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"Hussards noirs" ou "professionnels"?

Les enseignants du primaire veulent être pleinement reconnus, non pas comme des « êtres de vocation » prêts à tous les sacrifices, mais comme des professionnels, des cadres supérieurs de plein droit. Et la grève de  jeudi n’est que l’une des manifestations d’un mouvement profond.

L’un des deux principaux syndicats du primaire, le SE-Unsa a pris acte de la récente déclaration du ministre de l’Education nationale Vincent Peillon qui reconnaît que « les enseignants du primaire ont des conditions de ressource qui ne sont pas équilibrées avec celle du secondaire » et se dit prêt à discuter de mesures financières permettant de combler ce retard. Le SE-Unsa revendique en particulier l’obtention d’une indemnité de 100 euros mensuels, et a lancé une pétition « L’Isoe des PE, c’est maintenant ! » qui a reçu plus de 20000 signatures.
L’autre principal syndicat du primaire, le SNUipp-Fsu, a lancé lui aussi une pétition pour « la revalorisation salariale des professeurs du premier degré » qui a recueilli près de 19000 signatures, et il a appelé sur cette base à la grève dans le cadre de la journée d’action lancée par plusieurs syndicats de fonctionnaires .

Si l’on se retourne vers le passé, on pourrait s’étonner de la vivacité de ces revendications, car les enseignants du primaire d’antan étaient loin d’avoir des rémunérations proches des professeurs du secondaire. Et la décision de la transformation du corps des instituteurs en corps de professeurs d’écoles  ( en principe aligné sur celui des professeurs certifiés ) prise en 1989  peut être considérée comme une « revalorisation» historique ( même s’il reste des différences de rémunérations réelles, notamment en raison de l’existence de certaines « primes » dans le secondaire qui n’ont pas d’équivalents dans le primaire ).

Les « hussards noirs de la République » ( selon le mot de Péguy ) étaient en effet nettement moins lotis comparativement. Sous Jules Ferry , un professeur de collège  gagnait trois plus qu’un instituteur en début de carrière, et deux fois plus en fin de carrière (  un agrégé 8 fois plus en début de carrière, et  6 fois plus en fin de carrière… )
Mais on ne saurait trop prendre en compte les fortes paroles du sociologue François Dubet dans  son livre au titre suggestif « Le Déclin de l’institution » ( Seuil, 2002 ), dans lequel il tente de montrer que la « vocation » ( qui relève toujours peu ou prou du ‘’sacré’’ ) et qui l’emportait sur le « professionnalisme » ( la version, ‘’profane’’ de l’engagement dans le travail sur autrui ) est en voie de disparition en corrélation avec « le déclin de l’institution » : « Il n’y a pas si longtemps que les écoles normales d’instituteurs ressemblaient à s’y méprendre à des séminaires, que les écoles d’infirmières étaient dirigées par des religieuses et que les travailleurs sociaux étaient issus du militantisme philanthropique […]. Le thème de la vocation signifie que, dans le programme institutionnel, le professionnel du travail sur autrui n’est pas un travailleur comme les autres. Il ne puise pas sa légitimité seulement dans sa technique ou dans son savoir faire, mais aussi dans son adhésion directe à des principes plus ou moins universels. Il bénéficie d’une autorité charismatique parce qu’elle repose sur une légitimité sacrée. On obéit par exemple au prêtre parce qu’il représente Dieu, au maître d’école parce qu’il est la figure de la Raison […]. On leur obéit parce qu’on suppose qu’ils sont capables de s’oublier sinon de se sacrifier, qu’ils se donnent à une cause supérieure, qu’ils défendent un bien commun avant que de défendre leurs intérêts propres »

Tous les commentaires

31/01/2013, 11:09 | Par remyrem2

Je me demande si le SNES-FSU voit d'un bon œil la revendication du SNUipp-FSU concernant la revalo des enseignants du 1er degré. Déjà que le SNES ne voulait pas que les instituteurs soient appelés "professeurs"...

