Fri.
25
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

L'éducation: un thème prioritaire?

C’est ce qui apparaissait déjà en juillet ; et cela semble se confirmer en cette rentrée scolaire si l’on en juge par un récent sondage et par les interventions ou initiatives actuelles de plusieurs candidats déclarés.
Un sondage du CSA effectué le 10 août dernier fait apparaître que « l’école et l’éducation » ( avec 35% de réponses ) figurent en deuxième position ( après « l’emploi », qui recueille 42% des avis ) lorsqu’on demande « Quels sont, parmi les sujets suivants, ceux qui vous paraissent les plus importants en France aujourd’hui ? ( deux réponses possibles ) ». Suivent de loin « l’assurance maladie et la santé » ( 21% des réponses ), le « pouvoir d’achat » ( 20% ), les « retraites » (18% ), la « dette publique de la France » ( 17% ), « l’environnement » ( 10% ), « la sécurité des biens et des personnes » ( 10% ), « l’immigration » ( 8% ), « les impôt et les taxes » ( 7% ), « la politique étrangère » ( 3% ), aucun de ces sujets ( non suggéré) : 2%.
François Bayrou , dans son dernier livre paru le 18 août dernier ( « 2012, Etat d’urgence » ) proclame qu’ il faut « se concentrer sur l’essentiel » qui tient en deux ambitions : la production et l’éducation. Il faut « rendre à la France, dit-il, la meilleure éducation du monde », redonner à l’école « incomprise, rejetée, méprisée » comme jamais depuis un siècle, la fierté du savoir et des valeurs transmises.


Par ailleurs, Arnaud Montebourg a, lui, consacré entièrement un livre à son « Projet pour l’école » ( à paraître début septembre : un texte de 140 pages et pas moins de 32 propositions en matière de politique éducative ).
Last but not least, Martine Aubry a mis résolument « l’éducation » parmi les quatre thèmes prioritaires de sa campagne et de sa « Lettre aux Français » ( qui va être ventilée à un million d’exemplaires ) : « la croissance et l’emploi », « le pouvoir d’achat », « l’éducation », « le droit à la sécurité ». Chacun de ces thèmes est développé, avec un certain nombre de propositions concrètes. Il faudra sans doute y revenir plus longuement. Mais on peut déjà noter que Martine Aubry s’engage très fortement sur le thème ‘’éducation’’ : « Je souhaite refonder notre système éducatif aujourd’hui en crise, dit-elle. Je proposerai dès 2012, après un débat national, une loi cadre qui définira les orientations fixées à notre école et le nouveau pacte éducatif entre la nation et l’ensemble des professionnels de l’éducation ( http://www.martineaubry.fr/article/je-veux-vous-parler-de-la-france-la-lettre-de-martine-aubry-aux-francais )


Afin de progresser dès maintenant vers ce nouveau pacte éducatif ( car le temps est compté pour réussir ), Martine Aubry et les deux responsables du dossier ‘’éducation’’ dans son équipe de campagne ont eu une première réunion d’échanges de vue dès ce 24 août avec les dirigeants des principaux syndicats de l’Education nationale ( la FSU, l’UNSA-Education, le SGEN ).

Tous les commentaires

Dire qu'on va enfin s'occuper de l'Education, ça ne mange pas de pain et c'est toujours bien vu à gauche.

 

Et c'est vrai que cette question est vraiment une priorité des priorités (parmi une demi-douzaine d'autres).

 

L'emploi paraît cependant l'urgence des urgences. Ségolène Royal, dès qu'elle sera gardienne de la Constitution, devra se décarcasser pour faire enfin respecter le principe constitutionnel:

 

"Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi".

 

Ce qui n'enlève rien au souci de l'éducation, qui concourt d'ailleurs puissamment à la recherche du plein-emploi.

J'attends de voir les propositions concrètes, car qui serait contre l'éducation? Pour vous dire, même Nicolas Sarkozy veut que l'éducation aille mieux, qu'on ait la meilleure école du monde, etc, etc. Et regardez concrètement ce qu'il fait!

Pour l'instant, la seule promesse crédible des socialistes, c'est la poursuite de la rigueur budgétaire. Pour l'éducation, il leur reste à appliquer les bonnes recettes de Darcos et Châtel: habiller les suppressions de postes dans un blabla de refondation, débat national et autres pactes.

Jusqu'ici, la différence entre le PS et l'UMP ne saute guère aux yeux.

Assez d'accord avec vous, monsieur jean-pierre boudine.

 

Effectivement, vu la dégradation "programmée" de l'Education Nationale en France, avec un paroxysme sous le "règne" du petit nicolas, depuis des decennies, on pourrait croire que la réelle ambition de ceux qui nous "gouvernent" (toutes tendances confondues) est de délabrer une structure potentiellement destabilisante à terme pour les pouvoirs politiques.

 

Il vaut mieux un peuple de décérébrés, sans esprit critique, uniquement préoccupé à s'inscrire dans un shéma de consumérisme et de productivisme effréné, afin de le dominer et l'exploiter efficacement.

