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Portiques et corps de garde
Xavier Darcos souhaite l’installation de portiques de détection de métaux devant certains établissements. Christian Estrosi propose la création d’une unité spéciale de police chargée d’intervenir contre les violences en milieu scolaire.
Vendredi dernier 15 mai, le ministre de l’Education nationale en visite au collège de Fenouillet en Haute-garonne ( où une enseignante avait été poignardée par un élève de cinquième après son refus de lui retirer sa punition décidée la veille pour un devoir non fait ) a envisagé l’installation de portiques de détection de métaux devant certains établissements.
L’état de santé de l’enseignante de 32 ans était rassurant hier, selon le CHU où elle a été opérée d’urgence, après avoir été blessée au thorax d’un coup de couteau de cuisine.
L’avocat de l’élève, a décrit " un tout petit enfant, pas un adolescent perturbé ", et le recteur " un élève qui n’était pas signalé comme violent, qui avait des résultats scolaires moyens : rien ne laissait présager ce comportement ". L’inspecteur d’académie a précisé que l’établissement scolaire de Fenouillet était considéré comme " un collège tranquille " de la banlieue de Toulouse.
Lundi dernier 18 mai, le député maire de Nice Christian Estrosi ( UMP ) a proposé " la création d’une unité spéciale de la police consacrée aux établissements scolaires : cette unité, formée spécialement pour les violences en milieu scolaire, serait en contact avec les chefs d’établissements ; elle pourrait sur demande du chef d’établissement intervenir dans l’école en cas de problème ". Début mai, en bon petit soldat d’ ’’avant–garde’’ du chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, le même Christian Estrosi avait déjà déposé à l’Assemblée nationale une proposition de loi visant à créer une infraction réprimant " la participation à une bande violente ", le texte devant être débattu fin juin.
Ce mercredi 20 mai, les représentants des syndicats des chefs d’établissements, des fédérations de parents d’élèves FCPE et PEEP ainsi que l’Association des régions de France ( ARF ) et l’Association des départements de France sont invités au ministère dans une réunion ( en l’absence des syndicats enseignants ) où il sera notamment question des " armes blanches mais aussi des armes par destination " ( tout objet susceptible de provoquer des blessures ). " Le ministre ouvrira cette discussion sans aucun tabou. Les portiques sont un exemple ".
La ‘’solution’’ des ‘’portiques’’ (qui relèvent du financement par les collectivités territoriales ) a un grand intérêt médiatique et politique : outre le fait qu’elle peut détourner l’attention de la nécessité d’autres dispositifs ( qui demandent plus de personnels, à la charge de l’Etat), elle ne coûtera non seulement rien à l’Etat mais elle est de nature à embarrasser ( voire à diviser ) les majorités de gauche ( qui sont présentes dans la moitié des conseils généraux qui ont en charge les collèges, et dans la quasi totalité des conseils régionaux dont relèvent les lycées ).
Certains n’ont sans doute pas oublié la tempête de réactions qu’avait suscitée en son temps l’intervention du 5 avril 1998 de Ségolène Royal ( alors ministre déléguée aux enseignements scolaires ) sur France II où elle avait estimé que " des fouilles ou des mises en place de portiques de détections d’armes pouvaient être envisagées dans certains cas, sur des opérations ponctuelles : on ne voit pas pourquoi on fouillerait à l’entrée de certains grands magasins et pas à l’entrée des établissements scolaires où il y a eu des signalements de détentions d’armes ". D’autant que Ségolène Royal est désormais la présidente de la région Poitou-Charente.
Le travail de sape ‘’sécuritaire’’ est plus que jamais - en temps de crise sociale et politique - à l’ordre du jour. Toute occasion est bonne à prendre pour le pouvoir en place ( elle était pourtant mince, lorsque l’on connaît les circonstances… ). Et cela n’est pas prêt de finir, notamment dans le domaine scolaire, qui offre un terrain idéal pour focaliser l’attention et jeter le trouble
PS: La réunion initialement prévue ce mercredi a été reportée d'une semaine et se déroulera le mercredi 27 mai avec les mêmes participants ( et donc toujours sans la présence des syndicats enseignants ). Pourquoi ce délai ? Les représentants de l'Association des départements de France, et surtout ceux de l'Association des régions de France, ''embarrassés'', auraient-ils demandé d'avoir le temps de consulter leurs ''bases''? On se perd en conjectures.