En tout cas, un bloc 1er degré émerge avec des revendications communes. Le SGEN, le SE-UNSA et le SNUipp-FSU qui ont ensemble signé l'appel de Bobigny qui comporte le refus de la semaine de 4 jours, sont investis dans une revalorisation des salaires et un alignement sur le secondaire... On avance !

31/01/2013, 17:56 | Par alphonse76 en réponse au commentaire de remyrem2 le 31/01/2013 à 11:09

Vrai. En 1989, lors de la création du corps des professeurs d'école, j'ai entendu des réflexions du style : "pas besoin d'une licence pour enseigner les tables de multiplication".
L'I.N.S.E.E. persiste toujours à classer les enseignants du primaire dans la catégorie professions intermédiaires comme les moniteurs et éducateurs sportifs (sans mépris pour ceux-ci) ! Surtout pas dans la catégorie "Cadres de la fonction publique, professions intellectuelles et artistiques" comme y sont rangés les certifiés ou agrégés.Torchons et serviettes ...

Darcos l'a bien souligné pour les enseignants de maternelle. A petits enfants, petits enseignants-petits revenus. Maît' d'école, c'est bien suffisant !

Pas d'illusion, il n'y aura rien, même si Peillon serait fou de joie de rémunérer un peu plus les professeurs des écoles ...

31/01/2013, 11:38 | Par Belange

C'est bien le PS qui a changé le statut des enseignants du primaire , non ?

31/01/2013, 11:49 | Par Gilbert Pouillart

Cette prééminence (proéminence?) de la "vocation" dans certains métiers ne saurait-elle être reconnue que par de l'argent? On peut multiplier les cas : non seulement enseignants, prêtres, médecins et personnel médical, mais aussi mécaniciens, plombniers, pompiers, policiers ...et, à la limite, toutes les professions travaillent "au service des hommes". C'est l'éthique qui est première, et non "la vocation", encore que celle-ci puisse sensibiliser à celle-là .

31/01/2013, 12:35 | Par POJ en réponse au commentaire de Gilbert Pouillart le 31/01/2013 à 11:49

Le mot "vocation" sert, aujourd'hui, à flatter et donner l'illusion de l'importance aux gens qu'on exploite.

"Vocation" a une dimension mystique, répondre à un appel, à une voix.

Amusante rhétorique d'un ministre laïc à reprendre le credo du missionnaire, qui justifie l'appel au sacrifice (voir la déontologie dans la police), l'ascèse (on ne travaille pas pour l'argent), la sublimation.

"Vocation" illustre l'intellectualisation, la promotion politique de la paupérisation.

 

31/01/2013, 11:55 | Par JoëlMartin

31/01/2013, 12:28 | Par POJ

" Hussards noirs " est une expression que je n'aime pas pour sa relation à l'éducation d'une jeunesse dans l'esprit d'une revanche, d'une guerre, de la détestation de l'Allemagne, du boche, jusque dans les annnée 30. Le hussard noir a été l'idiot utile de la propagande nationaliste.

Autant en effet abandonner toute référence à cette expression qui traduit le détournement de l'enseignement public qui n'a pas développé l'esprit critique mais servi à embrumer les masses et les précipiter dans deux boucheries industrielles.

31/01/2013, 12:42 | Par JoëlMartin en réponse au commentaire de POJ le 31/01/2013 à 12:28

C'est exact.

Mais l'expression est tellement connue et employée qu'elle en devient symbolique, ou plutôt "porte-drapeau".

Cela dit, on peut sans problème supprimer le mot "noir" dans l'expession et ne garder que les "hussards de la République".

31/01/2013, 12:52 | Par Belange en réponse au commentaire de JoëlMartin le 31/01/2013 à 12:42

C'est la République qui a laissé tomber ses idéaux . Elle ne fait plus la différence entre l'enseignement public et privé ( on n'a bien vu que les écoles privées subventionnées par l'état n'étaient pas toutes laïques avec le mariage pour tous ), quand elle ne donne plus les moyens à lécole de fonctionner  ( voir le nombre d'écoles qui font des kermesses , des lotos etc pour pallier le manque de moyens) quand la plupart des écoles ne répondent plus aux critères d'hygiène, de confort , à l'accessibilté pour les handicapés etc , il ne faut pas s'étonner que les enseignants se professionnalisent.

