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Un blog d'enseignant appelle à la résistance

A consulter peut-être avant qu’il ne soit fermé. Avec simple retransmission de ce qui m’a été envoyé.

 

Newsletter n° 1 - 10
novembre 2008. La lettre "En conscience, je refuse d'obéir" d'Alain
Refalo a agi comme un déclic chez beaucoup d'enseignants. A ce jour,
plus de 7 500 visiteurs différents l'ont lu sur le blog, sans
compter une vingtaine de sites qui l'ont mise en ligne et la
diffusion par mail. Des enseignants l'impriment, la diffusent,
l'affichent.Aujourd'hui, à 17h, Alain Refalo a été convoqué par son
Inspecteur de circonscription qui l'a reçu, accompagné d'un
représentant de l'Inspecteur d'Académie. L'inspection Académique a
reçu ordre du Ministère d'ouvrir une enquête au sujet de cette
affaire et de lui transmettre un rapport. L'entretien a duré 1h30
durant lequel il lui a été demandé s'il confirmait le contenu de la
lettre. Alain Refalo a confirmé point par point les sujets sur
lequels il considérait son devoir de désobéir. Les inspecteurs ont
voulu connaître ses motivations. Alain Refalo a dit que depuis des
mois les enseignants n'étaient pas entendus, malgré les pétitions,
les grèves, les tribunes dans la presse. Il a affirmé avoir posé
cette acte de désobéissance en souhaitant que d'autres prennent le
relais, que ce mouvement s'amplifie afin de créer un débat public et
un rapport de forces avec l'administration. Il est évident que ce qui
embarrasse aujourd'hui le Ministère c'est la publicité donnée à
cette lettre, sa diffusion comme une trainée de poudre sur
internet. Une fois le rapport transmis à l'IA, Alain Refalo sera
certainement convoqué pour un nouvel entretien avec
l'IA. Aujourd'hui, il apparait important que cette initiative soit
relayée par l'envoi de nombreuses lettres individuelles ou/et
collectives pour affirmer notre détermination et rendre difficile la
répression et les sanctions. Le blog Résistance pédagogique pour
l'avenir de l'école propose un modèle de lettre modulable à envoyer
à son inspecteur. N'hésitez pas à nous en envoyer copie. Elles
peuvent, si vous le souhaitez, être publiées sur le blog. Plus
l'affichage de la désobéissance sera massif, plus nous serons
nombreux à entrer dans cette démarche nouvelle et plus nous
parviendrons à créer un mouvement de résistance susceptible de peser
dans l'avenir.

 

 

Un communiqué syndical du 14 novembre

 

SNUipp-FSU - SE-UNSA - SUD Education
Communiqué unitaire suite à la CAPD du 14 novembre 2008

Tous les élus du personnel des organisations syndicales (SNUipp FSU – SE UNSA – SUD éducation) siégeant en CAPD ont quitté la séance du 14 novembre 2008.
Après une déclaration commune demandant que notre collègue Alain Réfalo ne subisse aucune sanction disciplinaire suite à la diffusion de sa lettre ouverte, l’Inspecteur d’Académie s’est borné à une réponse administrative : il vérifiera si la pratique pédagogique correspondait à la lettre, et si tel est le cas il y aura sanction.
Pour nous cette réponse n’est pas acceptable. La lettre d’Alain Réfalo est symptomatique d’une situation générale où dans les écoles, désarroi et colère se conjuguent face à un quotidien de plus en plus invivable.
Soumis à une avalanche de réformes qui orientent l’école sur une très mauvaise voie, méprisés, niés dans leur professionnalité, subissant un déni de confiance, nos collègues croulent sous les injonctions et tâches administratives supplémentaires. Cette situation est devenue insupportable.
Notre départ de la CAPD pose un acte fort : face au mépris, à l’absence de réponse et à l’obstination gouvernementale, nous estimons que la situation d’Alain Réfalo ne peut-être traitée comme un cas isolé et n’appelle pas une simple réponse administrative.
Sa lettre entre profondément en résonance avec l’état d’esprit actuel de la profession.
Cet état d’esprit s’exprimera dans la grève et dans la rue le 20 novembre.
Nous appelons l’ensemble des personnels à en faire collectivement la démonstration.

SNUipp FSU – SE-UNSA – SUD éducation

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__,_._,___

Tous les commentaires

Résistez beaucoup, obéissez peu. Walt Whitman Fabuleux slogan.. merci de cette redirection, Claude !

Il faudrait réunir nos différentes contributions, éparses dans Mediapart sur cette question de l'enseignement. Différents blogs (Armel le Bail, POL, Sébastien Rome, Christel, moi-même et je dois en oublier) s'en préoccupent. Mais nous sommes séparés les uns des autres. Cordialement.

Je trouve que c'est une bonne idée ; la seule édition portant le mot "école" qui apparaisse est celui qui s'intitule : "L'école à la rencontre de la pluralité culturelle". On pourrait en créer une dont la thématique serait plus large ... Qu'en pensez-vous ? Marielle Billy

Tout à fait d'accord également. Cela serait une formidable initiative de regrouper toutes ces énergies dans une édition participative. La visibilité de tous ces textes n'en serait que plus grande.

D'accord. Je peux le lancer sur mon blog éventuellement, à moins que quelqu'un d'autre ne le fasse. J'ai déjà un billet qui comporte ces mots-clés. On peut l'enrichir, peut-être changer le titre.

Ne pensez-vous pas qu'il faudrait faire une "édition" et non un blog, mais je vous ai sans doute mal comprise. Je ne sais pas comment on lance une édition ??? mais je veux bien me "greffer".

L'édition est ici.

Merci Stéphane, le lémurien, ôtez-moi d'un doute, je croyais qu'il s'agirait d'une édition centrée sur l'école ? ou alors je me suis mal dirigée, bon, je ne suis pas encore très experte ! je ne vois rien de tel en cliquant sur "ici", je tombe sur une page "journal" avec un article sur l'évolution !!

