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Vers la suppression des concours de recrutement des enseignants?

Selon l’AFP, l’une des propositions d’une mission d’information de l’Assemblée nationale est «de remplacer à terme le concours par le master et confier aux autorités académiques ou aux établissements le soin de recruter sur la base d’un entretien professionnel les enseignants».

La « mission d’information sur la formation initiale et les modalités de recrutement des enseignants » ( composée de 14 députés ) constituée en mars 2010 vient de rendre  son rapport ( contenant une vingtaine de propositions ) qui a été adopté par les seuls députés UMP, majoritaires dans la commission. Ce rapport doit être examiné le 6 juillet prochain par la commission des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale.

Il faut savoir que depuis la loi Guizot de 1833 qui a généralisé les écoles normales de garçons, les instituteurs ont été’’ normalement’’ recrutés sur concours ; et que depuis la loi Paul Bert de 1879 qui a généralisé les écoles normales de filles, les institutrices ont été ‘’normalement’’ - elles aussi - recrutées sur concours.

La question est un peu plus complexe ( et pour l’essentiel plus récente ) pour les enseignants du secondaire. Jusqu’en 1950 les enseignants du secondaire ont été recrutés soit via l’agrégation, soit embauchés sur la base d’une licence puis titularisés sur leur poste à l’instar, en quelque sorte, de ce que l’on a appelé plus tard les ‘’adjoints d’enseignement’’. Deux version fort différentes du CAPES nouvellement institué au tout début des années 1950 vont se succéder.
Le décret du 1er avril 1950 institue une certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement public du second degré ( CAPES ) qui comprend deux parties : «  Premièrement, une partie pratique dont les épreuves ne peuvent être subies qu’au cours de la seconde année d’un stage d’au moins deux années dans un collège ou un lycée ; deuxièmement, une partie théorique ». D’abord, donc, un stage pratique et son évaluation ; ensuite un examen écrit, qui ne doit pas être livresque mais étroitement professionnel : « Le stagiaire pourvu de conseillers pédagogiques apprend son métier ; c’est la preuve de son apprentissage qu’on lui demandera au terme de son stage. Le succès au stage sera suivi d’un examen écrit dont les épreuves, à caractère très étroitement professionnel, devront confirmer l’adaptation du candidat aux différentes tâches qu’il a à remplir comme professeur. Le succès dépendra donc beaucoup moins d’une préparation intensive et  livresque que de l’application au travail quotidien et de la réflexion personnelle sur ses conditions ».
Mais des craintes se font jour quant à la préparation au concours de l’agrégation, au rétrécissement de son aire de recrutement. Dès 1952, les partisans de la défense et illustration de l’agrégation ont gain de cause. Une deuxième mouture du CAPES est mise en place, qui durera. Le décret du 22 janvier 1952 stipule : « Le concours pour l’obtention du CAPES comprend deux parties indépendantes : premièrement une partie théorique qui comporte des épreuves écrites et une épreuve orale ; deuxièmement une partie pratique soutenue un an après le succès à la partie théorique ». Dans le Journal Officiel du ministère de l’Education nationale, l’inspecteur général Campan commente la réponse profonde de ce nouveau dispositif, de cette inversion : « une caractéristique essentielle du nouveau système, c’est sa liaison avec le concours d l’agrégation ». Il s’agit d’assurer avant tout – directement et indirectement – un recrutement élargi et de qualité pour l’agrégation, qui est ainsi consolidée.

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Ce qui montre que notre système scolaire public s'est fondé sur deux piliers visant à l'excellence par concours : d'une part l'instituteur, d'autre part l'agrégé, chacun se situant à un bout du système. Dans les deux cas, le concours permettait à des jeunes talentueux et issus de milieux modestes d'accéder à une mission fondamentale pour l'avenir de la nation. Ce faisant, ils enrichissaient le système scolaire de leur expérience méritante.

Les succès aux concours avec épreuves anonymisées ne s'achètent pas. L'histoire montre, hélas, qu'il y a toujours des petits malins fortunés ou portés par des réseaux douteux pour acheter des diplômes. La récente affaire des étudiants chinois l'a encore illustré.

Etudiants chinois et complices rattrappés par la justice ...car il en reste encore dans ce pays . Combien de ces "malins" ont effectivement affronté un concours national? Ne pas confondre avec des "examens de fac" ou des "valeurs " obtenues ça et la . Ne glissons pas sur la pente savonnée par les medias "à la botte" ...Combien de ces confusions , faisant abstraction des chiffres comparés des "fraudeurs" et des "normaux" n'ont d'autre but que de marteler dans des esprits non informés la "pensée unique" sur l'urgence de convertir le champ des formations supérieures en "marché ouvert aux arrangeurs financiers ".

américanisation du système? pas d'originalité, là comme ailleurs!

Encore un anti américaniste primaire qui ne sait pas de quoi il parle.

Voici donc encore une "réforme" qui nous ramènerait un demi siècle en arrière.

 Les succès aux concours avec épreuves anonymisées ne s'achètent pas.:

en effet, tout est là. Les qualités d'un recrutement par concours -anonymat des écrits, équité, objectivité, ...- empêchent la(les) discrimination(s), la cooptation népotique, écarte l'idéologie des critères de sélection,... Comme pour l'instituteur, ce mode de recrutement est étroitement lié aux valeurs de la République, et garantit une certaine indépendance des recrutés vis-à-vis du pouvoir (ils n'ont à dire merci à personne, mais à faire la preuve de leurs compétences). A divers titres et notamment ayant été membre de jury de Capes externe, je peux témoigner de l'insuffisance des diplômes universitaires -y compris du niveau M2- pour garantir une compétence disciplinaire et pédagogique suffisante. J'ai pu en effet voir de nombreux candidats ayant ce niveau universitaire et qui  soit étaient incapables d'une expression claire et cohérente dans leur discipline (ce qui est rédhibitoire pour quelqu'un souhaitant enseigner), soit n'avaient pas le niveau (dans leur discipline) de nombreux élèves de Terminales (de la filière correspondante) : des bons élèves, sans aller chercher des élèves exceptionnels, du genre qu'on trouve  dans toutes les Terminales S (évidemment pas dans les mêmes proportions dans un lycée moyen qu'à Henri IV ou autres lycées prestigieux de ce type).