Tous les commentaires
Incapable et ne souhaitant pas, en changeant d'orientation politique, résoudre les problèmes de la société qui entraîne de la violence due à la souffrance sociale, se met progressivement en place une société autoritaire qui aura sans doute l'assentiment d'une partie de la population en recherche illusoire de protection.
Classe laborieuses... classe dangereuses...le travail de sape sécuritaire ne fait que commencer
classes laborieuses...classes dangereuses...ce n'est pas nouveau...le travail de sape sécuritaire avance à peine masqué
classes laborieuses...classes dangereuses...le travail de sape sécuritaire avance à peine masqué avec le faux nez de la protection
Classe laborieuses... classe dangereuses...le travail de sape sécuritaire ne fait que commencer
classes laborieuses...classes dangereuses...ce n'est pas nouveaux...le travail de sape sécuritaire, sous couvert de protection, c'est "Big brother vous regarde"...et c'est particulièrement important dans le domaine scolaire, pour mettre au pas une jeunesse pervertie par les "pédagogistes"...(sic)
Javert est de retour
Même froide procédure administrative, que celle appliquée dans nos hôpitaux psychiatriques ! http://www.mediapart.fr/club/edition/hopital-patients-sante-et-territoires/article/280309/l-echappee-belle ORWELL dans son fantastique 1984 avait décidément décrit tout cela avec beaucoup de précision. Ne sous estimons pas la vitesse d'implantation de la machine sécuritaire.
J'ai été principal de Collège durant 25 ans. J'ai dû faire face de temps à autre à des situations difficiles...et même par deux fois des coups de couteau entre élèves. Vouloir installer des portiques détecteurs de métaux à l'entrée de l'établissement c'est regarder les problèmes par le petit bout de la lorgnette, c'est refuser d'envisager les difficultés sous l'angle principalement EDUCATIF. Pour être positif je préconise, dans chaque établissement, la constitution d'une "cellule de veille" prenant appui sur toutes les ressources de l'établissement: enseignants, personnel de direction, assistante sociale, médecin scolaire et infirmière. Cette cellule serait chargée d'examiner, au cas par cas, la situation des élèves présentant une problématique complexe, en présence des parents de l'élève concerné et avec leur concours. J'ai expérimenté ce dispositif durant plusieurs années: cela a permis de prévenir certaines situations qui auraient pu devenir désastreuses et éviter aussi, de temps à autre, quelques erreurs. ( Face au mal vivre de certains élèves les réponses ne sont pas toujours, ou ne doivent pas être toujours, des réponses disciplinaires. ) Pour compléter ce dispositif il aurait été nécessaire parfois de mettre en place un suivi par un tuteur ( un professeur par ex. choisi par l'élève ). A cette fin j'avais demandé au rectorat de mettre à ma disposition 3 heures supplémentaires année: cela m'a été refusé et le suivi des élèves en difficulté n'a pu être mis en place. Il ne s'agissait que de moyens modestes mais à des difficultés humaines on apportait des réponses humaines et non des réponses qui relèvent uniquement du contrôle ou de la répression. M. Darcos, agrégé de l'université, a-t-il été placé un seul jour en situation d'enseignement et d'éducation ? Je me pose sérieusement la question !
Un grand merci pour ce témoignage concret, et ''alternatif''!