 

Allons donc ! un peuple instruit ! Mais qu'adviendrait-il alors de toute cette classe politique parasitaire, aux commandes depuis deux siècles ?

 

Cependant, chez nos cousins allemands, tout n'est pas rose non plus : de graves carences s'inscrivent dans leur système éducatif, où l'Etat prend de moins en moins de prérogatives (depuis le traumatisme des jeunesses hitlériennes du IIIème Reich), ce qui impose aux mères de famille de suppléer (en abandonnant leur emploi et/ou leur projet de carrière) l'absence de structures éducatives pérennes: pas de crèches, pas d'activités scolaires l'après-midi (école à mi-temps) prise en charge par les familles d'activités dont en Fance l'Etat assure (pour combien de temps encore ?) la charge.

 

Oui, il faut un projet éducatif solide, avec pour objectif d'instruire des citoyens responsables, ayant le maximum de moyens intellectuels et techniques à leur disposition pour s'incrire dans un avenir de plus en plus incertain.

 

Un tel projet remettrait largement en cause la main-mise de nos dirigeants sur les esprits serviles qu'ils souhaitent réellement modeler, à mon avis, pour mieux les contrôler.....

 

La réponse à la question posée en titre du billet est évidement NON, à mon humble avis....

Faisons donc rentrer le travail manuel dans l'enseignement général !

Bonjour,

@ Viviane M,

"... la diversité des fonctionnemenents cognitifs des jeunes".

Oui vous avez raison d'en parler.

Et j'ajoute que l' approche de l'apprentissage d'une langue vivante, de la littérature, d'une séance d'éducation musicale, d'arts visuels, des sciences et d'autres matières... se fait également différemment suivant l'application de multiples paramètres complexes.

Ce que semble ne pas comprendre ce ministre du yaka-fokon et une ribambelle d agents clonés.

Bonne rentrée, amicalement

Viviane M ! Déterminer les finalités de l’école fondamentale (jusqu’au collège), mettre les moyens juste nécessaires pour ces finalités, former les enseignants sur la diversité des fonctionnements cognitifs des jeunes, et accompagner la réalisation de ces finalités.

On voit que vous connaissez votre sujet.

Mais à 15 ans, très peu de jeunes ont une idée de ce qu' ils pourraient faire plus tard. Et les années d' essais-erreurs arrivent avec la maturité !

Vous citez ce que j'ai dit sur le collège et vous me parlez du lycée. Mais, vous avez parfaitement raison : c'est bien là la problématique. Il est absolument impossible de faire faire les mêmes parcours à tous les élèves après 15 ans à cause de la diversité des élèves: dans leur acquis, dans le mode d'apprentissage, dans leur positionnement devant l'adulte en devenir, dans leur envie de s'investir dans l'effort intellectuel pour réussir. Tous ceux qui ont assisté à un conseil de classe de 3ème ou de 2nd le savent. Le "tri" après le collège est impossible à contourner. Il faut le reconnaître pour éviter qu'il soit trop subi, puis installer de vraies passerelles partout. Donner le droit de glandouiller au lycée aux 40% des élèves qui ont l'envie et les acquis pour des études intellectuelles a comme conséquences : 1) une dévalorisation des études professionnelles (seuls à s’orienter) 2) de réserver la préparation des études supérieures les plus sélectives à ceux qui pourront se payer un enseignement privé (voir USA), 2) une moindre maturité du jeune quand il choisira sa formation supérieure à cause des trois ans d'essais-erreurs perdus (la nourriture et le logement universitaire coûtent cher).

Je sais qu’ils sont jeunes, mais l’unique solution est de faire connaître les grandes règles du monde du travail (un peu idéalisées) dès la 5 ème, de manière qu’en fin de 3ème , ils sachent au moins ce qu’ils ne veulent pas faire et quels sont les domaines de métiers qui leur déplairont le moins. Chaque fois qu’ils voudront en changer, il faut les y autoriser même si cela suppose de recommencer une année.

La maturité qui permet de choisir en connaissance de cause vient plus tard, vers 35 ans. Mais je ne crois pas qu’il soit possible d’attendre cet âge.

à viviane

trop peu de sens issus de l'expérience collective des enseignants qui certes ont du mal à s'accorder via leur diversité originelle!

Mais tant que leur parole sera délibérément ignorée ,aucune chance de restaurer cette ECOLE mise à mal sciemment!

Les MAFPEN ont été un vivier qu'on a sacrifié aux lobby de certains universitaires!

J'attends pour ma part qu'un candidat admette le bien fondé de permettre à l'expertise enseignante de se faire entendre sur le métier d'enseigner ;sans renconter ce mépris systématique que la hiérarchie oppose !

et surtout qu'il ne soit plus question de l'école COMME UNE ENTREPRISE!

Quand il y aura un peu de modestie des hiérarchies ,alors nous pourrons de nouveau parler d'une ECOLE républicaine saine et sensée!

 

Tant mieux que l'éducation soit un thème prioriare pour plusieurs candidats qui répondent en cela aux aspirations de la population .

Je vois aujourd'hui dans le Courrier Picard que Martine Aubry vient à Amiens le 1er septembre parler de l'éducation . Pourvu que tous les candidats en fassent autant .

