Sat.
26
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

Se croire libres ou rebelles, en étant soumis...

Dans les commentaires d'un billet d'Edwy Plenel (à propos des journalistes décorés de la légion d'honneur), Axel J a écrit:

"Si on savait qu'on est si soumis, ça ne marcherait pas, ça se verrait, ça dérangerait, on se rebellerait. Ce qui se passe, c'est qu'on se croit si démocrates, "pays des droits de l'homme", et si "contestataires": c'est ce genre de subterfuge qui maintient la manipulation."   Il a  tout à fait raison, mais il ne sera pas forcément d'accord si j'étends cette analyse à la soumission à un "ordre linguistique".

Claude Hagège sort ces jours-ci un ouvrage critiquant l'omniprésence et la toute-puissance de la langue anglaise (voir billet et vidéo à ce sujet). Or, si l'ordre linguistique actuel a pu être enraciné si profondément que les 3/4 (voire plus) des personnes "éduquées" ne le remettent pas en cause (ou si peu), c'est bien parce qu'il y a sélection. Dans les classes moyennes et supérieures, on est généralement plus familiarisé avec l'anglais, pour tout un tas de raisons... Et si tant de gens aspirent à s'en remettre à cette "fausse-bonne solution" pour communiquer au-delà des frontières, c'est parce que nous sommes systématiquement humiliés depuis des lustres par la calomnie consistant à prétendre que nous Français, serions "nuls en langues".  Or cette allégation est fausse. J'ai montré dans un tableau de l'article  d'édition "Tyrannie(e) luttes, libertés, un TINA peut en cacher un autre" que nous sommes dans la moyenne européenne pour ce qui est des compétences en anglais. Quant aux Britanniques, personne ne les montre jamais du doigt pour ne savoir parler QUE leur langue maternelle. Et pourtant, ce sont eux les cancres de l'Europe en matière de compétences linguistiques. Lacune qui est camouflée dans certaines études prétendant qu'un fort pourcentage d'habitants de GB est capable de s'exprimer en une autre langue que l'anglais... J'ai failli me laisser abuser, jusqu'à ce qu'on attire mon attention sur le fort pourcentage d'immigrés dans ce pays (raison évidente pour laquelle ils sont bilingues)!!!

...Bref, pour affaiblir les Français dans la défense de leur culture et de leur langue, il a bien fallu bien les persuader d'être les "vilains petits canards" de l'apprentissage des langues. On nous a largement comparés avec les Néderlandais, les Suédois et autres "cracks" si fort en anglais grâce "aux films en VO sous-titrés".... Stratégie qui a assez bien marché, hélas. Moi, je prétends que ceci a bel et bien une influence sur l'équilibre des forces, entre pays d'une part (on peut consulter ce qu'en dit le rapport Grin, à propos d'inégalité symbolique), et entre individus (ou groupes de citoyens) d'autre part: si des financiers, des patrons, des vedettes internationales, etc... discutent sans problème entre eux au moyen de l'anglais, combien il est plus difficile aux syndicalistes ou participants de Forums Sociaux de se comprendre!!!

Et en effet, les Français, n'ayant pas pris conscience de leur soumission à l'usage forcé de la koïné moderne, ne se rebellent pas, et continuent (comme bien d'autres, comme presque tous les peuples) à croire que l'anglais peut être un instrument reliant les peuples, alors que comme me le disait voici une semaine Monique Pinçon-Charlot (après une conférence sur "le président des riches"), l'anglais est une langue de classe! En fait, il trie parfaitement les "torchons et les serviettes".

Voici deux témoignages issus de "Facebook":

Le premier, traduit d'un ialien approximatif: "Valerio je me demandais si tu commençais toi aussi à parler la langue de la Marche, c'est à dire un mélange peu compréhensible de mille langues"

Puis de G... l'une des "marcheuses" qui sont allé(e)s de Toulouse à Bruxelles:

"Pour te répondre, et ayant participé à la marche vers Bruxelles, c'est vrai que les traductions multiples (espagnol, français, néerlandais, anglais ... ) rendaient les assemblées laborieuses. La question de l'Espéranto a très souvent surgi, mais n'est toujours pas appliqué... On en a beaucoup reparlé lors du contre-sommet du G20 à Nice en novembre... mais je constate que ça n'a pas avancé... c'est dommage... malgré tout, j'ai toujours pu comprendre ce qui se passait pendant mon expérience. Mais les traducteurs toujours très sollicités finissaient aussi par être très fatigués..."

----------------------------

"Si vous répétez un mensonge un assez grand nombre de fois, cela deviendra une vérité" comme disent les "Spin doctors".... Et on a tellement répété que l'anglais était "LA" langue de communication mondiale!!!

Je ne m'y résouds pas, à cette "vérité" frelatée!!! Alors je fais mon travail de fourmi (ou de "colibri" si l'on veut...) et j'espère que cela finira par porter ses fruits... Ĉu ne?

________________________

Retrouver sur Pearltrees les urls mes billets traitant de langues, d'ordre linguistique, d'espéranto etc...

________________________

Voir aussi le billet sur la vidéo de Claude Hagège...

 

Tous les commentaires

Le problème étant que, dans l'Education nationale, on assèche l'enseignement des langues autres que l'anglais.

Oui... C'est quasi mécanique, et un nom a été trouvé pour ce processus: la "glottophagie" (concept de Louis-Jean Calvet).

On peut aussi parler de "prédictions autoréalisatrices". On affirme tellement que l'anglais est "incontournable", qu'il le devient de plus en plus... dans certaines sphères, du moins!!!! Cela fonctionne à peu près comme la fascination envers l'ultra-libéralisme économique! ... et y est intimement lié.

Je suis totalement d'accord avec cette analyse, ce qui pourra vous paraître paradoxal, mais la vie est faite de doxes, et de paradoxes ainsi que de pluie et de parapluie, mais c'est une autre histoire....Sourire

Il y a aussi les paratonnerres, mais les amoureux ne souhaitent peut-être pas être préservés du coup de foudre. Cool

En tous cas, en ce qui concerne la vision des langues, nous sommes souvent paraplégiques Pied de nez: je viens de me faire tancer par mon ami Michael, qui considère qu'il est absolument inutile et contre-productif de gloser sur la domination de l'anglais, qu'il suffit de pratiquer l'espéranto et le rendre utile en augmentant le nombre de ses locuteurs et le champ de ses applications.

Il n'a sans doute pas complètement tort, ce travail-là doit aussi être mené, mais je suis têtue et persiste à croire qu'un peu d'esprit critique envers les mécanismes de manipulation et domination ne fait pas forcément qu'indisposer la masse des gens partageant les idées dominantes.... Cela peut aussi les conduire à se poser des questions.

Merci de vos deux commentaires très lucides...

En effet, le "poids" énorme de l'anglais pèse sur les autres langues, et ce ne sont pas quelques expériences marginales d'enseignement précoce de l'allemand dans l'Est de notre pays, ou même d'introduction de deux langues en primaire (une en CP ou CE1 et la deuxième dès le CM2) qui y changeront grand'chose. Pour plusieurs raisons, mais la plus évidente est une question de coûts!!!

Ce genre de chose ne constitue qu'une "caution", une vitrine pour faire croire qu'on se préoccupe de la diversité. Un hochet, quoi!!!

Voicio 2 ou 3 ans, j'ai été témoin de la scène suivante à Toulouse. Un des mes amis essayait de convaincre sa fille, alors en début de 3 ème, de bosser son espagnol (donc sa 2 ème LV). Il tenta cet argument: "Si on va en voyage en Espagne, comment feras-tu?" La réponse fusa, évidente: "Ben je parlerai anglais, tiens!!!"

L'apauvrissement culturel et la monolinguisation forcée des Français, a constitué un des vecteurs majeurs du perfectionnement de leur soumission, pendant les deux-cents ans qui ont suivi la "Révolution".

-

C'est pas pour faire de la pub à François Bayrou, mais quelle fête pour le sens et pour l'intelligence, quel plaisir, quel bonheur, son échange en béarnais avec Antoine Perraud lors de la première soirée électotale de Mediapart.

-

Perso j'ai passé dix années très importantes pour ma vie, dans un pays qui a deux langues officielles (le finnois et le suédois), et où la langue laponne (saame) a aussi un statut de langue officielle dans tous les comtés où elle est prépondérante.

Et ça ne les empêche pas, les "Suomis", les "Finns", les "Saames", d'utiliser aussi leur excellent anglais...

Voir mon commentaire plus bas, ce vendredi vers 17h

Bien sûr, Axel, bien sûr... Nous serions nous aussi probablement très bon... Cool  en italien, si cette langue nous était enseignée tous petits!!! Même avec des méthodes imparfaites.

Ce que j'entends par là, c'est que naturellement, pour les scandinaves, l'anglais est bien plus accessible que pour nous.

Quoi qu'on pense de la capacité des êtres humains à s'approprier les langues étrangères, de la médiocrité ou de l'excellence des méthodes pédagogiques ici ou là, il n'en reste pas moins que l'ordre linguistique mondial est la consécration d'une inégalité révoltante: la langue de quelques-uns est imposée à tous, avec les plus grands bénéfices pour les premiers, et de gros efforts pour les autres.*

Sur le site de "Sauvons l'Europe", dans les commentaires de cet article (par Cédric castel, le 11-01 à 13 h 32 on trouve un lien vers cette étude:

http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=1517424

Apparemment, selon ce commentaire:

" l’hégémonie de l’anglais coûte 1 620 milliards d’euros par an à l’Union Européenne (institutions, particuliers et entreprises), de plus que ce que ne coûterait l’espéranto. Évidemment, ces 1 620 milliards sont payés par les Européens, mais pas le moins du monde remboursés par les Anglais, pour lesquels ceci représente un avantage commercial net, assimilable à une barrière commerciale du même montant.
C’est donc une « taxe linguistique » que le Royaume-Uni prélève chaque année aux citoyens de l’Europe."

Puisque vous parlez le suédois, pourquoi ne liriez-vous pas  "Lagom finns bara i Sverige" de Mikael Parkvall ?

Ce linguiste pense que tous les peuples ont des préjugés sur les langues. Il considère que l'espéranto est une langue complète, et déplore qu'aux yeux de trop nombreux Suédois, il existe en gros deux langues: la leur, et celle qu'on parle avec les étrangers: l'anglais. Il critique le préjugé selon lequel: "tout le monde parle anglais" mais pense malgré tout que cette langue va continuer à progresser... ces propos  ne sont que des extraits de son bouquin, publiés ici dans leur traduction en espéranto:

http://www.liberafolio.org/2009/esperanto-ne-estas-plene-funkcianta-lingvo

.

