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Le mercredi ou rien?

La remise en cause de la semaine de quatre jours (actuellement en œuvre dans plus de 95 % des écoles primaires) risque de ne pas aller très loin si l'on se focalise sur la question du mercredi. 

Samedi dernier, le forum Enfant aujourd'hui, citoyen demain organisé à Montpellier par le Réseau des enseignants du primaire en résistance a réuni plus de 300 personnes au cours de cinq débats. Ses organisateurs «souhaitent maintenant que puisse se construire une véritable force collective de résistance à la déconstruction programmée de l'enseignement public, et que puissent émerger des propositions concrètes pour une école de qualité au service de tous les enfants afin qu'adviennent une société plus juste et plus équitable». Et, tout naturellement, l'un des cinq ateliers a été consacré à l'épineuse question des «rythmes scolaires». 

A la suite de la décision arrêtée l'an passé par Xavier Darcos de supprimer la classe du samedi matin, nous sommes en effet le pays d'Europe, et de loin, qui a le plus petit nombre de journées consacrées à l'enseignement dans le primaire : 142 sur 365 (contre environ 190 en Allemagne, Angleterre ou Finlande). En revanche, nous consolidons notre place de premier pour le nombre d'heures par jour d'enseignement : six heures, auxquelles s'ajoutent désormais en général une demi-heure pour les bénéficiaires de l'«aide individualisée». Curieux records, qui semblent défier tout bon sens pédagogique. 

En un siècle, on est passé de 223 jours de classe par an à 142, soit une diminution de plus du tiers des jours d'enseignement. D'abord par plusieurs augmentations successives du nombre de jours de vacances (en particulier deux semaines accordées dès le début des années 20, plus deux autres semaines supplémentaires sous le Front populaire à défaut d'augmentations salariales substantielles). Puis par la suppression de tout enseignement le samedi en deux temps : l'après-midi en 1969, et le matin en 2009. 

Cette suppression apparaît désormais comme un fait acquis. Le sondage CSA du 20 août dernier commandité par le SNUipp (le principal syndicat du primaire) indique que 57% des sondés (contre 50% il y a un an) considèrent que cette suppression de classe le samedi va «plutôt dans le bon sens», alors que seulement 37% des Français sondés considèrent qu'elle va «plutôt dans le mauvais sens». Mais le même sondage indique que «limiter les journées scolaires à 5H 30 de classe et répartir le temps scolaire sur quatre jours et demi (à savoir les lundi, mardi , mercredi matin, jeudi et vendredi)» serait «une bonne chose» pour les deux tiers des Français sondés, contre un tiers seulement qui considèrent que ce serait «une mauvaise chose». Par ailleurs un cinquième seulement des enseignants du primaire se déclarent favorables à la semaine de quatre jours, contre plus de la moitié qui lui sont hostiles. 

Est-ce pour cela que la circulaire de rentrée publié la semaine dernière par le ministère de l'Education nationale demande «aux recteurs et inspecteurs d'académie» d'être «attentifs à la gestion des rythmes scolaires» et d'«encourager l'organisation de la semaine en neuf demi-journées» (du lundi au vendredi en incluant le mercredi matin) «chaque fois qu'elle rencontre l'adhésion»

Mais cela risque d'être très problématique si l'on en juge par les votes qui ont eu lieu à ce sujet il y a quelque quinze ans. De juin à octobre 1994, 40000 conseils d'école (sur 55000 établissements) ont répondu à l'interrogation ministérielle de l'époque, François Bayrou étant ministre. Le maintien du statu quo (avec le samedi matin travaillé) a remporté 15 % des suffrages. Par ailleurs 20% des conseils n'ont pas hésité à jeter leur dévolu sur quatre jours de classe de 6 H 30... Mais le plus significatif a été que le report simple du samedi matin au mercredi a fait le plus mauvais score (4% des conseils...) alors que la libération du samedi matin avec le corollaire du raccourcissement des vacances scolaires a alors connu un franc succès : 40 % des conseils ! (D'autres montages à géométrie variable atteignant en tout les 21 % ). 

Une question à suivre de toute urgence. Encore une...

Tous les commentaires

Parent d'élèves, je me souviens que le conseil d'école (et les parents) avait chez nous choisi la semaine à 4 jours un an avant que le gouvernement ne l'instaure. Mais ces quatre jours faisaient "perdre" quelques jours de vacances, donc pas sur le rythme annuel actuel.

