tout...
C'est sans doute que ses enseignants ne lui ont jamais appris à apprendre ses tables. Ils ne connaissaient pas Antoine de la Garanderie, c'est dommage.
J'utilise 2 méthodes en tenant compte des visuels et des auditifs.
- Votre enfant est auditif (il a un magnétophone dans la tête), il suffit de répéter les tables si possible en chantonnant.
- Votre enfant est plutôt visuel (il a un appareil photo dans la tête), il faut qu'il écrive chaque table en utilisant des couleurs. 9 x 8 = 72 - 9 x 7 = 63, etc.
Je pense que votre enfant est visuel (les auditifs sont avantagés!). Qu'il utilise son appreil photo pour photographier table par table avec le projet de s'en souvenir le lendemain par exemple. Il doit revoir clairement dans sa tête la table avec la couleur.
Sans prétention, depuis que j'utilise ces outils, aucun enfant n'a échoué. J'ai même expérimenté en CLIS (QI<70) en dessinant 3 chevaux qui se suivent avec les n°9, 8 et 72. Idem avec des voitures. Il faut trouver le truc. Encore faut-il que l'élève accepte...
Mon deuxième fils est passé en 6ème alors qu'il n'aurait jamais réussi un quelconque examen. Il faisait un blocage devant certains apprentissages. Il avait, en particulier, décidé d'écrire uniquement ce qu'il l'intéressait. Il avait longtemps décidé de ne pas apprendre à compter après 3 (jusqu'à ce que je lui fasse un odieux chantage : les powers rangers étaient au nombre de 6!). En réalité, en utilisant bêtement les règles en vigueur il aurait dû redoublé le CE2, le CM2, la 4ème, la 3ème et la 2GT. Chaque fois, le conseil de classe a décidé qu'on prenait moins de risque pour son avenir en le faisant passer qu'en le faisant redoubler. Aujourd'hui, il a réussi le concours sélectif d'une école d'ingénieurs de très bon niveau et qui correspond à ce qu'il aime faire sans une année de retard.
Cet exemple illustre combien l'absence de sens dans les apprentissages peut empêcher les élèves de s'exprimer.
Si vous parlez de mon fils : c'est exactement le contraire. Il s'agit d'un problème d'adaptation d'un enfant différent dans la perception des autres (empathie anormalement élevée) et de capacité d’apprendre la logique élevée (QI>130). Il a pris un retard en écriture en dernière année de maternelle parce que la prof ne l'aimait pas. Puis, il a trouvé très agréable que la toute jeune prof de primaire s'intéresse à lui. Cela a commencé par un jeu d'un enfant pour attirer l'attention des adultes. Ensuite, c'est devenu une de "ses routines" de comportement. A partir de la 4ème, il avait intellectuellement décidé d'en changer parce qu’il avait envie d’une vie confortable et qu’il savait que pour cela il lui fallait faire des études, mais la mise en place d’autres routines s’est faite progressivement.
Pour la construction de sens, il n'y a jamais eu de difficulté puisqu'il était dans une famille de niveau intellectuel élevé avec une grande curiosité pour les sciences et l'histoire. Il était handicapé par le besoin de se créer sa manière d’aborder la réalité (empathie anormale et donc la manière d’être de la majorité qui ne lui convenait pas), une construction de sens supérieure à celui de son environnement (pour compenser sa différence et grâce à l’aide de sa famille) et un retard dans la capacité d’expression.
Par ailleurs, les modes de contrôles débiles qui sont imposés en histoire-géo et en SVT comment étant sensés aider à construire du sens, mais en réalité ne testant uniquement la capacité à appliquer un exercice de style totalement artificiel et stupide, ont été un frein pour lui. Il n’y est jamais arrivé alors que sa compréhension du fonctionnement de la société était dans les 5% meilleurs de sa classe d’âge. Pour construire du sens il faut d'abord des points de repère et les pédagogistes de "la construction de sens" font tout pour que les élèves ne construisent pas ces repères. La construction du sens est un parcours intellectuel qui est totalement impossible à tester dans des contrôles de niveau 4ème. Donc, je suis une fervente défenseuse de revenir au niveau du collège à l’apprentissage de points de repère qui sont contrôlés dans les devoirs, auxquelles on ajoute des activités plus ludiques du type atelier pour la construction de sens et une formation des enseignants qui montrent que la construction du sens par des anecdotes facilite la mémorisation. Je participe à une opération de tutorat et mon « filleul » est un bon élève de 1ère S. Je visite des musées de la région parisienne avec lui : il ne connaît aucune date de l’histoire de France pas même 1789, ni le nom du fleuve qui traverse Paris. J’en ai conclu que, les théories fumeuses des pédagogistes de la construction de sens ont eu pour conséquences de réserver les connaissances de culture générale à ceux dont les parents sont capables de leur apporter et de mettre en situation d’échec scolaire les enfants (dont certains font partie des plus fins) qui n’arrivaient à réaliser l’exercice de style stupide présenté comme une méthode pour tester la construction de sens (ce qu’il n’est absolument pas). Il faut « mieux une tête bien faite mais une tête bien pleine » c’est vrai. Mais ce que les intégristes de la constitution de sens ont visiblement oublié est que la construction de sens est impossible à une tête complètement vide sans points de repère. Il y a un équilibre à trouver pour la répartition des efforts d'apprentissage l’ordre de 60-70% à construire des points de repères (mesurables) et de l’ordre de 30% à construire du sens non mesurable réellement avant le niveau 1ère générale, mais pouvant être perçu par des adultes responsables.
@ Véronique
Je pense qu'on ne met pas les mêmes mots sous le mot sens. Je crois avoir compris que pour vous, ça se construit donc ça se travaille sous forme de visites, voire de cours.
Pour me faire comprendre, j'emploierai la métaphore de la bicylcette: quand on sait où on va, on appuie plus fort sur les pédales que quand on ne sait pas. Dans le deuxième cas, l'écolier ne voit guère l'intérêt d'appuyer fort sur les pédales. A quoi ça sert que je travaille? Parce que personne ne travaille (à long terme du moins) comme ça, naturellement. Au début, juste pour faire plaisir à papa et à maman (inconsciemment ou pas... ça peut durer longtemps), ça suffit pour avoir envie d'apprendre, de grandir. ... Pour faire plaisir à l'enseignant aussi! "Puis, il a trouvé très agréable que la toute jeune prof de primaire s'intéresse à lui." S'intéresser à eux est un levier essentiel. On a le pouvoir de les faire exister même à l'école! Votre remarque met en évidence l'importance de l'état d'esprit des enseignants. Malheureusement, ça ne compte pas au concours d'entrée à l'EN et pourtant!
Si à la question "pourquoi je travaille", l'élève n'a pas de réponse, tout est réuni malheureusement pour qu'il devienne passif. En tant qu'instit en primaire, les élèves qui me posent le plus de problèmes sont généralement ceux qui n'ont aucun projet, qui ne s'intéressent à rien. Ce qui est assez dramatique.
