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La dernière chance de Xavier Darcos

Le ministre s’est coupé sans appel du monde de l’enseignement primaire. Sa seule chance de ne pas être emporté par le vent de l’histoire est de renouer, via le secondaire, avec les organisations qui veulent une vraie réforme du lycée.

 

 

Ce jeudi 15 janvier, un collectif de 19 organisations a rendu publiques neuf propositions pour réformer le lycée. Ce collectif regroupe des syndicats d’enseignants ( SE-Unsa, Sgen-CFDT ), des syndicats lycéens ou étudiants ( UNL, Unef, Confédération étudiante ), des associations éducatives ( Ligue de l’Enseignement ), des mouvements pédagogiques ( Crap-Cahiers pédagogiques ) et des associations d’élus ( Association des Régions de France ).

 

L’organisation du lycée est modulaire : modules communs et modules d’exploration en seconde ; modules communs et modules de spécialisation progressive en cycle terminal.

 

Les voies générales et technologiques sont fusionnées.

 

Les modalités de la certification terminale ( baccalauréat ) tiennent compte de cette nouvelle organisation : les modules sont capitalisés après validation en cours de formation. En plus de cette capitalisation, le baccalauréat fait l’objet d’un nombre réduit d’épreuves terminales et d’une épreuve intégrée représentative du parcours de l’élève.

 

Les modules sont définis par des connaissances et des compétences à acquérir. Le mode d’évaluation est précisé à l’avance. Les modules peuvent être pluri-disciplinaires, interdisciplinaires ou disciplinaires.

 

Un temps d’accompagnement doit être prévu de façon spécifique dans les emplois du temps, encadré par des professeurs référents, avec deux objectifs distincts à moduler tout au long de l’année scolaire : un travail d’élaboration du parcours personnel et le suivi des apprentissages réalisés, dans le cadre de petits groupes d’élèves.

 

L’accompagnement des élèves, le travail en équipe et la participation au pilotage de l’établissement font partie des missions des enseignants et sont intégrés dans leurs services.

 

L’accompagnement, le travail personnel, la vie associative, les relations entre pairs, entre jeunes et adultes, l’apprentissage démocratique sont des dimensions importantes pour la formation et l’insertion du futur citoyen. Leur donner du temps implique de limiter l’horaire des cours des élèves.

 

Les instances collectives doivent être redéfinies pour permettre la participation de tous, élèves et adultes.

 

L’autonomie des établissements va de pair avec leur mise en réseau sur un territoire donné dans une logique de complémentarité pour éviter toute concurrence.

 

 

Ces propositions sont ouvertes à tous et mises en ligne sur un blog dédié aux travaux de ce collectif : http://ambitionlycees.wordpress.com/

Ces propositions ont aussi pour vocation d’être entendues ( dans le cadre de la concertation que va mener Richard Descoings, avec rapport d’étape en mai et rapport final en octobre ) et d’être entendues d’abord par le ministre de l’Education nationale Xavier Darcos qui serait sans doute bien inspiré de donner rapidement des signes positifs en matière d’orientation de la réforme du lycée et de moyens ad hoc. Si Sarkozy et sa politique le permettent…

 

Tous les commentaires

"Le ministre s’est coupé sans appel du monde de l’enseignement primaire. Sa seule chance de ne pas être emporté par le vent de l’histoire est de renouer, via le secondaire, avec les organisations qui veulent une vraie réforme du lycée." C'est là une vision très juste. Toutefois, est-ce que nous ne soufflerons pas "trop" fort ? Un "énorme" travail de fond est en train de se réaliser au primaire. Moins voyant que les lycéens, nous choisissons, comme dans tous les combats asymétriques, le combat de terrain où chaque personne (parents, élus, commerçants, retraités, petits patrons...) convaincue est une victoire pour demain.