Je reconnais avoir apprécié de gagner des week-ends complets, mes enfants aussi ...

Ceci dit, ce rythme n'est visiblement pas adapté, leurs enseignants le constatent, notamment avec les dernières modifications des programmes, qui axent le travail en classe essentiellement sur les fameux "fondamentaux" (maths et français), parfois au détrimens d'autres matières tout juste bonnes à favoriser l'"éveil" et la culture générale, sans doute (arts plastiques, histoire de l'art ...).

A "revenir en arrière", je préfèrerais qu'ils retournent à l'école le samedi matin, afin de mieux étaler les pauses, et leur conserver plutôt celle de la journée complète du mercredi. Sans doute bien difficile à envisager maintenant ...

Merci pour ce rappel de l'historique de ce sujet.

Mr Lelièvre démontre ,sans le faire exprès ,que le problème scolaire numéro 1 dont découlent tous les autres est "le trop grand nombre de jours de vacances des enseignants " .

La solution passe donc par

a) une présence accrue des enseignants sur leur lieu de travail ( école,collège , lycée ,université) .

b) Par une réduction des vacances des enseignants .

En ce qui me concerne, je m'efforce d'être rigoureux, ce qui me paraît le plus éclairant pour tous...

Cher alcyme, il serait bon de vous renseigner avant d'incriminer le rythme de "travail-présence" des enseignants. Le problème est que nous sommes le pays le plus touristique du monde. Le rythme des vacanes a évolué en fonction des travaux agricoles (moissons, vendanges etc) puis avec l'évolution des secteurs économiques et la place prise par les professonnels du tourisme à soigner, ce sont eux qui fixent les congés. Vérifiez! Les semaines vacances de ski s'étalent au mieux pour les stations etc. Je ne critique pas je constate sans illusions, c'est tout!

Dès qu'il faut prévoir un pont financièrement profitable nous recevons nous enseignants des circulaires ministérielles pour indiquer toutes modifications et encourager locations et réservations le plus tôt possible. De même, pour des raisons de sécurité routière, les vacances scolaires devaient débuter en milieu de semaine. Pas simple pour les locations, n'est-ce pas? Alors retour en arrière au bout d'un an.

Pourquoi pensez-vous que l'état ait jamais demandé leur ressenti aux enseignants? Nous n'y sommes pour rien dans cette histoire. Je ne doute pas que vous vérifierez tout cela avant d'imagimer et de répandre que le corps enseignant privilégié -au rabais alors-dicte sa loi dans ce domaine.

J'aimerais que, pour une fois, on arrête de nous insulter, de nous traiter de nantis ou de flemmards. Nous travaillons en première ligne, ne l'oubliez pas. Nous aimerions avoir des enfants réceptifs, en forme , croyez-moi. Nous y gagnerions en énergie. Nous serions peut-être moins usés à l'approche des congés que vous jugez abusifs.

Nous n'avons jamais demandé la suppression des samedis . Nous l'avons "découverte" par la radio, un midi, en même temps que les parents. ceci devrait vous éclairer du respect gouvernemental pour cette profession tellement choyée selon vous. Si faciliter la vie des familles séparées peut servir de prétexte pour faire des économies à l'état, pas d'hésitation. Je peux même vous anoncer l'étape suivant: toute décision de conseils d'école n'engage que les mairies et les frais engendrés en dépendent aussi. On racourcit chaque jour (alibi enfant cette fois) et au choix les femmes retournent chez elles ou les parent paient les services municipaux de garderie, d'animation etc. Egalité selon villes? Egalité selon situation familiale ((femmes seules)? pas grave ce sont des frais en moins pour l'état et ça ...tant pis pour l'enseignement obligatoire dû à tous les enfants de France. Je pense que vous choisissez mal vos ennemis!

@ Emma 44

La France a t elle les moyens de payer le plus grand nombre de jours de congé du monde à ses enseignants ? Non...il est donc normal de réduire le nombre d'enseignants et de réduire leurs vacances sans tenir compte du lobby enseignant et d'affecter cet argent à d'autres tâches ou de baisser les impôts .

Au fait ,pas de petit merci àMr Chatel ,pour l'augmentation de 3000 euros brut annuel minimum du 1/4 des enseignants ? ça en fait des moyens cette augmentation .

 

 

Diviser pour...

Bien sûr puisque ça marche.

 

Le problème Alcyme avec vos critiques c'est qu'elles sont (désolé) bêtement dénuées d'humour et excessives.