Cher Monsieur (ou chère Madame),

Votre post est terrifiant de suffisance... ou de naiveté! "des bons élèves, sans aller chercher des élèves exceptionnels, du genre qu'on trouve dans toutes les Terminales S (évidemment pas dans les mêmes proportions dans un lycée moyen qu'à Henri IV ou autres lycées prestigieux de ce type)". Vous perpétuez cette affligeante croyance scientiste dans la sélection par les maths (quelle bêtise, quelle pauvreté!), cette affligeante croyance que le niveau académique global est en baisse " je peux témoigner de  l'insuffisance des diplômes universitaires -y compris du niveau M2- pour garantir une compétence disciplinaire",  cette affligeante croyance qu'un concours va garantir un niveau pédagogique, voire un désir d'enseigner... sans doute êtes-vous Agrégé, peut-être même Inspecteur Général de l'Education Nationale ? Vous me faites beaucoup de peine...

@Catherine Simon

C'est vous qui faites erreur. Moins de 10 % de bacheliers empruntent la filière littéraire, et ils sont généralement médiocres. Les hypokhagnes recrutent en S, la filière des meilleurs élèves, y compris médiocres en maths et excellents en grec et latin.

54% des prepas litteraires viennent de L

http://media.education.gouv.fr/file/2010/00/8/chap6.10_152008.pdf

source tableau 3 Origine scolaire des étudiants entrant en première année de CPGE en 2009-2010 (%)

mais sur les 550.000 bacheliers par an http://histoireuniversites.blog.lemonde.fr/2009/02/09/nombre-de-bacheliers/ seuls 80.000 vont en prepa, et seulement 10.000 en prepa litteraire ...  71% des prepas tout confondu sont des S.

Le débat sur la filière littéraire ne fait que commencer. Issue moi-même d'une classe littéraire, j'ai fait hypokhâgne, khâgne, les concours (réussis!) et ma fille qui a 18ans a fait aussi un bac L et vient d'intégrer Sciences Po... Les "bons" élèves choisissent S (ou leurs parents le font pour eux) parce que la filière L est depuis longtemps dévalorisée. Vous dites vous-même "médiocres en maths et excellents en grec et latin... ". Ca ne vous frappe pas comme contradiction ? Les jeunes ( et ce n'est pas de leur faute) pour beaucoup ne savent pas rédiger, parfois ont du mal à raisonner, font des fautes grosses comme eux, mais font S, sont médiocres en maths en effet, en souffrent souvent, mais sont obligés d'en passer par là pour espérer avoir accès aux meilleures formations... Notre système est devenu bancal. Georges Pompidou, Simone de Beauvoir ou Jacqueline de Romilly étaient de brillants littéraires à une époque où les "humanités" avaient un sens.... 

@CATHERINE SIMON

Non non, bien que de formation scientifique, je me veux assez éclectique et je n'ai  pas une "croyance" comme vous le dites si subtilement en une sélection par les maths à tous crins. Je crois à l'importance de la transmission de la culture et du savoir, je pense qu'un enseignement exigeant, de qualité, pour tous, apte à former des citoyens éclairés et dotés d'un  esprit critique suffisant, donnant un réel accès à chacun à l'universel et à l'élite, est possible et souhaitable. Différentes disciplines sont sur un plan d'égalité à mes yeux (et se complètent) pour y parvenir, chacun pouvant réussir suivant ses affinités et talents, qui peuvent parfaitement s'exprimer en dehors des maths ...

Peut être que ce qui vous a trompée est le fait que j'ai parlé des bons élèves de Terminale S? Je les ai mentionnés comme exemple, puisque c'est là que se trouvent a priori les meilleurs élèves en sciences, et que je parlais de ce que je connais un peu: ce qui se passe dans un Capes scientifique...

Quant à mon "affligeante croyance qu'un concours va garantir un niveau pédagogique, voire un désir d'enseigner", je ne sais pas où vous l'avez lue: dans les lignes de ma main? Précisons (mais brièvement) un peu les choses: un concours ne garantit rien à 100%, aucun mode de recrutement de garantit quoi que ce soit, mais je maintiens que celui-là a de nombreuses qualités. La pédagogie des candidats (du moins dans le Capes que je connais) est une  composante importante des éléments évalués (peut être vous estimez-vous mieux à même que le jury de juger de cet aspect?); en ce qui concerne la motivation, il en faut aux candidats pour se préparer à ce concours, venir parfois de loin, subir les conditions actuelles de démarrage dans le métier...

Les enseignants recrutés ne sont pas assez pédagogues? remplis du désir d'enseigner? C'est votre croyance, mais les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Les concours font avec les candidats qu'il y a, avec leurs qualités et leurs défauts, et ils s'efforcent de sélectionner équitablement les meilleurs parmi ceux-ci. Je crois moi que les enseignants sont très majoritairement compétents et soucieux de s'améliorer, et qu'ils aiment enseigner (malgré des conditions souvent et de plus en plus difficiles).

Mais à la lecture de votre autre contribution je devine le sophisme qui vous habite:  les concours ne garantissent pas (à 100%) des bons recrutements, donc les profs recrutés par ce biais sont tous mauvais, donc il ne faut plus recruter par concours et laisser des chefs d'établissement omnipotents et omniscients recruter à leur guise, comme en Angleterre (que vous citez en exemple!).

Un autre sophisme dans le même style est réminiscent dans vos commentaires: les lauréats du Capes et a fortiori de l'Agreg ont fait la preuve de leurs compétences disciplinaires donc ils sont (forcément) de mauvais pédagogues.

 Enfin non, je ne suis pas Inspecteur Général, (vous semblez penser que ce serait déshonorant: là encore nous sommes en désaccord profond),  je suis quotidiennement avec les élèves auxquels j'enseigne (enfin plus maintenant car les cours sont terminés. Mais il y a le Bac: j'imagine que vous êtes aussi contre l'examen final, ça complètera bien le tableau). Et vous, vous faites quoi?

