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L'éducation: un thème prioritaire?
C’est ce qui apparaissait déjà en juillet ; et cela semble se confirmer en cette rentrée scolaire si l’on en juge par un récent sondage et par les interventions ou initiatives actuelles de plusieurs candidats déclarés.
Un sondage du CSA effectué le 10 août dernier fait apparaître que « l’école et l’éducation » ( avec 35% de réponses ) figurent en deuxième position ( après « l’emploi », qui recueille 42% des avis ) lorsqu’on demande « Quels sont, parmi les sujets suivants, ceux qui vous paraissent les plus importants en France aujourd’hui ? ( deux réponses possibles ) ». Suivent de loin « l’assurance maladie et la santé » ( 21% des réponses ), le « pouvoir d’achat » ( 20% ), les « retraites » (18% ), la « dette publique de la France » ( 17% ), « l’environnement » ( 10% ), « la sécurité des biens et des personnes » ( 10% ), « l’immigration » ( 8% ), « les impôt et les taxes » ( 7% ), « la politique étrangère » ( 3% ), aucun de ces sujets ( non suggéré) : 2%.
François Bayrou , dans son dernier livre paru le 18 août dernier ( « 2012, Etat d’urgence » ) proclame qu’ il faut « se concentrer sur l’essentiel » qui tient en deux ambitions : la production et l’éducation. Il faut « rendre à la France, dit-il, la meilleure éducation du monde », redonner à l’école « incomprise, rejetée, méprisée » comme jamais depuis un siècle, la fierté du savoir et des valeurs transmises.
Par ailleurs, Arnaud Montebourg a, lui, consacré entièrement un livre à son « Projet pour l’école » ( à paraître début septembre : un texte de 140 pages et pas moins de 32 propositions en matière de politique éducative ).
Last but not least, Martine Aubry a mis résolument « l’éducation » parmi les quatre thèmes prioritaires de sa campagne et de sa « Lettre aux Français » ( qui va être ventilée à un million d’exemplaires ) : « la croissance et l’emploi », « le pouvoir d’achat », « l’éducation », « le droit à la sécurité ». Chacun de ces thèmes est développé, avec un certain nombre de propositions concrètes. Il faudra sans doute y revenir plus longuement. Mais on peut déjà noter que Martine Aubry s’engage très fortement sur le thème ‘’éducation’’ : « Je souhaite refonder notre système éducatif aujourd’hui en crise, dit-elle. Je proposerai dès 2012, après un débat national, une loi cadre qui définira les orientations fixées à notre école et le nouveau pacte éducatif entre la nation et l’ensemble des professionnels de l’éducation ( http://www.martineaubry.fr/article/je-veux-vous-parler-de-la-france-la-lettre-de-martine-aubry-aux-francais )
Afin de progresser dès maintenant vers ce nouveau pacte éducatif ( car le temps est compté pour réussir ), Martine Aubry et les deux responsables du dossier ‘’éducation’’ dans son équipe de campagne ont eu une première réunion d’échanges de vue dès ce 24 août avec les dirigeants des principaux syndicats de l’Education nationale ( la FSU, l’UNSA-Education, le SGEN ).


Les 4 commentaires les plus recommandés
Non, l'Education n'est pas un thème prioritaire, ou plutôt oui, c'est un rideau de fumée prioritaire. Nous vivons un Krach Educatif et la faute n'en incombe pas exclusivement à la droite, loin de là. La gauche a tourné le dos au plan Langevin Wallon, qui préconisait que l'on évite d'opposer travail manuel et travail intellectuel. L'idéologie du Collège unique c'est l'enseignement général et abstrait pour tous. --> 150 000 jeunes quittent chaque année le système sans aucun diplôme, alors que chez nos cousins allemands, ils auraient quelque chose comme un CAP... Et nos cousins allemands, avec un corps de techniciens dix fois meilleur, ont gardé une industrie, et ils exportent... La gauche petite bourgeoise (SNES et PCF inclus) ne cédera pas sur le catastrophique collège unique et la guéguère entre psycho-socios (genre "le niveau monte") et Républicains (genre "il faut restaurer le sens de l'effort") va continuer à amuser le public, qui voit inéluctablement notre pays se dés-éduquer.
Sauver l'Ecole ? Aucun "parti de gouvernement" n'en a envie. Vous voyez les ennuis qu'ils créent en Tunisie les jeunes instruits ?
L'éducation est un sujet extrêmement complexe à cause du nombre d'idées reçues qui y circulent. D'autant plus que nombre de ces doctrines fausses sont renforcées sciemment par des personnes ayant un enjeu de pouvoir ou besoin d'alimenter leur fonds de commerce.