Donc inaudibles.

Et c'est parfois dommage !

Comme ce commentaire fait avancer les choses. Certes il est à la mode de "casser du prof"... Le problème ne vient pas forcément des profs comme la dernière réforme le prouve: un bel esprit à l'origine mais sans les moyens!
Par exemple, l'accompagnement personnalisé: prévu un prof pour 30 élèves, vous avez dit personnalisé?
Autre exemple, le tutorat: prévu mais sans moyen encore!
etc.....

Il faudrait bien aussi que la réussite des enfants soit bien le point de départ de nos "réformeurs". Les moyens en enseignements professionnels sont... ridicules, les équipements, même récents, trop loin de la réalité industrielle. Et ce n'est pas les profs qui choisissent.... Et ce n'est pas qu'un problème de sous...!
Alors oui, critiquez les profs mais renseignez-vous un peu plus avant ou alors discutons plus profondément!

Tant qu'on n'aura pas d'abord posé et admis "unanimement" comme principe absolu, la priorité absolue sur toute autre considération, de quelque nature qu'elle soit, qu'il convient d'accorder à l'éducation des enfants (mais il faudrait aussi étendre aux adultes), cette question des rythmes ne pourra pas être convenablement traitée.

 

A titre personnel je pense qu'il faudrait consacrer 2 ou 3 heures par jour tous les jours sauf le dimanche au "travail scolaire" (en fonction des données de la chronobiologie, voir Montagner, Testu et les autres), 3 ou 4 heures à des activités d'éveil artistique, de culture générale, de découverte du monde et d'épanouissement physique, et ne pas oublier de laisser un peu de temps pour le "rien faire", la solitude et même l'ennui.

 

Bien sûr il y aurait moins de vacances et bien sûr il faudrait moduler tout ça en fonction des classes d'âges.

On peut rêver...

Pourquoi, en 1994, ce rejet d'un mercredi matin en classe ? A l'époque, l'église catholique ( catéchisme du mercredi, en voie de désaffection,) avait bloqué, je crois.Et trouvé en François Bayrou un auditeur attentif. Est-ce que je me trompe ?

Le samedi matin libéré fut d'abord présenté comme la revendication "bobo" ( ah, ne pas pourrir le week end à la campagne), alors que je crois bien qu'il n'était que revendication minimale adaptée au travail des parents: se voir, passer du temps ensemble. Quand c'est possible, soit adaptation du temps libre de l'enfant à celui de ses salariés de parents . Pas très rythme idéal ? Mieux que rien.

Et sans doute peut-on amputer les vacances scolaires de quelques jours sans dommage ( même si l'éternité de l'été est un bienfait, une rupture, une vie ailleurs, mais pas pour tous) . On peut couper sur les vacances, on peut réaménager. Quiconque récupére le gamin ahuri après 7 h heures de cours - ou en pleine forme, vu qu'il a zappé - ne saurait que souscrire. C'est le temps adulte - post- centre de loisirs - qu'il serait bon de réaménager...

Et oui, ce que décrit Jean Claude Charrié ci dessus serait heureux, mais éveil, culture, épanouissement physique et découverte du monde, auquel cas on peut renoncer aux vacances aux dimanche au samedi au mercredi, tout cela est de plus en plus en hors programme.

 

Réunis les 11 et 12 juin 1990 en assemblée extrordinaire, les évêques de France affirment leur volonté de voir la future réforme des rythmes scolaires "réserver pour le catéchisme l'équivalent d'une demi-journée comprise dans le temps scolaire". Et ils précisent que "des horaires résiduels dans une semaine surchargée ne sauraient suffire" .

En octobre 1991, l'épiscopat se prononce très clairement pour la semaine de quatre jours, qui satisfait les partisans du week-end libre et dégage le mercredi pour le catéchisme. II redoute, en effet, qu'une généralisation du congé du samendi accompagnée d'un glissement vers le mercredi matin complique sérieusement l'oragnisation de la catéchèse, et entraîne un déclin inéluctable de l'ensignement religieux.

Ensuite, de fait, il y a eu des attitudes à géométrie variable de la part des évêques. A noter, à ce sujet, une curiosité: lorsque Xavier Darcos était maire de Périgueux, il n'y avait pas classe le samedi matin dans la ville, mais bien le mercredi matin...