Bonjour, Mes meilleurs Voeux à tous. Xavier Darcos, comme tous les bouffons du gouvernement, n'est pas là pour mettre en place une vraie reforme, mais simplement pour faire plaisir à son chef. Partant de là tout est dit pour une véritable réforme il est impératif de demander la démission de leur cher Président. Pour qu'une réforme de l'éducation nationale soit vraiment efficace il faudrait permettre au Élèves de cette même institution de savoir réfléchir et être capable de former dans leur cerveau des association d'idée puis de pensées. Mais si l'Education Nationale revient à sa, alors un président comme Monsieur Sarkosy ne pourrais plus être élu. Un cafouillage comme il se passe au PS ne pourrait plus non plus être. La France pourrait retrouver son rend de leader de la pensée. Je suis prêt à entrer en dialogue pour élaborer de vraie proposition qui irez dans ce sens et permettre à nos jeunes de retrouver confiance en eu et obtenir un vraie savoir faire dans l'autonomie. La plus part des enseignants sont fort compétent, il suffit juste de leurs donner la possibilité d'être. Tout n'est pas mauvais dans la méthode globale, mais il faut impérativement la recarder. Tout n'est pas mauvais dans la pensée de réformer l'enseignement, mais il faudrait arrêter de tirer le procédé vers le bas. Cordialité. Jean-Pierre.

Ces propositions me semblent un très bonne base de dicution , et les organisations ou associations signataires un gage de sérieux ; qu'en disent le SNES et la FSU ?

diScuSSion Il faut prendre le temps de relire avant d'envoyer...

Chère Françoise, Ou se faire "aider" en sélectionnant ce que l'on vient d'écrire, puis cliquer avec la partie droite de la souris. Ensuite en cliquant sur "vérifier l'orthographe" dans la colonne qui apparait, les "fautes" sont soulignées en rouge. Reste alors à cliquer avec la partie droite de la souris sur le mot et choisir les solutions proposées. 100 % 100 non garanti, hélas!

Au-delà de certains débats importants (par exemple: la modularité ne risque-t-elle d'affaiblir la culture commune? la complexité des choix ne va-t-elle pas être un facteur de sélection sociale supplémentaire?), je regrette de ne pas trouver sur le site indiqué d'explications sur la pertinence d'un "big-bang". Je crains fort le "choc opératoire". Il me semble urgent que nous apprenions à réformer de façon progressive et responsable, en analysant les problèmes prioritaires, en expérimentant et en évaluant (et, faut-il le préciser, en tenant compte de ces évaluations avant toute généralisation, contrairement à l'usage national). "Avant tout, ne pas nuire" disait Hippocrate.

Ce n'est pas tout à fait exact, puisque l'on trouve sur le site, par exemple, des considérations ( certes peu développées, et à creuser! ) pour fonder le choix des 5 ''verrous'' à débloquer en toute priorité. Même si cela n'enlève rien, à mon sens, à la pertinence de vos interrogations.

Mauvaise manoeuvre !

M.R. La lecture de certains messages montre l'urgence d'une réforme de notre système éducatif: du moins de l'enseignement de l'orthographe. Celle-ci est une marque de respect vis à vis des autres. Elle manifeste le souci qui anime l'auteur du commentaire de se faire comprendre du lecteur. Je n'ai pas une conception élitiste ni de l'Education Nationale, ni de la langue française. Mais dans cette civilisation où le son brut et l'image envahissent sans façon la communication, je défends, bec et ongles, l'écrit qui demeure pour moi le moyen privilégié pour une expression claire et précise de la pensée.Encore faut-il que cet écrit respecte un certain nombre de règles communes à tous. Il n'y a pas que la finance qui a besoin d'être régulée. J'avoue que le sens des phrases de certains commentaires m'échappe complètement. Je refuse de passer à chaque fois pour un idiot. Que chacun de nous fasse un effort pour respecter la qualité de notre "Médiapart" coté pile et côté face. Je veux dire dans le journal (où il n'y a rien à redire pour l'orthographe) et dans les commentaires ( où cette orthographe semble le cadet des soucis de certains intervenants). Merci et à bientôt le plaisir de vous lire et de .... vous comprendre.

Le bouleversement proposé ici demanderait une longue réflexion sur l' ajustement des moyens matériels, humains ( entre autre, une formation des enseignants à une nouvelle forme de travail...alors que jusqu'à présent, déjà, leur formation pédagogique souffrait de lacunes) , la capacité d' adaptation des élèves a ces méthodes, à la sortie du collège... donc, comme "espritdestricteur", je pense qu'une réforme progressive à partir de l' existant serait préférable, en commençant par une formation pratique des enseignants qui prennent en charge des classes difficiles à gérer ( dès la primaire ).