31/01/2013, 13:13 | Par POJ en réponse au commentaire de Belange le 31/01/2013 à 12:52

" C'est la République qui a laissé tomber ses idéaux . "

En a-t-elle déjà sincèrement eus ? J'ai du mal à le croire quand on voit le traficotage de l'histoire.

Lire par exemple Suzanne Citron sur le myste national : http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2603

ou plus simplement le dernier billet de Patrig K intitulé Robespierre ou Napoléon, lequel est le génocidaire ?

Le discours politique restera toujours douteux tant qu'il s'inscrira dans la perpétuation de cette imposture qu'est "la légende républicaine" de Michelet.

31/01/2013, 13:30 | Par Belange en réponse au commentaire de POJ le 31/01/2013 à 13:13

pour le moment , on est en République qui prétend défendre la laïcité, l'égalité , la fraternité et la liberté !

31/01/2013, 13:38 | Par POJ en réponse au commentaire de Belange le 31/01/2013 à 13:30

Vous êtes le premier à en douter dans votre commentaire précédent à propos de l'école privée subventionnée par la République...

31/01/2013, 13:51 | Par Belange en réponse au commentaire de POJ le 31/01/2013 à 13:38

Oui, c'est la République qui a renoncé à ses idéaux .

31/01/2013, 14:09 | Par POJ en réponse au commentaire de Belange le 31/01/2013 à 13:51

Je pense, pour ma part et sans remettre en cause votre sincérité, qu'il faudrait qu'un mouvement politique instaure et consacre véritablement les idéaux de la République, qui, s'ils sont théoriquement et très régulièrement cités, n'ont jamais été respectés ni même appliqués.

Il suffit de lire Médiapart pour s'en rendre compte.

31/01/2013, 14:13 | Par Belange en réponse au commentaire de POJ le 31/01/2013 à 14:09

Je suis d'accord avec vous . On pense la même chose .

31/01/2013, 16:14 | Par JoëlMartin en réponse au commentaire de Belange le 31/01/2013 à 14:13

"C'est la République qui a laissé tomber ses idéaux."

Plus précisément, ce sont les gouvernements de la République qui ont trahi ses idéaux.

Et certains plus que d'autres.

Loi Debré... Loi Carles... Aspect positif de la colonisation dans les manuels d'histoire... Fichiers de flicage des écoliers (Base-Elèves)... Diminution dramatique du nombre des enseignants... Royal rejoignant les gens qui pensent que les enseignants ne sont pas asssez présents dans leurs établissements...

Et tous les gouvernements sont à mettre dans le même sac quant aux salaires indignes des enseignants comme l'indique le tableau que j'ai posté plus haut...

Oui, moyennant ces précisions, on pense la même chose.

21/02/2013, 20:19 | Par cereb en réponse au commentaire de JoëlMartin le 31/01/2013 à 16:14

Et CERTAINS plus que d'autres , en effet.

Salaires indignes ,oui ,quand vous enseignez à plus de 100KM de chez vous et que vous devez pendant des années faire des "navettes" !

Avec ce luxe de MANGER CHAUD ,et surtout à midi ! encore des profs qui naviguent entre plusieurs établissements distants! ce n'est rien quand il n'y a qu'une de ces conditions mais quand elles se cumulent il faut vraiment aimer ce métier et les élèves et la trans mission et les bons collègues!

Conditions de travail indignes quand ,comme ce fut mon cas une année dans la banlieue de Bordeaux vous enseignez dans un Collège où pas une toilette n'est ouverte aux professeurs : incroyable mais vrai.Cet hiver là j'ai compris mon bonheur quand il fut découvert un sdf mort de froid sous des baches plastiques d'un chantier de rénovation urbaine devant lequel je devais passer pour me rendre au Collège!: n'est ce pas!

Je mangeais froid mais je dormais au chaud!

01/02/2013, 07:40 | Par Gilbert Pouillart en réponse au commentaire de POJ le 31/01/2013 à 14:09

Pas seulement lire ici ; nivre chaque jour, déjà, comporte nien des repères...