Cette adaptation à la civilisation des loisirs pour les classes sociales les plus favorisées montre la volonté des conservateurs au pouvoir de transformer l'éducation en simple service et de dénaturer cette pierre angulaire de la République.

Bien d'accord. Au fait, les rapports très soutenus entre Darcos et l'Opus Dei n'ont pas gêné pour lui confier l'Education Nationale, a priori laïque. Toujours pas de problème, je suppose, de la confier à un DRH? Est-ce vraiment une façon de voir l'avenir des enfants et donc de notre pays? A quand les vraies questions et l'aveu des vraies proirités de ce gouvernement? Avec lui, il n'y a aucune raison de perdre du temps à parler et à chercher des solutions nationales. Elles sont prévues privées. A quoi bon jouer les naïfs ou les hypocrites?

Le désespoir et la colère car après tout nous avions été nombreux autour d'Antoine Prost à qualifier cette décision de passer à la semaine de quatre jours de "Munich pédagogique"....Ce sera maintenant extrêmement difficile de revenir en arrière et malheureusement il en sera de même quand on voudra recréer une formation des professeurs, quel gâchis, que de destructions insensées....Parfois le découragement gagne. Merci Claude Lelièvre de tenir bon.

EH ...Marie Lavin ,vous employez les termes de "Munich pédagogique " et de "Résistance pédagogique " ,sans avoir conscience de votre ridicule pour vous opposer ,sans arguments ,à la réforme des IUFM .

Il y a bien un moment ou il faut arrêter de se former (déformer ?) à l'Université et à l'IUFM et de se jeter dans son coeur de métier ...L 'informatique a existé sans enseignant d'informatique ,ces derniers n'ont fait que prendre le train en marche.

Tout le monde sait que l'on reclasse(ait) en IUFM ,les enseignants qui ont peur du contact avec les élèves , cela justifie l'efficacité du tutorat par un enseignant qui vit au contact de la réalité et la suppression de la garderie SEGPA/RASED (pour enseignant en difficulté ) que sont les IUFM.

C'est bien cette difficulté à repasser à autre chose qui m'effraie - le fait que les profs des écoles semblent en majorité favorable à la semaine de 4 jours alors qu'elle est mauvaise pour les enfants montre les effets pernicieux de cette loi..; quant à ceux qui s'y opposent et essaient de maintenir des activités pour tous 5 jours par semaine, ils se font taper sur les doigts par leur hiérarchie! On marche sur la tête, mais comment revenir à marcher droit?

Alcyme, je ne réponds jamais à vos messages quand je suis moi-même attaquée, pas de temps à perdre, mais toujours quand ce sont les autres que vous insultez. Celui qui a employé le terme Munich pédagogique c'est Antoine Prost (comme je le disais d'ailleurs) et si quelqu'un peut légitimement parler d'enseignement c'est bien lui, reportez-vous à ses ouvrages.

Voici le texte de Prost paru dans le Monde du 28 mai 2008:

 

Une catastrophe est en marche, plus grave que les nouveaux programmes de l’école primaire ou les suppressions de postes qu’on dénonce dans la presse ou dans la rue. Il sera facile, en effet, de revenir sur ces mesures.

* La suppression de deux heures de classe dans l’enseignement primaire et la semaine de quatre jours risquent au contraire d’être irréversibles. Et personne ne dit rien ou presque. Le forfait s’accomplit dans l’indifférence générale. Munich s’était accompagné d’un "lâche soulagement". Ce lâche consentement, lui aussi, annonce une débâcle.

Les comparaisons internationales nous montrent en mauvaise position et 10 % à 15 % des élèves qui entrent en 6e sont incapables de suivre. Et qu’est-ce qu’on fait ? On réduit la durée de l’enseignement ! A qui fera-t-on croire qu’il est possible d’apprendre mieux et plus en travaillant moins ? Même le ministre n’a pas osé dire du bien de cette mesure que lui a imposée - dit-on - un président qui n’a décidément pas besoin de réfléchir pour décider.

* M. Darcos s’est borné à dire que nous restions "bien au-dessus de la moyenne des pays qui obtiennent les meilleures performances". Mais s’ils réussissent, c’est parce qu’ils répartissent les heures de classe dans toute la semaine. Vingt-quatre heures sur six jours sont beaucoup plus efficaces que sur quatre : tout le monde le sait. Du professeur Debré au docteur Hubert Montagner, les médecins ont répété que six heures de classe pour des enfants de moins de 8 ans, c’est trop pour être efficace.