Pour répondre à vos interrogations, j'ai été enseignante (bac littéraire, Hypokhâgne, Capes d'anglais...) et j'ai démissioné de l'Education Nationale après quelques années de bons (et très loyaux) services. Je dirige aujourd'hui un service culturel au sein d'une ville moyenne... Je crois (pour le coup, c'est beaucoup plus qu'une croyance) en un service public fort et équitable, dans le domaine de l'education comme ailleurs. Est-ce assez de légitimité à vos yeux ? Admettons que vous n'ayez aucune "croyance" soit... le mot est maladroit. Pour le reste, je ne vous permet pas de penser à ma place et de m'attribuer des "sophismes" qui seraient la preuve de mon esprit tordu et qui signale plutôt le vôtre!!! Je dis juste que pour avoir observé de près un autre système, il n'est pas si mauvais... je cite l'Angleterre, je pourrais en citer d'autres... Et combien de mes anciens collègues ou combien des enseignants que je cotoie aujourd'hui n'aspirent qu'à quitter une administration qui dévore (souvent) ses propres enfants ? Qui ne les forme pas assez tout au long de leur parcours ? Qui les envoit au diable enseigner dans des conditions incroyables ? Ce concours, bien français, sésame indispensable, je le dis et je le répète, n'est pas à mon sens la bonne solution. Et je ne pense pas que les chefs d'établissement soient "omnipotents et omniscients"... Ici pas plus qu'ailleurs. Vous avez un singulier mépris pour toutes ces personnes qui, comme les enseignants, sont majoritairement des gens qui font bien leur métier et qui seraient tout à fait à même de recruter. Oh!  Pas seuls bien sûr. Il existe ce que l'on appelle des commissions de recrutement dans tous les métiers, dans tous les domaines, y compris dans le service public territorial notamment. J'ai ainsi postulé à différents postes, et j'ai aussi recruté.  Mais c'est quelque chose qui fait peur aux enseignants certifiés ou agrégés qui certes ont travaillé dur pour le concours ( et j'en sais quelque chose) mais qui ensuite sont lâchés dans la nature, l'étaient déjà de mon temps  (le bon vieux temps des CPR) sans parler d'aujourd'hui... C'est un système qu'il faut revoir et on en est loin!     

C'est vous qui avez du mépris pour un dispositif (les concours) qui a été fait (et même conçu avec soin) pour éviter toutes les dérives d'un recrutement dépendant du bon vouloir de quelques uns: mettez y quelques personnes à côté de chefs d'établissements si vous voulez dans des commissions locales, vous aurez toujours de l'arbitraire et de la cooptation, des féodalités: non pas que la vertu des gens soit nécessairement inférieure à celle des membres d'un jury de Capes ou d'Agreg mais ces derniers ne peuvent pas coopter ou pratiquer l'arbitraire même s'ils le voulaient, du fait même de l'organisation du système de recrutement. Voir ce que disaitt à ce propos Michel Serres dans une tribune dans le Monde en 1999: http://www.sauv.net/serres.php

Quant aux qualifications des membres des jurys, elles sont sévèrement sélectionnées et excèdent largement les vôtres. Je ne ferai pas étalage des miennes (dans mon domaine), mais vous n'auriez pas votre place dans un jury de Capes et encore moins d'Agreg actuellement et c'est peut être finalement cela qui vous chagrine. Derrière certaines remises en cause et propositions "d'amélioration" il y a souvent une simple volonté de prendre le pouvoir et de dicter sa loi à autrui. 

 

Dernier post avant les vacances. Décidemment, nous ne pouvons pas nous entendre! Non. Je n'ai aucun mépris pour les concours, en ayant passé et réussi moi-même, ni pour les membres de jurys. Aucun désir non plus d'en faire partie! J'ai quitté l'Education Nationale il y a 25 ans, sans regret et j'ai eu - j'ai toujours-  une carrière passionnante dans le service public de la culture, en passant par des jurys de recrutement qui, tous, je dis bien tous, m'ont recruté sur mes compétences et qualités professionnelles et pas sur ma bonne mine ou mes relations politiques ou autres - je n'en ai pas!-. Mais vous n'êtes obligé de me croire. Votre réaction épidermique me fait sourire. Je ne veux prendre le pouvoir sur personne et ne dicte aucune loi... Je pense simplement que le système des concours, pour impartial qu'il soit, n'est pas adapté aujourd'hui avec la finesse nécessaire aux difficultés auxquelles doit faire face notre système éducatif. Il y a aujourd'hui des dizaines de statuts différents au sein des enseignants. Des milliers de cas de figure. Des seigneurs et des soutiers, des gens bien formés et compétents et des personnes arrivées là presque par hasard ou faute de mieux. Des maitres auxiliaires ( je ne sais pas si on les appelle toujours ainsi) payés au lance-pierre 10 mois sur 12... je crois profondément que c'est tout un système qu'il faut remettre sur le métier sans a priori et sans tabou, en observant ce qui se fait ailleurs et qui peut être bien. Voila. C'est tout. Je vous salue Monsieur et vous souhaite un bel été.  

En gros certaines formations dispensant le master 2 enseignement vont remporter les gros lots ( parfois grâce à des relations de copinage entre professeurs et proviseur ) et pour les autres qui constituront une belle armée de réserve comme prolétariat cognitif. Pourquoi on facilite pas l'accès aux prépartions du CAPES pour les enfants issus de milieux populaires au lieu de vanter cette pseudo-démocratisation d'accès au métier sans concours?

 

 Pauvre pays ,pauvres de nous!!

bravo la république!!!!!!!!!!!!

 

 Pourquoi pas

  Les concours permettent un recrutement anonyme et de qualité . Va-t-on supprimer aussi les concours de l'ENA , de sciences Po , de médecine ....

 

 ouais, mais y a concours et concours ! La population qui se présente à ceux que vous citez n'est pas la même que celle des CAPES et Agreg.En tout cas, ça m'étonnerait. 

Que voulez-vous dire?

 

c'est clair : les candidats aux concours de l'enseignement sont ceux qui n'ont pas réussi les concours d'entrée aux "grandes écoles", y compris les ENS.

si seulement !!!! on pouvait supprimer l'ENA et sciences po, et même médecine. Quel bouffée d'oxygène ce serait pour ce pays atrophié par la pensée unique et le reseautage. Car ne nous y trompons pas, ces concours ne sont que l'aboutissement d'une cooptation qui commence à la maternelle. 

Mitterrand y avait songé (supprimer l'ENA) mais faute de l'avoir fait durant la période de grâce de son pouvoir, il en a été violemment empéché par la suite. 

Quand on voit que ceux qui réussissent ces concours sont en majorité fils ou filles d'enseignants où est l'égalité des chances et surtout l'aptitude à enseigner? Les concours ne servent à rien il faut des gens motivés, qui ont la fibre, qui auront un vrai bagage pédagogique pour enseigner, en somme des gens qui auront la vocation, même si ce mot fait peur, car ils sauront faire passer leur passion et leur amour de ce qu'ils enseignent et ce n'est pas avec un master 2 ou 25 qu'on l'obtiendra mais avec un recrutement par entretient qui permettra de le savoir. En primaire le niveau de la licence est bien suffisant mais il faut après une solide formation pédagogique tel que celle qui était pratiqué pour les langues régionales(3ans de formation) et que le master 2 a détruit. 