Oui effectivement, comme Monikea est en train de travailler dessus, le nom, et donc l'adresse, a déjà changé. Je mets de nouveau le lien, même s'il est peut être provisoire,en espérant que cette fois ci sera la bonne.

Il existe aussi une édition Lycée en chantier consacrée exclusivement à la réforme du lycée.

Oui, Louise, ce ne sont pas des lieux opposés, mais complémentaires. Le but de cet Observatoire est de mettre ensemble des luttes qui sont actuellement dissociées, et donc affaiblies. Mais les différentes éditions spécifiques, ainsi que les réflexions personnelles sur les blogs, permettront d'affiner. L'Observatoire veut TOUT observer à la fois, de façon intégrative. Car la même logique domine ces réformes. Merci à tous de vous manifester pour être rédacteurs: l'Observatoire est ouvert ! Cordialement.

OK Je vous mets un lien vers mon propre blog, qui comporte "humour" et "enseignement" dans ses mots-clés. http://www.mediapart.fr/club/blog/camembert Merci.

J'ai transmis en Belgique...

Merci. Je suis tombé sur ça également: http://www.gauche-unitaire-montreuil.org/spip.php?article86 Rectif: elle se trouve aussi sur le site que vous signalez.

Je trouve la lettre de Alain Refalo exemplaire. Merci Claude de la porter à ma connaissance. La situation de l'école est dans une difficulté considérable : attaquée par des réforrmes qui n'ont pas de SENS profond, chargée de missions qui ne relèvent pas d'elle, grippée par des fonctionnements d'un autre âge et le repli frileux de ses membres qui ne voient plus "midi qu'à leur porte", et sont largement désinvestis de toute action/réflexion collective. Alain Refalo avance une parole singulière, courageuse, qui montre que la pensée libre est encore possible. Marielle Billy

Comme le dit l'un des commentaires du blog en question, ce qui est dramatique c'est que les syndicats d'enseignants semblent hors course, obligeant les enseignants à des actions individuelles. Actions généralement peu efficaces et dangereuses pour ceux qui les mènent. Pour qui roulent les syndicats?

Plus que l'épuisement des syndicats, il s'agit d'un retour aux sources du syndicalisme autonome. Puisque les enseignants se méfient des syndicats instrumentalisés, puisque de toute façon l'opinion médiatique (et non publique) voit le discours des enseignants comme systématiquement politisé et donc catalogué et réduit, puisque presque plus personne ne se reconnaît dans le discours des principaux partis politiques, il semblerait que la désobéissance civile gagne du terrain. Thoreau est plus que jamais à la mode. . Après quelques années de désespérance démocratique, le véritable esprit démocratique, non pas le seul respect des institutions, mais la volonté d'agir sur le pouvoir, de rabaisser les hommes politiques à leur juste rang de serviteurs du peuple et non de donneurs d'ordre, cette volonté-là resurgit de toute part sans être liée à une opinion précise, mais toujours contre les abus du pouvoir politique aristocratisé.

On obéit en pensant que le risque est moindre... et ce n'est pas la moindre des erreurs. Serge Koulberg

. ...les abus du pouvoir politique aristocratisé Tchavolo . Je suis très d'accord avec la brève analyse ci-dessuys de Tchavolo, si ce n'est que le pouvoir politique n'a rien d'aristocratique; des fonctionnaires, quelques professions libérales qui détournent le principe démocratique à leur profit, peuvent, à la rigueur, tenter de se faire passer pour une "élite"... mais certainement pas pour une aristocratie. Même le terme d'élite me semble peu pertinent. . Quant au syndicalisme - et pour répondre aussi à l'intervention de Vincent Verschoore - "ce qui est dramatique c'est que les syndicats d'enseignants semblent hors course, obligeant les enseignants à des actions individuelles. Actions généralement peu efficaces et dangereuses pour ceux qui les mènent. Pour qui roulent les syndicats?" il me semble qu'il y a bien longtemps qu'on sait (milieu des années 80) que le syndicalisme est une grande force conservatrice. . On le sait, bien que ceux qui pourraient le dire ne veulent pas le dire et ceux qui devraient l'entendre ne veulent pas l'entendre (formatage de l'opinion). Mais, même indépendamment de cette question du syndicalisme qui relève de la nature de toute institution dont le destin est d'oublier ses origines et ses principes pour se consacrer exclusivement à sa propre perpétuation, je suis assez sceptique sur la capacité de l'enseignement à nourrir une dynamique de "désobéissance civile". . Le métier de l'enseignant, est d'apprendre aux enfants à rester tranquilles - c'est-à-dire à leur apprendre un comportement - avant même de leur apprendre quoi que ce soit d'autre, dans l'ordre du savoir. En outre, le métier d'enseignant qui est régi par un contrat que le professionnel signe avec son employeur, qui est l'Etat, prévoit que l'activité professionnelle - c'est-à-dire l'enseignement - se tient à l'écart des querelles idéologiques, religieuses et politiques. . Je veux parler de l'enseignement primaire et secondaire. L'enseignement supérieur, en revanche, permet un discours critique que nos enseignants-chercheurs se gardent bien de faire, sauf à l'exprimer en diaffoiranto, ce qui les met à l'abri de tout retour de bâton, qui nuirait à leur carrière. . Vive Thoreau, en tous cas. . 556120desobeissance1.jpg . jpylg

Pour information, les syndicats des années 80 n'existent plus depuis plus de 15 ans... Faut s'actualiser ! Il s'est passé des choses depuis la FEN.