*> Avec trente-six semaines de quatre jours, l’Ascension, le lundi de Pentecôte, le 1er et le 8 mai, le 11 novembre, cela fera moins de 140 jours de classe par an. Il y en a 210 au Japon, 200 en Italie et au Danemark, 188 en Finlande, 190 en Grande-Bretagne. Et l’on se plaint du niveau des petits Français ? Il n’y a qu’une chose vraiment importante en éducation : c’est le travail des élèves. Sur quel miracle, sur quelle potion magique, M. Darcos compte-t-il pour compenser les amputations qu’il décrète ?

* Tout le monde le sait, mais personne ne dit rien. Où sont les défenseurs du niveau, si prompts à dénoncer toute innovation pédagogique ? La vague promesse d’un retour aux bonnes vieilles méthodes les rassure : elles ont fait leurs preuves, disent-ils. Mais à raison de trente heures par semaine, sans compter les heures supplémentaires prodiguées à la veille du certificat d’études. Croient-ils par hasard qu’elles seront aussi efficaces à raison de vingt-quatre heures ?

* Avec un cinquième de temps en moins, il leur faudrait un an de plus. Et qu’on ne nous raconte pas qu’on va se concentrer sur les "fondamentaux", alors qu’on ajoute encore des matières. Et les parents d’élèves ? Ce sont les premiers intéressés. Trop contents de disposer du samedi matin, ils se sont bornés à des protestations de principe. Mais on pouvait leur donner cette matinée en prenant celle du mercredi ; un tribunal administratif vient de statuer que c’était compatible avec le catéchisme.

* On pouvait aussi généraliser ce qui avait été accepté dans les départements qui avaient adopté la semaine de quatre jours : raccourcir un peu les vacances. Pas du tout : on supprime ces journées supplémentaires. Les princes qui nous gouvernent ne sont pas mesquins... La preuve ? Cette mesure ne rapporte rien au budget ; c’est pur cadeau.

* Et les enseignants ? Rendons-leur cette justice : ils n’ont rien demandé. Les institutrices sont les premières inquiètes. Elles qui font travailler les élèves - car la classe n’est pas un cours -, elles mesurent mieux que quiconque l’impossibilité de faire plus avec moins et elles savent qu’on les rendra responsables, demain, des échecs de l’école. Mais comment refuser un cadeau pareil ? Et pourtant, cette mesure compromet, plus que bien d’autres qui provoquent des grèves, l’enseignement de haut niveau et la qualité du service public que les syndicats prétendent défendre.

* Le résultat de ces lâchetés et de ces hypocrisies est connu d’avance : le nombre des élèves incapables de suivre en 6e va augmenter. Je dénie à quiconque ne proteste pas aujourd’hui de toutes ses forces contre cette mesure le droit d’ouvrir demain la bouche pour déplorer cet échec majeur.

* Ceux qui se prétendent démocrates et défenseurs du service public et ne dénoncent pas aujourd’hui cette entreprise de déconstruction sont des menteurs. Les parents informés des classes moyennes et supérieures sauront compenser, par des recours divers et payants, mais fiscalement avantageux, les insuffisances organisées de l’école publique. Les milieux populaires, eux, feront les frais de cette amputation.

* Il ne faut pas se payer de mots. J’attends qu’on m’explique comment des programmes plus copieux contribuent au resserrement sur les fondamentaux, et comment on apprend plus et mieux en travaillant moins.

Antoine Prost est historien de l’éducation.

@ Marie Lavin

Ce Probst n'est pas une lumière pour oser employer le terme de Munich pédagogique ....Nos enseignants avaient déja le plus grand nombre de jours de vacances avant la suppression du Samedi Matin . En effet il dit...

""*> Avec trente-six semaines de quatre jours, l’Ascension, le lundi de Pentecôte, le 1er et le 8 mai, le 11 novembre, cela fera moins de 140 jours de classe par an. Il y en a 210 au Japon, 200 en Italie et au Danemark, 188 en Finlande, 190 en Grande-Bretagne. Et l’on se plaint du niveau des petits Français ? Il n’y a qu’une chose vraiment importante en éducation : c’est le travail des élèves. Sur quel miracle, sur quelle potion magique, M. Darcos compte-t-il pour compenser les amputations qu’il décrète ? "

Avec 36 semaines de 4 j + 36 1/2 journée du Samedi Matin ,cela faisait 158 J de classe bien inférieur aux 210 du Japon.Le travail des élèves français était bien écorné avant la réforme du Samedi matin et Mr Probst ne parlait pas de Munich Pédagogique .L'indignation de MR Probst est du type corporatiste . Ce qui le désole est le fait que les horaires des élèves ont été réduit et pas ceux des enseignants.