En ce qui concerne ceux que vous appelez les "pédagogistes", permettez-moi de ne pas être d'accord avec vous. Que ce soit Alain BENTOLILA, Britt Mari BARTH, Philippe MEIRIEU ou Antoine de la GARANDERIE (car je pense que c'est à eux que vous pensez?), tous disent qu'aucun apprentissage ne sera efficace s'il ne fait pas sens chez l'élève. Ils n'emploient pas les mêmes termes mais il y a convergence entre le déterminisme de Meyrieu, le projet de de la Garanderie ou le donner du sens de Barth. Ils disent tous aussi que les élèves sont différents (votre enfant encore plus que les autres peut-être) donc l'enseignant qui ne cherche pas à s'adapter à tous ces fonctionnements d'élèves en laissera inévitablement sur le carreau. Il rencontrera alors des soucis et il accusera la fameuse hétérogénéité (prônés par les "pédagogistes") d'en être responsable (à juste titre parfois quand vous avez 35 élèves par classe). Le père de la pédagogie différenciée, c'est quand même Meirieu!
Ce n'est donc pas parce que vous visitez un musée que ça fait sens chez l'élève. En revanche, si vous lui demandez d'en faire un exposé, ça risque de changer tout: il aura des questions, il prendra des photos, des notes. Il peut y avoir d'autres buts: que ce soit l'aboutissement du projet d'année (exposition). Où que l'objectif soit d'apprendre à regarder un musée.. On augmente ainsi les chances d'en retenir quelque chose. C'est pour cela que les interventions ou les visites parachutées ne sont pas pertinentes.
Les adultes fonctionnent d'une manière identique. On accepte bien de ranger notre maison "nickel" pour recevoir des personnes qu'on apprécie...
on connait le lobbying incessant de l'apel de mme barraud (enseignement catholique financé en grande pompe par l'etat) aupres d'une majorité aussi conservatrice
de telles idees provenant de ces gens là ne m'etonnent pas!!
@ Patrice
"on connait" qui ça "on"? Des exemples? Des articles? Des interview? Je suis instit dans le privé (désolé!). Mme Barraud ne réprésente que les parents d'élèves du privé, pas les enseignants dont l'énorme majorité est contre comme leurs collègues du public d'ailleurs. Je ne vois pas ce qu'il y aurait de catholique dans cet examen!!!
Quel serait le véritable intérêt de cet examen? Quand on est incapable de fournir une réponse pédagogique, quel enseignant digne de ce nom pourrait y être favorable? A part les nostalgiques! Si les examens rendaient les gens plus intelligents, ça se saurait, non?
"enseignement catholique financé en grande pompe par l'etat". Des exemples? Des articles? Depuis la loi Debré (1959), les enseignants du privé sont payés par l'état, ce n'est pas nouveau! Rien n'a changé, cette loi n'a pas été modifiée depuis. Où alors, prouvez-le moi. C'est trop facile d'asséner des vérités toutes faites, sans preuves.
A chaque fois qu'on parle d'éducation, certains comme vous ne peuvent s'empêcher d'allumer l'enseignement privé. 37% des français adultes ont fréquenté à un moment ou à un autre de leur scolarité une école privée. Beaucoup aimeraient faire 37%...
Le CSA et l'équipe qui s'est occupée de ce sondage ont déjà été sollicités par d'autres organisations ( le SNUipp par exemple ) et ils leur sont apparus foncièrement fiables
@ claude lelièvre
Il faudrait donc les croire? Ce ne sont que des sondages...
"Il y a trois sortes de mensonges: les petits mensonges, les gros mensonges et les statistiques." (Benjamin Disraeli)
Cdt
Il ne faut sans doute pas les croire aveuglément et à'' la lettre'' ( ce ne sont que des sondages, effectivement, sans doute) mais nos impressions subjectives ( et nos ''vécus'' forcément très particuliers) ne doivent pas non plus êtres crus aveuglément et à la lettre. Je voulais surtout dire que cela ne faisait pas partie d'un ''complot'' ou d'une manoeuvre en l'occurrence ( d'autant que les réponses sont tellement massives, qu'il me semble qu'il y a vraiment lieu de s'interroger sur les ''appréhensions'' - toutes ''proximités politiques confondues.... - qu'elles contribuent à révéler ).
Ainsi que l'expriment certains commentateurs, c'est vrai qu'il y en a assez des sondages de tous ordres !
Par contre, je peux parler de mon expérience (j'étais professeur de lettres modernes, j'ai vécu en direct les consultations Legrand et Prost et suis retraitée depuis bientôt dix ans).
Il est excessivement difficile de travailler efficacement dans des classes hétérogènes. Quand un quart des enfants entrant en sixième ne possède pas les acquis suffisants et peine à suivre, quand une petite minorité dépasse le niveau requis, quand les classes sont surchargées, l'horaire étriqué, les dédoublements ou groupes de niveau exclus (DGH oblige !), c'est la quadrature du cercle ! Tous sont mal dans leur peau : les enseignants qui doivent inventer des solutions de traverse (souvent contraires aux instructions officielles ou notes internes du moment, et Dieu sait que les variables sont multiples !), les enfants qui ne reçoivent pas ce à quoi ils devraient pouvoir prétendre.
Avant Haby, les professeurs de lettres disposaient, en sixième et cinquième, de 6 heures d'enseignement de lettres dans leurs classes (beaucoup moins hétérogènes qu'aujourd'hui, puisque les classes dites de "transition" absorbaient les élèves n'ayant pas les acquis et étaient sensées remédier à leurs problèmes). Quand l'effectif de chaque classe dépassait 24 élèves, 3 heures de dédoublement étaient distribuées, ce qui portait l'horaire enseignant par classe à 9 heures et permettait de travailler en petits groupes de niveau... Aujourd'hui, et depuis la fin des années 80, les classes sont souvent nombreuses, (autour de 30 élèves), l'horaire d'enseignement des lettres est passé à 4,5 heures, avec une extrême hétérogénéité, sans possibilité de dédoublement.
J'appartiens à une catégorie de profs qui a vécu pour l'intérêt des enfants qui lui étaient confiés. C'est avec intérêt et enthousisame que j'avais instauré, dans mon établissement, un travail par groupes de niveau, à la période Legrand... Mais rien n'a duré ! Les coupes sombres ont commencé, tant dans les programmes (sur lesquels il y aurait fort à dire !) que sur les possibilités de distribuer un enseignement de qualité.
La question qui fâche, dans le monde enseignant, c'est celle des niveaux, celle de toucher à l'hétérogénéité sous prétexte de discrimination. De sorte qu'il ne se fait rien de bon !
Le sens commun voudrait que cette question soit abordée de façon sereine. Les groupes de niveau, fluctuant selon les moments et les disciplines, semblent une bonne chose... à condition que les technocrates, soucieux d'économie, voient l'intérêt général et celui de chaque enfant comme un être en devenir, et non le coût financier qu'ils représentent !
