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Blog prêté à Erri de Luca
L’écrivain Erri de Luca a envoyé le texte ci-dessous . Dans les pages du journal réservées aux abonnés, vous avez été nombreux à prendre position, à la suite des deux articles de Maguy Day, sur Marina Petrella, et à évoquer l’Italie.
Erri de Luca avait 18 ans à Rome en 1968.
Il n’est pas devenu diplomate, comme prévu.
Il s’est engagé politiquement , dans les rangs de Lotta Continua. Il est devenu ouvrier de la Fiat, chauffeur, et au début des années 80, il travaillait sur les chantiers de construction français.
Puis, publié pour la première fois en 1989, il est devenu l’un des écrivains majeurs de sa génération. Il collabore régulièrement à la Reppublica et Il manifesto.Erri de Luca n’est pas un de ces écrivains enclins à mettre les causes au service de leur auto-promotion, loin s’en faut,mais le 4 mars dernier, il a écrit au président de la République une lettre à propos de Marina Petrella, publiée par Le Monde. Aujourd’hui, dans ces lignes écrites directement en français, c’est à elle qu’il s’adresse, et à nous.
« Le corps de Marina tente une dernière résistance contre l’extradition, qui n’est autre pour elle qu’une sépulture de vivante.Son corps me tient à coeur. Il est son dernier retranchement, une fois toutes les raisons rejetées, toutes les défenses anéanties.Aucun interêt d’évoquer ce qui se passe chez nous. Nos feuilles de choux répètent comme des petits perroquets bien dressés le bobard qui parle d’une Marina en fuite, tombée dans un banal contrôle de police. De cette façon, ils la font passer pour naïve et clandestine. Chez nous, le respect des faits n’est dû qu’aux puissants.En France, les mots ont encore une dignité à défendre. Le corps de Marina dépend de ces mots. D’une signature ou d’un refus de signature, d’un geste de la main qui dans une pièce confortable décide du sort d’un corps épuisé dans une pièce dépouillée.Je soutiens les dernières fibres qui retiennent la vie de Marina.Je soutiens son ‘non’ extrême, qui choisit de s’éteindre au lieu de se livrer au premier jour d’une peine sans fin. Depuis presque un an, Marina est prisonnière d’un jour zéro.Elle a été une révolutionnaire, elle s’est battue sans aucun profit personnel, avec une foule d’insurgés dans l’Italie des années 70. Elle a perdu, fait de la prison, s’est réfugiée en France et il y a un quart de siècle qu’elle a prononcé son definitif adieu aux armes. Elle a été condamnée par une justice d’exception, qui aujourd’hui ne lui reconnaît même pas un seul des jours de prison purgés pendant des années dans les pénitenciers d’Italie.Aujourd’hui, elle a raison et le droit de confier à son corps sa dernière résistance. Lèvres cousues, regard eteint, Marina met ses quatre os en travers, ultime obstacle au chemin qui la ramène en arrière, dans l’obscurité d’un pays excité par des rancunes et des peurs. J’approuve son choix:que ce ne soit pas l’Italie, mais la France, terre de deuxième vie, la responsable du corps de Marina, mort ou vif.Erri De Luca
Paris, journées du 9 et du 12 juillet 2008”Après l’annonce faite par Nicolas Sarkozy – il entend extrader Marina Petrella en demandant sa grâce – le président de le République italienne , peut-être pas si désireux de récupérer à tout prix une femme en danger de mort, a indiqué que cette demande serait examinée comme les autres. Lentement. Autrement dit, pas de défausse, prenez vos responsabilités.Sur le site http://www.paroledonnee.info/, les signatures se multiplient, connues ou anonymes. Une journée de soutien est organisée samedi 12 juillet à la mairie du 13ème arrondissement , salle des fêtes, de 13h à 18h30. Les silences de l’été peuvent être redoutables.(http://www.mediapart.fr/journal/france/080708/la-france-s-acharne-sur-marina-petrella)

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"Chez nous (en Italie), le respect des faits n'est dû qu'aux puissants". Erri de Luca. Y aurait-il donc, en Italie, un Président de la République qui ose mettre des bâtons dans les roues à ces paltoquets (italiens et français) qui ne respectent pas les faits... ni la parole donnée et encore moins les humains? Ou veut-il seulement, Ponce Pilate, se tenir à l'écart et ne pas se salir les mains?