- Par exemple, contrairement à l’idée reçue, la quasi-totalité de ceux qui réussissent les formations supérieures les plus sélectives n'ont jamais eu un cours particulier de leur vie. Le premier critère est la capacité des parents à apprendre le goût de l'effort intellectuel et d'inculquer l’idée qu’il y a un lien entre effort et réussite. Pour réussir il est nécessaire d’avoir un « potentiel » et des « parents » qui donnent envie de l’utiliser.
- Par exemple, contrairement à l’idée reçue, les élèves du lycée demandent la filière S uniquement parce que c’est une filière généraliste qui permet toutes les études après le bac (la Khâgne, la plus prestigieuse des études littéraires a 25% de bachelier S). Cela n’a rien à voir avec un pseudo prestige de la filière. Pour moi le bac prestigieux est le bac L, puisqu’aucun des membres de ma famille proche n’a ou n’a eu les compétences pour le réussir.
Le sujet de l’éducation est complexe à cause de la diversité des élèves dans leur mode de fonctionnement cognitif et leur positionnement par rapport à l’école. Quand, Darcos a vanté les qualités du lycée finlandais en 2008 « lycée quasi-idyllique qui supprimait le redoublement et, par son bac unique, supprimait la hiérarchie entre les filières », j’ai été la seule parmi ceux qui ont réagi dans les forums et dans les commentaires qui a affirmé qu’il était impossible que le lycée décrit ait les caractéristiques indiquées. Et vérifications faites, j’ai eu raison. Dans la réalité, le test PISA est réalisé sur une population de jeunes de 15 ans, donc avant le lycée. Le redoublement est loin d’y être supprimé et il a pu être limité à un an de retard grâce à une politique drastique de reversement vers le lycée professionnel de ceux qui n’ont pas le niveau. Le bac est un document où les matières choisies sont inscrites. Il est possible en Finlande d’avoir un bac sans math, un bac avec l’option « math allégé » ou un bac avec l’option « math renforcé ». Les conséquences sur les études supérieures possibles sont identiques à celles de nos baccalauréats. En réalité, il est totalement impossible de ne pas avoir après 15 ans (fin de collège), un système d’enseignement qui n’est pas différentiant, et aucun pays n’a trouvé une solution idéale pour l’orientation qui débute de fait en fin de collège pour au moins 50% de la population (ceux qui n’ont pas envie de s’investir dans les études intellectuelles et ont besoin de faire du concret).
De la même manière, j’ai été une dès rare personne d’avoir mis en cause la version officielle de l’arrêt de la réforme du Lycée de Darcos. En effet, les lycéens ont manifesté bien opportunément : Le lycée de Darcos était inorganisable (incompatible avec les possibilités des emplois du temps) et qu’il demandait plus d’heures-enseignants que le lycée précédent. Vous pouvez lire la démonstration à cette adresse. http://vivianemicaud.wordpress.com/decryptage/On peut dire « grosso-modo » que les parents ont des anxiétés vis-à-vis de l’école et que tout beau parleur qui arrive en disant « j’ai une solution miracle d’ailleurs elle est appliquée dans un pays nordique (dont pratiquement personne en France ne parle la langue) qui résout ces anxiétés » peut créer un courant de soutien pour sa solution miracle, bien sûr, non seulement inefficace mais contreproductive.
Pour réformer l’école, il faut abandonner l’idée des solutions miracles, il faut avoir une vision globale et systémique. Déterminer les finalités de l’école fondamentale (jusqu’au collège), mettre les moyens juste nécessaires pour ces finalités, former les enseignants sur la diversité des fonctionnements cognitifs des jeunes, et accompagner la réalisation de ces finalités.
Accepter que le parcours de l’orientation, demande que les élèves se projettent comme adultes dès la fin du collège et que les années lycées doivent être des années d’essais-erreurs qui font que lors du départ vers les coûteuses études supérieures, les élèves soient à peu près sûrs de ce qu’ils veulent faire.
Cher Claude Lelièvre
Oui le sujet Education est prioritaire. DEVRAIT l'être! Car les mois passent et je n'entends pas les candidats aux primaires ni la droite parler beaucoup d'Education.
Vous nous parlez de Martine Aubry. Soit... (Un document de 8 pages à un million d'exemplaires... Cela a du coûter une petite fortune en photocopies... Passons)
Ici sur Médiapart (qui n'est pas un site supplétif de tel ou tel candidat) peut-être serait-il intéressant de donner PLUSIEURS pistes de réflexion. Pas SEULEMENT celles de la candidate que vous soutenez officiellement (ce qui est votre droit le plus strict et parfaitement honorable). M Aubry n'est pas la seule au PS à s'inquiêter de l'Education. C'est pourtant ce que l'on pourrait croire à vous lire. Mediapart n'a pas la réputation d'être un site partisan.