Maurice Halbwachs, préfaçant la réédition de l'ouvrage de Durkheim, "L'évolution pédagogique en France", écrivait que "L'enseignement, est le moyen le plus efficace dont dispose une société pour former ses membres à son image". Quelle est l'image de notre société ? Quelle est celle de son système éducatif ? Quels hommes et femmes futurs voulons-nous former ?
Il ne semble pas que la restauration d'un examen d'entrée en sixième soit la bonne solution. C'est ailleurs qu'il faut chercher ! Mais il ne faut pas oublier que les publications de l'OCDE (depuis plus de dix ans) réclament une privatisation des systèmes éducatifs (pour une progression à deux chiffres !!!) et déclarent que l'enseignement public sera réservé à ceux dont on sait qu'ils ne pourront progresser ! (je ne prends pas le temps de rechercher la citation exacte, mais j'en garde l'esprit). Il ne faudrait pas que ce type de sondage conduise à une ségrégation : enseignement public au rabais pour ceux qui ne réussiraient pas cet examen de passage, possibilités multiples pour les autres, surtout s'ils ont les moyens de payer les officines privées ! DANGER !
@ a Sire Richard
En vous lisant, on constate que les conditions dans lesquelles les profs semblent travailler aujourd'hui sont assez déprimantes.
Vous pointez le problème de l'hétérogénéité. Ce qui m'ennuie, c'est qu'au travers de votre présentation, on devine que ce sont les élèves en difficulté qui perturbent le bon fonctionement du collège. Ils dérangent... J'admets cependant que l'hétérogénéité a des limites. Mais ce que je pointe, c'est l'absence de réaction des enseignants: si vraiment l'exercice de leur métier est devenu si difficile, pourquoi ne se mettent-ils pas autour d'une table pour y chercher des solutions? Veut-on vraiment en trouver? Sommes-nous capable de nous réunir un samedi matin ou pendant les vacances en équipe? Car, ce n'est pas une réunion à la sauvette d'une heure à 16 heures 30 un mardi soir qui permettra l'élaboration d'un véritable projet. Certes, notre liberté de manoeuvre est limitée mais aucun inspecteur ne vous reprochera toutes inovations si le but est destiné à faire progresser chaque élève.
Philippe Meirieu n'a jamais dit qu'il fallait proposer le même enseignement à tous les élèves. N'est-il pas le père de la pédagogie différenciée? Beaucoup de chercheurs ont mis en évidence que l'hétérogénéité pouvait être un atout. A une condition: s'interdire de fonctionner comme si elle n'existait pas. Auquel cas, on désepère beaucoup d'élèves.
En primaire, le fonctionnement par cycle répond au mieux au besoin des élèves, c'est prouvé... A condition d'oublier les niveaux (CM1,CM2...). Or, combien d'enseignants en primaire respectent le fonctionnement en cycles pourtant obligatoire depuis la loi Jospin en 1989? Très peu! Ca n'a pas bonne presse et ça ne plait pas aux parents, guère aux enseignants non plus.
Vous prenez 3 classes de 6è. Qui vous empêche de faire des tests en début d'année pour ainsi composer 3 groupes de niveau dans une discipline donnée (l'écrit par exemple)? Vous obtenez 1 groupe d'élèves en difficulté, un groupe d'élèves performants et un groupe d'élèves intermédiaires. Vous allégez en effectif au maximum le groupe 1 au détriment du groupe 3. Vous affectez les pédagogues volontaires surtout au groupe 1. Vous fonctionnez ainsi à chaque trimestre, si bien que vos groupes ne sont pas figés. On établit ensuite des priorités. Le programme doit-il être au service des élèves ou sommes-nous au service du programme? Quand on veut, on peut dit le proverbe.
Qu'en pensent les enseignants du collège?
L'expérience avec les 3 classes de 6ième donne ces résultats :
- quand les effectifs sont suffisamment réduits pour que le prof ait réellement le temps de s'occuper de chaque élève, le groupe des plus faibles progressent.
- le groupe des plus forts progressent également. Entre bons élèves naturellement scolaires, tout va bien.
- le groupe des moyens est une catastrophe. Aucune volonté, tout est mou. Personne ne lève la main pour répondre aux questions : pas de remarques pertinentes sur lesquelles la classe veut rebondir. Le groupe est un ectoplasme.
La bonne solution est de créer un groupe faible pour ceux qui n'ont pas acquis les fondamentaux indispensables et garder pour le reste une hétérogénité relative.
On peut très bien imaginer que dans les ZEP (et uniquement dans les ZEP), les très bons élèves aient une heure supplémentaire en français et/ou en maths.
Avant d'avoir été témoin de l'expérimentation, j'avais la même croyance que vous.
Les cycles sont au contraire le problème, car ils obligent à ne plus apprendre la lecture au moment où elle est censée être apprise.
Un miminum d'hétérogénéïté est bénéfique. Cependant, il est impossible de reprendre les fondamentaux de la lecture avec un élève quand les 25 autres s'ennuient. Où faire du commentaire de texte de manière que celui qui n'a pas acquis les fondamentaux de la lecture puisse suivre. Pour tous les cours où les apprentissages sont progressifs il est possible de prendre en compte 2 ou 3 niveaux différents, non pas 5 niveaux dans une classe de 30 élèves avec l'obligation de garder les perturbateurs.
Il faut arrêter vouloir faire croire que le problème est la mauvaise volonté des enseignants.
@ Véronique
"Les cycles sont au contraire le problème, car ils obligent à ne plus apprendre la lecture au moment où elle est censée être apprise."
Avant, on décrétait qu'à 6 ans, tous les élèves devaient commencer à lire, ce qui posait d'évidents problèmes. Est-ce que tout le monde marche dès 9 mois? On a donc créé les cycles pour y remédier!
@ Alain
La règle du cycle est que lorsque l’enfant n’a pas assimilé la lecture à la fin du cycle où il est sensé l’avoir assimilé, l’enseignant n’a plus le droit de lui apprendre. Résultat des courses : 15% des enfants arrivent en 6ème en ayant insuffisamment assimilés la lecture.
Avant les cycles, les bons enseignants (qui sont majoritaires) continuaient l’apprentissage des fondamentaux jusqu’à la fin du CM2.
@ Véronique,
vous êtes mal informée Véronique. Lisez les programmes de 2007 (consultables sur le site du ministère). Les voici, pour le cycle III:
"2. LECTURE, ÉCRITURE
La lecture et l’écriture sont systématiquement liées : elles font l’objet d’exercices quotidiens, non eulement en français, mais aussi dans le cadre de tous les enseignements.
L’étude des textes, et en particulier des textes littéraires, vise à développer les capacités de compréhension, et à soutenir l’apprentissage de la rédaction autonome.