31/01/2013, 13:12 | Par claude lelièvre en réponse au commentaire de POJ le 31/01/2013 à 12:28

Le mot de Péguy renvoie d'abord et avant tout à'' l'uniforme'' des normaliens : la redingote de drap noir à palme d'or. La tenue des normaliennes, elle, est calquée sur l'habit religieux : "une robe" noire en cachemire ou croisé de laine unie; jupe uni; corsage uni; un manteau de drap noir fait exactement d'après le modèle de l'école"

31/01/2013, 13:37 | Par POJ en réponse au commentaire de claude lelièvre le 31/01/2013 à 13:12

Merci pour la précision.

Je ne discutais pas sur la couleur de " l'uniforme " ; l'existence duquel témoigne d'une volonté politique d'embrigadement : " Cette tenue (...) faisait toujours sentir (...) que "nous appartenions à un corps, à un ordre" " (le port de ces uniformes ne fut abandonné qu'après la Première guerre mondiale).

C'est sur la propagande transmise à des millions de Français à des fins guerrières - auxquelles renvoie clairement le mot "hussard" - que j'émettais de très sérieuses réserves.

La corruption des esprits qui existe encore chez certains à propos des "boches" permet d'en mesurer la nocuité.

Le fait que les normaliennes soient habillées comme des bonnes soeurs est amusant. Le hussard et la nonne. Des mousquetaires au couvent, en quelque sorte.

31/01/2013, 14:10 | Par Belange

On veut nous faire croire que les professeurs des écoles ne sont pas patriotes qu'ils ne sont plus au service des citoyens , moi je dis que c'est la République qui n'est plus au service des citoyens mais au service du capital . Arrêtons de monter les citoyens contre les enseignants du primaire , tout ça , parce que les enseignants trouvent que la refondation de l'école pose plus de problèmes qu'elle n'en résoud .

21/02/2013, 20:24 | Par cereb en réponse au commentaire de Belange le 31/01/2013 à 14:10

La REFONDATION est nécessaire , quoi qu'il en soit du système dont nous avons hérité

Le 21è siècle aura une école en France , républicaine, digne de ses citoyens ou ne redressera pas le pays : c'est l'ECOLE qui éduque à la citoyenneté .

31/01/2013, 15:31 | Par menane

Le mot "vocation" m'a toujours crispée. Comme le dit POJ, il comprend une connotation religieuse. Ancienne infirmière, ancien cadre infirmier, cet argument, quand je participais à des jurys d'admission en IFSI, me faisait bondir. Faut-il vraiment entendre des voix pour pouvoir et vouloir s'intéresser à une profession, et chercher à l'exercer au mieux?

Vouloir se "dévouer à autrui", "consacrer sa vie aux autres" est à mes yeux pathologique. L'empathie nécessaire à beaucoup de professions n'a rien à voir avec ce sacrifice de sa propre vie. Voir les dégâts provoqués par le célibat des religieux (encore que cette obligation cache une main-mise sur les biens des impétrants!)

Ne demandons pas aux enseignants de sacrifier leur propre vie, leurs propres enfants avec en prime les critiques, voire les agressions, qu'ils subissent. 

 

 

 

 

31/01/2013, 17:21 | Par alphonse76 en réponse au commentaire de menane le 31/01/2013 à 15:31

Ne pas dire je suis enseignant mais je fais enseignant.

Il est vrai que l'on entend souvent pour ce métier : "il est pas fait pour ça", c'est bien simpliste. Les enfants, c'est tellement sacré qu'on doit être dévoué corps et âme. Ceci explique pourquoi la question salariale ne compte guère face à la beauté d'enseigner aux jeunes.

Quoi ? T'aimes pas ce que tu fais ? T'en as marre ? Change de boulot !

N'y aurait-il pas une certaine hypocrisie chez quelques-uns ?

