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May

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Une cause nationale?

Doit-on attirer l’attention sur cette «affaire»? Elle n’a en effet a priori aucun caractère exceptionnel à «retentissement national». Mais elle est un exemple tout à fait sensible ( parmi tant d’autres, malheureusement ) de ce à quoi mène la politique «comptable» actuelle. Elle relève donc bien d’une «cause nationale». Et d’une «nuit des écoles» à ne pas manquer.
LETTRE OUVERTE A L‘INSPECTEUR
D’ACADEMIE DE LA LOIRE
Nous réclamons le droit d'innover
Sylvie Davier, Jean-Marc Hostachy, Nadine Pradel, Ghislaine Vigouroux, Yves Scanu
Depuis maintenant quinze ans, l’équipe enseignante de l’école maternelle Gounod, située dans un quartier de la périphérie stéphanoise classé réseau ambition réussite, dont les élèves sont principalement issus des milieux populaires, travaille de manière collaborative. Cette collaboration a sans nul doute favorisé, sous l’impulsion de deux IEN, le passage en école d’application toujours avec la même équipe. Forte de cette expérience, consciente de ses forces mais aussi de ses faiblesses, l’équipe fait le choix de prendre de nouvelles orientations pédagogiques.
Mai 2010, l’équipe, déjà mobilisée depuis plusieurs mois sur le nouveau projet d'école, inspirée par les travaux des mouvements pédagogiques (ICEM Freinet, GFEN et notamment Sylvain Connac qui a initié une telle expérience dans le quartier de la Paillade à Montpellier), décide de répartir les élèves en classe multi-âges.
Ainsi à la rentrée de septembre 2011, quatre classes multi-âges fonctionnent. L'axe principal du projet est de transformer le climat des classes en misant sur la coopération entre élèves. Les deux nouvelles enseignantes qui rejoignent l’équipe en place adhèrent pleinement au projet.
Sa mise en œuvre a nécessité une restructuration complète du fonctionnement, tant sur le plan pédagogique que sur le plan matériel. Les temps de concertations pour construire, réguler et harmoniser le travail dans les quatre classes ont été fortement accrus, nécessitant un investissement fort de chaque membre de l’équipe. Un effort considérable d’information des familles a été nécessaire pour les convaincre de la pertinence du projet. Monsieur l'Inspecteur d'Académie a validé le projet en exigeant un engagement moral de trois ans considérant qu’un tel projet devait, pour en mesurer les réels effets, durer le temps de la scolarité à l’école maternelle, ce qui implique pour nous la nécessaire stabilité de l’équipe de l’équipe sur ces 3 ans. Nous avons bien évidemment accepté.
Février 2011. Bien avant les opérations de mouvement, l’équipe interpelle donc Monsieur l’Inspecteur d’Académie pour lui rappeler cette nécessité et lui réclamer le maintien de l’équipe existante afin de pouvoir poursuivre l’expérimentation. Trois courriers resteront sans réponse à ce jour.
A l’occasion d’une rencontre fortuite, le directeur de l’école demande à être reçu. Monsieur l’Inspecteur d’Académie adjoint annonce que l’Inspecteur d’Académie refuse fermement tout traitement dérogatoire dans l'attribution des postes d'enseignants.
L’équipe pédagogique a sollicité une inspection d’équipe afin que l’institution prenne pleinement connaissance du projet, s’est dite prête à toutes visites d’experts, à mettre tous les documents produits à la disposition de l’administration, à apporter son concours à des équipes qui souhaiteraient s’engager dans les mêmes voies, à prendre en compte les conseils éventuellement donnés. La conduite d’une telle innovation peut permettre d’apporter une contribution à la réflexion pédagogique, à la mobilisation de l’intelligence collective, à la lutte pour l’amélioration de la réussite scolaire.
Dans les jours qui viennent, le mouvement des enseignants en sera à sa première phase. Deux, voire trois collègues risquent de devoir quitter l'école. La première année d’expérimentation serait ainsi annihilée au mépris du travail effectué, de l’engagement des enseignants et de l’accord des parents. Nous avons la conviction, que repartir l'année prochaine avec de nouveaux collègues, sans bien sûr mettre en doute ni leurs compétences ni leurs qualités, au mieux, nécessiterait de repartir à zéro et compromettre cette première année d'expérience, au pire de mettre en péril le projet.
Pour les parents d'élèves que nous avons dû convaincre de la pertinence de cette expérience mais surtout pour les élèves, il nous semble incontournable d'obtenir un traitement dérogatoire aux règles habituelles du mouvement.
Il va de soi que nous réclamons bien un traitement dérogatoire exceptionnel et non pas de nouvelles règles de mutation qui se feraient sur profil. C'est la particularité de notre projet qui se traduit dans une répartition des élèves inhabituelle et communément considérée comme source de difficultés qui nous semble rendre légitime notre demande; Nous sollicitons donc: le maintien des collègues qui ont initié l'expérience. Notre demande est sans conséquence pour la gestion d'ensemble des postes du département.
La recherche pédagogique, l’innovation se trouvent ainsi condamnées au nom d’une stricte logique comptable à courte vue.
L’équipe pédagogique en appelle au soutien de tous les enseignants, des parents d’élèves, des syndicats, des mouvements d’éducation populaire, des élus, de tous ceux qui luttent pour l’avenir des l’écoles et plus largement à tous ceux qui considèrent qu’en la circonstance le droit d'innover doit être reconnu et permis à tous.
Elle a obtenu le soutien de pédagogues et de spécialistes comme Pierre Frackowiak et André Ouzoulias.
Vous pouvez vous aussi apporter votre soutien à l’équipe, contribuer à la lutte pour le droit à l’innovation à l’Education Nationale, défendre notre école et soutenir notre projet en envoyant un message électronique à l’adresse suivante :: ce.0421529j@ac-lyon.fr
Cette information sera adressée à l’Inspecteur d’Académie, au Recteur, et éventuellement rendue publique par voie de presse.
Premiers signataires :
Pierre Frackowiack, Inspecteur honoraire de l’Education Nationale
André Ouzoulias, professeur IUFM (Université de Cergy-Pontoise).