Lecture
La lecture continue à faire l’objet d’un apprentissage systématique :
- automatisation de la reconnaissance des mots, lecture aisée de mots irréguliers et rares, augmentation de la rapidité et de l’efficacité de la lecture silencieuse ;
20
- compréhension des phrases ;
- compréhension de textes scolaires (énoncés de problèmes, consignes, leçons et exercices des manuels) ;
- compréhension de textes informatifs et documentaires ;
- compréhension de textes littéraires (récits, descriptions, dialogues, poèmes).
L’élève apprend à comprendre le sens d’un texte en en reformulant l’essentiel et en répondant à des questions le concernant.
Cette compréhension s’appuie sur le repérage des principaux éléments du texte (par exemple, le sujet d’un texte documentaire, les personnages et les événements d’un récit), mais aussi sur son analyse précise. Celle-ci consiste principalement en l’observation des traits distinctifs qui donnent au texte sa
cohérence : titre, organisation en phrases et en paragraphes, rôle de la ponctuation et des mots de liaison, usage des pronoms, temps verbaux, champs lexicaux.
• Littérature
Le programme de littérature vise à donner à chaque élève un répertoire de références appropriées à son âge, puisées dans le patrimoine et dans la littérature de jeunesse d’hier et d’aujourd’hui ; il participe ainsi à la constitution d’une culture littéraire commune. Chaque année, les élèves lisent intégralement des ouvrages relevant de divers genres et appartenant aux classiques de l’enfance et à la bibliographie de littérature de jeunesse que le ministère de l’Education nationale publie régulièrement. Ces lectures cursives sont conduites avec le souci de développer chez l’élève le plaisir de lire.
Les élèves rendent compte de leur lecture, expriment leurs réactions ou leurs points de vue et échangent entre eux sur ces sujets, mettent en relation des textes entre eux (auteurs, thèmes, sentiments exprimés, personnages, événements, situation spatiale ou temporelle, tonalité comique ou tragique…). Les interprétations diverses sont toujours rapportées aux éléments du texte qui les autorisent ou, au contraire, les rendent impossibles."
Cdt
Sur la question des niveaux et de l'hétérogénéité. Je constate que mon fils, au travers de sa scolarité a été selon des cycles que je ne sais décrypter (mais que je constate) dans les meilleurs et dans les plus mauvais de son groupe, matière par matière. Je trouve dommage que le système n'ait pas été capable de jouer sur ces disponibilités à certaines périodes vis-à-vis de tel apprentissage, quitte à en mettre d'autres en veilleuse momentanément. Cette volonté de vouloir à tout prix le faire avancer de manière homogène dans toutes les matières et selon une moyenne de groupe me paraît difficile et épuisante tant pour les profs que pour l'élève...
Je ne suis pas dans l'enseignement et donc ma question est toute bête :
Que va-t-on faire des gamins qui ne réussissent pas à passer l'examen d'entrée en 6ème.
On rouvre les mines de charbon?
Pas les mines à charbon car cela risquerait de faire renaître une conscience de classe. On a les fameux "Mac jobs". il est plus confortable d'être un esclave lorsqu'on peut faire mine de ne pas en avoir conscience.
Votre intervention me parait essentielle, non tant dans le fond mais dans la forme.
"ma question est toute bête". On voit là combien les institutions pédagogiques ont réussi dans leur volonté de complexer les parents vis à vis de l'enseignement (quand bien même, le parent devrait être totalement impliqué car il est ne l'oublions pas celui qui connait le mieux l'enfant).
Relisez ce fil et vous constaterez par exemple que votre orthographe est bien plus sûre que d'autres se piquant de pédagogie (un détail ?).
La volonté de conserver l'entresoi dans le monde de l'EN donne aussi les résultats dévastateurs que l'on constate...
Je crois pouvoir faire l"hypothèse que la différence de coût entre une année/élève de l'école et une année/élève de collège (ou entre la France et l'OCDE) tient aux salaires des maîtres, et aussi donc fonction de leur nombre. Les années/élèves de lycée battent tous les records grâce au prix où sont payées les "colles" des élèves de prépa et parce qu'on y trouve la plupart des agrégés. Il y a donc des biais énormes dans les stats d'économie de l'éducation. Par ailleurs, les suppressions de postes sont en train de diminuer les ratios (par exemple, les remplaçants sont recrutés via Popolemploi parmi les intellectuels précaires au chômage), et cet indicateur seul devrait montrer comment empire l'injustice faite aux gosses des milieux défavorisés.
Si on cumule les pas bons en lecture avec les ceusses qui savent pas faire une division (sans parler de règle de trois), c'est 30 % des sortants de l'élémentaire qui vont devoir trouver autre chose à faire dans la vie qu'occuper un emploi salarié. Evidemment, les 70 % restant devront payer toute leur vie des aides sociales aux 30 % de bouzillés, pour les faire se tenir tranquilles. Mais n'est-ce pas déjà la situation dans notre cher pays ?
Je lis certains commentaires : "mes enfants vont avoir la peur au ventre "...Etc
Parce qu'on exigerait qu'ils aient un certain niveau pour entrer en sixième : lire , écrire, compter , calculer...
Vraiment je crois rêver . Evidemment qu'à certains moments de la vie il faut des contraintes , des étapes ,on appelait ça des rites...
Sinon à quoi bon se décarcasser ?
On sait très bien que les élèves qui n'ont pas les bases , non seulement souffrent , mais font souffrir les autres et les profs . Si un élève ne sait pas lire, c'est à dire comprendre un petit texte , que peut' il attendre du collège ?
C'est en gommant progressivement ces difficultés , en refusant de voir certaines réalités , que l'on a bordellisé complètement l'enseignement .
Comme si l'on pouvait exercer un métier sans en avoir les compétences : un mécanicien maladroit , une secrétaire faisant dix erreurs d'orthographe par ligne, etc, etc et ensuite de gueuler à l'injustice parce qu'il ne ferait pas l'affaire...
Mais dans quel monde vivons nous qui gomme l'effort , le travail , la satisfaction de réussir ....?
Le scandale n'est pas de réclamer un examen pour vérifier qu'à un moment m. untel a le niveau pour continuer , mais le contraire : mélanger tout le monde au nom de je ne sais quel égalitarisme , ou volonté de non discrimination, ou de sanction ...
Un gamin à 11 ou 12 ans n'a pas le niveau ? Il faudra recréer des filières courtes l'emmenant rapidement vers un apprentissage concret , dans une qualification qui lui sera favorable et non lui faire croire que cela est sans importance qu'il finira par avoir un bac "au bénéfice de l'âge" et que s'il n'arrive pas à devenir polytechnicien , sans études difficiles , ni concours évidemment , c'est parce que la société est injuste à son encontre et ne sait pas discerner ses talents cachés ...
Et l'on peut supposer qu'effectivement face à ces objectifs la majorité des élèves s'appliqueront et bosseront pour y arriver plutôt que prendre l'habitude de glander .
