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Gandhi et les langues "internationales"
J'aurais voulu publier ceci dans "Rencontres avec l'espéranto", mais j'y ai renoncé, car ç'aurait été abuser. Je me suis contentée d'y créer un article très court, avec juste la citation du Mahatma. Parmi les célébrités qui ont soutenu la Langue Internationale équitable, on trouve en effet Gandhi, homme politique et philosophe indien.
 Je suis pour un même calendrier pour le monde entier, comme je suis pour une même monnaie pour tous les peuples et pour une langue auxiliaire mondiale comme l'espéranto pour tous les peuples."
Voilà, c'est dit clairement. Mais ce qu'il convient d'ajouter à cela, c'est un texte que je viens de trouver sur le site esperanto-SAT.info, http://www.esperanto-sat.info/article209.html et que je reproduis à l'appui de ma profonde conviction qu'il est difficile de faire connaître l'espéranto sans se référer peu ou prou à l'anglais et son influence. Le point de vue de Gandhi me semble pouvoir éclairer d'un jour tout à fait intéressant les innombrables et interminables dénis que nous opposent ceux qui considèrent l'utilisation de l'anglais comme une bonne chose, comme dépourvue de conséquences sociales, culturelles, idéologiques, économiques etc...
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Voici donc ce qu'écrivait Gandhi au sujet de l'anglais. Nos "élites", celles qui veulent absolument nous rendre "bilingues" anglais-français devraient bien en prendre de la graine. On pourra aussi lire avec profit le texte de Robert Phillipson: "L'anglais pour transformer l'univers mentale des étudiants"
"Le recours à une langue étrangère en Inde pour assurer l’enseignement supérieur a causé à la nation un préjudice moral et intellectuel incalculable. Nous sommes encore trop rapprochés de cette période pour mesurer l’énormité du dommage subi. Et c’est un tour de force presque impossible que d’avoir à juger nous-mêmes cette éducation dont nous sommes également les victimes.
Il me faut aussi préciser les raisons qui m’ont conduit à poser de telles conclusions. Pour ce faire, le mieux est, je crois, de faire part de ma propre expérience.
Jusqu’à l’âge de 12 ans, tout l’enseignement me fut donné en gujarati, qui est ma langue maternelle. J’avais alors quelques rudiments d’arithmétique, d’histoire et de géographie. Puis, j’entrai au lycée où pendant trois années encore, je reçus mon enseignement dans la langue maternelle. Mais le rôle du professeur était de faire rentrer l’anglais dans la tête des élèves par tous les moyens. C’est pourquoi plus de la moitié de notre temps se passait à étudier l’anglais et à maîtriser l’orthographe et la prononciation si arbitraires de cette langue. Je découvris avec tristesse qu’il me fallait apprendre une langue dont la prononciation ne correspondait pas à l’orthographe. Quelle drôle d’expérience que d’avoir à apprendre par coeur l’orthographe des mots. Mais c’est là une parenthèse sans grand rapport avec mon sujet. Donc, quoi qu’il en soit, au cours de ces trois premières années de lycée tout se passa relativement bien.
Le supplice commença avec la quatrième année. Il fallait tout apprendre en anglais géométrie, algèbre, chimie, astronomie, histoire et géographie. La tyrannie de l’anglais s’étendait si loin qu’il fallait passer par cette langue et non par la nôtre pour apprendre le sanskrit ou le persan. Si un élève s’exprimait dans sa propre langue, le gujarati, on le punissait. II n’importait nullement au professeur que l’enfant parlât mal l’anglais et qu’il fût incapable de le prononcer correctement ou de le comprendre parfaitement. Pourquoi le maître aurait-il dû s’en inquiéter ? Lui-même parlait un anglais qui était loin d’être parfait. Il ne pouvait pas en être autrement. L’anglais était une langue étrangère aussi bien pour lui que pour ses élèves. Le résultat était catastrophique. On nous donnait à apprendre par coeur beaucoup de choses que nous étions loin de toujours comprendre parfaitement et qu’il nous arrivait même souvent de ne pas comprendre du tout. La tête me tournait quand le professeur s’escrimait à nous faire comprendre ses démonstrations de géométrie. Je n’ai d’ailleurs pas saisi un traître mot de cette discipline avant d’avoir atteint le treizième théorème du premier livre d’Euclide (sic). Et je tiens à avouer au lecteur que malgré tout mon amour pour ma langue maternelle, je ne sais pas encore, arrivé à ce jour, traduire en gujarati les termes techniques de géométrie, d’algèbre, etc. Je sais à présent que si l’enseignement avait pu se faire en gujarati, et non en anglais, il m’aurait suffi largement d’une seule année au lieu de quatre pour en apprendre tout autant en arithmétique, en géométrie, en algèbre, en chimie et en astronomie. La compréhension de ces matières m’aurait paru plus facile et plus claire. Mon vocabulaire en gujarati aurait été plus riche. On aurait pu, chez moi, profiter de ces connaissances. Mais le fait de les avoir acquises en anglais créait une barrière infranchissable entre ma famille et moi, car eux n’étaient pas passés par des écoles anglaises. Mon père ignorait tout de ce que je faisais. Même si j’avais voulu, je n’aurais pu l’intéresser à ce que j’étudiais. Car, malgré sa grande intelligence, il ne savait pas un mot d’anglais. Ainsi, je devenais rapidement un étranger dans ma propre maison. J’étais certainement devenu quelqu’un ! Même dans ma manière de m’habiller il se produisait d’imperceptibles changements. Ce qui m’arrivait là n’avait rien d’exceptionnel. C’était le cas d’un grand nombre de mes camarades.