Tout à fait d'accord. Sinon comment expliquerait on le succès scolaire des enfants de primaire scolarisés à la maison, par des mamans qui bien souvent n'ont que leur bonne volonté et leur amour pour instruire leurs enfants ???

"Les concours ne servent à rien il faut des gens motivés, qui ont la fibre [...] en somme des gens qui auront la vocation."

Si vous vous étiez engagé dans la préparation de ces concours (que ce soit Capes ou Agrégation), vous n'oseriez probablement pas dire une bêtise pareille...

Et avant que vous ne me fassiez remarquer que je déforme honteusement vos propos,  ce que j'ai ôté à votre phrase ("qui auront un vrai bagage pédagogique pour enseigner") relève d'une autre (et réelle) question, qui n'a rien à voir avec le principe du concours qui, s'il est abrogé, terminera de transformer l'EN en champ de ruines (à échéance de 5-10 ans), ce qui est déjà bien entamé.

reposons la question à Kelem : Quand on voit que ceux qui réussissent ces concours sont en majorité fils ou filles d'enseignants où est l'égalité des chances et surtout l'aptitude à enseigner?

 

Dommage que pas un sociologue n'ait eu l'idée de faire une enquête sur la répartition des élèves et étudiants, en corrélation avec les professions des parents; En effet les gosses d'enseignants dans leur majorité "réusissent" à l'école. Il y a déjà une dizaine d'années, 75°/° des élèves de l'école Centrale étaient des enfants d'enseignants et non de Centraliens...C'est que les enfants d'enseignants, dés le berceau, baignent dans "la culture scolaire", ils sont bercés par les légendes de la mythologie grecque par exemple et non par la façon de faire pousser des carottes comme un enfant de paysan, et j'ai beaucoup de respect pour le paysan et ses enfants.Tout ça est d'une injustice, et d'un gachis criants(.Bourdieu a déjà démontré tout ça il y a des décennies) L'école mesure des performances en des domaines familiers des parents enseignants... En plus, le métier d'enseignant est LE SEUL METIER qui laisse du TEMPS aux parents, pour s'occuper longuement de leurs enfants, visites de musées,concerts,  théatre, voyages culturels etc.... . Mêmes vacances, on peut préparer ses cours , corriger ses copies chez soi, avec un oeil sur ses enfants, alors que ceux qui partent le matin et rentrent le soir 5 jours par semaine, ont leurs vies VOLEES, comme le sont celles de leurs enfants sur ce plan là, celui  de l'école....L'enseignant sait comment marche le système,par exemple, quelle langue il faut prendre en première langue en sixième, pour être déjà dans la" bonne" classe, la "bonne" filière. Ils ont des dérogations pour mettre leurs marmots dans les "bons " lycées , ça, ça s'arrange simplement entre "collègues", gens du même "CORPS". La pédagogie ??? ne serait ce pas des " recettes"simples ? on n'apprend bien que par transfert... La "vocation" ne suffit pas, il faut des connaissances, le désir de transmettre. La personnalité de l'enseignant compte énormément. Les enseignants n'ont jamais été confrontés à la vraie vie professionnelle entre adultes, ils ne sont jamais sortis de l'école, d'abord comme élèves, puis étudiants, puis enseignants. Il devrait être obligatoire qu'ils soient confrontés pour des temps assez longs, à des taches à effectuer dans un monde d'adultes. Recruter des gens qui ont fait un autre métier avant de souhaiter devenir enseignant, je trouverai ça bien, évidemment , il faudrait voir les équivalences de diplomes, les motivations, les personnalités. Un ingénieur a les connaissances suffisantes pour enseigner les Maths ou la Physique par exemple...

L'école, Les Facs, etc... sont en coma avancé, c'est pas la faute de l'école, des profs, tout ça est pris dans le système fou, destructeur..sous lequel nous vivons , instillé depuis des décennies et maintenant quasiment à son apogée, dans le capitalisme libéral..avec les cours privés, la finance etc......le massacre des innocents....

 

Vous connaissez beaucoup d'enfants d'enseignant qui veulent être enseignants ?

Pour ma part pas un seul. Pas un. 

Exact, dans la famille de mon épouse et dans la mienne, où l'on compte 5 enseignants âgés de 50 à 65 ans, zéro enseignant dans la génération suivante âgée de 20 à 35 ans. La fonction enseignante s'est prolétarisée et féminisée ; le prestige social et les revenus se sont effondrés ces 30 dernières années à un point tel que les enfants d'enseignants se sont tous orientés vers des professions plus profitables (écoles de commerce) ou plus prestigieuses (communication, cinéma...). Intéressant de noter que les élèves de khâgne vont pouvoir passer les concours "passerelles" vers les écoles de commerce, épuisant le vivier de recrutement de l'éducation nationale : ça va dans le même sens d'abandon de l'enseignement à des jeunes de plus en plus démunis culturellement et socialement.

 Eh oui : les enseignants connaissent tous les rouages du système , et en profitent, démocratiquement !!!! Mais les stat sont plus fines : il y a une différence entre les enseignants du primaire et les autres.Comprenez : il y a plus d'enfants de profs que  d'enfants " d'instit" dans les "grandes écoles ".

Présenter les enseignants comme des 'profiteurs', même 'démocratiques' (ça veut dire quoi?), participe de ce populisme destructeur et malsain qui sévit à droite comme à gauche. Quel avenir prépare-t-on dans ce pays où les uns détestent les autres et tout le monde hait les fonctionnaires, particulièrement les profs? Tout cela sent le vichyisme à plein nez. Moche, très moche...

 Les stat sont encore plus fines : dans les "grandes écoles", il y a bien plus d'enfants de "profs" que d'enfants " d'instit".

Souligner et mettre en gras ne renforce pas la pertinence de la question.

1) Trouvez moi une statistique précise montrant que la majorité des candidats est fils ou fille de professeur. Je préfère juger sur pièces.

2) Comment fait donc le jury pour vérifier si un candidat est fils de prof puisque les copies sont anonymes ? Est-ce ce critère qui garantit la réussite ?

 Et comme je ne vais pas m'engager dans un type d'argument que je déteste ("J'ai des amis qui"), je vous laisse à vos certitudes.

Je n'étais pas du tout fille d'enseignants...

Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain! L'idée de cette mission parlementaire d'un recrutement local des enseignants pourrait (je dis bien pourrait si elle est correctement mise en place) ne pas être mauvaise. Nous en sommes aujourd'hui et depuis des années à la dérégulation sauvage d'un système longtemps rigide, basé sur des connaissances livresques pointues  mais qui, dans l'enseignement secondaire en particulier, n'a jamais garanti que l'on recrute des pédagogues via les concours CAPES et Agrégation, voie royale... ET  le recours de plus en plus important aux "maitres auxiliaires", bataillon de jeunes diplômés de Master 1 ou 2 envoyés sans aucune formation un peu partout et surtout dans des endroits difficiles, "bouche-trous" des incohérences du système Education Nationale, prolétaires corvéables de l'enseignement, sous payés, etc... En Grande-Bretagne par exemple, les recrutements dans le primaire et le secondaire sont effectivement l'affaire des "local authorities" (autorités locales) qui recrutent des professeurs qualifiés qui ont un diplôme d'enseignement d'une seule matière ou de deux (histoire et géographie, maths et physique...) délivré par l'université et qui répondent aux petites annonces... comme tout jeune diplômé! Les professeurs plus expérimentés ont aussi de la sorte accès à la mobilité professionnelle indispensable dans un parcours de vie. Ce qui évite ce jeu national de chaises musicales qui chaque année envoit certifiés et agrégés à l'autre bout de la France et qui oblige des époux, des familles à attendre parfois des années une mutation qui ne vient pas faute du nombre de "points" nécessaires à l'obtention d'un poste. Et le système éducatif de nos voisins anglais n'est pas pire que le nôtre, en terme de pédagogie et de résultats... Si je mets à part là encore la sauvagerie libérale qui y est à l'oeuvre... Je parle d'un système, d'une structuration, pas des effets délétères engendrés par des choix politiques néfastes! Mais une telle réforme (un recrutement local des enseignants) serait une telle révolution dans notre pays que je vois mal son aboutissement! Et je précise que je me sens tout aussi républicaine, et attachée à un enseignement de qualité offert à tous nos enfants,  que d'autres commentateurs...           

« Le système éducatif de nos voisins anglais n'est pas pire que le nôtre, en terme de pédagogie et de résultats... Si je mets à part là encore la sauvagerie libérale qui y est à l'œuvre... »

 

Vous percevez l'oxymore ?... 

La situation au début des années cinquante correspond à celle de mon père après la fin de la guerre. Instituteur, titulaire d'une licence ès-lettres, il est directement devenu professeur à l'école nationale professionnelle (les ancêtres des lycées techniques d'État) de Metz. Le corps des certifiés s'est longtemps appelé d'ailleurs "professeurs certifiés et licenciés".

La question centrale est le vivier de recrutement

Que cela soit les concours ou les masters le vivier est le même, le haut de la pyramide des catégories socio-professionnelles à quelques exceptions prés, qui viennent d'ailleur pour une grannde masse des enfants d'origine étarngère surmotivés!

 

Quelque soit la solution choisie aujourd"hui vous aurez à l'arrivée, de toute façon, le même résultat, quelqu'un qui a eu une scolarité normale et valorisante que vous allez mettre devant des élèves défavorisés, démotivés et dévalorisés.

 

deux mondes qui ne se comprennent pas souvent!

 

La réforme à faire et plus profonde et il faut remettre au goût du jour ce que furent les IPES en leur temps doner les moyens matériels et l'environnement pédagogique nécessaire aux enfants des classes défavorisés de poursuivre des études. Quelque soit leur volonté par la suite d'enseigner ou pas.

 

Depuis 1950 le pourcentage de fils d'ouvriers accédant au bac+5 n'a pas changé, le nombre oui la proportionde non.

 

 

 

Il conviendrait d'ajouter à la réflexion initiale l'absorption des anciennes écoles primaires supérieures d'avant-guerre sous la forme de collèges modernes, alors même qu'ils avaient leur propre recrutement au niveau de l'examen du professorat des écoles normales. C'est l'occasion de revenir à la lecture de l'excellent Ferdinand Buisson : http://is.gd/dQAcKQ.

Très bonne indication, cher Luc

Il fut un temps, aussi, où les instituteurs étaient recrutés localement, plus ou moins nourris et payés par les parents et les mairies. À cet égard, on peut lire l'édifiant roman de Ponson du Terrail publié en 1865 : Le Nouveau Maître d'École.

 Voir le temoignage de Nelly Guet

http://blog.turgot.org/index.php?post/Nelly-Guet

 

Les concours permettent une cooptation par des pairs, càd la reproduction (tant pis) et donc la TRANSMISSION (tant mieux) du modèle scolaire culturel, politique et scientifique français issu de la Révolution et de la République. La fin des concours, c'est la fin des haricots : ça risque de faire dégénérer le système bien plus que ça a de chance de l'améliorer. Et puis "is fecit cui prodest" !

Silence, on casse, on brade ...

Plus de concours de recrutement nationaux...

C' est le local qui va faire le boulot ...

C'est à dire recruter selon ses vues, ses goûts, ses relations...

Intérêt ?

Ben avoir des enseignants sous contrôle .

Fini l'autonomie , la liberté pédagogique , la liberté de conscience liée au diplôme ...

L'état UMP sait bien ce qu'il fait : sous Pétain il fallait prêter serment demain faudra se conformer aux voeux des petits chefs et des politiques...

Mais bon ...Il n'y aura plus de carrière d'enseignant ...On recrutera à partir d'un niveau des gens qui enseigneront quelques années et qui ne connaîtront pas plus les progressions de carrière qu'une caissière de carouf ...

Le but est évident : achever de soumettre les enseignants ...

Après leur avoir collé dans les pattes certains pédagos, certains IEN tenants de tel courant pédago , après leur avoir collé les associations de parents d'élèves qui font de l'entrisme dans les écoles , exigeant çi , exigeant ça , contradictoires et au nom de quoi ?  c'est à dire instaurant l'anarchie, l'aléatoire , le foutoir , en liaison avec les directives ministérielles (cf le dernier débat sur la discipline à l'école : du vent , paralysie de toute discipline , suppression de sanction comme l'exclusion de plus d'une semaine , la seule qui pourrait mettre en cause l'éducation et la responsabilité des parents , de belles paroles mais aucun moyen humain nouveau ...)

Donc le recrutement se fera selon le bon vouloir du potentat local ....

Pauvre ministre qui a fait ses études dans le privé, comme Fillon dans les boites catholiques ...

Ils n'ont connu que ça : inutile de leur parler de légalité républicaine , de l'égalité tout court ...

La prochaine étape ? L'église qui va recruter les enseignants ! Retour de l'ancien régime ...