Peut-être bien un Ponce Pilate de chaque côté des Alpes. Nicolas Sarkozy vient d'écrire "officiellement" à la présidence italienne pour insister, côté grâce. Après vous, non après vous... Et pendant ce temps, Berlusconi fait voter sa propre immunité...
Que dire devant la beauté de ce texte, le courage de Marina, et le désespoir qui me saisit ?
Désolé, Mde Luca, mais avec sept condamnations pour crimes dont un meurtre, Mme Petrella peut difficilement être considérée comme une innocente. Je n'ai aucune considération pour ces révolutionnaires minables qui, après avoir assassiné dans des démocraties, en appliquant une justice et des doctrines de primates, viennent pleurer lorsque la justice les rattrape.
L'encadré "nouveau" est de trop pour le coup: il me semble voir ce commentaire pour la seconde ou troisième fois en copier-coller! Bon, juste cette précision: la justice démocratique des années de plomb laissait à désirer, et il me semble qu'Erri de Luca, qui en a été le témoin direct et engagé, sans avoir été condamné, doit être écouté. Marina Petrella a été condamnée non comme auteur matériel des crimes que vous énoncez, mais comme responsable des brigades rouges. Elle a comparu en même temps que 200 autres, c'est pourquoi l'instruction, au bout de huit ans, n'était pas achevée. Elle a reconnu son appartenance aux Brigades rouges, et n'a plus jamais dit un mot.
Beauté de l'insulte aborigène... S'il s'agissait bien de justice et de doctrines de primates, au nom de quoi prétendez-vous les juger ? Nous ne sommes plus au Moyen-Âge, que diable ! Les animaux ne sont plus soumis aux tribunaux. Allez au bout de votre logique : préconisez donc plutôt qu'on les fasse piquer par un vétérinaire. Quant à votre considération (celle que vous n'accordez pas), êtes-vous bien sûr qu'elle importe à qui que ce soit ?
Je vous retourne le compliment, il me semble voir cette défense acharnée d'une criminelle de sang et condamnée à ce titre , pour la troisième fois en copier-collé...Désolé mais elle a bien été condamnée et figurait sur la liste des douze criminels dont l'Italie réclamait l'extradition. J'ajoute qu'à ma connaissance, Mme Petrella n'a jamais exprimé la moindre repentance .
M. Aborigène a l'âme (?) d'un censeur. Il se croit très fort en politique (du côté des puissants et de la finance). Il aurait été du côté des Versaillais après 1871 et n'aurait jamais approuvé la difficile amnistie républicaine. Il ne sait même pas ce que la notion d'amnistie veut dire. On ne demande pas la repentance dans une perspective d'amnistie. Il aurait dit aux condamnés à mort par contumace de la Commune: "Faites-vous fusiller d'abord, on vous grâciera ensuite". Il ne peut comprendre que la France puisse avoir une attitude indépendante, susceptible d'aider un pays ami à dépasser des années sombres - qu'heureusement nous avons nous-même peu connues - où les cercles du pouvoir italien ne furent pas toujours très clairs.
Cher René Lorient, Comme cela doit être confortable de vivre à l'abri de ses petites certitudes étroites surtout quand elle vont dans le sens de la pensée unique des belles âmes! Je n'ai jamais pensé à ce que Mme Petrella demande la repentance dans une perspective d'amnistie mais tout simplement au regard de crimes de sang qu'elle a commis; je vous en prie ne rabaissez pas les pensées des autres à l'aune des votres. Quant au pays ami, c'est lui qui , toutes tendances politiques confondues, demande l'extradition de ces douze criminels dont Mme Petrella fait partie.
Aborigène, vous parlez d'acharnement à défendre. Mais où est l'acharnement, vingt cinq ans après ? Je dirais plutôt conviction et urgence. Vous parlez de repentance: il ne saurait y avoir de repentance, au pays des repentis exemptés de peine. Il ne s'agit ni de pardon, ni de passer l'éponge. Il s'agit, par delà le cas extrême de Marina Petrella, de trouver une issue politique à une situation, elle-même héritée du Mussolinisme, qui empoisonne l'Italie. Et il ne s'agit pas de donner des leçons à l'Italie, alors que nous pourrions en recevoir nous-mêmes à maints égards. Il s'agit, aussi, de se penser européens.