Aller à l'école, forger sa relation à l'autre, s'intégrer dans le groupe, s'ouvrir au monde, et cela après être passé sous un détecteur de métaux? Cela rendrait chacun susceptible d'être coupable, et ferait (un peu plus) de la suspicion un outil, voire une valeur. L'enceinte du lycée, de l'école, devient alors un sas où l'on se ferme du monde pour s'en protéger au lieu de s'y intégrer. Si le lycée sera sûr, ce sera grâce au filtre de l'entrée, le monde sera donc, par contraste, dangereux. Et si jamais le lycée n'était pas assez sûr, c'est parce que le monde -dangereux- réussirait à le pénétrer, il faudra donc durcir le filtrage: chiens, caméras... On est infiniment seul sous le détecteur de métaux, séparé de la foule, pointé du doigt et gêné lorsque ça sonne, et soulagé lorsque l'on est blanchi. Séparé de l'autre, dès l'école nous voilà un peu plus individualisé: pas l'individu créateur, irréductible à la masse, mais l'individu par exclusion, par indexation de l'autre perçu comme potentiellement nuisible Cela a un nom: de l'embrigadement, par transpiration d'une logique sécuritaire sur les personnes encore malléables. Quelle nom propre porteront ces "Jeunesses" là?
Il y aurait bien une solution: à peine sortis du ventre de leur mère mettre les mômes en prison. Ça, ce serait de la prévention !
Vous êtes tout à fait dans le sujet, grain de sel...L'idée de "repérer les délinquants à l'âge de trois ans" est encore "dans les tuyaux"... ils n'ont reculé que, très provisoirement, devant la protestation unanime...mais ils reviendront à la charge, avec des pseudos scientifiques cautionnant l'initiative...l'idée que cette solution puisse être envisagée est en soi un scandale absolu, révélant le peu de foi accordée à l'éducation
La réunion prévue ce mercredi a été reportée d'une semaine, au mercredi 27 mai. Pour quelle(s) raison( s)? Les représentants de l'Association des départements de France et ceux de l'Association des régions de France ont-ils demandés du temps pour consulter leurs ''bases''' avant de s'engager? On se perd en conjectures.
Il apparaît clairement que l'éducation, la formation des esprits et la transmission des connaissances, ne les intéressent pas, Pierre Laval... cela leur apparaît même "dangereux" pour la "cohésion sociale" et ils cherchent à s'en prémunir...Le prétexte invoqué est "le manque de moyens", "le peu de rentabilité", etc...Regardez comment, par l'exemple, le président affiche son mépris de la culture et de la langue ! En réalité, comme le dit Aldric, ils ne visent que "l'embrigadement"...
les établissements scolaires pourraient ressembler bientôt à des QHS , pourquoi ne pas les entourer de barbelés avec des miradors et des gardiens armés ? cela permettrait de supprimer les derniers surveillants , on pourrait également remplacer tous les profs par des ordinateurs .... que d'économies en plus de la sécurité , on pourrait remplacer enfin le mot éducation par FORMATATION
Cette dérive sécuritaire qui vise à transformer l'éducation nationale en centre de rééducation nationale est un vrai danger pour la démocratie. Pour continuer sur cette lancée, le ministère vient de publier au JO du 20 mai un décret revenant sur la liberté d'expression et le droit de réunion dans les lycées et collèges et mettantb les choses au point. Bonne lecure. http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=?cidTexte=JORFTEXT000020635283&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id
Les portiques , les peines plancher , les hôpitaux psychiatriques ..., tout cela relève d'une politique sécuritaire populiste , vraiment dangereuse pour les libertés, égoïste et néfaste pour la société.
Le probleme, amis du PS, est double : 1. vous ne reniez pas l'engagement securitaire 2. Vous opposez une solution demagogue (plus de personnel) a une solution idiote et liberticide (portiques de securite). UN L'engagement securitaire : passons le Big Brother Award de Jospin et revenons sur le plan Vigipirate, soit disant anti terroriste et qui dans la pratique donne a l'armee un role de controle des tickets de metro et de la possession de drogue a Chatelet. Pourquoi l'avoir reconduit sans cesse entre 1997 et 2002 ?? Les portiques sont ce gere d'absurdites dans la lignée de la video surveillance de Delanoe (adopté sans debat "citoyen"), la douane deterritorialisee, le FNAEG et autres. DEUX Plus de personnel : mais ca aurait changé QUOI a cette agression ?? Rien bien sur, le college etait consideré comme tranquille. Nos parents etaient a 40 par classe, ils ne donnaient pas de coup de couteaux aux profs, Arretez de croire qu'une societe sans delinquance puisse exister, car rever de cela implique de mettre en oeuvre des remedes pires que le mal, jusqu a 1984. les peurs, c'esrt le fonds de commerce des gens comme Sarkozy ou Marie-Segolene Royal.