-----------------------------------------

NB (*) Les bénéfices des uns et efforts des autres: c'est bien sûr également le cas en matière de "culture mainstream" exportée partout par les Etats-Unis: littérature, films, séries, musiques etc... Les USA auraient bien plus de problèmes économiques si chaque pays du monde achetait moins de productions "culturelles" de l'Empire déclinant. Aussi bien GB qu'USA continuent à vivre sur leur lancée, sur leur prestige, au mépris de toute équité.

Dans le même temps, que savons-nous des productions culturelles de nos voisins européens: Allemagne, Pologne, Roumanie, Italie, Espagne etc etc...??? Très peu, en fait!!! En achetons-nous? Bien évidemment non plus... Plusla pression de l'anglais est forte, et moins l'individu "standard" fait des efforts pour acquérir les langues moins prestigieuses.

 

Vous avez fait l'impasse sur cette partie de l'analyse d'Axel J :  "L'appauvrissement culturel et la monolinguisation forcée des Français, a constitué un des vecteurs majeurs du perfectionnement de leur soumission, pendant les deux-cents ans qui ont suivi la "Révolution".

.

Et je vous le redis et le répète tant que le français n'aura pour objectif que d'éradiquer les langues dites régionales mais aussi d'empêcher les immigrés par toutes sortes de pressions honteuses de parler leurs langues et de les transmettre à leurs enfants, je n'en aurais rien à cirer de cette langue totalitaire et que l'anglais la phagocyte, grand bien lui fasse et qu'il s'étouffe avec ! Même si je ne suis jamais arrivée à apprendre correctement cette langue, après tout, elle en vaut bien une autre ! Et ne remplacera certainement pas celle que j'ai perdue !

.

Le comble c'est qu'il ne suffit pas à ces intégristes du "parler français" que les personnes le manient correctement au niveau du sens, de la structure de la phrase, de la grammaire, il leur faut en plus qu'elle soit parlée sans accent ! Vous connaissez beaucoup de présentateurs qui parlent avec l'accent breton, berrichon, occitan vous ? Et s'ils le faisaient ne seraient-ils pas ridiculisés ? Ils faut voir ce qu'ils en font baver à Eva Joly qui a un accent si agréable qui ne gène en rien la compréhension de ce qu'elle dit !

.

Je précise que je parle sans accent ! Je ne suis donc pas directement concernée mais cette diversité des accents me manque, comme un monde sans couleurs.

.

Cela ne m'empêche pas de jouer avec cette langue, car j'ai l'esprit ludique mais elle m'agace beaucoup par son racisme, son sexisme, son mépris du peuple et sa valorisation de la noblesse ! Il y a sûrement des choses semblables en anglais mais au moins sisterhood existe et a un autre écho que sororité !

.

Rendez-moi mon petit Liré !

Et la douce musique de la langue Limousine....

"Diviser pour mieux régner"...

Toute forme de domination est criticable, mais... il faut savoir se donner des priorités.

Où est l'urgence?...

Watayaga, je vous ai répondu plus bas!!!  Au sujet de l'institutrice, je peux vous dire que les choses ont (parfois) changé. Moi-même je me suis trouvée confrontée à des parents qui interdisaient à leurs enfants des expressions ou tournures de poitevin-saintongeais ("Je me suis entropé" ou bien "Il a passé la since", "Ol a de l'égaille ce matin...") sans se rendre compte que:

  • c'étaient eux, parents, qui leur avaient transmis ces tournures
  • c'est une richesse de savoir décrire le monde de diverses façons
  • la seule chose importante c'est de savoir distinguer ce qui appartient à une sphère et ce qui appartient à l'autre, sans pour autant établir une hiérarchie

Hélas, je n'ai pas réussi à convaincre les parents, qui eux, avaient été humiliés trente ans auparavant, et éprouvaient de la honte à parler le "patois". On retrouve bien le rôle de l'humiliation dans la prise de pouvoir!!!!

Wata, une langue n'est jamais qu'un instrument aux mains (dans la bouche, pardon !) de ceux qui l'utilisent. Et comme tout instrument, elle dépend de ceux qui l'utilisent. Ce n'est tout de même pas la langue qui est raciste ou sexiste, ce sont les gens qui s'en servent, qui s'en servent d'une manière raciste ou sexiste. On peut tout aussi bien être raciste et sexiste en anglais et dans n'importe quelle langue du monde, y compris l'espéranto.

La question est surtout que, pendant que nous prenons un temps fou pour apprendre l'anglo-américain, les anglo-américains, eux, ils font l'économie (et quelles économies !...) de connaître les autres langues et les autres pays. Chacun s'ingéniant à baragouiner leur langue, ils peuvent avec condescendance sourire chez nous de notre manière de leur apprendre le chemin, nos façons de faire ou de penser, parce que généralement, ils sont d'absolus incultes sur les questions générales, et ne font aucun effort, sur les questions particulières, pour parler la langue des pays où ils se rendent. Pendant qu'ils font des économies sur l'apprentissage des langues étrangères, ils peuvent exceller dans tous les autres domaines : le cinéma, la chanson, les technologies, les arts...

Pour l'opéra Parsifal, qui sera monté à Lyon dans une superproduction internationale, tout le monde, techniciens, administratifs, artistes, figurants, décorateurs, éclairagistes, costumiers, tout le monde parlera  (baragouinera) anglais, alors qu'il n'y a que deux ou trois personnes anglaises et deux ou trois américaines, tout le reste étant allemand, français, italien, chinois, québecois... Avouez que lorsqu'on sait que ce n'est pas une exception, mais une pratique universellement répandue alors qu'elle ne profite à personne, en toute objectivité, avouez que le reproche d'impérialisme se justifie. Non ?...

Jean-Jacques M’µ

JJMU: ", ils peuvent exceller dans tous les autres domaines : le cinéma, la chanson, les technologies, les arts..."

Mmmmoui... Il ne faut pas exagérer non plus... S'agit-il vraiment d'une "excellence"... ou parfois de la récupération de talents extérieurs??? Mais bon, ce n'est pas l'objet principal de ce billet.

La chanson en tous cas, je ne suis pas persuadée. La pop et le rock, le folk... sans doute... Mais combien de talents inconnus de nous en Italie, Russie, Pologne, Hongrie, Japon, Inde... etc... etc...?????

Mais tu as raison, le fait de ne pas avoir ce boulet d'une langue étrangère  à apprendre pendant de longues années (puisque c'est la leur et qu'on peut entrer à l'Université sans avoir JAMAIS appris les bases de la moindre autre langue) permet aux Etats-Uniens d'économiser de l'argent et du temps sur d'autres apprentissages... De même, leur économie serait dans un état bien pire s'ils n'avaient l'industrie d'armement et celle de l'entertainement, qui leur rapporte énormément d'argent (bouquins traduits et exportés partout dans le monde, cinéma, séries TV, musique...)

De rien !

Oui,  les dominants en profitent pour faire marcher la machine globalisante. Mais il me semble que ce que nous appelons l'anglais globalement n'est qu'un pâle miroir de la langue de Shakespeare ! 

C'est ainsi que d'autres langues se remettent à vivre pour exprimer une réalité toujours complexe et nuancée, une nécessité pour les gens d'une société particulière qui doivent dialoguer pour résoudre des problèmes urgents dans leur contexte précis.  

Le grand problème reste dans l'élaboration des traités internationaux et la diplomatie...

Quand bien même l'anglais pratiqué par, disons... 20 à 30% des Français (ou un pourcentage un peu plus élevé de certains peuples européens) serait de meilleure qualité littéraire, il n'en resterait pas moins que l'effort (même inégal au départ selon la langue d'origine), consenti par tous ces peuples, que ce soient les Scandinaves, les Allemands, Espagnols, ou Français... est une forme de soumission plus qu'une réelle "nécessité". Car une grande partie des gens à qui on l'inculque n'en aura jamais vraiment besoin, et l'espéranto leur serait tout aussi utile (et j'ose même dire "bien plus utile" s'il s'agit de la formation de l'esprit!!!) ainsi que bien moins coûteux à enseigner. Et ceci, même s'il n'est pas très répandu. Car il suffit de savoir à qui s'adresser à l'étranger, pour que cet idiome soit véritablement utile.

Et en tous cas, cela est le signe de l'inégalité régnant entre un ou deux peuples (USA, GB, Canada...)  et les autres, entre une classe sociale (oligarchie et "élites") et les autres etc... etc...

Mais "hors l'anglais point de salut" tiennent à nous inculquer nos maîtres. Je pense à La Boétie et son discours sur la servitude volontaire, lu aujourd'hui je crois (ou hier) par Daniel Mermet ou un auditeur à l'antenne de "Là-bas". Très peu de gens pourtant ont cela à l'esprit quand il s'agit de langues!!!

http://fr.wikipedia.org/wiki/Discours_de_la_servitude_volontaire

http://fr.wikisource.org/wiki/Discours_de_la_servitude_volontaire/Fran%C3%A7ais_moderne

Je ne sais pas ce qui est le pire entre les servitudes volontaires qui vous laissent au moins l'illusion d'exister en tant que personne et celles qui nous sont imposées en nous forçant à renoncer à ce que l'on est. Car après tout, même si l'anglais est invasif, jusqu'à présent on ne nous impose pas (encore) au nom de la loi souveraine du marché de ne parler que cette langue en interdisant le français ! Le bilinguisme n'empêche pas ceux qui le désirent d'apprendre l'espéranto que je sache, au contraire il en favorise le terrain, il me semble.

Cependant l'anglais est tellement mal enseigné dans le système scolaire que cela en devient dissuasif pour bon nombre de personnes...du moins oralement !

Eh bien, Watayaga, l'un n'est peut-être pas "pire" que l'autre, mais à mon avis, il y a perméabilité ou plutôt relais entre les deux systèmes de formatage des esprits.  Le premier système, historiquement, a été utilisé avant l'autre, vous l'avez bien décrit, et le deuxième s'est mis en place plus récemment, il est plus "doux" et repose sur l'adhésion des dominés, qui n'ont pas conscience de renoncer à leur individualité, pas conscience d'une aliénation... mais n'empêche nullement que cette aliénation soit à l'oeuvre. On pourrait rappeler par exemple cette citation: "La tyrannie c'est ferme ta g..., la démocratie c'est cause toujours".

Ce type de "démocratie" en trompe l'oeil est en train d'être remise en cause, et c'est avec juste raison!!!!!!!!!!!!!!

Vous rappelez-vous la métaphore de la grenouille chauffée, utilisée au moment de la directive Bolkestein puis du TCE? La même chose est à l'oeuvre avec l'Ordre Linguistique.   Nous avons été réchauffés si doucement que nous avons toujours pensé que c'était sans conséquence. Peu  peu nous avons "librement" choisi l'anglais car la langue était présente partout sur les ondes, partout enseignée dans les collèges et lycées. Nous avons "librement" renoncé à l'espéranto, parce que peu de gens savaient ce que c'était, qu'il fallait l'apprendre sur le temps de loisir (vous imaginez un peu la contrainte?), et qu'on ne savait pas comment il était possible de le rendre vraiment utile (c-à-d dans des congrès, rencontres, dans des réseaux tels que le Pasporta Servo ou Delegita Servo etc...).