PROST s'il vous plait. Et au lieu d'aligner les insanités qui ne ridiculisent que vous, utilisez un moteur de recherche, vous y trouverez la bio d'Antoine PROST, spécialiste (entre autres) de l'histoire de l'éducation.

Pour votre gouverne je recopie un brève biblio de ses ouvrages, pour le reste informez-vous :

 

  • La Révolution scolaire, 1963 (co-écrit avec Jacques Natanson).
  • La CGT à l'époque du Front populaire (1934-1939), Paris, A. Colin, 1964 (thèse de 3e cycle).
  • L'Enseignement en France (1800-1967), Paris, A. Colin, coll. « U », 1968.
  • Le Vocabulaire des proclamations électorales, 1881,1885,1889, Paris, PUF, Publications de la Sorbonne, 1974.
  • Les Anciens Combattants et la société française (1914-1939), Paris, Presses de la FNSP, 3 vol., 1977 (thèse d'État).
  • Les Anciens Combattants 1914-1940, Paris, Gallimard-Julliard, Paris, coll. « Archives », 1977, 247 p.
  • Les lycées et leurs études au seuil du XXI° siècle, Rapport du groupe de travail national sur les seconds cycles, Paris, Ministère de l'Education nationale, 1983
  • Eloge des pédagogues, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points histoire », 1985, 244 p.
  • L'enseignement s'est-il démocratisé ?, Les élèves des lycées et collèges de l'agglomération d'Orléans de 1945 à 1980, Paris, PUF, « coll. Sociologies », 1986, 2° éd. augmentée 1992, 206 puis 227 p.
  • Éducation, société et politiques. Une histoire de l'enseignement en France, de 1945 à nos jours, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points histoire », 1992.
  • Douze leçons sur l'histoire, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points histoire », 1996, 330 p.
  • La Résistance, une histoire sociale, Paris, Ed. de l'Atelier, 1997.
  • Aryanisation économique et restitutions, Paris, La Documentation française, 2000, 286 p. (rapport rédigé pour la Mission d'étude sur la spoliation des Juifs de France, co-écrit avec Rémi Skoutelsky et Sonia Etienne )
  • Republican Identities in War and Peace, Representations of France in the 19th and 20th Centuries, Oxford, Berg publishers, 2002, xii-254 p.
  • Penser la Grande Guerre : un essai d'historiographie, Paris, Éditions du Seuil, 2004 (co-écrit avec Jay Winter). (ISBN 2-02-0540398)
  • La Grande Guerre expliquée à mon petit-fils, Paris, Éditions du Seuil, 2005. (ISBN 2-0208-1242-8)
  • Autour du Front Populaire. Aspects du mouvement social au XXème siècle , Paris, Éditions du Seuil, 2006, 351 p.
  • Histoire générale de l'enseignement et de l'éducation en France, t. IV, L'école et la famille dans une société en mutation (depuis 1930) Paris, Perrin, coll. « Tempus », 2004, 809 p.
  • Regards historiques sur l'éducation en France, Paris, Belin, 2007 (ISBN 978-2-7011-4604-1) [détail des éditions]

Merci, chère Marie Lavin, pour ces précisions fort bien venues

Ma chère Marie La vin

Cette biblio ne m'impressionne pas..surtout que maintenant la rentabilité papier est obtenue à partir de succès de tirage ridicule ,2 à 3000 exemplaires suffisent. L'édition étant une activité capitalistique comme une autre ,elle a besoin d'auteurs bas de gamme et faible tirage pour occuper le matériel .

En plus ces "oeuvres "doivent être des redites dans l'esprit de sa Thèse "La CGT à l'époque du front populaire "...on sent le mec objectif dépourvu de tout a priori idéologiqueSourire .

Au fait combien de bouquins a t il vendu ce Mr Prost ?