Tous les commentaires

André Ouzoulias ? Surévalué .

Ls

PS : j'avais autre chose à dire mais là j'ai la chique coupée .

Bonjours,

Je n'aime pas du tout votre "accroche" en première page de votre article qui à aucun moment indique de quoi traite l'article. Si c'est du marketing, je trouve cela détestable et l'impression d'être pris pour un con. Je lirais donc pas l'article.

Cordialement

1 :à Stone Cette "accroche " a trait au billet précédent de Claude Lelièvre : des députés de droite annonçant vouloir faire de la lutte contre l'échec scolaire "une Grande Cause Nationale " . Il n'y a là aucun marketing . Avez-vous été déçu de ne lire que des idées pour chercher à avoir une école plus efficace pour tous ?

2 : Merci à Claude pour ce billet. Cette expérienc est passionnante , il serait vraiment dommage de ne pas la menerjusq'au bout . L'Inspecteur d'Académie aurait-il reçu des ordres ?...

Je signe l'appel .

 

 

Moi aussi bien sûr !

 

Tes articles, cher Claude, enrichissent le Club en permanence.

Cette histoire est tellement caractéristiquede la frilosité de l'administration devant toute innovation qu'il fallait nous la faire connaître. Combien d'autres initiatives ont-elles été de la même manière interrompues par manque de courage, par peur de se faire taper sur les doigts, par zèle stupide ? C'est à désespérer.

Bien sûr, je vais signer la pétition.

Cette initiative me paraît particulièrement intéressante à un double titre: la classe multi-âges permet aux plus jeunes de tirer profit de l'entraînement des plus âgés, d'être engagés dans une dynamique de développement et chez les grands elle favorise le respect,l'aide voire la solidarité à plus petit que soi ,d'une part.

Par ailleurs,tout un groupe scolaire fonctionnant de la sorte exige un travail serré de l'équipe quant aux objectifs,aux méthodes.Seuls des enseignants rigoureux,impliqués,engagés dans l'oeuvre éducative peuvent vouloir explorer cette voie difficile.Ils l'ont fait après accord de l'IA sous réserve justifiée de conduire l'action pendant 3 ans.Ils doivent poursuivre et être soutenus.Je souhaite que l'administration le comprenne et qu'elle prête son concours afin qu'avec toute objectivité un bilan soit effectué au bout des 3 ans.

 

complètement d'accord !

Merci à Claude Lelièvre de nous informer si bien

Ce projet est formidable et je soutiens son équipe dans le désir de le mener à terme.

J'envoie donc le message de soutien.

 

Des classes multi-âges? Pourquoi pas? Au point où nous en sommes, il faut tout essayer, et bravo à ceux qui s'y investissent, à qui j'adresse ce vers de Fernando Pessoa: "tudo vale a pena / se a alma não é pequena" (= "Tout vaut la peine, si l'âme n'est pas petites");

Quant à la psychorigidité des burocrates … c'est à en pleurer…

Exemplaire du merdier en quoi consiste l'actuelle politique d'Education Nationale... mais il a aussi des sources lointaines.

Nous tenons à préciser dans le courrier de soutien que vous a communiqué Claude Lelièvre, un élément qui semble faire quiproquo. La demande de l'équipe enseignante est uniquement de pouvoir bénéficier un traitement dérogatoire aux règles de mutation des enseignants. Nous ne réclamons pas en effet de postes supplémentaires mais le maintien dans notre école de trois enseignants nommés à titre provisoire qui ont activement participé à la mise en oeuvre de notre projet de classe multi-âge. Ce refus est la marque d'un nouveau fonctionnement de notre administration qui veut absolument tout diriger et ne supporte pas que les enseignants soient porteurs de projets qu'elle n'a pas initiés. Ce qui nous condamne, si l'on ne réagit pas, à n'être que de simples exécutants d'injonction de notre hiérarchie ce qui n'est qu'une conception archaïque et rétrograde de notre mission d'enseignants. Les programmes de 2008 dans le premier degré, la panoplie d'indicateurs de tout et n'importe quoi réclamer aux équipes enseignantes entrent complètement dans cette logique. Le sujet apprenant disparaît au profit d'un produit normalisé qui sera orienté par l'ordinateur qui traitera ces données (voir l'application affelnet).
Les enseignants ainsi dépossédés de l'essence même de leur métier, qui est de concevoir et d'inventer au quotidien, sont condamnés à se résigner ou entrer en résistance.

YVES SCANU

Cela montre peut-être que l'objectif de l'Etat serait d'avoir des petits moutons partout, des enseignants moutons, des élèves moutons... des moutons des moutons des moutons...

Alors la question est à propos de ces responsables de l'administration : ce sont-ils endormis à force de compter les moutons ou ce sont-ils eux-mêmes transformés en moutons ? Auquel cas il faudra à un moment dire stop.

Ou rapidement le troupeau va se jeter dans le ravin. Bêêêhêêêhêêê !!!

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