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1009 amendements perdus sous les caméras de Paris
Lundi soir, vers 23h00, le conseil de Paris a entériné (de façon provisoire ?) le projet d'implantation de 1009 caméras de vidéo surveillance à Paris. Jusqu'au bout, les 9 éluEs vertEs (1) se seront battus contre ce recul des libertés publiques.
Non pas que nous pensions que la majorité municipale soit liberticide. Mais par ce projet, confirmé la semaine passée par le sinistre Hortefeux, force est de constater que la municipalité parisienne donne des moyens supplémentaires, à un gouvernement que tous les partis de gauche jugent liberticide, pour mener sa politique.
Et qu'on ne nous dise pas que 1000 caméras de plus ou de moins ne changent rien ! Sinon, pourquoi une telle débauche d'énergie, une telle alliance contre nature pour les imposer.
Qu'on ne nous dise pas non plus que les libertés publiques sont ad vitam aeternam garanties par la loi ou par la charte éthique adoptée avec la mise en place des caméras. Certes, nous préférons, tant qu'à faire, qu'il y ait une charte éthique, même s'il faut bien constater que nos 9 amendements visant à préciser les principes bien flous qu'elle contient ont été systématiquement rejetés, sans même que le Préfet de Police ou les tenants de cette politique prennent même la peine d'y répondre.
Mais surtout, que pèsent cette charte éthique ou même la loi, face à un gouvernement qui foule au pied le droit - tous les partis de gauche ont dénoncé le renvoi en pays de guerre de 3 réfugiés afghans pour ne prendre qu'un exemple - et qui modifie les lois pour les rendre toujours plus liberticides à chaque fait divers – ce que tous les partis de gauche ont dénoncé à chaque fois, et maintenant les projets concernant les mariages "gris", etc.
Comment peut-on, comme l'a fait Martine Aubry, demander le dimanche la régularisation des sans-papiers et voter le lundi la mise en place de caméras de vidéosurveillance qui, sans aucun doute, seront utilisées pour les pourchasser et les arrêter. Et qu'on ne nous dise pas que c'est impossible ! Le développement des logiciels de reconnaissance faciale automatique qui se développent au sein même de l'Union Européenne, à Amsterdam, ne s'arrêteront pas plus aux frontières que le nuage de Tchernobyl.
Quand il m'a répondu, le Préfet de Police s'est d'ailleurs bien gardé d'apporter la moindre réponse à ce sujet, se contentant de dire que les fonctionnaires ne sont pas liberticides, et que même aux pires heures de l'Histoire française certains avaient sauvé l'honneur. C'est juste, et d'ailleurs notre crainte ne porte pas tant sur les fonctionnaires que sur les politiques démagogues qui les dirigent.
Il suffisait d'entendre certains discours UMP hier soir en séance pour avoir froid dans le dos. Un certain Bournazel, il y a quelques mois, pour faire parler de lui n’hésitait pas à proposer une alliance Verts – UMP. Au vu de son discours d’hier, il aurait plus sa place dans une alliance FN – UMP !
Mais si j'avais pu répondre au Préfet de Police, je lui aurais volontiers indiqué que le fait qu’il y ait des fonctionnaires attachés aux libertés publiques est un bien faible soulagement pour ceux qui sont victimes de leurs violations. Pour reprendre la référence aux heures les plus sombres – que nous nous sommes gardés pour notre part d’utiliser, tant chaque fois que nous le faisons nous sommes suspectés de dangereux amalgame ; mais là c’est le Préfet qui le premier y fait référence – l’existence de nombreux Jean Moulin dans l’administration fut d’un bien faible soulagement pour les raflés du Vel d’Hiv. Certes, Besson et Hortefeux ne sont pas Laval, mais c’est dès que les instruments potentiellement liberticides sont mis en place qu’il faut s’opposer, pas seulement quand la dérive est irrémédiablement enclenchée.
Ce débat fut aussi l’occasion de pour moi de faire une mise au point suite aux rumeurs et attaques personnelles dont j’ai fait l’objet concernant les caméras dans les transports collectifs et les couloirs de bus. Chaque fois que des dossiers de financement de caméras de vidéo surveillance ont été présentés au CA du STIF lors du mandat précédant, je m’y suis opposé. Et je n’étais d’ailleurs pas seul : les autres élus Verts, mais aussi certains socialistes et communistes s’y opposaient. Et, malgré une rumeur persistante probablement mal informée, je n’ai pas non plus proposé qu’on implante des caméras dans les couloirs de bus : j’avais demandé d’étudier l’implantation de radars – et nous Verts assumons que les radars améliorent la sécurité routière - afin de dissuader la circulation et l’arrêt de véhicules automobiles dans les couloirs de bus.