Et oui, mon bon monsieur, tout fout le camp. C'est la faute à Sarkozy. C'est la faute à Ségolène. C'est la faute à trop d'Etat. Bon, on redevient sérieux. Voici du concret. Lycée de l'Essouriau aux Ulis dans l'Essonne. Un projet pédagogique en ZEP. Des classes non surchargées. Un taux de réussite au bac très supérieure à la moyenne du département. Pas de violence. Jusqu'à l'arrivée de Darcos. Des postes supprimés d'enseignants et d'assistantes sociales. Une infirmière virée, sur deux en poste, pour 2300 élèves. Des crédits rognés. Le taux de réussite au bac s'est effondré et la violence s'est installée. La logique comptable ultra-libérale est passée par là.
S'il y avait un détecteur de cynisme, de désinvolture, de saccage du service de l'éducation... à l'entrée de chaque établissement scolaire, nul doute que M. Darcos serait obligé de rester à la porte.
Lettre ouverte à Monsieur le Ministre de l'ex-Education Nationale rébaptisée Rééducation nationale, (pas sérieux s'abstenir) Je propose de remplacer les futurs portiques sécuritaires par des présentes rampes d'accès aux handicappés dans tous les établissements scolaires.
Je propose également (au choix) de remplacer les portiques sécuritaires par des portiques philosophiques consacrés à l'enseignement d'Aristote (fondateur du lycée qui porte son nom).
Voici un long développement glané sur le blog de bug brother le.monde.fr, signé de Jean-Marc Manach, qui résume très bien notre opinion sur les portiques : La taca taca tac tac tiqu’ du portique…… ou pourquoi l’installation de portiques de sécurité dans les écoles n’est pas forcément une très bonne idée. “Vous ne réglerez pas avec un demi-poste de surveillant de plus le fait qu’un enfant de 13 ans arrive avec un couteau pour frapper un professeur alors qu’on n’a aucun signalement de violence.” Le ministre de l’Education Xavier Darcos a donc décidé “d’examiner toutes les solutions possibles : on peut imaginer dans certains établissements des portiques, des systèmes de fouille. Nous verrons. Les collectivités territoriales estimeront peut-être que dans certains établissements, c’est une réponse possible.“ La formule est désormais bien rodée : ça commence par un faits divers, ça se poursuit par une visite in situ d’un membre du gouvernement qui en profite pour annoncer, qui un projet de loi sécuritaire, qui une démultiplication des technologies de surveillance, à chaud, et sans trop connaître les tenants et aboutissants de telles mesures choc… Le ministre et les collectivités étant appelés à se saisir de ce dossier, pourquoi ne pas les y aider ? Plusieurs de mes lecteurs travaillent dans des sociétés de (technologies de) sécurité, je leur fais confiance pour rectifier, corriger et préciser ma pensée. Commençons par un petit peu d’éducation civique : les collégiens ayant la fâcheuse habitude de venir en classe avec des sacs à dos ou d’écolier, ces derniers sonneront inmanquablement, systématiquement. Ce pour quoi il faudra les inspecter minutieusement, et un par un. En sus des “portiques“, Xavier Darcos évoque d’ailleurs des “systèmes de fouille“. Mais sauf à imaginer qu’on ne fouillerait que les élèves “à risque“, ce qui serait contre-productif -l’élève de 13 ans qui a poignardé son enseignante n’était précisément pas considéré comme étant “à risque“-, mais également hors la loi -ce que ne manqueraient pas de rappeler la Halde, les associations de défense des droits de l’homme et anti-racistes-, il faudra donc fouiller tous les élèves… ce qui prend du temps. Ce pour quoi d’ailleurs, et d’ordinaire, de tels portiques de sécurité sont couplés