à jpylg . "le métier d'enseignant qui est régi par un contrat que le professionnel signe avec son employeur, qui est l'Etat," . Les rapports des enseignants, qui sont des fonctionnaires, avec leur "employeur, qui est l'Etat", sont régis non par un contrat mais par un statut. Le fonctionnaire signe un "procès-verbal d'installation", qui n'est nullement un contrat de travail. . "Le métier de l'enseignant, est d'apprendre aux enfants à rester tranquilles" . En effet, il faut commencer par là, et ce n'est pas une mince affaire. Souvent au bout de dix ans l'enfant en est toujours au même point. . Pour ce qui est du malheureux syndicalisme, pour être "une grande force conservatrice" encore faudrait-il qu'il soit "une grande force"; c'est discutable.

J'ai reçu ce mail à plusieurs reprises : "Samedi 18 octobre 2008 Lettre de Roland : C’est décidé, j’entre en résistance !! Je ne supporte plus l’hypocrisie des discours officiels qui se gargarisent de grandes phrases sur l’intérêt des élèves, sur l’égalité des chances, …, alors que les seuls critères sont comptables avec un arrière fond idéologique pour le moins inquiétant. · Qui peut croire que l’intérêt des enfants a compté dans la suppression du samedi matin ? · Qui peut croire que les deux heures de travail personnalisé pourront compenser le travail des maîtres spécialisés des RASED qu’on est en train de supprimer ? Je ne supporte plus la malhonnêteté des effets d’annonce alors que j’assiste, chaque jour un peu plus à une entreprise systématique et planifiée de démantèlement de l’école publique. Je ne supporte plus le harcèlement administratif des courriels qui arrivent par vagues. Lorsqu’ils ne sont pas accompagnés de pièces jointes (jusqu’à 20 dans un seul envoi !) ou de documents à aller chercher soi-même sur le site de l’académie, il s’agit en général d’injonctions (« merci de me transmettre – toujours dans l’urgence – telle information ») ou de rappels à l’ordre (« Sauf erreur ou omission je n’ai pas été destinataire de tel document »). Et je suis déchargé totalement ! J’imagine ce que doivent ressentir la grande majorité des directeurs, ceux qui n’ont qu’une journée ou pas de décharge du tout, lorsqu’ils ouvrent leur boite aux lettres électronique. Je ne supporte plus le « flicage institutionnel », les multiples tableaux à compléter pour vérifier que nous faisons correctement notre travail, que nous ne tirons pas au flanc pour l’aide personnalisée, que nous participons bien à toutes les animations pédagogiques. J’ai eu la chance de vivre des stages de formation continue (pas beaucoup, il est vrai – mais quand même !) passionnants, stimulants, qui interrogeaient la réflexion et les pratiques, dont je suis sorti avec le sentiment d’avoir progressé. Que nous propose-t-on aujourd’hui ? Des grand-messes où l’on paraphrase du « PowerPoint » durant des heures, du formatage au nouveau discours officiel, de l’endoctrinement ! Pas étonnant dans ces conditions que les seules animations pédagogiques qui fassent le plein soient les animations sportives. Pas étonnant dans ces conditions que les IEN doivent demander aux directeurs de « susciter des candidatures ». Pas étonnant qu’il faille « fliquer » pour que les gens viennent ! Je ne supporte plus cette forme d’infantilisation et ce manque de confiance qui consistent à nous faire rédiger des projets (projet d’école, projet d’organisation de l’accompagnement éducatif, …) à corriger (pardon « à valider ») par les IEN. Au mieux, ils nous reviennent « validés » avec une remarque du style « Le projet, dans sa formalisation et dans son contenu, est conforme aux attentes ». Bon élève ! Au pire, on nous demande de revoir notre copie. Ou l’administration fait confiance à notre professionnalisme et je ne vois pas alors la nécessité de valider a priori notre travail ou alors nos supérieurs estiment que nous ne sommes pas capables de construire nous-mêmes nos projets, mais dans ce cas, qu’ils soient cohérents et qu’ils les rédigent eux-mêmes ! Par ailleurs, quelle illusion de contrôle et de toute puissance dans ce formalisme !! Je ne supporte plus la répression rampante, les atteintes au droit de grève, la restriction du droit à l’information syndicale, …. Je me refuse à terminer ma carrière dans la dépression, en plaignant les étudiants que je croise à l’école ou mes jeunes collègues qui ont encore quelques dizaines d’années à passer dans cette galère. Le découragement conduit à la résignation et à l’inaction, la colère conduit à l’action et à la résistance. Je choisis donc la colère et l’action ! Comment résister ? Un principe d’abord : la principale priorité, la seule, ce sont nos élèves ! Tout le reste est secondaire sinon accessoire ! Faisons comme nos IEN, examinons toutes leurs exigences à la lumière d’une grille d’analyse toute simple : · Est-ce que cette demande va aider mes élèves ? · Est-ce que cette demande me permettra de mieux faire fonctionner l’école ? · Est-ce que cette demande va servir à mes collègues dans leur travail quotidien au bénéfice des élèves ? Si la réponse à ces questions est non, alors la demande n’est pas urgente, quels que puissent être les éventuels délais de réponse. Et si d’aventure, il n’y avait pas de réponse, il est au moins certain que cela ne portera préjudice ni aux élèves, ni aux collègues. Comment résister ? · Soyons positifs, affirmons-nous, ne restons pas isolés et ne nous laissons pas culpabiliser ! Après tout, l’école, c’est nous qui la faisons vivre au quotidien, et elle ne fonctionne pas si mal finalement, quoi qu’on essaie de nous faire croire. Même les enquêtes PISA et PIRLS, utilisées comme prétexte pour tout changer ne sont pas aussi catastrophiques que certains le prétendent, - les ont-ils lues ? En tout cas, malheureusement, il est déjà certain, (ce n’est pas moi qui le dit mais la plupart des chercheurs en pédagogie) que ce ne sont pas les nouvelles orientations qui feront remonter le niveau de nos élèves. Comment résister ? · Ne nous laissons pas intimider Retournons les agressions de l’administration contre elle : · Il faut se déclarer gréviste 48 heures à l’avance ! Soit ! Alors déclarons-nous systématiquement grévistes. Cela ne nous engage à rien mais annule l’intérêt de la déclaration préalable et oblige les communes à se positionner sur le service minimum. · Les réunions d’information syndicale doivent être prises sur le temps de travail hors présence élève (les fameux 48 heures) ! Qu’à cela ne tienne ; inscrivons nous massivement aux réunions d’information syndicale au lieu de participer aux animations pédagogiques. Elles seront certainement plus intéressantes et probablement aussi formatrices ! Comment résister ? · Engageons-nous dans les mouvements pédagogiques. Ils sont en train d’être étouffés par une réduction dramatique des subventions publiques et la suppression des postes de mis à disposition ou de détachés. Pourtant ce sont des lieux extraordinaires de rencontres, de réflexion et de formation. L’ICEM (Pédagogie Freinet), l’OCCE, la Ligue de l’enseignement, les PEP, la JPA, les CEMEA et d’autres que j’oublie, ceux qu’on appelait il n’y a pas si longtemps, les œuvres complémentaires de l’école sont peut être les derniers remparts de cette Ecole qui prend l’enfant dans sa globalité pour le faire avancer, pour en faire un citoyen, face au dogmatisme et au formatage de ce qu’on cherche à nous imposer. Les trois quarts de ce qui fait ma compétence professionnelle aujourd’hui, c’est à leur contact que je les ai acquis et non dans l’Institution. Comment résister ? · Syndiquons-nous J’entends trop souvent des collègues me dire que les syndicats ne servent à rien. Mais les syndicats, c’est nous ! Si nous voulons qu’ils agissent plus, mieux, qu’ils soient plus près du terrain, à nous de les faire bouger, de les interpeller, de nous engager. Ils n’existent que pour défendre nos droits et nos valeurs. Mais en même temps, ils n’existent que par nos adhésions et notre soutien. Je ne me suis jamais considéré comme un militant syndical, mais j’ai toujours été payé ma cotisation syndicale, pour une raison très simple : je n’oublie pas que des personnes sont mortes pour que nous ayons le droit, ce droit tout simple, d’être représentés et défendus face au pouvoir en place. Je n’oublie pas qu’aujourd’hui encore, dans certains pays pas éloignés, les syndicalistes sont menacés et assassinés. La démocratie ne s’use que si l’on ne s’en sert pas !! Un mot encore pour terminer. Une lecture rapide de mon texte pourrait faire croire que j’en veux à nos supérieurs hiérarchiques directs, les IEN ! Il n’en est rien ! Je connais la plupart des inspecteurs du département. Il y en a que je compte parmi mes amis. J’ai suffisamment discuté ou milité avec certains d’entre eux pour savoir qu’ils ne sont pas plus emballés que moi par l’évolution actuelle de l’Ecole. Comme nous, plus que nous certainement, ils sont pris entre le marteau et l’enclume, entre l’inertie du monde enseignant et les pressions de leur hiérarchie. Je ne voudrais pas être à leur place, mais ils ont choisi et comme nous, ils ont la liberté ! · La liberté d’être de simples courroies de transmission, d’essayer de nous convaincre que tout va bien, que les nouveaux programmes ne changent pas grand-chose par rapport aux anciens, que l’on peut faire dans les 24 heures qui nous restent tout ce qui est demandé par ces fameux programmes, même la religion et les trois heures d’allemand. · Ou la liberté de parler vrai, de défendre leurs convictions, d’être des citoyens avant d’être des fonctionnaires ! Et peut être de résister !!! Bon courage à vous tous. Roland BRAUN Directeur de l’école Saint Exupéry à Colmar le 16 octobre 2008"