Ce discours-là: (M Aubry)
« Je souhaite refonder notre système éducatif aujourd’hui en crise, dit-elle. Je proposerai dès 2012, après un débat national, une loi cadre qui définira les orientations fixées à notre école et le nouveau pacte éducatif entre la nation et l’ensemble des professionnels de l’éducation
ne veut stricetemnt rien dire et n'est qu'un rideau de fumée pour préserver la tranquillité de la candidate bien trop craintive électoralement. Ce n'est pas à elle qu'on fera le coup d'une cassette vidéo opportunément sortie en pleine campagne par ses propres "camarades"... Vous voyez ce que je veux dire...
Il y a donc ces autres pistes, avec lesquelles on peut ne pas être d'accord mais qui existent et ces réflexions là ne datent pas de la primaire 2011... Débattons-en AUSSI en toute transparence démocratique.
http://www.desirsdavenir.org/upp/universites-populaires-et-participatives/1786-universiteeducation.html
http://www.desirsdavenir.org/upp/universites-populaires-et-participatives/88-7-defis-pour-une-politique-de-civilisation.html
+ toutes les interventions de S Royal dans ses différents livres ainsi que celui à venir.
Très amicalement
Tout le monde veut changer l'école pour qu'elle soit mieux pour les enfants,la nation ... c'est une habitude!
Pour que les enseignants et les parents adhèrent à un programme politique, il faut afficher des idées plus précises que celles-là:
« Je souhaite refonder notre système éducatif aujourd’hui en crise, dit-elle. Je proposerai dès 2012, après un débat national, une loi cadre qui définira les orientations fixées à notre école et le nouveau pacte éducatif entre la nation et l’ensemble des professionnels de l’éducation
-refonder: retourner aux "fondamentaux", lesquels? ceux des programmes de 2008 évalué en primaire et au collège depuis cette année dans le Livret Personnel de Compétences qui sera un super fichier informatique national sur tous les enfants de Franc?
ou d'autres "fondamentaux? ceux des programmes de 2002?
-les orientations fixées à notre école: il faut les dire maintenant pour éclairer la vision du PS sur l'avenir de l'école et obtenir le vote des enseignants pour tel ou telle candidat(e)
-nouveau pacte éducatif: idem
Tous les commentaires
Dire qu'on va enfin s'occuper de l'Education, ça ne mange pas de pain et c'est toujours bien vu à gauche.
Et c'est vrai que cette question est vraiment une priorité des priorités (parmi une demi-douzaine d'autres).
L'emploi paraît cependant l'urgence des urgences. Ségolène Royal, dès qu'elle sera gardienne de la Constitution, devra se décarcasser pour faire enfin respecter le principe constitutionnel:
"Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi".
Ce qui n'enlève rien au souci de l'éducation, qui concourt d'ailleurs puissamment à la recherche du plein-emploi.
J'attends de voir les propositions concrètes, car qui serait contre l'éducation? Pour vous dire, même Nicolas Sarkozy veut que l'éducation aille mieux, qu'on ait la meilleure école du monde, etc, etc. Et regardez concrètement ce qu'il fait!
Pour l'instant, la seule promesse crédible des socialistes, c'est la poursuite de la rigueur budgétaire. Pour l'éducation, il leur reste à appliquer les bonnes recettes de Darcos et Châtel: habiller les suppressions de postes dans un blabla de refondation, débat national et autres pactes.
Jusqu'ici, la différence entre le PS et l'UMP ne saute guère aux yeux.
Non, l'Education n'est pas un thème prioritaire, ou plutôt oui, c'est un rideau de fumée prioritaire. Nous vivons un Krach Educatif et la faute n'en incombe pas exclusivement à la droite, loin de là. La gauche a tourné le dos au plan Langevin Wallon, qui préconisait que l'on évite d'opposer travail manuel et travail intellectuel. L'idéologie du Collège unique c'est l'enseignement général et abstrait pour tous. --> 150 000 jeunes quittent chaque année le système sans aucun diplôme, alors que chez nos cousins allemands, ils auraient quelque chose comme un CAP... Et nos cousins allemands, avec un corps de techniciens dix fois meilleur, ont gardé une industrie, et ils exportent... La gauche petite bourgeoise (SNES et PCF inclus) ne cédera pas sur le catastrophique collège unique et la guéguère entre psycho-socios (genre "le niveau monte") et Républicains (genre "il faut restaurer le sens de l'effort") va continuer à amuser le public, qui voit inéluctablement notre pays se dés-éduquer.