avec des scanners à rayon X. Poursuivons donc par un petit peu de mathématiques : toute personne ayant déjà pris l’avion sait qu’il faut s’y rendre plusieurs heures avant le décollage, afin, notamment, de pouvoir passer par ce type de sas de sécurité. Le collège François Mitterand de Fenouillet accueillant 634 adolescents. combien faut-il acheter de portiques et de scanners ? Le passage dans ce type de sas de sécurité durant, en moyenne, une trentaine de secondes, nous obtenons donc 600×30 = 18 000 secondes, soit 5 heures, si le collège n’en achète qu’un. Obliger les ados à venir faire la queue cinq heures avant l’ouverture des grilles reviendrait à les obliger à se lever aux alentours de 2 heures du matin. Dur. Pour optimiser la procédure, et limiter au maximum le temps d’attente, il faudrait en acheter vingt, afin de limiter le temps d’attente à un quart d’heure (ils piétineront certes, mais on évitera l’émeute). Et pour finir, un peu d’économie. Toute personne ayant déjà traversé de tels sas de sécurité sait qu’ils sont contrôlés par deux personnes : une pour surveiller le portique, le fait que l’individu contrôlé met bien tous ses objets, qui sous le scanner à rayon X, qui dans une boîte pour les y inspecter, et une autre personne pour vérifier, sur l’écran de contrôle du scanner, la présence d’objets suspects. Les Echos nous apprennent que “le prix moyen de ces équipements, les portiques pour les personnes ou les scanners à rayons X pour les bagages, variant de 6.100 euros à 38.000 euros” (hors taxes, s’entend; les chiffres datant, par ailleurs, de 2002). Le salaire des vigiles se situant dans la franche basse, et proche du SMIC (1 321,02 bruts, pour le salarié, et plus ou moins 30% de plus pour l’employeur, soit, +-, 1700€ par mois), combien coûterait donc l’installation des portiques de sécurité, proposés par Xavier Darcos, dans le collège François Mitterand de Fenouillet ? Admettons que l’Etat obtienne des tarifs de gros, et que le couple portique de sécurité + scanner au rayon X lui reviennent à 20 000 euros les deux. Admettons également que l’Etat parvienne à embaucher des vigiles à quart temps (vu qu’on n’en aurait besoin que le matin, et un peu à midi). 20 000×20= 400 000 euros, pour l’achat du matériel, plus 1700×12x40/4 = 204 000 euros, pour les salaires de ceux qui vont les surveiller, par année, et pour le seul collège François Mitterand de Fenouillet. Dans les faits, le matériel pourrait coûter plus cher (il faut y rajouter la maintenance, et si j’ai trouvé des portiques de sécurité à 3000€, je n’ai pas trouvé le prix public des scanners à rayon X), et l’Etat aurait probablement intérêt à embaucher des vigiles employés par des sociétés de sécurité, ce qui pourrait aussi lui revenir un peu plus cher que de les employer directement. Questions subsidiaires : les représentants des parents d’élèves de Fenouillet -qui ont d’ailleurs relevé que “le déplacement de M. Darcos correspond à un demi-poste d’enseignant, sur un an“-, et qui trouvent “dangereux” le fait de ne disposer que d’un seul surveillant pour 100 élèves, combien de “demi-postes de surveillants”, combien de livres, d’ordinateurs, de sorties et de soutien scolaires, pourrait-on financer avec un tel budget ? Et à quoi ressemblerait un collège doté de 6 surveillants, mais de 40 vigiles ? Enfin, à quoi ressemblerait notre Education Nationale si elle investissait autant d’argent dans des systèmes, technologies et sociétés de sécurité (sachant qu’il faudrait, logiquement, étendre une telle mesure à des centaines, voire des milliers, d’établissements scolaires) ? Allez, un peu de Bourvil nous fera probablement du bien : “Comm’ la montre a son tic tac, Le gendarme a sa tactiqu’. (…) La taca taca tac tac tiqu’, Du gendarme, C’est d’être perspicac’ Sous un p’tit air bonass’.” (...) La taca taca tac tac tiqu' du portique… - BUG BROTHER - Blog ... 