Tous ces débats et controverses? très peu pour Monsieur Darcos! D'ailleurs, il a trouvé la solution: le port de l'uniforme, comme cela se fait en G Bretagne... rien de moins! Je viens d'écouter le commentaire du sociologue Alain Touraine, interrogé à ce propos. Merci Monsieur Touraine, je respire en vous écoutant. Heureusement il y a encore de gens qui nous aident à garder les pieds sur terre.

Je confirme le travail de fond dans le primaire...les liens tissés entre les enseignants et les parents d'élèves à l'occasion de ce mouvement laisseront des traces profondes . Avec la prise de conscience effective et non de pure forme que les intérêts des uns et des autres sont convergents ... Car tout est fait pour nous diviser. (les journées de grève et le service minimum, l'aide personnalisée supprimant les RASED, les annonces du gouvernement et la réalité des faits) Les enseignants du primaire sont accablés par l'incohérence et la précipitation de la réforme ... même les moins revendicatifs craquent ...C'est peut-être cela qui est le plus grave : seuls, ceux qui résistent plus ou moins se sentent encore debout.

Je confirme le travail de fond dans le primaire...les liens tissés entre les enseignants et les parents d'élèves à l'occasion de ce mouvement laisseront des traces profondes . Avec la prise de conscience effective et non de pure forme que les intérêts des uns et des autres sont convergents ... Car tout est fait pour nous diviser. (les journées de grève et le service minimum, l'aide personnalisée supprimant les RASED, les annonces du gouvernement et la réalité des faits) Les enseignants du primaire sont accablés par l'incohérence et la précipitation de la réforme ... même les moins revendicatifs craquent ...C'est peut-être cela qui est le plus grave : seuls, ceux qui résistent plus ou moins se sentent encore debout.

Etrange. Tout se passe comme si la plupart des commentateurs plus ou moins habituels de ce blog évitaient de se prononcer ( et de participer à une confrontation certes complexe mais tout à fait légitime ) sur le sujet des principaux axes d'une réforme souhaitable ou possible du lycée. Quid?

Le réformisme est une orientation qui n'est pas majoritaire dans le monde éducatif : les résultats des élections professionnelles en sont l'illustration, les syndicats conservateurs progressent. Aussi, au-delà du "comment s'opposer", le volet "que proposer" apparaît souvent être le parent pauvre des organisations syndicales, étudiantes, etc. . Sur le fond, casser des filières vectrices d'inégalités : c'est urgent. Donner de l'autonomie aux élèves : évidemment. Défendre le bac dans son état actuel : inutile, car avec les harmonisations académiques, aujourd'hui, tous les bacs ne se valent pas.... . Avec cet appel, un pôle réformiste émet des propositions, et ce faisant, ne laisse plus ce champ au gouvernement. C'est déjà beaucoup !

Votre conclusion me paraît souligner à juste titre l'une des dimensions les plus intéressantes de la constitution de ce ''collectif'' pour ''une réforme ambitieuse'' du lycée.

Voilà un ensemble de propositions réalistes et intéressantes, mais je comprends que les modules seront validés localement. N'y-a-t-il pas là un danger ?

Si j'ai bien compris, pour partie au moins ( mais cela ne me paraît pas évident pour tous ). La question d'une évaluation ''continue'' du bac ( au moins partielle ) est une proposition récurrente ( qui a échoué régulièrement jusque là pour les enseignements généraux ou techonologiques en raison surtout, pendant longtemps, de l'affrontement public -privé, très vif historiquement en France ). Il est remarquable qu'elle ne se pose pas de façon ulta-tranchée dans l'enseignement professionnel ( puisque la part de l'évaluation continue est loin d'être négligeable dans certains bacs professionnels en France ). Mais ils ne sont pas suivis, en principe, d'études supérieures. En fait, ce qui se pose aussi, c'est la question de la double nature du bac français ( à la fois examen secondaire terminal, et, en principe, examen d'entrée dans le supérieur ). Cela peut être dissocié. Cela l'est dans nombre de pays européens, ce qui explique que ,souvent, la part de l'évaluation continue dans leur examen terminal du secondaire peut être importante, voire décisive.

