Fri.
25
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

Refonder l'Ecole à partir du primaire

En cette rentrée, l’école primaire fait l’objet d’une attention toute particulière ; et à juste titre car elle aurait dû être depuis longtemps privilégiée s’il y avait une volonté politique prioritaire que chaque élève réussisse au mieux sa scolarité obligatoire.
Cela n’a pas été le cas, et depuis longtemps. La situation s’est même nettement dégradée à partir notamment de 2008 et de la politique initiée par Xavier Darcos. Les sondages annuels effectués par le CSA à la demande du SNUipp montrent d’ailleurs que cela commence à être clairement perçu par les Français. Alors qu’ils n’étaient en août 2008 que 37% à estimer que « les mesures prises par le gouvernement pour l’école maternelle et élémentaire » allaient « plutôt dans le mauvais sens », ils sont désormais 50% à le penser ( 16% ne se prononçant pas ). Et en août 2011, « la réduction de l’échec scolaire » est jugée comme « allant plutôt dans le mauvais sens » par 61% des Français ainsi que « la formation des enseignants » ( par 59% ).
Et cela ne s’arrange pas en cette rentrée scolaire, bien au contraire. Alors que l’on sait maintenant ( grâce aux comparaisons internationales ) que le taux d’encadrement des élèves de l’enseignement primaire français est nettement inférieur à celui de la moyenne des pays de l’OCDE ( celui des élèves de l’ensemble du secondaire français étant tout juste égal à la moyenne de ces mêmes pays de l’OCDE ), on constate que c’est encore le primaire qui fait surtout les frais de la politique de non remplacement de un sur deux des fonctionnaires partant à la retraite ( politique pourtant clairement rejetée par 82% des Français, selon le sondage du CSA ) : 9000 enseignants en moins dans le primaire, 4800 dans le secondaire ( surtout dans les collèges, car les lycées doivent en principe rester ‘’à moyens constants’’ durant la période de leurs réformes ). C’est surtout l’école obligatoire qui trinque…
Plus significatif encore, cela commence à se savoir que le coût moyen de l’élève du primaire français est actuellement inférieur de 15% à celui de la moyenne des pays de l’OCDE, alors que le coût moyen de l’élève de lycée français est – lui - supérieur de 15% à celui de la moyenne des pays de l’OCDE. Certes les choix budgétaires ne font pas tout, mais ils sont significatifs de toute une politique et ils y participent activement.
In fine, comme l’ont déjà dit les sociologues Christian Baudelot et Roger Establet dès 1989 ( mais c’est plus que jamais d’actualité ) quand cessera–t-on de « compter sur la hausse du plafond pour relever le plancher » ? Et, bien sûr, d’avoir les résultats particulièrement inégalitaires qui vont avec une politique scolaire prioritairement orientée vers un ‘’élitisme dit républicain’’ ( selon les tests internationaux ‘’PISA’’’ la France est parmi les tout premiers pays où les écarts de résultats scolaires des élèves sont le plus fonction de leurs origines socio-culturelles ).
En un mot, il faut « refonder l’Ecole » - comme le dit Martine Aubry – et à partir du primaire. Il faut redresser l’Ecole sur ce qui devrait être sa base fondamentale, sur ses « fondements » : à savoir l’Ecole obligatoire, celle de tous, que l’on doit à tous et à chacun, et privilégier avant tout la maternelle et l’école élémentaire, en particulier la période sensible des apprentissages premiers où beaucoup se joue.
Un certain nombre de mesures qui figurent dans le programme du parti socialiste élaboré sous la houlette de Martine Aubry ( je peux personnellement en témoigner car je l’ai rencontrée alors deux fois pour ce qui concerne le domaine scolaire ) vont tout à fait dans ce sens. On peut en citer quelques extraits significatifs :« Rendre la scolarité obligatoire dès 3 ans ». « L’école primaire, une priorité absolue » […] c’est donc là qu’il faut concentrer les moyens, en particulier sur le premier cycle des apprentissages […] ; cela nécessite un engagement particulier : refonte des programmes et de leurs évaluations, classes à effectifs restreints là où c’est nécessaire, renfort éventuel d’un deuxième professeur dans certaines classes pour personnaliser l’enseignement… ».
La « Lettre aux Français » qui situe les engagements prioritaires de Martine Aubry , va bien sûr tout à fait dans ce sens : « mon plan pour l’école, dit-elle, se concentrera sur les cycles décisifs. J’accorderai une priorité à l’école primaire […]. La lutte contre l’échec au collège mobilisera aussi le gouvernement ». Et c’est d’abord à partir de là ( mais dans un cadre plus global ) , qu’il faut comprendre sa proposition phare, la « refondation » de l’Ecole : « Je souhaite refonder notre système éducatif, aujourd’hui en crise. Je proposerai dès 2012, après un débat national, une loi cadre qui définira les orientations fixées à notre école et le nouveau pacte éducatif entre la nation et l’ensemble des professionnels de l’éducation ».
LE SE-UNSA, l’un des principaux syndicats d’enseignants, se prononce lui aussi pour une « refondation de l’Ecole républicaine » dans sa conférence de presse de rentrée : « il faut tout à la fois faire cesser l’hémorragie des emplois et refonder l’Ecole de la République ».

Tous les commentaires

.

Refonder l'école à partir des profs.

.

Sans les syndicats

.

jpylg

@JEAN_PAUL_YVES_LE_GOFF

Qu'est ce que c'est que cet ostracisme vis à vis du syndicalisme en général ? Un a priori qui ne donne guère envie d'aller lire votre blog, Monsieur !

Si du temps de Mitterand , les syndicats avaient défendu l'ecole au lieude commencer sa casse en acceptant une réforme insidieuse et perverse qui a été le début de ce qui nous arrive aujourd'hui , on pourrait faire confiance aux syndicats et aux Socialistes . pour ma part c'est terminé je n'ai plus confiance d'autre part , l'école obligatoire à 3 ans :et les deux ans, ils disparaissent " effectifs restreints là où c'est nécessaire" : sur quels critères, quelles écoles seront choisies .

" un nouveau pacte éducatif et l'essemble des profesionnels de l' éducation": c'est d'un vague ... : quels professionnels ,comment seront-ils recrutés, par qui seront-ils recrutés, quelle formation ! est-ce que ce seront des emplois précaires etc

Quant au débat national , c'est le piège: on vous consulte et c'est tout . Les politiques prennent seuls les dicisions légitimées par le débat : vieille recette pour faire passer des mesures impopulaires !

Pour ce qui concerne les enfants de deux ans, il est précisé dans le projet du PS que "dès lors que ses parents le souhaitent, tout enfant, à partir de l'âge de deux ans, sera accueilli par le système scolaire de l'école maternelle dans des conditions adaptées à son jeune âge. L'école maternelle sera ainsi un des choix possibles des parents pour l'accueil des enfants entre 2 et 3 ans, en cohérence avec les autres structures, notamment les dispositifs passerelles".

Quant au'' vague'' ( supposé ), il y a déjà des propositions ( certes plus ou moins précises mais bien réelles ) dans le projet du PS. Il suffit d'aller sur son site pour le voir. On ne peut pas tout dire ( ou redire ) à tout moment.

C'est Martine Aubry, qui veut refonder l'Ecole, ou bien c'est tout le PS ? Depuis quelque temps et pour quelque temps encore, Martine Aubry est une candidate parmi d'autres, et n'incarne pas le Parti Socialiste.

Arnaud Montebourg sur son site met gratuitement à disposition son livre sur son projet pour l'école : il suffit de s'informmer avant de'en discuter le contenu Sourire

http://www.desideesetdesreves.fr/content/mon-projet-pour-lecole

 

Je les mets tous dans le même sac effectivement puis qu'ils sont tous au même parti ss'ils étaient honnêtes , ils en partiraient

Qu'elle commence pas refonder le PS.

Si elle y arrive Tranquile alors on lui demandera ce qu'elle propose pour refonder l'école...

 

SEBASTIEN ROME,

Dans votre commentaire, le mot "compromis" sonne comme une défaite. Ah ! la gauche parlementaire... Ah ! la course aux postes...

Il n'y a pas que Martine Aubry qui parle de l'école, notamment primaire. François Bayrou en fait une de ses priorités avec toute une série de propositions dans son dernier livre "2012, état d'urgence". Ici résumé avec extraits sur le chapitre éducation.

Extrait de E-Mag de l'éducation :

Pour François Bayrou, l'éducation est en état d'urgenceFrançois Bayrou, ancien ministre de l'Education (1993–1997), voit la révi­sion du sys­tème éduca­tif comme une "urgence" pour empê­cher l'"effondrement" de la France. Dans son livre 2012. Etat d'urgence, le pré­sident du MoDem déplore que les ensei­gnants soient "trai­tés de fai­néants, d'absentéistes, d'incompétents". Il vou­drait une "étude sys­té­ma­tique du tra­vail accom­pli par les ensei­gnants qui obtiennent les meilleurs résul­tats", pour par­ta­ger avec les autres "leur démarche péda­go­gique". Il per­çoit par ailleurs la réforme de la mas­te­ri­sa­tion comme "un leurre", visant non pas "à amé­lio­rer le niveau des can­di­dats au concours, mais à sup­pri­mer le concours".

Au niveau des pro­grammes, François Bayrou envi­sage un retour aux fon­da­men­taux. Pour lui, "tous les moyens intel­lec­tuels de l'école doivent être diri­gés vers ce but sim­plis­sime : garan­tir la lec­ture, l'écriture et le cal­cul men­tal à 100 % des élèves au moment de l'entrée en sixième". Il sou­hai­te­rait égale­ment que les pro­grammes offi­ciels soient "arrê­tés après un débat au Parlement", pour obli­ger "les rédac­teurs à ne rien écrire de jargonneux".