Cher Sébastien, Voudriez-vous aller faire de ce document un billet dans l'édition sur l'Observatoire, dont Stéphane a mis plus haut le lien ? Merci à vous et bien cordialement.

Merci,Sébastien, d'avoir pris le temps d'écrire cette plate-forme cohérente. Je fais suivre.

C'est du copier-coller, ne vous en faites pas !

J'hallucine quand je lis que les syndicats seraient dépassés, instrumentalisés ou autres... je suis sûr que ceux qui prétendent cela sont incapables de citer le nom de trois syndicats et d'expliquer leur différence. Si le syndicalise autonome est une agglomération de saillies personnelles, ça n'ira pas très loin au-delà de la satisfaction d'apprendre que certains pensent comme nous et s'expriment avec courage. En réalité, le syndicat c'est nous. Si le syndicat ne convient pas, il faut s'y engager pour le changer. C'est cela, être responsable. A moins de tirer un plaisir infini de râler en salle des profs, sur les blogs, ou à la fin des repas de famille... Il faut convaincre les enseignants que s'ils se considèrent à l'abri en étant des techniciens scolaires, ils se trompent ! Les enseignants redevenir fiers d'être ceux qui mettent de l'âme (cf des animateurs selon Jules Ferry) et endosser le rôle de soldats de la LAICITE, de la GRATUITE et du SERVICE PUBLIC.

