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Non aux évaluations de CE1!
Dans un contexte de décisions qui rendent de plus en plus clair l’objectif recherché d’une évaluation en fin de CE1, la principale fédération de parents d’élèves ( la FCPE ) appelle au combat contre la poursuite de sa mise en œuvre.
Lorsque les évaluations par tests nationaux ont commencé au début des années 90 ( en CE2 et en sixième ) elles ont été programmées en début d’année scolaire, car elles avaient clairement un objectif ‘’diagnostic’’ qui pouvait être clairement affiché.
Ces dernières années, on a commencé par ‘’remplacer’’ l’évaluation de début de CE2 ( début du troisième cycle de l’enseignement élémentaire ) par celle de fin de CE1 ( fin du deuxième cycle de l’enseignement primaire ). C’était quelque peu étrange, mais l’objectif ne pouvait pas encore être clair ( sauf pour les initiés ).
Ensuite on a ‘’remplacé’’ l’évaluation de début de sixième ( début du collège ) par une évaluation au milieu du CM2. C’était encore plus étrange ( une évaluation en plein milieu d’année ), mais on n’avait pas osé aller franchement jusqu’à la logique du déplacement effectué car cela aurait trop rendu visible ce qui était cherché : acclimater petit à petit une évaluation terminale de l’école élémentaire, prélude à un retour à un examen d’entrée en sixième.
Depuis, une partie de la droite politique a clairement affiché qu’il convenait d’aller dans cette direction rétroactive ( en sens contraire de tout ce qui a été mis en place durant les années gaulliennes de la cinquième République ).Et Jean-François Copé a dit récemment tout haut ( fin octobre dernier ) ce que beaucoup de ceux là pensaient tout bas : « l’entrée au collège ne doit se faire que pour l’enfant qui maîtrise totalement les savoirs fondamentaux : mon idée est de créer un examen de fin de CM2, d’évaluation des enfants ; ce serait un examen de passage en sixième ». Du coup, il est pratiquement ‘’acquis’’ que les prochaines évaluations de CM2 auront lieu en fin d’année..
Enfin, il a été annoncé tout dernièrement qu’une évaluation en fin de cinquième devrait désormais être mise en place ( en concomitance remarquable avec l’annonce de plusieurs nouveaux dispositifs de ‘’dispatching’’ pour les deux dernières années du collège : pré-orientation professionnelle dès la quatrième, DIMA, troisième ’’prépa-pro’’).
La boucle est bouclée, et tout devrait être désormais très clair. Mais les commentaires dans les médias des hauts responsables du ministère s’efforcent toujours de ‘’noyer le poisson’’ de façon pathétique ( et cynique ) en raison des difficultés prévisibles ( non résolues d’avance ) de la mise en place effective de cette politique d’ensemble, parmi lesquelles on ne peut compter pour négligeables les réactions des ‘’intéressés’’, en premier lieu celles des parents d’élèves.
Dans ces conditions, on ne devrait pas s’étonner de la prise de position très claire de la FCPE.
PS:Communiqué de presse de ce lundi du SE-Unsa " Les évaluations CM2 auront lieu en fin d'année scolaire à partir de 2012, a indiqué au Se-Unsa Jean-Michel Blanquer, directeur de l'Enseignement scolaire au ministère de l'Education nationale. Il met ainsi un terme à une fiction entretenue par le ministère d'évaluations permettant de mettre en oeuvre des remédiations avant l'entrée en sixième [...]. Pour le SE-Unsa, les évaluations doivent être au service des apprentissages des élèves, et non de la sélection et des statistiques minstérielles. Il demande le développement de banques d'outils d'évaluation des compétences du socle commun à tous les niveaux, et le retour à des dispositifs nationaux d'évaluations diagnostics en début de CE2 et de CM2".


Tous les commentaires
Eh oui! Contente de voir la FCPE prendre ces positions.Instit de CM2 je me suis insurgée dès la première année contre ces évaluations absurdes: non seulement mal placéees (soit disant elles devaient nous aider à dépister les enfants en difficulté, franchement si en janvier on ne les a pas encore détectés il vaut mieux changer de métier!) mais dévoreuses d'un temps précieux. Hélas l'autoritarisme de la hiérarchie a fait rentrer dans le rang les récalcitrants et je constate que ce qui se passe est de plus en plus grave (fichage des résultats, livret de socle commun encore plus absurde)
A l'heure actuelle, on évalue de plus en plus mais on aide de moins en moins (rased supprimés, effectifs de plus en plus lourds, enseignants non formés). Désormais , ne réussiront que ceux qui sont formatés pour. La logique ultra libérale de l'UMP progresse à grand pas.