Imaginons la suite : si un employeur refuse telle candidature , la maman ou le papa de l'impétrant va venir lui remonter les bretelles , à cause du stress ?
D'ailleurs ça commence à arriver : des gens qui viennent casser la figure de l'inspecteur au permis de conduire qui n' a pas donné le fameux papier rose ....
Vraiment , ça fait un temps que l'on a touché le fond de l'absurdité .
Mais cela ne m'étonne plus depuis que certains rêvent d'un revenu d'existence automatique , à 1200 ou 1500 euros , que l'on bosse ou non , sans même chercher à savoir qui le financerait ...Démagogie, irresponsabilité, enfumage . Ou rêveries....
Ls.
Je trouve que vous faussez le débat. La question n'est pas "est-ce que les enfants doivent savoir lire, écrire et compter en entrant en 6°", mais "est-ce qu'on doit instaurer un examen couperet ?".
Bien sûr qu'il s'agit de compétences qu'il faut acquérir pour le collège. Mais ne pensez-vous pas que l'instituteur en charge de l'enfant sait parfaitement le niveau de celui-ci ? Est-ce qu'il faut un examen pour exclure, ou des moyen pour parvenir à ce que chaque élève ait ce niveau, ce qui, sauf certains handicap mentaux, est parfaitement possible ?
Pour moi, le scandale c'est que la France compte 10 % d'analphabètes.
Et puis il me semble que le lien que vous crééz "pas le niveau en CM2" = filière courte ne correspond à aucune réalité. Je vois autour de moi un tas de cancre d'école primaire qui ont fait des études tout à fait honorable, et inversement, des tas de parfaits petits premiers de la communale qui n'ont pas dépassé la troisième...
Bien entendu que l'instituteur sait si un élève est à niveau pour suivre une sixième ou non . Le souci est qu'il est l'objet de pressions de la part des familles , de la hiérarchie et parfois de décisions démago politiques . Alors ce n'est pas lui qui peut décider .
Parce que pourquoi continuer à faire passer le bac : c'est stressant...
Demandons au conseil des profs de décider qui aura le passeport pour la fac et qui ne l'aura pas .
A force d'éliminer tous les obstacles on laisse les gens , jeunes et vieux , dans le flou et l'irresponsabilité les plus complets . Et ça ne profite à personne .
Il s 'agit du contraire d'une position élitiste .Chacun peut accéder à une école, une grande école, une formation selon son travail et ses capacités .
@ Léséparges
Bien entendu que l'instituteur sait si un élève est à niveau pour suivre une sixième ou non . Le souci est qu'il est l'objet de pressions de la part des familles , de la hiérarchie et parfois de décisions démago politiques . Alors ce n'est pas lui qui peut décider .
Le souci pour moi n'est pas là. Le vrai souci est que si les élèves à ne pas savoir ni lire ni écrire ni compter à l'entrée de la sixième (donc après, en moyenne, sept ans de présence dans l'école !) étaient marginaux en nombre, la discussion n'aurait pas lieu. Le problème est que s'ils forment 30 % de la population de référence, c'est que le système lui-même est vérolé... C'est l'apprentissage lui-même qui, dans ce cas, est totalement à revoir...
Parce que pourquoi continuer à faire passer le bac : c'est stressant...
Je peux vous imiter dans la débilité : "Si c'est bon, pourquoi ne pas faire passer un examen d'entrée en maternelle ?".
Un peu plus sérieusement :
- déjà, on peut distinguer ce qui est de l'ordre de l'acquisition des bases (je dirais pour ma part en gros ce qui va jusqu'au brevet). Il me semble que cette partie incarne le tronc commun qui est nécessaire à l'individu pour trouver une place dans la société. La problèmatique, pour moi, est de concentrer tous les efforts à faire acquérir ces bases à l'ensemble de la population. Pour moi, l'examen/sanction/compétition/exclusion n'a aucune place à ce stade. La scolarité, c'est pas le Loft...
- la suite de la scolarité possible relève de plus en plus, au fil du temps, d'options liées aux choix personnels, résultant des désirs, mais aussi du travail et des moyens intellectuels. Dès lors, je trouve normal qu'un système de filtre existe (examens, concours...).Mais les objectifs des formations à ce stade ne sont pas les mêmes.
(Pour mémoire, je vis à l'étranger où le système public d'enseignement est assez embryonnaire. Donc tous les parents qui en ont les moyens mettent leurs enfants dans le privé. Et là, c'est simple, dans l'école où se trouve mon fils, il n'y a jamais eu d'échec au brevet (français), ni au bac (français). Pourtant, il n'y a pas d'exclusion non plus, aucun élève n'est "sorti" du système, s'il n'a pas le niveau. Les clefs ? Déjà, les enfants sont convaincus que sans réussite scolaire, ils n'ont aucun avenir, donc ils bossent énormément et sont fiers de leurs résultats. Ensuite il y a une totale solidarité entre l'équipe enseignante et les parents, entre les enseignats entre eux et les parents entre eux. Enfin, les enseignants sont archi-impliqués. L'un d'eux me disait l'autre jour : "Je suis payé pour que chacun réussisse. Sinon, je pars. C'est à moi d'emmener l'ensemble du groupe d'un point A à B. La réussite individuelle n'a pas de sens...")
@ Leséparges
"Bien entendu que l'instituteur sait si un élève est à niveau pour suivre une sixième ou non . Le souci est qu'il est l'objet de pressions de la part des familles , de la hiérarchie et parfois de décisions démago politiques . Alors ce n'est pas lui qui peut décider ."
Parce que vous imaginez qu'une commission puisse être totalement indépendante? Comme si ceux qui corrigent les examens n'avaient pas parfois de consignes particulières...
On avait droit à un petit rattrapage avec le service militaire qui détectait l'illetrisme
Note : c'est toujours grace à la journée d'appel que l'on connait avec précision le pourcentage d'illetrisme chez les jeunes.
Et, comme je le dis plus bas dans un commentaire, ce pourcentage est trois fois moins important chez les 18-25 ans que chez les plus de 56 ans.
Le cliché du "au moins, quand on sortait de l'école, on savait lire écrire et compter" a un peu vécu...
100 % d'accord avec vous
Paul Valéry revient, ils n'ont toujours rien compris !!!
L'examen de passage en sixième appelé alors examen des bourses garantissait à l'élève un niveau suffisant pour accéder à un savoir supérieur.
les recalés à cette époque suivaient un apprentissage complémentaire qui leur permettait de compléter les connaissances en francais, calculs, résolution de problèmes demandant un minimum de résonnement, un peu d'histoire de géographie etc..... ensuite ils étaient dirigés vers l'apprentissage qui pouvait leur permettre d'acquerir les bases d'un métier. j'en connais plusieurs qui sont devenus chefs d'entreprise
cela permettait de fixer les moyens pour faire avancer des élèves plus aptes à suivre des études "supérieures" sans être génés par des élèves non motivés
agé de 66 ans j'ai donc connu cette époque ou la sélection se faisait à 10 ans mais qui ne condamnait pas le petit futur citoyen à rester dans le néant comme on le constate si souvent aujourd'hui
Tout à fait... et à l'époque la scolarité primaire se terminant à 14 ans on entrait en apprentissage pendant 3 ans et à 17 ans on avait un métier.