 

 

 

C'est un point sur lequel Bayrou se distingue de Aubry.

Là où Aubry dit "priorité à la primaire","priorité à l'école", elle ne fait que répèter ce qu'a dit Bayrou en 2007 et qu'il dit encore.

 

Mais les méthodes affichés sont différentes. Aubry ne précise pas le comment, alors que Bayrou affiche clairement sa volonté de placer les enseignants à l'origine des décisions de changements. Sans le dire, il donne à penser qu'il souhaiterait presque court-circuiter les syndicats (impression personnelle).

Et j'en suis assez d'accord. Ce qu'il faut c'est accorder aux profs, réunis en consultations locales, les moyens de dire ce qu'ils croient mieux pour l'Ecole, et de suivre leurs recommandations.

C'est la proposition de Bayrou, il a déjà pratiqué cette méthode et s'était bien gardé, respectueusement, de s'approprier les idées sorties du terrain comme étant les siennes (Ce que certaine candidate de gauche comme SR pratique sans vergogne tous les jours).

 

Tout comme un commentateur plus haut, je trouve que la machine syndicale est un peu trop bien rôdée pour accompagner de vrais changements. Les syndicats ont passé ces 25 dernières années à lutter puis perdre sur les conditions de travail des enseignants tout en laissant leurs salaires stagner à des niveaux honteux. Je ne parlerai même pas des élections truquées à la tête de ces syndicats, SNES en tête.

 

Bien sûr il sortirait de ces consultations que l'histoire de l'art en primaire ou en collège est un gadget secondaire, que la réduction des heures de français et de math est absurde, qu'un projet éducatif "vivre ensemble" de danse moderne ne doit pas représenter 1 journée entière par semaine sur toute une année de primaire (mon gamin a fait ça en CE1 et il n'aime toujours pas danser !).

 

J'en profite pour alerter ceux qui iront jusqu'au bout de mon commentaire qu'une réforme scandaleuse se met actuellement en place :

Tout comme la réforme de la lecture, il y a 20 (méthode globale catastrophique pour l'orthographe), on est en train de piloter une évolution dangereuse de l'enseignement des maths.

Pour résumer : depuis toujours les français sont bons en théorique, en manipulation algébrique, en démonstrations. Désormais on sacrifie la démonstration, les calculs laborieux mais formateurs, au profit de l'étude des probabilités et des statistiques. A l'américaine quoi ! L'important n'étant plus de connaître ses fondamentaux de math, mais de voir en quoi les math font marcher l'économie !

Exemple pour les anciens matheux :

Dès cette rentrée en 1ère science, les élèves seront éventuellement dispensés de connaître les formules de dérivation et devront être initiés à l'utilisation de lociciels qui feront les calculs à leur place. Je vous raconte pas la joie des profs de math de 50 ans dont les méthodes sont au point pour apprendre à faire des dérivées à la main, mais qui sont moins à l'aise que leurs élèves pour utiliser un ordi sous windows 98....

 

Référence : Voir en page 3/7 le BO du 30/09/2010

http://media.education.gouv.fr/file/special_9/21/1/mathsS_155211.pdf

"On évite tout excès de technicité dans les calculs de dérivation. Si nécessaire, dans le cadre de la résolution de problèmes, le calcul de la dérivée d’une fonction est facilité par l’utilisation d’un logiciel de calcul formel. "

 

Ces décisions sont prises de manière occulte, malgré la désapprobation de la plupart des enseignants, et sans bien sûr que les parents connaissent les tenants et aboutissants de ces politiques.

 

@ philip
"connaître les formules de dérivation". Est-ce si important? Quel plaisir de les apprendre? A quoi ça sert si on les trouve sur Internet? Qui les utilise? Peut-on vivre sans? Quel sens? N'y a-t-il pas d'autres domaines plus riches de sens à faire découvrir à nos jeunes?
Quant à l'enseignant qui se retrouve dépassé, désolé mais personne ne lui interdit de s'informer et d'évoluer. S'il a le souci de faire progresser ses élèves, il le fera naturellement.
Comment voulez-vous redonner le sourire à nos élèves si ça ne fait pas sens pour eux? Après, on dira qu'ils ne sont pas motivés...
Cordialement.

C'est un vieux débat qui s'est posé pour le primaire en 2002 et que je croyais résolu puisque déjà avait été démontré qu'il ne fallait pas opposer sens et mécanisme des opérations de manière unilatérale car dans les algorithmes des opérations, les étapes sont basées sur le sens des opérations et inversement la définition de l'opération permet de comprendre des problèmes et de leur donner du sens.

Pour ceux qui ne lisent que le français, on se contentera des démonstrations puissantes de Delord dans : Débat sur l’enseignement primaire. Ce ne doit être qu’un début ... ; c'est long mais si on n'en pense pas par ce genre de textes démonstratif, on en reste à de fausses oppositions (par exemple, apprendre par coeur/savoir par coeur ; mécanisme/compréhension) ...

et le débat pédago/antipédago risque de durer longtemps, en masquant les problématiques plus constructives et en permettant ainsi à ceux qui veulent marchandiser l'école de faire leur travail en toute quiétude.

Que, la baisse du niveau et des connaissances aidant, on veuille faire de même pour le lycée, n'est donc pas étonnnant pour qqun qui se serait farci le style collant et empâté de l'ami Delord.

Dans le même ordre d'idées, on pourrait aussi demander à quoi sert d'apprendre les 4 opérations simples ? Si une calculatrice peut servir à trouver le résultat, il faut privilégier le sens de l'opération et la compréhension des opérations.

Apprend-on seulement les opérations pour trouver le résultat ?



@ Spinoza1670
Sauf qu'on n'utilise pas tous les jours les formules de dérivation! Par contre, si on veut faire l'économie de l'apprentissage des opérations, il est préférable de se greffer une calculatrice! D'ailleurs, est-il possile de se servir d'une calculatrice lorsqu'on est incapable de faire une opération? Quid de la fiabilité des résultats? Et le travail sur l'abstraction? La mobilité de la pensée en lien avec la manipulation des nombres? L'entraînement à la mémorisation?...
Sympa les parties de Molkky avec une calculette...

@Roussard : On trouve tout sur Internet. A quoi bon enseigner quoi que ce soit? Quel sens peut-on trouver à une formule sortie du néant, sans aucune compréhension. Est-ce si important? Tu fais comme Sarkozy! les formules de bon sens. Est-ce si important? Oui, parce qu'un élève qui ne sait pas et ne connait pas  le calcul basique passe un temps énorme à faire des calculs au lieu de réfléchir à une problématique. Pour faire des maths à un niveau intéressant et plaisant, il faut un seuil de connaissances. Supprimer les connaissances sous prétexte qu'une TI 89 ou une NSPIRE peut le faire ne me parait pas du bon sens.

Accessoirement les machines ne donnent pas toujours les résultats attendus et aps sous la forme souhaitée pour la suite du problème. Essaye de dériver x ->(exp(x)+exp(-x)) avec une TI 89 ou n'importe quelle calculatrice qui fait du calcul formel, tu m'en diras des nouvelles!

@ Philippe WAESELYNCK
Tiens, vous voilà vous! Je constate que vous n'avez toujours pas digéré mes commentaires sur votre blog... Y aurait-il de la rancune? Difficile d'admettre que vous n'avez pas toujours raison...
Vous pratiquez la veille informatique, ce qui vous permet de scruter mes posts depuis que je suis abonné (ça fait quand même 7 mois que j'ai écrit ce post!!!)... Ecrire que je fais comme Sarkosy, c'est facile. En tout cas, par ce comportement, vous n'avez rien à lui envier! Pour m'interdire de répondre sur votre blog, vous avez bloqué les commentaires... Ca en dit long sur votre capacité à dialoguer...
Mais vous n'êtes pas à une incohérence près:
Vous êtes dans l'enseignement privé catholique et vous êtes délégué syndical académique à la CGT, syndicat dont l'objectif n°1 (article 9 de ses statuts ) est la disparition de l'enseignement privé!!!!
"Essaye de dériver x ->(exp(x)+exp(-x)) avec une TI 89 ou n'importe quelle calculatrice qui fait du calcul formel, tu m'en diras des nouvelles!" Ca, je m'en bats les cacahuètes. Par contre, je sais utiliser les fonctions les plus simples. Quand on parle de l'évolution des effectifs dans le secondaire sur la période 2000-2010, je ne fais pas une bourde de 140 000 élèves, moi!!!!! Je ne confonds pas non plus primaire et premier degré!!!
Heureusement que vous êtes là, au service de ces pauvres profs qui sans vous, n'auraient pas de lumière dans leurs chiottes... C'est votre principale raison d'exister. Au fait, vous ne nous avez toujours pas dit combien vous "pesiez"?... Ca ne doit pas être mirobolant!
Pendant ce temps, 150 000 élèves sortent du système sans diplôme...

Très juste propos.

Mais que dire de l'image que le pouvoir de droite a systématiquement cherché à donner de l'EN et des enseignants.

J'ai beaucoup travaillé avec des enseignants (primaire et collège) et certains de leurs parents d'élève. J'affirme que pour nombre d'entre eux, l'école et/ou l'enseignant était le bouc émissaire, de toutes les difficultés de leurs enfants... Voire des "quartiers" !

Dans les partis de droite, vous mettez le PS aussi, j'espère ? Cresson, Allègre, Strauss-Kahn, pour ne citer qu'eux...