18 mai 2009 ... La taca taca tac tac tiqu' du portique… … ou pourquoi l'installation de portiques de sécurité dans les écoles n'est pas forcément une très ... bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/05/18/la-taca-taca-tac-tac-tiqu-du-portique/
Une fois de plus, la logique comptable l'emporte sur le reste. Les portiques à la charge des collectivités territoriales éviteront à l'Etat les renforts de personnels, voire personnels qualifiés, à sa charge. Dans un autre domaine, les programmes de réussite éducative (PRE) voient les subventions de fonctionnement allouées par l'Etat stagner alors que ces programmes se développent (et qu'ils ont fait leurs preuves, en 4 ans), voire fondre comme neige au soleil. Les mouvements d'éducation populaire et les associations complémentaires de l'école qui, au-delà d'intervenir dans les champs scolaire, périscolaire et extrascolaire, participent à la formation des enseignants voient leurs financements baisser dangereusement. Tout ce qui participe au maintien - à l'amélioration ? - du système scolaire est systématiquement attaqué. Logique comptable ou rouleau compresseur ?
La logique comptable a bon dos ! C'est bien de rouleau compresseur qu'il s'agit ! L'éducation et la transmission de savoirs sont le dernier souci du gouvernement. Ils ont commencé à attaquer les pédagogues qu'ils accusaient d'être responsables de l'échec de l'école, parce qu'ils étaient sous l'influence des "pédagogistes" et des "sciences de l'éducation"...je vous renvoie à mon billet "Réhabilitons la pédagogie et les sciences de l'éducation..." En fait ils veulent une oligarchie cultivée et un peuple inculte, non éduqués, embrigadable à volonté
C'est d'autant plus absurde, comme proposition, que les Américains dont on croyait qu'ils en avaient mis partout ont en fait renoncé à le faire, excepté dans des territoires de gangs où le nombre de morts et tirs chaque année pouvaient justifier l'investissement considérable que chaque détecteur représente. Car en effet, pour que ça soit efficace, il en faut un à CHAQUE entrée, chaque porte, chaque portail, soit en moyenne 15 par établissement (sinon, bien sûr, ça a l'effet inverse de celui recherché). De plus, il faut pour chacun de ces 15 détecteurs, 15 personnes chargées de les surveiller et les faire fonctionner pendant tout le temps scolaire, soit de 7h30 à 18H30 environ. Si un détecteur est laissé sans surveillance, les jeunes a-do-rent le rendre inutilisable. Enfin, il faut imaginer la queue à la sonnerie d'entrée en classe: en moyenne, les élèves qui devaient entrer en cours à 7h55 arrivaient à...8h15!!! (Je vous laisse imaginer pour des établissements de 2000 élèves...) Eh oui, 800 élèves qui doivent passer un par un, ça prend beaucoup de temps, d'où bouchons, bousculades, bagarres, retards, perturbations de l'emploi du temps.... Donc, finalement, d'autres solutions ont été préférées, et en premier lieu celle de surveillants (hall monitors) plus nombreux!
Derrière l'absurde, il y a une logique, une stratégie : détourner l'école de sa mission (transmettre des savoirs, aiguiser le jugement, développer le sens critique, organiser les règles de la relation à l'autre)...Attirer l'attention sur le futile...développer un sentiment de culpabilité...exclure une partie de la population, jugée "inutile".