C’est la Préfecture de Police, autorité de tutelle de la sécurité routière à Paris, qui déjà voulait des caméras plutôt que des radars, arguant qu’au titre du montant des infractions il fallait distinguer un véhicule circulant ou à l’arrêt. Notons d’ailleurs qu’à l’époque, les obstacles mis au projet relevaient surtout d’un manque d’entrain pour favoriser les transports collectifs. Mais aujourd’hui, ce qui hier se révélait infaisable ou coûteux devient tout à coup possible quand il s’agit d’asseoir une politique sécuritaire. Nous n’avons décidemment ni les mêmes priorités, ni les mêmes valeurs.
Décidés à se battre pied à pied contre ces 1000 caméras – et à travers elles contre la dérive sécuritaire à laquelle elles contribuent – les 9 éluEs VertEs avaient hier déposé 1009 amendements, proposant de retirer une à une chacune des caméras. Par ce geste, nous voulions interpeller symboliquement nos collègues de gauche et plus globalement l’opinion publique, notamment en utilisant le temps de parole qui nous était réservé pour lire des textes éloquents, à commencer par ceux du Parti Socialiste lui-même sur les libertés publiques !
Contrairement à ce qui a été affirmé, nous ne voulions pas bloquer le fonctionnement démocratique de l’Assemblée municipale. C’est la raison pour laquelle notre Président de groupe, Sylvain Garel, avait proposé que la délibération soit retirée et reportée à un prochain conseil (y compris même exceptionnel la semaine prochaine) avec un débat organisé qui limite les temps de parole comme l’autorise le règlement intérieur du conseil. Nous avions même proposé de reporter la délibération à la fin de ce même conseil, afin de ne pas retarder le vote des autres délibérations inscrites.
Aucune de ces propositions de bon sens n’a été retenue. Au contraire, par une incroyable alliance de tous les autres groupes, et sous le regard du Préfet de Police, les règles les plus fondamentales du droit des assemblées ont été violées et notre groupe n’a pu ni défendre ses amendements (à part les deux premiers) ni même les soumettre au vote. Et l’alliance contre nature qui s’est constituée à cette occasion a entériné son projet dans des conditions juridiques extrêmement fragiles, qui laissent penser que nous sommes loin d’en avoir fini avec ce dossier… Et cela tombe bien. Car les éluEs VertEs, et le parti des Verts plus globalement, ne baisseront pas les bras et continueront de se battre jusqu’au bout.
(1) Sylvain Garel, Danièle Fournier, Véronique Dubarry, Jacques Boutault, Yves Contassot, René Dutrey, Fabienne Giboudeaux, Christophe Najdovski et moi-même.

Tous les commentaires
Hier, PS et UMP à Paris ont voté pour la vidéosurveillance!!!
Pourtant, un rapport commandé par le Conseil régional d'IDF, sur insistance des Verts, a démontré son inefficacité. Par exemple : "elle n'a aucun impact sur les délits impulsifs et ceux commis par des personnes sous l'emprise de drogues. Elle dissuade peu les délinquants qui adoptent des mécanismes de dissimulation et des stratégies d'adaptation à l'outil. La faible efficacité dissuasive de l'outil tend d'ailleurs, de plus en plus, à le transformer en un outil de police judiciaire voire en "une machine à tout faire" qui nuit à son efficacité. "
C'est effectivement un véritable problème de libertés publiques. Et cela devient inquiétant.
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Certains en redemandent et ne seront rassurés que lorsque tout le monde aura un implant nanotechnologique à la naissance placé directement sr le système nerveux central. Ce ne sera plus une vie en société mais un règlement de prison.
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L'ordre n'est pas la justice, bien au contraire. Il arrive même que le combat pour la justice provoque du désordre (affaire Dreyfuss).
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Il faut refuser une telle confusion dont jouent les promoteurs du discours sécuritaire pour faire accepter toujours plus de répression. C'est adapter les esprits à la violence institutionnelle. Il est très grave d'enrégimenter l'opinion. Cela n'est pas sans conséquence.