Les trois premières années de lycée ajoutèrent peu à mon bagage de connaissances générales. Elles étaient destinées à nous préparer à recevoir tout enseignement en anglais. Ces lycées étaient des écoles pour la conquête culturelle qu’opéraient les Anglais. Le savoir acquis par les trois cents garçons de mon école correspondait en fait à une conquête limitée. On ne pouvait pas le transmettre à l’ensemble du peuple. Un mot sur la littérature. Nous devions apprendre plusieurs livres de poésie et de prose anglaises. Nul doute que tout ceci était fort beau. Mais ces connaissances ne m’ont été d’aucune utilité pour servir mon peuple ou me rapprocher de lui. Je suis dans l’impossibilité de dire qu’il me manquerait un trésor précieux si j’ignorais tout de la poésie et de la prose anglaises. Si, à la place, j’avais passé ces précieuses sept années à maîtriser le gujarati et si, en même temps, j’avais appris en gujarati les mathématiques, les autres sciences et le sanskrit, il m’aurait été facile de faire profiter mon entourage de mes connaissances. J’aurais pu enrichir le lexique gujarati et qui sait, si avec mon acharnement coutumier et mon amour démesuré pour mon pays et ma langue maternelle, je n’aurais pas réussi à servir les hommes d’une manière plus féconde et plus large ? Il ne faut pas me prêter l’intention de vouloir dénigrer l’anglais ou sa noble littérature. Les colonnes du Harij en témoignent suffisamment en faveur de mon amour de l’anglais. Mais la noblesse de sa littérature ne peut être guère plus utile à la nation indienne que le climat tempéré de l’Angleterre ou son paysage. L’Inde doit s’épanouir sous un climat, dans un cadre et selon une littérature qui lui appartiennent en propre, même si tous trois ne valent pas ceux qu’on trouve en Angleterre. Nous devons, nous et nos enfants, bâtir sur notre propre héritage. Nous l’appauvrissons dans la mesure où nous empruntons à celui d’un autre. Les nourritures qui viennent de l’étranger ne pourront jamais nous faire grandir. Je tiens à ce que le pays parvienne à la connaissance des trésors d’une culture étrangère au moyen de ses langues vernaculaires. Je n’ai pas besoin d’apprendre le bengali pour connaître les beautés de l’oeuvre incomparable de Rabindranath. Je peux y avoir accès grâce à de bonnes traductions. Ceux qui parlent gujarati n’ont pas à étudier le russe pour apprécier les nouvelles de Tolstoy. Ils peuvent en prendre connaissance dans une bonne traduction. Les Anglais se vantent de pouvoir, en une semaine, publier les meilleures productions de la littérature mondiale et les mettre à la disposition de leurs lecteurs traduites dans un anglais facilement accessible. Il est inutile d’apprendre l’anglais si je veux connaître ce qu’il y a de mieux dans la pensée et les écrits de Shakespeare et Milton. Ce serait faire une bonne économie que de mettre à part un groupe d’étudiants dont le travail serait d’apprendre dans les différentes langues du monde ce qu’on peut y trouver de plus précieux, et, ensuite, d’en donner la traduction dans leur langue vernaculaire. Nos maîtres s’y sont mal pris avec nous, et l’habitude aidant, l’anomalie fait figure de norme...