Je parierai qu"un sondage va nous prouver qu'une majorité de Français sont pour l'examen d'entrée en 6ème et pour l'orientation en apprentissage mais.....pour les enfants des autres bien sûr!!!!!
Ce sondage a déjà eu lieu ( cf mon billet du 5 avril: "un plébiscite pour un examen d'entrée en sixième?" ): trois quarts des Français interrogés par un institut de sondage ( CSA ) et deux tiers des parents d'élèves s'y disent favorables.
++++!
Et on va ajouter que beaucoup trouve l'enseignement privé plus "efficace" et "rassurant"!
Aucun argument décisif dans cette opinion sauf que ces projets vont à l'encontre de ce qui fut modifié dans les années gaulliennes (il y a 40 ans).
Quel est l'avantage de conduire au collège des enfants qui ne savent pas lire et écrire suffisamment bien, ni prêter attention à ce que disent les profs?
On pourrait suggérer des conduites plus fructueuses et moins passéistes et embaucher des pédagogues.
@loriot
Embaucher des pédagogues, quelle bonne idée !
Malheureusement, on n'en forme plus depuis qu'on a supprimé de stage d'un an devant une classe, et on vient de supprimer les Rased, ces réseaux de pédagogues spécialisés dans l'aide aux enfants en difficulté.
Le ministère marche sur la tête, par exemple avec les évaluations nationales en CM2, qui, bien qu'ayant lieu en janvier portent sur le programme de toute l'année, et dont le système de notation est absurde et injuste : une note identique si on commet une seule ou douze fautes.
On pourrait continuer longtemps sur la cohorte sarkozyenne de ministres de l'éducation-Ubu qui s'accrochent au fichier Base-Elèves condamné par le Conseil d'Etat et réprouvé par la commission des droits de l'enfant des Nations-Unies.
Il fallait un pédagogue à l'Education nationale, on nomma un DRH de l'Oréal, qui n'est même pas au parfum...
à joel martin
+++++++++++++++++++++++
Qui va sauver le "soldat pédagogue"?
Nous voilà bientôt revenus aux " filiaires " : plus d'espoir d'égalité scolaire , de socle commun , d'élévation culturelle générale pour le pays .
Or , on sait qu'on peut faire autrement : les payssans filiaires , sans redoublements , sans classes de niveau ont de meilleurs résultats ;
Les raisons pour lesquelles ces évaluations sont promues ne sont pas pédagogiques mais informatiques. Elles sont à chercher là :
http://retraitbaseeleves.wordpress.com/autres-fichiers-de-len/livret-de-competences/
Il s'agit de remplir les fichiers d'évaluation avec les notes des évaluations, qui sont récoltées ainsi au niveau national.
"Le Collectif National de Résistance à Base Elèves (CNRBE) alerte sur la mise en œuvre d’un fichage informatique d’une nature et d’une ampleur jamais imaginées : celui des compétences depuis la petite enfance et tout au long de la vie. Ces compétences déclinées en sous-compétences, définies par l’Etat comme des connaissances, des capacités et des attitudes, recueillies dans le Livret Personnel de Compétences, vont être attachées à l’identité des personnes par l’intermédiaire de leur matricule et enregistrées dans d’énormes banques de données."
Les evaluations sont nécessaires, vraiement nécessaires.
Deux cas de figures réellement arrivés dans mon entoutage.
Un élève en CM2 l'année dernière, dans un établissement privé hyper coté, sur 30, tout juste la moyenne.
Cause familiale, a du migrer dans une ville de province, et s'est retrouvé dans un lycée publique "normal". Brutalement premier de la classe toute l'année dans quasi toutes les matiéres. Les parents auraient aimé avoir une évaluation de ce lycée, de sa 6ème.
Deuxième cas, l'inverse. A Paris passage d'une 6ème publique dans une 5ème du privé. Le choc, de parmi les premiers de sa classe dans le publique, se retrouve dans les dix derniers dans le privé et galère pas possible. Ce sont des évaluations "sur le tas" que l'on aurait aimé être consolidées par ailleurs.