On ne demande pas aux enseignants de réfléchir à ce que devrait être l'école, sa mission, son organisation, ils n'en ont ni les compétences, ni les moyens, ni le recul, ni les données pour le faire. Les parents ne demandent surtout pas aux enseignants "de redevenir fiers d'être ceux qui mettent de l'âme et endosser le rôle de soldats de la LAICITE, de la GRATUITE et du SERVICE PUBLIC". (C'est un laïc pur et dur qui parle, mais je n'admettrai jamais qu'un enseignant serine ce mot dans les oreilles de mon fils, ou celui de "service public") On demande seulement aux enseignants d'enseigner, et uniquement d'enseigner, bref de faire leur job, celui-ci n'étant pas une "mission". Les programmes et les livres scolaires qui les explicitent leur sont imposés par des "compétences" certainement plus compétents que les enseignants de base qui ont le nez sur le guidon. On ne demande pas aux enseignants d'éduquer les élèves, les parents sont là pour cela. Et si une orientation politique, partiale bien sur, doit être donnée à l'élève, c'est de la responsabilité des parents et non des enseignants. De toutes les façons, les parents ont vite fait à notre époque de contredire les dires d'un enseignant, quitte à devoir s'expliquer avec lui. (Voir les articles sur les nouvelles relations parents-enseignants). De plus il est maintenant courant que les parents soient plus diplômés et aient plus de répondants que les enseignants, cela est souvent oublié pour la bonne compréhension des problèmes de l'école actuelle. C'est ce qui a changé considérablement les rapports entre les deux, d'où d'ailleurs un certain complexe que j'ai pu apercevoir chez certains enseignants. Ceux qui voudraient éventuellement redessiner l'école, la mouler à leur "idéologie" réactionnaire, et bien qu'ils fassent de la politique, se fassent élire et démocratiquement fassent bouger les choses dans le sens qu'ils croient être le bon. Quant aux élucubrations infantiles des ceusses (très minoritaires d'ailleurs) qui veulent résister en prônant la désobéissance civile, le coté mégalo des arguments primaires genre "c'est moi que je détiens la vérité" et donc je désobéis à tout pouvoir politique, surtout démocratique, relève plus du canapé de la psychanalyse que du rationnel et de l'intelligence. Cela me rappelle les vieux discours fascho des temps jadis, les vieilles sérénades poujadistes et populistes d'une époque reculée.

Le commentaire de cloclo me fait reposer ma question, posée précédemment sur l'article http://www.mediapart.fr/journal/france/111108/sabotages-de-lignes-sncf-les-anarcho-autonomes-entre-violences-et-elucubration C'est sans doute une question philosophique fondamentale (JPYLG, vous êtes dans le coin?): accepter l'arbitraire et l'injustice au nom de la démocratie (= la dictature de la majorité), ou combattre malgré tout? L'obéissance est-elle une vertu démocratique ou totalitaire?

. Bonjour, Vincent . Je viens de passer en revue (très rapidement les quelques 80 messages consacrés au "sabotage de lignes SNCF et anarcho-autonomes) que j'avais déjà lus et les quelques 30 nouveaux. . Toute cette affaire m'esbaudit ! Je ne savais à peu près rien sur cette "mouvance autonome" et très peu aussi sur l'anarchisme "classique"... J'ai lu et apprécié, entre autres, vos échanges avec Jérôme A... . Je pense que pour comprendre certains problèmes actuels, il faut remonter aussi loin que l'on peut aux sources...cette enquête doit montrer, à mon avis, une confusion savamment entretenue sur les valeurs fondatrices et fédératrices par ceux qui détiennent le pouvoir. . Je pense qu'il est très bon qu'une telle recherche soit possible. Je condamne évidemment la violence. La violence verbale pose un problème particulier quand elle devient incitation à passer à l'acte. . Je ne fais pas pour autant de cette règle qui est mienne une vérité absolue. Je comprends que l'on connaisse des situations où la violence physique soit la seule issue. J'ai eu la chance de ne pas me trouver dans des situations de ce type. Je ne pense pas que les auteurs de ces sabotages s'y trouvent davantage. Par conséquent, j'aurais tendance à considérer que l' explication est, effectivement, dans leur pathologie mentale. Sauf que la cause de leur pathologie mentale est, probablement, externe à eux et à trouver dans la société: donc qu'il faut prendre leurs analyses, leurs motivations, et même leurs élucubrations au sérieux. . jpylg

JPYG écrit : "j'aurais tendance à considérer que l' explication est, effectivement, dans leur pathologie mentale". Et bien même moi, qui pense avec nuances la même chose, je n'aurai osé écrire cela, tant il est dangereux de mettre sur le compte de la "anormalité mentale" le comportement "anormal" d'un individu. Ceci étant dit, où mettre le curseur ?? A partir de quel discours un individu doit-il être mis de coté, et être considéré comme un gentil hurluberlu déconnecté à la Beasancenot, ou comme dangereux car devant passer "à l'acte" dans les prochains instants ?? Les membres d'"action Directe", avant qu'ils ne décident de passer à l'acte, pouvaient être considérés comme des marginaux extrémistes, sans dangers potentiels ?? Quel déclic mental, quel neurone, au sens presque physique du terme, a pété chez eux pour qu'ils versent dans des comportements pour le moins anormaux ?? Car je suis persuadé que c'est de la psychiatrie et non de la politique que leur cas relève.

. Ceci étant dit, où mettre le curseur ?? A partir de quel discours un individu doit-il être mis de coté ... cloclo . C'est aux psychiatres et psychologues de répondre. Je crois que la prévision est particulièrement difficile, concernant les risques de passages à l'acte (quels qu'ils soient)... . jpylg

Cher JPYLG, Si les psychiatres et les psychologues avaient un droit d'intervention préemptif sur tous ceux qui, selon leur diagnostic, présente un risque de basculement dans une action directe (et à priori violente), ne reviendrions-nous pas à Huxley et Orwell? Personnellement je ne suis pas certain que la tentation violente soit le signe d'un dérèglement mental, mais plutôt celui d'une frustration sous-jacente, qu'un évènement ou une situation particulière catalyse et transforme en action violente, pouvant avoir lieu à chaud ou à froid. Si par exemple vous êtiez un menbre tout à fait pacifique de RESF et qu'un jour vous soyez témoin d'un acte insoutenable commis par des policiers envers un enfant sans-papier, je pourrai parfaitement comprendre que cela induise une réaction violente, soit sur le champs (attaquer les policiers) soit réfléchie (attaque de commissariats, etc...). Cette action est-elle défendable humainement/moralement/politiquement? Ce droit fondamental à la violence est présent dans la constitution américaine par exemple, le droit de port d'arme étant directement lié à la notion que le peuple doit garder les moyens de se défendre contre un Etat qui deviendrait totalitaire.