Les universités devraient être indépendantes. L’État ne prendrait à sa charge que ceux dont il a besoin pour ses services, et pour le reste, il encouragerait l’initiative privée. Il faudrait aussi, à tout prix et immédiatement, ne plus se servir de l’anglais pour assurer l’enseignement, mais redonner aux langues de chaque province la place qui leur convient. Je préférerais assister à la désorganisation temporaire de l’enseignement supérieur plutôt que de voir se perpétuer jour après jour ce gâchis criminel..."
Gandhi : "Tous les hommes sont frères". Paris : Gallimard NRF (coll. Idées). 1969 ; p. 258 à 262.
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A celles et ceux qui ne seraient pas encore ébranlé-e-s par ces lignes, je rappelle que j'ai également commis un billet intitulé "Histoire résumée et critique de la concurrence anglais-espéranto"


Tous les commentaires
J'espère que ce billet sera lu...
Merci pour ce texte très intéressant, et si riche, que je dois le relire lentement pour en commenter les aspects. A plus.
C'est Gandhi qu'il convient de remercier...

Il me semble qu'une des choses que l'on peut retenir de tout cela,c'est qu'il aime la beauté de la langue anglaise, mais dénie le fait qu'elle puisse être indispensable pour faire progresser les connaissances de son peuple, pour l'aider à se développer.
Il insiste sur le rôle des langues locales.
De même je pense que le martelage qu'on nous fait subir, à savoir qu'il FAUT que les gamins apprennent l'anglais le plus tôt possible (hypocritement nos dirigeants disent "les langues") est totalement idéologique et escamote les coûts et dommages (aussi bien financiers qu'en échecs potentiels) que cela fait déjà subir à la nation, et aux apprenants. C'est vraiment un TINA ("There Is No Alternative" rengaine de Thatcher) que personne ne conteste plus.
Quand on fait plus d'anglais on fait moins de français, ou de maths, ou de musique, ou de sport, ou de sciences... et on oublie aussi ce qui reste des langues régionales, qui est pourtant un patrimoine à préserver. Inversement, les enfants anglophones de naissance (USA et GB) ont très peu d'heures de langues étrangères (voire pas du tout) dans leur cursus scolaire: ils font donc proportionnellement plus de sport, de musique, de sciences etc etc...
Si on lit mon dernier billet "Se croire libre et rebelles..." et qu'on participe au fil, on voit bien que bien des gens sont encore dans l'adhésion au discours "officiel", qui prend en exemple la "réussite" en anglais des pays scandinaves (pardon Axel J, je sais que vous êtes une personne intéressante à bien des égards et fort estimable, mais sur cette question-là vous êtes légèrement conditionné par l'idéologie dominante)
C'est super ce texte!!
j'espère que beaucoup de monde le lira...
J'aimerais bien que les commentateurs du billet "Se croire libre et rebelles"... viennent en effet en prendre connaissance.
Merci de nous faire partager la pensée de ce grand bonhomme.
Et pendant ce temps, nous avons Luc Chatel qui veut instaurer l'apprentissage de l'anglais aux bambins de trois ans ! Bon, soyons optimistes, les mauvaises nouvelles ne durent qu'un temps.
Pierre
Le "projet" de Chatel est-il réaliste, démocratique, ou irréaliste, démagogique? C'est toute la question!!
Regardons les choses de plus près: on est passé au fil des ans et du conditionnement de l'opinion de
1) "Les enfants apprennent plus facilement les langues quand ils sont petits" (ce qui est vrai, mais... dans certaines conditions très particulières, notamment dans une famille bilingue, ou par l'immersion)
à
2) "Il est bon d'enseigner les langues tôt dans les systèmes scolaires", ce qui n'est pas du tout la même chose, car ce n'est en aucun cas une immersion, mais nécessite tout de même, pour avoir un effet positif des moyens en temps, matériel, enseignants, donc est coûteux et pas forcément efficace pour chaque enfant (j'insiste sur ce "détail").
En même temps, on est passé de
3)"L'anglais est une langue de grande diffusion, donc utile"
à
4) "Tout le monde doit savoir parler anglais".
Ce qui entraine donc, aux yeux de nombreuses personnes
5) "Il faut enseigner l'anglais tôt à tous les enfants, et à l'école".