Pour Cresson, voir Le Cartable de Big Brother.

Pour Allègre, voir le texte peu connu Allègre et le mouvement lycéen.

Pour Strauss-Kahn, ...

 

ALAIN ROUSSARD,

On peut imaginer une discussion (une construction) politique sans "personnage" parlementaire. C'est même un préalable : Dans une discussion politique, jamais aucun parlementaire (à quatre moteurs).

La situation ne s'est pas dégradée en 2008 ; elle s'est dégradée bien avant, à la fin des années 60. Allez lire (ou relire) si nécessaire "La destruction de l'enseignement élémentaire et ses penseurs" de Liliane Lurçat.

 

Par ailleurs, je ne crois pas qu'il faille compter sur les socialo pour refonder l'école, qu'ils ont largement contribué à laminer. Lire sur ce point, le texte de Jacques Muglioni "La gauche et l'école", dont voici un extrait :

http://www.sauv.net/muglioni.htm

J'ai lu sur le site et c'est une multitude de lieux communs .

Le premier lieu commun consiste à parler d'une école hors société et cette école n'a jamais existé: l'école est normative de fait et répond à la fonction du politique qui la met en place ; ce qui comme il s'agit d'un but politique , peut entraîner un décallage entre la " mission "annoncée et la fonction voulue .

Elle n'a pas eu un but d'excellence parce qu'elle travaille sur le groupe , donc sur la moyenne et non sur l'excellence :les premiers sont les premiers parmi les moyens et non une garantie d'excellence et ce depuis toujours .

Déjà Montaigne parlait du latin qu'il avait désappris au collège ,du fait du groupe :seul un enseignement individualisé produit de l'excellence ou un enseignement réduit et donné aux seuls excellents !

Un nombre impressionnant de penseurs, philosophes, scientifiques n'ont jamais été de "bons élèves " parce cela suppose justement un intégration de la moyenne dont ils ne font pas partie .

Les fonctions de l'école ont été toujours en rapport avec le pouvoir politique afin de fournir un "encadrement" de la société , en mettant en parallèle l'évolution d'instruction avec celui de la hiérarchie encadrante , et ce depuis que l'église en a eu le monopole et quand elle l'a perdu aussi .

Napoléon voulait des cadres pour les castes nouvelles qu'il créait dans un rapport hiérarchique :formé dans une école militaire lui-même et se distinguant par son mérite , même si par ailleurs son propre frère ne s'était pas distingué : le mérite lui semblait un moyen de combattre cce que lui-même avait pu constater une faiblesse éducative dans un univers trop héréditaire .

Le combat entre l'école catholique et l'école du diable a entraîné un prosélytisme qui a plus au moins profité à l'ensemble de la population pour des raisons politiques : du coup se sont retrouvés à l'école des classes sociales qui auparavant n'y étaient pas .

Lire le livre la guerre des boutons de Louis Pergaud, lui-même ancien instituteur dans le monde rural, et publié en 1912 .

Il est édifiant pour bien des raisons : l'école n'est pas hors société puisqu'elle prend en compte le comment la société rurale fonctionne et ses besoins ; maintenant elle est plus un argument politique qu'une finalité; les enfants ne l'investissent pas et si il existe un clivage c'est celui du monde rural et de l'instituteur urbain qui ne parle pas la même langue, et n'ont pas de références communes :la conscience civique est en germe mais pas de masse , si ce n'est dans le rapport patriotique (guerres) .

Le langage très cru des enfants est celui de la campagne dont je peux témoigner qu'il était celui des campagnes bretonnes pour ceux et celles né(e)s en 1912 dans leur langue , même si quand ils s'exprimaient en français , ces mots crus et imagés n'étaient pas employés en français parce que le français de l'école était une langue officielle et d'autorité .

On trouve aussi dans ce livre des expressions paysannes renvoyant au monde rural et un rapport au monde très sexué .

Le personnage principal "le Brac" est le chef parce qu'il a une stature de chef : pouvoir de décision, capacité de rebondir face aux circonstances, valeurs de courage, idée morale supérieure de l'honneur , bienveillance, générosité : il n'est ni meilleur ni pire à l'école dont tout le monde se fiche parce que personne ne voit ce qu'elle peut apporter, y compris chez le meilleur élève .

Ils sont tous pauvres , mais il y a des misérables dont on prend compte de leur désir de dignité républicaine ..

Ce que l'école permet et leur semble inestimable , c'est le chemin des écoliers : un espace /temps qui leur est propre en dehors des contraintes, donc un espace de jeu entre pairs , donc un espace protégé d'enfance nouveau , qu'ils investissent .

Prenez maintenant le film fait dans les années 60 ! et les licences qu'il a prises, mettant en scène les valeurs de cette époque .

L'instituteur est une figure centrale représentant une autorité supérieure bienveillante parce que comprenant les situations et l'origine de ses élèves et de leurs parents , mais lui appartient à un monde plus élevé , proche du sacerdoce puisque le film se termine sur le fait que bien qu'important il est fort mal payé.

Il s'agit de sortir de la ruralité : le langage des enfants est montré comme "infantile" même si il est grossier , et le petit Gibus est rajouté pour accuenter cela avec ses fautes de français.

Le Brac est le prototype du "pré-délinquant" au grand coeur certes, mais qu'il faut remettre dans le droit chemin quitte à le séparer de son milieu, qui en fait une "victime" puisqu'il est plus maltraité que les autres : cette stigmatisation sociale et familiale totalement absente du livre est la base de "la mission laique " que va se donner l'école dans la continuité de la moralité des églises catholiques, l'autre est bien de moderniser une société rurale qui n'est plus que la caricature de ce qu'elle était , sans une véritable langue ancrée dans son quotidien, une mission de modernité et de citoyenneté ici bien mise en avant par le premier de la classe , technocrate avant l'heure du groupe .

On est dans la France de la reconstruction qui aura besoin de plus de matière grise qu'auparavant , de plus d'encadrement surtout à un niveau scientifique et technologique .

L'élite auparavant privilégiait l'art du discours pour son encadrement , une capacité à imposer son autorité par le discours en s'appuyant sur des arguments d'autorité que sont les citations et aussi par sa maîtrise de la langue officielle face au peuple .

Les scientifiques etc étaient de petits notables mais pas l'élite .

Or la restructuration du système de santé, les progrès technologiques nécessitaient une masse importante de personnes en capacité de suivre ce type d'études - un peu comme la Chine actuellement - donc le curseur de sélection s'est déplacé là où on en avait besoin .

Et l'éducation nationale a bien fonctionné : de plus l'avantage des matières scientifiques comme sélection, c'est qu'elles diminuent l'impact du "bagage culturel" qui faisait force loi auparavant permettant un recrutement plus large et dans la redistribution hiérarchique aussi : que se soit en médecine, ou en usine .

Mais voilà ce nombre impressionnant qui a été nécessaire ne l'est plus du tout : le patronnat s'est satisfait ces dernières années d'un enseignement français très autoritariste qui formait sur de longues années des personnels obéissants .

De nombreux articles en parlait de cette jeunesse déclassée au niveau du recrutement , vivant dans l'espoir que leurs efforts seraient récompensées, d'un bon niveau , bien plus intéressante que le lumpen prolétariat mis de côté de suite dans le système , y compris scolaire .

Mais voilà d'une part, elle l'intéresse beaucoup moins et les cohortes suivantes voient mal l'intérêt d'un bac ou plus pour se retrouver à l'usine , dans un statut parfois inférieur à celui de leurs parents .

Il faut donc replacer le curseur : ainsi apparaissent des doubles cursus de plus en plus prisés en prépa - lettres/sciences, et c'est bien de nouveau l'héritage culturel qui est à l'origine de la sélection .

Par contre on redéfinit la "mission" de l'école pour les 40 % d'élèves qui n'ont pas à faire d'études puisque la société n'a plus besoin que de 60% environ de cadres supérieurs : le socle commun, un minimal qui entraînera obligatoirement l'ensemble vers le bas mais qui enrobe en ajoutant de nouvelles fonctions bien plus importantes : comportement , citoyenneté etc ..

Il s'agit bien de trier le bon grain de l'ivraie : donc l'école est et sera toujours dans la société et non hors société .

On peut idéaliser, sacraliser ce que l'on veut , elle est en adéquation avec les volontés politiques ,complètement en adéquation avec les lois économiques , socialos ou droite jusqu'à présent .

Eric Orsenna sacralisait le niveau de langue des diplomates avant-guerre , à l'image de plus grandes compétences : rien n'est plus vrai quand on voit les accords de Munich , un bel exemple de com-pétence grâce à l'emploi du sujonctif sans doute !

 

A propos de Guerre des Boutons, il sera intéressant de voir quelle relecture en a été faite dans chacun des deux films (apparemment très différents quoi que sur la même trame originale) qui sortent cette rentrée.

@JEAN-YVES DEGOS

Vous avez raison de vous référer à Liliane Lurçat.

Mais trouverez-vous seulement 10 professeurs des écoles en France ayant seulement entendu son nom ?

Et je vous garantis en plus que sur ces dix là , 6 au moins vous répondront "une vieille baderne".....comme les ZAZZO, Jacques BEAUVAIS, WALLON et bien d'autres encore.

Ainsi va la vie moderne où l'on veut construire le nouveau sans s'appuyer sur la sagesse des anciens, pourtant, en ce qui concerne Liliane Lurçat, des pédagogues et chercheurs de grande qualité

M. Lelièvre, Vous laissez entendre que Mme Aubry est la seule à vouloir refonder l'école et lui apportez votre soutien. Vous semblez oublier que Mme Royal a exactement la même démarche, et depuis bien plus longtemps que Mme Aubry...