Chèr(e) Dominique Counil, Soit , ne parlons pas de repentance si ce concept ne vous convient pas, mais Mme Petrella aurait pu manifester une pensée vis à vis de ses actes et du meurtre qu'elle a commis . Rien , rien d'autre qu'une peur immonde à l'idée de retourner en Italie répondre de ses crimes; c'est pour cette attitude que je la méprise. Le fascisme a bon dos pour être en permanence accusé de tous les crimes de la terre; pourquoi ces révolutionnaires terroristes éprouvent-ilsd toujours le besoin de s'abriter derrière autrui? Avec ma sympathie
Jamais clairs, sinon obscurs. Faut-il rappeler que comme dans beaucoup de cas similaires (je pense à la Colombie), une majorité des attentats perpétrés durant ces "années de plomb" viennent de l'extrême droite et des services spéciaux, soit des contre-révolutionnaires. Si nous voulons juger et faire l'histoire, il faut remettre en contexte et juger des faits. Il s'agissait d'une guerre civile de petite intensité, mais une guerre, qui opposait des groupes sociaux et des projets politiques opposés et la "contre-révolution" (employons les mots précis) mena la guerre avec les outils adéquats. Plan d'échelle sur toute l'Europe mené par la CIA en alliance avec les services secrets de différents Etats européens (voir cet article: "L'Italie, laboratoire des pompiers pyromanes anticommunistes" http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&file=article&sid=436596), collaboration et échange d'informations et de stratégies "anti-subversives", exploitées depuis les années 50 par les français en Algérie puis reprises, ici en Italie, ailleurs, en Amérique latine par les dictatures de divers pays par l'entremise de Stroessner au Paraguay et la CIA, l'Afrique, etc. Faut-il aussi rappeler que nous étions en pleine guerre froide, comme l'indique le nom? Comme dans toutes, sinon de nombreuses (l'Angleterre y a échappé) nos dites démocraties occidentales, la culture politique était largement séparée en deux, entre les révolutionnaires internationalistes affiliés à l'est et la droite conservatrice affiliée aux Etats-Unis. Mais il faut voir dans cette reconstruction duale des cultures politiques l'héritage de la seconde guerre mondiale et la situation italienne est révélatrice au plus haut point de ce refoulé "fasciste". La droite reconstituée de l'après 45 avait du mal à cacher les années dictatoriales mussoliniennes et la "classe ouvrière" ne l'oubliait pas, elle qui fut aussi tiraillée entre contre-révolution fasciste et parti communiste omniprésent. N'oublions pas aussi qu'à quelques kilomètres de là existait encore la dictature franquiste en Espagne (jusque 75) et Salazar puis Caetano au Portugal (jusuqe 74). Si nous devons juger et condamner la violence de ces années 60-70, faisons-le totalement, en condamnant toutes les violences. Sinon, on ne m'empêchera pas de penser que les jugements contre les révolutionnaires de ces années sont le signe d'une revanche de la droite réactionnaire qui a perdu dans les idées depuis cette période et revient en flèche depuis le Mur de Berlin et surtout le 11 septembre. Réaffirmons tout cela et revenons donc sur le plan politique, pour affirmer encore une fois que le "sens" idéologique de cette affaire ne se limite pas à quelques gérémiades autour de la "violence du terrorisme" dans lequel voudrait nous enfermer une droite décomplexée. Que le berlusconisme ou le sarkozysme viennent de la contre-révolution idéologique de reagan et du thatchérisme, qui viennent du néo-libéralisme d'un Friedman, qui vient de Pinochet, qui vient de la réaction aux désirs d'émancipation en Europe et dont le crime originel fut la République espagnole. A bon entendeur, Aborigène! Salut.