Nous avons aussi "librement" voté pour le traité de Maastricht, et quand, nos yeux enfin dessilés nous avons "librement" voté contre le TCE, "on" nous a fait savoir vigoureusement que nous étions des crétins ne pigeant rien à rien, et "on" a voté le traité de Lisbonne en congrès, grâce à la trahison  ou l'abstention de certains membres du PS.... Vous voyez ce que je veux dire?...

-----------------

En ce qui concerne le mauvais enseignement de l'anglais dans le système scolaire français, je ne veux même pas en parler. Peut-être que c'est vrai, mais à mon avis en tous cas très largement surévalué. C'est comme on dit, "l'arbre qui cache la forêt". Examinons d'abord si l'enseignement massif de cette langue est (au plan mondial)  démocratique, si c'est aussi nécessaire qu'on le prétend, quels en sont les coûts réels etc etc... à cette condition, et cette condition seule, je veux bien qu'on examine en quoi une meilleure pédagogie pourrait améliorer les choses.

Ne mettons pas la charrue avant les boeufs, et ne nous résignons pas à la soumission "au fait accompli".

PS: En ressassant ce "la pédagogie des langues est mauvaise en France" on accrédite l'idée que les Français sont plus mauvais en langues que les autres nations, ce qui par ailleurs est assez douteux, voir le tableau que j'ai produit dans un autre commentaire... Vous voyez comment fonctionne la machine à conditionner les esprits?

+++

Une langue sert à communiquer pas à asservir moralement, culturellement...

Une langue sans passé historico-culturel, simple dans sa grammaire mais ouverte sur la sémantique voilà ce qu'il faut promouvoir.

Les linguistes ont tout ce qu'il faut dans leur rayons.

L'espéranto devrait être amélioré pour mieux prendre en compte les langues asiatiques.

Christian, merci de votre commentaire, mais... l'espéranto n'a pas besoin d'être "amélioré" pour convenir aux Asiatiques...

Vous confondez "langue" avec "vocabulaire d'une langue". Or la structure souple et régulière de l'espéranto la rend particulièrement adaptable aux locuteurs de langues asiatiques... Son côté "agglutinant" ressemble à bien des égards à la structure isolante du chinois. Voir pour cela les articles de Claude Piron ici   http://claudepiron.free.fr/articles.htm

notamment  http://claudepiron.free.fr/articlesenfrancais/langueoccidentale.htm

Je cite: "Les personnes qui reprochent à l’espéranto d’être trop occidental négligent deux aspects importants de la question. D’une part, ils jugent de façon purement superficielle, sans entrer dans l’analyse linguistique de la langue, qui seule peut révéler à quel point elle est, en profondeur, différente de ce qu’elle semble être à première vue. D’autre part, ils oublient qu’une langue de communication internationale est de toute façon nécessaire. Sur quelle langue se rabat-on, en pratique, quand on n’a pas de langue commune? Sur l’anglais ! Or, celui-ci est une langue beaucoup plus occidentale que l’espéranto et beaucoup plus difficile à acquérir et à manier pour la grande majorité des habitants de notre planète. Aucune langue ne pourrait mettre tous les peuples à égalité. Mais de toutes celles qui existent et qui sont utilisées en pratique, l’espéranto est celle qui s’approche le plus de cet idéal."

voire:

http://claudepiron.free.fr/articlesenfrancais/chinois.htm

N'étant pas spécialiste des langues j'aurais été plus convaincu par vos arguments s'ils nous avaient été  donnés par des universitaires Chinois.

A ma connaissance ils ne s'intéressent pas beaucoup à l'Esperanto

Christian, Je renforce la réponse que fait Dominique à la question de l'adaptabilité aux langues asiatiques, car je viens de découvrir sur Google un nombre considérable de sites espérantistes en Chine, à Taïwan et au Japon... Sans compter que les échanges semblent importants entre les continents (j'ai vu sur Internet, ces jours derniers, des représentations asiatiques en Amérique du Sud et au Canada). Je crois que l'espéranto est en voie d'être mieux comprise comme langue internationale (ou transnationale) plutôt qu'universelle. Et c'est une distinction (sans doute subtile) qui m'avait échappée jusqu'alors.

Jean-Jacques M’µ

Très bien vu, Jean-Jacques!!! Cela fait un bon bout de temps que les plus cultivés parmi les espérantistes militants récusent absolument l'adjectif  "universelle" en ce qui concerne l'espéranto.

Aucune langue ne peut prétendre à l'universalité (je ne vais pas développer, cela nous entraînerait trop loin). Par contre, à l'heure actuelle, l'espéranto est la langue qui a, à la fois par son vocabulaire indo-européen (en gros un peu moins de 2/3 de racines latines et un peu moins de 1/3 de racines germaniques, avec quelques apports autres, originaux ou sémitiques) ET sa structure agglutinante, son économie de moyens, le plus grand degré d'internationalité.

En 2004 un colloque se tenant à Pékin a donné lieu à un exposé d'un universitaire chinois, recommandant notamment les choses suivantes, afin de faire diminuer la "pression" de l'anglais.

  •  enseigner plus de langues autres que l'anglais en Chine (pour que la proportion de langue anglaise diminue globalement dans le monde
  •  y augmenter l'enseignement de l'espéranto

Il faut que je vous recherche les documents... La lecture en chinois pourra constituer un exercice pratique pour Jean-Jacques Sourire

 

Ce que vous dites des anglo-saxons s'appliquent aussi bien aux français : qu'est-ce que le français moyen connaît des civilisations et des cultures des différents peuples d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique amérindienne ?

Qu'est-ce que l'on connaît même de l'histoire bulgare ou norvégienne et des écrivains, peintres, musiciens ?

J'avais bien rigolé intérieurement dans ma jeunesse quand dans un bus à New York des américains apprenant que j'étais française et trouvant cela fort sympathique (je souligne qu'il était normal à l'époque de parler avec les gens dans les bus et que cette convivialité m'avait bien étonnée) m'avait demandé des nouvelles de louis XIV et de napoléon, mais je me suis ravisée très vite : je ne connais que très peu de noms de présidents anciens et j'aurais du mal à les situer sur l'échelle du temps...

Et j'ai voyagé suffisamment avec des français pour me rendre compte avec honte et stupéfaction à quel point ils étaient odieux à l'étranger : je crois que la plupart d'entre eux ne comprenaient pas que dans un autre pays c'étaient eux les étrangers....

Désolée mais la langue est raciste : il n'y a qu'à voir toutes les connotations négatives de la couleur noire et à quand elles remontent.

Sexiste : un beau gars ce n'est quand même pas la même chose qu'une belle garce et un bonhomme c'est quand même moins méprisant qu'une bonne femme !

classiste : un vilain à l'origine c'était un paysan libre (quelle horreur !) mais les nobles eux sont "nobles", ce ne sont pas des exploiteurs qui disaient "Jacques bonhomme paiera" quand ils s'endettaient....

Même les gauchers s'en plaignent car sinistre vient d'un mot latin qui veut dire "gauche"...

Je ne disconviens pas que l'anglais, l'italien, l'espagnol, les langues germaniques présentent les même conditionnement de la pensée car nous partageons des mentalités similaires même si nous avons passé pas mal de siècles à nous taper allègrement dessus les uns les autres : c'était parce que nous partagions ces même valeurs qui font la supériorité de notre décivilisation, mais bon, avant de penser à aller faire le ménage chez les autres il est bon de commencer par chez soi.

Ce que j'aimerais davantage savoir c'est si ces notions existent en occitan et depuis combien de temps car toute l'histoire de l’Occitanie est une histoire d'échanges culturels intenses avec les étrangers, de meilleur traitement des paysans par les seigneurs et de rôle plus important des femmes à tous les niveaux. Ce n'était pas valable tout le temps et en tout lieu mais c'était une tendance suffisamment forte pour que cela préoccupe les saigneurs du nord qui opprimaient leurs serfs et voyaient d'un mauvais œil ce laxisme insupportable qui donnaient de mauvaises idées de révolte à leurs Jacques. Mais c'est le nord, sa langue d'oïl et son totalitarisme qui ont gagné.

Il n'est pas question de diviser, la division vient de la volonté de domination et d'imposition de sa culture et de ses valeurs : on n'unifie pas en dominant mais en dialoguant dans le respect des autres.

C'est une erreur de croire que la pacification s'obtient par la force. Dans les rancœurs de ceux qui s'estiment incompris il y a tout ce passé refoulé, non reconnu qui cherche des exutoires.

 

Beaucoup à dire, Wata.

Juste pour "sinistre", la senestra latine était le sens négatif des augures. C'est la place que se sont donnés par fierté et par provocation à la fois les prolétaires accédant enfin pour la première fois au Sénat après une longue guerre civile de revendications.

Pas le temps ce matin d'épiloguer sur les autres points. Mais je n'ai pas à chercher à convaincre non plus. Attention aux idées faussement répandues. Zoé Oldenbourg montre qu'en Occitanie, les hérétiques portaient des projets de société dont je ne crois pas que vous et moi ferions l'apologie (les dénonciations contre la corruption sont les avant-postes d'oppressions encore plus terribles contre le supposé démon de la tentation qui n'est toujours et jamais aux yeux des psycho-rigides qui manipulent l'opinion publique que... les femmes, bien entendu !...). Les Cathares étaient une secte particulièrement hermétique auprès desquels les plus méthodistes et les plus puritains de nos curés intégristes feraient figure d'anges libertaires. 

Pas le temps de rester. Mais la question des langues qu'on relie à l'histoire de leurs peuples est une chose qu'on peut entendre, mais c'est une bataille d'érudition, à vrai dire chronophage à mes yeux. Je préfère concevoir les conditions pour entrer en relation avec les étrangers qui m'attirent. Le chinois m'est difficile d'accès. L'espéranto m'est possible en quelques mois. Ce simple avantage me fait faire un pied de nez à tout ce passé lourd d'oppressions et de mythes mensongers dont avec nos ancêtres et nos contemporains, je crois que nous avons suffisamment soupé pour s'en aller fièrement vers d'autres horizons plus porteurs, du moins à mes yeux, qui vois chaque matin au miroir combien il me reste peu de temps avant de goûter aux beautés de la vie et du monde.

Jean-Jacques M’µ

JJMU: "Mais la question des langues qu'on relie à l'histoire de leurs peuples est une chose qu'on peut entendre, mais c'est une bataille d'érudition, à vrai dire chronophage à mes yeux. Je préfère concevoir les conditions pour entrer en relation avec les étrangers qui m'attirent."