Sauf que Mme Royal veut réformer l'Ecole comme un loup dans une bergerie.

Rappelez vous son comportement de dénigrement des enseignants au premier problème rencontré lorsqu'elle était au ministère de l'Education. Elle avait vite soutenu les parents d'élèves contre un prof qui s'était avéré finalement hors de cause.

Ségolène et les profs n'ont pas les mêmes valeurs.

C'est peut-être un peu vite dit.

Cher Claude Lelièvre, je partage votre avis en ce qui concerne Martine Aubry, qui ne parle pas pour ne rien dire, mais croit à ce qu'elle dit, et prend enfin l'éducation très au sérieux. Oui une refondation de l'école est aujourd'hui une véritable urgence, et je lis vos billets avec d'autant plus d'intérêt.

MMe Royal a fait dans sa région des expériences de scolarisation dés deux ans dans des cr^ches "école" oû les petis apprenent souvent une autre langue parlée anglais ou autres, et, par le jeu à commencer à écrire à la main et à l'odinateur ! cela marche, et les enfants passés par là, quelques dizaines mais les faits sont là, n'ont plus besoin de faire un CP ! Ils maitrisent l'oral à l'entrée , deux deux langues et commencent l'écrit.. Les sciences et les maths sont abordés par les expéreinces pratiques très simple de chimie et de physique, c'est assez fomidavle de voir un bout de chou de 3 ans vous dire, qu'elle heure il est et c'est la terre qui tourne autour du soleil qui est une étoile, pas une planète !!!

Attention cependant à ne pas écrire trop tôt et surtout sans un guidage de main essentiel à une bonne tenue des doigts. Car il est de plus en plus fréquent de constater que nos chères têtes blondes pratiquent la tenue de leur premier outil d'écriture comme les singes à qui l'on donne une feuille et un feutre...

Oui, mais justement en pleine période mimétisme les "bours de choux" sont bluffants ,surtout bluffants ..

Apprendre deux langues tôt peut aussi être un atout si on pense à intégrer les langues maternelles , car elles favorisent l'apprentissage alors que souvent les ignorer provoquent des blocages : ce qui avait été démontré comme une des causes de l'échec scolaire en monde rural du fait du patois , mais ce que les Finlandais ont aussi mis en pratique .

De même que "le jeu " est la meilleure forme d'apprentissage jusqu'à 10 ans environ , mais cela suppose des structures plus souples et peu chargées afin que l'on ne soit pas dans le "dressage".

"De même que "le jeu " est la meilleure forme d'apprentissage jusqu'à 10 ans environ , "

 

Quelle affirmation pseudo-scientifique !!!!! C'est peut-être là l'une des origines du massacre organisé des élèves !

Cher Claude Lelièvre,

 

Je lis toujours avec intérêt vos billets. Et celui-ci pose bien le problème de la refondation de l'ensemble de notre système éducatif, en partant de sa base, l'école primaire - c'est à dire lécole maternelle et l'école élémentaire.

Il y est question d'un grand débat national. Il y a longtemps qu'un tel débat est demandé par certains d'entre nous. Mais qui l'organisera ? Le Ministère ? on a bien vu comment le dernier en date (en fait, le seul) a été escamoté d'abord, dévié ensuite.

Avec les syndicats, oui, mais à la condition qu'ils acceptent de sortir de leurs sempiternelles luttes internes, rivalités mesquines et calculatrices, et qu'ils acceptent d'aborder les problèmes de fond qui ne se réduisent pas à des questions de moyens (même si ceux-ci doivent être pris en compte, mais ni d'un point de vue comptable, ni d'un point de vue étroitement syndical )

En fait, un vrai débat démocratique devrait se prolonger sur une ou même plusieurs années, tant les problèmes à traiter sont nombreux et complexes (au sens que donne Edgar Morin à ce mot).

Il s'agit d'une question éminemment politique : en ce sens, les politiques devront y prende leur part, mais pas les politiciens. Et c'est un autre écueil à éviter (ce sera difficile) : ne pas laisser le débat glisser dans les calculs électoralistes (cela concerne d'ailleurs aussi les syndicats ).

Politique, la refondation de l'Ecole (du système éducatif dans son ensemble, y compris ce qui fut, jadis, l'éducation populaire - revoir le chapitre du plan Langevin Wallon à ce sujet - qui devrait maintenant être revivifiée pour s'intégrer dans une vision d'éducation permanente comme l'Ecole, d'ailleurs : je rappelle que jean Macé a créé la Ligue de l'enseignement dans ce sens, avant les lois Ferry), je disais donc que la refondation de l'Ecole devra commencer par une réflexion approfondie sur les finalités de l'éducation - en prenant en compte la polycrise de nos sociétés - ce qui impose de multiples prises de conscience, mais aussi l'impérieuse nécessité de faire émerger une vraie démocratie (et de sortir des oligarchies actuelles) c'est à dire de former des démocrates engagés - donc de permettre à chaque citoyen de disposer d'une information complète et honnête (la désinformation a été une des armes du gouvernement actuel pour démolir l'école et tous les services publics). Cela demandera des préparations auxquelles on ne pourra échapper, des remises à plat,etc. Je suis toujours frappés par l'ignorance abyssale de nos contemporains - enseignants inclus -de l'hitoire de l'école. Vous devez aussi en être conscient.

Les finalités de l'éducation ayant été définie, il faudra redéfinir les objectifs (atteignables - donc prendre en compte à la fois la connaissance des différents âges des "s'éduquants", les expériences pédagigiques accumulées depuis un siècle au moins - qui permettent de mieux éclairer les possibles - et de ne pas en rester à des clichés ancrés dans les mentalités mais aussi nocifs.

Ce qui amènera à redéfinir quelques grandes périodes :

- de la naissance - voir avant, dans la mesure où se posent de plus en plus des questions sociales avec le nombre croissant de mères élevant seules leur(s) enfant(s). jusque vers 3 ou 4 ans. Je renvoie là aux projets de Hubert Montagner sur les maisons familiales et les crèches-écoles - présentés dans son ouvrage l'rbre enfant - mais aussi sur le site http://assoreveil.org

- l'école maternelle pour laquelle il faudra remonter à ses sources et la sortir de sa primarisation décidée pour des raisons inavouables mais qu'il faudrait faire connaître.

- l'école élémentaire qu'il faudra sans doute repenser en deux cycles de trois ans (en moyenne)

- l'école moyenne (sortir du petit lycée actuel ) qui devra voir sa spécificité bien affirmée

- le cycle vraiment secondaire - en redéfinissant le baccalauréat qui n'a plus de sens tel qu'il existe aujourd'hui (là aussi, il faudra remonter aux sources pour éclairer l'état présent)

- et sans doute poursuivre sur l'enseignement post-secondaire dans toutes ses dimensions, y compris l'éducation dite populaire permanente.

Alors et alors seulement, il faudra en déduire les moyens nécessaires pour espérer atteindre les objectis posés.

Vaste programme, aurait dit MONGENERAL !

Mais l'escamoter ne fera que faire perdre toute chance de faire émerger cette société française, européenne et finalement mondialisée - qui seule permettra d'espérer échapper à - non pas une apocalypse/révélation - mais à une apocalypse de violences destructrices auxquelles personne n'échappera, mais que les plus fragiles seront les premiers à subir.

J'ai été un peu long - et pourtant je n'ai faitqu'effleurer le thème de la refondation de l'Ecole.

Avec mon admiration aussi respectueuse qu'amicale,

Georges HERVE

réseau REVEIL

 

@Georges HERVE

"Avec les syndicats, oui, mais à la condition qu'ils acceptent de sortir de leurs sempiternelles luttes internes, rivalités mesquines et calculatrices, et qu'ils acceptent d'aborder les problèmes de fond qui ne se réduisent pas à des questions de moyens"

Je ne sais pas d'où vous sortez de telles inexactitudes dans votre haine antisyndicale ! N'avez-vous jamais lu , à l'issue de n'importe quel de leurs congrès, la richesse de leur "motion pédagogique" ? Vous seriez surpris de voir que les idées "modernes "figurant dans les commentaires ci-dessus, sont inscrites parfois depuis fort longtemps dans ces motions. il est vrai que les médias n'en parlent jamais.

Je crains donc qu'en la matière, vous ne soyiez qu'un pur produit des médias...

L' école maternelle est essentielle car c'est le début de la socialisation. Les enfants vivent avec d'autres enfants qui ne sont pas de la famille ou de son voisinage. L' enfant apprend à différer ses désirs, ses envies, il apprend à patienter. N'est-ce pas utile dans les apprentissages d'avoir de la patience et de persévérer? Cela va à l' encontre du tout, tout de suite! De bons apprentissages à la maternelle, c'est un tremplin pour les enfants de conditions modestes culturellement (langage, activité manuelles, jeux, contacts avec les livres, etc...).

Je trouve regrettable que les marelles soient déjà dessinées dans les cours de récréation. Le fait de dessiner des marelles pour jouer, aidait les enfants à intérioriser certaines bases bien utiles: droite, carré, angle, chiffre, etc... tout un vocabulaire et des notions que les enfants retrouvent en géométrie. Les adultes oublient qu'un enfants ne sait pas qu' il apprend, il joue. Petit à petit il est capable de transférer ses acquis d'un domaine dans un autre "sans explication".Encore faut-il lui donner les moyens et le temps de faire des expériences et de s' approprier ses nouvelles connaissances.