Cher Gwenael Glâtre, Tout d'abord, merci de ne pas vous être joint au concert d'insultes qui a salué mes commentaires. Je suis d'accord avec vous pour condamner les violences d'où qu'elles viennet. Permettez moi cependant de penser que la balance n'est pas égale. Comme vous le rappelz, nous avons vécu les années de guerre froide et la menace que faisait peser le bloc soviétique était bien réelle. Elle était non seulement militaire mais elle visait en outre à déstabiliser les pays par l'actionb de services secrets particulièrement efficaces et l'implantation idéologique des partis communistes très présents dans certains secteurs , en particulier grâce aux "idiots utiles" qui n'ont pas totalement disparu si j'en juge par certains commentaires sur Mediapart..Face à cette menace, les démocraties européennes ne se sont que très rarement départies de leur comportement démocratique classique . Cela n'était pas facile car toute résistance était immédiatement disqualifiée par la classe intellectuelle; il n'est que de se rappeler l'opprobre dont a souffert Raymond Aron qui avait raison et la gloire qui a auréolé Jean-Paul Sartre qui s'est trompé sur toute la ligne. L'Espagne de Franco mériterait un long débat que nous aurons un jour je l'espère, à l'abri des passions simplificatrices; il n'en demeure pas moins qu'elle s'est transformé en démocratie en dépit du terrorisme basque. Le Portugal a failli virer à la dictature communiste en 1975 et c'est à l'honneur des socialistes portugais d'avoir instauré la démocratie. Dans l'ensemble, l'Italie a résisté au terrorisme des brigades rouges même si on peut exhumer quelques vestiges du fascisme pour donner bonne conscience à la classe intellectuelle. Je ne pense pas qu'on puisse cataloguer la classe politique européenne de"droite conservatrice affiliée aux USA" comme vous le faites, il s'agit de personnes attachées à défendre certains principes de civilisation et au respect de la personne humaine. Avec ma sympathie
Peu cher Aborigène, Comme vous le notez fort justement, la balance n'est pas égale. On attend toujours que soient jugés et condamnés (voire simplement recherchés) les commanditaires des attentats de la Piazza Fontana ou de la gare de Bologne. On se demande ce qui empêche la justice italienne de réclamer au Japon l'extradition de l'un des exécutants de ces attentats. Vous parlez de résistance au terrorisme des Brigades Rouges. Soit, c'est un point de vue. On pourrait tout aussi bien parler de résistance au terrorisme noir. L'assassinat de Pinelli, les attentats de la Piazza Fontana ou de la gare de Bologne (et je m'en tiens aux plus spectaculaires) ont pourtant eu lieu avant les premiers attentats de l'extrême-gauche italienne. Or, pour une partie de cette extrême-gauche, la lutte armée a surtout été perçue à l'époque comme un moyen d'autodéfense. Je conçois sans peine que cette autodéfense vous paraisse inacceptable, il n'en reste pas moins que cela devrait vous inciter à un poil plus de prudence avant de formuler certains de vos jugements à l'emporte-pièce. Enfin, la question de l'extradition de Petrella ou de Battisti n'est plus à proprement parler une affaire juridique puisque (comme vous le savez) la condamnation a bel et bien été prononcée (quelque jugement qu'on puisse porter sur les circonstances de cette condamnation). Aujourd'hui, l'emprisonnement de Petrella ou Battisti n'apporte rien sinon la satisfaction d'une vengeance. Ces extraditions sont, ni plus ni moins, des vendettas judiciaires. Sans votre sympathie (j'aime autant).
Désolé de ne pas avoir été clair dans mon commentaire; la balance s'appliquait à la comparaison entre les pays de l'Europe de l'ouest versus le bloc communiste pendant la guerre froide. Je suis d'accord avec vous pour poursuivre les auteurs des attentats que vous mentionnez avec la même vigueur. Je suis convaincu qu'ils ne bénéficieraient pas du même soutien de la part des "idiots utiles " qui glapissent aujourd'hui en faveur des anciens des brigades rouges; à gauche, l'indignation est sélective...