Que peut on attendre d'autre de cette équipe qu'une vaste régression . C'est ce qu'il appellent réformer ...

Notre pays en ruine , partout , sous toutes ses formes .L'ordre moral .L'arbitraire ...

Ls.

la liberté de n'enseigner qu'aux gens qui savent deja, et aux fils et filles de prof, le tout au prix du 1er budget de la Nation, tout en créant 100.00 jeunes non qualifiés par an ? Non merci. Les contribuables et les citoyens n'en peuvent plus, de cette mascarade.

Tu me feras toujours rire ACNM , le libertarien avec tes  conceptions de la liberté ...

Tu attaques comme le démago réac que tu es , sachant très bien que les enseignants sont pour très peu dans la déréliction scolaire actuelle .

Va voir plutot dans les conséquences de ton libéralisme , de ses dérégulations , des "économies " et du retrait de l'état républicain et des gens en grande difficulté avec ton système d'arrivistes et de rentiers ...

Ls.

PS : ne cherche pas c'est moi qui ai cliqué sur recommandé à la place de répondre . Mais c'est très bien ainsi que des gens soient alertés par ta prose .

Quant à Alternative Libérale , je serais curieux de voir combien de fils d'ouvriers y militent , encore que pour recracher ton catéchisme ce ne soit pas bien compliqué .

faut il comprendre que vous prenez les fils d'ouvriers pour des abrutis capables de seuls discours simplistes ? ok, tout est dit.

Dans les années 80, une rumeur disait qu'on n'avait pas l'agreg si on écrivait au bic au lieu du stylo.

Comme on le sait, les études ne sont pas très professionnelles en France en fac de lettres. En fait, le diplôme (toujours plus élevé) devrait suffire pour enseigner. On pourrait envisager une période d'essai.

Dans la réalité, on enseigne sans savoir vraiment si on en est capable. Je l'ai fait au pied levé (du vendredi pour le lundi) comme chargé de cours à la fac.

Contrairement à ce que vous dites, traditionnellement, le diplôme correspondait à un niveau de concours.

Et justement, l'augmentation du nombre de fonctionnaires correspondait à l'augmentation des diplômés. C'est précisément parce que le recrutement s'est tari que les diplômes ne signifient plus rien.

Oui et non !

Evidemment qu'il faut un niveau d'études pour passer le Capes ou l'Agreg , mais ce concours très difficile sanctionnait justement de sacrées connaissances et un engagement dans l'enseignement.

Je suis aussi d'accord avec le commentaire au dessus ...

Les libéraux ne cherchent qu'à mettre la main sur l'enseignement , la partie juteuse de l'enseignement , avec de bonnes écoles dotées et  hors de prix , et à la base des établissements populaires qui seront au mieux une garderie au pire des chaudrons .

Leur mépris des syndicats , à l'instar de l'extrême droite , cache mal leurs visées hégémoniques.

Et pourtant ces syndicats à l'EN ne représentent que 10 à 20 % des enseignants et ont bien  servi à chloroformer le passage des réformes .

Mais faut croire que c'est encore trop .

Ls.

Ca, c'est la langue de bois.

Moi, je parlais de la réalité!!!

J'ai relu : j'ai du mal à comprendre ce que vous avez voulu dire !

Cdt.Ls.

La question n'est pas "ce que veulent les libéraux", la question que je traitais était la nature consubstancielle du diplôme, du concours et du recrutement, à l'époque où ce recrutement était élevé. (j'ai publié un tableau où l'on voit la croissance du nombre de professeurs sur mon blog: Espagne : La révolte des Tanguy).

Je ne parlais pas d'idéologie, mais de réalité. Il était un temps où la gauche prétendait parler de réalité (économique). Je me demande si ce n'était pas aussi ça l'illusion.

 

Encore une réforme stupide et une brillante idée des libéraux, détruire l'école publique est leur objectif! Ceux qui pourront payer, iront dans le privé, les autres, et bien iront dans des classes de 35 élèves avec des profs sans formation, au statut précaire et qui présenteront l'intérêt de ne jamais se plaindre! Là, il sera trop tard! Tout ça c'est comme le projet de supprimer un mois des grandes vacances! Peu de gens savent que les profs sont payés 10 mois (étalés sur 12)! Mais faut bien diviser les français, diviser pour mieux régner, cette droite partisane et antisociale est à vomir!

Mais beaucoup de français ont compris, je n'entend plus beaucoup de gens dire ces fainéants de prof! Au contraire, beaucoup sont maintenant mobilisés dans les fermetures de classe! La majorité du peuple a compris que Sarko roulait pour les privilégiés de la finance ! C'est à l'école justement qu'on apprend à réfléchir! Mais en attaquant les programmes scolaires et l'institution, l'objectif est limpide! Personne n'est dupe!

Moins d'un an à tenir! Il faudra alors descendre dans la rue massivement pour que la gauche n'oublie pas qui va la faire elire !

Il faudra revenir sur 10 ans de réformes destructrices et redonner de l'ambition à l'école républicaine, redonner une vraie formation aux profs et arrêter de financer l'école privée avec les deniers publics! Les socialistes auront tout intérêt à être ambitieux et à abroger ces réformes iniques. Continuons à mobiliser les esprits sur l'importance de l'école et d'une formation à la hauteur!

Tout ce bel édifice historique est déjà fort entamé: on considère que le métier d'enseignant ne s'apprend pas, puisqu'il a peu ou prou supprimé l'année de stage en responsabilité (service de 8h, cours théorique à l'IUFM et suivi par un conseiller pédagogique tuteur et un autre conseiller dans le cycle où l'on n'a pas la responsabilité d'une classe). Cette dernière n'était certes pas la panacée, mais elle permettait aux stagiaires de prendre confiance en eux, de se découvrir (ou non) une stature d'enseignant, tout en prenant le temps de la réflexion constructive avec les divers intervenants de la formation. Les stagiaires sont maintenant à 15, voire 16 heures, et doivent nager ou se noyer...Quelle régression...J'ai formé un certain nombre de professeurs stagiaires, qui ont toutes eu leur épreuve pratique après des moments de doute traversés et surmontés ensemble, dans un esprit de dialogue, de respect mutuel et d'exigence professionnelle. Autant de mots qui n'apparitiennent plus au vocabulaire de l'EN. La brutalité des relations sociales se double désormais d'une brutalité dans les relations intra professionnelles. J'ai aimé mon métier de professeur, mais je souhaite que mes enfants chosissent une autre voie. En tous cas tant que les gouvernements auront ce mépris scélérat et suicidaire pour l'éducation et la formation des esprits.