Tout à fait d'accord, Jean-Jacques. Il faut savoir se donner des priorités. Certes, un trop grand nombre de peuples ont, à un moment ou un autre de leur histoire, utilisé des méthodes que nous percevons maintenant inacceptables, car destructrices de la culture, de l'identité ou de la langue d'une partie de ceux qui leur étaient soumis.
Et d'ailleurs, est-ce bien une question de "peuples" ou plutôt de pouvoir? Car au fond, c'est toujours dans le cadre de luttes entre groupes humains: une classe sociale en domine une autre!!
Sous la III ème République, au fond, c'était la classe bourgeoise qui avait décidé d'unifier la France en éradiquant les façons de vivre, penser et parler de la Bretagne, du Centre (culture occitane) etc...
Donc, une partie des Français en a soumis une autre!!! Mais moi je ne fais pas partie de ceux-là, à tel point que, Parisienne expatriée en Charente en 1976, je me suis initiée au parler "Poitevin-Saintongeais"!!!
Il me semble donc un très mauvais procès de considérer la question des rapports entre langues d'un point de vue "punitif" ("ces s... de Français ont détruit leurs langues régionales, donc, bien fait pour eux si le français est à son tour menacé").
Sans compter que la France a aussi compté des Voltaire et autres Montesquieu etc... sans parler de bien d'autres intellectuels, et à l'heure actuelle des Albert Jacquard, Edgar Morin et bien d'autres... sans parler de tous les membres d'Attac, des Edwy Plenel etc...
Bref, à ressasser le passé, on perd de vue ce qui se passe ici et maintenant! Or, certains le pensent: la diffusion de l'anglais (langue pourtant très mal adaptée au rôle qu'on prétend qu'elle joue) a été voulue, habilement promue, et joue un rôle non négligeable dans la transmission de l'idéologie de l'Empire.
Voici un document de Charles Durand, qui a notamment publié "La mise en place des monopoles du savoir". Lisez-en les 12 premières pages, c'est édifiant!

http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/images/stories/articles2/7335-CharlesDurand-Conference-29-11-2011.pdf

Watayaga

Vous transformez des anecdotes en généralités. J'ai toujours conversé dans le bus en France, depuis toujours et encore aujourd'hui. Vous êtes tombée sur des gens éduqués dans votre bus, et ça arrive partout dans le monde. A Seattle personne ne parle dans les bus...

Le sexisme est véhiculé dans toutes les langues. Bitch en anglais est une expression horrible utilisée contre les femmes, et aujourd'hui par les femmes entre elles, le comble - ça veut dire "chienne" - mais on entend jamais le mot chien dans une connotation négative (on dit parfois "lucky dog" chien chanceux !  sans rien de négatif !)

Un petit groupe de Français odieux à l'étranger en cache d'autres plus discrets que vous ne verrez même pas. Chaque nationalité se plaint des touristes de sa propre nationalité. car on remarque les siens surtout quand ils font honte ! J'ai entendu des Etasuniens, des Allemands, des Australiens, et même des Japonais se plaindre de la mauvaise image que leurs compatriotes donnaient à l'étranger !

Que signifiait donc, pour les enfants, devenir des Français? Après qu'on leur eut tant dit et fait sentir, de tous côtés, qu'ils ne l'étaient pas?
La
Citation de : Zoé Oldenbourg.

 

 

 

Jean-Jacques,

"une langue n'est jamais qu'un instrument"

ah non, surtout pas.

Une langue ça se sent, une langue pour l'utiliser il faut l'aimer, et ceux qui l'aiment, ceux qui la sentent, n'ont que faire de la perfection.

Je suis sûr qu'avec un accent à couper au couteau et même avec de graves lacunes qui pourraient rendre certains instants incompréhensibles, on passe mieux le terrifiant "examen de français" dont parle WataYaga, qu'avec une mécanique lisse et parfaite de robot.

-

J'en ai connu, des jeunes qui s'amusaient à inventer des langues. De deux milieus différents, dans deux pays différents, ils avaient le même jeu qu'ils reprenaient à Tolkien pendant la grande mode du Seigneur des Anneaux.

On se souvient aussi de Christian Vander et de Magma, qui préféraient créer une langue pour qu'elle naisse de leur musique.

L'espéranto me semble participer de ce processus mental. Un jeu génial, mais quand même un jeu.

-

Certes le jeu c'est aussi une école pour apprendre la vraie vie. Pour apprendre les vraies langues?

-

Wata attention avec les mauvais souvenirs de perversions. Ce qu'on a voulu faire du langage à certains moments, ce que le langage a reconquis à d'autres, etc.

Axel: " Un jeu génial, mais quand même un jeu."

C'est parce que vous n'avez qu'une vision totalement extérieure du mouvement espérantiste que cette vision déformée s'impose à vous. En réalité, nous comptons parmi nous une quantité bien plus importante que vous ne le pensez d'intellectuels très sérieux, de scientifiques, de politiques, etc... qui en aucun cas ne passent leur temps à "jouer", mais qui ont un réel souci de rétablir plus d'efficacité et d'équité dan sles relations entre groupes, entre individus et nations!!! Citons pour mémoire de nombreux linguistes, comme Humphrey Tonkin (Britannique spécialiste de Shakespeare vivant aux USA), Probal Dagsputa (actuel président de l'association mondiale) ou encore le prix Nobel d'économie Reinard Selten... Ces gens-là ne s'intéressent pas à la langue internationale juste par intérêt "cérébral".

Ceci dit, il est bien compréhensible que votre vision soit parcellaire, puisque les divers médias (presse, radio, TV, cinéma etc...) soit ne s'intéressent pas à cette langue (silence et ostracisme), soit ne s'y intéressent que pour la dénigrer (ou à la rigueur déplorer son supposé "insuccès" sans chercher le moins du monde à faire une analyse "pointue" et honnête des causes de la situation actuelle). Charles Durand (voir mon commentaire d'il y a 15 mn) l'a fait.

On trouve (peut-être) plus facilement de l'information sur... (allez, pour essayer de comparer avec une communauté décriée les communautés Rom) les pêcheurs de pousse-pieds sur la côte de Gallice  Cool  que sur le mouvement espérantiste et ses diverses composantes!!!

J'espérais que vous embrayeriez sur le jeu, au lieu de le réfuter.

Après tout, le français aussi, est une langue artificielle et non naturelle. Le bas-latin est une langue, mais le français est un jeu, et encore plus un jeu depuis qu'il avait été compliqué à plaisir dans un esprit à la fois procédurier et élitiste.

Personnellement, mon finnois je l'ai surtout appris en jouant, en "jouant au finnois" (pas au Finlandais, justement), en renonçant souvent au sens, en proférant des phrases entières avec jubilation, sans en comprendre le sens.

-

Un fil très intéressant, merci pour tout le suivi, j'apprécie particulièrement vos vues avec Jean-Jacques, sur le fonctionnement de l'humiliation/soumission.

Et le français, du reste, c'est aussi l'humiliation, qui devient ensuite intolérance et intransigeance, et qui se niche bizarrement et absurdement dans l'orthographe, dans les "fautes d'orthographe"...

Moui, Axel.... Désolée de prendre ces questions "au sérieux".    Rigolant  Clin d'œil  Mais en fait, si pour moi la découverte des langues ou leur apprentissage peut parfois ressembler à un jeu, je sais que pour d'autres personnes cela représente une épreuve, un parcours du combattant...

J'adore la méthode "Assimil", avec laquelle, en effet, on peut s'imprégner d'une langue comme le font les jeunes enfants, sans forcément piger l'intégralité des énoncés. Il suffit au départ de se laisser "porter" par les dialogues qui sont souvent amusants. Puis, peu à peu, les choses s'éclairent d'elles-mêmes. mais beaucoup de gens, conditionnés par leur entourage, leur vécu etc... ou simplement à cause de leur "profil" personnel, n'acceptent pas ce type d'approche.

La question est bien plus complexe qu'il n'y paraît au premier abord, or "on" la simplifie, et la culpabilisation fait hélas partie de ces simplifications.

Il y a un discours officiel (une "doxa") qui arrange beaucoup de monde, et qui a été colporté depuis des décennies. Genre: "Il suffit de commencer tôt l'enseignement "des" langues (entendez par là "de l'anglais"), d'avoir des méthodes efficaces, vivantes.. de passer beaucoup de films sous-titrés à la TV" etc etc...  Mais... (et rappelez-vous qu'il est exceptionnel que la langue enseignée soit l'italien ou l'espagnol! car en fait quad il s'agit "des" langues, tout le monde comprend bien "anglais") on ne parle jamais des moyens financiers nécessaires, des besoins en encadrement, en matériel didactique, on ne parle jamais de l'inégalité ainsi créée entre les peuples anglophones de naissance et tous les autres, qui eux, doivent en faire l'apprentissage pendant des milliers d'heures.

Bref, quand on se situe "du bon côté du manche" (ceux qui pour des questions "x" ou "y" ont réussi à apprendre 2, 3..."x" langues), il est bien plus difficile de prendre conscience de tous ces aspects inégalitaires, dont certains ont des retentissements négatifs à la fois sur l'économie, les autres apprentissages... et parfois l'estime que les enfants ou les jeunes ont d'eux-mêmes. Car ce que Watayaga dénonce à propos des langues régionales est encore à l'oeuvre avec ce fichu anglais qu'il FAUT à tout prix acquérir sous peine de passer pour nul-le...

Je vous en prie, lisez au moins les 12 premières pages du document de Charles Durand, c'est intéressant.

http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/images/stories/articles2/7335-CharlesDurand-Conference-29-11-2011.pdf

Sur la question de l'orthographe française, je vous rejoins tout à fait. Là aussi on a des processus élitistes qui séparent le "bon grain" de l'ivraie... mais n'oublions pas qu'une langue, c'est loin de n'être que la trace écrite des énoncés, c'est d'abord de la parole, de l'oral. Donc, avant d'être un texte couché sur le papier, une langue c'est une syntaxe. Or, certains enfants sont aussi handicapés avec la syntaxe et le vocabulaire qu'avec la "droite écriture".

Mais je suis fatiguée, je vais donc arrêter là mes commentaires pour le moment...

Totalement d'accord avec vous sur la totalité de votre commentaire : je dirais même que pour le coup, vous me retirez les mots du clavier ! C'est effectivement un des plus graves problèmes du français d'être à l'origine une langue artificielle, créée de toute pièce par des clercs en s’appuyant non pas sur les différents parlers locaux mais sur deux langues étrangères et savantes:élitistes : le grec et le latin, d'où une cacophonie orthographique entre - par exemple, justement, le "f" de faute et le "ph" de photographie ! - Cela fait le bonheur intellectuel des savants, des esthètes et des linguistes, justifie les cours de latin et de grec ancien dont on n'est même pas sûr que la prononciation transmise corresponde vraiment à quelque chose, et le malheur de la basse populace ignorante de ces subtilités étymologiques (éthylisme des mots logiques - ivresse des sens quand tu nous tiens !).