Ah bon, s'il s'agit de cette balance-là, ça change probablement tout. Au moment où apparaît la lutte armée d'extrême-gauche en Italie, c'est-à-dire au début des années 70, la Grèce, l'Espagne et le Portugal sont des dictatures bénéficiant de la plus grande bienveillance (pour dire le moins) du grand frère étasunien. 1973 voit un gouvernement socialiste démocratiquement élu être renversé au Chili, sans qu'il soit besoin que je vous rappelle la part essentielle qu'y ont pris les Etats-Unis. Idem en 1974, qui voit les colonels grecs tenter un putsch contre Makarios à Chypre, pour le principal motif qu'il choisit les non-alignés. Les catégories politiques n'étaient pas précisément les mêmes qu'aujourd'hui, le meurtre politique se portait assez bien, merci, et de part et d'autre, et l'hypothèse d'une dictature en Italie n'était pas qu'une vue de l'esprit (pensez au réseau Gladio ou à la Loge P2). Rappelez-vous aussi qu'en 1981, certains socialistes français (et pas forcément les plus illuminés) soupesaient les risques d'un putsch à la chilienne (ce qui, compte tenu des gages atlantistes qu'ont toujours donnés la SFIO et le PS, paraît pourtant saugrenu). Vous auriez peut-être profit à ne pas oublier de remettre les choses dans leur contexte. Que les Brigades Rouges aient été défaites, c'est une évidence. Je persiste à me demander ce que cette extradition apportera à la justice, et je me le demande d'autant plus qu'il n'a jamais été question pour les gouvernements italiens de purger cette période dans sa totalité (et pour cause : qu'aurait-on fait, par exemple, des anciens du SISMI qui ont trempé dans des manoeuvres très répugnantes ?). Enfin, je dois dire que votre sensibilité à l'insulte ne manque pas de saveur : que penser de celui qui, reprenant la vulgate, écrit les" idiots utiles" [...] qui glapissent ? Assumez ce que vous êtes, un cynique inutile qui éructe, et admettez qu'on vous le serve dans des termes voisins de ceux que vous utilisez avec générosité.
Je cite: "il s'agit de personnes attachées à défendre certains principes de civilisation et au respect de la personne humaine." - C'est un troll et complètement nul. Ce n'est pas le réchauffement planétaire qui va en limiter le nombre... dommage car c'est l'une des rares espèces qui n'apportent rien à la biodiversité ! - La meilleure façon de lasser ce genre de gugus est de ne pas répondre à ses propos.
L'élégance de votre commentaire vous honore; je comprends dans ces conditions que les principes de civilisation et le respect de la personne humaine n'évoquent rien pour vous...
Moi je l'ai reconnu cet aborigène qui écluse tous les espaces de commentaires pour déverser son fiel haineux ! (0 billet, 0 article et 353 commentaires !!) La gazette d'hier d'@rrêt sur images informait ses abonnés que Nicolas Princen, le conseiller chargé par Sarkozy de surveiller l'Internet, qui vient donc de souscrire à un abonnement chez eux. Je ne sais pas moi, je dis ça comme ça... ;)
Je suis entièrement d'acord avec vous, Sandek, mais je crois qu'il ne faut pas perdre son temps avec les provocateurs, il faut les ignorer.
Rappelons que le sinistre Berlusconi a déclaré, récemment, que "les juges sont les métastases de la démocratie". Donc extrader Marina Petrella, c'est la livrer à une justice d'exception.
Je rappelle que Romano Prodi, peu suspect de fascisme, s'était félicité de l'extradition de Mme Petrella...A lire ces commentaires d'insultes, je constate que la catégorie des "idiots utiles" tels que les définissait Lénine est toujours bien présente quand on bouscule ses certitudes étroites. Quant à la justice d'exception, vous me permettrez de préférer la justice de l'état italien à la justice primitive et meurtrière des terroristes dont Mme Petrella faisait partie. Enfin, je sais bien que la repentance ne s'exerce que d'un seul côté aux yeux des gardiens du politiquement correct.
Chere Sandek, Je vous remercie, je croyais que le fliquage était une spécialité de la droite, vous m'apportez la preuve que cette méthode condamnable est bien répandue. Avec ma sympathie
La justice italienne ne permet pas en ce moment qu'une justice indidividuelle soit rendue. La peine de Marina Petrella ne pourrait pas être individualisée, adpatée aux circonstances individuelles (déjà 8 ans passées en prison, en premier lieu). Cela me suffit à dire qu'il s'agit d'une justice d'exception. Maintenant, si la gauche italienne est prête à avaliser cette sorte de justice là - la même qui par contre va absoudre Berlusconi de tous ses errements- que dire ? Comment discuter avec ceux qui ont une conception "automatique" de la justice ? (un crime = une peine automatique). La France reste par traditions et valeurs le pays des droits de l'homme, c'est son image de marque, quelque chose par quoi elle est connue dans le monde. (et je prends soin d'écrire ma phrase au présent). Je rappelle que cette notion a été fondée entre autres grâce aux combats de Voltaire pour une humanisation de la justice. La "justice automatique" ce n'est pas la justice mais une vengeance sociale. Mais il se peut que le sarkozysme soit une entreprise visant à nous faire revenir en amont; avant Voltaire, avant les droits humains. Un retour à L'Ancien Régime ?? Surfant sur les émotions les plus primaires qui soient ?