01/02/2013, 07:47 | Par Gilbert Pouillart en réponse au commentaire de menane le 31/01/2013 à 15:31

La dialectique est ici, comme souvent, indispensable . Individuel et social, "de part en part", disait H.Wallon. Se dévouer, mais pas s'oublier ;  savoir qu'on pourra ête plus utile en étant plus fort ; et qu'on peut se faire plaisir à aider, ou à  se faire aider. A condition que ce soit entre personnes qui svent ou sentent qa'elles sont dans le même bateau...

31/01/2013, 16:04 | Par alphonse76

Euh, les instituteurs pouvaient bénéficier d'un logement de fonction. C'était un avantage certain quand on connaît le coût des locations immobilières (équivalent à 2 ou 3 mois de salaire en plus, après déduction fiscale modérée).

Ceux qui n'étaient pas logés recevaient une indemnité s'ajoutant au salaire (insuffisante pour payer un loyer d'ailleurs). Certains toujours instituteurs touchent encore 210 euros (seul) ou 260 euros (couple).

La progression ou le gain n'a pas été si spectaculaire si l'on compare les deux situations. Les instituteurs étaient rémunérés deux ans (Ecole Normale) et bénéficiaient du droit à la retraite à 55 ans après 35 ans et demi d'exercice effectif et 2 ans de formation.

Pour les professeurs des Ecoles, cela a été tout au plus une année de formation rémunérée et sera 40 ou 41 ans à gérer une classe.

L'Etat a créé pour les fonctionnaires une retraite complémentaire (RAFP) qui est abondée par le prélèvement de 5 % des primes auxquels il ajoute lui-même 5 %. Pas mal me direz-vous ... Mais encore faut-il en avoir des primes !

Pour la majorité des professeurs d'Ecole, la prime se résume à l'indemnité de résidence de 1 % du salaire brut soit 25 euros environ. Les enseignants du primaire versent donc en gros 1 ou 2 euros et l'Etat 1 ou 2 euros sur ce fonds chaque mois (4 ou 5 s'il y a un supplément familial de traitement pour enfants). En fin de carrière, pour ceux qui vont partir dans les années qui viennent, cette retraite complémentaire consistera à toucher en une fois 500 ou 550 euros de quoi faire une petite fête avec les collègues. Après, fini !

Il vaut donc mieux être professeurs du secondaire avec une ISOE ou professeur principal ou fonctionnaire des impôts ... Pour eux, il y aura un versement mensuel (pas considérable bien sûr) durant toute la retraite.

31/01/2013, 16:17 | Par cairns en réponse au commentaire de alphonse76 le 31/01/2013 à 16:04

Oui les instits avaient droit à un logement de fonction; aujourd'hui une instit avec un môme a droit à un logement social.

31/01/2013, 18:00 | Par alphonse76 en réponse au commentaire de cairns le 31/01/2013 à 16:17

Il y a effectivement, notamment, les "institutrices" mariées à des cadres supérieurs ou professions libérales supérieures pour qui les revendications salariales sont mesquines et celles qui sont avec un compagnon équivalent ou seule avec enfant(s) et qui peinent dans le gel actuel.

02/02/2013, 10:31 | Par Eric BAUMANN en réponse au commentaire de alphonse76 le 31/01/2013 à 18:00

Voilà, le mot est dit "INSTITUTRICE" et à lui seul seul, il résume une grande partie de la problématique de la profession. Enseignant c'est un métier qui s'est très largement féminisé car sous-payé et surtout dévalorisé (dans un monde géré par l'économie marchande).---> Institutrices mariés à des cadres supérieurs...(dans l'image est-ce encore un métier ?) A quand la parité dans l'éducation aussi, et là je crois qu'on aura fait un grand bond en avant, tant sur le plan de l'image du métier, que sur le plan des priorités (éducatives) et des valeurs de notre Société. Mais pour cela, il faudra vraiment revaloriser cette profession qui en a bien besoin.