En fait, je ne suis pas une nostalgique du passé mais j'essaye de comprendre ce qui donne au français cet esprit rigide qu'ils appellent "rigoureux" et qui transforme cette langue en véritable carcan intellectuel dont l'académie française est le garant séculaire.

Quand je vois l'inventivité du français ivoirien, sa vitalité, ses aspects ludiques, jubilatoires je me dit que ces gardiens de la langue l'ont bel et bien enfermée dans une prison dorée.

Heureusement de tout temps a coexisté un parler de la rue, lui aussi très savoureux et très juste pour exprimer des sentiments autres que "prout prout ma chère !"

Quant à l'aspect ludique, il me semble qu'une langue n'a vraiment acquis son statut de langue que quand on peut jouer avec (ce que le français permet et dont je ne me prive pas). Mais ces jeux de langue : jeux sur les sons, calembours, contrepèteries, virelangues, rébus, devinettes etc, même s'ils demandent une vivacité d'esprit souvent vertigineuse - dont je reconnais être incapable en ce qui concerne les contrepèteries -, même s'ils sont incroyablement inventifs sont méprisés par les esprits sérieux, supérieurement élevés et rationnels.

Le non-sens façon Monty Python ou Lewis Caroll a du mal à passer même si , dans des genres totalement différents, Raymond Devos et Kaamelott ont su rencontrer un public réceptif.

Ces jeux de langues sont tout de même, avec la poésie qui joue sur la musique de la langue, le propre des langues : ce qu'il est impossible de traduire et pour lequel on ne peut trouver que des équivalents approximatifs qui parfois n'existent pas : ils sont l'esprit de la langue, sa vitalité, sa vivacité. Tout comme les locutions idiomatiques.

Lors d'une rencontre avec des personnes qui réfléchissent beaucoup autour de ces sujets, a été évoqué le langage gestuel quasi universel des bébés et que les enfants conservent longtemps, je m'en suis rendu compte avec des enfants qui ne parlaient pas la même langue mais qui se comprenaient au point d'organiser entre eux des jeux extrêmement complexes alors que les adultes avaient besoin d'un interprète -(enfin pas tous, - puis-je avouer principalement des français ou dois-je masquer cette réalité (on peut y voir aussi une supériorité civilisationnelle...) ? -

Cela m'a fait penser à la langue des signes qui permettaient aux Indiens d'amérique du nord, ne parlant pas la même langue de se comprendre entre eux et à celle des sourds-muets que beaucoup de personnes commencent à apprendre et qui semble très efficace - mais dont je ne sais pas, ne la pratiquant pas, si elle transcendent les barrières linguistiques....

Je suis aussi vraiment d'accord avec cette phrase : "Et le français, du reste, c'est aussi l'humiliation, qui devient ensuite intolérance et intransigeance, et qui se niche bizarrement et absurdement dans l'orthographe, dans les "fautes d'orthographe"..." et je n'y ajouterai donc rien ....

Bonne nuit ...

Je maintiens que la langue n'est qu'un instrument. Rien de ce que vous dites, sur le fait de sentir ou de jouer ne contredit ma thèse. On peut bien sentir (ou mal sentir) une langue, un outil ; on peut l'utiliser à telles fins ou à d'autres. On peut bien jouer (ou mal jouer) d'une langue, d'un outil ; on peut l'utiliser pour s'exercer, exercer tel pari, tel défi, telle compétence avec d'autres.

Ce que nous faisons de la langue dépend de ce que nous voulons faire et ce que nous pouvons penser à travers elle, par elle. Penser le froid avec le vocabulaire d'un francophone n'est pas penser le froid avec le vocabulaire d'un Inuit. À partir de ces outils linguistiques s'élaborent les pensées de chacun de nous selon nos propres hasards et nos nécessités respectifs.

Jean-Jacques M’µ

Voir aussi mon dernier billet,avec un texte de Gandhi extrait d'un bouquin. Dans ce texte, il parle de l'anglais.

Il faut savoir que le "Mahatma" s'est prononcé pour l'usage de l'espéranto....

Essai d'intégration d'image:

8162145.c4ae90f4.560.jpg

 

Je tiens beaucoup à ce tableau, car on y voit bien que si Grèce, Autriche, Belgique, RFA faisaient un peu mieux que nous en anglais  (mais pas tant que ça!!!), nous étions en gros dans la moyenne européenne (qui tourne autour de 25%).Or cette moyenne a sans doute baissé avec l'arrivée des nouveaux membres de l'Union (Pologne Tchéquie, Bulgarie etc...). Les Finnois se considéraient "bons" locuteurs d'anglais à moins de 40%...  Les Danois, réputés pour être très bons anglophones, ne sont qu'à moins de 2/3 de "bons" locuteurs d'anglais, ainsi que les Néerlandais. Ayant voyagé aux Pays-Bas, notamment dans l'est et au nord du pays, je confirme qu'en dehors de la Hollande (province de l'Ouest), on y rencontre aussi des gens ne parlant pas anglais ou très mal. En Frise, de jeunes policiers interrogés en anglais m'ont répondu en allemand! Tout cela dépend évidement de l'âge (voir les 2 premières colonnes). Cependant même les 15-25 ans en Finlande n'étaient que 59% à bien parler anglais!

Une grande absente de ce tableau: la Grande-Bretagne!!!!... puisqu'il s'agit de SA langue elle serait à 100%. Mais si une autre étude de l'Union prétend que plus de la moitié des Britanniques sont capables de parler "une autre langue que l'anglais", cela ne doit pas faire illusion: étant donné le fort taux d'immigrés dans ce pays, ceci explique cela (ils parlent des langues de l'Inde, ou d'autres contrées ex-coloniales, donc des langues familiales) mais ne doit absolument pas nous abuser: de nombreux "anglais" ne parlent ni français, ni allemand, ni espagnol, pour ne citer que les langues les plus "fortes" de l'Europe.

....

En fait, j'aurais pu intituler ce billet: "de l'art de faire prendre les vessies pour des lanternes".

Un point intéressant: la tranche d'âge des 44-64 ans grecs (la même tranche que moi, donc)  plafonne à 12% de compétence en anglais.

Or je me souviens très bien que quand j'avais 18-20 ans (début des années 70), des copains étudiants qui avaient voyagé en Grèce m'affirmaient que là-bas "tout le monde" parlait anglais!

Donc, soit ces copains avaient fait des observations erronées, soit ils fanfaronnaient, soit les seniors grecs sont extraordinairement plus pessimistes et modestes sur leurs compétences en anglais que les autres Européens.

Ce que je crois, c'est que, pour tout un tas de causes, les voyageurs s'abusent souvent, et ont une vision déformée de la réalité!!!

En tout cas, ce n'était pas en Crète que "tout le monde" parlait anglais dans ces années-là... Il y avait à Lentas un épicier qui refusait de vous donner la marchandise si vous refusiez de répéter après lui le nom en grec !

Excellent!!!... Je suis morte de rire.

Un monsieur sans doute un brin "excessif", mais au fond pourquoi pas?

Ici en Charente, nous avons de nombreux Britanniques qui après 5 ou 10 ans d'installation, continuent à ne parler pratiquement que leur langue maternelle! En tant qu'institutrice, j'ai même eu affaire à une famille d'enfants scolarisés dans notre école, et dont le père (restaurant des maisons depuis plus de 3 ou 4 ans), ne parlait QUE sa langue avec les enseignants. La mère, elle faisait quelques efforts, mais très très insuffisants!

J'ai entendu aussi parler d'un serveur de restaurant en Italie qui refusait de "comprendre" les touristes anglophones, ou les servait de mauvaise grâce.  Mais mais... nos compatriotes adorent cependant s'autoflageller en affirmant que nous détiendrions le record de la "grogne" envers les touristes.

On revient à ce qui a motivé mon billet: cet "autodénigrement" a bien une raison d'être... Nous rendre honteux et nous soumettre, non?

On me signale juste une chronique d'Eric Zemmour sur RTL. D'ordinaire je ne goûte guère ce que dit ce monsieur, mais pour une fois je suis assez d'accord avec lui.

http://www.rtl.fr/emission/z-comme-zemmour/ecouter/eric-zemmour-l-insupportable-domination-de-l-anglais-7743297657

En fait cet épicier crétois était des plus sympathiques. Comme son inventaire était assez limité, sardines, thé, sucre etc.., l'effort n'était pas immense ! Il s'acharnait en riant sur les quelques touristes qui se contentaient de pointer du doigt vers le produit sur le rayon ou ceux qui lui parlaient anglais sans vergogne aucune !

Le dénigrement de la France par des Français est un fait curieux. Lorsque les Etasuniens le font, ils appelle ça du French bashing et s'en amusent, parfois avec ironie. Il semble que le gouvernement, de culture Neuilly-NewYork, a amplifié ce phénomène par le biais de sondages médiatisés et de discours négatifs répétitifs.  

"Il semble que le gouvernement, de culture Neuilly-NewYork, a amplifié ce phénomène par le biais de sondages médiatisés et de discours négatifs répétitifs."

Amplifié??? Oui, très certainement, mais cela a été mis en place bien avant... Cela fait longtemps. A mon avis, c'est un discours de classe. Les classes supérieures (qui avaient l'habitude de fricoter avec la GB et les USA... pensez à tous ceuxx qui ont coutume d'aller faire les "soldes" à New-York!)  dénigrant les classes populaires sous divers prétextes, en tous cas, plus ou moins consciemment pour pousser vers l'adhésion au système capitaliste, ultra -libéral etc...

Le combat linguistique contre le globish est un combat juste et difficile.

En ce qui nous concerne notre désengagement dans la Francophonie est un désastre culturel et économique nous gaspillons nos chances d'une certaine autonomie vis à vis de l'Anglais.

Notre absence de soutient de l'Espéranto en est un autre car nous pourrions très bien y jouer un rôle de lider.

Je ne suis pas pour favoriser la francophonie (qui est le moyen par lequel, notamment en Afrique, s'impose ce néo-colonialisme qu'est la FrançAfrique).

Je crois que les francophiles (ceux qui aiment la langue française) se trouvent en n'importe quelle région du monde (et même en France : Ionesco, Becket, Pasnatti...). Leur choix se fait en fonction d'une volonté et d'un goût libres. Ils ne sont pas, comme les francophones que je connais, les valets du système dominant.