Là, non, désolé, je ne peux vous suivre sur ce droit à la violence dans un état démocratique, quel que soient les actions légales ordonnées par notre justice démocratique. Chacun de nous peut être choqué par des évènements quotidiens, au point de nous faire "bondir", contre des institutions, particuliers, policiers, administrations etc ....mais c'est en adulte, citoyen, que l'on doit se maitriser et éventuellement utiliser les moyens légaux de la démocratie pour s'opposer. L'exemple des USA n'est pas très heureux, et le cas d'un état totalitaire n'est pas traité bien sur dans mon commentaire. Au sujet du cas cité RESF, où est la violence, des parents qui ont mis en danger en toute conscience (ne les prenez pas pour des enfants de coeur) et en otage leur enfant, ou la société qui ne fait qu'expulser des contrevenants aux lois européennes accompagnés bien sur de l'enfant pour ne pas le séparer de ses parents ?? Et de plus, c'est une initiative humanitaire que de replonger ces personnes dans leur milieu d'origine où il seront beaucoup plus à l'aise. (Je "joke" un tantinet, mais pour dire quand même que rien n'est binaire !!)

Je me glisse ici dans ce débat autour de la légitimité ou non de l'acte violent (à connotation politique) dans la société. Il me semble qu'il y a plusieurs niveaux d'approche et qu'on ne doit pas les mélanger, mais j'enfonce sans doute des portes ouvertes !. Dans une société dotée d'un système démocratique, une société de droit, il va de soi que les actes violents relèvent du judiciaire, ils peuvent être à ce titre condamnés (ou pas, la justice se prononce), et c'est une garantie. On peut en même temps mener un travail de compréhension, d'analyse (qu'on confond souvent avec une approbation) et élaborer des hypothèses explicatives, politiques, sociologiques .... Des passages à l'acte violents, sabotages et autres, peuvent s'analyser, cela peut donner une sorte d'angle de vue pour comprendre des processus à l'oeuvre. Je prendrai le cas des émeutes de 2005 : on a tout intérêt à comprendre dans le menu ce qui s'est passé pour avoir une chance de remédier au problème que ces actes pointent comme des symptômes. Cela ne veut pas dire qu'on ne doive pas punir. Mais une société (et un maître, d'ailleurs) qui en reste à la punition sans déchiffrer les causes diverses, court le risque que l'acte se répète. Enfin, il y a le niveau de l'opinion, la vôtre, la mienne ... PS : je ne suis pas du tout convaincue par l'explication psychiatrique pour ces saboteurs, même si comme chacun, ils ont une psychè et que l'inconscient les "travaille" ; il y a sans doute aussi des effets de groupe, comme dans les Brigades rouges et autres groupuscules ... : le groupe produit ses propres valeurs, s'auto-justifie et agit pour confirmer cet état de chose.

Pour rester dans l'exemple RESF, là évidemment c'est moi que ne peut plus vous suivre: s'il se trouvait que j'habitais dans une contrée crève-la-faim, corrompue, sans avenir pour mes enfants et moi autre que la mort prématurée par violence ou malnutrition, l'acte "illégal" de trouver refuge ailleurs me paraîtrait parfaitement fondé dans une moralité tout à fait humaniste, peu importe ce qu'en pensent le législateur et les juges. A choisir entre l'homme et la règle, je choisi l'homme. Bien entendu un pays à le droit de réguler son immigration, mais il y a la manière, et un pays qui se prétend champion des Droits de l'Homme devrait étudier des solutions non violentes qui prennent en compte la réalité des uns et des autres, et non pas s'abandonner aussi facilement à ses vieux démons.

. cher Vincent, . La violence est un très vaste sujet (sur lequel je n'ai pas de lumières particulières). Idem pour l'utilisation potentielle de la psychiatrie en politique. . La violence n'est pas pathologique en soi. C'est une pulsion fondamentale, une pulsion de vie, mais qui peut donner la mort... . Je crois qu'il faut, pour le moins, distinguer fondamentalement la violence réactionnelle, non réfléchie, spontanée et la violence froide, délibérée, théorisée...(Et même dans ce second cas, je ne dis pas qu'elle ne puisse pas se légitimer). Quand, comment, pourquoi ? Là, c'est le problème de la légitimation... . jpylg