Sauver l'Ecole ? Aucun "parti de gouvernement" n'en a envie. Vous voyez les ennuis qu'ils créent en Tunisie les jeunes instruits ?
Assez d'accord avec vous, monsieur jean-pierre boudine.
Effectivement, vu la dégradation "programmée" de l'Education Nationale en France, avec un paroxysme sous le "règne" du petit nicolas, depuis des decennies, on pourrait croire que la réelle ambition de ceux qui nous "gouvernent" (toutes tendances confondues) est de délabrer une structure potentiellement destabilisante à terme pour les pouvoirs politiques.
Il vaut mieux un peuple de décérébrés, sans esprit critique, uniquement préoccupé à s'inscrire dans un shéma de consumérisme et de productivisme effréné, afin de le dominer et l'exploiter efficacement.
Allons donc ! un peuple instruit ! Mais qu'adviendrait-il alors de toute cette classe politique parasitaire, aux commandes depuis deux siècles ?
Cependant, chez nos cousins allemands, tout n'est pas rose non plus : de graves carences s'inscrivent dans leur système éducatif, où l'Etat prend de moins en moins de prérogatives (depuis le traumatisme des jeunesses hitlériennes du IIIème Reich), ce qui impose aux mères de famille de suppléer (en abandonnant leur emploi et/ou leur projet de carrière) l'absence de structures éducatives pérennes: pas de crèches, pas d'activités scolaires l'après-midi (école à mi-temps) prise en charge par les familles d'activités dont en Fance l'Etat assure (pour combien de temps encore ?) la charge.
Oui, il faut un projet éducatif solide, avec pour objectif d'instruire des citoyens responsables, ayant le maximum de moyens intellectuels et techniques à leur disposition pour s'incrire dans un avenir de plus en plus incertain.
Un tel projet remettrait largement en cause la main-mise de nos dirigeants sur les esprits serviles qu'ils souhaitent réellement modeler, à mon avis, pour mieux les contrôler.....
La réponse à la question posée en titre du billet est évidement NON, à mon humble avis....
Faisons donc rentrer le travail manuel dans l'enseignement général !
Cher Claude Lelièvre
Oui le sujet Education est prioritaire. DEVRAIT l'être! Car les mois passent et je n'entends pas les candidats aux primaires ni la droite parler beaucoup d'Education.
Vous nous parlez de Martine Aubry. Soit... (Un document de 8 pages à un million d'exemplaires... Cela a du coûter une petite fortune en photocopies... Passons)
Ici sur Médiapart (qui n'est pas un site supplétif de tel ou tel candidat) peut-être serait-il intéressant de donner PLUSIEURS pistes de réflexion. Pas SEULEMENT celles de la candidate que vous soutenez officiellement (ce qui est votre droit le plus strict et parfaitement honorable). M Aubry n'est pas la seule au PS à s'inquiêter de l'Education. C'est pourtant ce que l'on pourrait croire à vous lire. Mediapart n'a pas la réputation d'être un site partisan.
Ce discours-là: (M Aubry)
« Je souhaite refonder notre système éducatif aujourd’hui en crise, dit-elle. Je proposerai dès 2012, après un débat national, une loi cadre qui définira les orientations fixées à notre école et le nouveau pacte éducatif entre la nation et l’ensemble des professionnels de l’éducation
ne veut stricetemnt rien dire et n'est qu'un rideau de fumée pour préserver la tranquillité de la candidate bien trop craintive électoralement. Ce n'est pas à elle qu'on fera le coup d'une cassette vidéo opportunément sortie en pleine campagne par ses propres "camarades"... Vous voyez ce que je veux dire...
Il y a donc ces autres pistes, avec lesquelles on peut ne pas être d'accord mais qui existent et ces réflexions là ne datent pas de la primaire 2011... Débattons-en AUSSI en toute transparence démocratique.
http://www.desirsdavenir.org/upp/universites-populaires-et-participatives/1786-universiteeducation.html
http://www.desirsdavenir.org/upp/universites-populaires-et-participatives/88-7-defis-pour-une-politique-de-civilisation.html
+ toutes les interventions de S Royal dans ses différents livres ainsi que celui à venir.
Très amicalement
Tout le monde veut changer l'école pour qu'elle soit mieux pour les enfants,la nation ... c'est une habitude!