Jean-Jacques M’µ

J'ai vérifié: il parle de la langue de "l'occupant"... Il y a bien d'autres choses à remarquer dans ces quelques 70 ou 80 mn...  par exemple il fait remarquer qu'au Parlement Européen, les amis du parti de Sarkozy embrassaient Victor Orban pendant que les Verts ou les députés de la vraie gauche s'étaient baillonnés pour protester contre les persécutions envers la presse et les opposants... Il rappelle que ce sinistre individu était très bien accepté mais que ce qui "dérange" Bruxelles (la commission) c'est que la Hongrie se mette à critiquer la BCE.  Mais bref, je vous laisse éventuellement écouter.

Ayant eu une langue impérialiste et l'ayant perdu nous mesurons mieux que quiconque les privilèges politiques culturels, économiques que nous avons perdu et qui devraient nous faire militer pour une langue internationale .

Au lieu de pleurer sur cet empire perdu nous devrions profiter, sans esprit de supériorité de ces liens historiques acquis dans des conditions douteuses pour développer des solidarités fécondes..

(...) profiter, sans esprit de supériorité de ces liens historiques (...) pour développer des solidarités fécondes..

Vous avez tout à fait raison, Christian!

Tiens, cela me rappelle un autre passage du discours de Montpellier, JL Mélenchon disant que les vrais Européens ce sont lui et ses amis, car ils n'acceptent pas que l'Europe soit sous la coupe du duo France-Allemagne!!!

Je désire rappeler au passage (ou signaler pour ceux qui l'ignorent), qu'en 1922, à la Société des Nations, c'est la France qui s'est "tiré une balle dans le pied" pour son avenir linguistique... Voici comment.

Un des secrétaires adjoints, le lettré japonais Inazo Nitobe, avait réussi à convaincre les membres, au moyen d'un rapport très argumenté, que l'espéranto devait devenir une des langues de travail de la SDN. A l'époque il devait y en avoir seulement 3 ou 4 (français, anglais... peut-être russe et espagnol??? Je n'ai pas de certitude). La proposition vint à être votée, et elle aurait dû être adoptée car seulement 3 voix s'opposèrent (avec aussi une abstention je crois).

Mais ce qui empêcha l'espéranto de devenir une des langues de la SDN ce fut le veto... de la France!!!! Etant un pays colonial... nos représentants étaient persuadés que notre influence ne pouvait que durer, et ce, grâce aussi à notre langue qui se parlait sur les 5 continents...

 

Pour en revenir à ce qui me semble le sujet, je ne crois pas que l'apprentissage de l'anglais soit une marque de soumission. 

D'abord, l'apprentissage d'une autre langue, quelle qu'elle soit, est un processus de libération pour le cerveau - c'est un élargissement de la capacité verbale, un enrichissement conceptuel.

Ensuite, l'apprentissage de l'anglais, dont il est question ici, ouvre des portes à la critique. On peut lire dans le texte d'un côté les perspectives dominantes, mais d'un autre côté les nombreuses perspectives critiques des premières. Fini le discours hégémonique francophone expliquant 'tout'.

Il ne tient qu'à nous d'apprendre plusieurs langues. Ce n'est pas si difficile et se fait à tout âge, il suffit de commencer, de s'y intéresser, et de perséverer - la grande question est la motivation... 

Un réel problème reste le langage des traités et des accords internationaux - c'est une question difficile à laquelle je ne pense pas que l'espéranto puisse répondre de façon adéquate.  La difficulté réside dans les concepts qui diffèrent dans chaque langue et que le choix des mots tente d'imposer de façon unilatérale.

Chaque époque connaît une langue devenue une sorte de koiné (langue 'commune') - un phénomène toujours éphémère pour de nombreuses raisons dont la révolte contre une soumission perçue n'est peut-être pas la moindre...

 

Je suis tout à fait d'accord avec votre analyse.

D'accord avec le fait de réfuter l'idée qu'apprendre et parler quelque langue qui soit au monde, ce serait des soumissions.

Par contre, et là est l'effet pervers : que tous les pays du monde se mettent à apprendre une seule et même langue vivante, l'anglais en l'occurrence, ça permet aux pays pratiquant cette langue d'économiser sur les apprentissages de langues étrangères. Ils bénéficient de fait et symboliquement d'une aura de supériorité telle que, comme l'exemple donné plus haut, même en terre étrangère, ils continuent à parler avec les autochtones dans cette langue extérieure qui devient dominante de facto. Colonisatrice ?... eh bien, pas si loin, si on y réfléchit bien...

Ils ne sont certes pas des oppresseurs, bien entendu, et nous ne sommes pas soumis, mais, par contre, nous sommes en exclusion, en apartheid si on ne peut pas communiquer dans cette langue, ou imparfaitement, car c'est nous, alors, qui sommes mis en demeure de soigner et parfaire notre expression – extérieure, je dis bien, (qui ne nous appartient pas en propre, originellement) –, ce qui peut être sans doute enrichissant, oui, mais également un tantinet infantilisant. On s'en rend compte à la longue quand on a comme moi 60 ans et qu'il y a comme une sorte d'obligation à savoir s'adresser sans faute à un ado de 12 ans parfaitement bilingue, lui, mais qui essaiera d'échapper à la langue d'ici, le français, pour se mettre sur le terrain qui lui est le plus favorable : l'anglais, par le recours à ses propres parents.

Voilà pourquoi votre fille est muette.

Jean-Jacques M’µ

parfaitement bilingue  - les personnes dans ce cas le sont en général pour avoir vécu dans les deux pays ou dans les deux communautés... 

 

Je note que chez nos propres élites, bien peu savent parler anglais correctement, ou se faire comprendre ! Sarkozy est tout-à-fait typique, et Christine Lagarde, la "perle" (qui a tout-de-même résidé à Chicago aussi longtemps qu'en France...)

 

N'oublions pas que "tout le monde" qui se mettra à apprendre l'anglais ne réussira pas nécessairement à le parler ou le comprendre. La cacophonie dans les groupes internationaux est effarante. Parler vite, sans énoncier, et avec un fort accent, une langue étrangère est une recette éprouvée pour qu'à la sortie de la réunion on se chuchote : "je n'ai absolument rien compris à ce qu'il a dit, et toi ? " "moi non plus..." - et cela dans des boîtes où il faut mettre en pratique ce qu'on a 'entendu' - cafouillages, erreurs, échanges de mails, réunions en privé, délais... Encore pire dans les organisations où de malheureux traducteurs doivent traduire tout ça ! Gabégie.

 

Aujourd'hui l'anglais, pour un temps le français aussi, autrefois le grec ou le latin, et ailleurs l'arabe ou le persan, le trurc, langues dominantes, d'administration, du conquérant ou de puissants marchands. Hors la nécessité professionnelle, apprenons donc les langues de notre choix, et assumons ce choix : Vous ne parlez pas anglais ? - non, mais j'apprends le chinois, et vous ? ou le langage des signes, ou l'espéranto ou le swahili. Je redis que ce qui compte c'est la motivation. On n'apprend pas une langue pour faire bien ou pour se soumettre à un ordre mondial car on ne l'apprend bien que lorsqu'on a une motivation profonde, un intérêt sérieux. On peut aussi bien expliquer qu'on n'apprend pas une autre langue, mais cultive la sienne (et il y a toujours du boulot !) , et en donnant un sens large au mot langue, on peut jouer du violon, peindre, chanter, protéger une forêt...

 

Quant aux gamins de 12 ans..., ne parlait-on pas "javanais" ou aujourd'hui verlan d'un air entendu pour ennuyer sérieusement les parents ? Sourire

Je suis d'accord avec Jean-Jacques... Je vois que le texte de Charles Durand n'a pas dû être très visité, je vous en collerai des extraits ici...

Le problème n'est pas la langue commune, elle est le fait que cette langue soit celle de deux ou trois nations qui en tirent un avantage "injuste".

mhjozoux   "Il ne tient qu'à nous d'apprendre plusieurs langues. Ce n'est pas si difficile et se fait à tout âge"

Ceci est une vision très "optimiste"... (j'utilise ce mot pour être gentille Clin d'œilInnocent).

Moi qui ai eu comme langues "scolaires" anglais et italien, n'y ai pas trop mal réussi (je ne suis pas enchantée de mon niveau d'anglais, mais il est tout de même très "honnête" et sansdoute meilleur que celui de bcp de Français de ma génération*) puis suis devenue autodidacte en espéranto et espagnol, avec ensuite acquisition de notions d'allemand et de polonais, je peux vous dire que même avec Asssimil, cela demande du temps, forcément prélevé sur d'autres activités!!! Par ailleurs une langue qu'on ne pratique pas régulièrement s'oublie!!!  Il faut s'entretenir. Donc, parler bien (couramment)  3 langues étrangères ou plus ne me paraît possible qu'à une fraction de la population, et au prix du renoncement à d'autres matières d'enseignement.

C'est autre chose de favoriser l'intercompréhension entre langues voisines (en en parlant activement une , et comprenant passivement les autres: ainsi grâce à mon niveau d'italien et d'espagnol, je comprends le portugais... l'anglais et l'allemand me donnent des "clés" pou le néerlandais écrit, et grâce au polonais je peux parfois "chopper" des petites bribes d'énoncés en russe ou autres langues slaves)

Franchement, mettez-vous à la place d'un Français "lambda" de niveau d'études bac -2 (ou même "bac +2")... Combien de gens se remettent-ils à étudier, pendant leur vie professionnelle, qui les sciences, qui les maths ou... la littérature???

Quant à les apprendre, ces 3 ème, 4 ème, x-ième langues, pendant la scolarité, c'est un choix motivé par la carrière qu'on vise à faire: enseignement, traduction, commerce etc... Mais il y a déjà tellement de matières nécessaires!!!!

-----------------

* Je sais bien que les Britanniques présents en Charente sont rarement très polyglottes (même en français malgré leur résidence principale chez nous), et que leurs compliments pour mon anglais peuvent être "de circonstance"... mais bon, l'automne dernier j'ai tout de même aussi traduit une vingtaine de billets d'Oscar, des Marcheurs de Sol vers Bruxelles

Ah ! Je vois que vous avez réussi à apprendre l'a nglais à l'école ! Moi, à part "my taylor is rich" je n'en ai aucun souvenir (et pourtant j'étais considérée comme "bonne" puisqu'on m'a forcé à apprendre (c'est un grand mot : je ne connais que les premiers vers de la Lorelei et la chanson "Warum" !) l'allemand - les "mauvais" devant apprendre, eux, l'espagnol ! J'ai amèrement regretté d'avoir, pour une fois, été bonne à quelque chose !

Après, au gré de mes rencontres, j'ai éssayé d'apprendre le russe, le chinois, l'arabe, le peul, le dioula mais je ne suis jamais arrivée à aller au-delà de "bonjour" "comment ça va". On ne va pas très loin avec ça mais dans mes relations avec les enfants et leurs familles ces quelques phrases me facilitent sacrément les relations ! Faut dire que ces personnes issues de civilisation inférieures sont sacrément gentilles, chaleureuses et indulgentes ! Elles n'ont pas encore compris que pour être civilisé supérieurement il fallait se montrer féroce....Mais cela viendra, nous leur servons de modèle !