Que dit Jules Ferry, le fondateur de l’Ecole républicaine et laïque ? Pour lui, les instituteurs et institutrices, qui encadrent l’Ecole du peuple, ont un rôle politique éminent à jouer, dans l’enceinte scolaire elle-même. Certes, il ne saurait être question qu’ils s’engagent sur le terrain de la politique électorale partisane, qu’ils se comportent en « agents politiques », en « agents électoraux ». Et Ferry met explicitement en garde les instituteurs : « Ne souffrez pas qu’on fasse jamais de vous des agents politiques ! […]. La politique contre laquelle je tiens à vous mettre en garde, est la politique militante et quotidienne, la politique de parti, de personnes, de coterie ! Avec cette politique-là, n’ayez rien de commun ! Elle se fait, elle est nécessaire, c’est un rouage naturel, indispensable dans un pays de liberté ; mais ne vous laissez pas prendre par le bout du doigt dans cet engrenage : il vous aurait bien vite emportés et déconsidérés tout entiers ! » . En revanche, Jules Ferry plaide explicitement pour l’engagement politique des instituteurs et des institutrices en faveur de la République et de la Révolution française dans l’enceinte scolaire elle-même. Et il s’agit bien d’une prise de parti politique, reconnue et revendiquée comme telle : « Nous nous entendons bien, nous ne rééditons pas ici la formule qui fut célèbre dans les dernières années de l’établissement si difficile, si contesté de la République, cette formule du fonctionnaire qui disait : ‘’ Je ne fais pas de politique !’’. Nous ne l’entendons pas ainsi : je ne dirai pas, et vous ne me laisseriez pas dire qu’il ne doit pas y avoir dans l’enseignement primaire, dans votre enseignement, aucun esprit, aucune tendance politique. A Dieu ne plaise ! Pour deux raisons : d’abord, n’êtes-vous pas chargés, d’après les nouveaux programmes, de l’enseignement civique ? C’est une première raison. Il y en a une seconde, et plus haute, c’est que vous êtes tous les fils de 1789 ! Vous avez été affranchis comme citoyens par la Révolution française, vous allez être émancipés comme instituteurs par la République de 1880 : comment n’aimeriez-vous pas et ne feriez-vous pas aimer dans votre enseignement et la Révolution et la République ? ». On ne peut pas dire que cette prise de position privilégie le consensus. Les enseignants du primaire doivent en effet non seulement expliquer la Révolution française et la République, mais les faire « aimer ». Et cela à un moment où la République est condamnée par l’Eglise ; à un moment où seule une courte majorité de Français vient d’être favorable au régime républicain, où les républicains eux-mêmes ne sont pas tous d’accord – loin s’en faut - pour assumer « en bloc » l’héritage de la Révolution »…In fine, et sans l’ombre d’une hésitation, les instituteurs et institutrices sont instamment sommés d’intervenir, de prendre parti, à l’Ecole même, sur les enjeux politiques majeurs de l’époque, pourtant objets de furieuses controverses. ( Les deux extraits cités sont issus du discours de Jules Ferry au congrès pédagogique des instituteurs et institutrices de France du 19 avril 1881 ).

. Oui ! . Celui-là, je l'ai lu ! . Lelièvre, Claude Jules Ferry : la République éducatrice 1999 . Mais je ne pense pas que vous nous direz, Claude Lelièvre, que Jules Ferry serait heureux de l'état où se trouve "son" école, ni du point de vue de la laïcité, ni du point de vue de la politique en ce sens noble qu'il définissait ? . D'autre part, il n'y avait pas que les cléricaux à s'opposer à la conception de l'éducation selon Jules Ferry. Je ne crois pas que celle-ci inspirait particulièrement confiance à des personnes comme Louise Michel ? . jpylg

Vous n'avez sûrement pas tort. Et, en tout cas, vous avez manifestement raison pour ce qui concerne Louise Michel; et aussi quelques autres ( d'autant que Jules Ferry était au moins aussi déterminé contre "l'internationale rouge'' que contre "l'internationale noire'' )

Il y a beaucoup de vrai dans le commentaire de Cloclo (13/11/2008 01:32).
Un peu bizarre quand même de dormir à poings fermés pendant plus de 25 ans, laissant complaisamment s'installer tout le contexte qui fit le lit de la destruction mercantile actuelle, y participant même allègrement par toutes sortes de choix soi-disant libérateurs, puis soudain de choisir comme réaction, non de proposer démocratiquement, mais de refuser brutalement. Ce pis-aller est peut-être la seule solution qui reste, mais je ne suis pas du tout sûr que c'est le meilleur choix pour les enfants, ceci précisément si on aimerait qu'ils deviennent capables de sortir plus tard et par eux-mêmes de la marchandisation générale.
Vous me penserez peut-être très conventionnel ou conservateur, mais chers professionnels de l'éducation si versés dans les méthodes utopiques pour tous les enfants, pour moi on est infiniment mieux armé pour la révolte si on sort de Eton (c'est un simple exemple, probablement outré, soufflé par John Le Carré) ou d'une de ces écoles très traditionnelles et très strictes à la Dead Poet's Society.

Et puis je rajoute que ce qui était possible de dire du temps de Jules Ferry par lui-même, n'est plus possible d'être énoncé actuellement. Manifestement son discours n'est plus du tout d'actualité et sent la naphtaline, l'école à la "grand père" est même par certain coté un tantinet réac façon 2008. J'insiste encore sur ce point: la population des parents d'élèves est autrement plus éduquée, plus informée, plus "branchée" que la majorité des enseignants, contrairement à l'époque de Jules Ferry; La société elle-même est beaucoup plus sophistiquée, plus difficile à appréhender dans toutes ses composantes. Malheureusement pour eux, de même que d'autres professions réputées pour être dans le temps "piédestalisables" genre médecins, juges, notaires etc .., les enseignants ne sont plus considérés comme des intouchables, mais comme de simples techniciens scolaires, employés d'une administration lourde et qui leur rappelle, il était temps, qu'ils ont un patron, qu'ils sont salariés payés par les contribuables (ce qui me disent que l'école est gratuite je les éclate, car ma feuille d'impôts me dit douloureusement le contraire) et qu'ils n'ont pas à se prendre pour des missionnaires autonomes seuls à décider de ce que doit être cette institution. Dans les commentaires lus ci dessus, je suis effaré de la mégalomanie, de l'enflure des discours grandiloquents de cette population que sont les enseignants. Il est temps que la société les remettent à leur place, et les fassent redescendre sur terre.

Il y aurait un bon billet à faire sur la place des enseignants dans la société actuelle!