Ce raisonnement comporte plusieurs erreurs, certaines de taille, mais comme les dénoncer irait contre la pensée dominante, personne ne les voit.... Nous aurons l'occasion d'en reparler dans ce fil ou un autre.
Reprenons donc chacun des points ci-dessus. Rien à dire sur le point 1.
Examinons le 2. "Enseigner tôt les langues à l'école", et remarquons qu'il existe plusieurs variantes à cette option.
Ceci n'est jamais totalement "gratuit"... Les parents qui font le choix de placer leurs enfants dans de tels systèmes scolaires acceptent, il me semble, de participer aux frais de scolarité, ou bien des "personnes morales", associations ou collectivités locales aident ces initiatives. Je suppose qu'il y a d'ailleurs une combinaison des deux. Donc, systèmes semi-privés (qu'on me détrompe si je dis une bêtise).
Donc, l'immersion totale ou même partielle dans TOUTES les écoles maternelles ou primaires, ce n'est pas possible, sauf à mettre en oeuvre des moyens colossaux. On ne parvient déjà pas à fournir un enseignement de langue (majoritairement d'anglais) de bonne qualité en primaire, comme pourrait-on faire mieux avec les maternelles?
Mais nous sommes loin du thème central de eau texte - peu cité - de Gandhi :
Son titre pourrait être : "Le recours à une langue étrangère en Inde pour assurer l’enseignement supérieur a causé à la nation un préjudice moral et intellectuel incalculable."
Et parmi ce qui l'a amaené à cette conclusion, citons
"Je découvris avec tristesse qu’il me fallait apprendre une langue dont la prononciation ne correspondait pas à l’orthographe. Quelle drôle d’expérience que d’avoir à apprendre par coeur" puis : " Le supplice commença avec la quatrième année [de lycée]. Il fallait tout apprendre en anglais géométrie, algèbre, chimie, astronomie, histoire et géographie. La tyrannie de l’anglais s’étendait si loin qu’il fallait passer par cette langue et non par la nôtre pour apprendre le sanskrit ou le persan.""
Et, plus loin, " Je n’ai d’ailleurs pas saisi un traître mot de cette discipline [la géométrie] avant d’avoir atteint le treizième théorème du premier livre d’Euclide (sic). Et je tiens à avouer au lecteur que malgré tout mon amour pour ma langue maternelle, je ne sais pas encore, arrivé à ce jour, traduire en gujarati les termes techniques de géométrie, d’algèbre, etc."
Enfin : " Mais le fait de les avoir acquises en anglais créait une barrière infranchissable entre ma famille et moi, car eux n’étaient pas passés par des écoles anglaises. Mon père ignorait tout de ce que je faisais. Même si j’avais voulu, je n’aurais pu l’intéresser à ce que j’étudiais (. ..) Ainsi, je devenais rapidement un étranger dans ma propre maison.
Il y a donc 4 éléments :
1 - le caractère de la langue imposée, dont l'écriture ne correspond pas du tout à la pronociation
2 - la perte de temps infligée à l'enfant, qui aurait pu assimiler les discipline beaucoup plus rapidement dans sa langue maternelle
3 - La langue locale ne s'enrichira jamais des notions techniques.
4 - L'étudiant, "instruit", coupé de son propre milieu, qu'il ne pourra donc pas faire profiter de son savoir.
Il faudrait pouvoir étudier ces quatre points, pour connaitre les conséquences du plan de Luc Chatel ? Si tant est qu'il puisse être mis en oeuvre, qu'il soit "réaliste", comme dit Dominique.
Tout à fait, Jeanne-Marie!!! Je me suis un peu éloignée, pour répondre à Tejag...
Je vais cependant continuer sur les autres points, et je reprendrai ton analyse.
Charles Durand affirme dans sa conférence qu'on peut consulter ou télécharger ici:
http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/images/stories/articles2/7335-CharlesDurand-Conference-29-11-2011.pdf
que dans de nombreux pays en développement, des formes d'aides matérielles ont été, à une époque (et sans doute encore maintenant) au fait de passer à un enseignement en anglais. J'avais lu notamment un témoignage concernant la Tanzanie.