Certes mais déjà dans sa terminologie , elle est suspecte .

Vous avez raison sur l'idée de socialisation et de jeu mais pourquoi par classe d'âge justement et non pas en les mélangeant ,ce qui à ce stade permettrait d'une part une réelle socialisation mais aussi des apprentissages provenant de plus anciens ?

Le jeu , vous parlez de la marelle, dans l'espace est aussi un moyen de développer des compétences en psychomotricité beaucoup plus intéressantes qu'en les limitant trop à un espace classe , mais devrait pouvoir se vivre en extérieur /intérieur plus libre .

Par contre, je crois que "l'école" est tout sauf un bon moyen de former à l'apprentissage en maternelle, certes il satisfait et satisfaisait pour les raisons que vous évoquez mais il met trop jeune en situation d'échec et de contraintes , ce qui ensuite entraîne une régression .Que l'on constate dans notre société par le peu de capacité à se sentir à égalité et l'acceptation d'une autorité supérieure partout et surtout en politique : nous avons un sens civique peu développé ; nous râlons certes beaucoup, mais maintenons au pouvoir des êtres qui ont démontré qu'ils étaient parfaitement "inciviques" .

Il serait préférable de favoriser le jeu autonome avec un encadrement spécialisé dans la petite enfance et des intervenants qui favorisent le langage, l'expression etc .. ce qui revient à votre "il ne sait pas, il joue" , mais librement il développe des capacités bien supérieures dans le jeu et intègre son intégrité justement .

Ma soeur vit en Allemagne où il n'y a pas de structures scolaires pour la petite enfance , mais mon neveu à 2 ans a réclamé d'aller au Kindergarten pour être avec d'autres enfants : j'ai pu constaster qu'il s'est socialisé très vite sans contrainte comme les autres enfants ,dont les éducateurs veillaient à ce qu'ils se positionnent dans le groupe en fonction aussi de leur caractère : 30 enfants de 2 à 6 ans avec 7 éducateurs !Ce kindergarten suivait une pédagogie dont j'ai oublié le nom, mais je le retrouverai .

Maintenant à l'école française , son potentiel physique est au dessus des élèves sans exigence de sa part : il devient avec facilité le meilleur ,même si par ailleurs les cours lui semblent bien trop directifs , et nourris de la "frustration" de ses enseignants , comme il le dit .

L'école française lui apparaît aussi comme "desocialisante" en ce qu'elle stigmatise trop ceux en difficulté et il vit très mal cette "mise au banc" de certains de ses pairs .Il ne s'était pas construit dans un rapport hiérachique mais dans un "être ensemble" selon affinité et sans stigmatisation de la part des adultes encadrant .

Or il doute de ces adultes actuellement mais ces années de la petite enfance sont un acquis étonnant en terme d'intégrité , de pensée , de réflexion qu'il a intégrés sans "le savoir" mais en le vivant et qui lui donne une capacité d'analyse que je constate souvent bien au dessus de sa classe d'âge française.

Par ailleurs il dispose d'une enseignement billingue mais s'étonne de ce que certains enseignants français parlent moins bien allemand que lui et là cela rejoint un constat personnel : au départ l'exigence dans le recrutement sur ce qui est essentiel et former ensuite sur ce qui est le plus facile à intégrer.

Exemple : la maîtrise au départ linguistique réelle , quitte à former pour la pédagogie et ensuite le contenu , surtout pour les petites classes .

Plus on avance en âge , plus les connaissances théoriques sont le contenu de l'enseignement mais au départ je les verrai plutôt comme pratiques.

Des artistes formés à l'enfance , plus que des "matheux" qui forment à l'art etc ..

 

@ n le brun

Je suis tout à fait d'accord avec vous. Je ne suis pas dans l' enseignement mais j' ai eu l' occasion de faire" L' Heure du conte" qui se passait dans une bibliothèque. Nous recevions des enfants entre 18 mois et 12 ans frères et soeurs. Cette Heure du conte venait en amont de l' école maternelle et en complément de l' école maternelle et primaire pour permettre aux enfants de se familiariser doucement à la langue et aux diverses activités de l' école maternelle dont le contact avec l' écrit. Nous prenions le temps d'expliquer le rôle de l' école et des enseignants, nous voulions aussi leur transmettre le plaisir de lire pour leur satisfaction personnelle.

Au fil des ans nous avons constaté que ces enfants allaient au CP bien préparés et bien que d'origine étrangère en ayant des parents qui ne parlaient pas français, ces enfants ne redoublaient aucune classe au moins jusqu' au CM2.

Je pense que pour combattre les difficultés scolaires, (pour un enfant c'est toujours une souffrance), il faut s'en occuper dès le plus jeune âge et y impliquer les parents d'une façon ou d'une autre.

 

 

Les moyens c'est important, les programmes c'est encore plus important


Claude Lelièvre vient de publier sur son blog Refonder l'école à partir du primaire en réponse certainement à l'article de Fanny Capel paru la semaine dernière : "Malaise dans l'école : la bataille du primaire".

Je regrette que le débat porte plus sur les moyens (postes, méthodes pédagogiques) que sur les programmes d'enseignement qui sont pourtant le squelette du tout système scolaire car ils guident tous les aspects de l'enseignement : apprentissage, enseignement, progression de classe en classe, formation des enseignants, rédaction de manuels, plans de leçons.

 

Afin de mettre en évidence cet aspect primordial, je me contenterai pour l'instant de commenter succinctement les premières lignes de l'article de M. Lelièvre :

 

"En cette rentrée, l’école primaire fait l’objet d’une attention toute particulière "

Mais le collège n'est pas en reste : l'article de Casali sur les programmes d'histoire au collège sur le Figaro a déjà recueilli plus de 900 commentaires à l'heure où j'écris ! Il est vrai que l'enseignement de l'histoire dépasse le cadre de l'école pour toucher aux liens entre enseignement et politique, mais tout de même...

 

" et à juste titre car elle aurait dû être depuis longtemps privilégiée s’il y avait une volonté politique prioritaire que chaque élève réussisse au mieux sa scolarité obligatoire."

"depuis longtemps" : c'est trop flou. Tout le monde peut donc accepter cette proposition car on peut mettre la date que l'on veut derrière le "depuis".

 

Effectivement, le maillon faible, c'est l'école primaire (= maternelle + élémentaire), pour ce qui concerne strictement la mission de l'école, instruire.

Car, évidemment, il y a encore d'autres causes qui sont moins du ressort de l'école elle-même : fatigue, tv lobotomie, manque de soutien à la maison, encadrement périscolaire (garderie, cantine, devoirs surveillés) parfois inadéquat.

Le problème, c'est qu'avec le socle commun, il semble que les compétences à acquérir auparavant en fin d'école primaire soient devenues celles à acquérir en fin de collège. Le problème, ce sont les programmes d'enseignement, et l'amélioration relative en termes de contenus et de structuration d'apprentissage des programmes 2008 pour le primaire est sabordé par l'utilisation en parallèle du socle commun qui nous fait retomber dans le bas niveau des programmes 2002.

"Ce qui importe est le programme : on ne récolte que ce que l'on a semé [Au plus, bien sûr. MD]. Une des plus importantes découvertes faites à partir de l'étude du TIMMS [Third International Mathematics and Science Study] est que la différence des résultats suivant les pays dépend de ce qui est enseigné dans chaque pays. En d'autres termes, les variables démographiques ou autres ne sont pas à l'origine et ne changent pas de beaucoup le niveau d'instruction obtenu. On constate que c'est l'enseignement lui-même qui fait la différence. Plus précisément, on observe que ce sont les programmes eux-mêmes – ce qui est enseigné – qui fait la différence."

A lire :

- Critique des Programmes 2002 (les pires programmes jamais connus ?)

- Critique des programmes 2008

 

L'essentiel consiste donc à restaurer des programmes cohérents, de qualité, en commençant par le primaire, - ce qu'est en train de faire le GRIP ou ce qu'a fait Lou Delap pour l'école Hattemer en français et maths

- car ce sont en fait les programmes et les progressions qui sont le système circulatoire de tout le système scolaire.

 

Si donc Martine Aubry et Claude Lelièvre veulent refonder l'école primaire, il faut qu'ils détaillent aux citoyens français quel programme d'enseignement (curriculum) ils veulent mettre en place pour l'école primaire et pour le collège afin que tous les citoyens français puissent juger sur pièces avant l'élection.

Quel est leur programme de français (lecture, écriture, grammaire, rédaction, langage oral), d'arithmétique (compter, calculer, résoudre des problèmes, mesures, géométrie, d'histoire, de géographie, de "sciences", etc. ?

Quelle est leur position sur le redoublement ?

Quelle est leur position sur le système des cycles ?

Quelle est leur position sur le socle commun ?

Quelle est leur évaluation de l'évaluation ? Le niveau baisse ou le niveau monte ? Dans quelle mesure ?

 

Quand on sait la désinformation qui a eu lieu pour le Grand Débat sur l'école de 2003, ce serait la moindre des choses pour un parti qui se veut démocratique de ne pas rester dans le flou des annonces qui peuvent cacher tout et n'importe quoi. Il faut des analyses et des projets précis, sur lesquels les électeurs pouront se prononcer en toute connaissance de cause.