Pour que les enseignants et les parents adhèrent à un programme politique, il faut afficher des idées plus précises que celles-là:
« Je souhaite refonder notre système éducatif aujourd’hui en crise, dit-elle. Je proposerai dès 2012, après un débat national, une loi cadre qui définira les orientations fixées à notre école et le nouveau pacte éducatif entre la nation et l’ensemble des professionnels de l’éducation
-refonder: retourner aux "fondamentaux", lesquels? ceux des programmes de 2008 évalué en primaire et au collège depuis cette année dans le Livret Personnel de Compétences qui sera un super fichier informatique national sur tous les enfants de Franc?
ou d'autres "fondamentaux? ceux des programmes de 2002?
-les orientations fixées à notre école: il faut les dire maintenant pour éclairer la vision du PS sur l'avenir de l'école et obtenir le vote des enseignants pour tel ou telle candidat(e)
-nouveau pacte éducatif: idem
L'éducation est un sujet extrêmement complexe à cause du nombre d'idées reçues qui y circulent. D'autant plus que nombre de ces doctrines fausses sont renforcées sciemment par des personnes ayant un enjeu de pouvoir ou besoin d'alimenter leur fonds de commerce.
- Par exemple, contrairement à l’idée reçue, la quasi-totalité de ceux qui réussissent les formations supérieures les plus sélectives n'ont jamais eu un cours particulier de leur vie. Le premier critère est la capacité des parents à apprendre le goût de l'effort intellectuel et d'inculquer l’idée qu’il y a un lien entre effort et réussite. Pour réussir il est nécessaire d’avoir un « potentiel » et des « parents » qui donnent envie de l’utiliser.
- Par exemple, contrairement à l’idée reçue, les élèves du lycée demandent la filière S uniquement parce que c’est une filière généraliste qui permet toutes les études après le bac (la Khâgne, la plus prestigieuse des études littéraires a 25% de bachelier S). Cela n’a rien à voir avec un pseudo prestige de la filière. Pour moi le bac prestigieux est le bac L, puisqu’aucun des membres de ma famille proche n’a ou n’a eu les compétences pour le réussir.
Le sujet de l’éducation est complexe à cause de la diversité des élèves dans leur mode de fonctionnement cognitif et leur positionnement par rapport à l’école. Quand, Darcos a vanté les qualités du lycée finlandais en 2008 « lycée quasi-idyllique qui supprimait le redoublement et, par son bac unique, supprimait la hiérarchie entre les filières », j’ai été la seule parmi ceux qui ont réagi dans les forums et dans les commentaires qui a affirmé qu’il était impossible que le lycée décrit ait les caractéristiques indiquées. Et vérifications faites, j’ai eu raison. Dans la réalité, le test PISA est réalisé sur une population de jeunes de 15 ans, donc avant le lycée. Le redoublement est loin d’y être supprimé et il a pu être limité à un an de retard grâce à une politique drastique de reversement vers le lycée professionnel de ceux qui n’ont pas le niveau. Le bac est un document où les matières choisies sont inscrites. Il est possible en Finlande d’avoir un bac sans math, un bac avec l’option « math allégé » ou un bac avec l’option « math renforcé ». Les conséquences sur les études supérieures possibles sont identiques à celles de nos baccalauréats. En réalité, il est totalement impossible de ne pas avoir après 15 ans (fin de collège), un système d’enseignement qui n’est pas différentiant, et aucun pays n’a trouvé une solution idéale pour l’orientation qui débute de fait en fin de collège pour au moins 50% de la population (ceux qui n’ont pas envie de s’investir dans les études intellectuelles et ont besoin de faire du concret).
De la même manière, j’ai été une dès rare personne d’avoir mis en cause la version officielle de l’arrêt de la réforme du Lycée de Darcos. En effet, les lycéens ont manifesté bien opportunément : Le lycée de Darcos était inorganisable (incompatible avec les possibilités des emplois du temps) et qu’il demandait plus d’heures-enseignants que le lycée précédent. Vous pouvez lire la démonstration à cette adresse. http://vivianemicaud.wordpress.com/decryptage/On peut dire « grosso-modo » que les parents ont des anxiétés vis-à-vis de l’école et que tout beau parleur qui arrive en disant « j’ai une solution miracle d’ailleurs elle est appliquée dans un pays nordique (dont pratiquement personne en France ne parle la langue) qui résout ces anxiétés » peut créer un courant de soutien pour sa solution miracle, bien sûr, non seulement inefficace mais contreproductive.
Pour réformer l’école, il faut abandonner l’idée des solutions miracles, il faut avoir une vision globale et systémique. Déterminer les finalités de l’école fondamentale (jusqu’au collège), mettre les moyens juste nécessaires pour ces finalités, former les enseignants sur la diversité des fonctionnements cognitifs des jeunes, et accompagner la réalisation de ces finalités.