Voilà uns solution intelligente, voilà quelque chose que remplace l'humain par la machine froide, ouf, je me sens mieux. Mais n'oublions pas de comprendre combien tout cela se prépare de loin. Juste un exemple parmi d'autres : un ado de 15 ans traite son professeur d'anglais (fin de carrière) de "sac à m....", il écope d'un jour d'exclusion, le professeur ne tient pas à réclamer plus, il ne veut pas bouger. Pendant ce temps, une autre élève surprise à fumer pour la 2ème fois passe en conseil de discipline et est exclue définitivement. Je souligne l'incohérence, je fais ch...tout le monde et on m'oublie. (je pourrais en écrire des tas) Alors, vous comprenez combien je suis sceptique sur la résistance de cette institution à des solutions bêtes et méchantes.
Il y a déjà longtemps que les chefs d'établissements sont en contact direct avec les commissaires de police, comme d'habitude Estrosi joue l'effet d'annonce pour répondre à un triste fait-divers, son mentor élyséen a toujours agi ainsi. Par contre lutter vraiment contre la violence suppose, comme de nombreux commentaires le soulignent, une action de fond, un travail au quotidien, une présence visible d'adultes nombreux ,disponibles et à l'écoute, des actions en direction des parents, un projet pédagogique, des infirmières, des psychologues, une éducation à l'image aussi ainsi qu'une politique artistique et culturelle, bref tout ce qu'on s'acharne en haut lieu à faire disparaître.... Eric Woerth vient d'annoncer la suppression de 34 000 postes d'enseignants en 2010!
Et n'oublions pas la mort programmée du compas, et le fait d'enlever sa ceinture... Bon, ils n'ont qu'à venir en jogging, sans capuche, et faire une géométrie limitée aux lignes droites et aux plans. Ce n'est pas grave, car la géométrie est-celle vraiment plus utile que la princesse de Clèves pour pointer au chômage ? J'avais lu un article, émanant de concepteurs ou fabriquants de puces électroniques, qui expliquait en toute franchise un aspect de leur stratégie de développement consistant à s'implanter dans les écoles pour contrôler le passage à la cantine, afin que cette population initiée tôt au marquage électronique accepte celui-ci sans broncher plus tard. Je ne retrouve plus la trace de cet article, mais je me dis que les portiques à l'école auraient peut-être aussi cet "avantage" : conditionner les futurs citoyens à être contrôlés en permanence, leur faire considérer comme normal d'être suspectés, ce qui ne va pas réellement dans le sens d'une conscience de sa liberté. Ceci dit, comme c'est démontré plus haut, sur un plan pratique, c'est difficilement faisable, ou très cher. Et on n'empêchera jamais les malins de trouver des solutions : à cet âge, cela va même beaucoup les intéresser, de contourner le portique. Ceux qui seront touchés, ce seront ceux qui n'auraient jamais l'idée d'apporter un objet métallique pour faire du mal à quelqu'un. Cela me fait penser qu'il va falloir aussi supprimer les dissections, les travaux pratiques et les arts plastiques, activités nécessitant parfois l'utilisation de ciseaux ou objets contondants... Les bouteilles et les verres à la cantine aussi, car quoi de plus dangereux qu'un bout de verre cassé? Je pense que les chaussures à bout renforcé ne sont pas très sécuritaires non plus. Et la langue ! Ne serait-il pas préférable qu'on la leur coupât ? Car qu'y a-t-il de plus dangereux que la liberté de dire sans contrôle ? Plus sérieusement, lire le texte du décret cité par lincunable plus haut, en particulier ce qui concerne la liberté d'associations et de réunion. Et, surtout, il me semble que la politique sécuritaire en ce qui concerne la jeunesse oublie un élément fondamental : les jeunes, qu'ils soient enfants ou adolescents, se caractérisent par le fait qu'ils sont en train de se former. Ces "êtres en devenir" ne peuvent être caractérisés d'une façon définitive : au gré des expériences et des rencontres, ils vont évoluer, changeant parfois du tout au tout. Tel enfant très sage deviendra un adolescent rebelle au comportement délictueux, tel adolescent "difficile" va devenir