Maintenant, on traîne les enfants de gré ou de force vers des cycles longs où tout le monde perd son temps parce qu'on ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif et au bout du compte ils n'ont rien fait de constructif. Ce n'est pas de cette manière qu'on peut leur faire acquérir l'estime d'eux-mêmes.
D'accord avec vous, André Gallic et Airlane. Lire, écrire, compter = indispensable pour passer au collège, alors pourquoi ce n'est plus le cas depuis quelques années ? J'entends dire partout que c'est une catastrophe car l'envie de réussir manque aux jeunes élèves : ils n'en voient pas l'utilité.
J'ai moi-même passé un examen pour entrer en sixième (1962), plutôt facile et sans peur au ventre. C'était vu comme une formalité. On préparait cette étape longtemps à l'avance, motivés pour apprendre les bases indispensables avec la complicité de nos enseignants : les tables de multiplication par coeur (même pas un problème de maths je crois bien), écrire lisiblement et sans fautes, vrai que la grammaire était un peu casse-tête mais on en comprenait la nécessité et il nous était conseillé pour y arriver de lire beaucoup.
Ce qui change aujourd'hui par rapport aux sixties est la peur de ne pas trouver de travail au bout des études ou d'un apprentissage mal calculé. Alors, on se plait à croire aux études longues comme garantie d'avenir, mais ce n'est pas du tout certain ! La tendance serait d'assumer plusieurs jobs si ce n'est plusieurs professions dans une vie et ce malgré une foultitude de diplômes, certificats, recommandations ! C'est la débrouille qu'il faut acquérir très tôt !
@ Luciole
Comment peut-on comparer 2 époques qui ne fonctionnent pas avec les mêmes repères puisque dans les années 60, 20% seulement des élèves allaient en 6è? Où alors proposons l'examen à 20% des élèves de nos classes si on veut être équitable.
Mais où est l'intérêt d'un examen si celui-ci n'entraîne pas de mesures pour lutter contre l'échec scolaire? A part rappeler "aux bons qu'ils sont bons" et "aux mauvais qu'ils sont nuls"?
Cdt
Quelles mesures justement ? Comment motiver les élèves ?
A l'heure actuelle, tout le monde sait bien que, sans moyens financiers et avec du personnel en moins, l'école est condamnée à la régression quoi qu'on entreprenne !
Ce qui se produit chez les enfants d'aujourd'hui semblerait ni plus ni moins ce qui arrive chez les adultes placés dans un univers d'échanges sans bornes précises - pour ne pas dire dans la confusion peut-être voulue ? - et qui débouche à chaque fois sur la soudaine prise en main par un chef autoritaire, à défaut un couperet quelconque. Cela existe en entreprise, en politique nous y sommes presque !
@ Luciole
"Quelles mesures justement ? Comment motiver les élèves ?" voir mon post en réponse à Sire RICHARD plus haut. Ce que je propose, je l'ai expérimenté en primaire. Et les 3 enseignants concernés ont pris leur pied... donc les élèves aussi. Mais pour motiver les élèves, il faut d'abord des enseignants passionnés.
Bien sûr que les moyens sont indispensables. Mais il ne faut pas se retrancher derrière ça. Ce qui pourrit l'école, c'est toute cette législation infernale. Un exemple. J'ai fait un cycle de judo avec le prof du club local où j'enseigne. En 1/4 d'heure, on a mis ça sur pied. Si je respecte la législation, il faut télécharger sur le site de la fédé de judo le formulaire qu'il faut soigneusement remplir. Ensuite, il faut demander la permission à votre hiérarchie par courrier. Ensuite, pour être dans les clous, il faut prouver que l'intervenant a un BE. Il faut respecter le taux d'encadrement. Il faut donc lancer un appel vers les parents...C'est du délire! Tout ça pour dire que tout est réuni pour que celui qui ne veut pas bouger ne fasse rien. Merci Ségolène! C'est aux enseignants de vérifier si le conducteur de bus est à jeun, si le bus est conforme, rappelez-vous?
C'est quoi le plus important? Que votre papelard soit bien rempli ou que vos mômes découvrent un autre sport?
Comme disait Coluche, "Heureusement qu'on ne travaille pas dans le béton parce qu'on aurait les doigts pris dedans!"...
"A l'époque", "la bourse d'étude de l'entrée en 6ème", "l'apprentissage à 14 ans pour avoir un métier à 17"...
C'était tellement mieux avant...
Tellement mieux en fait, que plus de 50% des personnes en situation d'illétrisme ont... plus de 45 ans.
Vous parlez d'une réussite !
Et par illétrisme, on entend maîtrise de la lecture et de l'écriture mais aussi du calcul et de la compréhension orale.
Je vous invite à vérifier sur le site de l'ANLCI :
http://www.anlci.gouv.fr/fileadmin/Medias/PDF/Chiffres/ANLCI_combien_2010.pdf
Nous disions donc : dans la tranche d'âge des 18- 25 ans (soit la plus jeune de l'étude), 4.5% de cette population est concernée par l'illétrisme.
Dans la tranche d'âge la plus âgée, c'est à dire les 56 - 65 ans, ils sont 14%.
Trois fois plus.
Concentrons-nous plutôt sur les vrais problèmes : moyens humains et financiers, rythmes scolaires, méthodes d'enseignements... pour nous améliorer.
A-t-on vraiment du temps à perdre avec de vielles lunes tels que l'examen à l'entrée de la 6ème (en matière de rite initiatique, le passage de la primaire au collège est déjà bien assez marqué), le certificat d'étude, la bourse d'étude en 6ème, l'apprentissage à 14 ans ou que sais-je d'autre ?
Pourquoi ne pas orienter les eleves n'ayant pas le niveau suffisant vers une classe intermediaire, de preparation au college, en effectif reduit ?
Le cout, sans doute...
La divergence de niveau des eleves est un probleme pour les enseignants. Peut-etre faudrai-il s'interesser au rythme d'apprentissage de chacun.
Pourquoi ne pas orienter les eleves n'ayant pas le niveau suffisant vers une classe intermediaire, de preparation au college, en effectif reduit ?
Pourquoi ne pas faire en sorte que chaque élève ait le niveau ? Si c'était 1 % de la tranche d'âge qui était concernée, ce serait un problème de l'élève, mais si c'est 30 % comme il semblerait que ce soit le cas, le problème est celui de l'institution, non ?