Cit-joint, le commentaire d'un ami à qui j'avais photocopié le billet : Claude Lelièvre évoque "les organisations qui veulent une vraie réforme des lycées". L'adjectif "vraie" invite à éliminer les "fausses réformes", et même" les réformes". Tous les hommes politiques se réclament et réclament des réformes. Qui oserait dire qu'il est contre des réformes? Les militaires malades sont réformés. A moins de considérer notre société, l'école, la magistrature, l'armée comme malades, la réforme serait la mise au rebut, la casse... On se souvient que Monsieur Rocard a commencé la réforme des PTT, avec le succès que l'on sait. Le mot" réforme" est galvaudé. Dans la bataille des mots, il faut imposer un autre mot. Je ne sais pas lequel. Claude Lelièvre évoque aussi "le travail en équipe" : des élèves? des professeurs? Le travail en équipe, c'est excellent, dit-on, pour la formation des élites. En effet, il faut un meneur ou un organisateur. C'est souvent le seul qui travaille, et qui fait un exposé magistral aux membres de l'équipe. Le travail en équipe, c'est une vieille lune de l'ancienne pédagogie nouvelle ! Je me souviens d'un élève de CM, désoeuvré, qui se plaignait de ne pas être dans une équipe. Ses camarades de classe ne voulaient pas de lui. "Ils disent que je suis trop c.. !" Dur d'être éliminé, rejeté par ses copains... JEAN

Je m'étonne que ''Jean'' ne fasse pas d'abord une différence entre réforme et révolution ( changer de base ) et s'aventure sur un terrain plus biologisant que politico-social. Deuxièmement, pour comprendre ce qui est en jeu avant d'en juger, il faut également faire la différence fondamentale entre travail d'équipe ( où chacun doit avoir -au moins partiellement -besoin du travail et des capacités des autres qui lui sont complémentaires; cf ,par exemple, dans un orchestre ou une équipe de rugby ) et le travail de groupe ( cf un groupe de pêcheurs à la ligne ). Et réfléchir à la distinction relevée depuis longtemps par le sociologue Durkheim entre ''solidarité organique'' et ''solidarité mécanique'''. Avec mes amitiés.

Merci d'abord à M Philips pour ses gentils conseils orthographiques... Pour répondre à Jean sur le travail en équipe, il me semble que c'est justement au prof de bien organiser ce travail. Faire du travail en équipes, ce n'est pas les abandonner et ne rien faire pendant ce temps; c'est au contraire les aider à utiliser les compétences de chacun et les aider à s'aider les uns les autres.

Des questions qui n'ont à rien à voir avec la problématique posée. Veuillez m'excuser monsieur Lelièvre et acceptez les désavantages du libre échange en temps réel. En quoi les nouvelles technologies de l'information et de la communication peuvent contribuer à l'éveil des élèves, des collégiens ou des lycéens ? Une étude publiée par des spécialistes de l'éducation à Oxford en 2008 indiquait clairement que l'utilisation d'un ordinateur ou du tableau interactif en classe pouvait renforcer les difficultés ou les facilités d'apprentissage d'un élève !...Existe-t-il des méthodes d'apprentissage efficaces usant de l'ordinateur aujourd'hui et si oui lesquelles ? Pourquoi l'utilisation des NTIC est largement recommandée par le nouveau président US Obama ? Y a t-il des avantages déterminants ? Enfin dernière question qui nous ramène à notre problématique; j'ai regardé un film des années 50 "Les diaboliques" ou l'instituteur et le professeur, personnages éminents du film s'exprime en anglais, possède des compétences en maths, en français, en sciences du vivant… et sciences dures. Pourquoi ce qui se faisait hier n'est-il pas possible aujourd'hui ? La réforme n'est elle pas nécessaire comme le souhaite dans le fond monsieur Darcos ? Merci de vos réponses à tous. Je pense sérieusement à envisager de faire un blog.

Je n'ai pas de lumière particulière sur les NTIC. Je fais donc comme vous: appel aux autres! Et je vous encourage aussi vivement à faire un blog.

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