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UMP, deux ! UMP, deux ! UMP, deux ! UMP, deux ! ... Essayez avec Vert (à la place de Oump), ça sonne beaucoup moins juste.
Le véritable enjeu de la vidéo surveillance ne réside-t-il pas dans le contrôle de ceux qui nous contrôlent. Le problème du contrôle et de l’usage qui en est fait est d’importance, les sénateurs ont eux-mêmes recommandé de confier à la CNIL les pouvoirs d’autorisation et de contrôle en matière de vidéosurveillance, son président écrit dans le rapport annuel « les individus sont tentés par le confort que la vidéo surveillance procure mais ils sont peu conscients des risques qu’elle comporte ».
1) Les caméras de surveillance menacent-elles nos libertés ?
Avec Internet, les opérateurs de télécommunications disposent d’un réseau IP sur l’ensemble du territoire et grâce à la numérisation toutes sortes de données (images et sons) peuvent être transmises puis stockées à distance et plus on multiplie les caméras plus les stocks seront importants.
2) Comment parer aux stockages des données ?
En France aucune évaluation solide de la vidéosurveillance n’existe à ce jour. Aux Royaume unis et au Québec, les études semblent indiquer qu’elle n’a qu’un faible impact sur la délinquance dans les espaces complexes et étendus. La question de l’efficacité de la vidéosurveillance n’a qu’un effet très marginal sur la prévention et n’est pas brillant du coté de la répression car elle n’est pas organisée pour permettre la répression des infractions. Par exemple, le bilan est dérisoire en matière judiciaire selon Mick Neville (CNIL) seulement 5% des vols dans les bus auraient été élucidés grâce aux caméras alors que chacun est équipé de douze caméras, autre exemple les délits ont souvent lieu à quelques mètres de la caméra, celle-ci étant obligatoirement visible. On commence aussi à voir des mises en scène sur le principe de l’happy slapping.
3) La confiance accordée aux caméras (croyance que la technique va tout résoudre) ne risque-t-elle pas d’entraîner une catastrophe car présentée comme un remède miracle elles ne peuvent tenir leurs promesses ?
Un rapport a conclu récemment que l’argent dépensé en caméras serait bien mieux utilisé en éclairage public dont on a montré qu’il diminuait de 20% la criminalité. D’autres études montrent que parfois lorsque l’on place une caméra, on y ajoute d’autres éléments de surveillance (vigile, police) donnant très certainement des statistiques plus positives.
Bravo Denis Baupin !
Bravo Platini ....
qui refuse aussi la vidéo !
Pardon, c'était pour rire !
L'article de l'Express
Dommage que ces élus - respectables dans ce combat là - ne fassent aucune référence à la mobilisation de milliers de parisiens sous l'impulsion d'un Comité de Défense des Libertés (CDL) réunissant certes les Verts mais aussi l'ensemble de la gauche sociale, associative et politique à l'exception du PS, évidemment.
La lutte contre la surveillance généralisée continue...
dans ce cas citons aussi AL http://www.alternative-liberale.fr/index.php/index.php/component/option,com_eventlist/Itemid,71/id,14/view,details/
Je regrette mais vos conférences n'ont strictement rien à voir avec la mobilisation citoyenne contre la vidéosurveillance.
Merci de ne pas polluer mes commentaires.
Comme d'habitude le PS n'a pas de position claire, entre ce qu'il dit et ce qu'il fait...............
Le PS, Delanoë en tête, toutes tendances confondues, a voté POUR la surveillance généralisée des parisiens.
Où l'on voit le sérieux des Elus Verts et la nécessité de leur donner plus de pouvoir aux Régionales, face à un PS déliquescent.
Un sympathisant Europe-Ecologie-Les Verts
Un jeune serviteur zélé sarkoziste a parlé de vidéo-protection à la télé parlementaire !
il faut de plus en plus de caméras , des milliers , des centaines de milliers plus il y en aura moins cela sera utilisable. Il faudra tant de monde pour lire les images qu'on arrivera pas à les lire. Mettez des caméras partout ,encore et encore et aussi des caméras pour surveiller ceux qui seront obligés de lire les caméras. mettez des caméras dans nos plumards et diffusez après 24 h qu'on se marre.