30% des élèves ne savent pas faire quoi? C'est là qu'est la question. On essaie de plaquer des modes de fonctionnement qui datent d'une autre époque. On se focalise sur lire, écrire compter en oubliant que le programme de l'école primaire ne se résume pas à ça et loin de là. Avant, à l'époque de l'examen d'entrée en sixième, on voulait que tous les enfants aient une instruction minimale, ensuite d'autres pouvaient aller plus loin, en général c'était fortement conditionné à leur milieu social (ce qui est toujours le cas maintenant mais de façon moins forte). Mais avant on croyait à l'école en tant que chance d'instruction et le respect de l'institution et de ses représentants étaient de mise. c'est loin d'être le cas actuellement. Comment peut-on espérer des enfants, qu'ils respectent un lieu et des personnes qu'on ne cesse, autour d'eux, de décrier.
Ensuite, on reproche à nos enfants de ne pas être motivés, de manquer de volonté. Mais comment leur en vouloir? Regardez l'exemple que leur donnent les adultes et en particulier les gardiens de la république que sont nos politiques, souvent dans les petits arrangements entre amis et la logique du "pas vus, pas pris". Quelle crédibilité accorder alors aux enseignants qui disent "travaille, tu auras un bon métier après"? Surtout quand lors d'un examen, ce n'est pas celui qui a bossé sérieusement qui a la meilleure note mais celui qui a trouvé le moyen de tricher astucieusement.
Je suis viscéralement opposée aux évaluations et autres examens qu'on nous propose en ce moment. Ils ne servent qu'à classer nos enfants sur une échelle de valeurs selon des critères totalement arbitraires. On peut imaginer les dégâts que cela peut faire sur des personnalités en construction: "j'ai une mauvaise note, donc je ne vaut rien" et l'on s'étonne qu'ils manquent de motivation!!! Car il ne faut pas oublier que si une partie de l'opinion est d'accord pour trier le bon grain de l'ivraie, personne ne pose la question de ce que l'on fait de l'ivraie. Je rejoins le commentaire qui sur le ton de l'humour noir propose de rouvrir les mines de charbon. En d'autres temps, ce sont des solutions bien plus expéditives qui ont été adoptées.
Et moi qui travaille avec des enfants souffrant de TSL, c'est à dire pour faire rapide de dyslexie, je sais quelles perspectives ont ces enfants dans un système très normatif. Je n'ose même pas imaginer la place que l'on fera aux enfants souffrant de déficience intellectuelle si on commence à trier!!!
Alors évaluer oui, tous les enseignants le font, mais pas pour trier comme c'est la finalité actuellement mais pour proposer d'autres manières d'apprendre, pour valoriser toutes les manières d'apprendre et cesser de faire de l'exclusion car au final tous les talents gâchés coûtent extrèmement chers. Malheureusement nous sommes dans une époque d'extrême libéralisme, où l'on ne donne plus le temps au temps, car il faut un retour sur investissement très rapidement. Et finalement nos enfants sont traités comme un produit de consommation. Triste époque!
On peut imaginer les dégâts que cela peut faire sur des personnalités en construction: "j'ai une mauvaise note, donc je ne vaut rien" et l'on s'étonne qu'ils manquent de motivation!!!
L'enseignant a aussi pour mission d'informer et de faire prendre conscience à l'élève qu'il note son travail et non l'individu lorsqu'il rend les devoirs noté ou commentés.
- Elise -
Ce qu'il faut , c'est "mettre le paquet " en primaire pour que la quasi totalité des élève atteigne le niveau demandé .
Ayant été responsable local d’une association de parents d’élèves pendant 10 ans, je ne crois pas que suivre l’avis des parents est une méthode pertinente pour déterminer la meilleure organisation pour l’éducation nationale. La majorité d’entre eux s’intéressent uniquement à l’intérêt de leur petit chéri ; ils ont tendance à croire les solutions simplistes qui supprimeraient comme par magie toutes leurs préoccupations sur l’avenir de leur enfant et ils ont une vision tayloriste de la gouvernance des organisations (totalement inadaptée à l’enseignement). Par ailleurs, la problématique de l’éducation est complexe. Toutes les solutions envisageables ont des effets pervers que vraiment peu de gens sont capables d’imaginer et d’évaluer. Nous avons eu récemment l’engouement pour le magique lycée finlandais qui n’avait dans la réalité aucune des qualités qu’on lui avait attribuées : ni suppression du redoublement (c’était le contraire : les élèves n’étant pas poussés à faire des efforts pour apprendre), ni bac unique (les matières passées sont inscrites sur le diplôme et il est possible d’avoir un bac sans maths ou avec maths renforcés). Le test PISA qui justifiait son efficacité s’adresse aux jeunes de 15 ans donc avant qu’ils aient mis un pied dans ledit lycée.
Les comparaisons internationales des systèmes d’éducation montrent que la moins mauvaise solution pour l’enseignement jusqu’à la fin de la scolarité obligatoire (fin de collège) est de supprimer les redoublements, mais organiser les enseignements de telle manière que, quels que soient les acquis les élèves, ils apprennent quelque chose dans le cours auxquelles ils assistent. Cela suppose d’organiser les cours d’Histoire-Géo ou de Physique de telle manière que les élèves qui sont mal à l’aise avec l’expression et la lecture puissent en tirer quelque chose et ne pas s’ennuyer, ni être en échec devant leur devoir. Cela suppose de donner des cours de Français différents et en petit comité pour ceux qui maîtrisent insuffisamment la lecture et l’écriture. Idem pour les cours de math ou d’anglais. Cela veut dire de mettre des moyens pour prendre en charge dans des petits groupes les élèves qui n’ont pas des acquis minimaux, sur les fondamentaux jugés indispensables et ce dès le CP (le strict minimum est la maîtrise de la lecture, de l’écriture et du calcul).
L’absence de solutions pour les jeunes qui n’ont pas les fondamentaux en arrivant en 6ème (lecture, écriture, calcul) est un vrai problème et avant tout pour eux.
Ce que peu de gens savent, une classe de collège se constitue en général de 3 groupes: La tête de classe entre 13 et 16 de moyenne (élèves studieux généralement suivis par leurs parents), le ventre entre 8,5 et 11, et le groupe en difficultés entre 3 et 7 de moyenne. Le redoublement n'est proposé qu'aux élèves entre 8,5 et 9,5. Les élèves en grandes difficultés passent car le redoublement ne sert à rien, les études montrent que généralement la moyenne reste identique l'année de redoublement. On dit qu'ils passent "à l'ancienneté" car ils ont en général deux ans de retard. Aujourd'hui un élève qui arrive en 6ième en maîtrisant insuffisamment l'écriture et le calcul se trouve condamner à assister des cours où il a l'impression qu'on parle chinois et à se retrouver devant des exercices que, quelle que soit sa bonne volonté, il ne peut pas réussir. Il arrive en fin de 3ème sans avoir rien appris et en ayant l'estime de soi complètement détruite.