Interessants vos deux exemples qui montrent que les évaluations pourraient servir non pas à évaluer les élèves mais les établissements scolaires. En tous cas, vous montrez que ce ne serait pas à l'avantage du privé (surtout du plus côté). Il est vrai qu'il ne s'agit que de 2 cas...
Non à... à peu près tout ce qu'entreprend cette équipe gouvernementale. Le meilleur moyen de lutter est de garder quelques forces pour la suite. Le catalogue des mesures imbéciles et/ou discriminatoires n'en finit pas de s'allonger.
Compétences, sous-compétences... Les robots sommés de marcher au pas dans la bonne case, taillables et corvéables, euh... "employables", c'est le terme utilisé dans les textes qui constituent la "Stratégie de Lisbonne", tout au long de la vie, qui sera on s'en doute de plus en plus courte, vu que les pauvres n'auront plus accès aux soins...
Le tableau est parfait, il n'y manque même pas la signature : UMPworld.
Si les parents ont deux sous de bon sens, ils n'ont qu'à ne pas envoyer les gamins à l'école les jours où... Ce sera un fameux coup de main à la désobéissance civile des enseignants qui ont quelque chose entre les deux oreilles.
à Dianne
je plussoie++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
Plus on enlève de "moyens" au primaire et plus en parallèle on accroit l'écrasant poids répressifs des évaluations de compétences (quasiment
"au berceau méta phoriquement parlant") et plus volontairement par là même des chances sont données à l'enseignement privé donc de ce fait à l'argent.
Les argentés auront les plus chères /meilleures formations (enfin ,les plus cotées!) don les "postes" devenus "chasses gardées"!
cqfd
Contrairement à ce qui figure habituellement en toutes petites lettres dans les plus scélérats des contrats, il n'était même pas écrit, dans les fameux textes, que pour "rester employables tout au long de la vie", les serfs devraient se débrouiller par leurs propres moyens, sur leur temps personnel. Et avoir suffisamment de jugeotte pour anticiper les crash par secteurs d'activité afin de se tourner vers les domaines "porteurs". Peu importe si, la formation générale étant sabotée, la fameuse adaptabilité devient une chimère. On ne s'adapte que si on en a les moyens intellectuels suffisants.
Plus de formation musicale de base, des "citrons" ultra-spécialisés, pressés jusqu'à la dernière goutte, et jetés quand leur spécialité disparait. Bonne chance à tous les pauvres.
Merci une nouvelle fois, cher Claude. La droite française fait des efforts considérables pour garder l'appellation de droite la plus bête du monde. Pourquoi ne pas envisager une première évaluation-test à la sortie de la maternité ?...
Pour avoir subit, en tant que "parent" l'évaluation de ma fille l'an dernier au CE1, je peux ajouter :
* cette évaluation est effectivement assez traumatisante, pour les instits, pour les élèves, pour les parents. Une réunion spéciale "explication et dédramatisation" a due être organisée par l'instit.
* le niveau est relativement élevé, certaines questions étant même difficilement compréhensibles pour un adulte
* l'instit a dû y consacrer plusieurs jours
* de manière générale (mais cela vaut pour toutes les notations jusqu'en CM2 au moins), cette évaluation évalue surtout la capacité des parents et des instituteurs à accompagner les enfants dans l'apprentissage. Quasiment tous les enfants (sauf trouble particulier) sont capables d'avoir le niveau demandé, á condition que l'instit soit bon et surtout que les parents suivent et complètent.
En bref, le risque est d'arriver á la conclusion "30% des enfants n'ont pas le niveau"... alors que le résultat est plutôt : "30% des enfants ne sont pas bien accompagnés dans leur apprentissage".
Moi, j'adore cette époque : tout le monde évalue tout le monde . Vous achetez en ligne ,sur E bay par exemple : vous vous devez d'évaluer le vendeur à la réception du produit : rapidité , emballage , conformité, etc , etc , et le vendeur se doit d'évaluer l'acheteur : est il sympa ,a t'il payé avec suffisamment de célérité, ? etc, etc ...
Ce qui manque c'est l'évaluation des évaluateurs ...etc, etc
Merveilleuse société où chacun passe son temps à évaluer les autres ...
Revenons à l'EN : je suis d'accord pour évaluer fin CP et fin CM2 ( là l'examen de passage me conviendrait mieux )....
Mais pour le reste , non ! Que l'on laisse les enseignants faire leur travail et les enseignés faire leurs acquisitions .