Mais la même chose vaut pour tous les autres partis.

http://blogs.mediapart.fr/blog/spinoza1670/310811/les-moyens-cest-important-les-programmes-cest-encore-plus-important

@ Spinoza 1670
Vous nous soumettez des idées intéressantes. Elles sont respectables parce qu'elles sont argumentées. Elles invitent à débattre. Et comme personne ne détient la vérité...
En ce qui concerne les programmes, contrairement à vous, je trouve qu'ils devraient être secondaires. Le programme a le dos large: c'est à cause de lui qu'on est obligé d'aller vite (et les élèves en difficulté?). Il est responsable de la pression qu'on met sur l'école (les parents sont souvent là pour nous le rappeler). Du désamour pour l'école. Je ne supporte plus le "On a vu ça". Je préfère "On a acquis ça". Les programmes doivent être au service du sens donné aux apprentissages.
Je suis instit en CM1-CM2. J'ai prévu d'utiliser le mondial de rugby (9 sept - 23 octobre) comme support jusqu'à la Toussaint. Chaque élève devra choisir un pays, en devenir le supporter et en faire un exposé. En cherchant bien, toutes les disciplines peuvent y passer: instruction civique (hymne, drapeau, devise), géographie (situation), histoire (Japon en 44, l'apatheid en Afrique du Sud...), dictées, lectures, vocabulaire en lien avec le rugby, maths (points, km2, surface du terrain), raconter un match et rugby en sport évidemment, comment consulter les résultats sur Internet?, etc.
Le but de l'école est de comprendre le monde dans lequel on vit. Se servir des événements est une grande richesse puisqu'on part des centres d'intérêt des élèves, à leur rythme. Aurai-je alors respecté le programme? En tout cas, l'enseignant que je suis prend son pied à fonctionner ainsi.
Les programmes ne doivent servir que de guide aux apprentissages. D'abord, je mets au défit quiconque de pouvoir les respecter entièrement. Ils ne font pas tout: ils ne permettent pas d'apprendre à apprendre une poésie, les tables, un résumé de sciences. Ils n'expliquent pas comment aider les enfants.
Cordialement

De mon point de vue, les méthodes d'enseignement doivent être au service des contenus à enseigner, contenus que le programme devra donner de la manière la plus claire, précise, cohérente possible. A chaque enseignant de choisir la méthode qui lui convient le mieux : pédagogie explicite, Freinet, Montessori, PMEV, etc. mais pour les contenus d'enseignement, il est absolument nécessaire que l'élève les ait vus tous et les maîtrisent à peu près à 80 % pour passer à l'étape suivante.

Ls programmes servent de guide directeur des contenus à apprendre, et plus il est dirigiste, plus il est précis, plus il est cohérent et progressif, plus il est interdisciplinaire au sens où les connaissances acquises en français avancent de front avec celles devant être abordées dans les autres matières, mieux c'est.

Si chaque enseignant choisit ce qu'il va enseigner, et non seulement comment il va l'enseigner, alors la conséquence inévitable est que tous les élèves n'auront pas acquis la même chose. Si, de plus, l'impasse a été faite sur des savoirs et compétences fondamentales dont la maîtrise est nécessaire pour comprendre les savoirs ultérieurs, les inégalités se creusent et ceux qui risquent le plus d'en partir sont ceux dont les parents n'auront pas pu les aider à rattraper ce qui n'a pas été vu en classe.

Après c'est à l'enseignant justement de permettre d'apprendre à apprendre une poésie, etc.

L'enseignant est un guide aux apprentissages, le programme, lui, doit donner ce qu'il faut apprendre.

Des inégalités se creusent entre pays, villes ou écoles suivant le programme suivi. L'enseignant ne fait pas tout.

Un bon enseignant qui sait faire apprendre les élèves ne pourra pas tout résoudre s'il suit des programmes indigents ou incohérents au niveau des contenus à enseigner. Et ce schéma se répète de classe en classe, d'où au fur et à mesure de l'avancée en âge des élèves, des inégalités de plus en plus criantes.

 

 

 

@ Spinoza1670
"Si chaque enseignant choisit ce qu'il va enseigner, et non seulement comment il va l'enseigner, alors la conséquence inévitable est que tous les élèves n'auront pas acquis la même chose."
Il ne me semble pas avoir dit que chacun pouvait faire ce qu'il voulait. La liberté pédagogique en revanche nous donne carte blanche sur la façon d'aborder les apprentissages. Je vous invite à lire ou à relire les programmes de l'école primaire. Vos propos me laissent à penser que ceux-ci sont précis et élaborés en chapitres qu'il ne faut pas rater. Voir ceux du cycle III (programmes sur 3 ans, voire 4, faut-il le rappeler) ci-après:
http://www.education.gouv.fr/bo/2008/hs3/programme_CE2_CM1_CM2.htm
Voyez par exemple en géographie:
"La fréquetation régulière du globe, de cartes, de paysages est nécessaire."
Il y a 2 grandes façons d'aborder ce thème:
- Soit on met en place des moments pour le travailler (mais où est le sens?);
- Soit on utilise un support comme je le propose (coupe du monde de rugby).
Il faut faire en sorte que les élèves posent le moins possible la question: "A quoi ça sert?". Ce qui fait sens se mémorise plus facilement. Evidemment, les élèves studieux n'ont pas besoin de ces chemins de traverse. Mais la vraie question est de savoir pour qui nous sommes là en priorité.
J'accorde beaucoup d'importance à 2 paramètres:
- Que maîtrisent mes élèves?
- Que dit le socle commun.
A partir de ces 2 critères, le programme s'affiche dans ses grandes lignes presque tout seul.
On peut toujours critiquer les programmes mais dans l'ensemble, je les trouve relativement cohérents dès lors qu'on ne les subit pas et qu'on prend du recul. Ainsi, en conjugaison, 9 verbes irréguliers sont à apprendre: aller, dire, faire, prendre... ce sont ceux qu'on utilise le plus souvent. Si tel élève ne sait pas lire, alors son programme tournera essentiellement autour de ses lacunes. Complètement inutile dans ce cas d'étudier le passé antérieur par exemple.
Les programmes doivent être au service des élèves et non l'inverse.
Lorsqu'un élève en fin de CM2 est capable de comprendre l'essentiel du texte qu'il lit, de mémoriser une poésie, les tables, un résumé de science, de maîtriser les principales règles d'orthographe, d'écrire un texte compris de tous, d'effecter les 4 opérations et de faire preuve d'autonomie, l'objectif est atteint... même s'il ne connaît pas la règle de 3! Les voilà les bases!Il a beaucoup d'atout pour voyager. Peu de ces compétences reposent sur les connaissances. D'ailleurs, ce qu'on apprend à l'école est dérisoire paraît-il.
Il faut respecter un minimum le programme, je vous l'accorde: on a connu une période où l'expression activités d'éveil à la place de géo, histoire, sciences... dans les programme a fait quelques ravages. Ainsi, l'enseignant qui ne se sentait pas à l'aise en histoire par exemple pouvait quasiment s'en dispenser...

Je n'ai pas trop le temps de répondre sur tout votre message, mais j'aimerais préciser un point qui a été mal compris. Je ne défends pas les programmes 2008 de manière absolue, seulement de manière relative. Ils me semblent en effet bien meilleurs que ceux de 2002. Il y a pour l'instant deux questions : les programmes sont-ils la chose la plus importante ? Qu'est-ce qu'un bon programme ?

"Vos propos me laissent à penser que [les programmes de l'école primaire 2008] sont précis et élaborés en chapitres qu'il ne faut pas rater."

Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Je reformule légèrement mes propos pour qu'ils soient plus explicites :

De mon point de vue, les méthodes d'enseignement doivent être au service des contenus (=savoirs, connaissances, compétences à apprendre pour l'élève età enseigner pour le maître, contenus que le bon programme tel que j'en ai l'idée devra exposer de la manière la plus claire, précise, cohérente possible.

A chaque enseignant de choisir la méthode qui lui convient le mieux pour que les élèves construisent le mieux ces savoirs (= liberté pédagogique) : pédagogie explicite, Freinet, Montessori, PMEV, etc. ; mais pour les contenus d'enseignement, il est absolument nécessaire que l'élève les ait vus tous et les maîtrisent à peu près à 80 % pour passer à l'étape suivante (pas 80 % d'une classe d'âge, mais chaque élève doit avoir 80 % de réussite à une évaluation).

Ls programmes doivent servir de guide directeur des contenus à apprendre, car plus ils sont dirigistes, précis, cohérents et progressifs sur les contenus (pas sur les méthodes), interdisciplinaire (au sens où par exemple les connaissances acquises en français avancent de front avec celles devant être abordées dans les autres matières), mieux c'est pour la structuration des connaissances et donc pour le progrès de tous les élèves (et pas que d'une élite).

 

Oui, c'est complètement dramatique. Merci de le dire avec force.

MARIELLE BILLY,

Le Ministre de la Destruction Nationale, lorsque nous serons en démocratie, aura des comptes à rendre. En attendant... n'attendons pas ! Faisons de la politique. Non à la déploration, non à la dénonciation, non à l'indignation, non à la résignation, oui à l'action politique.

Oui, chacun peut agir. Que me proposez-vous ?

Personnellement, là où je travaille, je m'oppose à toute participation à l'évaluation du Livret de compétences (entre autres propositions d'actions). Je vise à démêler le notion de "compétences" de celle d'évaluation, je l'explique aux parents,à mes collègues, à mes élèves.

 

Derrière les effets d'annonce habituels du type "priorité à la lecture !", "Retour aux leçons de morale", "la leçon de chose sans la corruption du gender"... il y a des réalités budgétaires inquiétantes.

Ce qui m'inquiète le plus - et je vous trouve, cher Claude Lelièvre, un peu trop optimiste quant à la prise de conscience des Français - c'est la portée d'une petite phrase de Chatel sur les esprits peu éclairés qui sont aussi fort nombreux (un échec de l'école ?). Se vanter de mettre en place de coûteux "plans sécurité" rapporte plus de suffrages que de rechercher les meilleures conditions d'apprentissage pour tous les élèves.