Et le Limousin, Watayaga??? Rigolant n'avez-vous jamais essayé de "faire sauter" cette barrière qui fait semble-t-il partie de votre histoire familiale? Allez savoir si vous colleter avec cette ancienne mauvaise action envers vos ancêtres ne vous donnerait pas des forces?

Je suis bien d'accord avec vous sur l'utilité de faire un ou deux pas en direction des gens qu'on visite. J'en ai fait autant avec le tchèque, le Japonais... Mais depuis, j'ai presque tout oublié! Une langue qu'on ne pratique pas ou trop peu s'oublie!!!

Par contre, pour le chinois, je n'ai pas réussi. Je me disais "je vais apprendre juste quelques bases à l'aide de l'écriture pin yin.". J'avais acheté des bouquins avec des CD. Mais à cause des tons, et de la complexité de prononcer la transcription Pin Yin, j'ai vite pigé que, contrairement aux autres langues (pour lesquelles 5 ou 6 mois m'avaient suffi à acquérir quelques mots et phrases),  je ne progresserais pas assez en "Putong Hua". J'ai donc abandonné le chinois au bout de 3 ou 4 semaines, me contentant de "Ni hao" (bonjour, ou plutôt: toi bien?) et "Xie xie" (merci)... Je ne suis même plus sûre de la transcription écrite!

----------

Mais bref... Avez-vous déjà pensé à vous informer sur l'espéranto? (je dis bien "vous informer", et non "apprendre"!!)

-----------------

PS: Dans un de vos premiers commentaires vous aviez écrit comprendre ma "cause" (y être sensible) mais il n'est pas certain que vous ayiez alors bien évalué l'ampleur de cette "cause", et à quel point elle est convergente avec le ressenti de gens comme vous. En effet, je ne me positionne  pas avant tout comme une défenseuse de la "langue française", mais bien plutôt du droit de chacun à acquérir et pourvoir utiliser au moins un, mais de préférence plusieurs outils linguistqiues pour penser, et exprimer la pensée et les sentiments. Si je critique la trop grande présence de l'anglais, ce n'est pas par un réflexe de chauvinisme franco-français (bien que j'aime beaucoup ma langue maternelle, étant née à Paris je n'en ai pas d'autre!!!) mais parce que tout impérialisme et prise de pouvoir m'est insupportable... J'éprouve de la sympathie et de l'intérêt pour les langues régionales, même celles d'autres pays que je visite, comme par exemple le frison aux Pays-Bas... et je lutterais tout aussi bien contre une autre langue, si cette dernière évinçait les autres (chinois, allemand, arabe, russe... etc...)

Avez-vous pensé à jeter un oeil sur mon billet à propos de Gandhi?

@mhjozoux   "je ne crois pas que l'apprentissage de l'anglais soit une marque de soumission. " 

Disons... parfois de soumission, parfois de mode, parfois de simple ambition professionnelle. En tous cas, trop peu de gens se posent des questions sur ce "TINA" linguistique ("There Is No Alernative", comme le clamait Thatcher)

Dominique C

Je viens de discuter avec une amie prof d'anglais dans une fac et je constate que le problème est pire que ce que vous en dites sur vos billets : il y a une véritable main mise de certaines entreprises américaines sur les examen français.

Je ne peux en dire plus pour ne pas nuire à mon amie mais c'est catastrophique !

Ainsi, si le problème était que l'anglais s'impose peu à peu en tant que langue internationale par une sorte de conditionnement social et culturel je ne me scandaliserais pas outre mesure - juste cela m'agacerait, mais là ça va beaucoup trop loin car il s'agit d'injonction non seulement d'apprendre l'anglais mais de passer obligatoirement par un filtre US pour que les diplômes soient validés et l'on sait à quoi aboutit ce genre de pratique intrusive.... 

C'est donc la mise en place progressive d'un processus dictatorial et hégémonique !

"(...)mais là ça va beaucoup trop loin car il s'agit d'injonction non seulement d'apprendre l'anglais mais de passer obligatoirement par un filtre US pour que les diplômes soient validés"

Merci Watayaga!!! Je me doute bien que l'instrumentalisation de l'anglais est un puissant levier économique, idéologique etc... Mais je m'impose généralement de dire les choses de façon "acceptable", c'est-à dire que j'essaie de garder un peu de distance. Pour ne pas choquer, j'essaie de m'en tenir aux faits observables par tout un chacun, mais en les mettant en relief et en les reliant les uns aux autres.

Mon ami Michael Leibman, prof d'anglais en collège, espérantiste et parfait bilingue anglais-français (puisque son père est originaire du continent américain), me répète sans cesse qu'il convient d'utiliser l'espéranto nous-mêmes pour le faire progresser, mais qu'il n'est pas pertinent de donner l'impression que nous adhérons à une sorte de "théorie du complot". Pourtant bien des auteurs, et en premier lieu un Britannique lui-même, le professeur Robert Phillipson, nous a alertés avec son livre "Linguistic imperialism" (Oxford University Press), et Charles Durand, (un Français professeur d'informatique je crois, vivant actuellement au Vietnam) aussi .... Sans parler de bien d'autres moins actifs ou moins connus. Le dernier en date est Claude Hagège.

Mais hélas, vous voyez bien que peu de gens sont interpelés par ces "lanceurs d'alerte" et par mes billets... Les "spins doctors" ou autres conditionneurs d'opinion ont très bien fait leur job!!!

J'espère tout de même que petit à petit... les idées progresseront un peu.

J'étais hier soir à une projection des "Nouveaux Chiens de Garde", avec un des journalistes-scénaristes, Renaud Lambert, qui disait, sur un autre sujet, que même si on leur ment et rement... il y a toujours un moment où les gens s'aperçoivent que la réalité, leur réalité ne correspond pas avec ce qu'on essaie de leur vendre. C'est, il me semble, une idée largement défendue par Noam Chomsky.

Demain il faudra que je revienne ici parler des Indignés, et de la perception  que beaucoup de ces jeunes ont de la question linguistique. Curieusement, chez ces individus très critiques sur beaucoup de sujets, la "doxa" officielle (celle de l'anglais incontournable, qu'on doit apprendre et manier en parallèle de quelques autres langues pour respecter la diversité) n'est pratiquement pas remise en cause. Ils semblent même "marcher" à donf dans le schéma: "Oui, mais l'espéranto est dangereux pour la diversité", sans même se rendre comte que c'est ce qui se passe ICI et MAINTENANT avec l'anglais!!!!

Si cela vous intéresse, sachez que j'ai écrit un article d'édition sur la comm linguistique chez les Indignés.

http://blogs.mediapart.fr/edition/les-indignes-mouvement-15m/article/200212/nous-les-99-comment-communiquer-mondialement

Tu te trompes, Dominique, par ce que tu appelles le peu de réponses aux lanceurs d'alertes dont tu es.

Je suis un exemple de ceux que tes arguments ont réussi à convaincre. Il y a moins d'un an encore, je disais à mes enfants qu'il était impératif d'apprendre l'anglais pour connaître le monde et les gens du monde. Depuis cet automne, et ma vie, et l'Indignation, et tes billets m'ont progressivement conduit à revendiquer une langue internationale pour les peuples sans passer par des intermédiaires aux privilèges exorbitants (les alertes sur l'impérialisme de l'anglais me paraissaient jusqu'alors exagérées, maintenant, j'en ai pris conscience).

Petit à petit, les choses avancent.

Dans quelques mois j'aurais appris l'espéranto. Mon fils aussi, je crois, à l'entendre. Et sa mère entend ses arguments avec une oreille de plus en plus complaisante... Ça avance, ça avance, et ce que tu as pu réussir avec moi, tu es en train de le réussir ailleurs, avec d'autres...

Courage.

Résolument.

Jean-Jacques M’µ

Mais je ne pensais pas à toi, Jean-Jacques!!!   Sourire

Bien sûr, à force de creuser un sillon, quelques graines finissent par pousser, sinon ce serait à se flinguer. Mais ce qui est parfois un peu décourageant, c'est la disproportion entre le temps passé à interpeler ceux et celles qui partagent un idéal de liberté, d'égalité, de démocratie, et les résultats.

Sur 20 personnes contactées, souvent on en a 15 ou 16 qui campent sur leurs positions ("L'anglais a gagné, c'est ptête pas juste ,mais c'est comme ça, on n'y peut rien et pis l'espéranto on l'a essayé mais ça a foiré, il doit bien y avoir une raison à ça, c'est artificiel pas une vraie langue et puis on préfère la diversité blablablabla...."). Une ou deux sont ébranlées... et une (ou pas du tout) prend conscience et agit.

Et de plus, puisque tu parles de tes enfants.... il me paraît également pertinent de ne pas détourner les gens qui le souhaitent et le peuvent d'apprendre l'anglais, car c'est un outil et un levier....

La question étant: "Qui le peut vraiment? Originaire de quel(s) milieu(x), en combien de temps? Pour arriver à quel niveau?... Avec quelles conséquences?... (etc) ".

Autrement dit, obtenir des gens que sur ce point comme sur d'autres, ils perdent leur naïveté... Que cessent les dérisoires  "Faut qu'on, y'a qu'à..." (commencer l'anglais plus jeune, passer des films en VO à la TV, avoir une meilleure pédagogie etc etc...)

 

INFO INFO INFO:

Depuis peu, Google translate     http://translate.google.fr/   a ajouté l'espéranto aux langues qu'il est possible de traduire en ligne!!!!

Voilà une très, très, très bonne nouvelle... que j'attendais avec impatience.

Dans les échanges des 99 % de toutes langues, il suffira qu'un texte soit rédigé en espéranto pour que les différents paticipants, par l'intermédiaire de Google, puissent en avoir une traduction à peu près acceptable dans leur langue (sans fatiguer une armée de traducteurs) et en comprendre ainsi le sens. Et leur donner envie de s'investir pendant 6 ou 7 mois pour en maîtriser valablement l'usage et la compréhension.

Il faut continuer le travail de fourmi ou de colibri. 

C'est par capillarité, comme c'est le cas pour la sève des arbres et des plantes, que l'Espéranto finira par imposer ses vertus linguistiques  ... et au bout du compte, anti-élitistes.

Oui, je le crois aussi. Oui.

Il faudra tout de même aussi garder une certaine distance avec l'outil électronique : même si ça dégrossit assez bien le travail, les approximations et les contre-sens restent toujours possibles ; et rien ne remplacera jamais la vérification par des personnes mieux renseignées qui connaissent bien la langue parce qu'elles ont pris la peine de l'apprendre.

Jean-Jacques M’µ

L'esclave cherche toujours à imiter sont maitre jusqu'au jour où se trouve un nouveau maître ou quand il se libère mais c'est beaucoup plus rare.