31/01/2013, 15:59 | Par ERKA

Les idéaux de la République ne sont-ils pas portés par les citoyens qui la composent. J'ai souvent l'impression que la République est présentée comme une espèce de bulle lointaine, imperméable, inaccessible. Il n'est pas question de monter les uns contre les autres mais nous avons tous croisé des enseignants qui sont des militants de la jeunesse en parralèle de leur métier et d'autres qui font seulement un transfert de savoirs sans avoir à culpabiliser de quoi que ce soit. Chacun sa pédagogie.  L'essentiel de l'article porte sur la rémunération, rappelons-le clairement, ce n'est pas une outrance de réclamer davantage pour faire valoir ses compétences professionnelles mais que l'on ne mélange pas tout. C'est aussi le droit fondamental de chacun de porter une appréciation sur l'enseignement qu'il a reçu ou que ses enfants reçoivent, et sans animosité.

01/02/2013, 08:15 | Par Gilbert Pouillart en réponse au commentaire de ERKA le 31/01/2013 à 15:59

Bien sîr que c'est l'ensemble des comportements qui décide de ce qu'est la République.

Mais il est clair que "militer pour la jeunesse" et "transmettre des savoirs" ne sont pas des "pédagogies" différentes, mais des conceptions différentes de la République...Pour moi, je n'ai jamais enseigné "pour gagner ma vie" (j'aurais pu m faire beaucoup plus de fric autrement), ni  somme "fonctionnaire", mais "au service de mes élèves" (qui le sentaient bien...)

21/02/2013, 20:33 | Par cereb en réponse au commentaire de Gilbert Pouillart le 01/02/2013 à 08:15

En quoi CELA SERAIT CONTRADICTOIRE ?

A moins de faire de l'un ou l'autre pôle d'exigences une exigence absolue:

ce qui n'est alors qu'un choix personnel

Un enseignant correctement payé ne sacrifie plus sa nourriture ,sa santé , exagérément ,trouve mieux l'équilibre , et sert mieux ses élèves s'il a déjà choisi de le faire.

 

31/01/2013, 16:21 | Par cairns

Une indemnité de 100 E, c'est visible, appréciable mais très bête. Les profs des écoles peuvent être significativement augmentés sans recours aux primes ou heures sup (qu'ils n'ont pas). Il suffit d'augmenter significativement le nombre d'avancements au choix, grand choix et hors classe. Ce sont des paramètres sur lesquels la fonction publique sait très bien jouer profession par profession.

Exemple: La grille de salaire des profs du secondaire et du primaire étant la même, comment ce fait-il qu'il y ait foule de profs du secondaire hors classe, alors que ceux du primaire sont une rareté? C'est essentiellement dû à la différence de vitesse à laquelle cette grille commune est parcourue. Le passage à la hors classe est caricatural: statistiquement il faut au plus 14 ans pour qu'un prof du secondaire, devenu éligible à la hors classe (c'est à dire ayant atteint son 7e échelon), soit promu de façon certaine; pour un prof du primaire il faudrait 50 ans. Le taux de promus/promouvables dans le secondaire est 3,5 fois celui du primaire chaque année, ce différentiel est cumulatif et décuplé par la coupure de la retraite. CQFD.

Un rattrapage significatif pourrait être de monter le quota de passages au choix à 100% et de multiplier fortement la fraction de passages à la hors classe. Ce serait tout à fait corporatiste, mais après ça, peut-être que les instits auraient à nouveau envie de discuter pédagogie et rythmes scolaires.

01/02/2013, 08:25 | Par Gilbert Pouillart en réponse au commentaire de cairns le 31/01/2013 à 16:21

Je suis toujours "passé à l'ancienneté" parce que ne demandant pas à'être inspecté, ou renonçant à une augmentation de note au bénéfice de collègues moibilisés pour la guerre d'Algérie, ou refusant d'appliquer des mesures administratives que je jugeais contraires à l'intérêt des élèves, etc...J'ai toujours eu de quoi vivre, et élever mes gosses . Et j'ai toujours pu me faire plaisir avec du bénévolat (patros laîques, colonies de vacances, etc...). J'ai toujours été heureux de pouvoir travailler à quelque chose d'utile.Le "rentable", sans intérêt.. Je ne suis pas un saint, ni un héros, ni même un exemple ; pas du tout.Je n'ai pas "donné ma vie", je l'ai construite de la façpon qui me satisfaisait : j'ai eu beaucoup de chance...