Par contre, je pense que restreindre l’acceptation en 6ème générale uniquement aux enfants qui ont les acquis est une fausse bonne idée. (Un examen n’est pas nécessaire, le conseil d’école serait très capable de juger avec moins de stress et un coût moindre). La première raison est : Qu’est-ce qu’on fait des jeunes qui ont déjà deux ans de retard ? Il est hors de question que ces jeunes souvent en situation de révolte car stigmatisés par leur échec se retrouvent dans la même cours de récréation que mon bout de choux qui arrive en CP. Par ailleurs, si le problème est un refus d’apprendre, va-t-on les garder jusqu’à ce qu’ils ont 16 ans ? L’autre solution est de créer une classe de 6ème pour « les nuls » : c’est ce que souhaite les parents des bons élèves et qui ont les moyens de payer le privé pour celui de leur progéniture qui serait en difficulté par rapport aux normes de l’enseignement public. Cependant tous les retours d’expérience sont formels : ces classes sont des catastrophes. Il y a quelque chose d’inadmissible de trier les élèves à 10 ans.
Parmi ceux qui n’ont pas ces acquis, il y a ceux qui sont en état de « refus d’apprendre » et qui seront tout à fait capables de faire des études supérieures le jour où ils auront envie de changer d’attitude (j’en ai eu un), les dyslexiques détectés trop tard etc. Les parcours d’apprentissage ne sont pas forcément linéaires. Les comparaisons internationales sont claires : les pays qui obtiennent de meilleurs résultats ont supprimé les redoublements, mais ils ont mis en place les moyens nécessaires pour le soutien tout le long du parcours pour ceux qui n’ont pas acquis les fondamentaux jugés nécessaires.
Il aussi utile de créer des classes spécifiques qui conduisent normalement à l’enseignement professionnel dès la 4ième , mais en refusant le tri (orientation d’office). Il faut les réserver à ceux qui ont fait positivement le choix de se diriger vers des études courtes, car les apprentissages intellectuels les rasent et ils savent que ces parcours aboutissent à des métiers qui permettent de trouver un emploi relativement facilement.
Je suis d'accord avec la plupart de vos observations, qui rejoignent celles du livre que j'ai écrit avec Antoine Bodin (le Krach Educatif).
Mais je regrette quelques approximations de méthode et de fait.
Méthode : vous dites : restreindre l'entrée en sixième a ceux qui ont les acquis minima requis est une fausse bonne idée car...que fera-t-on des autres ?
Ce n'est pas un bon argument. A mon avis, le bon raisonnement c'est : entrent dans la classe supérieure ceux qui peuvent profiter de la classe supérieure, i.e. ceux qui maîtrisent les prérequis. Et...il faut trouver des solutions pour les autres.
Sur les faits, vous dites que les pays qui ont les meilleurs résultats sont ceux qui ont supprimé les redoublements. Ce n'est pas exact. Dans de nombreux cas, (exemple le Quebec) le système utilisé est celui qu'évoque avec légereté Lelièvre : on avance dans la discipline où l'on a les connaissances requises, et pas dans celles où on ne les a pas. On peut donc se trouver en 4ème pour les maths et en 3ème pour le français. Dire qu'il n'y a pas de redoublement, ici, c'est jouer sur les mots.
Par ailleurs j'attire votre attention que l'expression "les pays qui réussissent le mieux" est trompeuse. On pense à la Finlande et à PISA. Bon. PISA c'est le niveau 15 ans. La Finlande réussit MAL au niveau du lycée et les étudiants sont TRES faibles.
Enfin, de manière tout à faite générale, je ne comprend pas que l'on puisse accorder foi à une "info" comme : "dans tel pays, on a supprimé les redoublements". Ah bon ? Dans ce pays, tous les enfants avancent comme il faut ? Ils n'ont pas de lacunes ? Pas de difficultés ! C'est merveilleux, ce doit être le pays du Père Noël ! Justement, c'est la Finlande !
A t'il jamais germé dans la tête d'une huile de l'EN qu'un enfant (terme que je préfère de bcp à celui d'élève), pour ne pas être catalogué "scolaire" (soit, discipliné, bon en la sacro sainte orthographe française, et pas trop mauvais en maths) par l'institution, peut cependant ne pas être manuel ???? A t'on réalisé que les garçons murissent plus tard que les filles ? qu'on ne construit pas sur le sable meuble de la non confiance en soi, la non estime de soi ? que certains enfants n'appréhendent bien que les sujets auxquels ils peuvent donner du sens ?
C'est peut être les profs qu'il faudrait soumettre à un test de plus !!!!
En quoi est-ce que vos constatations (que je partage) empêchent que l'on mesure à un moment donné ce qu'il sait faire, ou ne pas faire ?
Le même instrument tranchant peut servir le bien, ou le mal. Le crime, ou la chirurgie. Un bistouri peut tuer, et il peut sauver.
Il en est de même de l'évaluation. Pour beaucoup, la "gentilesse" consiste à ne pas orienter, ne pas sélectionner et pour éviter toute tentation, ne pas évaluer, ne pas noter. Il y a des choses indispensables qui ne sont pas maîtrisées ? On verra plus tard. C'est la politique qui consiste à cacher la poussière sous le tapis.
L'enfant présente de graves insuffisances en CM2 ? On verra plus tard, ne soyons pas méchants, laissons-le avancer. Il ne sait toujours pas vraiment lire ni compter en fin de cinquième ? Ne soyons pas élitistes !
La semaine dernière on s'est adressé à moi pour donner des cours de maths à une élève de MPSI (prépa maths) qui a eu mention très bien au bac et ne dépasse pas une note de 3 sur 20 en MPSI. Pourquoi ? Parce qu'elle est incapable de bâtir une démonstration, de rédiger un raisonnement de deux lignes.
Et pourquoi en serait-elle capable ? Jusqu'en seconde elle a été en classe avec des jeunes qui demandent leur calculatrice pour savoir quel est le carré de 8.
Je viens de corriger le rapport de stage d'un jeune homme de niveau bac plus deux. En neuf pages j'ai relevé quatorze confusions infinitif/participe passé.
Alors surtout, Monsieur Lelièvre, n'évaluons pas ! Pas d'examen ! Ce serait trop triste ! Cela ferait trop plaisir à Monsieur Copé ! Voilà une boussole : il faut déplaire à la droite !
Eh bien, c'est une mauvaise boussole. Pour suivre ma comparason initiale je dirai qu'évaluation, orientation, sélection réalisées par la droite auront un effet destructeur. Mais la gauche pourrait en faire un bon usage, constructif. Encore faudrait-il qu'elle se débarasse de préjugés ridicules ! Relisez le plan Langevin Wallon !
Où lisez "le Krach Educatif" (l'Harmattan 2010).
Je note au passage que la conception qui fait avancer un élève quand il en est capable et pas quand il a trop de lacunes, discipline par discipline (donc il pourra être en 3ème en maths et en 5ème en français) est en oeuvre depuis de très nombreuses années au Québec. Cela fonctionne très bien.