un adulte responsable, parfois même exceptionnel. De nombreux facteurs jouent dans cette évolution, mais l'identification n'en n'est pas un des moindres. Boris Cyrulnik l'évoque quand il parle des "tuteurs de résilience" : il suffit parfois d'un adulte qui croit en tel enfant perdu, qui lui renvoie une image positive de lui-même, pour que l'enfant se mette à croire en lui-même et à ses capacités à s'en sortir. A l'inverse, le retour négatif enfonce le jeune dans une image dégradée de lui-même, et il a alors tendance à s'y enfoncer. A cet égard, le film "Les choristes", bien que romancé, est assez juste dans la démonstration de l'influence que peut avoir un adulte sur un enfant. On sait depuis longtemps que l'on n'aide pas un élève en échec scolaire en lui disant qu'il est nul. De la même façon quelqu'un que l'on considère comme un prédélinquant, en le ramenant sans cesse à ses tendances à transgresser la loi, ne va plus se voir que comme cela. Les professionnels le savent bien, qui essaient de proposer à ces jeunes des alternatives à ces identifications, par le développement de projets où le jeune est responsabilisé, par des activités ludiques culturelles, ou un apprentissage attractif, qui vont l'amener à sortir de l'image qu'il avait de lui-même. C'est la seule façon dont ils peuvent quitter leurs conduites de provocation par rapport à la loi. On le sait depuis Freud : la meilleure façon de gérer ses pulsions, c'est la sublimation, c'est-à-dire la transformation de l'énergie brute en énergie "liée", en pensées, en plaisir de la relation, en plaisir d'apprendre et de comprendre. Toute cristallisation de la violence va empêcher ce mouvement et fixer le jeune dans ses comportements. C'est-à-dire encore que si l'on répond à la menace violente comme si elle était équivalente à une violence réelle, on la fait devenir réelle. Les parents d'adolescents le savent bien : si l'on se précipite sur la sanction quand l'adolescent fait mine de transgresser, on court fort le risque de voir les actes de rébellion s'intensifier, ou se faire en cachette. La confiance dans la possibilité du jeune à devenir quelqu'un de bien, est ce qui va lui permettre de le devenir. Aborder alors cette question sous l'angle répressif me semble contre-productif. La suspicion induite par ce genre de mesure sécuritaire me semble radicaliser la position de chacun, mettre en exergue la possibilité de transgresser et l'importance que cela a pour les adultes. Cela peut avoir un effet excitant pour les jeunes. Il vaudrait mieux tenter de comprendre pourquoi ces passages à l'acte augmentent.
Tout à fait d' accord avec vous. F.Denizot : enseignante.
M.Darcos sait-il que « l'école du Portique » a été fondée par Zénom de Kition en 301 av. J.-C., et qu'elle consacre l'une des plus grandes philosophies de la Grèce antique : le stoïcisme ? Le nom de Stoïcisme vient du grec Stoa poikilê, un portique de l'Agora à Athènes où les Stoïciens se réunissaient et enseignaient. Nous pourrions donc nous réunir autour du portique symbolisant l'Agora pour évoquer Sénèque, Epictète et Marc-Aurèle...Goutons le plaisir d'une véritable insolence...
Bon, vous avez raison, Renarblanc de préciser l'origine stoïcienne du Portique. Je n'avais pas été suffisamment explicite avec Aristote. Je suggère donc de vérifier, outre la facture qui s'annonce salée, la technologie du portillon qui sera employée : montage sur roulement à billes ou sur coussins d'air genre pnaumatiques. En effet, s'il y a un domaine où les lycéens et les porticophiles se rejoignent c'est bien celui du pneuma puisque pour Aristote comme pour Chrysippe de Soli, le plus spirituel des stoïciens sans qui il n'y aurait pas eu de Portique, "l'âme est conçue comme un souffle chaud qui pénètre l'organisme et dont les courants pneumatiques sont à l'origine de toutes les fonctions vitales"
Merci pour ce billet démontant les logiques à l'œuvre et qui souhaitent nous noyer...
Nous noyer ou nous enchêner, Sébastien Rome...sans parler de l'Hêtre (pour ne rien dire du Néant) dont la sève est menacée par le pneuma d'être réduite en latex d'hévéa