01/02/2013, 11:29 | Par cairns en réponse au commentaire de Gilbert Pouillart le 01/02/2013 à 08:25

Si je comprend bien, vous avez enseigné à une époque où il y avait une profonde aspiration d'une partie de la société à progresser par l'école, où au moins un parti, le PC, était porteur de cette aspiration, et où bien des instits la faisaient vivre. 

31/01/2013, 18:53 | Par élodie gazet

Les enseignants du primaire veulent être pleinement reconnus, non pas comme des « êtres de vocation » prêts à tous les sacrifices, mais comme des professionnels...

et d'autres réflexions sur un certain malaise... là :

http://blogs.mediapart.fr/blog/elodie-gazet/230113/lettre-ouverte-malaise-des-enseignants-du-primaire

31/01/2013, 18:56 | Par JoëlMartin en réponse au commentaire de élodie gazet le 31/01/2013 à 18:53

Je recommande autant le billet d'Elodie Gazet que je recommande ce billet.

31/01/2013, 22:44 | Par gerald rossell

"Hussards noirs" ou "professionnels"?

il n'y aurait pas de la place pour les deux?

01/02/2013, 10:25 | Par JoëlMartin en réponse au commentaire de gerald rossell le 31/01/2013 à 22:44

D'autant que ce sont parfois les mêmes...

01/02/2013, 02:01 | Par seth

Et qu'ont fait les enseignants sous sarko ?

01/02/2013, 07:46 | Par Sebastien Rome

Je vois les choses de manière plus dynamique que Dubet : c'est la perte d'estime pour la vocation, tant pour ceux qui se vouent au métier que la société qui les regardent, qui rend nécessaire la professionnalisation du métier. La professionnalisation est à peine amorcée et, en tout cas, pas pensée de manière collective.

L'école est en retard dans une transformation sociale de fond : la sortie d'une société du sacré et le passage à une société de la science et de la technique.

Je ferai même un pas de plus : le sacré s'est déplacé du religieux à la science. L'école doit donc se placer sous ce nouveau sens du sacré. La Raison n'est pas un mauvais Père (pas plus que l'autre).

 

je propose des pistes ici : Ecole et Médecine 1/2 : le geste professionnel

01/02/2013, 07:49 | Par Gilbert Pouillart en réponse au commentaire de Sebastien Rome le 01/02/2013 à 07:46

Une société de la science et de la technique :inévitable...mais pas au service d'une finance anonyme et qui n'a d'autre "valeur" que l'argent

02/02/2013, 01:16 | Par Sebastien Rome en réponse au commentaire de Gilbert Pouillart le 01/02/2013 à 07:49

bien d'accord mais les dérives sont inévitables...sans résistance, vigilance et lutte au long terme.

01/02/2013, 10:19 | Par alphonse76

Peillon proposerait une prime annuelle de 400 euros aux professeurs des écoles pour les aligner sur leurs collègues du secondaire avec leur ISOE (indemnité de suivi et d'orientation).

Evidemment, il ne s'agit que du tiers de ce que touchent leurs collègues du secondaire puisque l'ISOE est d'environ 1200 euros annuels soit 100 euros chaque mois.

C'est pas terrible surtout quand on pense que les enseignants ont perdu au moins 10 % à échelon constant sur leur salaire depuis 1998 ou 1995 soit 200 ou 250 euros mensuels. Donc Peillon, tes 33 euros mensuels, c'est un peu juste et même méprisant.

01/02/2013, 16:29 | Par cairns en réponse au commentaire de alphonse76 le 01/02/2013 à 10:19

33 euros mensuels: ça paie le surplus de clopes pour l'interminable pause méridienne de la réforme Peillon! Pour comparaison, une journée de carence c'est   - 90 euros bruts environ (le choix étant de perdre 90 euros en se soignant ou d'aller en classe sur les rotules et refiler sa grippe aux bambins). 

01/02/2013, 22:05 | Par alphonse76 en réponse au commentaire de cairns le 01/02/2013 à 16:29

33 euros avant impôts et prélèvements divers soit 25 euros environ. Des cacahuètes il jette Peillon.

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