 

 

Le sondage CSA a un mérite : celui de lister toutes les priorités politiques qui devraient faire programme .

L'enseignement est certes fondamental , mais déconnecté du reste , je ne vois pas l'intérêt de s'y focaliser .

L'école dans la crise , avec un chômage de masse et une absence d'ascenseur social , je ne n'y crois plus .

Par contre il est important qu'elle continue à apporter les savoirs de base, lecture, écriture ,calcul et un peu de culture scientifique et générale ,pour que chacun puisse obtenir ensuite une qualification .

Qu'elle sache repèrer les élèves doués qui constitueront les élites dont notre société aura besoin . Evidemment dans élite je n'entends pas le fait de gagner le plus d'argent possible comme aujourd'hui , mais des élites morales , réfèrentes , capables de s'investir dans une mission d'intérêt général et d'entrainer notre pays dans la recherche et la production de qualité....Des locomotives qui permettront aux autres de s'accrocher aux wagons de la vie .

Bref des élites utiles à tous et non des faux génies de la finance comme aujourd'hui qui ne font que rechercher les hauts revenus en spéculant et en parasitant...

Et cette école devrait permettre assez rapidement de laisser le choix à des gamins ayant une intelligence pratique , manuelle , de se former car des gisements d'emploi existent , qui leur permettront d'accéder à des professions où ils s'épanouiront et qui leur rapporteront des salaires encourageants .

Ce que je veux dire c'est que cette école doit limiter le gaspillage de dons et les goulots que représentent aujourd'hui les professions dites intellectuelles sans débouchés pour la plupart .

Bref il nous faut des électromécaniciens , des plombiers , des boulangers, des comptables ,des cultivateurs et paysans , des médecins , des avocats, des juristes etc ,etc.... qualifiés et en nombre raisonnables .

Une société bien conçue devrait permettre à chacun de trouver sa place et de vivre honnêtement dans la dignité et la satisfaction.

Je fais confiance aux valeurs morales et qualités des enseignants pour y aider pour peu que l'on ne leur mette pas des bâtons dans les roues comme à l'accoutumé .

Ls.

 

Des remarques pleines de bon sens Leséparges.

Et votre dernière phrase notamment. Arrêtons de mépriser les enseignants et les personnels d'accueil de la petite enfance. Donnons leur la valeur qu'exigent les missions nombreuses qui sont les leurs au quotidien. A quand un autre regard sur ces professions fondamentales ???

 

En tous cas merci pour votre contribution.

"Actuellement le plus grand dysfonctionnement se situe au collège chez les enfants qui n’ont pas les acquis en lecture, expression et calcul pour tirer bénéfice des cours de leur classe d’âge. Aujourd’hui, quand ils ont deux ans de retard, quels que soient leurs acquis les élèves ne redoublent plus, ils sont condamnés à subir des cours qu'ils ne comprennent pas, être devant des devoirs que, quelle que soit leur bonne volonté, ne peuvent pas réussir et ils arrivent en fin de 3ème sans avoir pratiquement rien appris et avec leur estime de soi détruite."

En effet, pour moi ce qui plombe le collège c'est l'exclusivité du cognitif qui prends le pas sur toutes les autres formes d'accés au monde réel. Même en Technologie les programmes minimises les pratiques manuelles. Au collège on apprend à écrire, lire, calculer, raisonner, parler des langues étrangère, connaitre l'histoire et la littérature... pourquoi n'apprend-on pas à scier, clouer, souder, visser, maçonner, sculpter, tailler... Pourquoi ces savoirs ne seraient-ils pas mis au même niveau que les autres. Tous le monde n'a pas vocation à être un intellectuel pur et dur. Je verrais bien un bulletin de note de collège (unique) ou le cognitif côtoierait le manuel pour tous les élèves, on pourrait valoriser les filières pro. Certains premiers de la classe pourraient vivre l'expérience d'avoir des mauvaises notes. Mettez-vous dans la peau d'un élève qui n'arrive pas à rentrer dans un processus cognitif exclusif, chaque jour au collège vient lui dire "tu vaux rien".

.

Je dois dire que je préfère cent fois l'approche de la question scolaire par le philosophe Michéa que par l'historien Lelièvre qui, d'ailleurs, est également philosophe.

.

 

..© .

.

Ce qui me semblerait triste, c'est que l'historien-philosophe claude lelièvre devienne propagandiste.

.

jpylg

Ce qui est vraiment triste, c'est de voir un commentaire aussi consternant sur un tel article. jpylg propagandiste de lui-même comme d'habitude.

..© .

Cher Jean-Louis

 

Indignez-vous pour ce que vous voulez, attristez-vous pour ce que vous voulez, consternez-vous pour ce que vous voulez.

 

 

.

Mais si vous voulez en savoir plus sur la façon dont la laïcité est bafouée tous les jours dans les écoles de la République - j'avais cru comprendre que c'était un thème qui vous était cher - j'ai un excellent ouvrage à recommander à tous. Merci de m'y avoir fait penser.

.

jpylg

 

 

Newsletter
Je m'identifie