Merci pour ce compte-rendu d'atelier, Claude Lelièvre. Cette question du rythme scolaire (samedi scolarisé ou non) semble revenir régulièrement comme un serpent de mer. A l'origine, si je ne me trompe, il s'agissait de ne pas scolariser les enfants le samedi considéré comme jour de la semaine où enfants et parents peuvent se retrouver. C'est donc à la demande des parents plus que des enseignants ou des pédiatres que la semaine des quatre jeudis (pardon de 4 jours) a été adoptée. Est-ce toujours vrai ? Avec la libéralisation du travail le dimanche, ne devrait-on pas aussi faire sauter ce tabou pour mettre devant leurs responsabilités les stakhanovistes du graissage de pattes de mammouth genre alcyme ?

Parent d'élèves, qui aujourd'hui sont grands, néanmoins toujours étudiants, je voudrais tout de même attirer l'attention des lecteurs sur les rythmes délirants réservés aux enfants en France. Tout peut être fort différent, d'un département à un autre, qu'il est d'ailleurs permis de se demander, si on est toujours en France ou pas. A l'époque où le Grand Gourou de l'Education Nationale règnait en maître Rue de Grenelle, j'ai cité Philippe Méirieux, on a subi, contraints et forcés, les délires de l'Elite. Après avoir reconnu bien plus tard qu'il s'était "trompés" (je le lui ai entendu dire), Monsieur a été nommé à la tête des IUFM, avec la réussite qu'on lui connaît. Aujourd'hui, le voilà promu à la tête de Europe Ecologie de la région Rhône Alpes. Grand bien lui fasse.

Il y a eu ainsi des "départements test", où il a été imposé les "rythmes aménagés". Les petits (école primaire exclusivement), avaient cours de 8h30 à 12h30 non stop (?!) avec une pause de 10 minutes vers le milieu de la matinée pour permettre aux chérubins de "goûter"et d'aller aux toilettes. Ils déjeunaient à ...13h30, ce qui n'allait pas sans mécontentement des parents et des personnels cantine de la marie. Le directeur de l'école ne répondait jamais aux demandes répétées des parents inquiets, mais ponctuait par un arbitraire "Je vous informe que c'est la marie qui fournit le goûter de vos enfants". Cherchez l'erreur. Personne n'en demandait tant.

L'après-midi, les enfants étaient "occupés" dans des "ateliers" qui étaient animés par des TUC. Tout ça sous l'autorité bienveillante des mairies.

Par-delà l'ineptie d'imaginer retenir l'attention de petits enfants pendant 4h00 d'affilée, la qualité de l'enseignement s'est très vite fait ressentir. Un désastre. Je vous rassure tout de suite, le 92 de Neuilly n'a jamais été retenu pour ce genre de test.

Il n'y avait cours ni le mercredi, ni le samedi, mais les enfants réintégraient l'Ecole en août....pour conserver le même nombre d'heures que les autres enfants. Bonjour l'organisation familiale pour les parents dits "limitrophes" dont les enfants étaient scolarisés dans des départements différents. Pour peu, même des académies différentes.

Je me suis beaucoup impliqué dans les arcanes du système scolaire, et je peux vous affirmer que le maintien de l'Ecole le mercredi reste chasse gardée du clergé catholique en France, même si on aime claironner que nous sommes une République laïque. C'est ainsi.

 

Merci à claude Lelièvre et aussi à Marie Lavin de nous redonner l'article d'Antoine Prost . Enseigbants , pensons à nos élèves , nos enfants , nos petits enfants . J'espère que , la question étant enfin posée vraiment , on aboutira à des journées moins chargées mais en plus grand nombre .

Si je devais traduire par une image le réflexions qui me viennent à la lecture de votre billet, c'est l'image d'une société qui, ne sachant plus quel objectif assigner à l'école, cherche à s'en débarrasser.

Les élèves qui réussissent, chacun le sait, réussiront quelle que soit la répartition des jours d'école, l'intelligence conceptuelle et l'observation de la discipline scolaire (sans trop de souffrance) à travers lesquelles la sélection s'opère à l'école, n'ont que peu d'utilisation sociale pour le plus grand nombre (pour réussir sa vie sans avoir réussi à l'école, les compétences nécessaires se forment loin de l'école), d'où cette impression de discours venu d'une autre planète de la part de ceux qui défendent encore "la formation de l'enfant, les rythmes de l'enfants... au centre des motivations pour adapter le temps scolaire.

Je pense , moi , que l'école ne peut pas tout changer , mais qu'elle peut agraver ou amoindrir les différences selon son organisation , et que donc ça vaut la peine qu'on cherche ce qui est susceptible d'améliorer les choses pour les plus démunis .

J'ai peur d'être d'accord avec Serge Koulberg : l'école ou comment s'en débarrasser.