Je cite Durand: " cette langue s’est en fait répandue (...) par une main mise sur une bonne partie des organismes internationaux les plus influents dans lesquels les États-Unis ont droit de veto comme c’est le cas, par exemple, à la Banque mondiale ou au Fonds monétaire international, et au sein desquels les États-Unis peuvent faire la pluie et le beau temps. Ainsi, certains prêts à des pays émergents dans le besoin n’ont été accordés que sous condition qu’ils basculent leur enseignement des langues étrangères massivement vers l’anglais. C’est ce qui s’est passé par exemple au Vietnam dans les années 90;"
Là Durand parle ici de l'enseignement des langues étrangères, mais il est des cas où tout l'enseignement primaire basculait vers l'anglais,laissant pas mal de gamins sur le carreau... On ignore assez largement ce phénomène chez nous, mais il a été suffisamment important pour que l'UNESCO s'en soit ému et qu'on ait effectuer des études prouvant qu'il est essentiel pour leur réussite scolaire que les enfants reçoivent les bases de l'enseignement dans leur langue maternelle.
On est dans une problématique non identique, mais cependant semblable à celle qu'analysait Gandhi...
Celle à laquelle nous comme confrontée est quelque peu différente, puisqu'il s'agit non de former les futures "élites" d'un pays en développement (nous ne sommes pas officiellement colonisés comme l'était l'Inde de Gandhi), mais de nous rendre "plus performants" sur la scène internationale.
Cependant, comme j'essaie de le faire percevoir dans mon billet "Se croire libre et rebelles..." il s'agit ni plus ni moins d'une autre forme de colonialisme, mais plus "doux" et pernicieux, celui des esprits. Il se trouve que ces derniers temps des gens divers "montent au créneau" pour le dénoncer et s'y opposer: Claude Hagège, par exemple, Eric Zemmour (je n'apprécie guère ce chroniqueur, mais je dois dire que sa récente chronique de RTL ne m'a pas déplu), et même JL Mélenchon a dénoncé à Montpellier "la langue de l'occupant" (sic) quand il a signalé que le texte devant être voté le 21 février à l'Assemblée Nationale Française n'avait été livré aux députés QUE sous sa version anglaise. Aucun député français n'avait, à la date du meeting de Montpellier (début février) reçu la traduction en français!!!
Laissons les élites se la "péter" avec l'anglais. Battons-nous pour obtenir que l'espéranto soit enseigné au vulgum pecus, ne serais-ce que comme langue propédeutique à la portée des "gens de peu".
Ainsi l'ego des éliges sera préservé, conscientes de pouvoir continuer à se congratuler entre elles par utilisation du globish, étant convenu, selon elles, que l'Espéranto c'est bon pour les ploucs.
De fait, si l'Espéranto arrivait à devenir populaire, tout le système marketing serait bien obligé de l'adopter. Ses qualités intrinsèques feraient le reste, tant dans le domaine de la communication, des écrits scientifiques, de la littérature, de la poésie et de bien d'autres choses encore.
Petite remarque : selon Jacques Joguin, auteur de la grammaire d'Espéranto "parlons espéranto" (édition 2009), la Chine,quant à elle, traduit systématiquement en espéranto, depuis quelques années, ses principales oeuvres littéraires. Et la Chine, c'est la puissance qui monte, qui monte, qui monte. Elle sait qu'elle ne pourra pas imposer le mandarin au reste du monde. Mais qui sait, sa bataille contre l'hégémonie anglo-saxone, pourrait passer, entr'autres moyens, par une forte contribution à la vulgarisation de l'Espéranto. C'est tout le bien qu'il faut nous sauhaiter.
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J'aime bien cette vision de l'espéranto langue internationale du "vulgum pecus",
(surtout par les temps qui courent, avec notamment les émeutes en Grèce, et la révolte contre la fausse démocratie!!!) mais le fait est que nos élites à l'ego démesuré tiennent absolument à prélever du temps d'enseignement dès les plus jeunes années de nos chères têtes blondes ou brunes, ce qui a plusieurs effets:
En résumé, contrairement au principe d'Hippocrate "Primum non nocere" (d'abord ne pas nuire), on prend pas mal de risques, sans être certain que ces risques soient contrebalancés par des bénéfices rééls... Cela est avant tout idéologique!
Cette citation de Gandhi était dans le quizz que nous avons organisé à la Concérence de Montreuil (pour les parisiens, il y aura encore quelques rencontres, voir www.chansons-ab.fr), ainsi que certaines de Jules Verne, Robert Kennedy et Albert Einstein.
Pas mal de monde, nous avons parlé espéranto bien sûr, mais aussi agriculture et modèles économiques, humanisme, etc.
Eh oui, c'est un "tout"!!!!
Qu'était la "conférence de Montreuil"??? et surtout qui y assistait?