Je vous sens bien remonté, Cloclo. Vous voyez, votre réaction (les enseignants sont dans l'enflure de leur "mission", ils doivent redescendre sur terre, ...) peut s'ajouter à côté de celles qui disent que c'est une bande de profiteurs, bourrés de vacances, etc ...En gros, des critiques très fortes. Et quant à les "remettre à leur place", faudrait peut être déjà se demander quelle est la place du savoir dans ce monde. On peut mettre en pendant, en écho à vos propos, les réactions d'enseignants qui relèvent de la plainte permanente, ou mieux de la défensive permanente car ils se sentent menacés (par les parents, les enfants,.les chefs, les inspecteurs ...).,; mais n'oubliez pas que c'est un "corps" professionnel en général très obéissant, même infantile dans la soumission. On ne peut que constater une forme d'incompréhension mutuelle. Toutes ces positions se comprennent, chacune dit quelque chose, et le tout c'est de comprendre d'où ça procède. Je suis d'accord avec vous que cette école n'offre pas un visage très éclatant (et pourtant les gens bossent beaucoup dans l'ensemble), mais il faut mesurer combien, depuis les années 70 on l'a fait bouger en surface, grossir, accueillir de plus en plus d'élèves, sans vraiment penser son évolution (à droite comme à gauche). Il faut mesurer que subrepticement on l'a chargée de rôles qui n'étaient pas les siens (ex : socialiser un groupe d'ados, ce qui devrait être fait en dehors.) car la société exprime à travers ses enfants ses difficultés et que l'école les "prend" comme ils sont. Il faut mesurer qu'une institution c'est lourd comme une navire et qu'il faut pour la bouger, une vision politique convaincante et du courage. Ceci étant dit, chacun à sa place a une véritable responsabilité, et peut faire "un peu", mais le navire est lourd, lourd. . D'accord avec vous pour faire descendre les enseignants sur terre, ou plutôt je dirais, parfois leur ouvrir les yeux sur le monde réel, mais en offrant de l'école (à la société, à ses membres) une vision qui en vaille le coup, et non pas une vision purement technicienne, chiffrée ; il faut du souffle, du désir créatif, une philosophie qui charpente l'action. Sinon on devient des crétins bons pour "le meilleur des mondes". Cordialement Marielle Billy

SNUipp-FSU - SE-UNSA - SUD Education Communiqué unitaire suite à la CAPD du 14 novembre 2008 Tous les élus du personnel des organisations syndicales (SNUipp FSU – SE UNSA – SUD éducation) siégeant en CAPD ont quitté la séance du 14 novembre 2008. Après une déclaration commune demandant que notre collègue Alain Réfalo ne subisse aucune sanction disciplinaire suite à la diffusion de sa lettre ouverte, l’Inspecteur d’Académie s’est borné à une réponse administrative : il vérifiera si la pratique pédagogique correspondait à la lettre, et si tel est le cas il y aura sanction. Pour nous cette réponse n’est pas acceptable. La lettre d’Alain Réfalo est symptomatique d’une situation générale où dans les écoles, désarroi et colère se conjuguent face à un quotidien de plus en plus invivable. Soumis à une avalanche de réformes qui orientent l’école sur une très mauvaise voie, méprisés, niés dans leur professionnalité, subissant un déni de confiance, nos collègues croulent sous les injonctions et tâches administratives supplémentaires. Cette situation est devenue insupportable. Notre départ de la CAPD pose un acte fort : face au mépris, à l’absence de réponse et à l’obstination gouvernementale, nous estimons que la situation d’Alain Réfalo ne peut-être traitée comme un cas isolé et n’appelle pas une simple réponse administrative. Sa lettre entre profondément en résonance avec l’état d’esprit actuel de la profession. Cet état d’esprit s’exprimera dans la grève et dans la rue le 20 novembre. Nous appelons l’ensemble des personnels à en faire collectivement la démonstration. SNUipp FSU – SE-UNSA – SUD éducation _______________________________________________

http://appeldu8novembre.fr/ J'ai relayé cette pétition sur mon blog. Si vous souhaitez la signer...

Soyons nombreux dans les manifestations du 20 novembre...

Un enseignant de ma circonscription à envoyer la même lettre à notre Inspecteur : résultat, convocation demain. voici le lien : http://resistancepedagogique.blog4ever.com/blog/lirarticle-252147-1046707.html - L'attitude de Xavier Darcos risque de créer plus de désordre que des progrès pour l'école. Cette attitude peut se caractériser par la dénonciation des syndicats comme des "archaïques" bloquant tout progrès et donc avec qui ont ne peut pas négocier et une soi-disant adhésion des enseignants de "base" et des parents. J'ai des surprises à ce sujet pour Darcos. Petite, à l'échelle de mon école...

Merci. Le mieux serait que cette situation délétère ( et potentiellement dangereuse ) soit débloquée au plus vite

Merci pour l'info. Comme je suis membre de RESF, ils m'en ont parlé.

après tous ces commentaires je vous livre le mien . je suis allé sur '' le blog d'enseignant '' et j'y ai découvert ce fameux appel d'offre , du ministère de l'enseignement et de la recherche , intitulé ''veille de l'opinion'' .cette veille de l'opinion publique ou plutôt devrais-je dire , surveillance de l'opinion publique nous coûtera tous les ans 220 000 euro HT. Quand je lis le point de vue de la démocratie de certain dont je vous rappele la définition ''gouvernement où le peuple exerce la souveraineté''. on voit si on accèpte de lire cette appel d'offre que la démocratie n'est que de façade , que ce ministère de l'éducation nationale n'est devenu qu'un agent de cet état policier qui se met en place. je poserais la question à certains. La violence est-elle toujours physique?? MERCI à Médiapart de cet espace de liberté et de démocratie

après tous ces commentaires je vous livre le mien . je suis allé sur '' le blog d'enseignant '' et j'y ai découvert ce fameux appel d'offre , du ministère de l'enseignement et de la recherche , intitulé ''veille de l'opinion'' .cette veille de l'opinion publique ou plutôt devrais-je dire , surveillance de l'opinion publique nous coûtera tous les ans 220 000 euro HT. Quand je lis le point de vue de la démocratie de certain dont je vous rappele la définition ''gouvernement où le peuple exerce la souveraineté''. on voit si on accèpte de lire cette appel d'offre que la démocratie n'est que de façade , que ce ministère de l'éducation nationale n'est devenu qu'un agent de cet état policier qui se met en place. je poserais la question à certains. La violence est-elle toujours physique?? MERCI à Médiapart de cet espace de liberté et de démocratie

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