Annoncer à grand renfort de médias alzheimer (qui ont oublié que la même annonce avait été faite l'année précédente, tout comme il y a deux ans, etc.) que la priorité ira à la lecture, au calcul, à la sacro-sainte dictée ou au retour à la morale, voilà qui plaît beaucoup à des myriades de gens qui n'ont plus aucun contact direct ou indirect avec l'école. Ajoutons que cela ne coûte rien...

Abrutir l'électorat potentiel de statistiques creuses, de chiffres ronflants qui déguisent des résultats souffreteux, c'est là la triste et sordide comptabilité des démagogues qui nous gouvernent aujourd'hui.

Je voudrais vous croire et penser que Martine Aubry aura mieux à proposer... Bah ! Dans le pire des cas, il y aura au moins une légère embellie... car on ne peut pas faire pire que depuis 2007...

Ancienne institutrice, je suis pour ce que vous appelez "la sacro-sainte dictée", mais à condition de savoir dire un texte, et non le dicter tel un automate. Tant que les Maîtres raconteront (des histoires), il n'y aura pas de progrès à l'école. C'est savoir, non plus raconter, mais dire, qui peut faire que l'enfant va entendre la langue française et prendre pied dans le réel.

La refondation de l'école doit passer par l'apprentissage de la lecture par les Maîtres.

Je n'ai rien contre l'exercice que constitue la dictée, exercice qui peut être fort utile pédagogiquement. L'expression "la sacro-sainte dictée" renvoie à l'idée à mon sens grotesque qu'il suffit de faire faire des dictées à nos enfants pour qu'ils deviennent de parfaits élèves... Combien de nos ministres, déjà, n'ont usé de cette corde sensible pour remporter des suffrages si faciles à glâner ? Prôner le retour à la dictée ou à l'apprentissage "par coeur" permet de prendre la pose du ministre de l'ordre, du retour aux "vrais valeurs", etc. Pour beaucoup de parents (par ailleurs incompétents en matière de pédagogie), le fait qu'un enseignant pratique la dictée à haute dose atteste de sa qualité. C'est un peu court, non ?

Oui, tout à fait d'accord avec vous. En effet, cette expression "sacro-sainte dictée" renvoie au retour de "la morale" que prône maintenant Luc Chatel...

Sur la dictée, quelques références ici : "La dictée".

MITHRA-NOMADEBLUES,

"Les Maîtres" dont vous parlez sont-ils des maîtres ignorants ?

Il faut avant tout reformer le syndicalisme en France...et l'adapter a 2012 et aux realites de notre ere.

Faire de la reforme l'enseignement une prioritee pour notre pays est plus que necessaire. Depuis plusieurs decennies, l'incapacite de surpasser les barrieres syndicales ou autres interets particuliers a fait un nombre considerables de victimes parmis nos cheres tetes blondes.

 

chaudement recommandé ; ce billet peut effectivement servir de base pour une réflexion d'ensemble pour une reconstruction et une refondation d'un système scolaire que l'on veut soumettre aux exigences du marché. A condition de dépasser ces crispations exaspérantes qui font de chaque discussion sérieuse un réglement de comptes entre chapelles

Quelle femme, quel homme politique aura le courage d'aborder l'Ecole autrement que par sa face la plus aisée, la plus consensuelle: son organisation.

Il existe la "face nord", celle dont Martine Aubry (qui va maintenir les enseignants plus longtemps sur leur lieu de travail... Ce que j'approuve! Oui, car pour favoriser le travail en équipe comme elle le souhaite,avec raison mais comme TOUS les candidat à la primaire PS, il FAUDRA que les équipes, notammenet en collège et lycée, restent en dehors de leurs heures de cours, les emplois du temsp des enseignants étant tous différents. A moins qu'elle ne veuille pas le faire et qu'elle laisse la liberté aux enseignants... Là je crains le pire) ne parle pas: c'est à dire les CONTENUS de notre école avec ses quatre questions:

Apprendre quoi? Comment? Pourquoi? Où?

Car apprendre encore et toujours les mêmes choses, de la même manière à des élèves qui n'en peuvent plus de programmes obsolètes et débilitants, (beaucoup d'enseignants n'en peuvent plus non plus), dans des séquences de 55 minutes découpées en tranches absurdes, sera l'obstacle majeur à l'efficacité de toutes les réformes, qu'elles viennent d'Aubry, de Royal ou du Pape!

Amitiés sincères cher Claude Lelièvre!

Chris, je suis d'accord avec cette idée de repenser le temps de présence au travail des enseignants, mais dans les faits cela se fait déjà : le temps de présence a fortement augmenté. Le problème majeur, selon mon expérience, c'est que tout cela se fait sans se demander ce qu'on fait de tout ce temps passé, que, la plupart du temps, personne n'est formé à l'animation des groupes (un des mille aspects du problème), du coup, tout le monde s'épuise et se décourage de tout ce temps passé à l'école, qui ne débouche pas sur grand chose.

De mon point de vue, ce qui manque : une pensée en actes de ce qu'est la transmission*, la relation maître-élève, le lien avec les parents qui eux, expriment souvent de façon brute les angoisses héritées de la société qui les enserre, et qu'il faut à la fois rassurer et bousculer ....

* ceci supposant d'envisager les contenus, la manière de les enseigner, la posture de l'enseignant, la visée de l'éducation ...bref, un chantier énorme et passionnant.

Je rajoute qu'en France, on est pieds et poings liés par l'idée de classement, de notation, par l'esprit "concours", et ceci dépasse largement la question politique actuelle, c'est très culturel, comme on dit.

.

Jean-Louis Legalery a été assez sympa pour me rappeler de parler d'un livre qui traite de la question de la scientificité de l'enseignement du fait religieux à l'école laïque, autrement la façon dont la laïcité est bafouée dans l'école républicaine.

.

Je connais suffisamment l'auteur pour recommander ce livre chaleureusement. Claude Lelièvre pourrait le signaler à Martine Aubry.

.

Mais, Jean-Claude Michéa, c'est vraiment autre chose. Je le dis très sincèrement.

.

Voir :

.

http://blogs.mediapart.fr/blog/claude-lelievre/240811/leducation-un-theme-prioritaire

.

jpylg

" Il faut redresser l’Ecole sur ce qui devrait être sa base fondamentale, sur ses « fondements » : à savoir l’Ecole obligatoire, celle de tous, que l’on doit à tous et à chacun, et privilégier avant tout la maternelle et l’école élémentaire, en particulier la période sensible des apprentissages premiers où beaucoup se joue."

C'est exactement ce que propose Arnaud Montebourg dans son livre programme disponnible gratuitement depuis hier sur son site internet : lien.

.

Et Eva Joly, elle propose quoi ?

.

jpylg

Cher Claude Lelièvre. Les grands mots me font toujours un peu mal à l'oreille. Pourtant le mot de refondation n'est pas de trop et le primaire est évidemment déterminant de tout le rapport futur à l'école, à la connaissance, à l'activité intellectuelle.

Plusieurs points me paraissent fondamentaux : le recrutement d'enseignants qui ont réellement envie d'être enseignants (on fait tout aujourd'hui pour dégoûter de la profession), les conditions de cohérence des équipes pédagogiques, la prise en compte dans les programmes de tous les élèves et non des constructions théoriques à partir, en partant à l'envers, des grandes écoles... bref, le retour à l'idée d'un service public.

Nous sommes vraiment en phase, cher Serge Koulberg

.

Probablement pour la raison indiquée par 16h04, cher monsieur Lelièvre.

.

jpylg

.

Commentaire de 12h08 :

.

Qui oserait être contre ce catalogue de bons principes ? On peut seulement regretter qu'il en manque pas mal: préparer la jeunesse à jouer son rôle dans une démocratie véritablement participative... etc.

.

jpylg

.

Abandonnant le mode ironique pour lequel, probablement, je ne suis pas très doué, je me permettrai de dire que l'avenir de l'école est un sujet trop sérieux pour l'abandonner à la bienpensance de gauche et à la propagande électoraliste.

.

L'école est le modèle réduit de la société. Tous les maux dont souffre aujourd'hui la société française se manifestent d'une manière ou d'une autre à l'école.Ils ne prennent peut-être pas naissance à l'école, mais ils se manifestent pour la première fois à l'école.

.

La première question est de savoir, me semble-t-il, comment on a pu en arriver à un tel degré de dégradation. Ce qui me semble primordial, c'est un état des lieux, avec des recherches d'explication ? Comment une telle démission généralisée a-t-elle pu s'instaurer ?

.

Les catalogues de bons principes vont, à mon avis, dans le sens de l'empirement.

.

jpylg

JEAN-PAUL-YVES-LE-GOFF,

Spécialiste de l'Empirement.

Complètement d'accord . Le mot REFONDATION me semble à la hauteur des besoins .

.

Moi, s'il n'y avait qu'un mot, je préconiserais AUTHENTICITE.

.

On la cherche, à gauche.

.

jpylg

a Alain roussard;

J'ai fait la même chose en 99 avec des CM1 et ça reste un très bon souvenir pédagogique. En plus j'avais fait une correspondance avec un joueur(Chistophe Lamaison) la demi-finale contre les all-blacks particulièrement réussie par l'équipe et par ce joueur m'avait aussi bien servi. Désolé de ne pas avoir fait avancer le débat c'était juste en passant. Le gvnt actuel a quand même diminué de 3 heures semaine (2 en globalisant mais quand m^me) la durée hebdo d'enseignement et puis je souffre dans mon métier de cette recherche de performance immédiate avec laquelle on ne permet pas aux élèves de (se)construire.