 

Et ?....

J'opine, soutiens et réitère... "Et...???"

Corinne, penses-tu vraiment que les soumis vont se choisir un nouveau maître (les Chinois???). Peut-être sommes-nous au contraire au moment où les prises de concience peuvent faire basculer le monde? Comment le savoir?

 

Je viens seulement de découvrir cet échange si riche à propos de langues. Le langage ordinaire, pour moi, est l'outil-arme quotidien universel. Il vaut donc la peine d'en étudier les problématiques, de se donner la peine de s'en rendre maître (dans la mesure du possible!), de l'étudier en tant que caratère anthropologique. C'est dire si l'intérêt passionné que je vois dans toutes les interventions ci-dessus me paraît justifié.

A propos de l'anglais, ou plutôt de la galaxie anglophone... Anecdote : à la Libération, moi, Parisien ayant "appris l'anglais" au lycée, je me précipite à la rencontre des militaires alliés, Anglais et Américains. Horreur! Moi, nourri de Shakespeare et de Milton ou Wodsworth , je ne comprenais rien, et n'étais pas compris...Quinze jours ont suffi...presque. J'entre en parler avec un GI :échectotal. J'en interpelle un autre, à 10m de là, que je connaissais déjà : "Hi, Tom! Idon't understand him at all!". Il vient, s'adresse à l'autre, lève une main désabusée : "Never mind, Gil : he's a Texan!" Sur le ton de "C'est juste un pauv'plouc..."

Plus sérieux : pas plus de haro sur l'anglais que sur les math, deux instruments possibles de notre mise en dépendance...et de notre émancipation. A nous de voir ce qu'on en fait...Si je ne connais pas le maniement de l'épée, le premier soudard venu peut me tuer...c n'est pas "se soumettre" que d'apprendre l'escrime. Ce serait se soumettre que d'abandonner notre langue, et d'oublier nos savoureux patois.

Je passe du coq à l'âne, en apparence seulement . Le hasard a voulu que ma spécialisation universitaire me fasse étudier les enquêtes, tests, sondages, recueils de données démographiques...Les sondages d'opinion, non seulement ne me troublent pas, mais me donnent des armes pour aider mes proches et mes amis à n'en être pas affectés.

Savoir ce qu'on sait,et de plus tout ce que sait l'agresseur : la défense n'en est pas rendue plus difficile...

Bien sûr, Gilbert qu'il convient de se saisir au maximum des outils que d'autres maîtrisent déjà et peuvent insrumentaliser pour nous soumettre. Mais, mais mais...il faut aussi être réalistes. Faire le "maximum" ne doit pas être de gaspiller notre temps, notre argent, et notre énergie pour des résultats incertains.

Pour le moment, les politiques d'enseignement des langues sont surtout incantatoires, les discours culpabilisants envers les citoyens ou les enseignants... et bien des mensonges sont colportés.

Ce que nous, espérantistes, prétendons, c'est que le "détour" par l'espéranto loin d'empêcher l'accès à l'anglais, le faciliterait, et donnerait en tous cas bien plus rapidement à un maximum de gens, un accès équitable et démocratique au dialogue interculturel. Car 300 h d'éude de l'espéranto sont équivalents à au moins 2000 h d'étude de l'anglais.

Ce dont nous sommes conscients (contrairement aux anglolâtres) c'est que l'Ordre Linguistique actuel demande à tous les citoyens de pays non anglophones des dépenses énormes, des milliers d'heures d'étude, pour un succès souvent très médiocre. Cela a un coût, cela a des conséquences économiques,  constitue un handicap réthorique (cf le rapport Grin)

Vous vous souvenez que je vous ai parlé de la langue des signes comme langue internationale ?

Voici une vidéo qui en plus d'exprimer ce que je pense à propos de ce que pourrait être la construction d'une société qui pourrait établir des valeurs universelles non fondées sur le principe d'une culture qui aurait découvert la vérité vraie seule et unique à répandre de gré ou de force dans le monde mais sur une mise en commun des savoirs millénaires des uns et des autres et le respect des différences locales montre ce que je voulais dire à propos de la langue des signes.

.

 

http://www.ted.com/talks/lang/pt/bunker_roy.html#.Tty9NE-cDhE.facebook

.

Ah ! C'est en anglais mais j'ai pratiquement tout compris sans le traducteur en dessous (bouton déroulant, c'est un site portugais). Je remarque encore une fois que le seul anglais que je comprends est celui qui n'est pas parlé par des anglo-saxons (je comprends presque par intuition celui de bon nombre d'Amérindiens, par exemple...)

C'est vraiment enthousiasmant, je regrette seulement de ne pas en avoir entendu parler plus tôt !

Vous remarquerez que cela passe par les femmes et que toutes ces femmes sont voilées, alors que l'on fait du voile une marque de soumission...Mais c'est un autre débat....

Ah ! Ca m'avait échappé et pourtant j'essaie de ne pas louper ses billets mais tout va trop vite et quand on travaille En pleurs

Merci du lien

Alors.. Watayaga, j'ai commencé à regarder (les 3 premières minutes) et je dois dire que c'est un régal intellectuel de visionner cette conférence en anglais sous-titrée en portugais (du Brésil je suppose).   Rigolant   Dans mon  cerveau ces deux formes du discours se complètent parfaitement! L'anglais en audio, et l'aide visuelle des mots écrits, que je comprends sans problème... Je trouve que ça illustre parfaitement ce que peut être un multilinguisme bien pensé.

Mais... avant de continuer, je vais tout de même vous dire que, si je pense et ait toujours pensé que la langue des signes vaut la peine d'être promue et enseignée, on ne saurait en aucun cas en faire un "substitut" des langues de communication internationales telles qu'anglais, français, espagnol, espéranto etc... pour plusieurs raisons, dont la plus évidente est celle-ci: par écrit, comment pourrait-on faire pour se comprendre d'un pays à l'autre, d'une langue à l'autre?

Par ailleurs, comme je suis en contact avec des sourds et malentendants AEDSM (Association des Enseignants Devenus Sourds ou Malentendants), j'ai déjà eu l'occasion de parler avec eux de ce moyen de communiquer. Ils m'ont assuré que cette langue est assez longue et lourde à apprendre... et qu'elle comporte de grandes variantes d'un pays à l'autre, ce qui ne la rend pas vraiment "internationale". Il y a DES "langues des signes" comme il y a DES  langues parlées.

Je terminerai en disant que beaucoup de gens que l'idée de l'espéranto dérange profondément ont recours à cette hypothèse d'universalité de la langue des signes... ce souhait qu'on encourage son développement, parce que, décidément, ça leur paraît plus "acceptable" ou "naturel" qu'une langue auxiliaire construite...

Ceci dit, j'y retourne, car je ne doute pas que ce soit passionant... Mais c'est long, + de 19 mn!!!

Ah ! Je n"ai pas vu le temps passer : je l'ai même regardée deux fois : une fois en sous-titrages portugais et puis j'ai trouvé le français mais miracle : je me suis rendu compte que j'avais déjà tout compris en portugais aussi (ce que je n'ai pas osé dire dans mon premier commentaire vu que je n'ai jamais appris le portugais et que cela me paraissait incroyable !

En fait, il ne s'agit pas de la langue des signes des sourds-muets mais de la débrouille. J'avais déjà observé que des enfants ne parlant pas la même langue, après un moment d’accommodation réciproque sont parfaitement capables de se comprendre par la gestuelle. J'émets l'hypothèse (mais j'ai lu il y a quelque temps un article à ce sujet dont j'ai oublié les référence et pas noté le site qui parle d'une étude qui va dans ce sens), que c'est dans notre patrimoine le plus ancien, même avant l'humanisation et que les différences émanent de nos cultures. J'ai la flemme de recommencer cette phrase... et je n'ose pas la relire Déçu

 

Il me semble que ce n'est pas pour rien que cela passe par les femmes....que les féministes qui ont l'homme comme référence  - ce qui n'est pas mon cas - me pardonne ou pas, d'ailleurs je m'en fou..... le masculin n'est pas mon modèle, je suis une doudou ! Bouche cousue

Sur un Mac qui tombe en "kernel panic"

(une panne rare qui fige l'ordinateur et qui annule toutes les possibilités habituelles d'actions de secours),

le rideau gris qui tombe sur l'écran, comporte un message automatique d'urgence pour l'utilisateur.

En cinq langues: anglais, français, espagnol, allemand, japonais.

Ce sont ces cinq langues, alors que tous les Macs sont conçus pour fonctionner dans plus de quinze langues, qui sont encore aujourd'hui, "les langues du pouvoir".

Quand le message de Kernel Panic sur les Macs, aura sa version chinoise, ce sera le signe que le pouvoir aura un nouveau maître incontournable.

Alors sur le multilinguisme informatique, vient de sortir un ouvrage en licence "Creative commons" (version papier payante, version pdf gratuite)

"Réussir le cyberespace multilingue"

C'est épais... Mais on doit pouvoir butiner dedans. Pour ma part, j'ai survolé quelques pages...

Pliée de rire...   !!!!

Sur 20 minutes, un article à propos du PSG. Rien à voir?... à vous de juger:

"FOOTBALL - Face à la multitude de nationalités qui composent l'effectif et l'organigramme parisien, pas facile de communiquer...

Un président qatari, un directeur sportif brésilien, un entraîneur italien, un adjoint anglais, et huit nationalités différentes chez les joueurs. C’est peu dire que la communication n’est pas une chose facile au PSG. Cela n’empêche pas le club de la capitale de squatter la première place de Ligue 1, malgré un coach qui passe ses consignes en italien, en français, voire en anglais. Alors le club doit-il appliquer une langue officielle?  A 20 Minutes, on propose trois solutions au PSG pour clarifier la situation. (...)

En Français, parce que c’est Paris 

Les propriétaires du club, depuis l’été dernier, ne sont plus français. Il n’empêche, dans un club aussi emblématique que Paris, «la langue du pays s’impose», indique Françoise De Oliveira, la vice-présidente de Défense de la Langue française (DLF).  (...)

En Esperanto, pour ne froisser personne

(...)   Autre avantage, et non-négligeable: sa facilité d’apprentissage. «En six mois, à raison de 1h30 par semaine, on peut communiquer normalement avec un autre interlocuteur. C’est entre sept et dix fois plus facile que l’Anglais, par exemple», jure Axel Rousseau. Enfin, une formation pour l’ensemble du secteur sportif ne devrait pas coûter grand-chose. Dans les associations, les cours sont souvent gratuits, quand la formation payante la plus chère de France est à 200 euros. Alors autant commencer tout de suite: « Football» se dit «Piedpliko».

-----------------------------------

M'enfin!!!!  Ils sont en train de tourner "utopistes" chez "20 minutes"???

Newsletter
Je m'identifie