Mr Aborigene est aussi un contributeur effréné de commentaires sur le site du Monde (qui limite maintenant les commentaires pour chaque article à 2, ne pouvant dépasser une certaine longueur). Je ne connais pas moi-même les dessous exacts de l'affaire concernant Mme Petrella, et je trouve donc difficile de donner des lecons à tous sur ce qu'il faut en penser. Néanmoins, étant donné que l'amnistie sert à couvrir tellement de délits et crimes, y compris le meurtre, quel est donc le besoin de s'acharner maintenant après ces italiens que la France avait acceptés au temps où les charges étaient bien plus actuelles? Si Mme Petrella était en effet convaincue de meurtre, n'était-ce pas à ce moment-là qu'il fallait se poser la question? Bref, je suis assez encline à y voir en effet une revenche de la droite la plus réactionnaire, dans l'élan de sa victoire écrasante sur nous tous depuis le 11 septembre, mais encore une fois, je ne connais pas tous les dessous de l'affaire. Je doute fort, en revanche, que Mr Aborigene en connaisse tellement plus, et je ne suis pas prête à prendre pour argent comptant les affirmations qui parsèment ses commentaires, malgré l'érudition de ses citations (haha! je vais sûrement pouvoir caser les "idiots utiles" dans la moitié de mes commentaires à venir...). Sans vouloir être paranoiaque et parler de fliquage tout de suite, il me semble qu'un commentaire devrait suffire à s'exprimer pour peu que l'on rassemble ses arguments correctement, or cette hémorragie de commentaires/contre-commentaires/réponses/contre-réponses qui tournent en rond m'horripile. Je suis d'accord avec Sandek: si Mr Aborigene a pu écrire 353 commentaires déjà, il serait grand temps qu'il s'exprime en son nom au moyen de billets et d'articles qui alors seraient eux-mêmes soumis à critique, et qui ne pourraient plus fonctionner à coup d'attaques et d'affirmations à l'emporte-pièce. Il faudrait alors construire un argumentaire, définir de quoi on parle, et où on veut en venir au bout du compte, toutes choses dont apparemment on peut se passer dans un commentaire. Des contributeurs comme ce Mr Aborigene ont fait que je ne lis pratiquement plus jamais maintenant les commentaires sur le Monde. Si nous ne voulons pas en arriver là aussi à Mediapart (je contribue fort peu, mais lis avec intérêt les contributions d'autres), il est impératif de ne pas répondre aux provocations de personnes comme lui. Sa première contribution est un appel à se faire taper dessus: "innocente" fausse d'emblée le débat, ce n'est pas du tout de la mythique innocence dont il est question ici, "minables", "primates", servent d'injure, "démocratie" et "justice" fonctionnent actuellement comme des signaux lumineux pour montrer le côté du Bien, opposé comme toujours au Mal absolu. Faisons donc comme avec les gamins insupportables qui veulent se rendre intéressants en énervant tout le monde: ignorons-les, ou bien nous passerons notre temps ici à débattre creusement à côté du sujet, et nous ne tarderons pas à en venir à l'invective. Je remercie pour finir l'essentiel des contributeurs dont j'ai pu lire avec intérêt les commentaires depuis la création du site!
Excellente réponse, j'adhère complètement
Tout simplement : merci à Erri de Luca pour ce texte d'une rare élégance désespérée. Tout y est dit. Certains individus qui se laissent aller ici et ailleurs à des commentaires ringards et au fond tellement stupides passeront toute leur vie à côté de cette élégance, et ne comprendront jamais rien à la vie. Celle de Marina qui se finit sur cette injustice glaçante nous coupe le souffle. Il va pourtant nous en falloir pour continuer de lutter.