.

C'est un peu mou, la discussion sur ce fil.

.

Quand on sait l'importance de ce sujet et que, d'autre part, le public du "club" est un public de militants, dont pas mal d'enseignants, on s'étonne.

.

jpylg

Une petite citation :
"La question, explicite ou non, posée par l'étudiant professionnaliste, par l'Etat ou par l'institution d'enseignement supérieur n'est plus : est-ce vrai ? mais : à quoi ça sert ? Dans le contexte de mercantilisation du savoir cette dernière question signifie le plus souvent : est-ce vendable ?"

JF Lyotard, La condition post-moderne, Editions de Minuit (1979), p. 84

 

Est-ce que le PS, qui est censé être un parti de gauche veut une instruction d'excellence pour tous les enfants ou pense-t-il que pour certains, il n'y en a pas besoin ?

edit : Je poserais la même question à un autre parti si j'étais sur un autre blog. Je ne souhaite pas faire porter le blâme seulement sur le PS.

.

Complément à la question de 19h22 :

.

Est-ce que le PS, au cas où il remporterait les élections, que ce soit sous la houlette de Martine Aubry ou de quiconque d'autre, aurait le moindre pouvoir sur l'état des choses à l'Education nationale ?

.

jpylg

Que de grands pédagogues en herbe dans les commentaires ci-dessus :

Vraiment, la Gauche ne manquera pas de candidats au poste de Ministre de l'Education Nationale ou à des fonctions plus subalternes d'Inspecteur Général de l'Education Nationale !!!

Je proposerai d'aillers l'abandon des mots "Education Nationale" par la création du grand "Ministère du jeu enfantin..."

Refonder l'Ecole de la République, je veux bien. Mais à mon avis ce ne sont, comme on dit, que des paroles verbales. L'Ecole ne peut être Républicaine que si on cesse de détruire la République.

Les communes en viennent à recruter des instituteurs comme elles recrutent des médecins. L'Etat se désengage de plus en plus de l'Education comme de la Santé et de tous ses devoirs républicains.

Refonder et restaurer la République, voilà l'objectif prioritaire et urgent. Si le PS veut le faire, qu'il le dise clairement comme le dit haut et fort le Front de Gauche. Tout le reste n'est que replatrage et poudre aux yeux.

Pour refonder l'Ecole Publique il faut refonder la République. C'est le travail de la Gauche qui est elle même à refonder autour d'un programme clairement progressiste et républicain. C'est urgent.

 

.

"L'Ecole ne peut être Républicaine que si on cesse de détruire la République. (...) Pour refonder l'Ecole Publique il faut refonder la République. C'est le travail de la Gauche "

.

Tout le problème est défini dans cette intervention de Gérard Penit. J'y aurais volontiers souscrit, n'eût été le dernier paragraphe.

.

Je crois comme lui que "refonder l'école" n'a de sens que si l'on refonde la République. Mais contrairement à lui, je pense que la gauche mitterrandienne a très largement contribué à détruire le peu de démocratie qui pouvait exister dans la République.

.

Que, par conséquent, la Gauche mitterrandienne, même si elle se rebaptise elle-même "Génération Changement" est particulièrement mal placée pour refonder la république, et donc mal placée pour refonder l'école.

.

jpylg

D'accord : gouvernants (tous partis confondus), syndicats (soucieux de plus ou moins de cogestion et d'influence), parents ( aux exigences contradictoires), enseignants (aux multiples "chapelles" pédagogiques voire pédagogistes) ... tous plus ou moins responsables depuis 20 ans dans une société qui bouge. Vrai, mais on fait quoi ? On se lance des anathèmes ? Stérile... Il est évident qu'il faut refonder et seuls des politiques peuvent en avoir la volonté, il faudra du temps et de la confiance, qui fait défaut actuellement. Que les forces de gauche proposent toutes de commencer par le retour d'une vraie formation des enseignants (la droite ayant choisi une autre voie), c'est la base : des centres de formation théorique et pratique sur au moins deux ans avec des modes de recrutement à définir. Avec des enseignants bien formés, gageons que toutes les adaptations deviendraient possibles.

Un exemple pour illustrer le défaut de formation : enseignant retraité du primaire j'ai dans ma famille proche 3 profs d'école formés dans 3 IUFM différents. Aucun, je dis bien aucun, n'a reçu un enseignement théorique exhaustif sur les méthodes d'apprentissage de lecture (syllabique, globale, naturelle...et autres), aucun n'avait les outils pour apprendre à lire aux CP (notamment la connaissance des séquences nécessaires d'analyse et synthèse...) Mon épouse et moi nous nous en sommes chargés ...

Quel parti s'engage dans un plan de formation des enseignants dans des centres spécialisés ? (Qui pourraient accessoirement redonner un esprit de corps qui apparaît utile quand les conditions sont difficiles...)

Certes, l’accès massif d’enfants de pauvres à l’enseignement secondaire pose des problèmes nouveaux, tout simplement parce qu’il est tendantiellement plus difficile à un enfant de pauvres de s’approprier une culture scolaire ou classique qui lui est largement étrangère, c’est une question de distance. Ce constat est trivial, il ne mérite même pas une page de journal. Etait-il nécessaire de convoquer toute la science sociologique pour mesurer ce que chacun savait déjà ? Cette obsession de la mesure objectivante est, elle aussi, connue. Cela dit, par exemple, les rapports que les jeunes entretiennent avec la mort, avec le (son) désir... ne sont pas pas moins fait d’inquiétude chez les pauvres que chez les riches. Simplement, il est autrement difficile d’enseigner un savoir scolaire à un enfant de pauvres, parce qu’il doit tout apprendre, même ce que les autres savent déjà. A résultats égaux, sa performance est donc plus remarquable. Enseigner est alors une question de temps et de patience ; Kant faisait déjà cette remarque que „La lenteur n’est pas un défaut de l’entendement.“ Cependant, les échecs scolaires ne commencent pas à l’entrée au lycée mais dès les premières classes de l’école primaire, lors des apprentissages de la lecture, de l’écriture et des opérations arithmétiques élémentaires. On peut constater après-coup que les conditions à partir desquelles il est possible de recevoir un enseignement, notamment celle, contraignante de rester assis, n’ont pas été imposées dans les classes primaires. Ces échecs conduisent à d’autres échecs massifs cumulés au collège d’abord, puis au lycée. Aujourd’hui, l’école échoue là où elle avait remporté des succès. Qui peut sérieusement prétendre qu’il est si difficile à un enfant de pauvres de savoir lire, de savoir l’orthographe ou la grammaire élémentaires après cinq années passées à l’école primaire pour cette raison qu’il est enfant de pauvres ? Pourquoi un si grand nombre d’enfants entrant en sixième ne savent-ils pas encore lire ? Peut-être leur a-t-on appris à ne pas savoir lire ? Comment se fait-il que de si nombreux élèves de terminale ne puissent pas construire par écrit ou oralement une phrase simple et encore moins l’articuler logiquement avec une seconde ? On ne peut s’empêcher de poser la question : „Et si l’école avait pour objectif de fabriquer des ignorants“[2] ? Il faut dépasser le niveau de l’analyse sociologique et poser la question des finalités de l’école. Pour quoi les enfants de pauvres devraient-ils, ou non, savoir lire et écrire ?

Mais il y a plus. Ce à quoi nous sommes confrontés aujourd’hui, ce n’est pas à une difficulté d’enseigner, mais bien à une impossibilité, impossibilité produite non par l’arrivée de nouveaux publics scolaires affectés de sortes de débilités, mais par les dernières réformes imposées par les derniers ministres de l’Education nationale. Il est impossible d’enseigner lorsque l’enseignement est vidé de son sens et de sa substance. Ainsi, par exemple, la massification est devenue le prétexte d‘allègements des programmes conduits au nom de la simplification pédagogique, mais ceux-ci ont des conséquences catastrophiques parce que les nouveaux programmes procèdent à des segmentations de savoirs qui brisent leurs fonctions structurantes et détruisent leurs contenus signifiants. N’introduisant pas de sens dans les apprentissages, ils ne peuvent pas être mémorisés. Des classes élémentaires jusqu’à la classe terminale, le psychisme de millions d’élèves reste comme une tabula rasa. En même temps, l’ensemble du procès d’apprentissage mis en place par des technocrates, vérouille de fait toute possibilité d’apprendre : tout y est pensé à partir de contrôles venant en lieu et place des exercices ; d’objectifs, venant en lieu et place des finalités... Il n’y a aucune ouverture là-dedans, aucun vertige, aucune humanité, on réalise ainsi un dressage, mais pas un apprentissage. Ces allègements de programmes sont déjà largement responsables des désastres psychiques dont des millions d’élèves sont les victimes innocentes. La lecture d’Homère est sans doute trop difficile pour les pauvres. Rendons aux pauvres la lecture plus facile en supprimant la lecture des classiques, l’orthographe, la grammaire, l’algèbre..., ainsi fonctionne la politique de la gauche plurielle. Mais comment peut-on espérer que des élèves puissent apprendre quelque chose lorsqu’on leur sert une espèce de bouillie indigeste encore nommée programme d’enseignement ? Il n’est pas très difficile de constater que cette théorie de la massification produit elle même l’effet qu’elle prétend déceler comme cause pour le combattre.

Remarques sur la "massification de l'enseignement"

Newsletter
Je m'identifie