Passque à trop vouloir démontrer on ne démontre rien ...
Il fut un temps , il y a quinze ans , où évaluer prenait un tiers du temps par rapport aux leçons ...
Evaluations initiales, médianes, terminales...
+ Locales, Zep , nationales , et internes (carnet)...
Je ne sais pas où ça en est aujourd'hui ...
Ensuite , par rapport aux évaluations nationales, certains items sont vraiment tordus et d'autres , c'est un appel au bachotage...
Ls
J'enrage vraiment, j'ai longtemps fait partie des groupes qui réfléchissaient aux évaluations nationales de début d'année, dans le but, comme vous le soulignez, de remédier aux difficultés individuelles des élèves, elles avaient aussi pour avantage de permettre d'engager un rapport intéressant avec les élèves, de les encourager à l'autoévaluation sur l'année et, accessoirement, mais ce n'est pas négligeable, de formuler des choses précises sur les livrets scolaires. Cela induisait toute une démarche, novatrice, favorisait la pédagogie différenciée. On a inversé totalement l'affaire, dans une démarche démagogique et rétrograde que l'on trouve à l'oeuvre dans d'autres domaines.
Complètement d"accord !
complètement d'accord
A propos de ces fichus éval CE1, il s'est passé quelque chose d'assez drôle, entre hier et aujourd'hui : elles ont été mises en ligne sur le site d'une inspection de circonscription, en Alsace. Chatel a menacé de procès les "irresponsables" qui l'avait fait, la dernière fois, avant la passation des éval CM2. Chiche, donc...
Voir ici: http://sud-arl.org/les-evaluations-nationales-CE1-en.html
ou là: http://4tous.net/ecoledemain/spip.php?article671
Voilà la meilleure façon de s'y opposer!
Ce qui est impressionnant avec ces évaluations CE1, c'est que beaucoup d'exercices ont été empruntés aux anciennes évaluations CE2 de début d'année. Normal, direz-vous, fin CE1/début CE2, c'est la même chose.Sauf qu'avec ces évaluations, on retrouve des absurdités qui n'étaient même pas au programme à la fin du CE2. Exemple la division posée par 2 et par 5. Progrès ?! On hausse le niveau d'exigence ? Non, on trompe les parents et on conduit les élèves dans des impasses.
2. On conduit les élèves dans l'impasse
De manière globale on remarque une chose évidente. Les évaluations début CE2 cherchaient à aider l'enseignant à repérer le cœur des savoirs et des difficultés de l'élève (les J'ade et Casimir étaient là pour cela) tandis que là...on cherche à voir si l'ensemble du programme absurde a été fait. C'est tout.
je me rappelle très bien, il y a 25 ans les divisions étaient du programme de CM1... et c'était déjà difficile. Maintenant c'est passé en CE2.... il est vrai que déjà en CE1 ils font le double et la moitié, ce sur quoi ma fille a buté pendant un bon moment (elle confondait les 2) et s'est d'ailleurs rétamée à l'évaluation sur le sujet.
Il faut respecter un délai minimum de maturation pour l'apprentissage.
En fin de CE2 elle pose maintenant très bien ses divisions et applique la méthode.
En francais en CE2 ils apprennent le présent, le futur, le passé composé (avec être et avoir, bonjour les accords) et l'imparfait. Certains week-ends, c'est bachotage assuré.
La division n'est pas au CE2 mais au CE1 !! je sais que ce n'est pas croyable mais c'est ainsi...même les conseillers pédagogiques ont effacé ça de leur mémoire tellement c'est improbable...
Autre raison, qui va avec les évaluations CM2 en fin d'année pour 2012 et les évaluations 5ième : donner un signal fort que l'on réinstaure l'école d'autrefois qui excluaient tant d'enfants pour ne retenir que l'élite...bref, encore à rebours des besoin moderne.
Comparaison n'est pas raison: laissez tomber les éternelles références complètement anachroniques à l'examen de passage en 6ième, dont la dernière session a eu lieu en 1957. Celui-ci imposait un niveau que vous ne retrouvez pas ( pour les mêmes matières: ne serait-ce que lire écrire compter) , chez nombre d'élèves de troisième d'ajourd'hui qui auraient été recalés.
Et bien pour rendre raison d'une comparaison à faire, je vous invite à lire mon billet :
http://blogs.mediapart.fr/blog/sebastien-rome/030511/par-quel-bout-allonger-la-scolarite-obligatoire