 

 

 

Bonjour !

J'ai la faiblesse de penser que le métier d'enseignant s'apprend mais selon mon expérience essentiellement sur le terrain , au contact de la réalité de la classe, et de collègues aguerris ...

Il est possible que des "formateurs" apportent des aides intéressantes , mais certainement pas de façon systématique .

Ayant fait l'école normale , trop de cours nous ont été assénés qui ne débouchaient sur aucune application concrète ...Linguistique , cours d'EPS, fait par des profs d'EPS  d'une complexité inouïe , à l'instar de la formation de ces profs .

Or les enseignants de maternelle, de primaire , s'ils sont "polyvalents" , ne peuvent être spécialistes en tout .

Par contre , je suis passé à côté de choses fondamentales ,comme l'usage simple d'un  ordinateur , comme l'apprentissage efficace de la lecture , en sécurité , et pour les élèves et pour l'enseignant débutant , qui n'a pas forcément envie de rater cet apprentissage à cause de la pression dogmatique de personnes détenant l'autorité , parfois  un simple directeur d'école assez borné , mais sûr de ses conceptions , et "au bras long" ! 

Ou l'écriture au tableau , ce que maîtrisaient parfaitement des collègues formés bien antérieurement ....

...J'ai particulièrement souffert dans une classe où j'avais été nommé et où m'était m'interdite l'usage de manuels scolaires:

Il fallait tout "construire ensemble" et faire écrire des élèves qui ne maîtrisaient ni l'écriture, ni la lecture ,ni les bases d'orthographe , ni l'utilisation d'un classeur , ni internet...

Ca se passait en primaire et non au collège....

Il suffisait que j'ouvre un cartable au hasard pour me conforter de cette absurdité .......

Et pour terminer j'ajoute que cette classe qui avait connu dès le CP ce genre de pratique était sinistrée à 70 % dans la lecture , ce qui ajoutait à ma colère et mon incompréhension . Exiger des choses qui donnent de bons résultats d'accord , mais quand on a la preuve de l'échec chaque heure sous les yeux, non .

Et pour terminer cette parenthèse , derrière cette idéologie , il y avait aussi une question de gros sous : tous les crédits alloués avaient été dépensés ailleurs , parfois par l'achat de manuels par des collègues bien en place ...Et sans doute aussi , la volonté de me faire porter le chapeau d'un échec de plusieurs années dans cette école .

Ce qui peut donner une idée de la violence institutionnelle en milieu scolaire ....Et d'une certaine perversité .

 

Ca ne change rien au problème : les concours apportent à la fois la légitimité de l'enseignant et un gage de ses connaissances , capacités et désir d'enseigner ...

Car on ne passe pas ces concours pour des raisons vélléitaires .

Ls.

 

 "En supprimant les concours, en contractualisant la fonction, en remettant aux universités la délivrance d'un diplôme et autorités locales celle du recrutement, elles déclarent que seules les administrations militaires, diplomatiques et fiscales sont des prérogatives d'Etat admettant une fonction publique d'Etat. "

Trés intéressant et sans doute réaliste.

Outre le fait que c'était déjà le cas (les concours ou les "universités", sont un monopole d'Etat), on peut en conclure l'exact opposé. C'est le maintien de ce système qui est féodal: "l'université" comme corporation médiévale au lieu d'être ouverte, où les concours relèvent de la fermeture.

Rappelons, pour des historiens et les autres, que la Révolution française - libérale- s'est faite contre les corporations. Il est malheureusement dans l'ordre des choses que le poids des structures "reconstituent les ligues dissoutes".

Bonjour Jacques, 

 Et je vous dirai que j'en suis d'accord, je le suggère en parlant des "concours comme cooptation pas toujours fair play..." Mais vous entendez féodal dans son sens large (et peut-être actualisé), je lui donne son sens médiéval/viste. Dans cette perspective, les opposés ont la propriété de se rejoindre...au plan des résultats de l'action. C'est parce que les universités ont effectivement "reconstitué les lignes dissoutes", recomposé le mandarinat, réactualisé écoles et coteries, réactivé les structures des pouvoirs locaux que l'institution s'est fermée. Les concours relèvent de la fermeture, le recrutement des enseignants-chercheurs aussi, celui des chercheurs CNRS, plus encore.... Tout cela n'est qu'opacité, clientélisme, passe-droit. Face à cela, deux options au moins : maintenir le système en le tenant pour le moins mauvais (c'est la ligne que tiennent ceux qui les défendent avec acharnement) ; revoir le système de l'EN, mais pas à moitié, pas seulement sur les concours et les examens et les filières (tout cela n'est que plâtre sur jambe de bois), en revoir la philosophie même, accepter les défis, notamment celui d'être différents (encore une fois dans l'Histoire), refuser exclusion mais aussi communautarisme, penser nos identités de glorieux bâtards et instruire, éduquer, ouvrir. 

Croyez-vous vraiment que ces tâches exaltantes se trouvent inscrites au frontispice de l'action gouvernementale dans ses réformes ? Pour ma part, je crois qu'il s'agit plutôt d'asphyxier certaines universités, les écraser sous des labeurs ingrats, les dépouiller des budgets nécessaires à la mise en place de mastères d'enseignement ou de recherche convenables afin qu'émerge de ce chaos habilement créé, les quelques pôles importants vers lesquels les demandes de mutation des ambitieux convergent déjà. Alors, dans ce système, toujours aussi féodal, nous verrons poindre les grands seigneurs. La logique néo-libérale aura triomphé ; elle n'aura nullement éliminé les corporatismes, elle les aura justifié autrement, il me semble.

 Bien à vous 

Fabia 

Les concours relèvent de la fermeture, le recrutement des enseignants-chercheurs aussi, celui des chercheurs CNRS, plus encore.... Tout cela n'est qu'opacité, clientélisme, passe-droit. 

Quelque chose n'est pas clair pour moi: de quels concours parlez-vous? Ceux du recrutement à l'université (sur dossiers et entretiens plus repas pré et post entretien...) correspondent bien à votre description. Ce n'est absolument pas le cas du Capes et de l'Agrégation: je dirais même qu'ils sont l'antithèse de ce qui est décrit dans ce que je cite de vos propos en préambule. Il faut bien que le public fasse la différence: derrière le vocable concours se cachent des réalités, des principes, des pratiques très différentes.

