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Des devoirs de vacances très spéciaux
Xavier Darcos a profité des premiers jours de vacances pour annoncer la suppression de 13500 postes à la rentrée 2009. Les contenus des nouveaux concours de recrutement vont être rendus publics dans les jours qui viennent.Ils détermineront directement les nouveaux masters professionnels ‘'enseignant'' qui doivent être ‘'opérationnels'' dès la fin des vacances .
Le moins que l'on puisse dire, c'est que cela se précipite durant la soi-disant ‘'trêve estivale'' ! En juin, le ministre de l'Education nationale a décidé la ‘'mastérisation'' de la formation professionnelle des enseignants. Pourquoi pas, en effet, une formation des enseignants dans le cadre des masters universitaires, même si ( comme pour toute formule en une matière aussi difficile et délicate ) cette option a sans doute ses forces et ses faiblesses, ses possibilités et ses risques ? On aurait donc pu penser que, précisément pour cela et compte tenu de l'enjeu, il fallait se garder de toute précipitation et prendre quelque temps de sage délibération pour bien maîtriser les tenants et les aboutissants d'une réforme qui se présente comme d'envergure.
Et bien, non ! Tout se décide ou doit être décidé dans la précipitation ! Les contenus des concours de recrutement vont être rendus publics dans les jours qui viennent et vont déterminer directement, durant cet été, le contenu des masters. Sous la pression et dans une atmosphère de grande fébrilité, des universités se mettent à préparer de nouveaux masters censés être opérationnels dès la rentrée ( alors que, normalement, afin de respecter les droits légitimes d'expertise des universitaires et de leurs instances, la procédure pour obtenir une ‘'habilitation'' de tel ou tel enseignement prend des mois de concertation ). De toute façon, ce qui a déjà filtré quant aux contenus des concours de recrutement ( dont la préparation constituera l'essentiel des dits ''masters'' ) interdit de penser que l'on aura affaire à de vrais ‘'masters professionnels'' ( tels qu'ils existent actuellement, donnant beaucoup d'importance aux stages, aux ‘'mémoires'' et aux experts professionnels ) et encore moins aux ‘'masters recherche'' ( centrés sur la formation à la recherche et par la recherche ).
On comprend alors que progresser avec plus de circonspection et de délibération peut être ‘'redouté'' par le ministère, d'autant qu'il cherche par ailleurs ( politique sarkosienne pluriannuelle de non renouvellement des fonctionnaires oblige ) à profiter le plus vite possible de l' ‘'effet d'aubaine'' que permet sa réforme d'ensemble : une économie de l'ordre de 14000 postes à l'horizon par la mise sur le terrain à temps plein des lauréats des nouveaux concours ( sous prétexte d'une formation professionnelle fondée avant tout sur le ‘'compagnonnage'').
Dans ces conditions, on ne sera pas autrement étonné que, dès à présent, les promoteurs de l'Appel lancé le 19 juin " pour une formation des enseignants de haut niveau dans des IUFM rénovés " ( et qui a déjà réuni plus de 4500 signatures : http://www.former-des-enseignants.org/ ), appellent à la tenue d'Etats Généraux sur la formation professionnelle des enseignants pour la rentrée universitaire afin que l'on prenne ces décisions estivales hâtives pour ce qu'elles sont : du ‘'provisoire'' ou, plus précisément du ‘'préfabriqué'' ; même si, comme le souligne d'ailleurs l'Appel, " il ne saurait être question d'en rester au statu quo, car la formation des enseignants doit être améliorée, tant sur le plan académique que sur le plan professionnel, tant dans le domaine de l'articulation avec la recherche que dans celui de l'implication des enseignants, des étudiants et des stagiaires dans leur parcours de formation ".


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Improvisation et précicpitation sont les maîtres-mots de ce régime réactionnaire et régressif.
"Improvisation et précicitation " je vois les choses, au contraire, complètement calculées et stratégiques. Je dirais plutôt qu'on est face à un rouleau compresseur qui sait où il va (tout ddroite !), qui avance et qui veut vaincre, fort de ses premiers succès anti-grèves du printemps. Alors, je reprendrais bien le refrain de René Lorient "qu'est-ce qu'on fait". Mais je crains que les réponses anciennes ne conviennent plus, justement.
Je suis professeur des écoles en primaire, je suis effondrée par tant de précipitation. Concernant la formation des maitres, j'ai été sollicité plusieurs fois pour accueillir des stagiaires IUFM dans ma classe. J'étais prête à m'impliquer dans cette tâche. Pourtant que d'amateurisme ! Jamais on n'a défini clairement mon rôle, aucun lien n'a été fait avec les formateurs IUFM. J'ai passé beaucoup de temps avec les stagiaires pour expliquer, répondre à leur questions (toutes en lien avec la gestion d'un groupe, domaine qui leur semble être le moins abordé à l'iufm). J'ai été payé 150 euros pour deux semaines et deux stagiaires....... Et encore, il faut réclamer plusieurs fois son dû ! Je suis enseignante depuis 25 ans et prête à m'investir dans la formation des jeunes enseignants en les accueillant dans ma classe, mais dans un cadre clairement défini et pas à n'importe quel prix. Je crains que la mise en place de ces masters ne résolve pas le principal problème que rencontrent les nouveaux enseignants, la gestion du groupe, sa cohérence, le rapport avec les familles... Toutes ces connaissances très concrêtes acquises sur le terrain.
Je discutais hier avec un collègue allemand. Les étudiants allemands aspirant à devenir enseignants doivent obtenir un Staatsexamen théorique, un an après le Magister (maîtrise), soit à bac +5. Le diplôme obtenu, ils partent en stage dans un établissement où ils reçoivent une petite rétribution. A l'issue de leur stage de deux ans, ils ont un Staatsexamen complet. Mais ils doivent alors se chercher un poste. Ce n'est pas un concours de recrutement. N'y aurait-il pas là une des sources d'inspiration de notre gouvernement ? Le collègue me disait en même temps qu'il était de plus en plus difficile de trouver des candidats parce qu'une campagne contre les enseignants qui ne font rien (on a même allongé le nombre des heures de travail), qui dure depuis des années, a complètement terni l'image du métier. C'est la transcription d'un témoignage. N'y aurait-il pas à approfondir, préciser, évaluer ?
C'est quand même un peu duraille comme système ! Vous imaginez le niveau de violence du changement en passant du système actuel au système allemand. D'autant plus que le recrutement local des enseignants, le système français n'y est pas encore prêt.
Mais l'idée de stage d'un an avec une plus faible rémunération mais aussi avec un service allégé après le concours national, puis d'un examen de titularisation, est une solution intermédiaire entre la réforme annoncée et le système allemand.
mais il faut se mettre d'accord sur le niveau de la rémunération, le niveau du service, la nature et le contenu de l'examen de titularisation. Et surtout : Est-ce qu'on aura encore des candidats de qualité pour ce parcours d'obstacle ?
Le Staatsexamen est délivré par les universités et a valeur nationale, comme tout diplôme autorisé. D'après ce que je sais, rien n'empêche personne de poser sa candidature en dehors du Land où l'on a fait ses études universitaires. C'est la politique éducative qui est "landisée"pour l'essentiel.
Ce que vous décrivez-là confirme toute la malfaisance de nos gouvernants actuels. Ils nous ont lancé dans un maelström de réformes destructrices. La descente dans le gouffre ne fera qu'aller en s'accélérant. Lorsqu'ils auront transformé ce pays en champ de ruines, ils iront faire leur fric ailleurs... Mais qui reconstruira?