Bon sang de bois, mais comment savez-vous ce que vous savez? Etes-vous donc tous sortis de la tête de vos parents, sachant lire, écrire et compter? Vous ne devez donc rien à personne? Je deviens paranoïaque, je vois des alcyme partout. D'ailleurs, alcyme n'existe pas, alcyme est une machine programmée, alcyme est une punition, la pandora contemporaine envoyée chez les professeurs pour leur gâcher l'existence, par jeu.

La question du mercredi, je la perçois aujourd'hui et pardon à Claude Lelièvre pour qui j'éprouve estime voire tendresse, comme une petite chose de plus, un autre angle de vue sur la démolition, comme pour changer un peu de la plainte qui n'en peut plus de monter. On supprime les postes comme si on chassait des rats. Alors qu'on les chasse. Je ne peux pas ne pas voir dans tous ces signes, dans cette mort voulue de l'école, la victoire de cette grande idée qu'on est mieux quand on ne sait pas, quand on ne se donne pas le mal d'apprendre ou la peine de lire, ou la patience et la modestie d'écouter qui sait plus et mieux que nous, qu'on est mieux quand on est con et fier de l'être. Ce qui peut tout à fait être exact.

Les profs peuvent avoir tous les défauts du monde et des vacances trop longues. Leur métier consistait, au sein d'une institution imparfaite, à assurer que les savoirs ne soient pas gardés. C'est en cela que l'Ecole peut tout, bien sûr. C'est parce qu'elle fait qu'on peut apprendre! Encore faut-il en avoir conscience, une haute conscience peut-être, et c'est ce qui manque le plus... le lundi, le mardi, le mercredi, le jeudi... Rabougrie... L'école rabougrie sera plus facile à débarrasser quand on s'en sera débarrassé.

Il est inadmissible à mes yeux, chère Nicole Orthous, que les élèves du primaire n'ait que 142 jours de classe dans l'année. Si l'on en vient à une solution qui réduise les vacances des enseignants, ce ne peut être que dans le cadre d'un accord qui ne soit pas unilatéral; ce qui veut dire une meilleure reconnaissance matérielle et morale ( c'est pourquoi, entre autres, j'ai mis en valeur que les décision d'allonger les vacances avaient été prises en ''compensation'' de ne guère payer davantage les instituteurs en leur temps )ainsi que de meilleures conditions de travail. C'est ce qu'a proposé à sa façon l'un des dirigeants du PS, Vincent Peillon, dans le livre qui est paru en septembre 2009 chez Magnard ( " Peut-on améliorer l'école sans dépenser plus?" ); et j'espère que beaucoup d'autres se prononceront bientôt en ce sens.

C'est évidemment en ce sens qu'il convient d'aller tout en réfléchissant aussi bien sûr à une meilleure répartition du temps de travail hebdomadaire.

En ce qui me concerne je regrette pour les enfants, notamment ceux des zones dites défavorisées, la suppression du samedi matin. Le mercredi les municipalités prévoyaient des activités, il n'en est rien pour le samedi....Débrouillez-vous....Pour ceux qui ont le temps et les moyens de distraire leurs enfants c'est parfait, mais pour les autres, tous les autres? Le supermarché? La télé? On renforce ainsi les inégalités.

Claude Lelièvre, sur ce point, vous prêchez une convaincue.

Je suis bien sûr d'accord !

Cher Claude Lelièvre,

Vous connaisez ma position sur ce sujet et les lecteurs de ce billet peuvent se reporter à d'anciens billets : raccourcir les vacances et 4 1/2 jours de classes.

Dans le chapeau du texte d'Hubert Montagner que je publiais sur l'édition "enfant aujourd'hui, citoyen demain" , je notais que cela allait redevenir un sujet d'actualité...et quelques jours pluys tard venait l'annonce de Luc Châtel. Je suis donc très content du retour de ce débat.

Le problème central est celui de la méthode pour passer de cette situation absurde à une situation favorable alors même que tout concours à choisir la situation absurde. Je crois que la majorité actuelle ne peut pas aller plus loin car elle se renierait autant que si elle supprimait le bouclier fiscal. Je crois que l'opposition à une responsabilité plus grande : elle est au commande de nombreuses villes "phares", elle doit poduire un programme de changement et elle doit convaincre. Reste la volonté politique et la méthode. J'espère pouvoir contribuer à trouver une voie de passage dans les semaines à venir.

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