Accepter que le parcours de l’orientation, demande que les élèves se projettent comme adultes dès la fin du collège et que les années lycées doivent être des années d’essais-erreurs qui font que lors du départ vers les coûteuses études supérieures, les élèves soient à peu près sûrs de ce qu’ils veulent faire.
Bonjour,
@ Viviane M,
"... la diversité des fonctionnemenents cognitifs des jeunes".
Oui vous avez raison d'en parler.
Et j'ajoute que l' approche de l'apprentissage d'une langue vivante, de la littérature, d'une séance d'éducation musicale, d'arts visuels, des sciences et d'autres matières... se fait également différemment suivant l'application de multiples paramètres complexes.
Ce que semble ne pas comprendre ce ministre du yaka-fokon et une ribambelle d agents clonés.
Bonne rentrée, amicalement
Nous le savons : les deux ministres de l’éducation nationale de l’ère Sarkozy avaient comme consigne de trouver des prétextes pour diminuer le nombre d’enseignants quels que soient les dégâts pour les enfants. C’est ce qu’ils ont fait. Et nous pouvons dire qu’il y aura chez les enfants et chez les enseignants des classes d’âges sacrifiées.
Toutefois, à part deux actions, l’une de Darcos et l’une de Chatel, les changements imposés ont mis en place une situation plus saine pour construire une école efficace. Il est plus facile de réorganiser quand la réorganisation n’est pas accompagnée d’économie de moyens que l’installation de nouveaux modules de formation n’est pas accompagnée de la suppression d’autres. Il y a une feuille blanche, il ne faut pas se tromper, mais globalement moins de contraintes qu’avant le passage des personnes responsables de la politique actuelle, et une plus grande maturité dans la réflexion chez les partenaires. D’autant plus comme le souligne Claude Lelièvre, l’éducation est une priorité pour les Français.
L’action irrécupérable de Darcos est la diminution de la semaine de l’écolier de 3h (suppression du Samedi matin) en échange d’une demi-heure de soutien pour 4 élèves, 1 fois par semaine. D’autant, que ce micro-soutien a servi de prétexte pour supprimer les enseignants en surnombre qui étaient chargés de l’aide aux enfants en difficulté, et globalement les élèves en difficulté y ont perdu.
L’action irrécupérable de Chatel est la transformation du lycée en machine à brimer les scientifiques. Celle-ci aura pour conséquence à court terme de conduire de conduire à l’échec scolaire 10% des élèves qui réussissaient par la voie S et d’entraîner à terme la ruine économique de la France qui n’aura pas les diplômés en sciences et technologie pour anticiper et gérer les changements sans précédent qui s’annoncent : fin du pétrole et de nombreuses matières premières, changement climatique. Je suis particulièrement sensible à cette destruction du potentiel éducatif du lycée parce que, dans le lycée de Chatel, j’aurai été en échec scolaire, comme l’aurait été mon deuxième fils et comme le seraient certainement la moitié des mes petits enfants à venir si je n’arrive pas à inculquer un peu de réalisme aux penseurs de l’éducation nationale. Comme je l’explique sur mon site web, le lycée de Chatel est bâti sur des erreurs d’analyse et n’a aucun des avantages vantés dans sa notice de propagande. http://vivianemicaud.wordpress.com
La représentation fausse la plus dévastatrice dans l’école, concerne l’incapacité des acteurs de prendre en compte qu’il est nécessaire d’avoir des acquis pour pouvoir tirer bénéfice d’un cours. Je pense que cet état des faits est dû aux faits que les « penseurs » de l’éducation sont des littéraires. C’est-à-dire qu’ils ont acquis les fondamentaux qui permet de tirer bénéfice des enseignements supérieurs de type littéraire en fin de classe de 2nde, et ils sont incapable de voir que la lecture, la grammaire et la rédaction s’apprennent de manière progressive et que l’outillage nécessaire aux études scientifiques s’apprend de manière progressive et ceci tout au long de la vie. (Un docteur en mathématiques ne comprend pas les exposés des travaux d’un chercheur d’un autre sous-domaine des mathématiques que le sien, alors que toute personne ayant un bac général peut lire les travaux d’un historien et les trouver intéressants.)