Quant au concept de l'institution parfaite utilisé depuis fort longtemps (voir J.-C. Milner, De l'Ecole) pour remettre perpétuellement en cause l'institution scolaire en bloc telle qu'elle s'est construite, qui en effet n'est pas parfaite, (et n'en fait jamais assez pour réparer toutes les injustices du monde), j'attends toujours de la voir bâtir et fonctionner (ou simplement énoncer ses principes fondateurs, son objet). Mais ses promoteurs sont le plus souvent occupés à démolir les principes élémentaires qui fondent le concept  même d'école: il y a des savoirs, cette institution met en présence des spécialistes chargés de transmettre ces savoirs ett les sujets à qui on les transmet. On peut ajouter d'autres déterminations, et en particulier il est essentiel d'assurer l'égalité de l'accès à ces savoirs dans le cadre de la République, mais aucun projet ne peut se prétendre "meilleur" ou tout simplement s'appeler "école" s'il n'est pas bâti sur cette fondation.

Je vous lirai avec grand intérêt

F Guillén 

Pour comprendre quel est le vrai objectif de l' UMP et quelles sont les dérives de cette politique assassine je vous suggère l'article temoignage de C. Murolo - MdC de l'Université de Provence - publié lors du mouvement des universitaires  de 2009 qui s'opposaient à la "Réforme Darcos":
"Mastérisation des Concours pour l’Enseignement secondaire : l’épilogue Italien. Un aperçu des dérives de la reforme Darcos"Il s'agit réellement de la réforme la plus destructrice et devastatrice de tout le tissu social français :

Diffusons les infos à tous nos contacts et opposons nous avec toutes nos forces à cette horrible metamorphose de l'Etat Francais que nous ne voulons pas !

 


 

C'est quand la bête est blessée que les couteaux se précipitent. Les fuites au bac S ont jeté la suscipion sur les examens et concours, jugés trop coûteux. Donc, au risque de me répéter :

http://www.sauv.net/serres.php

 

Difficile de s'y retrouver dans tout ces commentaires

Il serait  plus simple de dire que l'UMP NE PENSE QU'A DETRUIRE ce qui existe au lieu de reformer

DANS L'enseignement

la sante

la justice

la fonction publique  etc

et de mettre l'ARBITRAIRE en place

Aujourd'hui je ne suis même plus persuadé que concours ou pas ce soit l'école qu'il faille incriminer. Ne nous leurrons pas, l'instruction, l'éducation, la motivation à apprendre commencent à la maison. Dans mon quartier, on ne s'occupe pas des enfants qui jouent dehors jusqu'à point d'heure, qui accompagnent les plus petits à l'école, qui à l'évidence manquent d'"éducation", dont les parents estiment que l'école c'est surtout utile pour "caser" les momes durant quelques heures. L'inégalité scolaire commence à la maison. Il y aura tjs les enfants dont les parents  s'occupent  et les autres..  ceux qui sont pré-parés pour recevoir l'enseignement (ne serait ce que parce qu'ils savent écouter) et les autres.

 Rappellons que c'est dans l'Education Nationale que le nombre de suicides est le plus élevé.'Ces profs qu'on assassine ' a écrit V.B.

Je vous suggère de les achever avec M. Chatel....

Comme très peu de jeunes , et surtout les enfants d'enseignants ( car ils connaissent la dure réalité de ce métier entre incivilités et mépris des élèves et de leurs parents , diffamations et calomnies -commme dans certains post -pressions administratives , dégradations des établissements et des conditions de travail avec les récentes réformes ..) souhaitent faire ce métier , il y a une PENURIE de candidats aux concours .Comme on ne remplace pas un départ à la retraite sur deux alors que la demande demeure , comme on ne recrute plus de remplaçants titulaires , l 'ex employé de l'Oréal qui dirige le ministère a eu cette bonne idée : on supprime les concours , on recrute au pôle emploi ou dans les établissements .Cela se fait déjà !!

Et que voit-on ? C'est la foire d'empoigne pour être recruté , pour faire renouveler son contrat , pour rester .C'est la concurrence entre titulaires , contactuels et vacataires , jeunes contre vieux , filles contre garçons .c'est la démagogie pour plaire aux élèves et à leurs parents , c'est le clientélisme .Cela aboutit même à du harcèlement moral au travail , de plus en plus fréquent .

dans mon établissement cette année on a demandé à l'assistant vie scolaire de faire prof de techno ( et deux enfants handicapés n'ont plus guère eu d'aide ) à un diplômé d'anglais n'ayant jamais enseigné de remplacer la prof chevronée ( très malade .longue maladie ) et il est parti en pleurs ..à une fin de contrat aidé de faire médiateur , et les élèves ont fait n'importe quoi sur ses conseils et il y a eu même mise en danger , à un jeune du coin  de faire math à la place de l'agrégé parti en retraite ( mais ça s'est très bien passé car il est très gentil et cool cool trop cool , les élèves l'adoooorent..)

Bien sûr ça n'est pas à Louis le Grand ! ça n 'est pas non plus en Seine St Denis ( là il n'y a plus de profs du tout et pas même d 'ersatz volontaires )

Non c'est un collège lambda de périphérie urbaine .

HONTE ! L'école de la République , l'Education Nationale est en danger ,on la démentèle peu à peu .Encore récemment avec le discrédit jeté sur les diplômes suite aux fraudes et erreurs diverses .Et cela se passe dans un silence assourdissant de la Nation ( pas de grèves ni de manifs ) .Et il en est pour taper encore sur les derniers hussards de la république et suggérer que n'importe quel motivé peut faire prof .Ont-ils des enfants ? des petits enfants ?

Pensent-ils avoir les moyens de les faire étudier dans le système qu'on prépare ? ou pensent-ils leur trouver du boulot de prof  facilement ?

Veulent-ils qu'on reviennent au XIX ème ?

Le député du Doubs UMP qui a initié ce projet , Jacques Grosperrin , est ancien prof de sport , devenu agrégé par concours  ,qui s'est spécialisé en sciences de l'éducation .son fils est prof aussi .Que cela ne serve pas d'alibi .Il a vite cherché d'autres voies et dévoilé ses ambitions politiques .

Le Doubs est la 'patrie' de Fourier , Proudhon et Besançon , la ville de M. Grosperrin , a vu naître V. Hugo .Défenseur de l'école et des enfants ! du droit de tous les enfants à l'éducation .

La même éducation pour tous , l'égalité des chances , sur tout le territoire , c'est ce que garantissent les concours .Et ceux qui les discréditent ne les ont sans doute jamais passés , sauf M. Grosperrin .

 

 

 

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