Actuellement le plus grand dysfonctionnement se situe au collège chez les enfants qui n’ont pas les acquis en lecture, expression et calcul pour tirer bénéfice des cours de leur classe d’âge. Aujourd’hui, quand ils ont deux ans de retard, quels que soient leurs acquis les élèves ne redoublent plus, ils sont condamnés à subir des cours qu'ils ne comprennent pas, être devant des devoirs que, quelle que soit leur bonne volonté, ne peuvent pas réussir et ils arrivent en fin de 3ème sans avoir pratiquement rien appris et avec leur estime de soi détruite. Quand il y en a plus de deux-trois dans une classe, leur présence empêche les autres élèves de progresser, ce qui crée les différences dans les établissements. La solution est de repérer ces élèves et leur faire suivre des cours différents du reste de la classe en français et en math. Les autres cours seraient faits de telle manière que même les élèves qui maîtrisent mal la lecture puissent en tirer profits.
La problématique de l’école est complexe. Il y a de nombreuses représentations fausses qui sont communément admises par la majorité des penseurs de l’école, et l’exposé de toutes les finalités de l’école et toutes ses contraintes ne tient pas dans un commentaire.
Viviane M ! Déterminer les finalités de l’école fondamentale (jusqu’au collège), mettre les moyens juste nécessaires pour ces finalités, former les enseignants sur la diversité des fonctionnements cognitifs des jeunes, et accompagner la réalisation de ces finalités.
On voit que vous connaissez votre sujet.
Mais à 15 ans, très peu de jeunes ont une idée de ce qu' ils pourraient faire plus tard. Et les années d' essais-erreurs arrivent avec la maturité !
Vous citez ce que j'ai dit sur le collège et vous me parlez du lycée. Mais, vous avez parfaitement raison : c'est bien là la problématique. Il est absolument impossible de faire faire les mêmes parcours à tous les élèves après 15 ans à cause de la diversité des élèves: dans leur acquis, dans le mode d'apprentissage, dans leur positionnement devant l'adulte en devenir, dans leur envie de s'investir dans l'effort intellectuel pour réussir. Tous ceux qui ont assisté à un conseil de classe de 3ème ou de 2nd le savent. Le "tri" après le collège est impossible à contourner. Il faut le reconnaître pour éviter qu'il soit trop subi, puis installer de vraies passerelles partout. Donner le droit de glandouiller au lycée aux 40% des élèves qui ont l'envie et les acquis pour des études intellectuelles a comme conséquences : 1) une dévalorisation des études professionnelles (seuls à s’orienter) 2) de réserver la préparation des études supérieures les plus sélectives à ceux qui pourront se payer un enseignement privé (voir USA), 2) une moindre maturité du jeune quand il choisira sa formation supérieure à cause des trois ans d'essais-erreurs perdus (la nourriture et le logement universitaire coûtent cher).
Je sais qu’ils sont jeunes, mais l’unique solution est de faire connaître les grandes règles du monde du travail (un peu idéalisées) dès la 5 ème, de manière qu’en fin de 3ème , ils sachent au moins ce qu’ils ne veulent pas faire et quels sont les domaines de métiers qui leur déplairont le moins. Chaque fois qu’ils voudront en changer, il faut les y autoriser même si cela suppose de recommencer une année.
La maturité qui permet de choisir en connaissance de cause vient plus tard, vers 35 ans. Mais je ne crois pas qu’il soit possible d’attendre cet âge.
à viviane
trop peu de sens issus de l'expérience collective des enseignants qui certes ont du mal à s'accorder via leur diversité originelle!
Mais tant que leur parole sera délibérément ignorée ,aucune chance de restaurer cette ECOLE mise à mal sciemment!
Les MAFPEN ont été un vivier qu'on a sacrifié aux lobby de certains universitaires!
J'attends pour ma part qu'un candidat admette le bien fondé de permettre à l'expertise enseignante de se faire entendre sur le métier d'enseigner ;sans renconter ce mépris systématique que la hiérarchie oppose !
et surtout qu'il ne soit plus question de l'école COMME UNE ENTREPRISE!
Quand il y aura un peu de modestie des hiérarchies ,alors nous pourrons de nouveau parler d'une ECOLE républicaine saine et sensée!
Tant mieux que l'éducation soit un thème prioriare pour plusieurs candidats qui répondent en cela aux aspirations de la population .
Je vois aujourd'hui dans le Courrier Picard que Martine Aubry vient à Amiens le 1er septembre parler de l'éducation . Pourvu que tous les candidats en fassent autant .
Le sondage CSA a un mérite : celui de lister toutes les priorités politiques qui devraient faire programme .
L'enseignement est certes fondamental , mais déconnecté du reste , je ne vois pas l'intérêt de s'y focaliser .
L'école dans la crise , avec un chômage de masse et une absence d'ascenseur social , je ne n'y crois plus .
Par contre il est important qu'elle continue à apporter les savoirs de base, lecture, écriture ,calcul et un peu de culture scientifique et générale ,pour que chacun puisse obtenir ensuite une qualification .
Qu'elle sache repèrer les élèves doués qui constitueront les élites dont notre société aura besoin . Evidemment dans élite je n'entends pas le fait de gagner le plus d'argent possible comme aujourd'hui , mais des élites morales , réfèrentes , capables de s'investir dans une mission d'intérêt général et d'entrainer notre pays dans la recherche et la production de qualité....Des locomotives qui permettront aux autres de s'accrocher aux wagons de la vie .
Bref des élites utiles à tous et non des faux génies de la finance comme aujourd'hui qui ne font que rechercher les hauts revenus en spéculant et en parasitant...
Et cette école devrait permettre assez rapidement de laisser le choix à des gamins ayant une intelligence pratique , manuelle , de se former car des gisements d'emploi existent , qui leur permettront d'accéder à des professions où ils s'épanouiront et qui leur rapporteront des salaires encourageants .
Ce que je veux dire c'est que cette école doit limiter le gaspillage de dons et les goulots que représentent aujourd'hui les professions dites intellectuelles sans débouchés pour la plupart .
Bref il nous faut des électromécaniciens , des plombiers , des boulangers, des comptables ,des cultivateurs et paysans , des médecins , des avocats, des juristes etc ,etc.... qualifiés et en nombre raisonnables .
Une société bien conçue devrait permettre à chacun de trouver sa place et de vivre honnêtement dans la dignité et la satisfaction.
Je fais confiance aux valeurs morales et qualités des enseignants pour y aider pour peu que l'on ne leur mette pas des bâtons dans les roues comme à l'accoutumé .
Ls.
Des remarques pleines de bon sens Leséparges.
Et votre dernière phrase notamment. Arrêtons de mépriser les enseignants et les personnels d'accueil de la petite enfance. Donnons leur la valeur qu'exigent les missions nombreuses qui sont les leurs au quotidien. A quand un autre regard sur ces professions fondamentales ???
En tous cas merci pour votre contribution.
"Actuellement le plus grand dysfonctionnement se situe au collège chez les enfants qui n’ont pas les acquis en lecture, expression et calcul pour tirer bénéfice des cours de leur classe d’âge. Aujourd’hui, quand ils ont deux ans de retard, quels que soient leurs acquis les élèves ne redoublent plus, ils sont condamnés à subir des cours qu'ils ne comprennent pas, être devant des devoirs que, quelle que soit leur bonne volonté, ne peuvent pas réussir et ils arrivent en fin de 3ème sans avoir pratiquement rien appris et avec leur estime de soi détruite."
En effet, pour moi ce qui plombe le collège c'est l'exclusivité du cognitif qui prends le pas sur toutes les autres formes d'accés au monde réel. Même en Technologie les programmes minimises les pratiques manuelles. Au collège on apprend à écrire, lire, calculer, raisonner, parler des langues étrangère, connaitre l'histoire et la littérature... pourquoi n'apprend-on pas à scier, clouer, souder, visser, maçonner, sculpter, tailler... Pourquoi ces savoirs ne seraient-ils pas mis au même niveau que les autres. Tous le monde n'a pas vocation à être un intellectuel pur et dur. Je verrais bien un bulletin de note de collège (unique) ou le cognitif côtoierait le manuel pour tous les élèves, on pourrait valoriser les filières pro. Certains premiers de la classe pourraient vivre l'expérience d'avoir des mauvaises notes. Mettez-vous dans la peau d'un élève qui n'arrive pas à rentrer dans un processus cognitif exclusif, chaque jour au collège vient lui dire "tu vaux rien".
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Je dois dire que je préfère cent fois l'approche de la question scolaire par le philosophe Michéa que par l'historien Lelièvre qui, d'ailleurs, est également philosophe.
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Ce qui me semblerait triste, c'est que l'historien-philosophe claude lelièvre devienne propagandiste.
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jpylg
Ce qui est vraiment triste, c'est de voir un commentaire aussi consternant sur un tel article. jpylg propagandiste de lui-même comme d'habitude.
Cher Jean-Louis
Indignez-vous pour ce que vous voulez, attristez-vous pour ce que vous voulez, consternez-vous pour ce que vous voulez.
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Mais si vous voulez en savoir plus sur la façon dont la laïcité est bafouée tous les jours dans les écoles de la République - j'avais cru comprendre que c'était un thème qui vous était cher - j'ai un excellent ouvrage à recommander à tous. Merci de m'y avoir fait penser.
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jpylg